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Accueil du site > Actualités > International > France-Turquie : un rappel qui met le feu

France-Turquie : un rappel qui met le feu

 Les députés français ont voté une proposition de loi socialiste, le 12 octobre dernier, prévoyant de réprimer la négation du génocide arménien, déjà reconnu en 2001. Les Turcs demandent des mesures de boycott et se disent attaqués. La pression monte et, comme ils le savent, les dirigeants turcs, le premier ministre Erdogan en tête, n’auront pas à reconnaître explicitement le génocide de 1915 pour intégrer l’Union européenne, d’ici à 2018. Alors, pourquoi toutes ces flammes diplomatiques ?

Le vote des députés français, le 12 octobre dernier, fait grand bruit dans les sphères politiques. La Turquie souffle ses sanctions par l’intermédiaire de son opinion publique et de ses organisations qui, à l’instar de l’Union des consommateurs de Turquie, ont lancé un appel au boycott des produits français. Tandis que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan appelait implicitement les élus à éloigner les entreprises françaises des appels d’offres, l’Union européenne et le gouvernement français se dédouanaient du vote des élus de la République française. Quand nos députés débattaient et accueillaient le résultat de leur vote sous les applaudissements du public, l’Académie suédoise décernait son prix Nobel de littérature au stambouliote Orhan Pamuk. Ce Turc de cinquante-quatre ans est décrié par les nationalistes de son Etat pour ses propos sur les massacres de Kurdes et d’Arméniens, justement. Il a été poursuivi pour insulte à l’identité turque et hué pour ses quelques propos tenus en février 2005 dans le journal suisse Tages Anzeiger : « Un million d’Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d’autre que moi n’ose le dire. » En effet, ils ne sont pas nombreux les courageux qui, en Turquie, dénoncent un génocide en risquant la prison.

Cette polémique brûlante commence, bien sûr, par le génocide en question. Après les massacres hamidiens et ciliciens, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la minorité arménienne était persona non grata dans l’Empire ottoman, qui reniflait déjà ses cendres, quand la Première Guerre mondiale a éclaté. Un plan de destruction est alors élaboré par le gouvernement Jeunes-Turcs pour se débarrasser du problème arménien, la raison invoquée est toute trouvée : ce sera la supposée aide arménienne au voisin russe, qui a battu l’armée ottomane, alliée de l’Allemagne, lors des premiers combats de la Première Guerre mondiale. La vérité est autre : les Turcs voient en leurs voisins arméniens des obstacles à une unification ethnique dans l’Anatolie. Pour éliminer tout les Arméniens, exterminer un peuple, les Jeunes-Turcs comptent sur Talaat Pacha, ministre de la guerre. Il organise la déportation de tout les Arméniens dans le désert syrien, et s’assure que ses troupes ne laissent aucune chance aux pauvres Arméniens, déjà pillés, de revenir au pays. La meilleure solution reste la bonne vieille balle dans la tête, mais par souci d’économie, ou par pure cruauté, beaucoup mourront simplement de faim, après avoir été maltraités dans des conditions atroces. Les femmes et les enfants ne sont pas épargnés. Toute la population est décimée, sauf ceux qui ont pu se réfugier dans des camps, s’échapper en Russie ou partir dans leur famille à l’étranger, avant les massacres. Plus d’un million et demi de victimes est à déplorer, il n’en reste à l’heure actuelle que les âmes errantes dans le désert, sans aucune sépulture. Les survivants s’organisent en diaspora et partent s’installer aux quatre coins du monde. Une forte communauté arménienne débarque en France, pays officiellement accueillant, dans les années 1920. Les passeports Nansen sont délivrés à ces Arméniens, qui, par leur travail et leur volonté d’intégration, font aujourd’hui partie intégrante de la patrie française, dans sa richesse et sa diversité. Les estimations parlent de 400 000 à 500 000 Français d’origine arménienne sur le territoire.

Ce génocide, le premier du XXe siècle, montre l’atrocité des massacres au monde entier. Pourtant, il aura fallu du temps pour qu’il soit reconnu en tant que tel. Tout d’abord, les principaux responsables du génocide, Talaat Pacha et son frère Enver en tête, sont condamnés à mort par contumace par la Cour martiale turque. Le ministre de la guerre turc s’est enfui en 1918 à Berlin ; il y sera assassiné le 15 mars 1921 par un survivant du génocide arménien. Il sera d’ailleurs acquitté et les crimes contre les Arméniens seront qualifiés de génocide en 1948, après la Shoah, et reconnus dans plusieurs républiques et organisations à partir de 1982. A ce jour, les Nations unies et le Conseil de l’Europe ont reconnu le génocide arménien, ainsi qu’une douzaine de pays, dont la France, qui l’a reconnu en grande pompe dans une loi de janvier 2001 : « La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915. » C’est aujourd’hui une autre proposition de loi, déposé par les socialistes, qui fait trembler le Parlement. Après un vif débat et des menaces économiques brandies par les autorités turques, les députés ont écouté leur cœur, et aussi leur ambition présidentielle, pour voter ce texte, en rejetant plusieurs amendements, notamment celui du député UMP Patrick Devedjian. Cette proposition de loi prévoit de compléter la loi de 2001 reconnaissant le génocide par l’article suivant : « Seront punis comme indiqué à l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23 de ladite loi, l’existence du génocide arménien de 1915.  » C’est-à-dire que toute personne niant l’existence et la véracité du génocide arménien encourt une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 € (295 180 francs). Cette proposition de loi a été provoquée par les évènements de mars 2005, elle est à peu près le contraire de la loi turque de juin 2005 qui prévoit des condamnations d’emprisonnement envers tous ceux qui évoquent le génocide arménien, qui est plutôt qualifié de guerre en Turquie. Le 18 mars 2005, cent vingt associations turques avaient rassemblé leurs membres pour protester contre l’érection d’un mémorial du génocide arménien à Lyon. Les pancartes négationnistes étaient légion, et les slogans en langue turque repris en chœur, accompagnés des signes distinctifs du mouvement extrémiste des Loups gris, jusqu’à ce que le cortège arrive place Bellecour, fortement symbolique. Le consul général turc avait béni cette manifestation et, d’ailleurs, envoyé un courrier clairement négationniste au magazine lyonnais Lyon Mag’, publié dans leur numéro du mois d’avril 2005. Cette manifestation infâme et honteuse a eu pour résultat de mettre à jour la partie désormais visible d’un iceberg dangereux : le négationnisme du génocide arménien qui, au même titre que tout autre génocide, doit être condamné. Pour cela, la loi Gayssot de 2001 prévoyait des peines, qui sont reprises dans la proposition de loi votée cette semaine à l’Assemblée. Cette loi n’est donc qu’un rappel, et ne doit pas prendre plus de valeur qu’elle n’en a intrinsèquement. Toutefois, il semble nécessaire qu’elle soit mise en place pour rappeler à tous que nier un génocide est une manière de le perenniser, bien qu’il ait vu son heure il y a quatre-vingt-dix ans.

Les politiques surfent sur la vague, bien sûr, en bons démagogues qu’ils sont et qu’ils se doivent d’être à quelques mois d’une échéance présidentielle plus importante que jamais ; mais les souffrances de ces peuples et le devoir de mémoire n’est-il pas plus important que la polémique ? La visite de Monsieur Jacques Chirac, président de la République française, en Arménie, il y a quelques semaines, a été, à mon humble avis, un pas de plus pour l’Arménie, bien plus utile que celui que représente une telle loi pour le respect de sa mémoire. Cette jeune république, fondée après la chute de l’Union soviétique, a fort à faire pour se sortir de conditions économiques précaires et décoller enfin dans le nouveau monde. Mais nul doute que seules ses qualités lui permettront de devenir un pays parmi les autres, un partenaire privilégié pour les grandes nations, et non les lois des autres pays, qui y cherchent souvent leur compte avant tout, bien qu’il soit tout à fait honorable de rendre à ce peuple, et à toutes les autres victimes de pareilles atrocités, tout leur honneur, dans le respect de l’histoire. Jacques Chirac et Ségolène Royal, entre autres, se sont prononcés pour que la Turquie reconnaisse ce génocide, ce qu’elle n’est pas disposée à faire, mais le plus important reste que l’opinion publique respecte ce peuple, opprimé et quasiment supprimé, qui a su s’intégrer dans toutes les sociétés du monde et faire sa place, à la seule force de son travail, comme tant d’autres peuples. Il reste tout de même que quelqu’un devra un jour payer la facture, et reconnaître enfin ce génocide, qui a été le premier du XXe siècle et fait encore aujourd’hui, malheureusement, polémique.

Bien sûr, le passé de son empire ne doit pas être imputé à la République laïque turque actuelle, bien loin des idéaux des Jeunes-Turcs et même de son père rénovateur, Mustafa Kemal, disparu en 1938. Le père des Turcs (Atatürk) avait proclamé la République et réformé son pays, pour aseptiser le lourd héritage de l’Empire ottoman depuis Ankara, la capitale qu’il a imposée. C’est d’ailleurs dans les rues d’Ankara que les Turcs protestent en ces jours tristes contre la proposition de loi française adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale.


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133 réactions à cet article    


  • adnanian (---.---.166.89) 17 octobre 2006 10:50

    Quand les LOBBYS se moquent de la democratie....

    La politique extérieur de notre gouvernement est vraiment catastrophique ! a l’heure de la mondialisation et de l’expansion de l’union européenne, la France privilégie la politique intérieur au mépris de l’extérieur ! Nous sommes entrain de nous renfermer. La Turquie fait des reformes dans le sens de l’Europe et la France fait l’inverse. Nos politiciens sont pris en otage par les lobbys. Actuellement la Turquie est entrain d’examiner l’article 301 de sont code pénale est savez vous ce qu’à dit le ministre de l’économie M. ALI BABACAN ? et bien tout simplement qu’il (le gouvernement)attendrait la séance du parlement Français d’aujourd’hui pour savoir ce que le gouvernement turc fera de l’article 301....


    • Internaute (---.---.146.76) 17 octobre 2006 12:50

      Si je vous comprend bien, la politique de la France devrait être menée en fonction de ce que pense et souhaite Ali Baba et les 40 voleurs.


    • adnanian (---.---.166.89) 17 octobre 2006 14:32

      Non ! Ali baba et les 25 voleurs...


    • alexandre (---.---.49.60) 17 octobre 2006 18:30

      L’auteur semble ignorer l’histoire.

      Accuser les députés ayant voté cette loi de démagogie électoraliste c’est une opinion non démontrée.

      Prétendre que « Bien sûr, le passé de son empire ne doit pas être imputé à la République laïque turque actuelle, bien loin des idéaux des Jeunes-Turcs et même de son père rénovateur, Mustafa Kemal, disparu en 1938. » >>C’est tout simplement se moquer du monde. La population de Kars fut massacrée à la fin de 1920 par l’armée kémaliste du général Karabékir. Certes la république n’était pas formellement proclamée mais Mustapha Kémal était déjà aux commandes à Ankara. Toute la documentation nécessaire, avec les références des sources, turques notamment dont les propres mémoires de Karabékir, qui n’avait pas de remord, se trouve dans l’ouvrage de Vahakn Dadrian. Histoire du Génocide Arménien : Conflits Nationaux des Balkans au Caucase. Marc Nichanian, transl. Paris : Editions Stock, 1996, 682 pp. Text, 19 pp. Bibliography, Subject and Name Index.

      http://www.zoryaninstitute.org/Table_Of_Contents/genocide_biblio_dadrian.ht m

      De nombreux autres massacres furent commis en Cilicie et dans l’actuelle république d’Arménie furent commis par les kémalistes. Les sources soviétiques pourtant alliées à Kémal dans les années 20 donnent 200 mille morts arméniens rien que pour les régions de Kars et Gumri/Alexandropol.


    • Ariel Sharone (---.---.129.229) 17 octobre 2006 19:38

      Comme le massacre de 100.000 chretien et juifs de Smyrne en 1922 !!! (essentiellement des grecs)


    • seb (---.---.180.194) 17 octobre 2006 10:54

      personnellement j’espere que la CEE reflechira avant d’integrer la turquie. « République laïque turque », pour y avoir été recemment, je ne pas eu l’impression que cette republique ’laique’ le restera longtemps. Il suffit de voir les attitudes de certains habitants envers les femmes. La turquie est un pays sympathique mais tres different de l’europe actuelle. A force d’ajouter tous les pays, quelle sera la valeur de la future l’europe ?


      • (---.---.215.93) 17 octobre 2006 18:42

        on disait presque cela au début de la communauté européenne aussi. et avant d’intégréer les pays de l’Est. autant dire le peu d’avenir de votre argument


      • Ariel Sharone (---.---.129.229) 17 octobre 2006 19:42

        Je suis d’accord la reaction maladive et fanatique de la Turquie tout ce qui concerne son histoire ou Chypre, est un indicateur que la societe Turque profondement n’est pas prete a integrer le Monde Europeen...

        Faut arreter de tout sacrifier aux interets economiques et geopolitiques a court terme... La Turquie n’est pas l’europe et pas pret de l’etre !!! Les mouvements islamistes et nationalistes y sont trop forts... Les problemes de l’Europe de l’Est etaient essentiellement economiques. Culturellement l’Europe de l’Est est tres proche de l’Europe Occidentale... La Turquie c’est bien plus l’Asie Musulmane que l’Europe... Malheureusement cela se voit tous les jours... Alors reflechissons avant le point du non retour !!!!!!!!!!


      • seb (---.---.180.194) 23 octobre 2006 10:07

        Je n’ai pas l’impression que l’integration des pays de l’est a apporté grand chose a l’europe si ce n’est de la fragiliser.

        Je me souviens encore de pays de l’est (europeens) qui apportaient leur soutien aux US pour la guerre en irak, allant ainsi à l’encontre de l’avis de l’europe.... Il y a d’autres exemples... (mais chacun est libre dans son pays)

        Ce que est deja difficile avec des pays proches de nous (culturellement et geographiquement), me semble encore plus complexe avec des pays eloignés comme la turquie.

        Et puis une question m’inquiete surtout : Que nous apporte l’adhesion de la turquie a la CEE a part flatter notre ego ?


      • La Taverne des Poètes 17 octobre 2006 10:57

        Un bon article ! (Dommage pour les fautes smiley)


        • José w (---.---.25.142) 17 octobre 2006 10:58

          Oui, un rappel de pharisiens socialos-bobos, qui préfèrent donner la leçon aux autres pour mieux cacher la poutre du passé socialiste français, qu’ils ont parfois soutenu honteusement, du moins leurs prédécesseurs...

          Extrait de Wikipedia sur les belles heures du PS bien vite oubliées par nos courageux députés pharisiens :

          « ...l’action politique du gouvernement de Guy Mollet est marquée par la guerre d’Algérie. Mollet ne parvient pas à imposer ses idées à l’Assemblée et aux colons, très hostiles à toute idée de discussions avec le FLN et a fortiori d’indépendance, et il fait voter en 1956 par l’Assemblée les pouvoirs spéciaux à l’armée (loi adoptée par presque tous les groupes représentés au parlement, du Parti communiste au CNIP), ce qui va permettre en particulier une généralisation de la torture. Le service militaire est également porté à 27 mois, et le nombre de soldats français en Algérie passe de 100 000 en 1955 à 600 000 en septembre 1956. Le durcissement de la guerre qui s’ensuit conduisent Pierre Mendès France et Alain Savary à quitter le gouvernement. »

          Eh oui, cela aussi constitue un rappel qui met le feu et que l’auteur de l’article a « oublié », tout occupé qu’il est à relayer la propagande des « grands médias », mais qui sera bien vite étouffé par le débat sur l’Amrénie et la Turquie...

          Pour retrouver les belles heures du Parti Socialiste (appelé alors SFIO) en Algérie vues par Wikipedia, si des fois cela intéresse encore quelqu’un, cliquer ici :


          • Ariel Sharone (---.---.129.229) 17 octobre 2006 19:48

            Les crimes d’Algerie sont des crimes de Guerre que tout empire a commis. Personne nevote de loi pour reconnaitre des crimes de guerre Turques en Bulgarie par exemple... Le Genocide c’est autre chose...

            Les crimes de guerre sont generalement des massacres desordonnes et l’extermination d’ennemis politiques... C’etait le cas en Algerie. Cela est plutot connu en France. Il n’y a pas de loi interdisant de parler des crimes de guerre Francais en Algerie... Ni des crimes du FLN d’ailleurs...

            C’est une autre dimension... C’est l’extermionation planifiee d’un peuple independament des interets militaires ou politiques. Son objectif est d’effacer methodiquement une population de la surface de la terre... C’est ce qui est arrive aux Armeniens en Turquie. Aux Juifs en Europe Nazie. Aux Toutsi au Rwanda...

            On commence par l’extermination de tous les hommes capables de porter les armes, puis de intellectuels capables d’interpeler le monde et on finit par le massacre loin des regard dans le desert et sur les chemins de la mort des femmes, des enfants et des viellards deshormais incapables de se defendre...


          • Dimitri Shostakovitsh (---.---.96.153) 18 octobre 2006 04:37

            ecoute,ariel,déja que vous avez trahi les algeriens pendant la guerre d’algerie...c’est vrai qu’on vous a fait la loi crèmieux !!Moi en tous cas je ferai pas confience a des gars comme toi si la france était en guerre !!


          • Vince (---.---.150.51) 17 octobre 2006 10:58

            Les Socialistes n’ont pas le courage de dire ouvertement qu’ils ne veulent plus de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, alors il est plus facile pour eux de contourner ce problème diplomatico-politico de mettre en place des lois Françaises auxquelles la Turquie ne pourra adhérer ... CQFD !


            • Mémoire (---.---.174.73) 17 octobre 2006 12:25

              Je suis bien loin d’être un sympathisant socialiste, néanmoins il me semble quelque peu réducteur de considérer de la sorte le soutien des socialistes français à la cause arménienne. Dois-je rappeler que Jean Jaurès et Anatole France figurèrent parmi les premières voix en Europe à s’élever pour condamner les divers massacres commis par la Turcs entre 1890 et 1915 et dont le génocide fut la sinistre apothéose ?


            • Ariel Sharone (---.---.129.229) 17 octobre 2006 19:50

              >mettre en place des lois Françaises auxquelles la Turquie ne >pourra adhérer

              Dites ne VOUDRA PAS !!! L’Allemagne a bien accepte la Shoah. La France a bien reconu la criminalite du regime Petainiste. L’esclavage ou les crimes en Algerie. Alors la TUrquie DEVRA accepter son PASSE pour pouvoir un jour pretendre de faire partie de notre Europe !!!

              J’espere que derriere leurs lachete lamentable les dirigeants europeens le comprendront !!!


            • fredeti (---.---.49.62) 18 octobre 2006 14:03

              La Turquie devra inéluctablement reconnaître un jour le génocide arménien en étant dans l’Europe ou en dehors.

              Elle ne sera pas dans tous les cas de figure dans l’Europe si elle ne reconnaît pas le génocide arménien.

              En 2001, peu de temps après la reconnaissance du génocide arménien, la monnaie turque a perdu 40 % de sa valeur.

              Qui investit en Turquie ?? Sinon des européens ??

              Conclusion, pour financer la relance de l’industrie et donc la baisse du chômage en Europe : Dehors la Turquie dans tous les cas de figure.


            • miaou (---.---.205.138) 17 octobre 2006 11:06

              Je suis opposé à toutes les lois mémorielles. A priori, la France n’a pas de telles leçons à donner à un autre pays.

              D’un autre côté, la Turquie prétend adhérer à l’UE (en se contentant des critères de Copenhague) ; il ne s’agit donc plus pour la France d’un problème purement extérieur. Or, l’Europe s’est construite sur la capacité de chacun à regarder son histoire en face. La Turquie en est manifestement incapable et cela se rajoute aux autres problèmes (culturels, démographiques, géographiques, Chypre...)


              • Avatea Avatea 17 octobre 2006 11:23

                entièrement d’accord avec et article. Si mon article de ce matin est accepté, il expliquera pourquoi des gens comme ceux qui me précèdent dans ces commentaires utilisent des arguments comme « contre les lois mémorielles », « la France donne des leçons sans regarder son passé » ou « la Turquie fait des efforts (mdr !) ».


                • adnanian (---.---.166.89) 17 octobre 2006 11:28

                  derniere minue:le premier ministre turc serait hospitalisé !


                  • Ar Brezonneg (---.---.34.75) 17 octobre 2006 14:20

                    Au Val de Grâce ?


                  • Tarkan (---.---.231.68) 17 octobre 2006 11:46

                    « derniere minue :le premier ministre turc serait hospitalisé ! » et le rapport avec cet article, aussi faux historiquement, qu’orthographiquement mauvais ?


                    • Erdogan à galatasaray (---.---.64.135) 17 octobre 2006 11:58

                      Recep tacle ,crack ! il vient de se claquer le genou ...

                      C’est ça le rapport ? Non ? ok, je sors --->[] !

                      aîe,pas taper ,svp !


                      • armand armand 17 octobre 2006 12:18

                        Il est parfois consternant de voir à quel point la Turquie est méconnue en Europe : « attitudes envers les femmes », certes, autant de machos sans doute qu’en Sicile et nettement moins qu’au Maghreb, et surtout, une presse bouillonnante, toutes tendances confondues, où le moindre fait de société concernant notamment l’affrontement islamistes-laïcs est discuté dans tous les sens. Certes, il y a une difficulté à regarder en face le génocide arménien mais, comme je l’ai répété dix fois dans les posts historiques qui n’ont pas l’air d’être beaucoup lus, les Turcs se rappellent sans cesse qu’ils ont failli disparaître à la même période en tant que nation. Peut-être que l’Europe aussi devrait reconnaître son rôle dans ces événements sanglants. De même pour Chypre, on dirait que sous l’effet des injustices et brutalités subies par les chypriotes grecs en 1974, on passe sous silence la menace qui pesait sur la population turque de l’île, et le règne de terreur des pistoleros grecs qui a précédé l’intervention. A l’heure actuelle c’est la « République » de Chypre qui bloque tout accord - notamment celui de l’ONU accepté par les Turcs - et qui a été, néanmoins, reçue à bras ouverts par l’Europe, bien que ce soit un paradis fiscal pour la mafia russe.


                        • (---.---.152.139) 17 octobre 2006 13:16

                          @ Armand,

                          « ...comme je l’ai répété dix fois dans les posts historiques qui n’ont pas l’air d’être beaucoup lus... »

                          Si, je trouve même tes interventions pragmatiques et toujours calmes.

                          A mon avis, il n’y a pas meilleur moyen pour faire barrage aux intégristes musulmans et encourager les modérés à se rallier à la laïcité que d’intégrer la Turquie dans l’espace européen.

                          Quant aux conditions de la femme en Turquie, je suis d’accord avec toi. Il y a pire ailleurs et nous avons qu’à regarder un peu ce qui se passe chez nous question violence...

                          L’os de Constantinople semble être toujours à travers de la gorge.

                          En ce qui concerne la réaction de Chirac, vu que la première lecture a été votée principalement par les socialistes, elle ne m’étonne pas. C’est de la politique politicienne bien que je trouve cela désolant.

                          Nous avons notre génocide, ne cherchons-nous pas à en valider un coté musulmans ?

                          Cordialement

                          David Adel Z.


                        • fredeti (---.---.49.62) 18 octobre 2006 15:40

                          L’Europe n’a pas été créée pour aider à sortir certains pays de leur bétise islamique. C’est un argument inacceptable et très dangereux pour le long terme. On construit l’Europe en fonction de SON FUTUR et non en fonction des pays riverains, la couleur du temps en Tanzanie, ou l’humeur mausade de l’empereur du Japon à propos du génocide japonais en Chine.

                          On construit l’EUROPE pour l’avenir des pays européens.


                        • Torr-Ben (---.---.117.178) 17 octobre 2006 12:24

                          Passé socialiste ? Mitterrand décoré de la francisque sous Pétain, Ministre de l’Intérieur pendant la guerre d’Algérie et puis Doriot et puis Déat et puis tous ces pacifistes lâches du Front Popu. Ces donneurs de leçon au monde entier devraient être plus modestes, eux qui invoquent tant leur histoire mythique...Parlons en justement.


                          • le lyonnais (---.---.1.42) 17 octobre 2006 12:26

                            Bonjour à tous !

                            Je ne vois pas pourquoi la France donne autant d’importance a un fait qui s’est passé il y a pres d’un siecle et je commence de plus en plus a penser que c’est sous la pression du lobby armenien que la France (Pays de la liberté) est poussé a sortir des lois aussi debile au point de degradé sont image exterieur envers le monde entier. Je pense que le passé est le passé et qu’il faut laisser les historiens s’occuper de ce probleme.

                            Amicalement. Un lyonnais ;)


                            • fredeti (---.---.49.62) 18 octobre 2006 15:49

                              Et si ton grand-père avait été empalé vivant, sa femme morte de faim pesant 25 kg après 6 mois de souffrance, si tes 6 frères et soeurs avaient disparus sans trace sans un désert, si tu ouvrais un livre d’histoire disant que cette histoire comme celle de 1.5 millions de personnes n’a jamais existé, Irais-tu dans un forum écrire que cette histoire du passé presque récent appartient aux historiens gratte papier et binocleux ???

                              Un peu de partage avec les autres aui souffrent encore de leurs familles disparus...

                              Orphelin çà marque un enfant et ses descendants.

                              NB : j’ai rien à voir avec les gens d’origine arménienne mais je compatis


                            • Kaan (---.---.58.136) 17 octobre 2006 12:30

                              L’acceptation de cette loi par la France démontre que la France est un pays totalitaire qui ne respecte en aucun cas la liberté d’expression. La France, puissance coloniale du siècle dernier,devrait avant tout s’interroger sur son propre histoire. Les génocides en Algérie au Rwanda et le reste, ils en font quoi ?

                              Ouvres les pages sanglantes de ton propre histoire le Français !

                              Par ailleurs, une grande majorité du peuple turc commence à comprendre que nous n’avons rien à faire dans l’Union Européenne.

                              Le gouvernement turc devrait se retirer de ces soit disant « négociations » et cesser notre humiliation !

                              Chacun chez soi. Occupez-vous de vos oignons ! :((


                              • Ariel Sharone (---.---.129.229) 17 octobre 2006 19:55

                                En Algerie il n’y a jamais eu de Genocide, mais des crimes de guerre ! En Algerie le but etait d’ecrarser l’insurrection et pas d’exterminer systematiquement les 6 millions d’Arabes qui y vivaient !!!!

                                Le but de la Turquie etait bien d’EFFACER LES TRACES DES ARMENIENS de la SURFACE DE LA TERRE !!!

                                Taalat a dit fierement : « On gardera 1 seul armenien, pour l’exposer dans un musee ! »

                                Les crimes de guerre sont le fait de tous les empires. Personne n’est propre. Le Genocide est lui le CRIME SUPREME qui necessite un etat d’esprit bien plus horrible que l’extermination de la resistance ou des opposants politiques.


                              • fredeti (---.---.49.62) 18 octobre 2006 15:53

                                Quand vous parlez de génocide en Algérie, est-vous :

                                Un clown

                                Un Charlot ??

                                Merci de vous renseigner...

                                J’ai commencé à étudier la guerre d’Algérie à 17 ans en 1980.


                              • vredjo (---.---.44.178) 18 octobre 2006 23:47

                                Cette loi n’a pas pour but de faire ou refaire l’histoire. Le génocide arménien n’est même pas un sujet de débat. Pas plus que les chambres à gaz de la 2ème guerre mondiale ou le génocide rwandais. Cette loi sert juste à sanctionner toute forme de négationnisme concernant le génocide arménien. L’application de la loi Gayssot est trop circonscrite au génocide juif. Il a donc fallu légiférer de manière spécifique. Quel est donc cet argument farfelu qui brandi la sacro-sainte liberté d’opinion ? Mais le négationnisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Il faut donc le sanctionner. Tout comme le racisme par exemple. Qui voit un inconvénient à ce que tout auteur de propos racistes soit susceptible d’être poursuivi en justice. Personne. Eh bien pour ce qui est du révisionnisme, il en est de même. Quant à l’entrée de la Turquie dans l’Europe, indépendemment de tout ce qui a pu être dit sur les conditions justifiées ou non de son adhésion, j’y suis totalement opposé. Avec la montée fulgurante du fondamentalisme musulman, la Turquie est une bombe à retardement que certains politiques européens font semblants de ne pas voir. Pour cela, ils ont même inventé la notion d’intégrisme musulman modéré. Elle est pas belle celle-là ?


                              • guis (---.---.109.86) 17 octobre 2006 12:33

                                Est ce reellement nos affaires ou les « socialos » essaient de recuperer des voix manquantes ????? car entre 400000 et 500000 votes c pas rien tout de meme.... Mais a mon avis ce n’est pas a la France de legiferer sur cette histoire. Qu on regarde d abord notre passe, le bon comme le mauvais.


                                • memo66 (---.---.251.35) 17 octobre 2006 12:50

                                  « attitudes envers les femmes »

                                  hum hum, il faut dire que en France les femmes sont tres bien traitees.... Il fait ouvrir les yeux un peu, je m’adresse a la personne qui a poste ces prejuges... Laisse moi te dire qu’il n’est plus rare de voir les femme domines sur les homme en Turquie, les cas d inegalite apparraisse dans les campagnes, aussi bien qu’en France...

                                  De plus cette article me semble un peu subjectif, il m’aurais sembler interressant de constater que Mr Patrick Devedjian est une personalite d’origine armenienne. C’est ce qui differencie cet artivle d’un bon article objectif.


                                  • Cincinnatus (---.---.34.75) 17 octobre 2006 13:37

                                    En fait seule Constantinople est dans les faits appelé à rallier l Europe. Le reste est en Asie mineure... Et là, ce n est plus l Europe.....


                                    • adnanian (---.---.166.89) 17 octobre 2006 14:39

                                      tu as 500 ans de decalage avec la realité.....constantinople a été pris par les ottomans en 1453 .....Et depuis c’est ISTAMBOUL.


                                    • (---.---.60.85) 17 octobre 2006 18:32

                                      Et c’est cette fameuse prise par les Ottomans qui nous est depuis restée sur le gosier....

                                       smiley


                                    • Ariel Sharone (---.---.129.229) 18 octobre 2006 01:39

                                      ISTAMBOUL et les qq kilometres carres autour ne font pas de la Turquie un etat europeen contrarement a ce qu’on pourrait penser...

                                      On dit que l’Habit ne fait pas le moine. Mais la c’est pire c’est le mouchoir ne fait pas le moine !!!


                                    • Mustafa (---.---.201.42) 17 octobre 2006 13:45

                                      A vous lire je note que vous oubliez dans votre histoire que les ottomans étaient envahit de tout les cotés par les forces Russes, Anglaises et Françaises. Des milliers de turcs ont été massacrés par ces derniers, en particuliers les français dans le sud du pays, et a l’est dans la province D’erzurum par les russes alliés. Les français avaient appuyés les milices arméniennes contre les turcs. Le problème est qu’en france mis à part les historiens, personne se soucient de rentrer dans ces détails qui n’en sont pas. Je vous renvoie à Gilles Veinstein et Bernard Lewis, deux éminents historiens ne sont pas meconnaisseurs en la matière. La qualification de génocide justement fait abstraction du rôle de la france, du role actif des milices arméniennes, et des massacres commis par les français, les russes et les arméniens dans les provinces turques. En une loi d’un parti qui ne sait plus quoi faire pour séduire, les héros turcs qui se sont battus comme des lions contre les invasions et les trahisons internes, sont devenus des salopards. Et la france, dans cette affaire, s’en tire avec un rôle d’observateur. Alors qu’elle était plus qu’active, on peut meme dire qu’elle a catalysé les tensions interethniques, n’oublions pas que les turcs les arméniens et les grecs ont vecus ensemble pendant un millénaire.

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