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Accueil du site > Actualités > International > Europe de l’Est-Caucase : veillée d’armes (II)

Europe de l’Est-Caucase : veillée d’armes (II)

(Suite de l'article précédent) La question est posée de savoir si les euro-élites, après avoir fait sortir Tchernobog de sa boite pourront empêcher qu'il entraîne le monde européen tout entier dans son vortex macabre.

On peut reconnaître qu'on s'est trompé. On peu aussi s'enferrer dans son erreur première, créer une narrative et un mythe pour diaboliser la Russie. C'est malheureusement ce à quoi on assiste.

 II : Le bras de fer OTAN-Russie

Que cherche au juste Cameron, le Commonwealth anglo-saxon (Canada, Australie) et les alliés des pays de la Baltique ? Ont-ils une telle frustration de ne pas avoir pu prendre la mer Noire qu'ils ne parviennent pas à se contrôler ? Feignent-ils d'être scandalisés ? Doivent-ils remettre en route la seule chose capable de masquer leur déroute économique masquée : les usines d'armements ? On penche pour cette dernière hypothèse. L’Angleterre ne s'est jamais gênée pour prendre ou conserver (Gibraltar-Malte-Chypre) des points qui lui paraissaient stratégiques. La Pologne du « pan polski » est l’idiot utile qui accepte la vassalité américaine pour retrouver le statut de GRANDE puissance européenne faisant à jeu égal avec l'Allemagne, l'Angleterre et la France. On verra dans la dernière partie que c'est la vanité qui a perdu aussi la France avant 1914 pour le grand bénéfice des anglo-saxons.

Dans les pays baltes l'attitude de méfiance et d'hostilité sourde envers un pays qui les a occupé est compliquée par la présence de russes importés principalement pendant la période communiste, qui ont le statut de non citoyens et qui sont perçus par une partie de la population comme une cinquième colonne. Il serait facile de rassurer ces pays sans alarmer la Russie en n'y déployant strictement que des armements défensifs fixes incapables de se transformer en armements offensifs. Déployer des armements offensifs dans les pays baltes ou en Finlande est en soi une quasi-déclaration de guerre à la Russie.

Une hystérie mondiale prend Poutine comme cible. 

 Quelle mouche a piqué les anglo-saxons et quelques dizaines de milliers de titres à leur botte ? L'auteur de ces lignes n'est pas psy et se borne à constater l'absence totale de rapport entre l'annexion / retour dans le giron peu importe de la Crimée et un déchaînement planétaire et anglo-saxon sur le thème Poutine = Hitler. Est-ce qu'ils jouent à se faire peur ? . Est-ce qu'ils ne peuvent pas dominer leur frustration ? Est-ce qu'ils doivent diaboliser au plus vite celui qui pourrait à tout moment prouver leurs mensonges ? Est-ce qu'ils jouent la comédie de l'indignation à leur propre usage ? On ne sait pas. En tout cas déclencher une guerre froide quand on est soi-même responsable d'un coup d'état mal maquillé est un peu raide ! Enfin ! Décrivons au moins les griefs. 

 
1 : Poutine a annexé la Crimée comme Hitler avait annexé les Sudètes en 1938
. Faux. L'hystérie vertueuse d'un Cameron, venant de l'Angleterre doit être prise avec des pincettes. La Russie n'a pas annexé la Crimée mais a accueilli favorablement le souhait des citoyens d'une république autonome d'être rattachés à la Russie (96 % de 83 % des votants) contre une autonomie renforcée dans le cadre de l'Ukraine (2 % à 3 % de oui). C'est juridiquement le cas de Mayotte incorporée à la France1, la longue histoire commune et l'identité de population en moins. Même en admettant la pire hypothèse de fraude lors du référendum + abstention maximale réunies, le vote a été sans appel : le gouvernement de Kiev a perdu la Crimée. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est justement le droit porté par la Révolution Française qui a théoriquement mis fin à ces arrangements entre rois qui s'échangeaient leurs sujets comme du bétail. Pratiquement les habitants de Crimée ont fait ce qu'ils voulaient faire depuis 1991, ne regrettent pas leur choix et sont accueilli par les russes comme le retour d'une partie d'eux-mêmes. L'affaire est pliée. L’Angleterre a ses Falklands et leur population qui ne veut pas plus être argentine. L'Angleterre qui a dans ce cas invoqué le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et fait voter les populations trouverait à ce point scandaleux que les habitants de Crimée fassent de même ? Ce sont des arguments de mauvaise foi. La frustration est géopolitique. Les plans ont foiré en mer Noire et le contrôle de la Caspienne se retrouve au point mort. Rien ne se passe comme prévu : l’Irak tourne chiite, l’Iran est toujours là, l’Afghanistan et ses rêves de pipelines a été un désastre, la Syrie (« Assad qui ne mérite pas de vivre » Fabius dixit) n’est pas tombé. La Russie et l’Iran ont tout fait capoter. Ce n’est plus de la frustration mais de l'hystérie. Qui ignore maintenant que le MI6 et la DGSE ont trempé dans la déstabiilisation syrienne qui aboutit à la décapitation des chrétiens qu'Assad protège ? Qui ignore d'où venaient les tirs visant les civils à Kiev ? Le Commonwealth (Harper, Cameron, Abbott) est hystérique. On ne parle même pas de l'amnésie sélective qui les prend concernant toute la panoplie des crimes de guerre commis en Ukraine par leurs protégés. Ni non plus une certaine enquête concernant un certain avion de ligne qui n'aboutit curieusement pas. Tout ceci pue. 

On rappelle aussi que la Transcarpat(h)ie avait aussi demandé le statut de république autonome en 1991, ce qui lui avait été refusé et qui explique son effervescence aujourd'hui. Que les agents de l'armée aillent maintenant chercher les réfractaires dans les forêts des Carpates et bonne chance. Une nation est un vouloir vivre ensemble.

On se demande même si le but américain du quasi-putch de 2013 n'a pas eu explicitement le contrôle de la Crimée qui aurait donné la mer noire à l'US Navy. La Russie a pris manifestement le danger au sérieux et a réagi très vite : pas question de laisser faire de la Géorgie une tête de pont de l'OTAN. La perte de Sebastopol et la mer noire aurait été une menace existentielle pour la Russie. En 2014, la Russie à sauvé sa base. En 2015 protégée des menaces venant de l’air par des S400 et de mer par des missiles sol-mer qui verrouillent de fait la mer noire, elle peut envisager de doubler sa flotte d’ici 2020. C’est la stratégie américaine de contrôle de la Caspienne et de son pétrole qui est mise à mal. La Géorgie ne sera pas dans l'OTAN et le port de Poti devrait pouvoir être mis sous blocus si un conflit survenait avec la Russie. La Russie fait un sans-faute militaire. Sa réaction a aussi été diplomatique :

  1. accord pour la transformation éventuelle de l'installation navale de Tartous en Syrie (ou facilités) en base navale complète
  2. Accord avec la Turquie (remplacement du projet « south stream » par le projet « turkish steam) avec « hub » en Grèce.
  3. Accord avec Chypre pour compléter le droit de ravitaillement de ses bateaux par un droit d'usage de la base aérienne de Paphos.
  4. Rapprochement spectaculaire avec la Grèce et possible basculement de celle-ci dans l'orbite économique russe.

 L'article de dedefensa résume bien la situation citant le site Zero Hedge :

"ZeroHedge.com reste ferme dans son pronostic : tout cela se terminera par un formidable changement d’orientation de la Grèce, passant de l’Union européenne à l’Union Économique Eurasiatique de Poutine, – ce que Poutine attend avec patience et aussi la plus grande jubilation... »

A l'issue de cette formidable prise de judo si elle réussit : le contrôle de la Méditerranée orientale par la flotte russe, l'accès des citoyens russes sans visas aux mers chaudes dont ils sont déjà très friands comme touristes (Grèce, Égypte, Chypre, Turquie). Le retour dans le grand-jeu du Moyen-Orient avec en ligne de mire l'Egypte perdue sous Sadate.

2 : La Russie fournit des armes et des troupes aux insurgés de l'Est. C'est la nouvelle narrative à la mode après les 41 invasions russes de l'an dernier. Les journaux ont un sens de l'humour involontaire. Il y a les mensonges assez grossiers assez vite démontés (des photos prises en 2008 ou en Russie), mais aussi une désinformation extrêmement sophistiquée qui peut piéger ou influencer des décideurs qui ne demandent que ça. Quand Philip Hammond, ministre des affaires étrangères de la Grande-Bretagne dit publiquement que Poutine « a envoyé des troupes franchir une frontière internationale et occuper le territoire d'un autre pays » il s'agit du Donbass. Comme la Russie a toujours nié, c'est une question grave : soit comme le dit le ministre Anglais, Poutine ment, soit comme le pense Olivier Berruyer « ces gens sont totalement cinglés » , soit « ces gens » organisent leur propre désinformation d'une façon perverse (qui détourne quelque-chose de sa vraie nature, qui falsifie). 

 La note de synthèse « briefing paper » de mars 2015 écrit par Igor Sutyagin et publié par le prestigieux « Royal United Study Institute » RUSI, basé à Londres et spécialisé dans les questions stratégiques et de défense a toutes les apparences du très grand sérieux sur papier glacé.

Ce n’est pas 20 minutes ni même le Monde mais plutôt un « think-thank" comme l’IFRI de Thierry de Montbrial. Il dénombre l'une après l'autre les unités russes présentes en Novorossie et conclut à la présence indéniable de troupes russes, à leur pré-positionnement pour prendre Mariopol au prochain round et de l'incapacité dans ces conditions pour l'armée ukrainienne de lutter à armes égales avec un tel adversaire. D’après l’auteur, la statégie russe a été de faire venir des unités de tout le territoire russe pour les aguerrir au combat réel. Selon l’auteur, les forces « rebelles" auraient « servi de chair à canon" et les accords de Minsk signés pour laisser un « cheval de Troie" en Ukraine. On apprend même que des unités étaient à l'arrière chargées de tirer sur les combattants peu sûrs des FAN (forces armées de Novorossie).

Avec de telles informations sur papier glacé et la caution d'un tel organisme, un décideur serait logiquement outré par la mauvaise foi russe et demanderait d’urgence une aide militaire pour l'Ukraine.

L'ennui est que cet Igor Sutyagin est loin d'être une source digne de confiance (merci à la toile mondiale) : il a été condamné en Russie à 11 ans de prison pour trahison. Puis devenu prisonnier politique à l'ouest il a été échangé avec 3 autres contre 10 espions russes arrêtés par les États-Unis. Bien qu'ayant toujours nié être espion (faisant de la recherche sur les forces nucléaires russes) et jamais reconnu comme tel par les États-Unis, on peut légitimement mettre en doute l'impartialité d'un tel article. A-t-il quelque-chose à refuser à ceux qui l'ont fait sortir de prison ? Là encore on est dans la fuite en avant dans une narrative peu crédible quand un satellite militaire peut lire une plaque d'immatriculation. S'il y avait eu la moindre possibilité pour les États-Unis de photographier les Russes dans le spectre visible, infrarouge ultraviolet X ou gamma, ils ne s'en seraient pas privés. Pour l'instant rien. De vagues photos floues.

Il est possible qu'Igor Sutyagin dise la vérité, une vérité partielle, qu'il prenne ses désirs pour des réalités, qu'il obéisse à des ordres, qu'il paie une dette etc … Est-il en mesure de prouver ses affirmations ? La partie russe peut-elle les réfuter point par point. Le gouvernement britannique peut-il présenter des informations d'une toute autre source qui aille dans le sens du résumé de Sutyagin.

Cet exemple montre la façon dont des élités autistes et endogames finissent par croire de bonne foi des choses inexactes ou fausses simplement en finançant des instituts dont la règle non écrite est de dire ce qu'ils veulent entendre. Les peuples ont le droit de demander des comptes car ce sont euxqui seront vitrifiés si la situation dérape. 

3 : La Russie terrorise l'ouest par ses armes nucléaires.
On est ici naturellement dans l'inversion. Entourée à ses frontières immédiates par la plus formidable armée de tous les temps, la Russie menace naturellement l'occident par ses sous-marins et ses bombardiers stratégiques. Si la Russie lançait une seule bombe atomique, elle serait immédiatement rayée de la carte. C'est le principe même de la dissuasion atomique que les États-Unis veulent remettre en cause à leur faveur avec leur bouclier antimissiles. Le but de ce bouclier est naturellement de détruire la capacité russe de seconde frappe et de forcer son régime à la capitulation politique. Et si ce pays persiste à vouloir exister autrement que comme « porte ouverte », réserver à ses dirigeants le sort de Sadam Hussein ou de Khadafi.
Il est vrai que la Russie rappelle à des dirigeants occidentaux qu'il ne faudrait pas pousser, qu'elle n'est pas la Serbie et qu'elle à la réelle possibilité de transformer New-York, Paris, Londres ou Berlin en tas de cendres. Cela ne signifie pas qu'elle a l'intention de le faire mais qu'elle voudrait être prise un peu au sérieux.
Plus : il y a des rumeurs qui ne sont que des rumeurs et qui doivent être prises comme telles : l'expression d'une angoisse planétaire. Les rumeurs peuvent avoir des effets très concrets (1789 dans les campagnes en France, juifs qui empoisonnent les puits au moyen-âge, arméniens 5 ème colonne russe en 1915 etc … )

  • Le 15 mars aurait du être lancée, selon certaines sources, une attaque nucléaire contre la Russie par le Royaume Uni si Kasperky n'avait pas détourné des données internet transitant du Texas au Royaume-Uni, « cracké » les codes nucléaires anglais permettant de connaître les intentions anglaises et de mettre les forces armées russes en état d'alerte maximum. Source (En) (Fr)
  • 2 Le 16 mars, une attaque nucléaire américaine limitée contre la Russie aurait été enrayée par le refus du capitaine Heather E. Cole (une femme) de communiquer les code de sécurité (PAL) des armes atomiques américaines, modifiés par Chuck Hagel, ancien secrétaire à la Défense des États-Unis avant de quitter son poste le 24 novembre 2014. Chuck Hagel réticent aux guerres avait été jugé trop mou et avait été poussé à le démission. 
  • 3 Tout ceci au même moment que des exercices militaires massifs en Norvège (comté de Finnmark – frontière avec la Russie) et la militarisation des pays baltes (en principe interdite mais on s'en fout) en prévision des exercices qui se tiendront du 17 mai au 6 juin , pour naturellement «  dissuader la Russie d'une agression ».
  • 4 Manœuvres auxquelles ont répliqué les forces russes le 16 mars dans l'arctique par de grandes manœuvres initiées par Sergueï Choïgou, ministre russe de la défense. Peut-on considérer une mobilisation totale des forces russes sur tous les fronts possibles comme un exercice militaire (notamment avec la mise en alerte des forces nucléaires et l'interdiction à 250 000 russes de voyager à l'étranger), ou les russes ont-ils été au courant de « quelque-chose ».

 
A part les manœuvres militaires qui rappellent le langage par manœuvres militaires entre la France et l'Allemagne avant 1914, la seule chose indéniable est

  • Lla montée des tensions entre deux forces nucléaires
  • L'alignement complet de la France OTANisée à cette folie collective.
  • Que ça finira mal si ça suit cette trajectoire même si on ne sait pas quand.

Même au temps de la guerre du Vietnam interdiction absolue était donnée aux avions américains de s'approcher d'Haïphong où étaient les soviétiques. La barbarie la plus complète quant il s'agissait des populations civiles (napalm, agent orange) ne s'accompagnait pas comme aujourd'hui d'un aveuglément inquiétant sur la détermination de la Russie à se défendre. C'est une diplomatie de docteur Folamour. La Crimée ne vaut pas la destruction de l'Europe de l'Atlantique à l'Oural. Un chasseur russe a intercepté un avion espion américain qui se dirigeait vers l'espace aérien russe. Les chasseurs britanniques « raccompagnent » ou « escortent » les bombardiers stratégiques russes. Ce petit jeu peut déraper à tout moment.

Il faut être juste : les élites françaises sont conscientes du danger et ne veulent pas de conflit avec la Russie. Mais malheureusement,  elles expérimentent ce qu'elles ont fait subir à d'autres dans le passé : le plaisir d'être un protectorat ou une colonie, de sentir le joug et de se voir dicté par d'autres (l'empire anglo-saxon) ce qu'elles doivent faire et ce qu'elles feront naturellement. .

C'est le karma colonial.

Demain : Les États-Unis comme nouveau maître des européens.


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2 réactions à cet article    


  • egos 5 mai 2015 20:11

    Mefrange


    Compliments pour ce tableau exhaustif des situations de crise en Europe Centrale entourant la CEI (objectif final) et son eldorado sibérien.
    L’offensive semble découler d’une appréciation, fondée ou non, de ses diverses vulnérabilités et du soutien du relai d’une multitude de diaspora (très actives) établies aux usa et de façon moins marquée en Europe.
    Deux évènements majeurs ont marqué l’évolution de la politique extérieure des usa au cours des dernières décennies, l’assassinat de JFK et les évènements du 9.11 ainsi que la perception de la jeunesse us (exit les manifs anti-vietnam).
    La film American Sniper (apologie, manichéen, scénario anorexique mais superbement réalisé) exprime la réalité du ressenti local & sursaut du sentiment patriotique
    La commémoration du 50 ème anniversaire de l’assassinat du célèbre président a donné lieu, notamment de la part des média français, a une litanie de réactions vociférantes , quasi hystériques.
    De la à imaginer que les groupes impliqués dans la planification et la réalisation de ces actes soient aux commandes, ne rencontrent aucun obstacle majeur ...
    la série d’engagements de l’axe occidental depuis les campagnes d’Irak, Libye, Syrie constituent une invite à questionner le sujet que ns ne pouvons décemment décliner. 

    En matière de politique extérieure, en contexte de belligérance, il n’existe aucune espace vacant abandonné aux coïncidences, il ne s’agit ds les faits que de corrélation, pout être + prècis d’évènements corrélés et coordonnés.

    • JC_Lavau JC_Lavau 7 mai 2015 07:20

      On peut ne pas être aussi optimiste sur le cas de la Grèce, car il y a déjà des précédents de coup d’état militaire et de dictature militaire dans ce pays, sous direction américaine justement. Or c’est un pays surarmé, et dont la dette est principalement de la dette pour achat d’armes.

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