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Gaz : accord précaire entre la Russie et l’Ukraine


h_9_ill_1143911_895126.jpgLe premier ministre russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainienne Ioulia Timochenko ont signé hier après-midi des accords gaziers mettant fin à une crise qui avait éclaté il y a un peu moins d’un mois. Les deux parties ont ainsi trouvé un accord sur les deux différends qui les opposaient, à savoir le prix du mètre cube de gaz pour l’année 2009 et le payement des dettes de Naftogaz, la compagnie gazière ukrainienne. Les pourparlers n’ont pas été faciles a commenté en conférence de presse Ioulia Timochenko, pour qui ces accords constituent un sérieux handicap en vue des élections présidentielles l’année prochaine. Les tarifs préférentiels dont bénéficiaient auparavant l’Ukraine du fait de leur présence dans la CEI ont en effet été fortement remis en question, et seront alignés sur ceux du reste de l’Europe dès l’an prochain. Gazprom a cependant accordé à l’Ukraine une remise de 20% pour l’année 2009, ce qui porte le prix des 1000 mètres cube de gaz à 369$ contre 179,5$ auparavant, soit une inflation des tarifs gaziers de l’ordre de 50%.

En contrepartie, Kiev s’est engagé à rouvrir ses vannes à destination de l’Europe, aussitôt que les livraisons russes seront envoyées dans les gazoducs ukrainiens a assuré Ioulia Timochenko. L’Union Européenne n’en reste pas moins méfiante et a pressé ses observateurs de poursuivre leurs travaux, tant que la reprise des livraisons n’était pas effective. Ces soupçons ne sont en rien futiles puisque un accord permettant la reprise des livraisons vers l’europe avait déjà été signé, avant que l’Ukraine ne revienne dessus et ne décide à nouveau de fermer les vannes.

Cet accord russo-ukrainien n’en reste pas moins précaire puisque ne fournissant pas de résolution durable aux tensions entre les deux voisins. Les tarifs 2009 qu’a imposé Moscou à Kiev vont fortement perturber le système gazier ukrainien, qui imposait aux industriels privés des tarifs largement au-dessus du marché (296$ contre 179,5$), afin de fournir aux particuliers, du gaz à tarif réduit et inférieur à ceux du marché (117$ contre 179,5$). Le gouvernement Ioulia Timochenko risque donc d’être contraint à une brutale augmentation du prix du gaz des particuliers. La perspective des élections présidentielles pourrait cependant amener le gouvernement à subventionner de lui-même une stabilisation des tarifs gaziers, une solution néfaste sur le plan économique mais adroitement menée sur le plan politique.

L’illustration de la dépendance européenne

Pour l’Europe, cette nouvelle crise gazière a ramené à l’ordre du jour la nécessité de diversifier ses fournisseurs afin de réduire sa dépendance vis à vis de la Russie, et ainsi éviter d’être victime des tensions russo-ukrainiennes. La dépendance du vieux continent vis à vis de la Russie (25% de la consommation gazière européenne) est d’autant plus néfaste que la nationalisation de Gazprom entre 2004 et 2006 en fait un potentiel moyen de dissuasion politique pour le Kremlin. Reste que la politique énergétique des 27 reste trop hétérogène pour aboutir sur un projet concret, d’autant plus que l’alternative présumée sécurisée "Nabucco", ce gazoduc reliant la Géorgie, l’Iran et l’Azebaïdjan à l’Allemagne (en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche, la République Tchèque) a été sérieusement mis en cause l’été dernier, en raison de l’offensive militaire russe en Géorgie.

Les Russes, n’entendant pas laisser à l’Europe les moyens de la contourner pour s’approvisionner en gaz s’est lancé dans le projet de construction de deux gazoducs, North Stream et South Stream, qui contournent tous deux les pays de transit susceptibles de perturber les conditions de circulation du gaz, et qui relieraient respectivement l’Italie et l’Allemagne, en passant par les balkans. L’ancien premier ministre allemand Gerhard Schröder a largement impulsé le projet de North Stream, mettant ainsi à mal l’existence de Nabucco. Idem pour Romano Prodi et Silvio Berlusconi, qui semblent privilégier South Stream à Nabucco. Quant à la firme française Gaz de France, qui s’est vu refuser une participation dans Nabucco par les Turcs, elle pourrait elle aussi investir prochainement dans South Stream, faisant ainsi perdurer le monopole russe sur le gaz.

En savoir + : Energie, sommes nous dépendants de la Russie ?

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6 réactions à cet article    


  • Yvance77 21 janvier 2009 12:22

    C’est drole j’ai toujours du mal à croire que c’est un gamin de 13 piges qui écrit, c’est trop parfait. C’est sans méchanceté que cela est dit , cela va de soi.

    Mais bon, hormis cela, rien de nouveau dans ce post on dirait quelques dépêches d’agences de presse juxtaposées.

    A peluche


    • Pierre Pierre 21 janvier 2009 15:43

      @ Yvance77

      J’ai moins de doutes concernant l’age de l’auteur.  Il a réellement 13 ans ou alors en a le niveau.  Je ne trouve pas que c’est parfait, il y a même de grossières erreurs dans son article.

      D’abord, ce n’est pas Kiev qui a ouvert ou fermé le vannes mais Moscou. Ensuite, les clients industriels ukrainiens peuvent payer jusqu’à 400,00 dollars pour le gaz sans trop en souffrir, surtout la sidérurgie.  Pour Nabucco, le problème c’est qu’il n’y a pas de gaz pour le remplir.  Il faudra trouver de nouveaux gisements en Asie centrale vu que Gazprom a acheté presque tout ce qui était disponible au prix du marché ou devenir client de l’Iran.  L’Allemagne est peu concernée par Nabucco. Elle privilégie North Steam et a de bons rapports commerciaux avec la Russie.  Nabucco concerne davantage l’Europe Centrale et du Sud.

      Pour les alternatives au gaz russe, il y a l’Algérie, l’Iran et le Qatar.  Qu’ont ces pays de plus sûr que la Russie. Les gisements norvégiens et néerlandais seront bientôt épuisés. Faut-il se désengager du gaz, la seule énergie fossile propre ?  D’accord pour le renouvelable mais le nucléaire ! ! !

      Dernier point. Sauf erreur de ma part, le jeune auteur ne défend jamais son point de vue dans les forums.  Pourquoi ?


      • Michel Maugis Michel Maugis 25 janvier 2009 22:59

        @ PIERRE

        "Sauf erreur de ma part, le jeune auteur ne défend jamais son point de vue dans les forums. Pourquoi ?"

        bien vu !

        Parcequ´il est trop jeune pour avoir un point de vue, et encore moins pour avoir la capacité de le défendre. Il ne fait que plagier des articles de la presse bourgeoise conservatrice et mensongère.

        Il est bien parti pour être un futur "journaliste" charlatan de notre presse bien pensante et "libre".

        Michel Maugis.


      • fonzibrain fonzibrain 21 janvier 2009 16:19

        agoravox esclavagiste d’enfant savant ,honte à vous


        • wesson wesson 22 janvier 2009 10:19

          Bonjour,
          Dans son exercice de recopiage de dépèche d’agence, l’auteur a oublié de parler de ce qui était probablement le plus important dans cette crise : Le 3ème larron, à savoir RosUkrEnergo. Dans les fait, cette officine Russo-Ukrainienne qui n’a qu’une dizaine d’actionnaires privés est une vrai machine à corruption. Située à Zoug ou l’air est frais, les impôts doux et les gens pas curieux, cette opaque entité avait jusqu’alors le monopole de la revente du gaz à l’ukraine.

          Sauf erreur de ma part, il me semble que M. Poutine et Mme Timotchenko ont décidé de se passer des services obligés de RosUkrEnergo à l’avenir pour toute relation commerciale en NaftoGaz et Gasprom.

          Et là il ne faut pas s’y tromper : Le perdant dans l’histoire est Viktor Ioutchenko, le président Ukrainien, qui est un des principal bénéficiaire des prébendes de RosUkrEnergo, et de l’avantage politique procuré par une énergie pas chère.

          Pis encore pour Mr. Ioutchenko : Son réseau de pipeline avait été construit à l’époque de l’union soviétique - puis nationalisé en 2007 - a besoin d’une sérieuse modernisation. Gazprom avait déjà proposé de racheter ce réseau pour le moderniser, ce que l’ukraine de Ioutchenko avait refusé préférant trouver des investisseurs à l’ouest sans grand succès jusqu’a maintenant. C’est d’ailleurs l’un des volet de l’accord de partenariat stratégique signé récemment entre l’ukraine et les USA.

          Cette crise du gaz a mis en lumière les défaillances du système Ukrainien, tout en soulignant le coté peu fiable de ce pays de transit. ça va être maintenant très compliqué pour trouver du financement pour la rénovation du réseau de distribution d’un pays aussi peu fiable !

          Passons les fadaises sur la "diversification des sources" - les autres pays fournisseurs n’ayant soit presque plus de gaz (norvège), soit sont des pays avec lesquels on évite de traiter (Iran). L’europe sait parfaitement que si elle veut du gaz pour les prochaines années, c’est avec la Russie qu’il faudra négocier. 

          Ce coup géopolitique joué par les Russes est majeur : D’une part Gazprom en termine avec les tarifs des copains, et d’autre part se débarasse d’une pompe à bakchich. Ensuite, les 2 projets de pipeline NorthStream et SouthStream sont dans la pratique confirmé. Et la cerise sur le gateau, c’est un rude coup politique pour Viktor Ioutchenko, dont l’opposition ne manquera pas de dire qu’en ayant refusé hier le gaz à 250$, il doit l’accepter maintenant à 319$.

          Mais pour écrire cela, il aurait fallu à l’auteur faire un peu plus que de recopier le figaro.


          • Pierre Pierre 22 janvier 2009 16:07

            Merci wesson pour ces commentaires éclairés qui nous font découvrir la face cachée du problème.  Si je ne me trompe pas Victor Ianoukovitch est aussi concerné par RosUkrEnergo. D’autre part, les USA ne vont pas facilement lacher le morceau. Il risque d’y avoir encore des frictons Russie / USA dans les années à venir. 
            Bien cordialement.

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AJ


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