Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Episode Géorgie : la tectonique de la recomposition du monde

Episode Géorgie : la tectonique de la recomposition du monde

« Si tu ne sais pas coudre avec de l’or, frappe avec un marteau »*. Proverbe russe.

A force de chahuter « l’ours russe », on en vient à le réveiller et, là, les dégâts sont terribles. Depuis près de vingt ans, la Russie attendait son heure. Ce n’est plus la Russie de Gorbatchev ou d’Eltsine. La Russie lève la tête, elle en a les moyens financiers, elle en a la puissance. Depuis près de vingt ans et surtout depuis l’avènement de Bush, la tension n’a cessé d’être exacerbée. L’histoire du bouclier anti-missile ainsi que les fusées installées en Pologne, plus mortel ennemi de la Russie, ainsi que la proclamation unilatérale du Kosovo jointe à la « venue » voulue et sollicitée d’une équipe dirigeante pro-occidentale en Serbie, a achevé d’exacerber les Russes, Poutine en tête. D’une certaine façon, la Géorgie et l’Ukraine jouent au feu en voulant intégrer l’Otan et l’Union européenne pour « échapper » aux Russes. Une guerre souterraine est en train de se dérouler. Il s’agit de rapports de force géostratégiques indexés sur l’énergie et il n’est pas étonnant que les Russes accusent les Américains d’entretenir la mèche. Ironie de l’histoire, c’est la province natale - la Géorgie - de l’un des piliers du communisme : Joseph Staline « le Petit Père des peuples » qui ne veut plus dépendre de la Russie !

Pour l’histoire, l’Ossétie a été divisée en deux en 91 et en 92. L’Ossétie du Nord qui est devenue une République de la Fédération russe et l’Ossétie du Sud qui est restée en Géorgie. L’Ossétie du Sud voudrait rejoindre l’Ossétie du Nord pour reconstituer l’Ossétie historique. Déjà, avec l’invasion de l’Irak sans mandat de l’ONU et autorisation du Conseil de sécurité en 2003 et ensuite en 2008 avec la reconnaissance unilatérale de quelques pays (occidentaux ou pro-occidentaux) du Kosovo au mépris de la résolution 1244 de l’ONU, la Russie a encaissé avec très mauvaise humeur toutes ces avanies, ainsi que la précipitation de l’Exécutif américain à placer des missiles et radars à ses portes (République tchèque et Pologne). C’en était trop pour la Russie.

De quoi s’agit-il dans ce conflit ? Ecoutons ce qu’en dit Raymond Clarinard : dans la nuit du 7 au 8 août dernier, encadrée et équipée en particulier par les Etats-Unis, la Géorgie est brutalement passée à l’offensive contre la République séparatiste d’Ossétie du Sud. Elle semble avoir procédé à un pilonnage en règle, déployant des batteries de lance-roquettes multiples Grad, équivalent moderne des « Orgues de Staline » dans l’intention de s’emparer de Tskhinvali, capitale de la petite région. Pendant environ seize heures, on a pu croire que les Russes ne réagiraient pas. C’était en tout cas ce que craignaient les Ossètes du Sud, qui dès lors lançaient des appels à l’aide à Moscou, affirmant que les Géorgiens se livraient à un « nettoyage ethnique ». Puis, le 8 en fin de journée, l’armée russe est entrée en jeu et la violence de sa réaction a surpris tous les observateurs.

Les prémices d’une recomposition du monde

L’Ouest, nous dit-on, s’émeut, il condamne la « disproportion » de l’intervention russe, mais le Kremlin ne se prive pas de signaler à ses interlocuteurs occidentaux que leurs propres interventions, que ce soit en ex-Yougoslavie, en Afghanistan ou en Irak, ont rarement été mesurées. Après tout, ce ne sont pas les Russes qui ont inventé le sinistre concept de « choc et stupeur », inauguré par les Américains sur Bagdad en 2003, et qui revient à saturer le territoire ennemi de munitions plus ou moins intelligentes, mais surtout de très forte puissance. C’est effectivement un rien hypocrite de la part du Pentagone de dénoncer les frappes russes au moment même où l’US Air Force continue de procéder à des opérations comparables en Irak et en Afghanistan. Manifestement, les Russes ont la situation en main, à tel point que le président Dimitri Medvedev a annoncé la fin des opérations de « maintien de la paix » en Ossétie du Sud. « L’agresseur a été châtié et a essuyé des pertes sensibles »(1). Lundi 11 août, Vladimir Poutine a accusé les Etats-Unis de gêner délibérément les opérations militaires russes en Ossétie du Sud en aidant au rapatriement des troupes géorgiennes d’Irak, et de présenter la Géorgie en victime. « Saddam Hussein devait être pendu parce qu’il a détruit quelques villages chiites, mais les autorités géorgiennes doivent être défendues alors qu’elles ont rayé de la terre en une heure des dizaines de villages ossètes, qu’elles ont écrasé vieillards et enfants avec leurs chars et qu’elles ont brûlé vif les gens dans leurs maisons », s’est emporté le Premier ministre russe.

En fait, depuis la disparition du bloc soviétique, une lutte sourde opposait la superpuissance américaine, par multinationales interposées, à une Russie affaiblie qui tentait, néanmoins, de préserver le peu qui restait de sa puissance d’antan. D’autant plus que les multinationales américaines avaient quasiment fait main basse sur le pétrole et le gaz azerbaïdjanais, ouzbek, tadjik et autres kazakh. Américains, comme Européens, fondent en fait leur indépendance énergétique sur ces nouveaux producteurs, dont ils contrôlent, en amont et en aval, les puits pétroliers et les camps gaziers. Moscou dénonce la politique de va-t-en-guerre des autorités géorgiennes et affirme que c’est le soutien de Washington à Tbilissi qui a rendu possible ce conflit. Après l’Irak et le Kosovo, les Etats-Unis bafouent une nouvelle fois le droit international, accuse le quotidien russe La Pravda du 11 août 2008.

Depuis l’arrivée de Vladimir Poutine en 2000, la Russie cherche à redevenir un acteur majeur dans les relations internationales. Son objectif principal est de recouvrer le rôle qu’elle occupait dans les anciens pays satellites avant l’éclatement de l’URSS. Moscou n’a jamais pardonné à la Géorgie, comme à l’Ukraine, de vouloir échapper à sa sphère d’influence pour se rapprocher de l’Occident et adhérer à l’Otan. « L’objectif premier de cette guerre est d’empêcher ces deux pays d’entrer dans l’Otan. » L’armée russe, qui était, encore hier, humiliée, ruinée, désorganisée et corrompue, s’est relevée. Elle compte aujourd’hui plus d’un million d’hommes, 1 700 chasseurs, 22 000 véhicules blindés, et dispose d’un budget militaire de 12,5 milliards d’euros, contre 29 millions pour la Géorgie.

Il semble que la plupart des pays européens étaient parfaitement au courant des préparatifs de guerre de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud, une guerre qui entraînera l’Europe, et peut-être les Etats-Unis dans un conflit avec la Russie. Le 20 juin, Rachel Douglas, dans la revue internationale de Lyndon LaRouche, L’Executive Intelligence Review (EIR), observait que « les dirigeants de l’UE ont mis au pied du mur les intérêts russes, en affirmant leurs prérogatives d’action à l’intérieur même des frontières de l’ancienne Union soviétique. Avec ou sans le Traité de Lisbonne, les apôtres d’un empire libéral-impérial européen ambitionnent de faire de l’UE un arbitre en Europe centrale, outrepassant les Nations unies dans des endroits où l’ONU, ou la Russie sous mandat de l’ONU, a joué un rôle depuis les années 1990 ». Sous la direction de Javier Solana, l’UE a mis sur pied un groupe de diplomates qui s’est fixé comme objectif de provoquer le « dégel » des « conflits gelés ». Dans ce processus, l’Union européenne, tout comme les Etats-Unis, s’est associée avec le président géorgien, Michael Saakashvili, un fanatique de la « Révolution des roses », qui n’a pas hésité à déclarer au mois de mai dernier : « Nous sommes la terre de bataille d’une nouvelle guerre mondiale. » (2)

L’économiste américain Lyndon LaRouche estime pour sa part qu’il y a des gens en Europe, « stimulés en cela par les Britanniques », qui commencent « à raisonner comme Hitler ! » « Ce n’est pas juste une provocation pour tirer les moustaches des Russes ou les conduire dans un piège, c’est une tentative de démembrement de la Russie. En réalité, c’est une troisième guerre mondiale qui démarre. C’est la même chose que l’attaque sur l’Iran ! Exactement la même opération. Londres attise une troisième guerre mondiale, dénonçons-le ! »(3)

Pour rappel, l’Otan a été constitué durant la guerre froide comme le pendant du « Pacte de Varsovie » qui a été dissous après l’éclatement de l’URSS. Se pose, alors, la question du pourquoi de son existence, si ce n’est de servir de bras armé de l’Occident sous la houlette des Etats-Unis. Le secrétaire général de l’Otan a condamné à plusieurs reprises « l’usage excessif et disproportionné de la force par la Russie », mais il s’est refusé à critiquer l’intervention militaire menée par la Géorgie en Ossétie du Sud considérée comme le détonateur de la crise avec Moscou. L’ambassadeur russe auprès de l’Otan, Dmitri Rogozine, a jugé « immoral » de condamner l’intervention de la Russie, et a dénoncé « une offense à la mémoire des morts ». Les perspectives pour la Géorgie, qui va quitter la Communauté des Etats indépendants, d’une entrée à terme au sein de l’Alliance atlantique « sont maintenues », a noté le secrétaire général de l’Otan ajoutant sa bûche au feu de la guerre.

De fait, c’est « l’Occident » qui a commencé à manipuler les « cartes » des territoires, faisant fi des peuples et de leur histoire en modifiant - dans la plus pure tradition des « accords de Sykes-Picot » lors desquels l’empire ottoman vermoulu était découpé, en 1915 alors que la première guerre démarrait - les frontières internationales avec la création de l’Etat kosovar, en laissant croire aux Etats qui ceinturent la Fédération russe qu’ils avaient une légitimité à rejoindre l’Union européenne et l’Otan. Européens et Américains ont créé les conditions de la réplique russe. Il se confirme que la question de l’Ossétie du Sud n’aura été que le prétexte qu’attendait Moscou pour remettre au pas le petit Etat géorgien.

L’aspect énergie : vecteur structurant

Moscou profite de la question ossète pour détruire les infrastructures militaires géorgiennes d’autant que la Géorgie était candidate déclarée pour rejoindre l’Otan. Pour Henry Moreigne, la course à l’Est pour l’UE et l’Otan se trouve stoppée net. La Russie entend bien se reconstituer outre sa sphère d’influence, un no man’s land où seule la neutralité des Etats concernés sera admise. Non sans rappeler des épisodes de sinistre mémoire comme les Sudètes, le nouvel empire russe, qui a retrouvé des couleurs à travers la manne financière des hydrocarbures, se montre particulièrement attentionné vis-à-vis des minorités russophones de ses anciennes Républiques. Ce conflit rappelle aux Européens qu’au-delà de leur puissance économique, ils sont des nains politiques et militaires. Alors que, dimanche, Washington dénonçait avec fermeté une « agression » de la Russie contre un Etat souverain, et accusait Moscou de vouloir changer un gouvernement démocratiquement élu (4).

Le contrôle de Moscou sur les hydrocarbures est au cœur de la géostratégie russe depuis 2001, période où débute la flambée des prix du pétrole. La Russie est aujourd’hui devenue le premier producteur mondial (environ 600 milliards de mètres cubes) et le premier exportateur mondial (environ 200 milliards de mètres cubes) de gaz, ainsi que le deuxième producteur mondial de pétrole, dont elle est dorénavant un grand exportateur. Ses réserves gazières s’élèvent à plus de 23 % des réserves mondiales. La Russie est le premier fournisseur de l’Union européenne (30 % du gaz consommé). Les enjeux énergétiques sont très importants dans la région et l’offensive russe pourrait freiner d’importants projets en cours ; la Géorgie achemine les hydrocarbures produits dans l’Azerbaïdjan voisin, en bordure de la mer Caspienne, vers les marchés mondiaux. La pro-occidentale Géorgie est perçue, depuis l’ouverture en 2006 de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceylan reliant sur 1 770 km la mer Caspienne à la Méditerranée (à travers la Turquie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan), comme l’alliée incontournable des Occidentaux pour développer les exportations d’hydrocarbures, sans dépendre du géant russe Gazprom. Pourtant, les conséquences les plus graves des frappes russes se feront peut-être sentir au niveau des futurs projets énergétiques dans le Caucase. Le gaz de la Caspienne est actuellement acheminé par le gazoduc BTE, parallèle au pipeline BTC et qui s’arrête à Erzurum en Turquie. C’est cette infrastructure, épargnée par les bombardements, que l’Europe espère prolonger depuis Erzurum jusqu’en Europe centrale avec le projet Nabucco. La faillite du projet Nabucco pour cause de panique des investisseurs serait sans nul doute la plus grave conséquence économique de cette offensive russe. (5)

En définitive, outre-Atlantique, des analystes s’interrogeaient, hier, sur la responsabilité de l’administration Bush dans la crise en Ossétie. Ils remarquaient notamment que l’offensive de l’armée géorgienne avait été précédée de peu par une visite de la secrétaire d’État Condoleezza Rice, les 9 et 10 juillet, et d’un exercice militaire impliquant plus de 1 000 soldats américains, du 15 au 31 juillet. Des conseillers militaires américains, au nombre de 127, se trouvent d’ailleurs toujours sur le sol de la Géorgie, dans le cadre de l’entraînement des 2 000 hommes déployés par Tbilissi en Irak. Cet entraînement « couplé à la promesse d’une adhésion à l’Otan, a laissé croire aux dirigeants géorgiens qu’ils pourraient se tirer d’une guerre éclair en Ossétie du Sud », a accusé le dernier numéro un soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, dans une tribune publiée mardi par le Washington Post. (6) Dans un éditorial, l’influent quotidien serbe Politika relève les positions contradictoires des Etats-Unis et de la Russie sur les deux conflits, y voyant un « triomphe de la realpolitik ». « L’Ossétie du Sud est à la Russie ce que le Kosovo est aux Etats-Unis », « Moscou s’oppose à l’indépendance unilatérale du Kosovo et encourage la défense de l’intégrité territoriale de la Serbie », tout en « protégeant des séparatistes (ossètes) avec des armes », écrit le journal. Et les Etats-Unis, poursuit Politika, ont longtemps défendu le droit des Albanais du Kosovo à un Etat indépendant, mais dans le cas de la Géorgie, son alliée, ils s’opposent à la sécession. Pour Politika, ce « cirque diplomatique » n’est rien d’autre que le « triomphe de l’approche arbitraire des problèmes mondiaux. Et bien naturellement, le triomphe de la realpolitik ». Nous sommes d’accord. Rien n’est définitivement acquis et immuable. Il n’empêche que nous inaugurons depuis la troisième guerre mondiale qui peut durer longtemps jusqu’à ce que la tectonique des nouveaux partages du monde débouche sur de nouveaux équilibres. A n’en point douter, à côté de la "vieille Europe" d’après Donald Rumsfeld, et des Etats-Unis embourbés au Moyen et en Extrême-Orient, il y a la Chine et aussi la Russie. On l’aura compris, les petits pays et notamment les pays du Sud seront, une fois de plus, spectateurs de leurs destins façonnés dans les officines des puissances existantes et potentielles

1. Raymond Clarinard, "Rendez à César : Géorgie-Ossétie", Courrier international, 12 août 2008.

2. "Guerre en Ossétie : la complicité de Javier Solana et Robert Cooper de l’UE",
http://www.solidariteetprogres.org, 9 août 2008

3. http://www.solidariteetprogres.org/article4404.html

4. Henry Moreigne, "Géorgie : le réveil de l’ours russe", Agoravox, 12 août 2008.

5. H.-W. Bein, J. Schmidt, "Les Intérêts occidentaux", Courrier international, 12 août 2008.

6. "Géorgie", Laurent d’Ersu et Benjamin Quenelle, La Croix, 12 août 2008.
7. "Peut-on comparer Ossétie du Sud et Kosovo ?", Lexpress.fr, 12 août 2008.

* Не умеешь шить золотом, бей молотом.  (NDLR : en raison d’un problème technique, nous ne pouvons pas afficher ces caractères en haut d’article)


Moyenne des avis sur cet article :  4.79/5   (190 votes)




Réagissez à l'article

172 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 14 août 2008 10:59

    la grenouille se voulait se croire aussi grosse que le boeuf a éclaté comme une baudruche .
    La géorgie pouvait pas faire mieux que son équipe de rugby à la coupe du monde ,faut savoir rester à sa place !


    • wesson wesson 14 août 2008 19:16

      Le chat, vous me décevez : j’attendais de vous un truc du genre "c’est la tectonique des claques !"


    • Onegus onegus 16 août 2008 03:41

       Allez, je m’incruste là pour une petite friandise : une jeune américaine de 12 ans d’origine Ossète qui, en vacances dans sa famille, a été prise sous les bombes géorgiennes et qui remercie les Russes pour leur intervention... Problème, c’est en direct sur FauxNews, et voir la tronche du présentateur devant ce "couac" est un petit moment de plaisir dans ce monde de brutes... 

      http://www.youtube.com/watch?v=H8XI2Chc6uQ


    • Alexandre 16 août 2008 15:55

      "I blame the géorgian government" Il lui ont redonné la parole non ? Et la tête du présentateur est normal.


    • Onegus onegus 18 août 2008 02:42

       Pour poursuivre, concernant la désinformation des médias occidentaux dans sa présentation des événements en Ossetie, présentés comme une agression russe alors que c’est une agression géorgienne préparée à Washington :

      Gorbachev remet les pendules à l’heure sur CNN.

      Marek Halter remet les pendules à l’heure dans le Figaro.


    • tvargentine.com lerma 14 août 2008 11:00

      Merci pour cet article de grande qualité qui revient sur l’historique car les médias TV se contentent de nous "vendre" le marketing du président géorgien "élu à 98%" et financé par la CIA qui n’ont pas hésité à chercher à entrainer l’Europe dans une guerre



      • Tarouilan Tarouilan 14 août 2008 14:55

        Tiens,par moment, Lerma à de courts flashes de lucidité... c’est à noter... si au moins cela pouvait perdurer plus souvent...


      • Deneb Deneb 15 août 2008 08:15

        Le comportement de Ierma est interessant, Emblematique d’AV il lui est evidemment indispensable. Sa navigation à contre-courant commence à manquer de carburant, son opinion semble evoluer. La vraie question est : Qui a changé, Ierma ou AV ?


      • K K 14 août 2008 11:29

        Merci pour cette nouvelle contribution sur le sujet. Je ne suis pas loin de penser comme Tall que la rapidité et la vivacité de la réaction Russe a surpris et a modifié la donne. Il semble que le spectre d’un conflit généralisé s’éloigne.

        Il est à mon avis certain que l’Europe n’a rien à gagner et tout à craindre d’un conflit à ses frontières. Est ce que le président Georgien a été poussé à intervenir ou est ce qu’il s’est tout simplement cru plus fort qu’il ne l’est ? On peut se faire une idée de la réponse, mais on n’aura jamais les preuves.


        • loïc 14 août 2008 12:02

          "Pour rappel, l’Otan a été constitué durant la guerre froide comme le pendant du « Pacte de Varsovie » qui a été dissous après l’éclatement de l’URSS."

          L’OTAN date de 1949, le Pacte de Varsovie de 1955. C’est le Pacte de Varsovie qui est le pendant de l’OTAN.

          Pour le reste, Russie et Etats-Unis, ne cherchez pas le gentil et le méchant. Chacun avance ses cartes pour élargir son domaine d’influence.


          • Philou017 Philou017 14 août 2008 12:03

            Il est vrai que la déclaration de Bush "La Russie a envahi un pays souverain voisin et menace un gouvernement démocratiquement élu par son peuple, une telle action est inacceptable au 21e siècle" est presque comique, tellement elle est incongrue.
            Saakachvili de l’avis de tous les observateurs, n’a même pas été réélu démocratiquement. Les élections ont été truquées avec l’aide de certaines officines Etats-uniennes.

            Mais Bush n’a peur de rien...


            • K K 14 août 2008 18:34

              Oui mais lui il s’arrange pour s’attaquer à des pays souverains non voisin  et cette action semble dans sa réthorique tout à fait acceptable au 21 eme siècle.


            • Julius Julius 14 août 2008 12:07

              Je suis très étonnée : chaque jour apporte un ou deux articles AgoraVox, très heureux que « la Russie est de retour" et commence à la recolonisation de ses voisins. C’est étrange : Tout le monde estime que les ex-colonies de l’Europe et les États-Unis ont tous les droits à l’indépendance. Mais les ex-colonies de la Russie n’ont pas les mêmes droits, ils doivent se comporter très bien ne pas les déranger leurs précédents colonisator.

              En fait, je considère que la Géorgie se présente comme un gagnant de cette guerre. Il a gagné ce qu’il voulait. Je m’explique : Quelle est l’origine de la guerre ? La situation insoutenable, alors que la Russie a de fait occupé deux parties de la Géorgie et a permis à près de tous les jours les provocations armées au reste de la Géorgie. Président géorgien a demandé à plusieurs reprises le changement de forces de maintien de la paix dans le Sud Osseetia, il n’a pas obtenu de réponse. (N’est-il pas étrange, quand les forces de maintien de la paix sont composée de forces des pays qui sont impliqués dans le conflit ?) Géorgie ne voulait pas gagner la guerre, elle sait très bien qu’elle n’a aucune chance contre la Russie. Géorgie voulait attirer l’intérêt du monde. Ce fut le succès.

              Quelle est la situation de ces deux pays ?
              1) Russie : Il a vérifié qu’elle peut détruire un pays qui est 100 fois plus petit. D’autre part, la Russie a perdu tous les crédits, personne ne soutient la Russie est ce conflit. Le monde a été profondément choqué par les discours prononcés par Mr.Medvedev et Mr.Poutine.
              2) Géorgie : Il n’a pas obtenu deux provinces occupées par la Russie. Rien n’a changé ici. Mais la Géorgie a gagné la sympathie du monde. Tout le monde a vu les images des destructions causées par l’agresseur russe. États-Unis ont clairement soutenu la Géorgie. Et la Géorgie est maintenant beaucoup plus près de l’adhésion à l’OTAN - la seule garantie l’indépendance de la Géorgie.


              • LE CHAT LE CHAT 14 août 2008 12:31

                justement , on peut s’interroger sur la partialité des médias qui montrent peu les dégats causés par les troupes géorgiennes et les conseillers de la CIA ; les ossètes sont ni plus ni moins dans la position des kossovars narguant la serbie sous la protection de l’otan !


              • Charles Bwele Charles Bwele 14 août 2008 15:25

                @ Julius

                "
                Et la Géorgie est maintenant beaucoup plus près de l’adhésion à l’OTAN - la seule garantie l’indépendance de la Géorgie".

                J’ai bien peur que la realpolitik reprenne vite le dessus, la Géorgie n’est pas l’Ukraine ou la Biélorussie et encore moins l’Europe centrale, pour des raisons que g passablement expliqué plus bas. Donc, l’adhésion à l’OTAN ? Why not ? Mais, peut-être pas de notre vivant ou après avoir laissé beaucoup de plumes...

                Amicalement, Julius smiley


              • plume plume 14 août 2008 15:28

                la barbe ne rends pas intelligent ...


              • Philou017 Philou017 14 août 2008 15:47

                @Charles
                Si vous nous explicitiez vos raisons pour lesquelles il est important que la géorgie adhere à l’OTAN ?


              • Charles Bwele Charles Bwele 14 août 2008 16:43

                @ Philou17,

                Je pense que vous vouliez plutôt vous adresser à Julius qui a évoqué la possibilité que la Géorgie intègre l’OTAN. C’est à lui qu’il faut poser cette question.

                Personnellement, je ne pense que la Géorgie devrait intégrer l’OTAN. Ce serait gravement franchir une digue (géo)politique avec la Russie. Déjà que l’interventionnisme énergétique et politque de Washington n’arrange pas, ou plutôt dérange sérieusement les choses...

                Amicalement. smiley


              • Charles Bwele Charles Bwele 14 août 2008 16:47

                Je pense que la Géorgie ne devrait pas intégrer l’OTAN, je voulais écrire... Lapsus clavier smiley


              • titi 14 août 2008 16:53

                @julius,

                Tout à fait d’accord avec vous.

                Le président Georgien a donné un coup de pied dans la fourmilière.
                Il ne fait aucun doute que compte tenu du rapport de force il serait défait. Et ca il ne pouvait pas ne pas le savoir.


                Ce coup est un coup médiatique.
                En Europe de l’Ouest, il a ainsi mis les projecteurs sur la situation de son pays, et sur la nécessité d’un soutient économique, qui ne tardera pas. Surtout que la Georgie peut aussi aider l’Europe quant à ses approvisionnements.
                En Europe de l’Est, il agite le chiffon rouge de l’impérialisme Russe, ce qui ne manquera pas de reformer "le cordon sanitaire" d’avant guerre. Cordon dont elle fera partie bien évidemment.
                C’est aussi un message vers la Turquie qui n’a pas soutenu les EU en Irak... car si la Georgie s’écroule, la Turquie retrouvera une frontière avec son ennemi héréditaire, et elle aura bien du mal à y faire face.


                De toute façon, l’Ossétie et l’Abkhazie échappaient de facto à la souverainté Georgienne.
                Finalement dans cette guerre il perd ce qui était déjà perdu ou du moins ce qu’il n’a jamais eu.

                Sauf si les Russes décident d’aller jusqu’à Tbilissi...




              • Julius Julius 14 août 2008 16:57

                > Si vous nous explicitiez vos raisons pour lesquelles il est important que la géorgie adhere à l’OTAN ?

                Pourquoi la Géorgie devrait adhérer à l’OTAN :

                1) Pour la Géorgie : C’est la seule garantie de l’indépendance de la Géorgie. Si la Géorgie reste en dehors de l’OTAN, elle sera recolonised par la Russie, plus tôt ou plus tard.

                2) Pour les autres pays libérés du colonialisme de Russe : Une fois que la Russie saisit la Géorgie, elle continuera son agression. Les prochaines victimes seront les pays à forte minorité "russophone" : l’Ukraine, Républiques Balte. D’autres suivront.

                3) Pour l’Europe : Si l’Europe perd la Géorgie, elle deviendra dépendante de la Russie pour petrol non arabe. États-Unis ont d’autres ressources.

                4) Pour l’Europe et les États-Unis : Si on abandone la Géorgie, ils perdent toute crédibilité comme des protecteurs.


              • Pascal J. 14 août 2008 17:04

                L’adhésion probable d’une Géorgie, même affaiblie, au sein de l’OTAN, aura au moins l’avantage de prouver aux russes que leur démonstration de force n’aura strictement servi à rien. Au pire, elle provoquera l’effet inverse au résutat escompté par le Kremlin.

                Car même si Saakachvili quitte le pouvoir, rien ne dit que les géorgiens metteront à sa place un président qui soit entièrement docile à l’égard de Moscou.


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 14 août 2008 22:50

                 @ Julius : Votre commentaire et partial - ce qui est bien votre droit - mais d’une grande mauvaise foi. Mettez-moi dans la liste de ceux qui considèrent que tout ce qui met un frein à l’arrogance bushiste est bon pour l’humanité et que la Russie doit être est une pièce maîtresse, dans une stratégie européenne nécessaire pour redonner à l’Occident  sa dignité après l’intermède dégradant de l’hégémonie américaine.  

                Si vous croyez que personne ne partage ce point de vue, relisez les commentaires sur les articles qui traitent de ce thème et vous verrez que la Russie a sur ce site plus d’amis que les USA.   Un signe de santé mentale collective.   Je ne vois aucune raison de commencer une polémique avec vous. A moins que vous ne persistiez à désinformer, bien sûr, auquel cas je ferai un examen plus attentif de vos assertions.

                 Pierre JC Allard


              • Julius Julius 14 août 2008 23:30

                > Mettez-moi dans la liste de ceux qui considèrent que tout ce qui a rencontré un frein à l’arrogance bushiste est bon pour l’humanité et que la Russie doit être est une pièce maîtresse, dans une stratégie européenne nécessaire pour redonner à l ’ Sa dignité Occident après l’Intermède dégradant de l’hégémonie américaine.

                Je n’ai pas de listes de personnes.

                > Si vous croyez que personne ne partage ce point de vue, relisez les commentaires sur les articles qui traitent de ce thème et vous verrez que la Russie un sur ce site plus d’amis que les États-Unis. Un signe de santé mentale collective.

                Je sais ca. La plupart de ces amis de la Russie n’ont pas d’expériences directes avec la Russie. Je participe à des forums dans les pays, qui ont douloureusement appris "style Russe". Croyez-moi, il n’ya pas beaucoup d’amis de la Russie.

                > Je ne vois aucune raison de commencer une polémique avec vous.

                Alors, pourquoi avez-vous commencer ?


              • goc goc 15 août 2008 01:50

                heu....pouf pouf !!

                imaginons un instant que l’europe (qui vote aussi pour ou contre l’adhesion d’un nouveau pays a l’Otan) ait le choix entre voter pour la georgie et ne pas avoir de gaz cet hiver

                a votre avis ils feront quoi nos chers democrates auropeens ??


              • Iren-Nao 15 août 2008 03:57

                @ Pierre JC Allard

                Mettez moi donc dans la liste aussi !

                Cordialement

                Iren-Nao


              • Michel Maugis Michel Maugis 16 août 2008 02:30

                @ Julius

                mon pauvre julius, toujours à la recherche de justifier les meurtres et les génocides bushiens avec votre monde et histoire virtuels

                La colonisation soviétique n´a jamais existée. il suffit de regarder la position de ces "ex colonies" dans le classement IDH du P.N.U.D par rapport à ceux des vraies ex colonies françaises, anglaises, espagnoles.

                Au fait Cuba est en train de coloniser à tour de bras en Amérique Latine :
                Venezuela, Bolivie,. Equateur, Nicaragua, aujourd´hui le Paraguay.
                L´URSS renaìt autour de Cuba. Union des Républiques Socialistes du Sud.
                Vous avez de quoi alimenter votre haine des peuples en marche contre le capitalisme.

                Tenez, j´ai sélectionné pour votre pauvre esprit un texte de votre copain Fidel qui n´em finit pas de coloniser l´Ámérique Latine.. sans un seul bombardement, sans génocide, sans meutre, sans torture.

                Avouez que cela vous ennuit énormément .

                RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL

                (Traduction ESTI)

                De la chair à canon pour le marché

                Peut-être certains gouvernements ignorent-ils les données concrètes. Voilà pourquoi le message de Raúl fixant la position de Cuba m’a paru très opportun. Je reviens sur des points qu’on ne peut aborder dans une déclaration officielle précise et brève.

                Le gouvernement géorgien n’aurait jamais lancé ses forces armées contre la capitale de la République autonome d’Ossétie du Sud, au petit matin du 8 août, pour une opération qu’il a qualifiée de rétablissement de l’ordre constitutionnel, sans une concertation préalable avec Bush qui s’est engagé auprès du président Saakashvili, en avril dernier à Bucarest, à soutenir l’entrée de son pays à l’OTAN, ce qui revient à tenter de planter un couteau affilé dans le cœur de la Russie. De nombreux Etats européens membres de cette organisation militaire s’inquiètent sérieusement de la manipulation irresponsable de la question des nationalités, grosse de conflits potentiels, qui peut donner lieu jusqu’à l’éclatement du Royaume-Uni. C’est par ce biais qu’on a désintégré l’ancienne Yougoslavie : après la mort de Tito, toutes les tentatives pour l’éviter se sont avérées vaines.

                A quoi bon allumer la poudrière du Caucase ? Combien de fois la cruche devra-t-elle aller à l’eau avant de se casser ? La Russie reste une forte puissance nucléaire. Elle possède des milliers d’armes de ce genre. Je dois rappeler par ailleurs que l’économie occidentale en a ponctionné illégalement plus de 500 milliards de dollars. Si la Russie ne signifie plus le spectre du communisme, si plus de quatre cents plates-formes de lancement nucléaire ne visent plus directement les objectifs militaires et stratégiques de l’Europe de l’Ouest, puisqu’elles ont été démantelées à la disparition de l’URSS, pourquoi cet entêtement à l’encercler d’un bouclier atomique ? Le vieux continent a aussi besoin de paix.

                Les troupes russes stationnées en Ossétie du Sud y étaient dans le cadre d’une mission de paix reconnue à l’échelle internationale. Elles ne tiraient contre personne.

                Pourquoi la Géorgie a-t-elle choisi le 8 août, jour de l’inauguration des Jeux olympiques de Beijing, pour occuper Tskhinvali, la capitale de la République autonome ? Ce jour-là, quatre milliards de personne sur toute la planète assistaient à la télévision au merveilleux spectacle par lequel la Chine inaugurait ces jeux. Seule le peuple étasunien n’a pas pu profiter ce jour-là de la transmission en direct de la stimulante fête d’amitié entre tous les peuples du monde qui s’y est déroulée. Une chaîne de télévision avait acheté pour 900 millions de dollars les droits de retransmission exclusifs et souhaitait tirer le maximum de profit commercial de chaque minute de transmission : les chaînes concurrentes ont pris leur revanche en divulguant à cette même heure les images de la guerre du Caucase qui n’étaient de l’exclusivité de personne. Les risques d’un sérieux conflit menaçaient le monde.

                Bush, en revanche, a pu profiter du spectacle à titre d’invité officiel. Le dimanche 10, deux jours et demi après, on le voyait encore agiter de petits drapeaux, feignant d’être un porte-parole de la paix et prêt à se réjouir des victoires des magnifiques athlètes étasuniens que ses yeux, habitués à tout souiller, voyaient comme des symboles du pouvoir et de la supériorité de son Empire. Quand il n’avait rien à faire, il maintenait de longues conversations avec les fonctionnaires subordonnées à Washington, menaçait la Russie et encourageait les interventions, humiliantes pour ce pays, de son représentant au Conseil de sécurité des Nations Unies.

                Certains des anciens pays qui constituaient le camp socialiste ou faisaient même partie de l’URSS agissent aujourd’hui comme des hommes liges de Washington. Leurs gouvernements, poussés par une haine irresponsable de la Russie, tels ceux de la Pologne et de la République tchèque, s’alignent totalement sur Bush, soutenant l’attaque surprise lancée contre l’Ossétie du Sud par Saakashvili, un aventurier au passé louche qui, né sous le socialisme à Tbilissi, capitale de son pays, est devenu avocat dans une université de Kiev, a fait des hautes études supérieures à Strasbourg, à New York et à Washington. Il exerçait cette profession à New York. Il se présente en Géorgien occidentalisé, ambitieux et opportuniste. Il est rentré dans son pays avec le soutien des Yankees et a pêché dans les eaux troubles de la désintégration de l’Union soviétique. Il a été élu président de la Géorgie en janvier 2004.

                Ce pays est, après les USA et la Grande-Bretagne, celui qui a le plus de soldats à participer à l’équipée militaire d’Iraq, et il ne le fait pas précisément par esprit internationaliste. Quand, pendant presque vingt ans, Cuba a dépêché des centaines de milliers de combattants lutter pour l’indépendance et contre le colonialisme et l’apartheid en Afrique, elle n’a pas cherché de carburants, de matières premières ni de plus-value : ses soldats étaient volontaires. C’est ainsi que s’est trempé l’acier de nos principes. Que font les soldats géorgiens en Iraq, sinon appuyer une guerre qui a coûté au peuple de ce pays des centaines de milliers de vies et des millions de sinistrés ? Quels idéaux sont-ils allés y défendre ? Il est tout à fait logique que les Ossétiens du Sud ne souhaitent pas qu’on les envoie se battre comme soldats en Iraq ou d’autres points de la planète au service de l’impérialisme.

                Saakashvili n’aurait jamais osé de sa propre initiative dépêcher l’armée géorgienne en Ossétie du Sud où elle se heurterait forcément aux troupes russes déployées là comme force de paix. On ne peut jouer à la guerre nucléaire ni primer la livraison de chair à canon pour le marché.

                J’avais déjà écrit ces Réflexions quand Bush a parlé à 17 h 30 (heure de Cuba). Rien de ce qu’il a dit ne dément mes analyses, sauf que la guerre médiatique de l’administration étasunienne est encore plus intense aujourd’hui. C’est la même manœuvre préconçue qui ne dupe personne.

                Les Russes ont déclaré en toute clarté que le retrait des envahisseurs à leur point de départ était la seule solution digne possible. Espérons que les Jeux olympiques puissent se poursuivre sans être interrompus par une crise gravissime. La victoire de nos volleyeuses sur une bonne équipe des USA a été phénoménale, et le base-ball n’a pas encore commencé.

                 


              • Manta Manta 16 août 2008 06:26

                Pierre JC Allard,

                Vous m’honoreriez beaucoup en m’ajoutant a cette liste.

                Assez des diktats bushistes !!!

                J’en ai vraiment marre et j’ai honte de nos dirigeants politiques.

                La resistance, elle doit s’organiser M A I N T E N A N T.


              • Icopas 16 août 2008 14:24

                Effectivement les USA sont l’état le plus détesté de la planète, notemment à cause de son agressivité dans le monde et sa responsabilité centrale dans le plus sanglant conflit de ce XXIème siècle , l’occupation de l’Irak.

                Ca ne signifie pas que les autres états soient des danseuses en tutu rose, mais les USA (du moins la classe dirigeante de cet état, pour le peuple américain c’est moins drole) sont devenus un boulet pénible à supporter notemment pour ses alliés historiques maintenant, l’UE et le Japon.

                La soumission du personnel dirigeant de ces deux dernieres puissances à la faction qui dirige les USA devient assez folle.
                 
                Se mettre du côté américain, dans une fraction de plus en plus importante des tensions de la planète, c’est bien tirer des buts contre son propre camp. Pour l’UE et le Japon ça devient carrement suicidaire .

                Les USA, comme au billard à 3 bandes, s’attaquent aux interets européens et japonais du point de vue énergétique quand ils occuppent l’Irak et menacent de concasser l’Iran.

                Sur la question georgienne on laissera le bénéfice du doute sur les grenouillages des USA , d’Israel et d’officines privées, dans l’accélération de ce conflit.

                La destabilisation de la Georgie par la provocation militariste des dirigeants de cet état , provocation qui a bénéficié et bénéficie du soutien US et maintenant de l’OTAN (pour attirer l’UE dans le merdier aux côtés des USA) , est un coup porté sur l’avenir du canal énergétique qui lie le gaz et le pétrole des riverains de la Caspiennne à l’UE. La Russie a également interet à ce conflit pour controler les alternatives à ses propres gazoducs.

                Tout cela n’est pas sans rappeler que tout déclenchement de la guerre contre l’Iran par les USA sera d’abord, pour chaque bombe, des torpilles lancées sous la ligne de flottaison du japon et de l’UE.

                L’état russe joue son jeu et les USA aussi.

                Ce dernier état essaye d’inverser son déclin par le déclenchement de grandes tensions dans le monde, par une agressivité militaire sans précedent sur les principaux producteurs de pétrole et de gaz qui ne lui sont pas inféodés .

                La question georgienne ne peut qu’être appréciée en ce sens, respect des populations, paix, mais pas d’angélisme sur le rôle important  des USA dans ce conflit (pont aérien pour ramener des troupes georgiennes de l’Irak... par exemple).


              • Jdemnahouby 16 août 2008 15:06

                Les americains ont eu la meme reflexion avec Ben Laden lors de la guerre en Afghanistan et on a vu le resultat. les ennemis de mes ennemis sont mes amis est une boite de pandore tres tres dangereuse................


              • Internaute Internaute 14 août 2008 12:33

                On apprend dans cet article que la Russie dispose d’un budget militaire de 12 milliars d’euros. Celui de la France est de 35 milliards, soit trois fois plus. Celui des US est de 450 sans compter les dépenses en Irak ni en Afghanistan. Il y a beaucoup d’exagération dans ce qu’on raconte. Les russes ont l’incroyable capacité à valoriser leurs faits militaires dans les médias et celles-ci sont toutes prêtes à leur rendre ce service en croyant les gêner.

                Par exemple, on nous parle de la destruction de la Géorgie et la seule chose qu’on nous montre comme preuve de la violence des combats est un immeuble noirci mais dont les cloisons son encore debout. En conséquence, si on coupe le son et qu’on ne regarde que l’image, cet immeuble a été mitraillé à l’arme légère ou à la mitrailleuse mais en aucun cas bombardé par des BLU à guidage laser de 250kg ni par des obus d’artillerie de calibre 150.

                Avec un peu de mémoire on se souvient du massacre récent de Beyrouth perpétré par les juifs et d’immeubles d’une dizaine d’étages réduits à une pile de planchers ne dépassant pas 3 mètres de haut.

                Autrement dit, les journalistes essayent une fois de plus de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Les russes ont pratiqué avec beaucoup de modération une opération de police et rien de plus.


                • gil 16 août 2008 00:27

                  on aimerait connaitre les sources. en cherchant sur le net (par ex : http://www.russie.net/article4397.html) on trouve plutot 27 milliards d’euros (ou 40 milliards de dollars)


                • mariner valley mariner valley 14 août 2008 12:42

                  Salut,

                  J’ai visionne c’est dans l’air il y a qques jours. Ou il parlait justement du conflit en Georgie. Ca vaut ce que ca vaut mais l’une des causes de l’intervention Georgienne serait plutot dans une optique d’eviter une derive a la Kosovars de ces provinces separatistes. Celui-ci ayant cree un precedent...... et d’ailleurs Poutine aiait bien prevenu a l’avance qui si le Kosovo devenait independant cela provoquerait des Pbs.

                  Forcer de constater qu’il n’avait peut-etre pas tout a fait tord....et on voit bien l’ambarra d’ailleurs des europeens qui ont bien du se rendre compte qu’il y avait deux poids deux mesures, avec un coup l’independance du kosovo et de l’autre le respect de l’integrite d’un pays....

                  Le president Georgien a fait une boulette enorne en pensant que la Russie ne bougerait pas....


                  • wangpi wangpi 14 août 2008 13:24

                    comme si sakash pouvait faire quoi que ce soit sans en référer à ses patrons...

                    de toute cette histoire, il ressort comme un goût de test. sur le dos des populations, cela va de soi, mais enfin, "ils" sont fixés, DON’T FUCK WITH RUSSIA.


                  • fonzibrain fonzibrain 14 août 2008 12:48

                    franchement ,tres bonne article

                    j’ai lu je ne sais plus ou que sakaasvili et son équipe on tous étaient formé aux usa et que de nombreux conseillers us les entourent.
                    en même temps c’est toujours les mêmes histoires

                    les russes se reveillent,c’est dommage pour les morts à venir,mais quel pays accepterai de se faire bouffer petit à petit


                    • Julius Julius 14 août 2008 12:50

                      > La Russie de disposer d’un budget militaire de 12 milliars d’euros. Celui de la France est de 35 milliards, soit trois fois plus. Celui des États-Unis est de 450

                      On ne peut pas comparer directement le coût. Un soldat Russe est beaucoup moins cher que un soldat américain.

                      > Par exemple, sur nous parle de la destruction de la Géorgie et la seule qu’on a choisi nous montre comme preuve de la violence des combats est un immeuble noirci mais dont les cloisons fils encore debout.

                      C’est peut-être parce qu’il n’ya presque pas de journalistes français dans la zone des combats. Les pays d’Europe centrale ont journalistes dans la campagne géorgienne et ils ont montré que de nombreux bâtiments dans Gori ont été complètement détruits, par exemple.


                      • wesson wesson 14 août 2008 13:34

                        "Les pays d’Europe centrale ont journalistes dans la campagne géorgienne et ils ont montré que de nombreux bâtiments dans Gori ont été complètement détruits, par exemple."

                        Et c’est certain que des journaliste provenant des pays dont les présidents sont venu faire la claque pour Saakachvili en pleine déroute vont nous livrer des reportages d’une objectivité remarquable.

                        Grotesque.


                      • Allain Jules Allain Jules 14 août 2008 14:17

                        Excellent article.

                        Les gens à blâmer sont donc Bush et Saakachvili.


                        • Pascal J. 14 août 2008 14:30

                          Comme le soulignait ’Loïc", il ne faut peut-être pas chercher ni de bon ni de méchant dans cet affaire, toujours est-il que le costume de "chevalier-blanc, défenseur des minorités opprimés" dans lequel les russes se drapent pour pouvoir intervenir en Ossétie du sud et en Abkhazie, et écraser militairement un petit pays, cela me fait doucement rigoler...

                          Depuis quand le Kremlin défends les minorités opprimées du Causase ? Posez donc la question aux tchètchènes et ils vous répondront.

                          Dailleurs, même si Moscou entretien des liens étroits avec ces "indépendantistes", elle ne reconnait pas pour autant formellement ses indépendances autoproclamées, des fois que cela donnerait de "mauvaises" idées aux autres minorités vivant sur le territoire de Fédération russe et qui ont aussi des bonnes raisons de vouloir s’émanciper.

                          Pas question non plus d’intégrer ces territoires à la fédération. Ainsi, le leader "indépendantiste" sud-Ossète Edouard Kokoïty à réclamer au moins une dizaine de fois l’adhésion de son pays à l’état russe, réponse : Moscou à fait la sourde oreille. Ne donnons pas des idées aux kosovars albanophones qui pourrait aussi tôt ou tard réclamer leur rattachement la "mère patrie" dans le cadre d’une "grande Albanie" (n’oublions pas aussi qu’un quart des habitants de Macédoine sont également albanophones et l’ont fait savoir il y a quelques années au gouvernement de Skopje en menacant par les armes l’unité de ce jeune pays).

                          En conclusion, je dirais que l’actuel triomphalisme des russes risque d’être de courte durée, puisque malgré tout le devenir du statut des minorités dans le Caucase reste entier, parce que le Kremlin a eu depuis le début une hatitude ambivalente à se sujet. Cette guerre n’aura finalement rien réglée (à moins, effectivement que ce ne soit pour Moscou un grossier prétexte pour règler son compte à un dirigeant d’une ex-colonie devenu trop pro-occidental, ce qui est fortement possible, mais là aussi pour le résultat final, il n’y a pas de quoi pavoiser !). En clair, la défense des minorités géorgiennes par Moscou, tout ça c’est de la littérature ...


                          • Alexandre 15 août 2008 22:59

                            "Depuis quand le Kremlin défends les minorités opprimées du Causase  ? Posez donc la question aux tchètchènes et ils vous répondront"
                                    
                                      Avez-vous vu ces reportages télé où des Géorgiens disent redouter les Tchétchènes venus défendre les Ossètes ?


                             "Dailleurs, même si Moscou entretien des liens étroits avec ces "indépendantistes", elle ne reconnait pas pour autant formellement ses indépendances autoproclamées"
                                  
                                       Les Russes respectent le droit international


                            "des fois que cela donnerait de "mauvaises" idées aux autres minorités vivant sur le territoire de Fédération russe et qui ont aussi des bonnes raisons de vouloir s’émanciper."
                                    
                                        Les Ossètes du Nord, par exemple ?



                            "je dirais que l’actuel triomphalisme des russes risque d’être de courte durée"

                                         Il n’y a aucun triomphalisme chez les Russes. Si vous lisiez la presse russe, très critique, vous vous en rendriez compte

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès