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Accueil du site > Actualités > International > Famine : l’exode somalien

Famine : l’exode somalien

La sécheresse sévit dans l’est de l’Afrique, plus particulièrement dans le sud de la Somalie, mais aussi au Kenya. On invoque souvent la pire sécheresse depuis des décennies dans cette région pour expliquer cette situation. Mais la sécheresse n’est qu’un révélateur, la vraie cause étant ailleurs.

C’est l’avis de Sylvie Brunel, ancienne présidente d’Action contre la faim. Pour cette géographe : « Une sécheresse fonctionne comme un révélateur qui n’engendre la famine que lorsqu’il y des dysfonctionnements préalables. »

Les dysfonctionnements sont de deux ordres.

D’une part les Etats de la région n’investissent pas dans le développement de certaines zones de leur pays. Les populations sont trop peu nombreuses pour être politiquement intéressantes. Au Kenya, où les ressources en eau sont importantes, aucune infrastructure n’a été construite pour amener cette eau dans des régions traditionnellement plus sèches. Parfois il y a une volonté gouvernementale d’affamer des populations rebelles. Ce fut le cas en Ethiopie dans les années 1980. La famine y devient une arme de guerre.

« Mis à part en Somalie où l’Etat est défaillant, il faut bien dire que dans la lutte contre la faim, la responsabilité première est celle des Etats », selon Sylvie Brunel.

D’autre part la guerre civile permanente en Somalie depuis 20 ans a pour effet d’obliger les populations civiles, principalement des éleveurs, à fuir les zones de combats et à se déplacer sans tenir compte des besoins des troupeaux. Ils sont dans l’impossibilité se déplacer librement au gré des aléas climatiques. Les agriculteurs ne peuvent entretenir les cultures pour les mêmes raisons. Le président de la Banque Africaine de Développement Donald Kaberuka a confirmé à l’AFP cette cause militaire dans la famine qui sévit actuellement. Il constate aussi que l’impossibilité de cultiver ou de pratiquer l’élevage dans les régions où sévit la guerre civile, réduit dramatiquement le pouvoir d’achat des populations, qui ne peuvent se fournir en produits alimentaires de première nécessité.

La sécheresse amplifie et accélère une situation déjà préparée par la situation politique et militaire.

La FAO, organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture, avait déjà donné l’alarme en été 2010. Mais la communauté internationale a tardé à réagir. Une famine se déclenche lentement et la réaction ne se fait que quand le drame est sous les yeux, alors que pour un tremblement de terre, plus visible et spectaculaire, l’aide se met en place beaucoup plus rapidement.
Somalie1.jpg


Sur l’ensemble de la corne de l’Afrique (Kenya, Somalie, Ethiopie, Erythrée, Djibouti), on estime à 12 millions le nombre de personnes menacées par la famine. C’est en Somalie que l’urgence est actuellement la plus grande.

Des populations dénuées de tout fuient le pays dans un régulier exode vers le Kenya. Des centaines de milliers de réfugiés y vivent, dans le camp de Dadaab, et des milliers d’autres y viennent chaque semaine. Ce camp accueille 380 000 réfugiés pour une capacité maximale de 90 000 personnes. António Guterres, le Haut Commissaire aux réfugiés de l'ONU, explique « qu'ici, dans le camp de Dadaab, nous avons les plus pauvres parmi les pauvres, les plus vulnérables des plus vulnérables du monde ». Les condition de vie dans ce camp n’évitent pas le risque de mort par malnutrition.

Les organisations humanitaires, qui travaillent en Somalie dans des conditions d’extrême dangerosité en raison de la guerre civile, n’arrivent pas à motiver les Etats bailleurs de fonds, qui semblent lassés par les guerres incessantes dans certains pays - dont la Somalie. Dans ces pays où l’opposition politique se pratique avec les armes plus qu’avec le bulletin de vote, ceux qui fournissent ces armes sont aussi responsables de la famine et de la détresse des populations.

Enfin les responsables de la guerre civile du sud somalien, le groupe islamiste des Shebab affilié à Al Queda, refuse l’aide alimentaire de l’ONU pour des raisons politiques. Ce groupe affirme également qu’il n’y a aucune famine dans la région qu’il contrôle et qu’il s’agit de propagande onusienne. Ces propos sont en contradiction flagrante avec la présence de centaines de milliers de réfugiés de Dadaab, et avec les constats de malnutrition établis par les médecins du camp.

Les tyrans sont les mêmes partout : ils se moquent du bien des populations.


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29 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 10:33

    Effectivement, la famine comme conséquence de la sécheresse s’explique parfaitement, hélas, par l’incompétence des gouvernants africains renforcée par celle des pays bailleurs de fonds d’Aide Publique au Développement (APD) (Économique ?), tous incapables d’anticipation des crises alimentaires (malgré les très coûteux et inutiles Stocks Nationaux de Sécurité) et qui, chaque année, gaspillent l’APD dans des programmes et des projets de Sécurité Alimentaire parfaitement ineptes.

    Herman van Rompuy, José-Manuel Barroso, Andris Piebalgs et leurs subordonnés sont incompétents ! ! !...


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    Exemple d’incompétence & de manque d’esprit d’anticipation :


    Quote
    Nairobi, 21 février 2011 (IRIN)
    – (Extraits) 
    Depuis novembre, les pays d’Afrique de l’est ont enregistré des conditions de sécheresse sévère, qui vont probablement empirer durant les prochains mois. Selon des données publiées récemment par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les répercussions météorologiques de La Niña en sont largement responsables. (…)
    Unquote

    La catastrophe humanitaire (famine) qui se profile dans la Corne de l’Afrique a pour origine une sécheresse, qui peut durer plusieurs années, provoquée par le phénomène climatique « La Niña ».

    Cette sécheresse détruit les récoltes de produits vivriers et le bétail.

    Les agriculteurs et les éleveurs se trouvent donc en situation de sinistrés économiques et doivent être secourus en tant que tels par la solidarité nationale ou/et internationale si la première est défaillante. Ces secours doivent inclure une aide alimentaire conjoncturelle gratuite ainsi qu’une aide structurelle, également gratuite, pour reconstruire leur outil de production sinistré (semences, intrants, bétail, etc.).

    Selon le credo des bailleurs de fonds d’aide au développement, normalement, les autorités politiques des pays sinistrés doivent détenir des Stocks Nationaux de Sécurité constitués de céréales ou/et de fonds financiers disponibles pour importer, en urgence, les produits alimentaires nécessaires aux distributions gratuites d’aliments en faveur des agriculteurs et éleveurs sinistrés avant que ne se déclare la famine.

    Si l’on peut comprendre que cela ne fonctionne pas en Somalie du fait de la guerre civile, il est plus difficile de comprendre l’impéritie des gouvernements du Kénya et d’Éthiopie.

    Bien évidemment, les secours aux sinistrés économiques doivent être mis en oeuvre en anticipation des dégâts provoqués par le phénomène climatique.

    Ce n’est manifestement pas le cas puisque ces dégâts sont « déjà » évidents en la personne des enfants fortement malnutris.

    Qui est donc responsable de cette carence, de cette incapacité d’anticipation de la crise ?...

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    Quand le ridicule et l’incompétence le disputent au tragique et au pathétique au Togo :
    Acheter pour augmenter le stock de sécurité au moment où les prix sont élevés sur le marché (période de « soudure ») consiste à « accroître la pénurie » et à faire augmenter les prix !
    Bel exemple de régulation de marché et de gestion de la Sécurité Alimentaire ! ! !

    Quote :

    Renforcement du stock de sécurité des produits céréaliers au Togo : L’ANSAT lance une campagne spéciale d’achat de 3440 tonnes de céréales

    http://africabusiness.com/2011/06/07/renforcement-du-stock-de-securite-des-produits-cerealiers-au-togo-l%E2%80%99ansat-lance-une-campagne-speciale-d%E2%80%99achat-de-3440-tonnes-de-cereales/


    L’Agence Nationale de Sécurité Alimentaire au Togo (en sigle ANSAT) a lors d’une rencontre à Lomé, lancé officiellement le samedi 4 juin 2011, une campagne spéciale d’achat de 3.440 tonnes de céréales (notamment le mais, le sorgho et le riz blanc localement produit), en vue de renforcer le stock de sécurité de ces produits au Togo.

    Cette action est à saluer dans la mesure où elle constitue une réplique des autorités togolaises à la flambée des prix des céréales ressentie sur le marché togolais depuis déjà près de deux semaines.

    À Lomé, le prix des céréales à la veille de cette campagne qui vient d’être déclenchée fluctuait entre 500f CFA et 575f CFA voire 600fcfa avec une tendance à la hausse selon des sources dignes de foi.

    A l’intérieur du pays, ces prix variaient entre 400f CFA et 475f CFA avec également une tendance à la hausse, selon ces mêmes sources.

    Pour cette campagne qui a démarré automatiquement dès son lancement pour une durée de 3 semaines, c’est un budget total de 800 millions de FCFA qui ont été accordés par le gouvernement togolais à l’ANSAT.

    Il faut tout de même souligner que l’aggravation des prix des produits céréaliers au Togo a surpris plus d’un surtout quand on sait que le pays avait réalisé un excédent céréalier dans l’ordre de 76 000 tonnes au cours de la campagne agricole 2010-2011.

    ‘’Mais cette augmentation des prix est une conjonction de plusieurs facteurs’’, a expliqué le lieutenant-colonel AGADAZI directeur général de l’ANSAT .Il s’agit des facteurs relatifs à la production des céréales, à la disponibilité des stocks en temps réel, ainsi qu’à l’accessibilité des zones de production.
    Unquote

    Addendum :
    Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant, au Togo, au lieu d’acheter des céréales pour augmenter le stock de sécurité, il faudrait 
    vendre d’urgence partie de ce stock de sécurité pour accroître l’offre et réduire la tension sur les prix.

    Mais, tout cela a déjà été dit et écrit dès 1986...



    • FRIDA FRIDA 25 juillet 2011 11:24

      Merci à votre article,

      les médias ont mis de temps pour en parler, et ils en parle d’un seul angle, « les chebab sommaliens », qui empêchent l’accès aux ONG ou détournent l’aide, ce qu’est vrai mais n’est pas le seul gros problème et l’origine de la crise et de la famine.

      Et dire qu’en 2000 l’ONU promet l’éradication de la pauvreté à l’horizon de 2015 dans son objectif millénaire. C’est une belle réussite.


      • Ruut Ruut 25 juillet 2011 15:23

        .
        Ça permet d’éviter de parler du nucléaire et des problèmes économiques graves de nos pays.
        Car même en France il y a des malnutris.
        .


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 25 juillet 2011 15:54

          Bonjour, je suis surpris par la négation des votes,

          « ceux qui fournissent ces armes sont aussi responsables de la famine et de la détresse des populations. » tout comme ceux qui achètent les journaux pipole à scandales ont tué Lady Di...

          Peu après l’extinction médiatique de la crise au Darfour, j’avais été frappé par une émission télé qui témoignait de traces effectives de nappes phréatiques souterraines détectées par satellite http://www.infosdelaplanete.org/2509/la-nappe-phreatique-qui-sauvera-le-darfour.html


          • foufouille foufouille 25 juillet 2011 16:07

            un de ces pays produit des roses, du the et du cafe sur 5000 ha
            exporte a bas prix, bien sur


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 16:14

              Et croyez-vous que cela soit responsable de la famine ?


            • cevennevive cevennevive 25 juillet 2011 16:44

              Jean-Pierre,

              Un peu. Un petit peu du point de vue objectif, mais beaucoup du point de vue de l’état d’esprit...

              Les bonnes terres, l’eau, réservés à des cultures non vivrières, de surcroît envoyées dans les pays nantis... Ce n’est pas inepte celà ?

              Je suis bien persuadée que, pour ces cultures-là, l’état kénian (car c’est de lui qu’il s’agit) a réalisé toutes les infrastructures nécessaires à l’alimentation en eau.

              Un lac pollué pour la culture des roses et du thé destiné à l’exportation n’aurait-il pas servi à étancher la soif de multiples troupeaux ?

              L’incurie des chefs Africains, mis souvent là par le pouvoir mondial ou par les oligarchies est autant responsable des famines que la sècheresse actuelle, hélas.


            • cevennevive cevennevive 25 juillet 2011 17:06

              Je voudrais ajouter (mais cela n’est pas politiquement correct) qu’aucun de ces pays n’est disposé à pratiquer un quelconque contrôle des naissances.

              Nous, pays nantis occidentaux, nous avons rigolé lorsque la Chine à prôné l’enfant unique pour limiter la progression de sa population. Pourtant, c’est l’un des remèdes (à long terme bien sûr) à la pauvreté et à la malnutrition.

              Ma remarque peut en faire bondir plus d’un...

               Je vais me dédouaner en précisant que, quel que soit le pays, la sagesse et le bon sens veulent que le nombre des enfants par femme soit limité au fait de pouvoir les nourrir et les élever correctement. Pour cela, il faut parfois l’intervention des autorités sanitaires et gouvernementales. Dans les tribus, c’est difficile, voire impossible parfois. Mais dans les contrées reculées de la Chine, ce l’était également...


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 17:09

              Par cevennevive (xxx.xxx.xxx.173) 25 juillet 16:44


              Heureusement, ces exploitations agricoles industrielles de produits dits « de rente » ne réduisent en rien le potentiel de production vivrière (au sens le plus large : élevage inclus) de ce(s) pays.

              Malheureusement, il est extrêmement regrettable que les exploitants agricoles traditionnels ne puissent pas, d’une part, valoriser leurs produits vivriers comme des produits de rente (c’est pourtant parfaitement possible !) et, d’autre part, faute de moyens financiers, investir dans des exploitations agricoles industrielles de produits de rente qui ne sont pas exportés à « bas prix » mais à des prix compétitifs permettant au producteur un compte de résultats bénéficiaire.

              « Les bonnes terres, l’eau, réservés à des cultures non vivrières, de surcroît envoyées dans les pays nantis... Ce n’est pas inepte celà ? »
              Il n’est pas inéluctable que les bonnes terres soient toujours réservées aux investisseurs nationaux ou/et étrangers. Persister dans une telle voie serait encore une ineptie et une incompétence.

              Je suis bien persuadée que, pour ces cultures-là, l’état kénian (car c’est de lui qu’il s’agit) a réalisé toutes les infrastructures nécessaires à l’alimentation en eau.
              Normalement, il appartient aux investisseurs de financer les infrastructures d’alimentation en eau. Dans le cas contraire, c’est encore une ineptie et une incompétence.

              Un lac pollué pour la culture des roses et du thé destiné à l’exportation n’aurait-il pas servi à étancher la soif de multiples troupeaux ?
              La pollution était-elle inévitable ? Ou bien est-ce 
              encore une ineptie et une incompétence ?

            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 17:14
              Par cevennevive (xxx.xxx.xxx.173) 25 juillet 17:06

              « aucun de ces pays n’est disposé à pratiquer un quelconque contrôle des naissances »

              Sans être un spécialiste de la démographie, il me semble que les démographes s’accordent à dire que c’est l’élévation du niveau de vie qui provoque, spontanément, une limitation des naissances.
              Cf. : Familles nord-africaines et sub-sahariennes de première et seconde génération.

            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 17:23
              Addendum :

              « L’incurie des chefs Africains, mis souvent là par le pouvoir mondial ou par les oligarchies est autant responsable des famines que la sècheresse actuelle, hélas. »

              Leur incompétence n’est que le résultat de celle des responsables des pays bailleurs de fonds d’Aide Publique au Développement (APD) [ Économique ? ]

            • foufouille foufouille 25 juillet 2011 18:06

              « Heureusement, ces exploitations agricoles industrielles de produits dits »de rente«  ne réduisent en rien le potentiel de production vivrière (au sens le plus large : élevage inclus) de ce(s) pays. »
              ca fait des annees qu’ils meurent de faim
              en cas de secheresse, ca fait une grosse difference


            • Laratapinhata 25 juillet 2011 18:19

              Oui, si l’aide est conditionnée à une politique démographique OK, sinon, pas d’aide... Chaque enfant qui se meurt aujourd’hui ne serait pas né si on n’avait pas déjà secouru la génération précédente... la famine est aussi la conséquence naturelle d’une démographie mal adaptée.


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 18:30

              Par foufouille (xxx.xxx.xxx.171) 25 juillet 18:06


              Votre vision est si simpliste qu’elle ne mérite pas de commentaire.

            • foufouille foufouille 25 juillet 2011 18:52

              rien de simpliste
              tu sait que la secheresse est courante
              au lieu de produire des fleurs, tu met ta terre en jachere
              ca consomme pas d’eau
              on y arrivera bientot chez nous
              au lieu de construire des reservoirs(lac) pour les fortes pluies on fait rien
              on pourrait aussi remettre des haies mais ca compte pas comme terre agricole pour les technocrates


            • Laratapinhata 25 juillet 2011 18:53

              Possible, mais comme c’est avec mes sous qu’on fournit l’aide alimentaire, j’aimerais avoir un retour... parce que des famines comme ça, j’en ai vu une... dizaine !
              Je ne culpabilise pas, je suis certaine que ce ne sera pas la dernière si on ne prend pas le taureau par les cornes... Lors des précédente famines il n’y avait ni cultures de rose, ni rien d’exportables, enfin de manière notable...
               Autrement dit soit ces gens ont le nombre d’enfants qu’ils peuvent entretenir, même en période de crise, soit ils connaîtront famine après famine... et c’est tant pis.


            • cevennevive cevennevive 25 juillet 2011 17:53

              Oui, Jean-Pierre, parfaitement d’accord avec vous sur tous les points soulevés.

              J’ajoute que ces photos d’enfants dénutris, que je vois régulièrement depuis des années et des années (j’ai 66 ans), toujours les mêmes, toujours montrées pour nous crever le coeur, pour nous culpabiliser, me rendent amère et furieuse. Contre qui ? Je voudrais bien trouver des coupables... Faire que cela cesse...

              Cordialement.


              • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 18:12

                Je ressens exactement la même chose que vous : tristesse (et rage de constater que rien ne change depuis trois décennies que je me bats).

                « Je voudrais bien trouver des coupables... »
                Je vous les ai indiqués. 


              • Laratapinhata 25 juillet 2011 18:20

                Qu’est-ce que vous proposez ? les laisser mourir un bon coup, pour que la prochaine génération soit adaptée à son milieu ?


              • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 18:24

                Par Laratapinhata (xxx.xxx.xxx.206) 25 juillet 18:20
                « Qu’est-ce que vous proposez ? »

                Mes propositions figurent dans mes commentaires précédents et texte lié.


              • Laratapinhata 25 juillet 2011 19:04

                Désolée, mais je n’ai qu’imparfaitement compris...

                D’après votre intervention, des pays comme le Togo, seraient en excédent et stockeraient pour faire monter les prix ? et alors ? la politique c’est de défendre ses intérêts... en priorité...
                Les Kenyans n’ont pas de ronds pour leur acheter des céréales ? Il faudrait les nourrir gratis ?
                Quant aux Somaliens et cie, avec leurs guerres interminables, qu’est-ce qu’ils produisent pour bouffer ?

                Moi je pense que chaque pays doit tendre à l’autosuffisance et au besoin adapter sa démographie... Et bosser au lieu de jouer seigneurs de guerre.


              • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 19:13

                « Désolée, mais je n’ai qu’imparfaitement compris...
                D’après votre intervention, des pays comme le Togo, seraient en excédent et stockeraient pour faire monter les prix ? ».

                Effectivement, vous n’avez qu’imparfaitement compris ainsi que l’illustre votre question ci-dessus.
                C’est bien d’en avoir conscience.
                Cependant, cette lacune ne vous empêche nullement de rédiger des commentaires particulièrement et inexplicablement lapidaires.


              • Laratapinhata 25 juillet 2011 19:33

                Oui, je n’ai pas compris comment on doit toujours chercher ailleurs, les problèmes endémiques de ces populations qui durent depuis des décennies... le monde change, les marchés évoluent, la politique internationale aussi... mais ces populations ont toujours les mêmes famines...Quel que soit le contexte... quelles que soient leurs alliances stratégiques ou religieuses... Alors vos explications me laissent perplexes... et j’en suis désolée.


              • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 juillet 2011 22:25

                Désolé pour vous. Tant pis.


              • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 25 juillet 2011 21:31


                Le problème de la Somalie, c’est la colonisation économique de l’Afrique toute entière.

                Aux indépendances nominales, de façade, des années 60 doit maintenant succéder une vraie décolonisation : économique !

                Alors enfin les africains pourrons s’enrichir, et ils deviendront plus riches que tous les autres peuples, que les nord-américains, que les européens... et il n’y aura plus de famines dans cette région du monde.

                Mais nous ne sommes pas encore là, il n’y a qu’à voir la Côte d’Ivoire et la Libye, victimes d’agression et d’ingérence coloniales criminelle d’une grande violence...

                À l’auteur : je n’aime pas ce préchi-précha sans profondeur sur les Bon Sauvages incapables de se gouverner eux-mêmes correctement. Ça pue. D’ailleurs... ont-ils seulement une âme, hummm ?


                • manusan 26 juillet 2011 06:43

                  Le gouvernement somaliens vend ses terres agricoles aux saoudiens et aux chinois depuis 5 ans pendant que l’indice de fécondité de sa population explose.

                  C’est aux saoudiens et aux chinois d’intervenir.


                  • Michel DROUET Michel DROUET 26 juillet 2011 08:30

                    Très intéressants les débats sur la géopolitique locale, mais pendant ce temps les gens meurent...

                    Selon la FAO, il faut 1 milliard pour résoudre (dans l’urgence) la question.

                    à comparer aux 15 milliards que le contribuable français va payer pour le plan de sauvetage de la Grèce et pour éviter que nos philantropiques banques françaises prennent un bouillon et continuent à rémunérer grassement leurs actionnaires et leurs trader.

                    Etonnant, non ?


                    • lemouton lemouton 26 juillet 2011 13:15

                      Il y a de cela bien longtemps (un peu + de 40ans), la télé m’avait bouleversé avec la famine du Biafra..
                      Les images avaient anéantis les français... et nous avions réagis... des dons de monsieur tout le mondes, et des actions humanitaires des organisations..
                      Pour nous la situation montrée était simple —> Afrique —> sécheresse —> famine—> mort d’innocents..
                      Mais quelques années après, nous apprenions que cela était consécutif au blocus mené par le Nigéria (pays voisin), en guerre contre le Biafra dissident...

                      AAhh.. AAhh.. mais cela n’était plus du tout la même chose..  !!
                      Non pas que les dons n’auraient pas été faits, mais l’info que la télé nous avait donné était tronquée, nous avions eu le sentiment d’avoir été manipulés.. smiley

                      Pourquoi cette info tronquée ?? Peut être simplement par incompétence ou par fainéantise des journalistes, ou que sais d’autre encore..
                      Mais ceci permis au final, à tous les dirigeants politiques, de ne pas être impliqués dans cette catastrophe..

                      Et aujourd’hui je revois quasiment la même chose..
                      Et même si la sécheresse semble réelle, je me pose des questions sur cette famine :

                      1- quel est l’équilibre(?) politique dans cette région ?
                      1- quelle y est l’implication des guerillas, et si oui qui les arme, les nourrit et les dirige ?
                      2- où en est on du planning familiale dans ces pays, et la religion y a t-elle une influence sur ce point ?
                      3- quels sont les pays venant ou se proposant de venir en aide ?
                      4- existe t-il un suivi sur l’utilisation des aides ?

                      et la télé me montre des familles décimées, des mères fillettes avec leur nourisson mourant, des humains desséchés..
                      Bien sûr qu’il y a urgence... mais je reste avec mes questions et ma rancoeur de 1969..

                      Et si les médias commençaient vraiment à nous parler comme à des adultes ??
                       smiley
                       

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