Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox Mobile

 Accueil du site > Actualités > International > En France, une femme meurt tous les trois jours de violence (...)

En France, une femme meurt tous les trois jours de violence conjugale

« Partout dans le monde, des femmes subissent des actes ou des menaces de violence. C’est une épreuve partagée, au-delà des frontières, de la fortune, de la race ou de la culture. À la maison et dans le milieu où elles vivent, en temps de guerre comme en temps de paix, des femmes sont battues, violées, mutilées en toute impunité », Amnesty International, 2004.

___________________________

En France, une femme meurt tous les trois jours de cette violence, selon le centre d’appel national pour les femmes battues, mis en place il y a quatre mois par le gouvernement, et qui traite 80 appels en moyenne par jour. En 2006, 168 personnes (dont 137 femmes) sont décédées en France sous les coups de leur compagnon ou compagne.

Wikipedia reprend une étude du ministère de l’Intérieur (Étude nationale sur les décès au sein du couple - bilan des neuf premiers mois de 2006). Depuis les années 2000, plusieurs enquêtes nationales ont tenté de dresser un bilan statistique des violences conjugales. Les résultats de ces enquêtes sont terrifiants et ne sont que la partie visible de l’iceberg :

  • En France métropolitaine, une femme sur dix est victime de violences conjugales (enquête Enveff menée sur des femmes de 20 à 59 ans victimes au cours de l’année 1999).

  • En France, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences au sein du couple.

  • En France, en moyenne, deux enfants meurent chaque jour des suites de violence.

  • Un homme meurt tous les quatorze jours. Dans plus de la moitié des cas, la femme auteur de l’acte subissait des violences de sa part.

  • 13 % de toutes les morts violentes recensées en France et dans lesquelles l’auteur a été identifié ont eu lieu dans le cadre du couple.

  • 41 % des crimes conjugaux sont liés à la séparation (commission par des « ex » ou séparation en cours).

  • 23 % des auteurs d’homicides se sont suicidés après leur acte (97 % d’hommes) ;

  • Dix enfants ont été victimes d’homicide en même temps que l’un de leur parent.

Les écoutantes de Violence conjugale Info, organisme de la Fédération nationale solidarité femmes, ont reçu au total 7 446 appels, soit en moyenne 80 appels par jour, selon les chiffres du ministère du Travail et de la Solidarité.

S’il n’existe aucune étude harmonisée sur les violences conjugales en Europe, Arte propose toutefois quelques données saisissantes sur la question :

  • Dans l’ensemble des pays de l’UE, une femme sur cinq au moins subit au cours de sa vie des violences infligées par son mari ou par son compagnon.

  • En Europe, chaque semaine, une femme est tuée par son conjoint (Commission européenne pour l’égalité des chances - Conseil de l’Europe, juillet 2002).

  • Pour les femmes de 14 à 45 ans, la violence familiale est la première cause de mortalité.

  • Seulement un cas sur vingt est signalé à la police (Enquête Eurobaromètre - 1999).

Au Canada, 7 % des femmes et 6 % des hommes (de nationalité canadienne) déclarent avoir été victimes de violence physique et/ou sexuelle infligée par un partenaire actuel ou ancien entre 1999 et 2004. Pour la même période 18 % des femmes et 17 % des hommes ont signalé avoir été victimes de violence psychologique. Selon l’Enquête sociale générale, 44 % des femmes et 19 % des hommes victimes de violence conjugale entre 1999 et 2004 ont été blessés pendant un incident violent. Environ 13 % des victimes féminines et 2 % des victimes masculines ont nécessité des soins médicaux. Parmi les victimes canadiennes de violence conjugale, plus de femmes que d’hommes disent ressentir de la crainte en raison de la violence (30 % contre 5 %), être déprimées et souffrir d’accès d’anxiété (21 % contre 9 %), avoir des troubles de sommeil (15 % contre 4 %), ressentir de la honte et de la culpabilité (12 % contre 3 %) et craindre pour la sécurité de leurs enfants (9 % contre 2 %).

___________________________

Il est important d’établir une remarque liminaire à ces résultats. Comme le déclarait brillamment Elizabeth Badinter, « de tous ces chiffres fastidieux mais nécessaires, il ressort qu’on ne devrait pas parler de "violence de genre", mais de "droit du plus fort". Un seul crime est indiscutablement plus propre aux hommes qu’aux femmes, c’est le viol, aujourd’hui puni en France aussi sévèrement que le meurtre. Reste qu’hommes et femmes, lorsqu’ils sont en position de domination, peuvent déraper dans la violence ».

Selon le ministère de la Justice du Canada, il est difficile d’obtenir une image complète de l’étendue globale de la violence conjugale, car elle reste souvent cachée. La victime peut supporter la violence pendant longtemps avant de solliciter de l’aide. Certaines victimes n’en parlent jamais à personne. La victime peut se montrer réticente - ou incapable - de parler ou de signaler la violence pour des raisons différentes.

Au Québec, le site Educaloi définit en ces termes la « violence conjugale » : « La violence conjugale se caractérise par une série d’actes répétitifs qui se produisent généralement selon une courbe ascendante appelée "escalade de la violence". L’agresseur suit un cycle défini par des phases successives marquées par la montée, la tension, l’agression, la déresponsabilisation, la rémission et la réconciliation. À ces phases correspondent chez la victime la peur, la colère, le sentiment qu’elle est responsable de la violence et, enfin, l’espoir que la situation va s’améliorer. Toutes les phases ne sont pas toujours présentes et ne se succèdent pas toujours dans cet ordre [...] La violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique. Elle ne résulte pas d’une perte de contrôle mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. Elle peut être vécue dans une relation maritale, extramaritale ou amoureuse à tous les âges de la vie. »

Le psychologue américain, Michael P. Johnson (2000) différencie deux types de violences conjugales : le « terrorisme conjugal » et la « violence situationnelle ». La violence grave s’effectue dans un « contexte de terrorisme conjugal » et se manifeste par la volonté d’annihiler le conjoint, de toutes les manières, psychologiquement et physiquement. La « violence situationnelle  » renvoie pour sa part soit à l’autodéfense de la femme, soit à la violence réciproque, soit à la lutte pour le pouvoir des deux conjoints. Ces distinctions importantes sont reprises dans l’analyse des données statistiques canadiennes et québécoises et dans la formulation des résultats qui en découlent. Nul ne doit ignorer le fait que la violence conjugale n’est pas le seul fait de l’homme. Il arrive aux femmes d’exercer une violence lorsqu’elles sont en position de domination physique ou psychique.

Selon une enquête sociale générale sur la victimisation [ESG], 1999, du ministère de la Justice du Canada, qui a interrogé presque 26 000 femmes et hommes au Canada sur leur expérience de la violence, y compris leur expérience de la violence et de l’agression psychologique dans leurs mariages actuels ou passés ou dans leur relation de droit commun, les femmes et les hommes vivent des taux similaires de violence et de violence psychologique dans leurs relations. Toutefois, la violence vécue par les femmes tend à être plus sévère - et plus souvent répétée - que la violence dont les hommes font l’objet.

L’enquête montre que, comparées aux hommes, les femmes ont :

  • six fois plus de chances de signaler avoir été agressées sexuellement ;
  • cinq fois plus de chances de signaler avoir été étouffées ;
  • cinq fois plus de chances d’avoir besoin de soins médicaux, suite à une agression ;
  • trois fois plus de chances de souffrir de blessures physiques suite à une agression ;
  • plus de deux fois plus de chances de signaler avoir été battues ;
  • presque deux fois plus de chances de signaler avoir été menacées d’une arme ou d’un couteau ;
  • beaucoup plus de chances de craindre pour leur vie, ou de craindre pour leurs enfants par suite de l’agression ;
  • plus de chances de souffrir de problèmes de sommeil, de dépression et de crises d’anxiété, ou d’avoir une estime de soi diminuée à la suite de l’agression ;
  • plus de chances de signaler une victimisation répétée.

Les statistiques récentes montrent qu’il existe un nombre de facteurs qui, seuls ou en combinaison, sont associés à un risque accru de violence. Par exemple, voici certains facteurs de risque pour les femmes et les hommes :

  • être jeune ;
  • vivre dans une union de fait ;
  • avoir un partenaire qui boit beaucoup périodiquement ;
  • vivre une situation de violence psychologique dans la relation (moyen important de prédiction de violence physique) ;
  • vivre une séparation conjugale (le risque d’être tuée est plus grand pour la femme après la séparation).

___________________________

Il est de plus en plus admis que la vulnérabilité d’une personne à la violence peut être exacerbée par des facteurs comme le déplacement, la colonisation, le racisme, l’homophobie, l’infirmité, la pauvreté et l’isolement. Les femmes autochtones par exemple ont plus de chances de signaler avoir été agressées sexuellement par le conjoint. L’absence d’accès aux services et soutien communautaires, et au système de justice pénale, peuvent augmenter la vulnérabilité d’une personne à la violence - ou combiner les effets de la violence.

Étudier la violence conjugale parmi les populations immigrantes est plus complexe. Le Canada n’est pas insensible à cette question. Comme le note le Conseil canadien de développement social, « la violence conjugale existe dans toutes les sociétés et cultures. Répondre à ce problème, qui affecte les communautés immigrantes et des minorités visibles, c’est aussi reconnaître qu’elles représentent un segment croissant de la population canadienne. [...] Au Canada, près d’une femme sur trois est victime de violence à son propre domicile. Selon une enquête de Statistique Canada en 1999, les taux victimisation parmi les femmes immigrantes et des minorités visibles étaient un peu plus bas que les taux pour les autres femmes (10,5 % des femmes immigrantes et des minorités visibles étaient victimes de violence émotionnelle ou financière, par rapport à 14% des autres femmes ; 4,2 % indiquaient une violence physique ou sexuelle, par rapport à 6,2 % des autres femmes). Cependant, l’étude fait remarquer, qu’étant donné que l’enquête n’a été menée exclusivement qu’en anglais ou en français, elle n’était pas représentative des femmes qui ne parlaient couramment aucune de ces langues officielles ».

___________________________

Elizabeth Badinter (déjà citée) en venait à la conclusion suivante : « On devrait s’interroger sur notre incapacité de plus en plus grande à supporter les frustrations et à maîtriser notre agressivité. C’est notre éducation qui est en cause, et non nos principes. C’est elle qu’il faut changer. Depuis une trentaine d’années, l’épanouissement individuel et la satisfaction de nos désirs ont pris le pas sur le respect de l’autre et de la loi commune. Cela concerne tant les hommes que les femmes et n’a rien à voir avec ce qui se passe dans d’autres régions du monde où, à l’opposé, la loi est un carcan et où l’épanouissement individuel n’a tout simplement pas de sens. En vérité, nos sociétés ont autant besoin de réapprendre la notion de devoir que les autres, de réclamer leurs droits. En voulant à tout prix confondre les deux contextes, on se condamne non seulement à l’impuissance, mais aussi à l’injustice. »

___________________________



Sur le même thème

La violence conjugale
Le peuple des mâles
Le vide masculin
La France doit-elle ratifier la convention d'Istanbul ?
Loi sur la famille : polémiques


Les réactions les plus appréciées

  • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 27 juillet 2007 11:12
    Pierre R. Chantelois

    Publié dans MidiLibre.com

    Aynour B., une mère de famille, d’origine turque, victime de violences conjugales qui s’était réfugiée, dans un foyer, auprès d’une association avec ses enfants, à l’insu de son mari, a été condamnée hier à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Dunkerque (Nord). La mère, qui était poursuivie par son mari, devra verser 800 € de dommages-intérêts pour ne pas avoir communiqué au père sa nouvelle adresse lorsqu’elle avait été recueillie du 1er janvier au 4 août 2004 par l’association Sedire à Dunkerque. Poursuivies, elles aussi, pour « soustraction d’enfants », l’association et sa présidente au moment des faits sont relaxées. Le jugement a été dénoncé par la Fédération nationale Solidarité femmes. « Cela me choque profondément, l’histoire est complètement renversée », juge sa vice-présidente Germaine Watine, rappelant qu’il y avait « des constats » et « des faits précis », les pompiers ayant secouru la femme battue et ses trois enfants à son domicile.

    Pierre R.

  • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 27 juillet 2007 14:50
    Pierre R. Chantelois

    @ Toutes et à tous

    Je prie le lecteur d’être indulgent. Ma démarche a démarré avec un simple fait divers. Ce fait m’a paru suffisamment important pour le traiter plus en profondeur. Mon intention n’était pas de présenter un article de compétition entre la France et l’Europe ou la France et le Canada. Les données statistiques (lisez bien Élizabeth Badinter) ne doivent pas servir à des clivages ou des interprétations excessives sur la violence des hommes ou la violence des femmes. Il y a violence, c’est indiscutable. J’ai voulu montrer qu’elle était présente, à travers quelques données statistiques, incluant le Canada, en raison de ma citoyenneté, afin d’éviter justement ce jeu des compétitions malsaines.

    Il est particulièrement difficile de réunir les chiffres les plus exacts possibles sur des tendances en la matière. Aucune statistique harmonisée ne donne une image exacte de la tendance pays par pays. Y a-t-il plus de violence aux États-Unis qu’en France ou en Angleterre ? Là n’était pas le but recherché de cet article.

    Il est bien évident que si de tels chiffres avaient été accessibles ou réunis, je les aurais présentés en priorité. La méthodologie actuelle est bien faible. J’en conviens. Puisse-t-elle simplement éclairer les esprits et éveiller les consciences. Cela sera déjà un objectif atteint.

    Je vous remercie de votre compréhension et comprenez bien que vous n’avez pas devant un statisticien chevronné mais un rédacteur curieux et attristé par le sujet qu’il a traité.

    Pierre R.

  • Par Cosmic Dancer (---.---.---.77) 27 juillet 2007 15:26
    Cosmic Dancer

    @ Léon

    Merci pour cette référence. J’ai fait un saut sur le site en question. J’ai lu « Fausse Route » d’Elisabeth Badinter, et je me suis reconnue dans ce qu’elle dénonce de déviations d’un certain féminisme pour lequel les hommes sont des ennemis, féminisme dont certaines conséquences sur l’état actuel de notre société sont monstrueuses.

    Je travaille depuis quelque temps, quand je prends le temps, sur ces questions, mettant en parallèle les excès d’un féminisme autocentré et un mouvement de pensée très en vogue, en réaction à celui-ci, nommé par plusieurs auteurs « féminisation de la société », diagnostiquant de vrais malaises mais jouant habilement des causes pour prôner une guerre des sexes tout aussi néfaste que celle des Chiennes de Garde.

    Mais nous nous éloignons un peu du sujet. Un article un de ces jours, peut-être...

    Bien cordialement.

  • Par seigneur_canard (---.---.---.178) 27 juillet 2007 20:51
    seigneur_canard

    L’éducation. Je reste profondément persuadé que c’est par elle qu’on en finira avec la violence conjugale (ou envers les plus faibles). Inculquer des valeurs de respect de l’autre, D’égalité entre les sexes etc... Tout cela doit être une mission prioritaire. Surtout si, à la maison, les enfants sont confrontés à une vision autre des rapports humains. Il faut leur comprendre que cette dernière n’est pas la normalité. Mais, je crains que dans ce domaine, on assiste, depuis ces 15 dernières années à un fort recul de la notion d’empathie, de la capacité de se mettre à la place de l’autre, de comprendre la souffrance qu’on peut lui infliger. On « chosifie » de plus en plus l’autre. Je suis choqué de voir des gamins de 13-15 ans parler des filles non plus sous le vocable de « nana », « gonzesse », « filles » ou autre mots plus ou moins argotique (oui, on ne parle pas comme dans les salons littéraires dans les cours de récré), mais sous des dénomination connotées tel « pétasse » (ou son équivalent en verlan), « pute », « chienne », « salope » etc. J’ai beau chercher dans ma mémoire, dans mes souvenirs d’adolescents boutonneux, je ne me souviens pas avoir entendu mes camarades(issus de divers milieux socio-culturels) de l’époque s’exprimer ainsi. Surtout en parlant de quelqu’un pour lesquels ils avaient une affection plus ou moins sincère. La violence commence avec l’idée que l’autre ne vaut rien. Qu’il n’est qu’un objet soumis a ses désirs. Qu’il doit obéissance du part son infériorité de fait. Il faudrait donc s’interroger sur les origines de ce retour du machisme triomphant. L’individualisme, la course à la « performance », la stigmatisation des plus faibles, ne sont peut être pas étrangers à cette violence envers ces derniers.

Réactions à cet article

  • Par haddock (---.---.---.218) 27 juillet 2007 10:17

    Bonne info Pierre .

    La loi du plus dans toutes sortes de domaines est un peu sans doute dans les gènes de l’ humanité ,

    La plus abjecte façon d’ utiliser la loi du plus fort est celle à l’ encontre des femmes et des enfants . Pas seulement à l’ intérieur du couple , dans les entreprises et dans toutes sortes de domaines .

    Faudrait pouvoir inoculer le respect humain dès la naissance .

    • Par Bof (---.---.---.47) 30 juillet 2007 12:49

      @Haddock : Vous écrivez : « Faudrait pouvoir inoculer le respect humain dès la naissance . » Mais, comment faire ?? La seule solution trouvée à ce jour est celle qui consiste à établir de plus Justes Relations entre les Hommes. Qu’en pensez-vous ?

  • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 27 juillet 2007 11:12
    Pierre R. Chantelois

    Publié dans MidiLibre.com

    Aynour B., une mère de famille, d’origine turque, victime de violences conjugales qui s’était réfugiée, dans un foyer, auprès d’une association avec ses enfants, à l’insu de son mari, a été condamnée hier à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Dunkerque (Nord). La mère, qui était poursuivie par son mari, devra verser 800 € de dommages-intérêts pour ne pas avoir communiqué au père sa nouvelle adresse lorsqu’elle avait été recueillie du 1er janvier au 4 août 2004 par l’association Sedire à Dunkerque. Poursuivies, elles aussi, pour « soustraction d’enfants », l’association et sa présidente au moment des faits sont relaxées. Le jugement a été dénoncé par la Fédération nationale Solidarité femmes. « Cela me choque profondément, l’histoire est complètement renversée », juge sa vice-présidente Germaine Watine, rappelant qu’il y avait « des constats » et « des faits précis », les pompiers ayant secouru la femme battue et ses trois enfants à son domicile.

    Pierre R.

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.153) 27 juillet 2007 11:18
      Cosmic Dancer

      @ Pierre

      J’ai beaucoup aimé votre article, sobre et juste.

      Et j’applaudis aussi les propos de Mme Badinter.

      Cette nouvelle du Midi Libre me laisse sans voix. Elle me rappelle l’histoire de cette jeune femme il y a quelque temps, assassinée d’une balle par son mari tandis qu’elle venait chercher son fils à l’école, qui je crois s’était enfuie avec l’enfant pour échapper au pire.

  • Par Bouli (---.---.---.5) 27 juillet 2007 12:10
    Bouli

    Merci de rappeler ces faits et de citer la grande Elizabeth Badinter. Homme comme femme « praitquent » la violence conjugale mais force est de constater que les femmes en sont plus souvent victimes. La question qui se pose alors est comment remédier à cela ? Car malheureusement, la répression fixée par la loi ne fera pas changer les mentalités.

    • Par Bouli (---.---.---.5) 27 juillet 2007 14:29
      Bouli

      pkoi on me colle des votes négatifs ? Je pose simplement la question sur un des points soulevés par l’article : qu’est-ce qui pourait être mis en place en terme de prévention des violences conjugales, en particulier celles faites aux femmes (nombreuses victimes) ?

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.77) 27 juillet 2007 14:32
      Cosmic Dancer

      @ Bouli

      C’est un jeu... Vous posez une question, on vous plombe un « -2 », je fais part de mon sentiment sur l’article, « -4 »...

      Pour ce qui concerne la prévention de la violence et contre les femmes et contre les enfants, le chantier est mondial et recouvre tous les aspects : économiques, culturels, sanitaires, politiques...

    • Par Bouli (---.---.---.5) 27 juillet 2007 14:35
      Bouli

      Oui, c’est vrai que c’est complexe et que beaucoup de facteurs entrent en jeu à ce sujet. A-t-on connaissance d’une vraie campagne de sensibilisation à la violence dans les foyers ? Peut-on traiter les violences conjugales comme les violences faites aux enfants ou les causes de tels faits sont-ils si différents ?

      Ce sujet entraîne beaucoup de questions, on ne peut pas que relever des statistiques régulièrement et produire un film tv diffusé pendant 15 jours, il faut des actions de plus grande ampleur.

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.77) 27 juillet 2007 15:26
      Cosmic Dancer

      @ Léon

      Merci pour cette référence. J’ai fait un saut sur le site en question. J’ai lu « Fausse Route » d’Elisabeth Badinter, et je me suis reconnue dans ce qu’elle dénonce de déviations d’un certain féminisme pour lequel les hommes sont des ennemis, féminisme dont certaines conséquences sur l’état actuel de notre société sont monstrueuses.

      Je travaille depuis quelque temps, quand je prends le temps, sur ces questions, mettant en parallèle les excès d’un féminisme autocentré et un mouvement de pensée très en vogue, en réaction à celui-ci, nommé par plusieurs auteurs « féminisation de la société », diagnostiquant de vrais malaises mais jouant habilement des causes pour prôner une guerre des sexes tout aussi néfaste que celle des Chiennes de Garde.

      Mais nous nous éloignons un peu du sujet. Un article un de ces jours, peut-être...

      Bien cordialement.

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.77) 27 juillet 2007 15:44
      Cosmic Dancer

      @ Léon

      Je les ai mis en favoris pour les lire ! (caprices des lectures, fluctuant selon l’humeur) Promis ! smiley

    • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.232) 27 juillet 2007 16:06
      Pierre R. Chantelois

      @ Leon

      Sans flagornerie, Mozart et Makho ont été des lectures passionnantes. Point.

      Pierre R.

    • Par jako (---.---.---.216) 27 juillet 2007 20:57

      lol faut pas paranoier le + c’est moa le cafart

  • Par koton (---.---.---.100) 27 juillet 2007 12:54

    A l’auteur,

    et au canada ?

  • Par JL (---.---.---.178) 27 juillet 2007 13:44
    JL

    Bon article, utile. Le titre est explicite, cependant il est un autre fait que vous citez et qui est encore plus douloureux et inquiétant : «  »En France, en moyenne, deux enfants meurent chaque jour des suites de violence.«  »

    Combien d’enfants victimes de violences, et qui n’y laissent pas leur vie ?

    Je pense que les violences sur enfants dans le cadre de la famille sont un problème majeur de nos sociétés, et qu’il ne faut pas chercher plus loin les raisons de la violence des adultes : on a affaire là, à un véritable cercle vicieux intergénérationnel.

    • Par koton (---.---.---.100) 27 juillet 2007 14:00

      c’est inadmissible lorsqu’il s’agit d’enfants !!!

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.77) 27 juillet 2007 14:08
      Cosmic Dancer

      Les chiffres, bien sûr consternants :

      "Les cas d’extrême violence contre les enfants peuvent faire la une de l’actualité, mais l’étude de l’ONU présentée le 11 octobre 2006 conclut que, pour de nombreux enfants, la violence fait partie de la routine, de leur réalité quotidienne.

      Bien que de nombreux cas de violence demeurent cachés ou ne soient pas signalés - et que les chiffres sous-estiment donc souvent l’ampleur du problème — les statistiques dressent un portrait stupéfiant.

      Par exemple :

      * L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’en 2002, quelque 53 000 enfants de 0 à 17 ans ont été victimes d’un homicide. * Selon les dernières estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT), en l’an 2000, 5,7 millions d’enfants étaient contraints aux travaux forcés ou à la servitude pour dette, 1,8 million à la prostitution et à la pornographie, et 1,2 million étaient victimes de la traite. * 2004 a enregistré 218 millions de nouveaux petits travailleurs, presque systématiquement dans des secteurs inappropriés à leur âge. * Dans 16 pays en développement étudiés à la faveur d’une enquête mondiale sur la santé menée en milieu scolaire, le pourcentage d’enfants d’âge scolaire qui ont indiqué qu’ils avaient été l’objet d’intimidations verbales ou physiques pendant les 30 jours précédents allait jusqu’à 65% dans certains pays. * Selon l’étude, les enfants incarcérés sont souvent victimes d’actes de violence perpétrés par le personnel, parfois comme forme de contrôle ou de châtiment, souvent pour des infractions mineures. Dans 77 pays, les châtiments corporels et autres punitions violentes sont acceptés comme mesures disciplinaires ayant force de loi dans les institutions pénales.

      Notons encore que :

      * 275 millions d’enfants ont été témoins d’actes de violence en famille, ce qui constitue un motif de souffrance et peut avoir des conséquences négatives pour leur avenir, * 100 à 140 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans leur enfance, * 150 millions de filles et 73 millions de garçons ont subi des violences sexuelles en 2002, * 82 millions de filles se marient avant l’âge de 18 ans."

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.77) 27 juillet 2007 14:11
      Cosmic Dancer

      Cercle vicieux :

      "Le rapport révèle que les enfants qui vivent avec la violence domestique ne sont pas seulement confrontés à la détresse d’être cernés par la violence, mais sont en plus davantage menacés que les autres de devenir eux-mêmes victimes d’abus. On estime que 40% des enfants victimes d’abus signalent également des cas de violence domestique chez eux.

      Même lorsque les enfants ne subissent pas eux-mêmes d’abus physiques, leur exposition à la violence domestique peut avoir des effets graves et durables. L’impact commence tôt : les études montrent que les enfants plus jeunes sont plus menacés à cette exposition que les plus âgés, ce qui peut détériorer leur développement mental et émotionnel à une période décisive de leur croissance.

      Alors qu’ils grandissent, les enfants qui sont exposés à la violence domestique continuent à faire face à toute une série de menaces allant des difficultés scolaires à celles concernant leurs aptitudes à la vie sociale, en passant par la dépression, l’anxiété et d’autres problèmes psychologiques. Ils courent un plus grand risque par rapport aux psychotropes, aux grossesses précoces et au comportement délinquant, selon le rapport.

      Le rapport montre également que la meilleure façon de prédire si le cycle de la violence va se perpétuer ou non - avec les enfants pour victimes ou pour futurs auteurs d’actes de violence - dépend de la possibilité pour eux de grandir dans un foyer violent ou non violent. La recherche démontre que la proportion d’abus est plus élevée à l’encontre des femmes dont les maris ont été abusés quand ils étaient enfants ou qui ont vu leurs mères abusées. Beaucoup d’études ont aussi découvert que les enfants issus de foyers violents manifestent des comportements plus agressifs, des actes de brutalité, et risquent trois fois plus souvent d’être impliqués dans des bagarres."

      ...

    • Par Harald (---.---.---.238) 27 juillet 2007 15:36

      c’est quoi ce commentaire ! smiley

    • Par Harald (---.---.---.238) 27 juillet 2007 15:37

      c’était à koton que je m’adressais.

    • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.232) 27 juillet 2007 16:55
      Pierre R. Chantelois

      @ Cosmic

      Merci pour ces références. Ce qui m’attriste le plus, c’est que souvent, par les enfants, on rejoint la mère. Et vice-versa. Cercle infernal. Et le plus triste est le fait que la société ne met pas au premier rang de ses priorités l’éradication de cette violence coutumière. La violence peut se manifester de diverses façons. Ce ne sont pas toujours des coups dans la gueule mais parfois des coups de gueule qui font mal : ces mots qui blessent, ces mots qui heurtent, cette longue dégradation des êtres qu’on souhaite réduire au plus bas de l’espèce animale, par sadisme ou par vengeance. Je suis consterné. Se réclamer d’un certain humanisme, fut-il de Maritain ou de Gandhi, ne fait plus très IN dans notre société. Rien ne sera parfait. Mais tout est encore plus imparfait lorsqu’aucun effort n’est consenti pour changer les mentalités.

      En conclusion, j’aime bien le sens de cet article 112 de votre Code civil qui dit que : il y a violence, lorsqu’elle est de nature à faire impression sur une personne raisonnable, et qu’elle peut lui inspirer la crainte d’exposer sa personne ou sa fortune à un mal considérable et présent.

      Pierre R.

    • Par koton (---.---.---.100) 27 juillet 2007 17:22

      du coup ,tu traites un enfant de la meme manière qu’un adulte ?

    • Par koton (---.---.---.100) 27 juillet 2007 17:27

      vois tu,harald c’est un sujet bien compliqué !essaie d’imaginer le nombre de cas de figure...et souvent au milieu du couple il y’a des momes...

      tu comprends ?

  • Par Jojo2 (---.---.---.64) 27 juillet 2007 13:49

    On sait quelle est la tendance ? S’il y a augmentation, quelle part est due à une meilleure connaissance des faits ? Quels sont les remèdes proposés ?

    Certains chiffres sont bizarres. Comment concilier

    « En France, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences au sein du couple. »

    et

    « En Europe, chaque semaine, une femme est tuée par son conjoint (Commission européenne pour l’égalité des chances - Conseil de l’Europe, juillet 2002). »

  • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 27 juillet 2007 14:23
    Pierre R. Chantelois

    @ toutes et à tous

    D’abord merci pour vos commentaires. Sujet délicat mais qui doit être rappelé régulièrement à nos mémoires.

    En ce qui concerne les chiffres pour l’Europe, il n’existe pas de statistiques harmonisées permettant de dégager des tendances. Pour l’obtenir, il aurait été nécessaire alors d’obtenir tous les chiffres de chacun des pays, et d’en dégager les tendances. Travail fastidieux, malheureusement.

    Merci

    Pierre R.

  • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 27 juillet 2007 14:50
    Pierre R. Chantelois

    @ Toutes et à tous

    Je prie le lecteur d’être indulgent. Ma démarche a démarré avec un simple fait divers. Ce fait m’a paru suffisamment important pour le traiter plus en profondeur. Mon intention n’était pas de présenter un article de compétition entre la France et l’Europe ou la France et le Canada. Les données statistiques (lisez bien Élizabeth Badinter) ne doivent pas servir à des clivages ou des interprétations excessives sur la violence des hommes ou la violence des femmes. Il y a violence, c’est indiscutable. J’ai voulu montrer qu’elle était présente, à travers quelques données statistiques, incluant le Canada, en raison de ma citoyenneté, afin d’éviter justement ce jeu des compétitions malsaines.

    Il est particulièrement difficile de réunir les chiffres les plus exacts possibles sur des tendances en la matière. Aucune statistique harmonisée ne donne une image exacte de la tendance pays par pays. Y a-t-il plus de violence aux États-Unis qu’en France ou en Angleterre ? Là n’était pas le but recherché de cet article.

    Il est bien évident que si de tels chiffres avaient été accessibles ou réunis, je les aurais présentés en priorité. La méthodologie actuelle est bien faible. J’en conviens. Puisse-t-elle simplement éclairer les esprits et éveiller les consciences. Cela sera déjà un objectif atteint.

    Je vous remercie de votre compréhension et comprenez bien que vous n’avez pas devant un statisticien chevronné mais un rédacteur curieux et attristé par le sujet qu’il a traité.

    Pierre R.

    • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.232) 27 juillet 2007 16:15
      Pierre R. Chantelois

      @ Leon

      Je ne connaissais pas le parcours de madame Zelensky. C’est fait. Impressionnant de grandeur et de simplicité. Grandeur d’âme et simplicité d’approche. Merci.

      Pierre R.

  • Par C.C. (---.---.---.15) 27 juillet 2007 16:31
    C.C.

    Les chiffres de la honte ... smiley

    Excellent article. Même si certaines données statistiques ne semblent pas très cohérentes entre elles ... les ordres de grandeurs sont édifiants.

    • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.232) 27 juillet 2007 16:59
      Pierre R. Chantelois

      @ C.C.

      Je suis très conscient de la faiblesse méthodologique. D’un fait particulier, il me tardait d’en dresser un portrait de société pas très honorable. Merci de votre commentaire et pardonnez cette faiblesse au plan des chiffres.

      Pierre R.

  • Par koton (---.---.---.100) 27 juillet 2007 17:49

    bin ,c’est un peu choquant,quand meme...une femme meurt tous les trois jours de violence conjugale...moi qui pensais vivre dans un pays civilisé,avec des lois qui protègent les citoyens !

    yto !eé

  • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 27 juillet 2007 20:48
    Pierre R. Chantelois

    A toutes et à tous

    Dans une communication hors forum, une amie me communique l’adresse d’un site qui traite en profondeur de la violence faite aux femmes : Les Violences envers les femmes en France - Quelle prise de conscience en 2007 ?

    Comme le constate le Forum Femmes Méditerranée de Marseille dans le cadre du PROJET AIDA, c’est à la faveur des luttes féministes des trois dernières décennies qu’a pu émerger la problématique des violences contre les femmes comme en faire un interdit social et pénal. Ce forum fournit quelques données statistiques pour 2006 :

    ·  Suite à des violences, il meurt en France une femme tous les deux jours. Tous les milieux sociaux sont touchés (rapport 2006 de l’Observatoire national de la Délinquance) ;

    ·  en moins d’un an (2006), 113 morts violentes ont été recensées au sein de couples ou ex-couples. Les femmes représentent 83% des victimes. Dans les cas de décès masculins, 66% des femmes meurtrières avaient subi des violences conjugales (Etude publique, novembre 2006) ;

    ·  Une femme sur 10 interrogée a subi des actes de violence conjugale (physique, sexuelle, verbale, psychologique) au cours des douze derniers mois (Enveff 200) ;

    ·  50% des femmes décédées des suites de violences au sein du couple, subissaient déjà des violences avant l’acte ayant causé le décès. L’étude met ainsi en exergue le concept majeur de « continuum des violences » qui montre comment les violences « bénignes » préparent et facilitent les violences les plus lourdes.

    Les lecteurs pourront constater que, en l’absence d’une véritable harmonisation des données statistiques, les chiffres varient d’une étude à l’autre mais traduisent néanmoins l’aspect dramatique de la situation des femmes et des hommes confrontés à la violence conjugale.

    Pierre R.

  • Par L’enfoiré (---.---.---.234) 27 juillet 2007 20:49
    L'enfoiré

    Bonjour Pierre,

    Quel à propos. Je viens de voir, à la télé, le dernier film de Marie Trintignant « Colette, une femme libre ».

    2003, la sortie de ce film et du drame qui a suivi en dehors du ciméma et rien de changer. Drames familiaux qui ne ressortent que lors d’affaires aussi médiatiqées. Tous les 3 jours, dis-tu....C’est fou.

    Merci pour l’article.

  • Par seigneur_canard (---.---.---.178) 27 juillet 2007 20:51
    seigneur_canard

    L’éducation. Je reste profondément persuadé que c’est par elle qu’on en finira avec la violence conjugale (ou envers les plus faibles). Inculquer des valeurs de respect de l’autre, D’égalité entre les sexes etc... Tout cela doit être une mission prioritaire. Surtout si, à la maison, les enfants sont confrontés à une vision autre des rapports humains. Il faut leur comprendre que cette dernière n’est pas la normalité. Mais, je crains que dans ce domaine, on assiste, depuis ces 15 dernières années à un fort recul de la notion d’empathie, de la capacité de se mettre à la place de l’autre, de comprendre la souffrance qu’on peut lui infliger. On « chosifie » de plus en plus l’autre. Je suis choqué de voir des gamins de 13-15 ans parler des filles non plus sous le vocable de « nana », « gonzesse », « filles » ou autre mots plus ou moins argotique (oui, on ne parle pas comme dans les salons littéraires dans les cours de récré), mais sous des dénomination connotées tel « pétasse » (ou son équivalent en verlan), « pute », « chienne », « salope » etc. J’ai beau chercher dans ma mémoire, dans mes souvenirs d’adolescents boutonneux, je ne me souviens pas avoir entendu mes camarades(issus de divers milieux socio-culturels) de l’époque s’exprimer ainsi. Surtout en parlant de quelqu’un pour lesquels ils avaient une affection plus ou moins sincère. La violence commence avec l’idée que l’autre ne vaut rien. Qu’il n’est qu’un objet soumis a ses désirs. Qu’il doit obéissance du part son infériorité de fait. Il faudrait donc s’interroger sur les origines de ce retour du machisme triomphant. L’individualisme, la course à la « performance », la stigmatisation des plus faibles, ne sont peut être pas étrangers à cette violence envers ces derniers.

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.223) 27 juillet 2007 21:00
      Cosmic Dancer

      @ Seigneur-Canard

      Entièrement d’accord. Je me permets, à propos d’éducation, de vous conseiller le blog d’un « acteur de la prévention », aussi désopilant que plombant, celui de Didurban, alias « Docteur Kapote », qui œuvre toute l’année dans les lycées, autour de la question de la transmission de maladies sexuellement transmissibles, donc autour du rapport à l’autre, et vous retrouverez dans ses expériences, formidablement relatées, une partie de ce que vous constatez.

      http://www.blogg.org/blog-53402.html

    • Par seigneur_canard (---.---.---.229) 27 juillet 2007 22:43
      seigneur_canard

      Intéressant en effet. La dureté et l’appauvrissement du langage sont également vecteur de violence. (En sus de la difficulté de structurer une pensée complexe. Phénomène très bien décrit par Orwell.) l’usage de certains mots blesse sans doute autant que l’acte qu’ils désignent. Bergson se serait-il trompé ?

    • Par Cosmic Dancer (---.---.---.223) 27 juillet 2007 23:01
      Cosmic Dancer

      @ Seigneur-Canard

      Je crains effectivement que George Orwell, entre autres, ait pointé quelques caractéristiques redoutables de notre époque, notamment en inventant le concept de Novlangue, de laquelle, il me semble, nous souffrons tous plus ou moins, errants.

      En revanche, je vous avoue mon ignorance quant à la référence que vous faites à Bergson et j’aimerais bien que vous m’expliquiez.

      Cordialement.

      @ Pierre

      Pardon pour ces apartés.

    • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 27 juillet 2007 23:09
      Pierre R. Chantelois

      @ Cosmic

      Merci pour le lien. Par curiosité, cela sera ma lecture - en partie - pour la soirée.

      @ seigneur_canard

      Bien vu. La violence verbale devrait être expliquée dès le jeune âge afin de l’éviter et le bannir.

      Pierre R.

    • Par seigneur_canard (---.---.---.229) 28 juillet 2007 00:10
      seigneur_canard

      « le mot chien ne mord pas » ;)

  • Par Annie (---.---.---.129) 27 juillet 2007 20:52

    Si l’on se souvient de tout le battage médiatique qui a été fait autour de la disparition de la petite Madeleine au Portugal (qui est un drame familial, je ne minimise pas l’affaire), il faut bien dire qu’une partie du problème est la discrétion qui semble être obligatoirement attachée à la vie privée des gens. La cellule familiale est un endroit privilégié sur laquelle personne n’a droit de regard. Il y a certaines raisons pour cela. L’intérêt porté par la presse et l’opinion publique aux pédophiles, et aux enlèvements d’enfants est un écran de fumée qui nous empêche de voir la réalité et qui est aussi réconfortant en nous laissant penser que le danger vient de l’extérieur. Je pense que c’est un problème, en fait une tragédie, dont on ne parle pas assez. Pourquoi pas une campagne comme pour la sécurité routière ? En occultant le problème, ou en minimisant son envergure, on l’avalise. Mais si l’on veut bien aller plus loin, c’est la complète relation entre les gens, le manque de respect qui est à son origine et qui se cristallise dans le secret des relations familiales. Merci pour aborder ce problème qui transcende les frontières mais ne semble intéresser outre mesure les pouvoirs publics.

  • Par lyago2003 (---.---.---.133) 27 juillet 2007 22:41
    lyago2003

    Pourquoi ne pas faire comme pour la sécurité routière ? Décider que ce genre de comportements n’est pas acceptable , le déclarer Cause nationale Prioritaire et « mettre le paquet »

    Obligation dans les programmes scolaires d’un sujet traitant de ce fléau.

  • Par Asp Explorer (---.---.---.28) 28 juillet 2007 00:04
    Asp Explorer

    Une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales. En voilà une formule choc. Ça frappe facilement les gens qui ne savent pas compter. Parce que si on prend sa calculette, on s’aperçoit que une femme tous les trois jours, ça fait 120 femmes par an. Dans un pays de 65 millions d’habitants, soient 32,5 millions de femmes, on calcule qu’une femme a chaque année une chance sur 270 000 de mourir de la sorte. Si on considère qu’une femme vit 80 ans, on calcule qu’une femme a 0,03% de risque de mourir de violence conjugale.

    Alors on m’objectera que c’est déjà trop. Et c’est sans doute vrai. Vous proposez quoi ? Car si les femmes meurent sous les coups de leurs compagnons, ce n’est pas un fait typiquement Français, c’est une constante de la nature humaine. L’homme est volontiers violent. La seule manière de lutter contre ce phénomène serait de changer la nature de l’homme. Qu’envisagez-vous concrètement ? Taper sur les petits garçons dans les écoles primaires dès qu’ils soulèvent les jupes des filles ? Dresser les hommes à coups de trique dans des camps de rééducation ? Historiquement, ce genre d’entreprises a souvent été tenté, et n’a jamais donné de résultats probants. Et s’il m’est permis d’exprimer un avis, c’est plutôt heureux.

    Je vous suggère de reporter votre énergie sur des problèmes qui ont des solutions.

    • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 28 juillet 2007 01:22
      Pierre R. Chantelois

      @ ASP

      Vous assumez monsieur (ou madame). Vous assumez.

      Pierre R.

    • Par koton (---.---.---.21) 29 juillet 2007 00:48

      et la momie,

      une c’est déjà trop !

    • Par Zorba La Mouche (---.---.---.45) 29 juillet 2007 17:45

      A mon avis le fond de votre raisonnement est juste. A tout le moins en France et au Canada. Par contre au niveau mondial ; je serais porté à croire que les femmes sont très souvent brimé.

      D’un autre côté au Québec qu’en on regarde les statistiques concernant la violence : il évident que c’est d’abord et avant tout un phénomène d’homme. Un homme à beaucoup plus de chance de mourir d’une violence physique qu’une femme.

      Autrement dit, c’est littéralement beaucoup plus dangereux pour une homme de marché seul la nuit dans les rue de Montréal que pour une femme.

      Mais y a un gros bémol à ça et j’aimerais bien qu’on en parle un peu plus.

      Les femmes sont beaucoup plus peureuse que les hommes. En principe les hommes devraient être les premier ( étant les principales victime de la violence ) à réclamer le droit à la sécurité.

      Je le répète : j’aimerais vraiment beaucoup qu’on parle plus de ce phénomène.

      D’un autre côté je tiens à précisé que je suis contre toute forme de violence et que j’abonde très fortement dans le sens des propos de Canard .... ( désolé, j’ai oublié la suite du pseudo.

      ======================================================

      Intéressant en effet. La dureté et l’appauvrissement du langage sont également vecteur de violence. (En sus de la difficulté de structurer une pensée complexe. Phénomène très bien décrit par Orwell.) l’usage de certains mots blesse sans doute autant que l’acte qu’ils désignent. Bergson se serait-il trompé ?

      ======================================================

    • Par Zorba La Mouche (---.---.---.45) 29 juillet 2007 17:52

      Dans mon commentaire précédant, je faisais allusion au propos de Asp Explorer.

  • Par Max Pintcy (---.---.---.84) 28 juillet 2007 09:02

    En France, une femme meurt tous les trois jours de violence conjugale

    La pauvre ...

  • Par Pierre R. - Montréal (---.---.---.99) 29 juillet 2007 18:25
    Pierre R. Chantelois

    @ Zorba la mouche

    Il faut faire une distinction importante : la violence conjugale et la violence urbaine. Dans le cas de la violence urbaine, il est possible que les femmes, par crainte, démontrent plus de prudence que les hommes. S’agissant de la violence conjugale, il faut se rappeler les distinctions que proposent le psychologue Johnson : « terrorisme conjugal » et « violence situationnelle ».

    Les hommes seraient plus fréquemment victimes de violence conjugale dans des cas de « violence situationnelle », alors que les femmes subiraient, en plus grand nombre, un « terrorisme conjugal » de la part des hommes.

    Il faut tenir cet article pour ce qu’il est et non pour ce qu’on souhaiterait qu’il soit : j’ai livré certaines observations sur une question qui me préoccupe en toute connaissance de cause, sachant au préalable que je ne suis pas un statisticien. La lecture du discours d’Élizabeth Badinter m’a permis d’éviter de généraliser et de sombrer dans un étalage de clichés hommes-femmes. La violence existe. D’où qu’elle vienne, la société a le devoir de l’éradiquer. Je ne me fais aucune illusion sur ce dernier aspect.

    Nous n’avons pas abordé la violence faite aux hommes ou aux femmes et, de causes à effets, des répercussions que cette violence a sur les enfants. Nous sommes face à un dilemme de société, de quelque origine qu’elle soit.

    Je ne refuse pas votre invitation d’en discuter. Je n’en ai point la compétence. En lieu et place de vous présenter des inepties et des propos moralisateurs, je préfère simplement m’en restreindre aux quelques observations déjà soumises. Il appartient à chacun de documenter davantage la question, si tant est qu’il ou qu’elle se sent interpeller.

    Peut-être qu’un rédacteur, spécialisé en la matière, pourrait partager avec les citoyennes et les citoyens d’Agoravox les résultats de ses recherches. Pour l’instant, il faudra bien prendre pour point de départ le peu que j’ai proposé.

    Pierre R.

    • Par Zorba La Mouche (---.---.---.45) 29 juillet 2007 18:51

      J’ai vraiment aimez votre article. Il est nuancé et a mes yeux c’est tout a votre honneur.

      Mais pourquoi ne pas dénoncé la violence de façon objective ? Pour moi c’est clair que ici les féministes exploitent la peur des femmes pour la mettre au service de leurs propre cause.

      Les féministes ne sont pas plus noble que les masculinistes.

      Finalement, ce ne sont tout les deux que des groupes de pressions.

      Hé puis, je suis convaincu étant Québécois tous les deux. Que vous savez tout autant que moi que le déséquilibre dans notre société entre les forces féministes et les forces masculinistes est absolument gigantesque.

      On est en présence d’UNE chape de plomb : au Québec c’est très risqué voir suicidaire pour une personne en vue de relativisé le phénomène de la violence faite aux femmes.

      Finalement, selon moi, la notion de violence faite aux femmes est outils qui est de nature beaucoup plus politique que de justice et de sciences.

  • Par finael (---.---.---.169) 30 juillet 2007 12:52
    finael

    La violence faite aux femmes est très à la mode et cet article permet (malgré son titre un peu accrocheur) de bien poser les problèmes.

    Il ne manque pas d’incohérences : si 1 femme meurt tous les 3 jours (soit 120/an) il ne peut s’agir de la première cause de mortalité pour les femmes de 14 à 45 ans, sachant qu’il y a environ 260 000 femmes mourrant chaque année (1500 morts/jour en France dont environ 800 femmes) 12 000 suicides, 10 000 « accidents domestiqes », 8 000 accidents du travail et 5600 tués sur les routes.

    Cela ne remet pas en cause la réalité de la violence faite aux femmes qui ne se traduit généralement pas par la mort.

    Mais il y a quand même des questions que je me pose :

    Quelle est la part de la responsabilité des femmes elles-mêmes dans ces violences :

     Pourquoi choisissent-elles des hommes violents ? (j’ai été plus d’une fois traité de « trop gentil »).

     Ne sont-ce pas des femmes qui éduquent les garçons ?

     Il est dit dans plusieurs commentaires que « les hommes sont violents », parce-que les femmes ne le seraient pas ?

    J’ai été tabassé par ma mère jusqu’à l’âge de 15 ans et j’en ai porté les cicatrices jusqu’à sa mort (entre-temps je m’étais réconcilié avec elle).

     Serait-il innoportun de rappeler les « you you » des femmes arabes excitant leurs hommes pour le combat ?

     Et le serait-il aussi de rappeler combien les femmes (au moins certaines) aiment qu’on se batte pour elles ?

  • Par zelectron (---.---.---.207) 2 août 2007 23:43
    zelectron

    Une violence non évoquée (ou hypocritement passée sous silence par les « feministes ») : Une énorme majorité de cause de suicide des hommes (masculins) à tous âges est la « peine d’amour »

    Une des formes de violence psychologique les plus insidieuses consiste à manipuler l’homme en l’incitant à la violence physique. Si l’homme passe à l’acte, la loi se retourne contre lui. La femme violente possède là un atout décisif : la société la croit fondamentalement victime, qu’elle le soit réellement ou non. Et elle peut, sans trop d’ingéniosité, faire croire à son entourage que c’est son conjoint qui est violent.

    « seule la betise humaine peut donner une idée de l’infini », Einstein

  • Par Parti Ambidextre (---.---.---.34) 10 juillet 2012 07:12

    Une information honnête est une information factuelle présentée sans artifices réthorique.

    Il est faux d’affirmer qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Cette régalurité est artificielle, c’est une technique empruntée au marketing pour dramatiser une information. 

    Le fait est le suivant : 146 femmes sont mortes en 2010 tuées par leur conjoint (rapport ONDRP 2011 - page 9). Cela représente 0,00053% de la population féminine de plus de 16 ans (chiffres de l’INSEE - recensement de 2009).

    Ce n’est pas moins inacceptable mais cela donne une vision juste de la réalité. 
    Il peut être utile de présicer que 28 hommes ont été tués par leur conjointe en 2010 (rapport ONDRP 2011 - page 9) ce dont personne ne parle dans les médias.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

ECRIVEZ UN ARTICLE !





Les thématiques de l'article


Palmarès







Partenaires