"Nicolas, c’est Nicolas,
Il aime le luxe, c’est comme ça"
Ainsi débute la chanson, mise en vers de mirliton, par François Vil... non, Fillon.
Elle se poursuit, la ritournelle, par la prose néo-bourgeoise d’un petit président décomplexé d’une des grandes républiques du Monde. Il est fatigué d’être interrogé sur un poudreux séjour mexicain chez des milliardaires douteux, aventure sans gloire qu’il résume par le mot "ÇA" :"J’en ai marre qu’on m’emmerde avec ÇA. Ce n’est pas le contribuable français qui a payé. C’est Calderon qui m’a invité (...) Peut-être que si je descendais dans un Ibis, tout le monde serait content ?"
Le "ÇA" rejoint ainsi dans l’Histoire les "moi", "surmoi" "hypermoi" et autres inconscients psychanalytiques associés à ce président-là.
Renseignement pris, le monsieur et sa dame avaient 4 choix
d’hôtels
Ibis au Mexique, dont un à Monterrey,
ville proche de la frontière de ses chers USA où on trouve aussi beaucoup de
poudre... aux yeux. Ces hôtels sont très corrects, vus
de loin. Nous eussions été "contents" pour lui en effet, autant les Mexicains
bien éprouvés par une perpétuelle crise que les Français bien dérouillés par
celle qui vient, de voir notre Représentant de filiale faire preuve de l’austère
politique de proximité, de parité ou de mixité sociale qu’il nous vante à
cor(ps) et à cri. Sous l’emblème et l’œil rond de l’ibis rose d’Amérique,
oiseau à échasses et bec recourbé.
Le sommeil du
couple présidentiel eût été peuplé pour notre confort de rêves aiguisés comme
les poèmes de Fillon, ou rapides comme les balles sifflant dans un
western-tequila. Bam ! Poum ! dans les nuits câlines, nuits d’épines, nuits
d’amours. Flash dans la fenêtre ! Cris ! PRI ! PAN ! Quelle aventure pour le
porteur de t-shirts NY Police ! En pyjama de soie, il aurait d’une poigne sûre
projeté Carla sur le tapis et, n’écoutant que son courage, l’arme au poing...
Mais nous dûmes ravaler nos illusions et nous contenter de le voir se goberger
mélancolique aux frais de la princesse inconnue, coupe de champagne en main,
elle hilare et lui boudeur, entretenant des conversations borborygmatiques avec
d’ennuyeux richards bouffis, pas très clairs.
Quel ennui, ce luxe !
Trêve de mondanités. Tout cela n’est que détail. Ce qui nous occupe, c’est le mystère plein de cactus des dessous de carte et des exilées dolentes. En quoi les règlements de compte au Mexique nous intéressent-ils ? Le président en est revenu, dont acte. Il nous avait fait espérer Florence Cassez dans ses bagages, ce qui aurait un peu éteint, en comparaison, le sourire automatique de Carla. Florence en liberté eût été aussi radieuse et fraîche qu’un petit soleil de mars. Elle aurait sans doute remercié la France, son vrai pays. Elle se serait émerveillée de l’avril en fleur de nos latitudes, de revoir la petite ville dont elle est originaire, de l’accueil de ses discrets amis qui lui écrivent et la soutiennent, ne croient pas les mensonges des puissants et en savent un bout sur son histoire.
Les journaux toutefois auraient eu du mal à rameuter autour de Florence une quelconque famille décomposée, pleine de pays lointains et de cousins multiculturels, propice au sitcom et à l’imaginaire. Ses parents sont banalement français, ce sont les mêmes qu’à sa naissance ; pas de tribu, pas de parâtre, pas de mari, pas d’ex maris, pas d’amants, pas d’enfants, pas de relations bling dans tous les coins de la planète, un frère tout simplement, revenu au pays après avoir perdu des plumes et reçu des menaces au Mexique... Madame Betancourt, elle, avait tout ce froufrou relationnel dans ses sacs de voyage, pour ses délices réelles et pour les nôtres, télévisuelles. Ainsi sainte Ingrid méritait-elle la libération, suivie de la béatification. Florence, pfff... elle gagnait combien au juste, quand elle vivait en France ? Et surtout, elle connaissait qui, dites-moi madame Loréal ?
Non, il n’y a pas photo, entre Florence la petite Française du nord qui se languit en son mirador comme au 16e siècle :
" Quand reverrai-je hélas de mon petit village fumer la cheminée et en quelle saison reverrai-je le clos de ma pauvre maison qui m’est une province et beaucoup davantage ?"
et Ingrid la Colombienne, si loin, si proche. La seconde est fréquentable par le couple présidentiel. Elle vient de leur monde cosmopolite, luxueux, déconnecté de la base, s’interpellant nombrilique dans sa galaxie privée. Florence, elle serait plutôt comme nous. Alors on ne va pas trop se fouler. Madame Bruni-Sarkozy ne l’a pas jugée digne d’une visite de sympathie, lors de son séjour. Pourtant le dossier de la prisonnière est, selon son avocat, vide. Le doute sur sa culpabilité est, au minimum, incontournable, l’injustice est criante, elle sert visiblement de bouc émissaire à des gens pas très nets.
Certes. Mais Carla ne la connaît pas, ne l’ayant jamais aperçue tournoyant autour des chauds-biz. Florence n’a pas la caution de Kouchner ni même d’un potentat étranger. C’est une Française toute simple, et que sont-ils pour Carla, ces Français même pas riches ? Des minables. Ils n’ont pas le moral, quel ennui ! Allez savoir pour quelle raison ? Pas de pain ? Qu’ils mangent de la brioche ! Ah parlez-lui des brigands italiens qui vous embrasent toute cette péninsule de pauvres ploucs qui travaillent ! Des Marina grenadières pimentant l’existence gavée des hyperclasses ! Des Zoé à la rigueur, par égard pour Cécilia, solidarité d’épouses oblige. Mais des jacottes et des florences, ah fi !
C’est en parallèle le déchaînement contre mademoiselle Cassez dans nombre de médias mexicains, pour plusieurs raisons. On flatte la soif de vengeance aveugle d’une population exaspérée par des enlèvements de plus en plus nombreux et dramatiques. On masque les véritables responsables. On se pose la question du pourquoi de sa présence au Mexique alors que son frère, sa seule famille, venait d’en partir. Mais le ton s’est radouci tout récemment, dans une revue comme Proceso. Faut-il croire à la diplomatie ? A un arrangement très onéreux dont on nous taira le montant ? Devons-nous nous réjouir d’une libération possible ou nous désoler d’une rançon impayable, d’un déni de justice concerté pour protéger de sordides intérêts et se dédouaner de toute faute ?
En l’état actuel des faits, la "commission" mise en place au Mexique au départ des Sarkozy, qui devait donner sa réponse trois semaines plus tard sur l’opportunité d’extrader la prisonnière, comme le veulent les accords particuliers signés entre la France et la Mexique, n’a toujours pas donné de réponse claire et semble déterminée à faire traîner les choses. Il y a derrière cette affaire des calculs stratégiques sans aucun doute. On peut tenter de les imaginer : menace de conflits US-Mexique, qu’ils soient pour les intérêts de tel ou tel cartel ou pour tenter de juguler l’immigration étouffante qui se déverse sur les Etats-Unis ; dans ce cas, le président mexicain ferait peser l’affaire Cassez dans l’espoir d’obtenir un soutien de Sarkozy auprès d’ Obama. C’est un ami, non ?
Ce dernier vient d’annoncer qu’il bloquera les comptes bancaires en territoire américain des cartels de "La Familia", "los Zetas" "Sinaloa" et la "Familia Michoacana". C’est donc qu’il les connaît bien, et que les Etats-Unis sont devenus en quelque sorte eux aussi une juxtaposition de fiefs mafieux et comme le signale la dernière édition de Stratfor qui analyse toutes les tactiques de transfèrement de stupéfiants, un réseau de distributeurs. C’est aussi que le président des Etats-Unis a sacrément besoin de fonds, si on se fie aux nouvelles.
Florence est devenue otage. D’abord accusée de crimes absurdes, vilipendée, jetée à la rage des foules, elle est maintenant une monnaie d’échange. Le gouvernement mexicain cherche-t-il auprès de Sarkozy un laisser faire pour les trafics de narcotiques latino-américains vers l’Europe d’une mafia protégée ? Il faudrait dans ce cas le convaincre de fermer les yeux sur les lieux de débarquement, en général africains... Ou bien abrite-t-on un espoir de rançon puisque la France allonge si facilement les millions ou les secrets de haute technologie à chaque kidnapping de gens qui ont de l’entregent ? On peut spéculer autant qu’on le veut, c’est gratuit. Le 17 avril Obama rend visite au président mexicain pour l’entretenir de NArcoFTA sans doute, et Florence paraît bien fragile dans ces sombres micmacs.
Quoi qu’il en soit, un petit geste de considération pour la "Francesa" ainsi que la désignent là-bas les médias aux ordres, de fermeté envers le président mexicain, venant du couple présidentiel en visite ou en villégiature, n’aurait pas été de trop. Même si, quand on veut être ferme contre les geôliers, on ne sabre pas forcément le champagne avec leurs commanditaires.
Un tel geste aurait contribué, non seulement à humaniser le masque faussement jeune que Carla nous présente immuablement en bon mannequin poseur, mais aussi à faire respecter la France en démontrant qu’elle se préoccupe VRAIMENT de ses ressortissants, sans pour autant se laisser rançonner à chaque fois. Au Mexique, Florence a reçu le soutien de personnalités, comme l’actrice Carmen Salinas. Si Carla, elle aussi venue du spectacle, écoutait la petite chanson ? C’est quelqu’un qui nous dit que Florence est encore là-bas... et que les portes du pénitencier sur elle sont bien fermées.
A en croire les commentaires que le Figaro laisse passer à son sujet, la volonté politique française de la sortir de son drame et réparer l’injustice qu’elle subit semble faible. Or il est urgent de montrer à Florence, en danger, tout amaigrie et actuellement sous traitement médical, que nous nous préoccupons de son sort et que nous voulons la récupérer. Ce qui lui arrive peut tomber sur la tête de n’importe quel expatrié sans protection. Otage innocent, la voilà coincée sans pitié dans une géopolitique mafieuse où on l’utilise comme un pion. Appel aux Mexicains : Oubliez tous les barons de la drogue, notre président, celui des Etats-Unis. Vous avez raison, ils n’ont pas de conseil à vous donner. Nous en savons quelque chose.
Extradez-la. Elle n’a rien fait.

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Saint-sébastien Je crois que vous n’avez pas lu ou pas compris ce qui précède ou que (...)
18/04 11:08 - liscamort de rire , a force de contester toute position différente de la votre , vous en perdez (...)
18/04 10:57 - saint_sebastienSaint-sébastien écrit que "Florence ne pouvait ignorer où et avec qui elle vivait. Elle a au (...)
18/04 10:38 - liscaLibération, dans l’extrait cité écrit en gros, fait de la DESINFORMATION à dessein et de (...)
18/04 10:31 - liscajusqu’a preuve du contraire , le mexique est un pays souverain avec une justice (...)
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