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Accueil du site > Actualités > International > Fukushima, le mois de tous les dangers

Fukushima, le mois de tous les dangers

Tepco avait fixé au 15 novembre la sortie de la piscine du réacteur N°4 des 1533 assemblages, neufs ou usagés, opération particulièrement complexe.

Il s’agit en effet de conjuguer plusieurs facteurs qui compliquent énormément la tâche : sortir de la piscine dévastée, perchée à 30 mètres au-dessus du sol, remplie de différents éléments d’aciers qui sont tombés lors de l’explosion, gérer la sortie de la piscine des barres d’assemblages, dont certaines sont manifestement brisées, et le tout sans que jamais ces éléments se retrouvent à l’air libre.

On comprend mieux l’inquiétude des scientifiques du monde entier, car si l’opération se soldait par un échec, il y aurait un énorme dégagement de radioactivité, qui se propagerait bien au-delà des frontières du Japon. vidéo

C’est ce que martèle depuis avril 2012 l’ex diplomate japonais, Akio Matsumura, affirmant qu’il s’agit d’un danger au-delà de tout ce qu’on a connu (lien) ce que confirmait le professeur Koichi Kitazawa, évoquant que le pire pourrait advenir qui menacerait la survie du Japon. lien

Jacky Magne qui a vécu de longues années au Japon est inquiète à juste titre, et assure qu’au Japon, la population n’est pas tenue au courant du risque que cette opération va lui faire courir.

Personne ne sait à ce jour combien de temps prendra cette délicate opération : 1 an, 2 ans, plus ? …et il est difficile de l’estimer car cela n’a jamais été tentée dans le monde.

Tepco mise sur un délai d’un an pour l’enlèvement de tous ces assemblages, mais d’après Murray Jennex, professeur à l’université de San Diego, et expert en confinement nucléaire, estime : « ce sera probablement plus long que ce qu’ils pensent, et ils vont probablement rencontrer des problèmes », d’autant que l’exploitant avait préalablement imaginé que l’opération demanderait au moins deux ans. lien

Chacun des 1533 assemblages, qui pèsent en moyenne 172 kg et mesurent environ 4 mètres, doivent être dégagés de leurs compartiments, afin d’être placés dans un container cylindrique de 100 tonnes, puis évacués, les uns après les autres, en direction d’une autre piscine posée sur le sol.

Il resterait donc 1331 assemblages de combustible usé, et 202 assemblages neufs, et si habituellement cette opération se fait sous contrôle d’ordinateurs, devant se dérouler au millimètre près, elle prendrait normalement environ 3 mois, mais cette fois-ci, il n’y a pas d’ordinateurs, et pour cause, la centrale ayant été dévastée lors des différentes explosions, même si Tepco assure que la grue de levage serait contrôlée à distance, et serait informatisée, sauf que dans la situation actuelle un contrôle manuel de la grue lors de l’accrochage des assemblages sera essentiel.

La technique qui va être utilisée consiste à loger dans un cylindre de 5,5 mètres de long et de 2,1 m de diamètre, 22 « grappes » de combustible, en les maintenant hors de contact avec l’air, puis en les déposant dans une autre piscine située à une centaine de mètres du réacteur n°4.

C’est le 18 novembre, à 12h30, que le premier cylindre métallique a été plongé dans l’eau de la piscine, et l’exploitant assure qu’il faudra une semaine pour mener à bien cette première extraction, choisissant de commencer par extraire les assemblages neufs. lien

6 ingénieurs équipés de caméras sous marine vérifieront qu’il n’y ait pas, lors de chaque transfert, la présence de débris métalliques, ou de béton. lien

Mission délicate car l’on sait les taux élevés de radioactivité qui se dégagent du lieu, et ils ne pourront pas prolonger indéfiniment leur présence sans prendre un risque pour leur santé, malgré les 3 paires de gants, les combinaisons, et autres accessoires de protection.

Il s’agit donc de manipuler 400 tonnes de combustible irradiés, et si l’opération se passait mal, il faut savoir que le contenu de cette piscine représente l’équivalent de 14 000 fois la radioactivité libérée lors de l’explosion d’Hiroshima.

C’est en tout cas ce qu’estime Hiroaki Koide, professeur à l’institut de recherche sur les réacteurs à l’université de Kyoto, en se basant sur la quantité de césium 137 qui pourrait être relâché par les assemblages de la piscine en cas d’accident. lien

Or le risque est grand qu’un assemblage se rompe s’il se coince, ou s’approche trop près d’un autre assemblage, comme l’affirment Mycle Schneider et Antony Froggat, tous deux experts en matière nucléaire, et qui ont déclaré dans leur récent rapport : «  la libération dans l’atmosphère de toute la radioactivité contenue dans la piscine du n°4 pourrait provoquer de loin la plus grave catastrophe que le monde ait jamais connu à ce jour  ».

Tepco avait déjà procédé à l’enlèvement de 2 assemblages neufs lors d’une opération de test, mais ces assemblages neufs représentent moins de danger que les autres. lien

Signalons aussi que dans cette piscine se trouvent au moins 3 assemblages endommagés, et que leur extraction posera donc encore plus de problèmes. lien

Or auparavant, il y avait au dessus de cette piscine un pont roulant, lequel permettait de plonger ou d’extraire ces assemblages en toute sécurité, mais les différentes explosions qui ont frappé la centrale ont rendu ce pont roulant inutilisable, d’autant que des parties de celui-ci sont tombées dans la piscine.

Ajoutons que les renforts de structure réalisés par l’entreprise nucléaire afin de parer à de nouveaux tremblements de terre ne sont pas totalement de nature à rassurer.

Tepco a garanti la stabilité de la piscine si le bâtiment était secoué verticalement, mais a admis que des secousses qui agirait horizontalement ne permettrait pas au bâtiment de résister.

Actuellement, une couverture souple a été placée au dessus de cette piscine, et elle devra être bien sur enlevée pour permettre à la grue de secours d’entreprendre l’extraction des barres.

De plus, cette piscine souffre de défauts d’étanchéité, fuites que Tepco avait d’ailleurs confirmé dès les premiers jours qui ont suivi la catastrophe.

Ajoutons pour compléter le tableau que l’eau de mer ajoutée dans la piscine a naturellement augmenté la salinité de celle-ci, provocant probablement plus de corrosion sur les assemblages de combustible, d’autant que des petits morceaux de béton ont été repérés dans les assemblages. lien

Le fait que le personnel qui va s’attacher à cette délicate tâche ne soit pas réellement qualifié n’arrange rien, d’autant que l’importante radioactivité qui se dégage ne permet pas de rester trop longtemps sur place, et que le personnel qualifié a déjà atteint la dose maximale admissible, ne pouvant donc pas intervenir sur le site.

Le vrai risque est évidemment le décrochage d’un assemblage, et que celui ça retombe dans la piscine de désactivation, ou que ces assemblages se retrouvent à l’air libre, provocant la montée en chaleur, et faisant craindre un risque de criticité.

Comme chacun sait, ce risque est celui de déclencher une réaction en chaîne de fission incontrôlée. lien

C’est ce que confirme l’expert Arnie Gundersen expliquant : « il existe un risque de criticité involontaire si des faisceaux se tordent et s’approchent trop près les uns des autres (…) le problème avec une criticité de la piscine de refroidissement est qu’on ne peut la stopper, puisqu’il n’y a évidemment pas de barres de contrôle pour la gérer. Le système de refroidissement de la piscine n’est conçu que pour enlever la chaleur de désintégration, non celle d’une réaction nucléaire en cours », confirmant que « les barres sont vulnérables aussi à un incendie si elles sont exposées à l’air ».

Or si ce risque est connu et peut être limité dans le cas d’une situation classique, on ne voit pas bien comment il pourrait être combattu avec succès dans la situation actuelle que connait Fukushima. lien

Outre l’état délabré de toute la centrale, il ne faut pas oublier qu’il y a encore dans la zone une autre piscine qui contient elle aussi des assemblages radioactifs, et qu’un problème survenant dans la piscine du n°4 pourrait se propager jusqu’à l’autre piscine avec les conséquences que l’on imagine.

Alors bien sur Tepco affirme « nous sommes en train d’étudier les risques et les contre-mesures  », mais quelle crédibilité donner à un exploitant qui n’a cessé de donner des informations mensongères ou incomplètes ?

Pourtant, il n’y a rien d’autre à faire que de tenter cette délicate opération… espérant que tout se passera bien.

On s’interroge pourtant sur l’aspect de l’aide internationale maintes fois souhaitée par les experts du monde entier et sur la réaction du Japon, actionnaire majoritaire, qui fait oui de la tête, mais qui pourtant ne l’avalise pas. lien

Pourtant, Yusutero Yamada, un ingénieur à la retraite a demandé, lors d’une tournée aux USA, une intervention internationale de toute urgence, espérant que soit retiré à Tepco la gestion de la catastrophe. lien

C’est une grosse responsabilité prise par le gouvernement, car si le pire scénario se réalisait, il aurait à rendre des comptes à la justice internationale. lien

Il n’y a donc plus qu’à espérer que tout se passe bien, car comme dit mon vieil ami africain : « un homme qui se noie cherche à s’agripper même à une paille de riz ».

 

« L’image illustrant l’article vient de « laradioactivité.com »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

L’observatoire du nucléaire est menacé, pour le soutenir, ici

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113 réactions à cet article    


  • jako jako 19 novembre 2013 09:04

    Bonjour Olivier, cela démontre à l’envie que face à ce genre d’événements on ne peut pas faire grand chose sinon rien, c’est parti pour un an donc , soit, mais il faut bien faire quelque-chose la situation ne peut rester en état. Merci de votre veille.


    • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 10:20

      jako

      oui, c’est exactement ça !
      il fallait bien faire quelque chose, et les japonais n’avaient pas l’embarras du choix, ;
      la seule chose qu’on pourrait leur reprocher maintenant, c’est de faire la sourde oreille, en n’acceptant pas l’aide internationale...
      si l’opération foire, ils en porteront une lourde responsabilité.

    • lionel 19 novembre 2013 13:02

      Bonjour Cabanel, 


      Merci beaucoup pour votre veille au sujet de Fukushima. 

      Ceci dit, vous écrivez : « C’est une grosse responsabilité prise par le gouvernement, car si le pire scénario se réalisait, il aurait à rendre des comptes à la justice internationale. lien »

      Si le pire scénario se produit, je crains bien que l’humanité agonisante sera bien en peine de juger qui que ce soit... Je lis comme vous depuis des semaines les prédictions terrible faites par des scientifiques intègres et aucun d’eux ne se risque à nous décrire concrètement ce que seraient les conséquences à notre échelle...
      Respect

    • jako jako 19 novembre 2013 14:41

      Exact Lionel, de plus le silence de nos amis lobyistes habituels est assourdissant


    • devphil30 devphil30 19 novembre 2013 09:26

      Je plains le Japon , ce pays de grande culture qui va vivre une période cruciale dans son histoire déjà mouvementé.


      On voit bien les dangers du nucléaire et sachant que nous avons une cinquantaine de centrale en France dont la maintenance est sous traité , pour des centrales dont la durée de vie est de 30 ans et qui vont être prolongée , c’est pas rassurant .....

      Philippe 

      • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 10:21

        philippe

        si au moins les pays nucléarisés pouvaient en tirer la leçon qui s’impose !
        mais manifestement, ce n’est pas le cas en France, ou on a le sentiment qu’Hollande fait du surplace, 
        incompréhensible !
        merci de ton commentaire

      • lionel 19 novembre 2013 16:12

        Bonjour devphil30,


        Ce n’est pas le Japon seulement qui est concerné par la pollution en cours en provenance Fukushima Daïchi, c’est le monde dans son ensemble. il est probable que les Étazuniens et les canadiens soient déjà plus touchés que certain Japonais, en tout cas les dégat sur la faune sont déjà indéniables (étoiles de mers, ours blancs, phoques etc...).

        Si l’opération dont nous a parlé Cabanel, échoue... Personne ne se risque à évoquer concrètement les conséquences sur tous les écosystèmes, les être biologiques de la planètes. Les chercheurs n’utilisent que des adjectifs...

        Le souffle, le sommeil, la méditation peuvent nous aider... Une bonne bouteille aussi.

      • BOBW BOBW 20 novembre 2013 12:49

        Je l’ai écrit récemment dans une réponse : un bon rouge avec du tanin assure une certaine protection contre les radiations : un nez qui brille doit être un bon symptôme pour les compteurs geiger !...


      • Jorge 20 novembre 2013 22:57

        Moi olivier je ne comprends pas tes articles.Alègre,notre Galilée national dixit...lui même,a affirmé qu’il n’y avait pas de catastrophe nucléaire à Fukushima.


      • claude-michel claude-michel 19 novembre 2013 09:37

        Tepco...nationalisé pour interdire toute poursuite de cette société par les Japonais... !

        Seul seront poursuivi les personnes qui demandent des comptes..ou manifestent.. !

        • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 10:22

          claude michel

          pas sur...
          si ça tourne mal, il n’est pas impossible que la commauté internationale réclame des comptes.


        • claude-michel claude-michel 19 novembre 2013 10:31

          Par olivier cabanel ...

          C’est mal connaitre le poids et la force du lobby du nucléaire dans le monde.. ?

        • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 19:23

          yoann

          c’est mon coté optimiste...
           smiley

        • gaijin gaijin 19 novembre 2013 09:41

          salut olivier
          « prier .... »
          oui compte tenu des conséquences on est bien obligé de prier pour que les hommes fous ne se fassent pas sauter la gueule .......
          le drame étant que s’ils s’en sortent on ne tirera aucune leçon de tout ça, ils recommenceront a se prendre pour des dieux « les accidents ne peuvent pas survenir » jusqu’ à ce que de toute façon tôt ou tard il parviennent a un gros feu d’artifice.

          il était une fois un type qui a dit « pardonnez leur ils ne savent pas ce qu’ils font »
          moi je crois au contraire qu’aucun enfer nucléaire ne sera jamais assez chaud .............


          • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 10:24

            gaijin

            prier, oui, pourquoi pas ?
            un ami me suggerait une autre solution :
            comme on ne sait pas comment ça va tourner, faire la fête pendant qu’il en est encore temps.
            je crois que je vais ouvrir une bonne bouteille.
            une occasion pareille ne se refuse pas.
             smiley

          • gaijin gaijin 19 novembre 2013 10:49

            oui mais ce sont encore les japonnais qui risquent de trinquer .....
            bon allé comme on ne dit pas chez eux : « tchin tchin » smiley


          • Pillippe Stephan Uraniumk 19 novembre 2013 11:47

            de plus en plus inextricable cette situation elle est ou cette conférence ou
            Tepco explique comment il compte procéder ?
            ça concerne le monde entier non.
            c’est plutôt une sorte d’aventure, mais extrêmement dangereuse.
            Comme les restes de cette civilisation d’ailleurs.


            • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 11:57

              Uraniumk

              Tepco, et le gouvernement japonais sont les champions de la communication contrôlée.
              c’est à dire, nous sommes mis chaque fois devant le fait accompli.
              et lorsque la situation est critique, c’est silence radio.
              au motif « qu’il ne faut pas affoler les populations »
              mais ça ne les gène pas de mettre en danger ces mêmes populations !
              il faut se souvenir qu’aujourd’hui encore, ils sont des milliers de japonais à vivre dans des zones qui sont largement polluées par la radioactivité !
              un scandale humanitaire.
              merci de votre commentaire.

            • Pillippe Stephan Uraniumk 19 novembre 2013 12:37

              Merci de votre réponse c’est vraiment silence complet avant le mikado géant .
              la roulette russe a commencée.


            • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 19:25

              Uranium

              pour le moment, ils s’occupent surtout des assemblages neufs...
              c’est lorsqu’ils vont s’occuper des autres qu’il pourrait y avoir des problèmes...
              c quand même grave qu’ils refusent l’aide internationale !
               smiley

            • volt volt 19 novembre 2013 12:01

              salut Olivier,

              j’ai cru comprendre dans d’autres papiers que c’est d’évacuer tout le made in japan qu’il s’agirait, 
              voire que tout l’hémisphère nord serait sous la menace, sinon pire : la fin du film entier pour 2050.
              aucune idée si c’est du délire ou quoi.
              mais c’est juste ce mot, « manuel », que vous employez, qui est terrible.
              donc si je vous suis : 
              l’avenir du japon, et du monde, vous, moi, tout ça, 
              va reposer entre les cinq doigts... d’un individu !
              bon, et s’il a le hoquet le bonhomme, avec l’humanité en suspens dans la main, on fait quoi ?
              bref, on dirait une farce que les meilleurs auteurs de science-fiction n’ont jamais pu imaginer.
              ah, et dernière question, sur ce fil quoi : une fois que le monsieur a les doigts qui glissent et qu’il plante, il vous reste combien de temps là pour me répondre avant qu’on se barre ?
              merci.

              • s4m0 19 novembre 2013 12:58

                votre opération à coeur ouverte, vous préférez qu’elle soit effectuée par un chirurgien ou un ordinateur sous windows xp ?
                C’est vous qui voyez, mais pour ma part, le chirurgien a ma préférence ^^

                Trêve de plaisanterie, pour certaines tâches (surtout complexes), l’homme n’a pas son pareil !

                On retrouve aussi ce principe dans l’aéronautique, où les phases d’atterrissage et de décollage nécessitent toujours qu’il y ait un pilote aux commandes.

                que ce soit fait à la « main », ne me choque absolument pas (au contraire) !


              • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 13:53

                bonjour volt

                effectivement, si l’opération se passe mal et toute cette radioactivité s’échappe du site, tout l’hémisphère nord devrait être arrosé.
                ce qui revient à dire que pendant deux ans, nous allons être sous cette menace, avec un état, et une entreprise championne de la dissimulation...
                pas réjouissant,
                restons zen, et profitons de la vie.
                 smiley

              • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 13:55

                s4

                manuel, dites vous ?
                sauf qu’il faut penser aux pauvres bougres qui malgré leurs équipements risquent de ramasser tant de radioactivité que leur vie sera menacée !
                perso, je pense que des actions grace aux robots et à l’informatique seraient préférables.
                 smiley

              • Agafia Agafia 21 novembre 2013 21:17

                bonsoir Olivier

                et puis rappelons nous l’évacuation des blocs de graphite sur le toit du réacteur n°4 de Tchernobyl confiée à des robots, japonais d’ailleurs, et qui buggaient, devenaient incontrolables, tombaient en panne et se « suicidaient » en se jetant du toit.
                Finalement ce sont les équipes de liquidateurs bien humains, flanqués de plaques de plomb, qui se relayaient, courant avec leur pelle parmi les blocs de déchets, jetant deux pelletées par dessus bord et repartant dare-dare à l’abri. Vingt secondes pas plus, afin d’être le moins exposé possible aux radiations monstrueuses.
                Aujourd’hui, ceux qui ne sont pas encore morts se battent jour après jour contre la maladie.
                Mais c’était bien le « manuel » qui restait le plus fiable.

                Une pensée pour eux.

                Mais « zéro mort !! » qu’il a dit votre copain taxi smiley


              • s4m0 19 novembre 2013 13:19

                même si j’ai parfois (disons souvent) des points de divergence avec vous, je trouve le sujet de cet article pertinent car effectivement c’est une opération à haut risque !

                En revanche quelques précisions/remarques :

                « si habituellement cette opération se fait sous contrôle d’ordinateurs »
                ==> Non. Du moins pas sur la majorité des réacteurs (à ma connaissance). Même en France, le déchargement se fait encore manuellement (les opérations pour le cœur sont quant à elle, souvent automatisées).
                Il faut bien comprendre que l’automatisation/informatisation des tâches n’est pas la panacée ! Dans l’industrie du nucléaire, elles ont plutôt tendance à être réduites au strict minimum pour des considérations de sûreté.
                Autre fait à prendre en compte : on parle d’installations qui ont 30, 40 voire 50 ans ! Il arrive que des centrales soient mises à jour avec du contrôle commande informatisé mais non seulement cela n’est pas fait sur l’ensemble des sites mais de plus, cela ne concerne que la partie purement « exploitation », pas la gestion du combustible.

                « représente l’équivalent de 14 000 fois la radioactivité libérée lors de l’explosion d’Hiroshima.
                 » ==> votre chiffre est très certainement juste et quoi qu’il en soit il est certain que du combustible irradié, c’est une sacré m****. Cependant, la comparaison n’est pas du tout pertinente ! La nature et l’échelle du risque radioactif sont très différentes (pour la bombe il s’agit essentiellement de l’exposition due à une brève et intense émission de rayonnement gamma). Un simple fait le prouve : Hiroshima et Nagazaki ont été rapidement repeuplées après les explosions. Une comparaison avec Tchernobyl aurait été plus pertinente (mais le chiffre moins forcément moins impressionnant).

                « le personnel [...] ne soit pas réellement qualifié »

                 ==> pouvez vous nous dire que quoi vous basez cette affirmation ? Les basses besognes semblent effectivement avoir été souvent confiées à du personnel qui n’est pas coutumier de l’industrie mais pour des tâches sensibles, je ne vois pas pourquoi ils n’auraient pas du personnel qualifié.

                « quelle crédibilité donner à un exploitant qui n’a cessé de donner des informations mensongères ou incomplètes ?
                [...] On s’interroge pourtant sur l’aspect de l’aide internationale maintes fois souhaitée par les experts du monde entier et sur la réaction du Japon, actionnaire majoritaire, qui fait oui de la tête, mais qui pourtant ne l’avalise pas. »
                ==> dans ce passage vous résumez parfaitement la situation japonaise et les errements de leur organisation du nucléaire. Un système opaque, fermé et surtout des autorités faibles qui n’ont pas le pouvoir qu’elles devraient avoir face à des exploitants qui ont perdu conscience de la responsabilité qu’induit une centrale nucléaire. Sans ça, l’accident de Fukushima n’aurait certainement jamais existé ! Des décisions auraient été prises avant, pendant et après l’accident !
                Un article sur ce sujet serait le bienvenu ;)


                • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 19:26

                  merci s4

                  j’y pense depuis longtemps,
                  l’article ne saurait tarder...
                  toutes les aides sont bienvenues.
                   smiley

                • JL JL 19 novembre 2013 13:45

                  Bonour à tous.

                  Sans nier l’intérêt des questions soulevées ici, il y en a une à laquelle j’aimerais que les spécialistes en radio-activité répondent :

                  Si un élémént radioactif plongé dans l’eau n’est pas dangereux pour l’environnement et que dans le même temps l’eau radioactive constitue un danger, alors peut-on conclure que la radioactivité passe des corps solides vers les corps liquides, mais pas des corps liquides vers les corps solides ni les corps gazeux ?

                  Autrement dit, si l’eau peut être contaminée, cette eau ne serait-elle pas contaminante ?


                  • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 13:58

                    JL

                    je sais, pour leur avoir demandé conseil pour la rédaction de cet article, que ces experts vous répondront.
                    je pense qu’ils vont vous dire « les deux mon capitaine »
                    l’eau est contaminante, 
                    c’est d’ailleurs l’un des problèmes essentiels, car c’est l’eau qui (comme a tchernobyl) a plaqué la radioactivité sur le sol, puis les plantes, les arbres, et ceux qui en dépendent, et qui s’en nourrissent, et qui nous nourrissent à leur tour...
                    si par malheur un accident se produisait, ce sera idem.
                    c’est la pluie qui fera tomber la radioactivité sur le sol...
                    on imagine la suite.

                  • gaijin gaijin 19 novembre 2013 15:10

                    « Si un élémént radioactif plongé dans l’eau n’est pas dangereux »

                    ben allez vous baigner dans la piscine du 4 et on en reparle .........


                  • JL JL 19 novembre 2013 15:12

                    Merci pour la réponse : intuitivement, j’ai du mal à percevoir ces choses.


                  • s4m0 19 novembre 2013 16:27

                    le risque radiologique est de deux natures : il y a les radiations et la contaminations.

                    Pour être précis il y a trois types de rayonnements ionisants :

                    - alpha : très énergisants mais avec une très faible pénétration (peu de matière suffisent à s’en protéger, une feuille de papier suffit)
                    - béta : un peu moins énergisant que l’alpha mais aussi faiblement pénétrant (une feuille d’alu suffit).
                    - gamma : peu énergisant mais très grande pénétration qui nécessite d’importante quantité de matière pour s’en protéger (béton, eau, plomb, ...).

                    Si vous entreposez une source dans une eau et que celle ci reste intègre, alors aucun risque, vous pouvez vous promener autour, faire un plouf et même boire l’eau.

                    En revanche, si votre eau est contaminée (c’est à dire si votre source relâche des petites particules), vous pouvez vous promenez autour (pas de risque d’exposition) mais vous prenez un risque dès lors que vous entrez en contact, alors vous vous exposez à un risque de contamination externe (si vous plongez dedans) ou interne (si vous en buvez, c’est la contamination qui provoque le plus de conséquences). Là vous vous exposez directement aux rayonnements alpha et béta qui sont vraiment pas cool smiley

                    C’est notamment pour cela que les agents qui interviennent en milieu contaminé, se couvrent de plusieurs couchent et dispose d’une tenu étanche (pour se prémunir contre une contamination aux rayonnements alpha et béta).

                    Pour les piscines de désactivation des centrales, il arrive que les assemblages soient légèrement « ruptés » et l’eau pleine de produits chimique s(notamment de l’acide borique). Se promener autour ne présente aucun risque mais je ne me risquerai pas à en boire ^^


                  • slave1802 slave1802 19 novembre 2013 16:35

                    L’eau des piscines est là pour protéger les travailleurs des rayonnements émis par les combustibles usagés qui y sont stocké. Jamais personne n’a dit qu’elle les rendait inoffensif .
                    En situation normale, cette eau n’est pas contaminée.
                    Dans la piscine en question, certains assemblages étant vraisemblablement éventrés, cette eau est fortement contaminée.

                    Pour la baignade je déconseillerais...bien que des plongeurs bien équipés s’y risquent parfois pour des opérations de maintenance en France

                    photo


                  • Bulgroz 19 novembre 2013 13:50

                    Monsieur Cabanel, pouvez vous nous faire le point du nombre de morts à ce jour ?


                    • olivier cabanel olivier cabanel 19 novembre 2013 14:03

                      zorglub

                      vous est-il possible d’imaginer que, comme à Tchernobyl, les morts se compteront par centaines de milliers, mais pas dans l’immédiateté.
                      il a fallu un quart de siècle pour la catastrophe ukrainienne pour en faire un éventuel décompte,
                      donc, pour répondre à votre question, rendez vous dans quelques années,
                      mais au delà de ce macabre décompte, il faut surtout s’inquiéter de toutes ces terres polluées pour un siècle au moins, qui pollueront a leur tour toute la vie qui s’y promène, 
                      humains y compris.
                      je commence a connaitre votre stratégie de com... comparant les milliers de morts dus a un barrage qui a cédé... a un cyclone... etc...
                      pour l’instant, vous n’avez pas encore osé impliquer une centrale solaire, ou une éolienne, mais je ne serais pas surpris que vous y arriviez un de ces quatre.
                      pitoyable, 
                      ayez au moins un peu de respect pour les femmes qui vont donner naissance a des enfants difformes... pour les mutations génétiques d’autres espèces...
                      mais manifestement, ça ne vous émeut pas beaucoup.
                       smiley

                    • Agafia Agafia 21 novembre 2013 21:27

                      c’est vraiment lamentable votre question Bulgroz.

                      Allez donc faire un tour en Bielorussie. Vous saurez ce qui attend les japonais, et vu comme c’est parti, peut-être bien le monde ou une bonne partie.

                      Mais suis-je bête.... Y a pas plus sourd et aveugle que ceux qui ne veulent ni entendre ni voir.


                    • K2017 Kxyz 19 novembre 2013 14:19

                      ce pays est maudit du nucléaire ..les délais annoncés sont purement fantaisiste...
                      pour info la centrale de Brenilis n est toujours pas démantelé ...

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Site_nucl%C3%A9aire_de_Brennilis

                      comme tu le dis c est une première et le pire est à redouter..
                      pour autant avant d imaginer le pire je préfère croire que le Japon a un « ange gardien » lors de la catastrophe le vent avait pousser vers l océan les nuages radioactifs et non sur Tokyo..
                      même si je ne peux oublier les victimes de Fukushima qui vivent la double peine ..

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