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Accueil du site > Actualités > International > Ethanol contre tortillas : les Mexicains crient famine

Ethanol contre tortillas : les Mexicains crient famine

Nous sommes à San José, un petit village du Mexique, dans la cuisine d’une pauvre maison en pisé. Comme tous les jours, Adelita prépare la nourriture de base pour son mari Diego et ses quatre enfants. Elle verse 500 grammes de nixtamal (farine de maïs) sur la table, y ajoute une petite cuiller de sel et commence à travailler de ses mains la pâte qui se forme tandis qu’elle y incorpore progressivement de la graisse végétale et de l’eau afin qu’elle soit malléable. Lorsque la pâte est homogène, Adelita la sépare en douze boules de la taille d’un œuf, la laisse reposer vingt minutes sur la surface farinée puis étend les boules en minces galettes à l’aide d’un rouleau à patisserie. Elle fait enfin frire le tout deux minutes de chaque côté dans une poêle remplie d’huile d’olive.

Adelita vient de faire des tortillas que sa famille mangera accompagnées de frijoles (haricots rouges). C’est le plat traditionnel des pauvres mexicains qui représentent 70 % de la population de ce pays. Et elle se demande si ce n’est pas la dernière fois, tant le prix du maïs augmente vertigineusement depuis quelques années.

Rien que cet année, il est passé de 5 à 10 pesos le kilo et son mari José ne touche que le salaire minimum, soit 613 pesos par mois (62,50 euros). Etant donné que sa famille, comme tous les autres pauvres, consomme 15 kilos de tortillas par mois et par personne, le calcul est vite fait : au début de 2006, son budget tortillas mensuel s’élevait à 375 pesos. Un an plus tard, il était de 750 pesos par mois. Nettement plus que le salaire de son mari, même si ce dernier vient d’être augmenté de 3,89 %. La famine pointe.

De toutes façons, ce ne sont là que des chiffres, des abstractions qui ne veulent plus rien dire pour Adelita depuis 1999. Car cela fait longtemps qu’elle a remplacé ses tortillas jadis quotidiennes par des soupes instantanées saturées de mauvaises graisses, bourrées de colorants industriels, saturées de sodium et pour la plupart sans aucun apport énergétique produites par des industries locales ou états-uniennes sans scrupules. Les tortillas désormais, c’est pour les jours de fête.

Libéralisation et malnutrition

Adelita est très représentative des 70 % de Mexicains pour lesquels les frijoles et les tortillas sont la principale, et souvent l’unique, source de protéines pour les 15 millions d’entre eux qui sont les plus pauvres (soit environ 15 % de la population).

Adelita ne sait pas que ses malheurs ont commencé en 1994, lors de la signature de l’ALENA, accord de libéralisation du commerce signé entre les USA, le Canada et le Mexique. Un vrai marché de dupes qui a surtout profité aux producteurs de maïs états-uniens, très soutenus par leur gouvernement pseudo-libéral et en fait archiprotectionniste. Bilan : tandis que les livraisons de maïs états-unien au Mexique augmentaient de 3 % par an depuis cette date, les tarifs douaniers baissaient de 8,6 % avec la même périodicité, avec pour objectif leur élimination totale à l’horizon de 2008. Ce hold-up a ruiné un très grand nombre de petits producteurs mexicains.

C’est cependant en 1999 que les choses ont commencé à sérieusement se gâter pour Adelita. Cette année-là, le gouvernement de son pays, sous la pression des USA, décide de libéraliser (entre autre) les prix de la tortilla, qui s’envolent aussitôt. C’est à cette époque-là qu’elle s’est progressivement mise à remplacer sa nourriture traditionnelle par ces putains de soupes instantanées sans valeur nutritive. Sept ans plus tard, une enquête nationale baptisée Santé et Nutrition démontrait que 60 % des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition et que 40 % des adultes étaient victimes de diverses pathologies en rapport avec leurs carences alimentaires infantiles. Rien d’étonnant, puisque le prix de la tortilla avait pendant la même période augmenté de 135 %, ce qui avait poussé les consommateurs à réduire leur ration quotidienne de 215 g à 140 g.

La faute à ces satanés gringos, comme dit José, le mari d’Adelita ? Pas seulement. La libéralisation du prix de la tortilla sous les auspices de l’ALENA a certes profité à Cargill, géant de l’agroalimentaire états-unien, mais aussi à de grands cartels du maïs mexicains comme Minsa et Maseca. Tout ce joli monde a su anticiper et spéculer sur la hausse des cours internationaux du maïs en ne mettant sur le marché que des quantités de grain très réduites, provoquant ainsi une envolée des cours faramineuse  : en 2006, Cargill faisait carrément la culbute sur la tonne de maïs en 3 mois, l’achetant 175 dollars et la revendant 350 !

Des chiffres indécents qu’Adelita, devenue obèse comme 60 % de ses concitoyens à cause de la malbouffe, ne peut même pas imaginer. Et elle ne peut même pas essayer de s’approvisionner en farine de maïs chez des petits distributeurs indépendants : Cargill & co contrôlent quasi-intégralement le réseau de distribution et imposent leurs prix. La main invisible du marché, Adelita se la prend en pleine gueule.

Et Adelita la miséreuse n’a encore rien vu. Le pire est encore à venir, avec la bénédiction de l’évangélique et éthanolique G.W. Bush.

L’élixir magique de G.W. Bush

Lors de son dernier discours sur l’état de l’Union, G.W. Bush a lyriquement évoqué un “élixir magique en mesure de régler tous les problèmes économiques, environnementaux et diplomatiques”. De quoi parlait-il ? D’une pilule magique productrice de paix, d’harmonie et de bonheur inventée par l’industrie pharmaceutique ?

Non. Il parlait de l’éthanol, c’est à dire d’écologie psychédélique façon big bizness coiffé de stetsons et chaussé de santiags sur fond de sociétés offshore dans des paradis fiscaux où la tortilla est un plat inconnu et où l’existence d’Adelita ne vaut pas le quart d’un billet vert.

Pour palier à la raréfaction de la ressource pétrolière et par conséquent à la flambée de ses prix, les USA se sont avec frénésie lancés dans la production de biocarburant à base de maïs, dont ils sont un des plus gros producteurs et exportateurs mondiaux. Du coup, la spéculation sur ce produit fait rage, les prix flambent et il est à craindre que, très vite, la quantité de maïs disponible pour l’alimentation humaine et animale ne diminue dramatiquement par rapport à celle consacrée à la production d’éthanol pour bagnoles et camions états-uniens.

La construction de distilleries d’éthanol de maïs est donc en plein boom aux USA. Le problème, c’est qu’un rapport officiel états-unien estime que celles-ci auront besoin de pas moins de 139 millions de tonnes de maïs d’ici à la récolte de 2008. Or le ministère de l’Agriculture ne prévoit qu’une production de 60 millions de tonnes... et il faudra donc trouver 79 millions de tonnes nécessaires ailleurs. Et donc en priorité au Mexique (source : Courrier International). Adelita a de sérieux soucis à se faire. En réalité, l’élixir magique de G.W. Bush n’est qu’un mensonge de plus. Des journalistes du Chicago Sun-Times ont mené une enquête sur la filière éthanol de maïs, et en ont déduit que cétait en réalité, "très cher et inutile”, puisqu’en aucun cas il n’était possible que ce biocarburant permette aux USA d’accéder à l’indépendance énergétique, comme le prétend Bush : “Même si tout le maïs produit aux Etats-Unis en 2007 était réservé à la production d’éthanol, la consommation de pétrole ne baisserait que de 12 %”.

Cette absurdité se fait et se fera quand même, pour le plus grand profit spéculatif et industriel des cartels du maïs états-uniens et mexicains. Sur le dos de la misérable Adelita qui n’aura plus qu’à mourir de faim. En 2007, on estime que le prix de la tortilla augmentera encore de 61 %.

Il est très probable que de gigantesques émeutes de la faim se produisent au Mexique d’ici à deux ans. Il est très probable que les USA soient l’objet d’une vague d’immigration mexicaine sans précédent. Le mur pour essayer de la contenir est en cours de construction. Il est très probable que de cyniques et méticuleux compables de Cargill dénombrent déjà parmi les Mexicains ceux qui mourront de faim chez eux, ceux qui mourront de soif dans le désert de Sonora et ceux qui arriveront à passer le Rio Grande pour se faire exploiter, pauvres clandestins, dans les distilleries d’éthanol de Cargill.

Adelita privée de tortillas aura alors raison de se révolter (y compris violemment) contre l’ultralibéralisme éthanolien. D’ailleurs, son prénom est tout un poème révolutionnaire mexicain...


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124 réactions à cet article    


  • darkfox (---.---.106.187) 6 mars 2007 09:55

    Très bon article, bien documenté qui montre que certains pays font des belles boulettes... Par contre vous oubliez tout de même que le gouvernement mexicain est tout de même souverain.. et qu’il peut établir des lois... Je pense que le gouvernement mexicain devrait se bouger un peu aussi... ou tout au moins sa population... car si on produit de la nourriture le but initial est bien de ourrir sa population.. donc j invite les mexicains a se manifester un peu plus quitte à faire un coup d’état ...


    • Marsupilami Marsupilami 6 mars 2007 16:56

      @ Darkfox

      Un truc que j’ai trouvé sur Internet et recoupé je ne sais plus ou (désolé, j’ai pas gardé les traces, mais en demandant à Google tu trouveras facilement) :

      "Cette hausse du prix de la tortilla, véritable drame social pour les plus défavorisés, a mis en évidence la faiblesse du gouvernement mexicain. Pour tenter de résoudre cette crise, Felipe Calderon a aussitôt annoncé l’importation sans taxes douanières de milliers de tonnes de maïs. Une mesure d’urgence qui ne résout rien puisque ce sont toujours les trois entreprises monopolistiques qui fabriqueront et distribueront les tortillas. C’est un avant-goût de ce qui va se passer en 2008. L’Alena prévoit en effet que le maïs américain, fortement subventionné, pourra entrer librement au Mexique. Le prix de la tortilla devrait donc baisser, mais à condition que le gouvernement réorganise une production nationale compétitive en mettant fin à ces monopoles. D’autre part, l’augmentation des importations n’est pas sans risque. En s’en remettant aux fermiers américains, le Mexique n’aura plus aucune souveraineté alimentaire. Il sera donc à la merci de Washington qui aura une arme supplémentaire à sa disposition pour faire pression sur le gouvernement mexicain.

      L’opposition estime donc que le gouvernement doit relancer les petites exploitations agricoles familiales et constituer un grenier national qui permette à l’Etat de stoker 20 % de la consommation de maïs pour en réguler les cours. Le sénateur Ricardo Monreal a annoncé que d’ici une semaine les partis de gauche allaient proclamer un « état d’urgence économique » et exiger la démission du ministre de l’Economie pour ne pas avoir été capable de contrôler l’augmentation des produits de première nécessité. Si rien n’est fait d’ici là, la gauche appellera les Mexicains à de grandes manifestations populaires".

      Let’s roll...


    • Marie Pierre 6 mars 2007 18:02

      J’ai lu cela sur le Telegramme, mais pas gardé.


    • Alexandre (---.---.49.108) 6 mars 2007 18:29

      Oui les petits paysans sont écrasés par les multinationales et les ruraux condamnés à l’exode rural comme ... en France.

      Vous sous estimez tous les U.S.A.. Il ont une politique active d’aide aux pays sous développés sur un point précis le contrôle des naissances. http://www.inegi.gob.mx/est/contenidos/espanol/rutinas/ept.asp?t=mpob16&c=3193

      Au mexique comme dans tous les pays d’Amerique Latine la fécondité est en baisse rapide 1,9 enfant par femme au Bresil 2,2 au Mexique. Parlons même pas de Cuba les soviétiques avait un modèle encore plus efficace dans ce domaine.

      Vous pouvez redouter (ou rêver ?) des hordes de latinos qui mettront à bas l’empire américain. Vous attendrez en vain. Dans une génération l’Amérique latine aura une population presque aussi vieillie que celle de l’Europe et la baisse de la croissance démographique y permettra une hausse du niveau de vie, comme dans les villes de Mexico et Sao Paulo aujourd’hui, mais certes pas pour tout le monde.


    • jeffdu38 (---.---.23.82) 7 mars 2007 17:56

      et alors ?


    • Marsupilami Marsupilami 7 mars 2007 18:21

      @ Alexandre

      En ce qui concerne l’action de longue durée des USA pour réduire la surpopulation mondiale, y compris pour les raisons les plus cyniques, tu n’a pas tort. Voir ce rapport sur la Guerre démographique et sous-développement : les Etats-Unis contre le tiers monde.

      Mais je ne suis pas sûr que la lecture de ce rapport va dans le sens de tes convictions...

      Ce qui est en revanche sûr, c’est qu’une émeute de la faim peut changer le cours de l’Histoire (voir la révolution de 1789).


    • Ariane (---.---.31.109) 6 mars 2007 10:08

      Encore bravo. En lisant ton article, j’ai un instant pensé à cet excellent film d’Alfonso Arau, « Les épices de la passion » (Como agua para chocolate). Mais le souvenir de la gaité et de l’impertinence de ce chef-d’œuvre du cinéma mexicain a vite cédé la place à des considérations beaucoup plus sombres.

      A propos de Cargill, les sites de Saint-Nazaire et Brest posent problème notamment aux riverains :

      http://www.cargillfrance.com

      http://www.brest-ouvert.net/article2107.html

      http://www.brest-ouvert.net/article3209.html


      • luisito luisito 6 mars 2007 10:41

        Tres bon article. Tout est dit concernant les mefaits de l’ultraliberalisme. Il ne s’agit plus de la simple liberte d’entreprendre et de commerce, il s’agit de la liberte de tuer un peuple.

        Oui le mexique est souverain, mais uniquement sur le papier car si il etait vraiement souverain, leur gouvernement aurait deja retabli de l’equite sur le marche du mais. La question qu’il faudrait se poser c’est « pourquoi le gvt mexicain ne fait rien ? ». J’ai bien ma petite idee (il serait manipule et corrompu par ceux qui profitent de ce marche du mais)

        J’en convient c’est un autre pb qui pourrait faire l’objet d’un article complementaire.


        • JL François Marie 6 mars 2007 15:25

          Oui, le crime des libéraux n’est pas tant d’assouvir les désirs toujours plus délirants des plus riches de ce monde au mépris des ressources naturelles et de la pollution. Le crime c’est de s’opposer à la satisfaction des besoins élémentaires des plus démunis au nom d’un droit (!) à une concurrence libre et non faussée, comme il était si bien écrit dans feu le TCE.

          Tout interventionnisme est considéré par eux comme un crime de ’lèse marché’, et les besoins, les désirs, les inégalités comme le monopole dudit marché.

          Des milliards d’individus non solvables peuvent mourir plus ou moins brutalement, ça ne les empêche pas de développer toujours plus ce système inique.


        • (---.---.37.71) 6 mars 2007 15:45

          Je ne vois pas le probléme, puisqu’il y a des gars comme toi qui sont prés à aider ces gens. Alors payes et fiche nous la paix.


        • Gnole (---.---.192.187) 6 mars 2007 17:26

          Je me demandais quand Adolphos le Troll allait sortir... ben voilà c’est fait. Le plus parfait exemple de troll improductif de Agoravox, et toujours pas la moindre lueur d’intérêt dans ses posts.

           smiley


        • Nicolas (---.---.38.148) 7 mars 2007 13:00

          Alors la je dis attention ! Ce n’est pas de l’ultraliberalisme du tous, vu que : 1 - la concurrence est biaisée (il n’y a que des cartels qui s’occupent de la distribution et qui semblent s’entendre sur les prix) 2 - la production de mais est subventionnée aux US

          On a ici un melange explosif de liberalisme, de monopole et d’intervention de l’etat (pour les subventions aux US) qui ne beneficient evidement à personne, sauf aux gens tout en haut des chaines. Le Mexique devrait, je pense, reguler le prix de la tortilla, ou au moins briser les monopoles de fait des cartels

          Les subventions aux grands producteurs devraient également etre supprimées, car les pays en voie de developpement se retrouvent avec une concurrence inégale puisque les céréales sont vendus a perte par les pays occidentaux. Je pense particulierement à un article que j’avais lu il y a qq années sur les agriculteurs indiens qui ne pouvaient pas faire concurrence avec les matieres importées, qui devaient vendre leur champs et qui allaient grossir les bidonvilles des villes, affamés et avec tous les aléas que ca comporte.


        • Yasunari (---.---.129.150) 7 mars 2007 13:05

          C’est vrai, mais à le lire, on comprend mieux tout l’interêt des camps de rééducation... J’ai des envies de l’envoyer biner les patates pendant un an ou deux... Va finir petit timonnier moua....


        • Marsupilami Marsupilami 7 mars 2007 13:47

          @ Nicolas

          « Ce n’est pas de l’ultralibéralisme du tout ».

          Appelles-ça comme tu veux, « hypercapitalisme actionnarial et financier mondialisé » par exemple. Le libéralisme économique pur est un rêve d’économiste présupposant une libre concurrence à l’intérieur d’un marché libre et non faussé sous la houlette bienfaitrice d’une miraculeuse main invisible et régulatrice. Ce genre de truc n’existe pas dans le réel, sinon quand il y a des instances non-économiques (par ex. les Etats) pour réguler les lois de la jungle.

          Quand tu t’appelles Adelita tu t’en fous de ce genre de distingos pour bien-nourris et bien-pensants. Tu perçois avant tout des exploiteurs sans vergogne et des exploités misérables.


        • Nicolas (---.---.38.148) 7 mars 2007 16:59

          @l’auteur : Je precise juste le terme. Crier contre l’ultraliberalisme quand ca n’en est pas, ca n’a pas de sens. Je me doute bien que les pauvres mexicains n’en ont rien a faire du terme, mais luisito denonce, alors autant qu’il denonce la bonne chose !


        • cyrkar (---.---.89.20) 10 mars 2007 15:57

          Salut nicolas. Je crois que tu te trompes quand tu écris :« melange explosif de liberalisme, de monopole et d’intervention de l’etat ». D’abord, les pays soi disant libéraux sont ceux qui interviennent le plus (subventions aux usa). Ensuite, tu fais en quelque sorte une opposition entre libéralisme et monopole alors que ça va ensemble. En effet, l’évolution naturel du libéralisme et du capitalisme tel que pratiqué aujourd’hui est justement de tendre vers l’oligopole puis le monopole en allant toujours vers le plus gros. Il suffit de regarder aujourd’hui tout ce que vous appellez des marchés : l’automobile, l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, la téléphonie, l’informatique... tous sont des marchés oligopolistiques. Cette concurence libre et non faussée que vous appelez de vos voeux n’est qu"une vue de l’esprit, elle n’existe et n’existera jamais ; et n’apporterais de toute façon certainement rien.


        • Nono Ladette (---.---.28.230) 22 mars 2007 14:27

          Pas d’accord.

          Nicolas a raison, ici il n’y a pas de libéralisme, mais au contraire on voit les méfaits du protectionisme et des subventions. Sans ces subventions, les mexicains pourraient produire du maïs eux mêmes !

          Le libéralisme aiderait à résoudre cette crise, en libérant l’offre.


        • Ariane (---.---.31.109) 6 mars 2007 10:50

          Ci-joint un lien sur un article du Figaro qui relate ces luttes que tu évoques. Dans l’Etat d’Oaxaca *, tout a commencé en mai 2006, lorsque des enseignants ont demandé une augmentation de salaire et des petits déjeuners pour leurs élèves.

          http://www.lefigaro.fr/international/20061116.FIG000000169_mexique_l_insurr ection_s_installe_a_oaxaca.html

          * « Cet État, où vivent plus de deux millions de Chinantèques, Chontales, Nahuas ou Zapotèques, est en effet le plus indien du Mexique, loin devant le Chiapas. Et s’ils n’ont pas encore franchi le pas de la guerre civile et clandestine, comme l’armée du sous-commandant Marcos, les attentats qui ont touché le 6 novembre la capitale fédérale Mexico City n’ont pas manqué d’alerter les autorités. Ce jour-là, trois bombes posées par une mystérieuse « coordination révolutionnaire ». »

          A compléter par la lecture de cet article du Monde diplomatique : http://www.monde-diplomatique.fr/2006/11/VIGNA/14119

          Et par celle de l’information suivante, édifiante, et qui confirme tes propos : http://fr.news.yahoo.com/05032007/334/bush-dans-5-pays-d-amerique-latine-biocarburants-avec-lula.html


          • fredm fredm 6 mars 2007 10:53

            Si ce pays avait une vraie politique libérale, il mettrait fin à l’oligopole cité et créerait les conditions d’un vrai marché concurrentiel. Une autre solution étant une intervention directe de l’Etat.

            Le fait est que la politique mexicaine est vraisemblablement influée ou contrainte par son puissant voisin et que tout cela risque de très mal se terminer.


            • fredm fredm 7 mars 2007 16:57

              Ne trouvez-vous qu’il y a une certaine mauvaise foi à appeler libéralisme ce qui ne l’est pas ?

              Trouvez un autre nom ! Pseudo-libéralisme me parait plus approprié.


            • Marsupilami Marsupilami 7 mars 2007 17:00

              @ Léon

              Les libéraux idéalistes d’aujourd’hui sont comme les communistes idéalistes d’hier. Ils croient que leur modèle idéal se fait dévoyer par de mauvais applicateurs. Ils imaginent qu’il existerait un libéralisme idéal, comme les derniers communistes survivants, effondrés devant la catastrophe du communisme soviétique mais croyant toujours à leurs lubies, imaginent qu’il existe un communisme idéal qui n’aurait jamais été appliqué nulle part.

              Ce qui démontre bien que le libéralisme n’est pas un pragmatisme, comme tentent de le faire croire ses modernes adeptes qui ignorent souvent tout de ses profondeurs philosophiques, mais une simple croyance qui se pare de plumes d’économisme.


            • Marsupilami Marsupilami 7 mars 2007 17:04

              @ Fredm

              "Ne trouvez-vous qu’il y a une certaine mauvaise foi à appeler libéralisme ce qui ne l’est pas ?

              Trouvez un autre nom ! Pseudo-libéralisme me parait plus approprié".

              J’ai déjà répondu à cet argument - qui procède plus d’un problème nominaliste que d’autre chose - quelque part sur ce fil.


            • fredm fredm 7 mars 2007 22:23

              Alors quand on n’est pas ultralibéral (au sens que vous lui donnez), on est un libéral idéaliste. C’est un peu court, non ?

              Votre comparaison avec les communistes « purs » est sans fondement. Je ne suis pas en train de proner la privatisation totale de la société !

              Enfin... comme dit l’autre, tout ce qui est exagéré est insignifiant.

              L’article fait état à la fois de mesures protectionnistes, de cartels monopolistiques donc anticoncurrentiels et vraisemblablement d’un gouvernement sinon corrompu du moins laxiste.

              Je ne sais pas si ça a un nom mais en tous cas ce n’est pas le libéralisme tel que je le conçoit.

              Il fut un temps où les communistes se disaient antifascistes et traitaient de facho tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux.

              On retrouve exactement la même stratégie avec les altermondialistes et le libéralisme. La haine a laissé la place au dénigrement mais la recette n’a pas changé.


            • ka (---.---.30.12) 6 mars 2007 11:41

              Salut Marsu

              Comment vas-tu ?

              Encore un bon article, mais pourquoi as-tu attendu tout ce temps avant d’écrire sur Agoravox ?

              Ton histoire d’éthanol me rappelle une autre histoire de biocarburant au Brésil avec la canne à sucre où de riches industriels défigurent le pays en plantant de la canne à sucre sur des territoires immenses et quand ya plus de place yen a encore puisqu’ils rachètent les terres des petits exploitants qui ne peuvent refuser les offres généreuses de ces industriels.

              Et y en a d’autres, comme au Liberia où Firestone exploite les libériens et leur hévéa pour produire le caoutchouc de leur pneus et en même temps ils polluent leurs fleuves et rivières sans être inquiétés puisque le Libéria n’a pas le matos et le fric nécessaire pour faire des tests et toute manière ils les feront pas puisque Firestone fait vivre une partie de la population. Un libérien a eu le courage de s’attaquer à eux en produisant un rapport sur leurs agissements et à sa grande surprise ça a fait du bruit et ça a terni l’image de Firestone qui se voit obligé de changer certaines choses pour ne pas ternir davantage son image.

              C’est malheureux ! Quand je pense qu’il existe plusieurs centaines de recettes à base de maïs, héritées de leurs ancêtres indiens, c’est triste de voir ce qu’en font les puissants friqués aujourd’hui.

              PS : au fait Adelita ça n’a pas un lien avec la chanson qui faisait : « Y si Adelita se fuera con otro la seguiría por tierra y por mar... » ?


              • Une chanson révolutionnaire (---.---.31.116) 6 mars 2007 11:52

                Oui !

                "Si Adelita se fuera con otro la seguiría por tierra y por mar. Si por mar en un buque de guerra, si por tierra en un tren militar.

                Y si acaso yo muero en la guerra, y si mi cuerpo en la sierra va a quedar, ahy, adelita, por Dios te lo ruego, que por mis huesos no vayas a llorar.

                Si Adelita quisiera ser mi esposa, si Adelita ya fuera mi mujer, le compraría un vestido de seda para llevarla conmigo al edén."


              • Marsupilami Marsupilami 6 mars 2007 15:18

                @ Ka & Chanson révolutionnaire

                Adelita, c’était à la fois le nom de l’amante mythique et/ou réelle de Pancho Villa et le nom que les guerilleros de ce dernier avaient donné, en hommage à icelle, aux mitrailleuses made in USA qui leur permettaient de hacher menu les ennemis de la revolucion... qui se termina comme on sait.

                Etienne Roda-Gil en a fait une très belle chanson.


              • ka (---.---.30.12) 6 mars 2007 15:37

                Tout un symbole cette Adelita !


              • LE CHAT LE CHAT 6 mars 2007 11:43

                VIVA EL MARSUPILAMI ! VIVA ZAPATA !VIVA LA REVOLUCION ! bravo pour ce magnifique article qui prouve une fois encore tous les méfaits de l’ultralibéralisme qui glorifie le profit au mépris des individus .

                Les roumains et bulgares rentrés dans l’europe vont aussi en faire l’amère expérience sous peu ...


                • Bill Bill 6 mars 2007 11:54

                  Bonjour Marsupilami,

                  Ce que tu nous racontes est bien triste !

                  Je rebondis sur ta conclusion : j’ai entendu dire dans un journal d’information, que des émeutes ont déjà eu lieu sur ce sujet.

                  Et Buxh aurait fait un discours hier, je crois sur sa vision sociale de l’Amérique Latine, si je le trouve, j’en mettrai un extrait ici.

                  Bill


                  • Cosmic Dancer (---.---.174.212) 6 mars 2007 12:06

                    @ Bill

                    Bonjour, Bill.

                    De fait, la question est d’actualité. Et voilà pour la réal-« politique sociale » du fou furieux (il faut croire que ses projets d’extraction aurifère au Chili, qui prévoient le déplacement d’un glacier (!) et de toute une population indigène ne lui suffisent pas plus que ses revenus pétroliers - je me demande quelle part l’une des sociétés dont il est actionnaire prendra dans cette juteuse et mortelle nouvelle « affaire »).

                    GWB fait sa tournée en amérique latine. En voici quelques nouvelles :

                    "La création d’un axe Washington - Brasilia pour la production et la commercialisation de biocarburants est aux yeux de George W. Bush un objectif stratégique de la tournée qui conduira, du 8 au 14 mars, le président des Etats-Unis au Brésil, en Uruguay, en Colombie, au Guatemala et au Mexique.

                    (...)

                    En plus de la coopération américano-brésilienne au sein de ce Forum, un accord bilatéral sur la recherche et le développement de biocarburants sera au menu de la rencontre, le 9 mars à Sao Paulo, entre George W. Bush et Luiz Inacio Lula da Silva, le président du Brésil. « Les Etats-Unis et le Brésil sont complémentaires, car le Brésil produit de l’éthanol à partir de la canne à sucre et nous autres à partir du maïs » explique Tom Shannon.

                    (...)

                    La production d’éthanol du Brésil et des Etats-Unis totalise 72% de la production mondiale. Washington et Brasilia pourraient appuyer l’étude et/ou le développement de la production d’éthanol dans plusieurs pays latino-américains."

                    Source : http://fr.news.yahoo.com/05032007/334/bush-dans-5-pays-d-amerique-latine-biocarburants-avec-lula.html

                    @ Marsupilami

                    Ton article est encore une fois remarquable, très bien écrit, parfaitement documenté, et ouvrant sur de vastes problématiques.


                  • ZEN zen 6 mars 2007 12:18

                    Merci , Marsu pour cette analyse.

                    Il faudrait aussi parler des pratiques mexicaines de Coca-Cola, ce bienfaiteur de l’humanité, qui distibue souvent gratuitement ses produits de merde, à seul fin d’engendrer une dépendance monstrueuse. J’ai vu même au Chiapas les plus pauvres avec une grande bouteille de Coca à la main toute la journée.Seule boisson.L’obésité est catastrophique !

                    Il y a un problème avec la mise en forme du texte et les liens. Pourrais-tu revoir cela ?Question de lisibilité.


                    • Marsupilami Marsupilami 6 mars 2007 13:39

                      J’ai signalé le problème avec les liens html à la rédaction. A 10h30, quand l’article a été mis en ligne, les liens étaient nickel - comme ils l’étaient quand j’ai envoyé l’article. A 10h45 et je ne sais pour quelle raison technique indépendante de ma volonté, ils se sont transformés en texte à l’intérieur du texte, ce qui rend l’article assez pénible à lire. Je l’ai signalé à la rédaction par deux fois. Je n’ai eu aucune réaction. Désolé pour tous les lecteurs.


                    • L'équipe AgoraVox L’équipe AgoraVox 6 mars 2007 13:47

                      Désolé pour le problème qui a été réparé.

                      Je crains que cela vient de l’éditeur de base que vous avez utilisé qui est celui de Spip et non pas les autres.


                    • Job (---.---.65.241) 7 mars 2007 01:32

                      Salut, je pense que ton commentaire doit etre nuancé par l’élément suivant : on est pas ici dans un pays du « premier monde » où quand tu ouvres ton robinet, il sort de l’eau potable. Les Mexicains sont en effet d’enormes consommateurs de « refrescos » (coca, mais pas seulement) simplement parce qu’il n y a pas de service de distribution d eau potable de qualité et que l’eau est plutot rare en general. Les majors des sodas en profitent evidemment...


                    • tmd (---.---.19.11) 6 mars 2007 12:20

                      Bravo pour cette arcticle. Mis je ne comprends pas du tout la conclusion. Pourquoi taper encore une fois sur l’ultralibéralisme ?

                      L’article montre brillament que cette famine est causée par une entente d’un oligopole sur le maïs. Le libéralisme me paraît plutôt être une solution dans le cas présent. Comme vous le dites vous même, les producteurs locaux ne peuvent pas vendre leur maïs directement ... C’est là qu’est le problème.


                      • Marsupilami Marsupilami 6 mars 2007 18:28

                        @ tmd

                        Je n’ai pas accusé le libéralisme en soi, mais l’ultralibéralisme, c’est-à-dire l’hypercapitalisme financier mondialisé. C’est de ce dernier dont sont victimes les Mexicains pauvres. S’il existait une authentique libre concurrence dans un marché non faussé (postulat du libéralisme économique, une utopie qui me fait bien rigoler), les producteurs de maïs mexicains auraient taillé des croupières aux étasuniens.

                        Mais les USA sont une des nations les plus protectionnistes du monde. Donc l’une des moins libérales. CQFD.


                      • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 6 mars 2007 12:34

                        C’est une horreur  : imaginer que la raison profonde de la crise du maïs que subit le Mexique depuis ces derniers mois, et que le gouvernement se garde bien de dévoiler à l’opinion publique, découle de la spéculation orchestrée par les grandes transnationales de l’agroalimentaire ! Selon Oxfam Canada, les États-Unis fournissent à leurs producteurs de mais 10,1 Milliards$ par an et les encouragent à inonder les marchés mondiaux à des prix artificiellement bas. De nouvelles recherches d’Oxfam démontrent que les États-Unis dépensent entre 105 Millions$ et 145 Millions$ par an de subventions directes à l’exportation du mais destiné à saturer le marché mexicain (Communiqué, 17 août 2006).

                        Vous l’avez très bien démontré Marsu

                        Je ne cesse de penser au fait que la nourriture dont dépend tout un peuple pauvre puisse faire l’objet de pareilles spéculations. Bien évidemment, je vais éviter de lancer tous les poncifs à l’égard de mes voisins, les Américains. Nous sommes - en Amérique - plongés dans cet Accord de libre-échange nord-américain. Au Mexique ce fut le maïs, chez nous, au Québec, la crise du bois d’œuvre. Aussi éloignés l’un de l’autre, le maïs et le bois ont eu pour propriété d’appauvrir en raison d’une part des augmentations faramineuses sur le maïs, et, d’autre part, en raison des frais de douanes exorbitants imposés par nos voisins sud, les États-Unis. Près de 200 forestiers ont quitté le métier ou ont fait faillite, victimes des droits compensatoires imposés par le gouvernement américain sur les exportations de bois d’œuvre canadien. ET voilà que maintenant on crée une pénurie artificielle, on stocke des tonnes de maïs en attendant que le prix monte pour pouvoir ainsi le revendre au prix fort quelques semaines plus tard. Ces compagnies spéculatrices participent à l’augmentation du prix du maïs et à l’appauvrissement des familles mexicaines.

                        Le maïs comme symbole culturel et base de l’alimentation quotidienne : « occupe une place centrale dans l’imaginaire symbolique, culturel, social et environnemental de l’ancienne Méso-Amérique. Depuis des millénaires, l’histoire du maïs et l’histoire de l’homme sont indissolublement liées : selon une des versions de la cosmologie mexica, les habitants de la terre voient le jour après que Quetzalcóatl, le Dieu serpent à plume, ait affronté le seigneur de l’inframonde pour y prendre les grains de maïs rouges, jaunes, blancs et bleus et les redistribuer ensuite aux hommes. Les mythes se rapportant à l’origine du maïs associent l’apparition de l’agriculture au surgissement de la civilisation et créent ainsi la notion d’identité ethnique. Pour les mexicains aujourd’hui, la culture et la consommation de cette plante sont une partie intégrante de leur existence : sans elle, leur vie s’appauvrit et se déforme inexorablement. Quelques 300 millions de kilogrammes de maïs sont consommés tous les jours au Mexique sous forme de galettes, la fameuse «  tortilla » ; soit une consommation de 9 tortillas par jour et par personne. Il existe environ une soixantaine de variétés de maïs au Mexique (à l’époque précolombienne, plus de 250 variétés !!) à partir desquelles sont élaborés les principaux plats mexicains : l’enchilada, le pozole, les tacos, ... »

                        Je reprends la conclusion d’Oxfam Canada : « Si les bénéfices du commerce mondial étaient justement répartis - ce que tout le monde prétend vouloir - les pays en voie de développement, comme le Mexique, pourraient protéger les pans les plus faibles de leur économie. Et les pays riches, comme les États-Unis, devraient mettre fin aux subventions massives qu’ils investissent dans leurs exportations agricoles.

                        Et dire que 400 000 mexicains tentent tous les ans de franchir la frontière nord-américaine, en vue non pas de poursuivre le rêve américain mais simplement de survivre !

                        Pierre R.

                        Montréal (Québec)


                        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 6 mars 2007 12:45

                          Précision : Vous aurez bien compris que la conclusion : Et dire que 400 000 mexicains tentent tous les ans de franchir la frontière nord-américaine, en vue non pas de poursuivre le rêve américain mais simplement de survivre ! est de l’auteur du commentaire et non d’Oxfam. Ah ces mises en pages !

                          Pierre R.

                          Montréal (Québec)


                        • fredm fredm 6 mars 2007 17:53

                          Accord de libre-échange nord-américain. Au Mexique ce fut le maïs, chez nous, au Québec, la crise du bois d’œuvre. Aussi éloignés l’un de l’autre, le maïs et le bois ont eu pour propriété d’appauvrir en raison d’une part des augmentations faramineuses sur le maïs, et, d’autre part, en raison des frais de douanes exorbitants imposés par nos voisins sud, les États-Unis.

                          Un accord de libre-échange avec des frais de douanes ? Là, je comprends pas l’intérêt du bidule.


                        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 7 mars 2007 08:06

                          Le département américain du Commerce ont longtemps accusé le Canada de subventionner l’industrie forestière canadienne, tout en affirmant que les entreprises productrices de bois d’œuvre vendaient leurs produits moins cher que leur valeur réelle. En mai 2002, les États-Unis imposent un droit de douane de 27 % sur tout le bois d’œuvre importé depuis le Canada. Au fil des années, ce sera environ 5 milliards que les États-Unis encaissent. À plusieurs reprises, le Canada a contesté l’imposition de ces droits devant des instances relevant de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Une grande majorité des décisions ont été rendues en faveur du Canada. Le 1er septembre 2006, le Canada et les États-Unis signent une proposition d’accord commercial. Dans le cadre de cet accord, les entreprises frappées du droit de douane ont récupéré 4 des 5 milliards USD versés aux autorités américaines, alors que leurs concurrents américains ont reçu environ 500 millions USD.

                          L’article de Marsu soulève un voile seulement de la politique commerciale et protectionniste des États-Unis à l’égard de leur voisin, le Canada et le Mexique.

                          Je veux le répéter, excellent article. Très informé sur la réalité nord-américaine. Je n’aurais pu faire mieux, moi qui habite de ce côté-ci de l’Amérique.

                          Pierre R.

                          Montréal (Québec)

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