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Faiblesse américaine

Alors que les jeunes diplomates français sont de plus en plus attirés par l’hébreu, Daniel Pipes a attiré mon attention sur l’exemple, en quelque sorte symétriquement opposé, du nouvel ambassadeur des États-Unis en Israël. Dans le portrait qu’en trace le Washington Post, on voit que Richard H. Jones est un arabisant, qui a fait une grande partie de sa (remarquable) carrière diplomatique en liaison avec le monde arabe, en Arabie Saoudite, au Liban, au Koweit et, tout dernièrement, en Irak, où il était le bras droit de Condi Rice sur la question.

Jones is an unusual choice for Israel. An Arabist by training, he knows none of the major politicians on either side of the Israeli-Palestinian dispute and has never been assigned to the issue, even in Washington.

His roots in the Arab world are so deep that his beloved greyhound is named Kisa — for Kingdom of Saudi Arabia, the country of his first posting in the Arab world.

"Maybe they wanted someone who would take a fresh look. I come to the job without preconceptions," Jones reflected. "Maybe they wanted someone who could provide the Arab perspective, too. The stakes are not just the Israeli handover and disengagement from Gaza. The aftermath will take months, if not years, to play out."

La nomination à Tel-Aviv d’un ambassadeur non seulement non juif (à ma connaissance, les précédents ambassadeurs étaient juifs) mais en plus arabisant, et ayant démontré une "sensibilité" particulière vis-à-vis du monde arabe, est un signe fort envoyé par les Américains aux Israéliens et aux Palestiniens : la politique américaine au Proche-Orient s’est infléchie (mais on ne sait pas encore avec quelle ampleur) dans un sens plus pro-palestinien.

Pour comprendre cette réorientation, il faut considérer l’affaiblissement stratégique (certes temporaire) que subissent les États-Unis dans la région, à cause de leur enlisement en Irak. Les États-Unis n’arrivent pas à éradiquer la guérilla sunnite, ni à ramener pour l’instant la majorité sunnite dans le jeu politique. L’Iran prend de plus en plus d’assurance sur le terrain, la Syrie laisse passer des futurs kamikazes : les États-Unis ont plus que jamais besoin d’alliés pour faire face à une telle adversité.

La France a très bien compris l’avantage qu’elle pouvait tirer d’un rapprochement avec des États-Unis affaiblis et plus modestes. Ainsi, Bush et Rice ont été très favorablement impressionnés quand Chirac et Gourdault-Montagne leur ont proposé d’en finir avec la présence syrienne au Liban, et de promouvoir un Liban véritablement démocratique. Exactement ce dont l’administration américaine avait besoin : affaiblir un fauteur de troubles (la Syrie) et démontrer que l’invasion de l’Irak avait des répercussions favorables sur l’avancement de la démocratie et de l’État de droit dans le grand Moyen-Orient. Les Français, de leur côté, ont obtenu un soutien américain massif, et une certaine prééminence dans la conduite des opérations. Ainsi les Américains ont, par exemple, accepté que des pressions minimales soient exercées sur le gouvernement libanais actuel pour désarmer le Hezbollah, reconnaissant la priorité des réformes économiques et sociales.

L’affaiblissement américain est aussi la clé de compréhension de la crise nucléaire avec l’Iran. Les Iraniens, sentant les États-Unis très vulnérables en Irak, se sont permis d’aller à l’affrontement avec le monde occidental. Et ce sont les Américains qui se sont rapprochés des positions européennes. En bout de ligne, malgré la reprise de l’enrichissement de l’uranium, l’Iran n’est pas encore au Conseil de sécurité.

Ainsi, l’Amérique a de plus en plus besoin de l’Europe, notamment de la France, très impliquée dans le monde arabe. Elle tient aussi à être un peu moins impopulaire dans le monde arabe. Résultat : sa position au Proche-Orient évolue nécessairement dans un sens plus pro-palestinien. La France est grande gagnante de ce "rééquilibrage" (attention : l’intensité du changement n’est pas encore connue, pas plus que sa durée). Avec une relation États-Unis-Israël, elle obtient en quelque sorte plus d’espace pour se positionner au sein des grands acteurs du conflit, et est auréolée de son rôle au Liban et dans le dossier nucléaire iranien.


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2 réactions à cet article    


  • politically correct (---.---.254.115) 7 octobre 2005 13:33

    Il est certain que les jeunes homosexuels du Gay d ’Orsay ont apprecié la gay pride de Tel aviv . Auparavant les pays arabes convenaient parfaitement a leur gout , d’ ou leur amour de la Palestine (syndrome de Lawrence d’ Arabie - Jean Genet) . Tel Aviv debauchée autant que Londres et Paris , quand elle etait puritaine il y a vingt ans , remplace maintenant Tunis et Rabat dans leur coeur .


    • Mark Lahore (---.---.75.141) 8 octobre 2005 14:59

      Hum... C’est quoi ce langage codé ? Non initiés s’abstenir ?

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