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Ethiopie : éducation non formelle ou comment concilier culture locale et apprentissage

Réalisé par l’ONG éthiopienne Yeteem Children and Destitute Mothers Fund avec l’aide de partenaires internationaux, le projet d’éducation non-formelle de Delbi a pris de l’ampleur. En Afar, région la moins développée d’Ethiopie - Est-Nord-Est - ce projet permet de concilier mode de vie agro-pastoral semi nomade et apprentissage.

le 28 octobre 2011, Awash Town, Ethiopie

85 % de la population éthiopienne vit en milieu rural, ce qui implique plusieurs problèmes concernant l’éducation : l’utilisation des enfants pour le travail pastoral et domestique, l’éloignement des écoles par rapport au logement, le manque d’établissements et de professeurs, le coût élevé de l’éducation et un manque de connaissances des parents sur l’importance de la scolarisation. La population Afar, majoritairement musulmane, est caractérisée par un mode de vie semi-nomade dans la région la plus chaude et désertique du pays. Le système éducationnel traditionnel est donc difficilement applicable. Ainsi, l’alternative de l’éducation non-formelle, plus flexible en terme d’horaires permet de respecter le mode de vie traditionnel local tout en apportant des connaissances générales et techniques, les plus jeunes - de quatre à dix ans - étant en cours uniquement le matin, tandis que leurs aînés - 11 à 22 ans - le sont l’après-midi. Ce principe de roulement offre donc la possibilité à chacun d’étudier et de participer au travail familial sans que celui-ci en soit négativement atteint.

L’école de Delbi

Lors du lancement du projet, en 2009, l’école se faisait à l’extérieur, et l’on comptait un seul professeur pour 80 élèves, toutes tranches d’âge confondues. Depuis, grâce à un travail de sensibilisation, la construction de quatre classes, l’obtention de livres par le Ministère de l’Education et le recrutement d’enseignants, le projet a pris de l’ampleur. On compte aujourd’hui 510 élèves - 269 garçons et 241 filles - et 12 professeurs - 5 hommes et 7 femmes - tous issus de la localité, dans un rayon de 2 km autour de l’école. Pour chaque matière - mathématiques, biologie, physique/chimie générale, anglais et amharique - et chaque niveau, les enseignants disposent d’un livre. Les élèves doivent donc recopier leçons et exercices à partir du tableau. Si le projet est une réussite en terme d’enfants scolarisés, et de diplômés, l’évolution rapide et soutenue de l’école entraînent de nouveaux besoins parfois difficiles à satisfaire avec un budget annuel de 150 000 birr (6500 euros).

Nouveaux besoins et problèmes identifiés


Le nombre grandissant d’élèves, couplé au nombre insuffisant de salles de classe et de matériel rendent l’enseignement et l’apprentissage difficile. En effet, quatre classes sont actuellement disponibles pour accueillir 250 élèves (matin et après-midi). Le manque de bureaux force donc une majorité des enfants à s’assoir à même le sol pour suivre les cours, et certains niveaux comptent plus de 70 élèves par salle. Afin de répondre à ce problème, l’ONG Yeteem a entrepris la construction d’une cinquième classe, et vient de livrer 50 pupitres d’écoliers, deux tableaux noirs ainsi que des portes et des fenêtres. Ils permettront de meilleures conditions de travail pour 150 enfants, soit trois par pupitres. Par ailleurs, Afin de réduire les coûts de production des bureaux et autres matériel, l’association achète les matériaux bruts - bois et métal - et réalise la construction finale grâce à son centre de formation en ébénisterie et métallurgie situé à Addis Abeba. Les étudiants bénéficiaires du centre de formation - autre projet - peuvent ainsi mettre en pratique les enseignements théoriques tout en apportant leur soutien à d’autres personnes dans le besoin. Par ce choix, originellement motivé par souci d’économie, l’association inculque également à ses bénéficiaires des principes moraux de respect et d’entraide. Une bibliothèque est également en cours de réalisation, mais l’inflation galopante permet difficilement à l’école de pourvoir les besoins en matériel de construction, matériel scolaire et livres. Il en va de même pour la réalisation des examens : le directeur et les enseignants doivent payer pour l’utilisation d’un ordinateur afin de rédiger les sujets, ainsi que pour l’impression et les photocopies. Il leur est donc difficile de joindre les deux bouts, et souhaitent bénéficier d’un soutien pour l’achat de matériel informatique, car leur salaire - versé à 80% par l’Etat - n’est pas suffisant pour répondre à leurs besoins et à ceux de leur profession.

D’autre part, si l’électricité est installé dans tout le secteur depuis 2008, il n’y a pas de structures d’hygiène - toilettes, lavabos . Dans cette région désertique et semi désertique où la température descend rarement en dessous de 35°, l’accès à l’eau pour les enfants est primordial, et permettrait, en outre, une meilleure compréhension de certains cours. En effet, l’éducation civique se penche en partie sur les choses à faire et à éviter, comme boire de l’eau insalubre ou déféquer dans la nature, mais cet enseignement reste peu entendu et réalisé car la mise en pratique est impossible actuellement.

Si la réussite, quelle qu’elle soit se mesure souvent au résultat en comparaison des moyens à disposition, alors celui de l’école du village de Delbi est certainement un bon exemple, d’autant qu’aucun déracinement culturel n’a été observé. Mais la perfection n’étant approchable que par la répétition, l’ONG Yeteem a besoin de soutien - financier ou matériel - afin de solutionner les problèmes existant et rendre ce projet durable.

Si vous souhaitez plus d'informations sur cette ONG, ses partenaires ou l'Ethiopie ou si vous souhaitez soutenir ce projet :

http://yeteemethiopianfund.overblog.com

www.paineteau.com/

article orginal sur : http://www.ethiopianadventures.org/

Documents joints à cet article

Ethiopie : éducation non formelle ou comment concilier culture locale et apprentissage


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Auteur de l'article

Quentin Léal


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