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Accueil du site > Actualités > International > Gabon : présidentielles de novembre 2005

Gabon : présidentielles de novembre 2005

Le visiteur, habitué de la capitale gabonaise qui débarque à Libreville ces derniers jours, est surpris par la nouvelle décoration d’un genre particulier qui pavoise les artères de la capitale... Des affiches à thèmes, du genre : Présidentielles 2005, c’est mon droit de vote ! je vote... Je suis entrepreneur : je vote ; je suis étudiant : je vote ; je suis footballeur : je vote... etc.

REVUE DES TROUPES

A - LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

La majorité présidentielle, sous la houlette d’OMAR BONGO ONDIMBA, candidat à sa propre succession, c’est le branle-bas de combat...

Depuis le forum des jeunes du 1er octobre dernier, à la tribune duquel il a annoncé sa candidature après moult sollicitations, plusieurs associations se sont créées çà et là pour le soutenir. Même si c’est la période ’’ des vendanges politiques’’, il n’en demeure pas moins vrai actuellement que c’est le seul candidat qui occupe le devant de la scène. En fin de semaine dernière, plus particulièrement le samedi 22 octobre, s’est tenue au palais des conférences de la cité de la démocratie de Libreville, le forum des femmes cadres du Gabon, qui a apporté son soutien total à Omar Bongo Ondimba. Quand on sait la place qu’occupe la femme dans la société bantu, on comprend que le Président sortant a la faveur des pronostics.

B- L’OPPOSITION

C’est le silence plat dans ce camp... La Cour suprême a retenu trois candidatures et en a invalidé plusieurs autres ; des trois retenues, il n’en reste plus que deux. Le pasteur TOMO, candidat déclaré à cette élection, a, au cours d’une conférence de presse, tenue en début de semaine à Libreville, déclaré son retrait de la course, faisant allégeance au Président Omar Bongo Ondimba, en déclarant qu’en ’’vision, Dieu lui a demandé de se retirer de la course, car il a choisi Omar Bongo Ondimba pour présider une fois de plus aux destinées du Gabon’’.

* ZACHARIE MYBOTO

Leader de l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), présenté en indépendant puisque son parti n’a pas encore reçu quitus du ministère de l’intérieur, il est celui qui est le plus sous le feux des projecteurs ; il ne se passe pas deux jours sans que les chaînes de télévisions ne diffusent des démissions des différents ’’responsables" de son parti ; montage ou réalité ? nous ne pouvons le certifier ; la seule vérité, c’est que pour la crédibilité de ces différentes déclarations, ces ’’responsables’’ devraient à chaque fois brandir leurs cartes de militant de ce parti.

* Pierre MAMBOUDOU

Comme le leader de l’UGDD, celui de l’Union des populations du Gabon ne se dévoile pas ; pas de foules qui se déchaînent en sa faveur, moins encore de déclarations tonitruantes... Peut-être attend-il l’ouverture de la campagne, prévue du 13 au 24 novembre 2005, pour dévoiler ses stratégies et les noms deceux qui constituent son équipe de campagne ; faut-il le rappeler, c’est le deuxième de l’élection de 1998, avec un score de 18%.

QUELLE EST LA VÉRITABLE INCONNUE DE CETTE ÉLECTION ?

L’avènement de la démocratie multipartite, dans plusieurs pays africains, au début des années 90, avait suscité, pour les catégories en marge de la gestion des affaires de la cité et des prébendes du développement, un espoir de changement ; ils croyaient que leurs suffrages pouvaient être le facteur déterminant de cette quête. Mais, malheureusement, rien n’est allé dans le sens de ces aspirations ô combien légitimes. Ceux-ci ont alors pensé que leurs votes n’étaient pas utilisés, puisqu’ils ne pouvaient faire basculer les choses en leur faveur. Ainsi, cette frange se désintéresse totalement du vote... Quels commentaires ?

Sans vouloir engager de polémique, nous pensons qu’il ne faut pas vivre en homme résigné, défaitiste, qui se voit d’avance vaincu. Voter est un droit civique, et nul, quelle qu’en soit la raison, ne doit renoncer à cet acte ; chaque citoyen a le droit et le devoir de l’exercer. Même défaits, les suffrages exprimés ont une signification... Le gagnant d’une élection est obligé, quelles que soient les circonstances, de tenir compte de ceux qui ne l’ont pas choisi : c’est une question de réalisme politique, qui veut que l’on ajuste son projet de société, son programme de gouvernement, en tenant compte des aspirations des différentes composantes de la société.

BRÈVES DERNIÈRES

La CNE vient de rendre public, mercredi 25 octobre 2005, la validation de deux nouvelles candidatures, après leur rejet, il y a deux semaines, pour dossiers incomplets.

Il s’agit de Messieurs MAROGA Christian Serge et MOUSSAVOU King, tous deux issus de la société civile ; cela porte actuellement le nombre des candidats à l’élection de novembre à cinq ; gageons que cette campagne sera animée.

- CONFÉRENCE DE PRESSE DU MINISTRE DE COMMUNICATION, PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT ET PORTE-PAROLE DU CANDIDAT DE LA MAJORITÉ :

L’actuel ministre de la communication, porte-parole du gouvernement et du candidat de la majorité, a animé, mercredi, une conférence de presse devant les journalistes de la presse nationale et internationale. Dans son propos liminaire, il a tenu à situer le rôle des médias face à l’échéance de novembre 2007, à savoir l’élection présidentielle. Pour, lui, les médias doivent faire preuve de maturité, d’objectivité et de responsabilité... Répondant aux questions des journalistes, relatives à la couverture médiatique des activités des différents candidats à l’élection présidentielle, le ministre a rassuré les uns et les autres sur la volonté du gouvernement d’accorder un traitement équitable à chacun, sous réserve que chaque candidat postulant au fauteuil présidentiel respecte les règles constitutionnelles. A la question d’un journaliste qui remarquait qu’au rythme où vont les choses, la majorité présidentielle risque, en raison des multiples manifestations organisées en sa faveur, d’occuper seule les médias, provoquant ainsi un effet de saturation, le ministre porte-parole du gouvernement a répondu qu’il ne pouvait en être ainsi si chaque candidat de l’opposition ou de la société civile planifiait ses activités et saisissait à temps ses services pour la couverture médiatique.

- DÉCISIONS DU CONSEIL NATIONAL DE LA COMMUNICATION (CNC) RÉGLEMENTANT L’UTILISATION DES MÉDIAS DURANT LA PÉRIODE DE PRÉCAMPAGNE ET PENDANT LA CAMPAGNE :

D’après le CNC, durant la période de pré-campagne, c’est-à-dire jusqu’au 13 novembre, les organes de presse (publics et privés) sont tenus d’être particulièrement rigoureux dans la collecte, la programmation et la diffusion de l’information.

Seront passibles des sanctions prévues en la matière par les textes en vigueur, les organes de presse (publics ou privés) qui, pendant ladite période, diffusent des émissions ou des articles de nature à troubler l’ordre public, à inciter à la haine tribale ou ethnique.

Durant la période de campagne, deux types d’émisions permettront aux candidats de présenter leur projet de société :

a- Les émissions d’expression directe, d’une durée de 20 minutes par candidat, qui se présentent sous forme de déclarations, d’entretiens ou de commentaires.

b- Les émissions de débats, retransmis simultanément, en direct, sur les deux chaînes de radiodiffusion et de télévision d’État.


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