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En Tunisie, la crise politique paralyse l’activité touristique

A l’heure où la Tunisie célèbre le troisième anniversaire de la Révolution de Jasmin, le pays connaît actuellement un tournant de son histoire. L’Assemblée Nationale Constituante (ANC) est en train de voter la nouvelle Constitution, et un nouveau Premier Ministre vient d’être nommé. Malgré le renouveau démocratique récent, il règne un climat de tension en Tunisie, sous fond de colère sociale, voire de violence. Ainsi, les touristes rechignent encore à venir se reposer quelques jours en Tunisie. La transition touristique se fait encore attendre.

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« Tunisie libre et démocratique »
Graffiti en faveur de la Tunisie libre et démocratique sur l’Avenue Bourguiba à Tunis

Cacophonie politique

Le gouvernement de Mehdi Jomaa, fraîchement nommé Premier Ministre, aura la lourde tâche de remettre la Tunisie sur de bons rails. Depuis trois ans, après que les utopies révolutionnaires se sont confrontées à la dure réalité, le pays s’est enfoncé dans la crise politique. A la suite du départ de Ben Ali et du sentiment de liberté qui en a résulté, une multitude de partis politiques s’est créée, témoignant d’un grand pluralisme idéologique naissant. Cette profusion des idées a engendré une cacophonie politique, créant de nombreuses divisions au sein de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC). Ces trois dernières années révèlent l’échec de toute une classe politique, et notamment celui d’Ennahda. Tiraillé entre le renouveau démocratique et l’exigence religieuse, le parti islamiste, majoritaire à l’assemblée, ne paraît pas à la hauteur des attentes du peuple tunisien. Cependant, depuis quelques jours, l’ANC vote un à un les articles de la nouvelle Constitution. Si son adoption est laborieuse, elle témoigne d’une avancée démocratique louable.

Tension sociale

A l’issue de la Révolution de Jasmin, les tunisiens ont connu un regain de liberté. Le changement le plus notable réside dans l’émergence d’une liberté d’expression quasi-totale. Au même titre que l’abondance de nouvelles idées politiques, la libération de la parole a entrainé l’apparition d’une conscience critique chez les tunisiens. La presse étant également plus libre, le citoyen tunisien a la possibilité de bâtir une vision beaucoup plus affûtée de la situation réelle du pays. Mais par extension, le citoyen tunisien s’est aperçu que cette situation est préoccupante. Désormais, il n’hésite plus à montrer son mécontentement. L’endettement de la Tunisie accroît de manière continue, contraignant la classe moyenne à payer d’avantage de taxes. Le prix des produits de première nécessité augmente invariablement, et la paupérisation menace une grande partie de la population. La Loi de Finance 2014, votée en fin d’année sans concertation avec le peuple, a mis le feu aux poudres, plongeant la Tunisie dans un climat de tension sociale. Des grèves et des manifestations éclatent partout dans le pays, émanant de nombreux corps de métiers. Blocages de routes, attaques de locaux financiers et bancaires, affrontements avec les forces de l’ordre, la grogne n’est pas sans rappeler les signes précurseurs de la Révolution de Jasmin.

Tourisme en berne

Face à l’instabilité qui règne depuis trois ans, l’activité touristique peine à repartir. Représentant 7% du PIB et 20% des recettes du pays, le tourisme en Tunisie est un des principaux moteurs de l’économie nationale. Plus d’un dixième de la population tunisienne vit du tourisme. La chute de ce secteur depuis la Révolution n’aide pas le pays à se relancer. Si la tendance est à la hausse depuis 2011, les recettes actuelles sont loin d’atteindre celles de l’avant-Révolution (8% de baisse depuis 2010). Vue de France, premier partenaire touristique, cette situation peu réjouissante n’incite pas les vacanciers à venir poser leurs valises en Tunisie. Entre la médiatisation des attentats et les consignes de sécurité énoncées par les autorités, les touristes français se tournent désormais vers d’autres destinations. La Tunisie est donc plongée dans un cercle vicieux dont elle peine à s’extraire. Le climat de tension n’aide pas à relancer le tourisme, et le tourisme en berne favorise le climat de tension. La renaissance de la Tunisie passera nécessairement par un renouveau politique. Le salut viendra peut-être du gouvernement Jomaa et de la nouvelle Constitution.


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3 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 18 janvier 2014 13:38

    Comme en Egypte...en Algérie (je rigole)..y a qu’au Maroc que sa marche.. ?

    Doit y avoir un truc spécial dans ce pays.. ?

    • Henri Diacono 18 janvier 2014 14:11

       Claude Michel, mais au Maroc, il y a une dictature caressée dans le sens du poil par l’Occident et surtout la France !


    • Henri Diacono 18 janvier 2014 14:33

      A l’auteur il ne faut en aucun cas sombrer dans le pessimisme pour la Tunisie. Sujet touristique tout d’abord. Plus de 7 millions de touristes ont été dénombrés enTunisie au cours de 2013 dont près de 500 mille « croisiéristes », 1 million 200 mille tunisiens résidant à l’étranger, près de 800 mille français qui demeurent les premiers « étrangers » à fréquenter le pays, devant les Allemands, les Anglais et les Italiens. Au fait un peu plus de 13 mille Américains y ont également séjourné.
      Sachez d’autre part que la Tunisie ne sera jamais l’Egypte et que l’islam pratiqué ici - j’habite en Tunisie - n’est pas un islam radical mais plutôt son contraire. Dans une nation arabophone mais pas arabe. Dans son ensemble le peuple tunisien est de plus en plus convaincu qu’il n’a rien à voir question « gènes » aux nations arabiques et partage avec l’Est de l’’Algérie une forte conscience « berbère ». Enfin il vous, nous faut crier haut et fort qu’une démocratie dans une telle nation ayant vécue depuis son indépendance la dictature mettra un peu plus de trois ans ou même quatre ans pour s’installer. Sans trop de bains de sang. Foi d’un français natif de Tunis au fort sentiment de tolérance du à son métissage méditerranéen.

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Guillaume Navarro

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