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Accueil du site > Actualités > International > Frégates : l’ancien président de Taïwan dans la tourmente (...)

Frégates : l’ancien président de Taïwan dans la tourmente !

La presse taïwanaise de ce jour, 7 juillet 2007, publie - c’est un hasard - une information qui pourrait retenir l’attention des médias en France : l’ouverture d’enquêtes contre l’ancien président de Taïwan qui signa les contrats des célèbre frégates, Lee Teng Hui, mais pas pour ce dossier...

 

C’est vraiment le fruit du plus pur hasard, mais il est quand même intéressant que le public français puisse connaître l’information : les médias taïwanais annoncent ce matin que l’ancien parti de l’ex-président, le KMT, avait "découvert" dix "accords douteux" ayant généré, selon lui, des préjudices au parti, "accords" passés pendant les douze années où Lee Teng-Hui avait dirigé le parti.

Petit rappel historique

Lee Teng Hui a été président de Taïwan de 1988 à 2000, c’est-à-dire pendant les années où ont été signés les contrats pour l’acquisition au profit de la marine de son pays des célèbres frégates Lafayette qui sont maintenant plus connues sous l’appellation de "frégates de Taïwan".

Lee Teng Hui est aussi connu et respecté à Taïwan car il est vu comme l’artisan véritable du décollage économique vertigineux du pays, un diplomate habile et un fin négociateur. Le pays doit énormément à ses capacités stratégiques et politiques, tous ou presque l’admettent à Taïwan.

Mais, depuis qu’il a quitté le pouvoir, il s’est passé des choses qui lui ont valu quelques inimitiés solides : d’abord il a quitté le KMT et a adhéré à un parti "indépendantiste", le TSU. De plus, il continue fréquemment de voyager, malgré son âge - 84 ans -, à l’étranger, où il est souvent accueilli ou traité comme une "personnalité reconnue" par les autorités. Et surtout, il prône une indépendance politique totale du pays vis-à-vis de la Chine, ce qui est considéré par son ancien parti, le KMT, comme une grave trahison de ce dernier et de son programme.

Et ce parti aimerait vraiment remporter les élections qui, justement, arrivent...

L’avenir : les dates des élections enfin fixées.

Dans les accusations formulées contre les dix "accords douteux" passés au nom du parti sous son autorité, donc visant - nul n’est dupe,- Lee Teng Hui, il existe un second hasard de calendrier qu’il paraît utile de relever, pour l’information là aussi des citoyens français : l’annonce, ce même jour, des dates définitives retenues par la Commission électorale nationale pour la tenue des élections en 2008.

Les élections législatives sont ainsi annoncées pour le 12 janvier 2008 - dans moins de 6 mois - et le scrutin présidentiel pour le 22 mars 2008.

Bien évidemment, dans la bataille féroce pour le pouvoir qui se prépare entre les deux principaux partis, DPP au pouvoir et KMT dans l’opposition, la place actuelle de Lee Teng Hui et son influence potentielle dans l’opinion peuvent représenter un enjeu considérable. Les positions appuyées de l’ex-président en faveur de propositions du DPP peuvent ainsi être, objectivement, analysées comme contradictoires aux ambitions et objectifs électoraux de son ancien parti, le KMT.

Mais, évidemment, dans ce contexte, les enquêtes ainsi annoncées et lancées, pouvant le viser, ne sont les fruits que de "récentes et fortuites découvertes", tout le monde l’aura bien entendu ainsi.

Ceci étant, certaines sources, tenant à l’anonymat, soulignent aussi que, sous ces accusations qui tombent vraiment, chacun le voit bien, de l’arbre si fructueux du hasard absolu, des liaisons avec "l’affaire des frégates" pourraient être mises à jour...

Comme le disait avec ironie un citoyen taïwanais que je rencontrais, amateur de séries américaines célèbres : "Taipei, ton monde politique est impitoyable".

Le spectre des "frégates" hante les élections.

Pour l’heure, le KMT et ses avocats, chargés d’établir les dossiers sur les "dix accords douteux" annoncés, n’ont pas souhaité dire au public exactement quels étaient ces "accords", leurs dates et leurs natures diverses.

Mais, en coulisse, une chose est certaine : d’aucuns estiment que, si les "accords douteux" menaient, par le plus grand des hasards indépendants de la volonté de quiconque, vers le dossier des frégates et nuisaient à l’image publique de Lee Teng Hui, cela pourrait influencer les votes des électeurs qui sont très "réactifs", ici, aux scandales déballés sur la place publique.

En résumé, le spectre des "frégates" hante les élections taïwanaises, mais, là, ce n’est pas vraiment un hasard !

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Source de presse en anglais : www.taipeitimes.com/News - voir le premier article en haut de page de ce jour pour les anglophones. Il est intéressant. Et pour suivre la saga à venir, gardez le lien parmi vos favoris : on ne sait jamais, des fois que vous y appreniez des faits que les médias français ont oublié de publier...

 

 

 

 

 

 

 

 


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3 réactions à cet article    


  • jakback jakback 9 juillet 2007 10:56

    a Philippe Vassé,

    Info ou intox, nous comptons sur vous pour nous tenir informer de ce je te tiens tu me tiens taiwanais, qui peut provoquer a tout moment des dommages collatéraux considérables.

    cordialement


    • ragoa 9 juillet 2007 13:17

      bonjour

      c’est le genre de « plus pur hasard » qu’on aime. Allez, chiche on tient le pari, d’ici 8 mois on saura le fin mot de l’histoire (partie française bien sur). merci et cordialement

      adessias


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 juillet 2007 21:09

        Bonjour,

        Pour compléter les articles précédents et permettre à certains lecteurs d’AGORAVOX, dubitatifs ou pas assez informés, de mieux comprendre ce qui se passe en Suisse, voici une dépêche de l’AP du 08 septembre 2006 qui n’a pas non plus connu une grande diffusion en France.

        Chacun notera que la demande taiwanaise en cours auprès de la Justice Suisse avait jusqu’ici, dans le cadre de la législation suisse en la matière, rappelée dans cette dépêche, identifié les « propriétaires illégitimes » de 524 millions de dollars.

        Selon donc l’AP, la Justice suisse aurait, de son côté, identifié plus de bénéficiaires encore, pour une somme globale de 720,7 millions de dollars, avec des comptes au Liechtenstein... !!!

        Cette dépêche indique que la Justice suisse a transmis SES INFORMATIONS à.... la France, à Taiwan et au Liechtenstein. C’est bizarre : la France n’en a pas parlé. Les Juges français en charge de l’affaire ont-ils bien reçu ces couriers ou la poste a-t-elle eu des ratés ?

        Une chose est certaine : le « secret-défense » commence à être bien mal en point dans cette histoire !

        Taïwan a demandé à la Suisse de lui restituer 520 millions de dollars (410 millions d’euros) bloqués depuis des années en lien avec l’affaire des frégates. La demande est en cours d’examen, a précisé vendredi à l’AP Folco Galli, porte-parole de l’Office fédéral de la justice (OFJ).

        La demande d’entraide judiciaire de Taïwan est parvenue à Berne le 5 septembre dernier, selon Folco Galli, qui confirme une information publiée par des médias taïwanais. Elle chiffre les dommages causés à Taïwan par l’affaire des frégates à 520 millions de dollars.

        Les sommes bloquées sur des comptes bancaires en Suisse dépassent ce montant. En novembre dernier, dans le cadre de la remise de documents à la France, à Taïwan et au Liechtenstein, les autorités fédérales avançaient le chiffre de 900 millions de francs suisses (720,7 millions de dollars/569 millions d’euros).

        Après un examen préalable au sein de l’OFJ, la demande taïwanaise sera transmise au juge d’instruction fédéral. Folco Galli fait remarquer qu’elle ne repose pas sur une décision de confiscation prise par un tribunal à Taïwan. Or, selon le droit suisse, il s’agit d’une condition préalable pour restituer des fonds. La loi sur l’entraide judiciaire prévoit toutefois des exceptions lorsque l’origine criminelle est manifeste. Tel avait été le cas avec la restitution au Nigeria d’une partie des fonds détournés par l’ancien dictateur Sani Abacha.

        Le cas présent est lié à la vente de six frégates à Taïwan par la société d’armement française Thomson en 1991 pour quelque 2,5 milliards de dollars. Le prix de vente aurait été gonflé pour couvrir le versement de pots-de-vin occultes. Taïpeh a sollicité l’entraide judiciaire en 2001 et en 2002. Les recours déposés par la famille de l’homme d’affaires taïwanais Andrew Wang ont été rejeté à la fois par le tribunal fédéral et par le gouvernement suisses.

        Source : AP, Le 08 septembre 2006

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