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Gbagbo n’est ni Sankara, ni Lumumba et encore moins Mugabe

Insupporter Sarkozy implique-t-il de voir en Laurent Gbagbo un « révolutionnaire progressiste », un « libérateur » de l’Afrique ?

Depuis le début de la crise politique engendrée par l’obstination de Laurent Gbagbo à s’accrocher au pouvoir, certaines voix s’élèvent pour le défendre, non pas tant d’un point de vue formel quant aux résultats réels de l’élection présidentielle, mais parce que Gbagbo serait l’un des derniers ou bien le tout nouveau "résistant" à la domination du monde occidental. Ce sont la plupart du temps des hommes de gauche voire des " révolutionnaires anti-capitalistes " et autres altermondialistes qui montent au créneau pour défendre le présumé "socialiste", avec des arguments qui puisent dans les coups tordus des 50 années de la "Françafrique" ou qui piochent dans l’histoire du continent africain.
Maître Vergès frappe à la tombe du général Bigeard en invoquant Diên Biên Phú. Le Suisse tiers-mondiste Jean Ziegler se joint à un "appel" d’autoproclamés "intellectuels" qui osent la comparaison avec le destin tragique de Patrice Lumumba en 1960, comparant même les forces de l’Ecomog aux tirailleurs sénégalais de l’époque coloniale.
Le Sénégalais Amath Dansokho, leader du Parti de l’Indépendance et du travail (PIT) invoque lui les immenses richesses minières de l’Afrique et estime que « c’est là qu’il faut rechercher les causes des guerres ».

La détestation du fait colonial et les cris de révolte naturels qu’engendrent les coups tordus du néocolonialisme font-ils de Gbagbo un leader "progressiste" comme le furent des Lumumba ou des Sankara ?
Honnir le sarkozisme et Sarkozy lui-même n’implique pas de détester le vélo parce que Sarkozy aime enfourcher sa bicyclette de temps à autres.

Hélas, mille fois hélas, Gbagbo n’est ni Sankara, ni Lumumba et encore moins Mugabe ! Et il y a fort à parier que les révolutionnaires des années 60, panafricanistes dans l’âme, auraient vomi le Gbagbo ultranationaliste des années 2000, un Gbagbo qui a usé, abusé et exacerbé la xénophobie malheureusement solidement incrustée dans l’esprit de beaucoup.
Sur le fond comme sur la forme, Gbagbo n’est en rien révolutionnaire et encore moins l’un des derniers remparts contre la voracité du capitalisme.

Sur la forme d’abord. Et en premier lieu, sur ses prestations électorales. Amath Dansokho tient pour argument que « Laurent Gbagbo avait été élu en 2000 et reconnu par la communauté internationale. Jusqu’au coup d’État manqué de 2002, fomenté par des officiers travaillant pour Ouattara, qui n’en était pas à son premier coup. » « Tout cela, on l’oublie  », ajoute ce monsieur au demeurant très respectable comme le sont Vergès, Ziegler et d’autres.
Gbagbo n’a jamais été élu président de la République, ou du moins n’a jamais été élu à l’occasion d’une élection normale, et monsieur Dansokho le sait bien, lui qui n’a jamais cessé de se battre pour la transparence et la régularité des élections dans son pays le Sénégal. Les défenseurs de Gbagbo d’aujourd’hui oublient eux aussi bien vite dans quelles conditions, à la fois scandaleuses, puis ignobles, Gbagbo a gravi les marches du palais présidentiel en octobre 2000. Un petit rappel bien nécessaire s’impose.

Quand Houphouët-Boigny décède en 1993, personne n’a jamais remis en cause la nationalité d’Alassane Ouattara, et personne n’a jamais évoqué le fumeux concept d’Ivoirité. Le problème électoral dénoncé par Gbagbo sous le régime d’Houphouët était celui du vote des étrangers. C’est Henri Konan Bédié qui mit ce concept d’Ivoirité sur la table pour une simple et unique raison : sa faiblesse électorale à venir.
La Côte d’Ivoire n’échappe pas à la règle qui prévaut quasiment dans toute l’Afrique, règle qui veut que les populations ne votent pas sur un programme mais pour un leader, et en premier lieu parce que ce leader est le représentant d’une ethnie ou d’une région, voire d’une religion. Les Fons du Bénin ont toujours voté les yeux fermés et voteront toujours même la tête recouverte d’un sac en toile de jute pour Nicéphore Soglo ; les côtiers et autres Ewe du Togo ont toujours voté les yeux bandés pour Gilchrist Olympio ; Savimbi et l’UNITA angolaise ont forgé leur base au sein des populations Ovimbundu. Point barre.
Et quand l’importance de l’ethnie est réduite comme au Sénégal, alors c’est la caste ou la confrérie religieuse qui prend le dessus. Qui n’a pas l’onction de l’une ou l’autre des deux grandes confréries religieuses, Mourides ou Tidjane, peut rester chez lui le jour d’un scrutin. Qu’a fait Abdoulaye dès le lendemain de sa première élection à la présidence en l’an 2000 ? Il a foncé à Touba, siège de la confrérie Mouride, pour y préparer les législatives à venir.
Et si d’aucuns contestent cette analyse, qu’ils aillent assister à une campagne électorale à Conakry, où la division ethnique des quartiers de la capitale de Guinée entre Peuls, Susu et Malinkés offrent de visu ce qui sortira des urnes à chaque élection.
Les rares exceptions - il y en a - ont lieu quand le phénomène de rejet du président sortant est plus fort que le lien créé par l’appartenance ethnique. Ainsi, l’opposant John Fru Ndi au Cameroun, quand il créa son parti le Social Democratic Front (SDF) en 1990, eut le privilège d’élargir sa base électorale bien au-delà de sa région d’origine (l’Ouest anglophone en l’occurrence pour Fru Ndi), tant le rejet de Paul Biya, un francophone, était fort dans ce pays.
Pour le reste, il suffit de connaître les statistiques sur les composantes ethniques d’un pays pour connaître les grandes tendances des résultats qui sortiront des urnes.

Aussi, quand Bédié va devoir passer par le suffrage universel en 1995 pour légitimer son pouvoir, il a toutes les raisons du monde d’être inquiet : Alassane Ouattara, qui a créé son parti le Rassemblement des Républicains (RDR), a toutes les chances de remporter la présidentielle à venir, son électorat potentiel étant essentiellement composé des populations issues du Nord de la Côte d’Ivoire et à majorité musulmane. Et ces populations sont - qu’on le veuille ou non - majoritaires dans le pays.
Des statistiques des années 95-98 estimaient les populations Akan (supposé favorable à Bédié) à 42,1 %, les Krou (avec entre autres les Bété, l’ethnie de Gbagbo) à 12,7 %, les Mandé du Nord (supposé pro-Ouattara) à 16,5 %, les Voltaïques (aussi supposés pro-Ouattara) à 17,6 %, et les Dan du Sud (proches du Liberia) à 10 %. Une calculette en main, Ouattara pouvait espérer rafler près de 45 % de l’électorat en incluant les naturalisés qui totalisait à l’époque environ 85 000 personnes.
D’autres statistiques faisaient état de la prédominance des Musulmans avec environ 38 %, suivis des chrétiens (32 %) et des animistes (12 %).

Le concept d’Ivoirité créé par Bédié n’avait qu’une visée électorale : écarter Ouattara de toute compétition et entraîner dans la foulée l’abstinence forcée de son électorat. Le résultat de cette politique est connu : boycott de la présidentielle de 1995 par le Front républicain dans lequel se battaient côte à côte le RDR de Ouattara et le FPI (Front populaire ivoirien) de Gbagbo. Puis le coup d’Etat de Noël 1999 qui aurait pu ou qui aurait dû replacer Ouattara dans le jeu électoral. Il n’en fut rien. L’apprenti putschiste que fut le général Gueï a cru un temps lui aussi en son "destin national" et, de concert avec Gbagbo, il fit voter une réforme constitutionnelle en juillet 2000 qui écartait de nouveau Ouattara de toute élection.
Ce denier a pourtant appelé à voter "oui" à ce référendum constitutionnel, nous dira-t-on ! Oui, et c’est là sans doute une faute majeure qu’il a commise, croyant que l’article 35 du projet de constitution imposant à tout candidat d’être né de père "ou" de mère ivoirienne ne s’appliquerait pas à sa personne, étant persuadé que la justice reconnaîtrait in fine sa nationalité d’Ivoirien.
Mieux encore, car on oublie aussi un peu vite la grosse entourloupe commise par le général Gueï, qui modifia le 17 juillet et par décret cet article 35, alors que la campagne électorale pour ce référendum était déjà lancée. Gueï prit sa plume ce jour-là pour tout simplement rayer le "ou" et le remplacer par un "et", histoire de mettre quelques bâtons supplémentaires dans les roues de Ouattara.
Gbagbo le "légaliste pointilleux" d’aujourd’hui ne pipa mot, guère scandalisé de voir un projet constitutionnel modifié à la va-vite par le stylo présidentiel, alors que la campagne électorale était déjà lancée et que les leaders politiques s’étaient déjà prononcés pour un projet qui fut modifié en cours de route. Le droit, rien que le droit répète aujourd’hui à l’envi Laurent Gbagbo qui s’accommoda fort bien en ce mois de juillet 2000 d’un droit allégrement bafoué. On ne peut pas être légaliste tout le temps.

Et puisque l’objet de cet article porte sur les convictions de Gbagbo, rappelons aussi qu’à l’époque des voix - réellement internationalistes et de gauche - s’élevaient contre cette réforme constitutionnelle.
En juillet 2000, quand Gbagbo, "l’homme de gauche", n’avait rien à redire sur cette réforme constitutionnelle xénophobe, d’autres s’indignaient comme le professeur Samba Diarra, auteur des "Faux complots d'Houphouët-Boigny", qui écrivit, dans le quotidien Le Jour, que d’avoir remplacé le "ou" par le "et", maudite conjonction de coordination, « constitutionnalise l'exclusion de millions de métis ivoiro-étrangers que compte la population ivoirienne, en ces temps d'union africaine et de mondialisation  ».
D’autres voix s’élevèrent comme ce collectif d'ONG opposées à l'exclusion - "Tous ivoiriens", "Génération" et "SOS exclusion" - qui estimèrent qu'avec ce projet de constitution « les Ivoiriens ne sont plus égaux, des millions d'entre eux seront désormais considérés comme des sous-citoyens, exactement comme l'étaient les noirs face aux blancs sous le régime d'apartheid de l'Afrique du Sud  ».
Une autre organisation dénommée "Sang pour sang" qui regroupait des métis de Côte d'Ivoire appela à voter non, estimant que « dire non à ce texte c'est dire oui à l'égalité des droits et devoirs pour tous les Ivoiriens  ». Ces Ong révoltées par ce concept d’Ivoirité étaient-elles les suppôts du capitalisme ? La cinquième colonne de la Françafrique ? Permettez d’en douter.

Un autre rappel s’impose. En ce mois de juillet 2000, quand on entérinait par référendum constitutionnel la ségrégation ethnique dans son pays, où était-il passé le Gbagbo qui, le 11 décembre 1994 précisément, déclarait à propos de Ouattara que « Cet homme est donc né de père et de mère ivoiriens. » ? 
En ce dimanche de décembre 1994 et pour la première fois depuis l'avènement du multipartisme en Côte d'Ivoire en 1990, l'ensemble des leaders de l'opposition se retrouvaient côte à côte à la tribune du stade Champroux à Abidjan lors d’un meeting devant dix mille personnes. A la tribune, Bamba Moriféré, président de l'Union des Forces démocratiques (UFD), Djény Kobina du Rassemblement des Républicains (RDR) et un certain Laurent Gbagbo, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI).
Un Gbagbo qui clama à la foule : « S'ils ne veulent pas tricher, pourquoi ont-ils peur d'une commission électorale indépendante ? (…) Si c'est ADO qu'ils visent, ils se trompent car l'histoire viendra au secours du droit. »
Un Gbagbo précis comme un clerc de notaire qui lança à la foule : « ADO est né en 1942 à Dimbokro. Sa mère vient d'Odienné, en Côte d'Ivoire et son père est né dans la région de Banfora (au sud de l'actuel Burkina Faso). Mais, à ce que je sache, jusqu'en 1960, la Côte d'Ivoire partait d'Abidjan jusqu'à Ouagadougou. Cet homme est donc né de père et de mère ivoiriens.  »
Bamba Moriféré, qui applaudissait des deux mains ce jour-là à la tribune, homme de gauche s’il en est et qu’Amath Dansokho doit bien connaître, était-il lui aussi déjà une marionnette de la Françafrique ?

Au lendemain des résultats de ce référendum constitutionnel de juillet 2000 (86,53 % de "oui"), le quotidien Notre Voie, l’organe du FPI de Laurent Gbagbo, titra en Une : « Oui massif pour la 2ème République. Les Ivoiriens désavouent Dramane Ouattara. » On ne pouvait être plus clair quant à la finalité de cet amendement constitutionnel qui ne visait qu’une seule personne, en l’occurrence Ouattara et lui seul.
A l’inverse, le journal Le Patriote, proche d’ADO, titra : « Fin de course pour Dramane. A présent le RDR peut faire son deuil de l'ambition présidentielle. »

C’est en ce mois de juillet 2000 que Gbagbo a enfourché le cheval de l’Ivoirité, et sans aucun scrupule, uniquement pour arriver au pouvoir, appliquant à la lettre la méthode Bédié de 1995. Ouattara, futur écarté de l’élection présidentielle à venir, Bédié l’était déjà, la junte ayant lancé contre lui un mandat d'arrêt international pour "détournement de fonds publics".

La suite, on la connaît. Octobre 2000, se tient donc une élection présidentielle avec seulement deux candidats car l’on n’oserait faire injure à Francis Wodié, Théodore Mel Eg et Nicolas Dioulo, en faisant mine de croire qu’ils prirent au sérieux leur candidature. Gueï contre Gbagbo, rien d’autres. Que monsieur Dansokho nous dise ce qu’il penserait d’une élection présidentielle au Sénégal où ne seraient en lice qu’Abdoulaye Wade et Idrissa Seck ?
Avant le scrutin, Gbagbo avait prévenu : « Je ne suis pas candidat au poste de Premier ministre. Je suis candidat au poste de président de la République. »
Il avait aussi tenu à préciser en quoi il était "socialiste" : A la veille du scrutin du 22 octobre, il déclara : « Au FPI, nous avons estimé que le poste de président de la République n'est pas un poste pour des retraités hauts fonctionnaires d'autres pays ... Ce n'est pas une prise de position contre un musulman, contre un homme du nord. Les socialistes ne sont pas laxistes, ils sont aussi patriotes. »
Le socialisme se résumant pour Gbagbo au patriotisme, la chasse aux Mossis put donc passer pour un acte d’engagement politique …
Après la mobilisation populaire lancée par le FPI de Gbagbo pour empêcher Robert Gueï de se proclamer vainqueur de cette présidentielle, Ouattara décida le 25 octobre de lancer lui aussi ses partisans dans la rue pour réclamer un nouveau scrutin. L'affaire tourna vite à l'affrontement, à une guerre inter ethnique avec des relents religieux, plusieurs mosquées étant la cible d'attaques.
« Qu'un sang impur abreuve nos sillons  » semblait donc être le mot d’ordre des nervis lancés dans la rue par le FPI pour asseoir Gbagbo au pouvoir. Dans les rues d’Abidjan, ce n’est pas l’Internationale que l’on chantait mais « Alassane, Burkinabé, va dans ton pays  » ou encore : « Burkinabé, on veut pas !  ». Rien d’étonnant. Avant le scrutin et après le référendum, un éditorialiste de Notre Voie, le quotidien du FPI, avait appelé à « faire rendre gorge à ce dangereux faussaire » de Ouattara.
Les massacres commis lors de ces maudites journées d’octobre 2000 ne furent pas le fait de tirailleurs sénégalais ni de la bande de débiles du général Bigeard mais ils furent commis bel et bien par des gendarmes ou des jeunes "patriotes" qui ne faisaient qu’exécuter une ligne politique prônée au sommet.

Gbagbo "élu" ? Gbagbo "majoritaire" dans cette Côte d’Ivoire d’octobre 2000 ? Encore un autre rappel s’impose pour les historiens d’aujourd’hui. Les résultats du scrutin furent à l’image de cette parodie d’élection.
Laurent Gbagbo a été proclamé président de la République ivoirienne le 26 octobre par le président de la chambre constitutionnelle de la cour suprême, Tia Koné, un Tia Koné qui validait les résultats publiés par la Commission nationale électorale (CNE). Selon ces résultats, Gbagbo obtint 59,36 % des suffrages au premier tour (1.065.597 voix), contre 32,72 % au général Gueï (587.267 voix). Rien à redire. Sauf que les "majoritaries" furent en fait les abstentionnistes.
La participation ne fut que de 37,42 %, avec 2.049.018 votants sur 5.475.143 inscrits. 254.013 bulletins nuls furent comptabilisés. 63 % d’abstention !
Qui pourrait aujourd’hui admettre avec sincérité que la présidentielle de l’an 2000 qui a porté au pouvoir Laurent Gbagbo fut une élection légitime, "ouverte" et démocratique ?
Laurent Gbagbo peut se targuer d’avoir été "élu" avec 59,36 % des suffrages exprimés, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur 5.475.143 d’électeurs inscrits, il n’a obtenu que 1.065.597 voix. A peine 20 % des électeurs inscrits !
Gbagbo, "président légitime" comme aimaient à le rappeler certains, ou Gbagbo "président gagne-petit" ?

Mal élu, Laurent Gbagbo aurait pu profiter de son mandat pour réconcilier les Ivoiriens en pratiquant une franche politique d’ouverture et en associant réellement les frères ennemis du passé à la gestion du pays. Il s’est plutôt acharné dès les premiers mois de son régime à tenter d’enraciner définitivement l’exclusion d’Alassane Ouattara de la vie politique ivoirienne et de réduire à la portion congrue l’électorat potentiel de l’ancien Premier ministre.
La suite, on la connaît aussi. Des législatives de décembre 2000 tronquées, avec une nouvelle fois Ouattara sur la touche, des régionales perdues par le FPI en 2002. Le RDR obtint 27 % des suffrages et se positionna comme le premier parti politique du pays devant le FPI (22 %), et le PDCI (21,31 %).
Mais ces élections donnèrent toute la mesure de ce que peut être le discours d’un "socialiste" en campagne électorale du côté d’Abidjan où l’on a pu entendre le Premier ministre de Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, déclarer : « On évoque des questions de certificat de nationalité. Si vraiment ce sont des problèmes de papiers qui préoccupent certains partis politiques, qu'ils laissent tomber la politique pour créer une ONG de défense des sans papiers, un Rassemblement des sans papiers.  » Un discours "fort", avec des arguments électoraux bouleversants à n’en point douter.

La suite et la fin, ce furent la tentative de coup d’Etat de septembre 2002. Et ce coup de force métrite lui aussi que l’on s’y attarde. Dans nombre d’argumentaires avancés aujourd’hui pour soutenir Laurent Gbagbo, on peut entendre que ce coup fut monté par la France de Jacques Chirac pour installer Ouattara au pouvoir. 2010 ne serait qu’un bis repetita de 2002.


Permettez encore une fois d’en douter. Quand les rebelles du MPCI de Guillaume Soro se sont emparés des préfectures et autres sous-préfectures du Nord de la Côte d’Ivoire en septembre 2002, ils y ont découvert des milliers de papiers d’identité qui pourrissaient dans des cartons car jamais distribués aux intéressés. Qui étaient les heureux bénéficiaires de ces papiers retenus en préfectures ? Des Koné, des Coulibaly, avec ou sans "y" à la fin, avec ou sans "k" au début, des Bamba, des Moussa, tous des supposés pro-Ouattara, car l’exclusion du leader entraîna aussi celle de ses supporters. Des centaines de milliers d’Ivoiriens n’étaient plus rien grâce à ce fumeux concept d’Ivoirité applaudi des deux mains par Gbagbo. Plus rien. Sans nationalité et donc sans droit. Pas seulement sans le droit de la voter, sans "droits" tout court. Nous avions rencontré à l’époque un conseiller diplomatique du président du Toumani Touré du Mali, dont l’épouse était Ivoirienne, et par malchance originaire de la ville d’Odiénné. Sans avoir pu faire renouveler ses papiers d’identité, cette femme ne pouvait même plus faire valoir ses simples droits de propriétés en Côte d’Ivoire. L’exclusion, c’était aussi cela. Des milliers de personnes, originaires du Nord de la Côte d’Ivoire ou dont les parents ou grands-parents étaient orginaires des pays limitrophes comme le Mali ou le Burkina Faso, se sont ainsi retrouvés apatrides sans le vouloir. Aussi, ne fallait-il pas s’étonner de voir la formidable symbiose qui prévalait à l’époque entre les rebelles en armes et les populations du Nord de la Côte d’Ivoire. Pas un moustique qui ne soutienne la rébellion, même si cela déplaît à certains. Les motivations des milliers de manifestants dans les rues de Korhogo ou de Bouaké à l’époque étaient à mille lieux de celles supposées de la Françafrique. Ces gens qui soutenaient la rébellion retrouvaient tout simplement leur dignité et leurs sourires retrouvés qui illuminaient leurs visages n’étaient pas motivés par des futurs contrats juteux qu’auraient ourdis à leur insu les mafieux de la Françafrique. Les rebelles du MPCI leur permettaient de ne plus se sentir à l’écart dans un pays où ils vivaient, où ils travaillaient et où ils mourraient sans doute, mais un pays dans lequel ils n’avaient mot à dire dès qu’il s’agissait de politique. En sillonnant le Nord de la Côte d’Ivoire à cette époque, on ne pouvait que s’émouvoir à la vue de ces hommes et de ces femmes redressés parce qu’enfin reconnus comme citoyens à part entière.
Ne pas prendre en compte cet aspect primordial qui a permis à la rébellion de tenir aussi longtemps, et vouloir faire croire que les rebelles du MPCI de Soro furent manipulés par les réseaux chiraquiens pour installer Ouattara au pouvoir est pour le moins réducteur, si ce n’est à mille lieux de la réalité. Quand les vieux des villages du côté de Korhogo ou Ferkessedougou accompagnaient leurs fils qui s’en allaient au combat en montant dans les "bâchés" siglés MPCI pour aller pour défendre Bouaké ou Man, ce n’étaient sûrement pas pour faire plaisir à Martin Bouygues.

Il aura fallu cette guerre, puis dix ans de tractations de réunions, de concertations, de pressions et de médiations pour qu’enfin Gbagbo accepte que Ouattara puisse se présenter aux élections, et dix ans pour qu’une grande partie de la population retrouve ses droits en obtenant des papiers d’identité et une carte d’électeurs.
L’Ivoirité a commencé en 1994 et s’est achevée en 2010. Elle a débuté parce que, arithmétiquement parlant, tout un chacun savait que Ouattara avait toutes les chances d’être président, et elle s’est achevée en 2010 parce que l’arithmétique a démontré à Guy Labertit, l’ancien monsieur Afrique du parti socialiste français, soutien inconditionnel de Laurent Gbagbo, que 2+2 font 4.
Rien de moins, rien de plus.
C’est peut-être regrettable au regard des débats d’idées, navrant pour qui aime les conflits idéologiques, mais c’est ainsi. Et pour ceux qui estimeraient qu’un tel vote, fortement guidé par l’appartenance ethnique ou régionale est détestable, voici quelques extraits de la haute pensée révolutionnaire du camarade socialiste Laurent Gbagbo. Ecartez Sankara, car il pourrait s’agiter dans sa sépulture.

Voici quelques extraits de discours du "révolutionnaire", du "progressiste", du "socialiste" …

Quand c’est Dieu qui décide, alors rien à redire. Discours de Gbagbo au peuple de l’Agneby, lors de la commémoration la troisième année de conflit, le dimanche 02 octobre 2005 :
« Comme ils voient que l’enfant du village voisin a gagné, ils prennent les fusils pour lui faire la guerre. Le fusil ne fait pas partie de la règle du jeu. J’ai dit à un ami d’ADO de dire à ce dernier de venir me remercier parce que sous Bédié, Ouattara était pourchassé pour faux et usage de faux. Il y avait un mandat d’arrêt international contre lui. Et sous Gueï Robert, il lui était interdit de sortir de la Côte d’Ivoire. Je lui ai donné la liberté de voyager, la nationalité et même l’éligibilité. Et au lieu de me remercier, il m’attaque. C’est pourquoi, il ne gagnera jamais. Parce que c’est injuste, or Dieu n’aime pas cela. »

Toujours le même jour, mais un peu trop "matérialiste dialectique" à notre goût :
« Nous sommes 17 millions d’habitants. Si c’est moi qui suis Président de la République, cela veut dire quelque chose spirituellement. Il faut se mettre à la hauteur de ce choix spirituel et laisser des traces que le Plus Haut attend de moi. C’est parce que ces traces sont importantes que le diable se débat, comme il le fait actuellement. Mais nous nous battrons et nous gagnerons parce que nous avons raison.  »

Discours de Gbagbo face aux populations du V Baoulé, le vendredi 26 août 2005. Là, c’est un Gbagbo à deux doigt du trotskisme qui parle :
« Je ne suis pas de ceux qui veulent gouverner des cimetières. Je veux gouverner des hommes, donc, il faut que les hommes vivent.
Et puis, je suis un croyant. Quant tu regardes dans la Bible, Jésus est allé au cimetière deux fois. Une fois, pour ressusciter Lazare et une autre fois pour être lui-même enterré et ressuscité. Il a toujours été pour la vie. Quand tu regardes tous les miracles de Jésus, c’est pour rendre la santé aux gens et leur donner à manger. La politique pour moi doit consister à donner la santé et la nourriture aux gens.  »

Le même jour, à propos des rebelles et de leur supposé mentor, Ouattara :
« Vous enterrez des bœufs, depuis trois ans contre quelqu’un. Mais tous les matins, ce dernier se réveille en pleine forme. Comprenez que le Dieu qu’il prie tous les matins et soirs avant de dormir est plus fort que vous, que ce Dieu n’est pas dans vos affaires de sacrifices.  »

Et encore le même jour. Comment développer une région ? Tout simple, il suffit d’appeler Israël à la rescousse … :
« Comment a-t-on pu laisser des régions du centre et du Nord sans développement agricole ? J’ai déjà contacté des Israéliens. Je vais développer le Centre et le Nord du pays. Je vous donne ce pari. Je vous donne ce rendez-vous. C’est pourquoi j’en appelle à la paix et à la réconciliation.
Allons à la paix.
Je vous remercie.
Que Dieu vous bénisse !  »

Une réflexion de Gbagbo sur les rapports entre monarchie et démocratie. Sankara en aurait été jaloux, lui qui n’avait de cesse de dénoncer et de vouloir lutter contre « les forces rétrogrades qui tirent leur puissance des structures traditionnelles de type féodal de notre société ».
Pour Gbagbo, cela donne ceci, à l’occasion du 15ème anniversaire de l’intronisation du Roi de Moossou, Nanan Assoumou Kanga, le 06 mai 2006, à Grand-Bassam :
« En théorie, entre la Monarchie et la République, il existe des contradictions. Mais en pratique, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, il n’existe pas de contradiction. C’est pourquoi aucun Président de la République, depuis Houphouët Boigny jusqu’à Laurent Gbagbo, n’a pensé à casser ces monarchies, puisqu’elles n’ont jamais gêné la République. Je voulais le dire haut et fort qu’en Côte d’Ivoire il n’y a pas de contradiction entre les Monarchies et la République. »

Ou encore, histoire de préciser sa pensée révolutionnaire :
« Je vais faire une petite réflexion sur la notion du Pouvoir parce qu’il y en a qui n’ont pas compris grand-chose en Côte d’Ivoire. Moi, j’ai souvent observé et étudié les monarchies en Afrique.
En Afrique la personne qu’un monarque place à ses côtés, c’est quelqu’un qui ne peut pas être roi. C’est quelqu’un qui ne peut donc pas faire un coup d’Etat parce que lui-même, dans son essence, ne peut pas être roi. »
Une très fine allusion au fait qu’Houphouët-Boigny avait pris Ouattara comme Premier ministre. Trop profond Gbagbo pour l’édification des masses ! Un Gbagbo qui conclut ce jour-là magistralement :
« Les gens ne savent pas que c’est Dieu qui donne le pouvoir. C’est la règle constitutionnelle de la monarchie Abouré qui a permis à Nanan Kanga Assoumou d’être le roi du peuple Ehê de Moossou, du point de vue de la famille de sa mère. Mais Il est venu, il est assis là. Si on ne veut pas respecter les lois qu’on se donne soi-même, on sort en ridicule.  »

Avec Gbagbo, la politique, c’est tout simple. Au 19ème jour de l’insurrection, alors qu’il pense que son armée va reprendre la ville de Bouaké aux mains des rebelles, le mardi 8 octobre 2002, il s’adresse à la Nation. Une analyse magistrale de la crise, à faire rougir de honte Lumumba :
« Que le Dieu tout-puissant qui nous a créés et qui a mis chacun à sa place. Que le Dieu tout-puissant qui fait la paix, qui fait aussi la guerre, que le Dieu tout-puissant qui sait tout ce qui s’est passé et tout ce qui arrive, qu’il bénisse la Côte d’Ivoire et qu’il nous libère des méchants.  » Ah, si seulement Lumumba avait pensé à invoquer Dieu en janvier 1961 pour vaincre les "méchants".

Toutefois, quand il y va de son intérêt, Gbagbo se souvient que "socialisme" peut parfois rimer avec "internationalisme" », comme dans son discours au peuple de l’Agneby après trois ans de conflit, le dimanche 2 octobre 2005 :
« Nous travaillons pour la Côte d’Ivoire, mais au-delà de notre pays, nous travaillons pour toute l’Afrique. C’est pourquoi je vous appelle à rester dignes de l’Afrique et à rester debout. C’est pourquoi j’appelle aussi tous les dirigeants de l’Afrique libre, démocrate et progressiste à se dresser et à prendre position pour la Côte d’Ivoire. Le Seigneur a commencé son œuvre. Lentement mais sûrement, nous avançons.  »

Laissons Dieu à ses affaires et plongeons-nous dans le vaste programme du camarde Gbagbo en ce qui concerne l’émancipation féminine. Là, il vaut mieux éloigner les petites filles !
« Femmes, ne soyez pas paresseuses ! Je parle aux femmes, d’abord, parce qu’elles ont demandé à venir me voir et ensuite, parce que je sais que dans un endroit, quand les femmes sont courageuses, les choses marchent.
Dans un foyer, il se peut que l’homme soit paresseux. Mais, si la femme se bat, les enfants réussiront.
Moi, mon papa m’a dit ce que je devais devenir. Mais, c’est ma mère qui, chaque jour, allait au champ, cassait le bois… pour avoir un peu d’argent.
Il faut travailler. Quand vous avez des enfants, vous avez un devoir vis-à-vis d’eux. Et votre devoir, c’est leur réussite. Tant qu’ils n’ont pas réussi, c’est vous qui avez échoué.
Un enfant délinquant qu’on arrête, c’est l’échec de la famille. Donc, c’est l’échec de la femme. Faites en sorte que vos enfants aient le minimum. Même si vous n’êtes pas riches, au moins, ils peuvent courir pour venir à la maison, manger un morceau de pain, un peu d’attiéké, boire un peu d’eau.  » (Extrait de son discours prononcé le 29 mars 2007 devant les femmes Sakassou en pays Baoulé)

Sankara, lui, pensait ainsi : « Femme-source de vie mais femme-objet. Mère mais servile domestique. Femme-nourricière mais femme-alibi. Taillable aux champs et corvéable au ménage, cependant figurante sans visage et sans voix. Femme-charnière, femme-confluent mais femme en chaînes, femme-ombre à l’ombre masculine.
Pilier du bien-être familial, elle est accoucheuse, laveuse, balayeuse, cuisinière, messagère, matrone, cultivatrice, guérisseuse, maraîchère, pileuse, vendeuse, ouvrière. Elle est une force de travail à l’outil désuet, cumulant des centaines de milliers d’heures pour des rendements désespérants.  »
Il ajoutait même : « Rouées et brimées, les femmes, nos soeurs et nos épouses, paient pour avoir donné la vie. Socialement reléguées au troisième rang, après l’homme et l’enfant, elles paient pour entretenir la vie. Ici aussi, un Tiers Monde est arbitrairement arrêté pour dominer, pour exploiter.  »
(Extrait d’un discours prononcé par Sankara le 8 mars 1987, intitulé « La libération de la femme : une exigence du futur  », prononcé à l’occasion de la Journée de la femme)

Un Sankara, qui ne croyait pas forcément aux vertus du « si la femme se bat, les enfants réussiront » de Gbagbo et qui ajoutait même : « Dominée et transférée d’une tutelle protectrice exploiteuse à une tutelle dominatrice et davantage exploiteuse, première à la tâche et dernière au repos, première au puits et au bois, au feu du foyer mais dernière à étancher ses soifs, autorisée à manger que seulement quand il en reste ; et après l’homme, clé de voûte de la famille, tenant sur ses épaules, dans ses mains et par son ventre cette famille et la société, la femme est payée en retour d’idéologie nataliste oppressive, de tabous et d’interdits alimentaires, de surcroît de travail, de malnutrition, de grossesses dangereuses, de dépersonnalisation et d’innombrables autres maux qui font de la mortalité maternelle une des tares les plus intolérables, les plus indicibles, les plus honteuses de notre société. (…)
Scolarisées deux fois moins que les hommes, analphabètes à 99 pour cent, peu formées aux métiers, discriminées dans l’emploi, limitées aux fonctions subalternes, harcelées et congédiées les premières, les femmes, sous les poids de cent traditions et de mille excuses ont continué de relever les défis successifs. Elles devaient rester actives, coûte que coûte, pour les enfants, pour la famille et pour la société. Au travers de mille nuits sans aurores.  »

Faignante la femme ivoirienne ? Peut-être et même parfois frivole car non mariée. Inadmissible pour le "progressiste" Gbagbo. Là, n’écartez personne mais accrochez-vous car c’est du sévère, ça touche aux fondamentaux de toute société :
« Mesdames, chères amies, ne mentez pas. Ne mentez pas à vos supérieurs. Cela va vous coûter cher quelquefois. Mais, si vous voulez que la Côte d’Ivoire soit debout, ne mentez, ni sur les chiffres, ni sur la situation des individus. Si on vous demande par exemple la situation matrimoniale d’une femme que vous proposez à une promotion, et que vous dites qu’elle est mariée alors qu’elle est célibataire, vous allez pousser le Président à prendre une fausse décision. Parce qu’il y a, certes, des postes pour lesquels il a besoin de femmes célibataires. Mais il y a des postes pour lesquels il a nécessairement besoin de femmes mariées. Quand les autres Etats me soumettent une proposition d’Ambassadeur à accréditer auprès de la Côte d’Ivoire, la première question que je pose, est celle de savoir s’il est marié ou pas. Il n’y a rien de plus neutre qu’un Curriculum Vitae. Donc, il faut chercher au-delà des CV. Si on me dit que la personne à accréditer est célibataire, je dis au Ministre des Affaires Etrangères que je n’en veux pas. C’est un des critères importants sur lesquels je m’appuie. Il faut être socialement intégré pour représenter un pays. Il faut être socialement accompli, assis. Mais, si on me ment sur cela, je vais prendre une décision qui n’est pas conforme avec ma manière de voir le poste d’Ambassadeur. Parce que je n’ai pas les moyens de vérifier. C’est cela, l’Administration. »
(Discours de Gbagbo a l’occasion de l’investiture officielle du Bureau exécutif national du Réseau ivoirien des femmes administrateurs (Rifemad), le 2 juin 2008)

Et qu’en pensait Sankara de ces femmes de peu de vertu qui ne voient pas dans le mariage le nec plus ultra de la réussite sociale ? Ceci :
« Rien d’étonnant alors que, dans sa phase conquérante, le capitalisme, pour lequel les êtres humains n’étaient que des chiffres, ait été le système économique qui a exploité la femme avec le plus de cynisme et le plus de raffinement. C’était le cas, rapporte-t-on, chez ce fabricant de l’époque, qui n’employait que des femmes à ses métiers à tisser mécaniques. Il donnait la préférence aux femmes mariées et parmi elles, à celles qui avaient à la maison de la famille à entretenir, parce qu’elles montraient beaucoup plus d’attention et de docilité que les célibataires. Elles travaillaient jusqu’à l’épuisement de leurs forces pour procurer aux leurs les moyen subsistance indispensables.
C’est ainsi que les qualités propres de la femme sont faussées à son détriment, et tous les éléments moraux et délicats de sa nature deviennent des moyens de l’asservir. Sa tendresse, l’amour de la famille, la méticulosité qu’elle apporte à son oeuvre sont utilisés contre elle, tout en se parant contre les défauts qu’elle peut avoir. »

Et Sankara osait même ajouter à propos des femmes libres :
« Non ! il nous faut redire à nos soeurs que le mariage, s’il n’apporte rien à la société et s’il ne les rend pas heureuses, n’est pas indispensable, et doit même être évité. Au contraire, montrons-leur chaque jour les exemples de pionnières hardies et intrépides qui dans leur célibat, avec ou sans enfants, sont épanouies et radieuses pour elles, débordantes de richesses et de disponibilité pour les autres. Elles sont même enviées par les mariées malheureuses pour les sympathies qu’elles soulèvent, le bonheur qu’elles tirent de leur liberté, de leur dignité et de leur serviabilité.
Les femmes ont suffisamment fait la preuve de leurs capacités à entretenir une famille, à élever des enfants, à être en un mot responsables sans l’assujettissement tutélaire d’un homme. La société a suffisamment évolué pour que cesse le bannissement injuste de la femme sans mari. Révolutionnaires, nous devons faire en sorte que le mariage soit un choix valorisant et non pas cette loterie où l’on sait ce que l’on dépense au départ mais rien de ce que l’on va gagner. Les sentiments sont trop nobles pour tomber sous le coup du ludisme. »

Gbagbo, un frein à la voracité du capitalisme ?

Gbagbo progressiste à tout crin comme on vient de le voir, ne serait-il pas aussi tant décrié par l’Occident parce qu’il veut faire bouger les lignes de la mondialisation, résister à la pieuvre capitaliste occidentale ? C’est du moins ce que pensent certains. D’autres, les Bouygues (SODECI- pour l’eau, CIE pour l’électricité mais aussi concessionnaire de la centrale thermique Ciprel et avec EDF de la centrale thermique d’Azito), les Bolloré (concessionnaire du port d'Abidjan par la SETV, mainmise sur le chemin de fer par la Sitarail), France Telecom (leader de son secteur d'activité avec Orange-CI), la Société Générale, Total (actionnaire majoritaire de la Société ivoirienne de raffinage et qui gère quelque 160 stations service dans le pays), sans oublier le viniassier Castel, pardon le spiritueux Castel ou la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille associée à la Sofreavia qui a la concession de l’aéroport international d’Abidjan, ou encore la CFAO-Pinault dans la distribution, AXA, leader du secteur assurance, la Compagnie Fruitière et sa filiale SCB qui rafle 65 % du marché de la banane et 29 % du marché de l’ananas en Côte d’Ivoire, sans oublier toutes les filiales du groupe BGI (Société des Brasseries et Glacières Internationales) que sont la Solibra (limonade et brasserie), la Sadem (eaux minérales) et Sucaf (le sucre), et même la Cipharm (filiale d’Aventis et de Sanofi-Synthélabo), première productrice de médicaments génériques, des médicaments qu’il faut bien faire distribuer par Laborex, Copharmed (Groupe CFAO) ou DPCI (filiale de CERP Bretagne Nord), eux, doivent bien sourire. On vous épargne les projets pharaoniques et inutiles de Yamoussoukro confiés pour la plupart à des groupes français.
Alors, oui, n’ayons pas peur des mots : en cela Gbagbo fut un bien beau révolutionnaire des années 2000. L’économie française a du mal à s’en remettre …
Si Mugabe fut en butte et l’est encore avec le monde occidental, c’est parce que, lui, a fait bouger les lignes, parce qu’il a tenté de mettre fin à une situation injuste et ignoble issue d’un siècle de colonisation raciste et cupide, en voulant récupérer les terres volées et accaparées par les colons blancs. Gbagbo ne joue pas dans la même cour que Mugabe.
Mugabe a fait vingt ans de guerre, passé une bonne dizaine d’années en prison, touché de la kalache. Gbagbo a fait six mois de prison puis passé quelques années d’exil chez son ami Guy Labertit en France. Gbagbo Mugabe même combat ? Ces deux-là ne sont pas du même bois, ils n’ont pas la même écorce. La détestation des Blancs chez Mugabe n’est pas due au racisme, elle est due à ce que les Blancs ont fait au Zimbabwe et aux Zimbabwéens. D’où provient la haine de Gbagbo vis-à-vis de Ouattara ? Six mois de prison en 1992 ? Suffisant pour vouloir rayer de la carte "Côte d’Ivoire" plus du tiers des habitants en leur déniant le droit de se revendiquer "Ivoiriens" ? Pure farce.
Le socialiste français Roland Dumas, qui vole aujourd’hui au secours de Gbagbo, pourrait lui raconter une bien belle histoire que celle de son ancien camarade de parti aujourd’hui décédé, Raymond Forni, fils d’Italiens qui n’est devenu français qu’à l’âge de 17 ans et à qui l’on confia le troisième poste de l’Etat français, en l’occurrence la présidence de l’Assemblée nationale entre 2000 et 2002. Qu’aurait pensé monsieur Roland Dumas si, à l’Assemblée, sur les bancs du RPR de l’époque, l’on s’était mis à hurler : « Rital, dehors ! »

Socialisme rime-t-il avec crimes odieux ?

Comment, pour finir, ne rappeler sommairement le bilan "humain" des dix ans du régime de Gbagbo ! Ce fut un véritable jeu de massacres. On a tué de mille manières, en mille occasions, et en règle générale des pauvres hères qui n’avaient pas l’heur de plaire au régime : des civils, des "étrangers", des "non-autochtones" …
Dès son arrivée au pouvoir, Thomas Sankara, dans son premier discours « Discours d’orientation politique », prononcé le 2 octobre 1983, aborda la question des rivalités ethniques et l’usage que l’on en faire ainsi :
« Une des préoccupations essentielles du CNR, c’est l’union des différentes nationalités que compte la Haute-Volta dans la lutte commune contre les ennemis de notre révolution. Il existe en effet dans notre pays, une multitude d’ethnies se distinguant les unes des autres par leur langue et leurs coutumes. C’est l’ensemble de ces nationalités qui forment la nation voltaïque. L’impérialisme dans sa politique de diviser pour régner, s’est évertué à exacerber les contradictions entre elles, pour les dresser les unes contre les autres. La politique du CNR visera à l’union de ces différentes nationalités pour qu’elles vivent dans l’égalité et jouissent des mêmes chances de réussite. »

Gbagbo aborda le problème tout autrement. Les tueries ont commencé dès le lendemain de son élection, quand les sympathisants de Ouattara ont réclamé dans la rue la reprise de la présidentielle avec tous les candidats dignes de ce statut. Entre le 24 et le 27 octobre 2000, des centaines de Dioulas, de Musulmans, de "Nordistes" ou tout simplement des Etrangers ont été tués, qui à l’arme blanche, qui par les forces de l’ordre, qui arrêtés sur dénonciations. Laurent Gbagbo stabilisait son nouveau pouvoir d’une bien étrange manière.
En septembre 2001, les autorités ont publié un bilan officiel de ces violences : 303 morts, 65 disparus et 1.546 des blessés.
Il y eut aussi un charnier, le fameux « charnier de Yopougon », mais point d’enquête internationale. Une instruction ivoirienne aboutit des mois plus tard à un non-lieu pour un petit groupe de gendarmes mis en cause dans cette affaire. Pourquoi se gêner ?

Un mois plus tard, en novembre 2000, la répression qui frappa à nouveau les partisans d’Alassane Ouattara qui réclamaient cette fois que leur leader puisse être candidat aux élections législatives fut encore sanglante. On a dénombré entre les 4, 5 et 6 décembre, à la suite des violents affrontements entre partisans de Ouattara et forces de l’ordre, au moins 20 morts et des centaines d’arrestations à l’issue desquelles les pauvres gars sortaient des commissariats ou de l’école de police d’Abidjan dans un triste état.
Le Comité international de la Croix-Rouge et la Croix-Rouge ivoirienne ont secouru 256 blessés pendant ces trois jours.
Amnesty International estima que « Parmi les personnes arrêtées, certaines sont des prisonniers d'opinion, détenues uniquement en raison de leur origine étrangère ou de leurs sympathies supposées pour le RDR. » Des représentants d’Amnesty International qui avaient visité l’école de police, y virent une trentaine de détenus sanguinolents portant « des traces visibles de brûlures ».
Des témoignages concordants ont fait état à l’époque de viols de femmes arrêtées à l’Ecole de police, par des policiers ou par des "civils anti-RDR".L’Association ivoirienne des droits des femmes (AIDF) avait enregistré au moins 10 cas de femmes violées à cette Ecole de police et Gbagbo lui-même dut même ordonner une enquête sur ces allégations. Résultat de l’enquête menée par l'Inspecteur général des services de police, Kouadio N'Goran : « Aucun cas de viol n'a été signalé comme ayant eu lieu à l'Ecole nationale de police. » Simone Gbagbo déclara à propos de ces femmes violées qu’elles « n'avaient pas à être sur les lieux de manifestations.  » …
Le 26 décembre, des gendarmes ont exécuté Bakary Kaba, 60 ans, en présence de sa femme et de ses enfants. Pas de chance, il était Dioula. Pas d’enquête …
Le même jour, c’est Babou Coulibaly, membre du secrétariat particulier de Ouattara qui est battu à mort par des éléments de la Garde présidentielle.
Et toujours le 26 décembre, c’est un certain Jean-Claude Lama, âgé de 16 ans, qui est lui aussi battu à mort dans les locaux de l’Ecole de Police. Une enquête conclura qu’il s’est "suicidé".

Fin 2002, après le déclenchement de la rébellion, les tueries reprennent de plus belle, mais cette fois dans l’ombre avec l’entrée en scène des escadrons de la mort.
Le 18 octobre, deux personnes sont tuées par des hommes en uniforme à Abidjan lors de l’enterrement d’un membre de la famille d’un haut responsable du RDR.
Le 8 novembre, c’est le Dr Benoît Dacoury-Tabley qui est retrouvé mort, criblé de onze balles. Il avait été enlevé par trois hommes se présentant comme des membres des forces de l’ordre dans la clinique où il exerçait. Son frère aîné, Louis-André Dacoury-Tabley, ancien compagnon de route de Gbagbo, venait d’annoncer la veille son ralliement à la rébellion du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI).
Fin novembre, le corps d’Emile Téhé, président d’un petit parti d’opposition, le Mouvement Patriote ivoirien, est retrouvé criblé de balles dans une forêt à Abidjan après son arrestation par des gendarmes.
Mi-décembre, deux responsables d’un mouvement de jeunesse fondé par le défunt général Gueï, l’Union pour la paix et la démocratie en Côte d’Ivoire (UDPCI), Souleymane Coulibaly et Souhalio sont retrouvés tués de plusieurs balles près d’une semaine après leur enlèvement à Abidjan par des hommes armés en civil.

Le 6 janvier 2003, l’imam de M’pouto, Mahmoud Samassi, est assassiné devant son appartement à Cocody par 4 individus armés.
Camara H., comédien et militant du RDR de Ouattara, est retrouvé mort le matin du dimanche 2 février à Abidjan après avoir été “arrêté” la veille par des “hommes en uniforme”.
Dans les quartiers populaires d’Abidjan, on rasa aussi gratis. Des hommes armés vinrent de nuit dans les bidonvilles, et, après avoir frappé aux portes et menacé les habitants, mettaient le feu aux maisons. Gbagbo ne faisait que de se protéger contre d’éventuelles caches d’armes …
Le Bureau pour la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) s’insurgea et publia un rapport accablant sur ces exactions dans les quartiers pauvres de la banlieue d’Abidjan. Selon ce document daté du 31 janvier, des « hommes en tenue militaire ont fait irruption dans la nuit du 27 au 28 janvier dans le quartier Abdoulaye Diallo où ils ont brutalisé la population et mis le feu à une cinquantaine de maisons du quartier ».
Les dignitaires musulmans furent aussi les cibles favorites des Escadrons de la mort. Mahamoud Samassi, tué le 6 janvier 2003, Mohamed Lamine Sangaré, tué le 19 février 2003 ou encore Fanny Mory, prédicateur, tué le 20 février 2003.
Faut-il oublier le massacre de Bangolo (ouest de la Côte d'Ivoire) qui a fait au moins 60 victimes, hommes et femmes confondus, au mois de mai 2003, et qui a été commis par des miliciens se réclamant du gouvernement ivoirien, qui ont reconnu appartenir à une force de supplétifs libériens, les Guérés ?

La réponse de Gbagbo a toutes ces tueries ? « La Côte d'Ivoire n'est pas gouvernée par un assassin. Je n'ai jamais tué quelqu'un. Ma femme n'a jamais tué quelqu'un. »
Emile Téhé, retrouvé criblé de balles le 2 novembre 2002 à Abidjan ? « Il ne représentait rien au plan politique, il n'a jamais été élu nulle part, même pas conseiller municipal. Quel intérêt Gbagbo Laurent, président de la République, a-t-il à tuer Téhé Emile ?  ».
L'assassinat du Dr Benoît Dacoury-Tabley ? « En quoi sa vie est-elle gênante pour le président de la République et son épouse ? En rien du tout.  »
Le meurtre de Camara Yéréfé, dit "H" ? « Je ne le connais même pas, je ne l'ai jamais vu (...). On m'a dit qu'il était acteur et qu'il faisait des sketches à la télé. Quel est le mobile ?  »
A qui profite le crime alors ? Réponse de Gbagbo : « C'est toujours les mêmes qui découvrent les crimes, je trouve que c'est suspect (...). C'est toujours un gars du MPCI ou du RDR qui annonce la mort.  » Et le même dans la foulée : « Je suis un combattant, je me battrai contre les gens du mal. S'ils me cherchent, ils me trouveront (...). Je vais les piétiner pour qu'ils comprennent que je suis là.  »
12 octobre 2003, cette fois ce sont des Bété, l’ethnie de Gbagbo qui s’en prennent à des Maliens, dans le village de Mahinadopa proche de Gagnoa. Bilan : plusieurs morts, des dizaines de maisons brûlées, 500 Maliens expulsés du village.
11 décembre 2003, des fusillades entre des forces de l'ordre et des hommes en armes dans la nuit à Abidjan, font 20 morts. Les "assaillants" auraient été des jeunes patriotes placés sous la houlette d’Eugène Djué. Une enquête sera ouverte pour n’aboutir à rien.

Près d’une vingtaine d’étrangers aux yeux des populations autochtones sont massacrés à la mi-janvier 2004 par des miliciens locaux dans le Grand Ouest en guise d’avertissement contre leur présence jugée inopportune dans les plantations de cacao. Burkinabé, Guinéens et Baoulés ont été tués à coups de machettes ou de balles de kalachnikov. Pour Alan Bledoh, porte-parole des rebelles ivoiriens du Front de libération du Grand Ouest (FLGO), ces exécutions sont un « avertissement  ». « Ces attaques ont pour but de défendre les populations locales, mais comme les Burkinabé se montraient menaçants et ne voulaient pas laisser leur terre, on a voulu leur donner une leçon. », dira-t-il.

Le bain de sang des 24 et 25 mars 2004

Une marche pacifique organisée par l’opposition est mâtée dans le sang par un déploiement sans précédent de forces armées à Abidjan. Le bilan est lourd : 37 morts de source officielle, 200 morts selon le Mouvement ivoirien des droits de l’Homme (MIDH) tandis que l’opposition a parlé de 350 à 500 morts.
De nombreuses personnes auraient été tuées, non du fait de la répression de la manifestation proprement dite, mais lors d’exactions nocturnes postérieures. Militaires et policiers ont opéré des exécutions sommaires aux domiciles mêmes de supposés sympathisants du RDR.
Le jeudi 25 mars, les forces de l’ordre et l’armée ivoiriennes ont bouclé Abidjan avant l’aube, déployant blindés, hélicoptères et avions de combat pour empêcher toute manifestation. Les forces françaises et ouest-africaines déployées sous mandat de l’Onu ne sont pas intervenues alors que les exactions commises ont duré au moins jusqu’au 27 mars.
Pour se disculper, le ministre ivoirien de la Sécurité, Martin Bléou, a attribué ces exactions à des « forces parallèles en uniforme ».

Les tueries ont lieu aussi dans le sens contraire, mais comment en serait-il autrement vu la passivité complice du pouvoir ? Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2005, à Duékoué, des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants de l'ethnie locale des Guérés sont été tués par balles, à l'arme blanche ou brûlés vifs par des assaillants non identifiés, probablement des Dozos, les chasseurs traditionnels du Nord de la Côte d’Ivoire. Le lendemain, des actes de vengeance commencent et une douzaine de Dioulas sont assassinés à coups de couteaux, de barres de fer et de bâtons.
Le 16 juin 2005, toujours en représailles, Samba Samalaye, un bijoutier sénégalais, est assassiné par des miliciens toujours à Duékoué.

Faut-il aussi mettre au crédit du "progressiste" Gbagbo la tentative d’ivoirisation des emplois menée en février 2004 par les ministres FPI de la Fonction publique, Hubert Oulaye, et celui de l’Economie et des Finances, Paul Bohoun Bouabré, une politique qui aurait rendu jaloux Le Pen ?
Une bien belle mesure de gauche que celle-là selon laquelle toute vacance de poste dans une entreprise ivoirienne devait désormais « faire l’objet d’une publication  » pendant deux mois auprès des organismes de placement agrées par l’Etat et qui imposait aussi que « toute demande de visa de contrat au profit d’un travailleur non ivoirien soit accompagnée d’un plan d’ivoirisation du poste, approuvé par le ministre en charge de l’emploi  ». Adopté par un arrêté ministériel, cette mesure foulait du pied le traité de l’UEMOA (Union Economique et monétaire ouest-africaine), dont l’article 91, ratifié le 29 janvier 2003, instaura « l’abolition entre les ressortissants des Etats membres de toute discrimination fondée sur la nationalité, en ce qui concerne la recherche et l’exercice d’un emploi.  » Le rapporteur pour les droits de l’homme de l’ONU, le Sénégalais Douddou Dienne s’en émut. Devant le tollé général et sous-régional provoqué par cette mesure, elle fut retirée, mais elle eut le mérite d’exister pur tout ceux qui ne sauraient pas ce que "socialisme" veut dire du côté de la Lagune d’Ebrié.

Arrêtons-là ce tour d’horizon du personnage. Oui, Bouygues et consorts nous insupportent, ici comme ailleurs. Oui, nous avons envie de pleurer quand un sans-papiers préfère se noyer en se jetant dans la Marne du côté de Joinville-le-Pont pour fuir des flics de France qui font du chiffre. Oui, nous détestons tout cela aussi, comme nous détestons le nationalisme exacerbé et tous les morts inutiles qu’il a toujours engendrés. En tout temps et partout.

Philippe Cartero



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Les réactions les plus appréciées

Réactions à cet article

  • Par ROBERT GIL (---.---.---.152) 3 janvier 2011 11:55
    ROBERT GIL

    l’afrique n’a jamais été libre, ça à toujours été une independance de façade, voir cette petite histoire du continent africain ci-dessous

    http://2ccr.unblog.fr/2010/12/05/afrique-terre-de-pillages/

  • Par 2102kcnarF (---.---.---.195) 3 janvier 2011 12:28

    Comme on aimerait que l’auteur soit aussi engagé contre les dictatures africaines autour de la côte d’ivoire... sans parler des salauds qui exploitent l’Afique via le FMI, l’ONU., qui soutiennent les dictatures et laissent crever les peuples africains.

    Votre justice de facade, votre parti-pris sont immondes à l’heure d’une guerre civile !

    Du néo-colonialisme déguisé rien de plus  ! 

  • Par Mathieu (---.---.---.175) 3 janvier 2011 13:11

    Article creux,inconsistant et très ennuyeux à lire !! Sankara est Sankara, Lumumba est Lumumba et Gbagbo reste Gbagbo...Cependant il y a quand meme beaucoup de points communs entre ces trois !! Ils ne sont pas du meme bord politique,certes, mais ils représentent tous les trois une Afrique qui dit NON !! Une Afrique qui en a assez de courber l’échine devant l’ancienne puissance coloniale !!Comme l’a dit plus haut un lecteur, on aurait préféré que l’auteur parlent des dictateurs assujetis à la France tout autour de la Cote d’Ivoire...Ces meme chefs de la CEDEAO qui se permettent de critiquer Mr Gbagbo mais qui ferait mieux de se regarder dans une glace avant !! Mr Blaise Compaoré,président du Burkina Faso et grand ami de la France qui s’est fait élire pour sa 23 eme année au pouvoir avec 80/100 des suffrages presqu’au meme moment ou avait lieu l’élection en Cote d’Ivoire !! Qui en a parlé ??Personne !! Mr Wade qui est devenu un super dictateur et qui muselle l’opposition par tous les moyens !!Mr Goodluck Jonathan,président intérimaire du Nigéria et de la CEDEAO qui a remplacé un président arrivé au pouvoir frauduleusement !! et la liste est très longue !! nombre de présidents Africains,pour se maintenir au pouvoir des décennies voir toute une vie,deviennent des pantins pour la France !! Il n’est plus utile d’etre aimé de son peuple pour se maintenir au pouvoir et cela est si révoltant !! Alors cela fait du bien de voir un homme tel que Gbagbo dire :NON !! D’autant plus que nombre de médias veulent nous bourrer le crane avec de fausses théories !! Mr Gbagbo est LE président de la Cote d’Ivoire n’en déplaise à certains !!Et si la communauté internationale veut le renverser parceque Ouattara aurait soit disant gagné, il faudrait qu’elle songe aussi à en faire de meme avec bon nombre de dictateurs alentours !!!!

    • Par titi (---.---.---.4) 3 janvier 2011 22:25

      Dire que Wade est l’ami de la France (dont l’Education Nationale a payé les études) avec tout le savon qu’il répend sur la planche des francais, c’est au mieux de l’humour, au pire de l’ignorance.

  • Par NORMAN (---.---.---.125) 3 janvier 2011 14:14

    Peu nous importe que d’autres soient arrivés au pouvoir plus ou moins régulièrement. Peu nous importe qu’untel ait assassiné, étouffé la presse, détourné, menti, volé, triché.

    N’ayons pas le réflexe de cour d’école qui consiste à accuser les autres d’avoir commis la même faute pour faire paraître la seule moins grave. C’est infantile.
    La vérité, la seule, qui ressort de cet excellent article est que Gbagbo a menti, tué, triché pendant des années et qu’il n’est ni démocrate, ni humaniste, ni socialiste... illuminé assurément smiley)
  • Par Bernard Conte (---.---.---.242) 3 janvier 2011 16:08
    Bernard Conte

    pour info... en 2003, j’avais écrit :

    Côte d’Ivoire : du clientélisme éclairé au clientélisme appauvri
    http://www.strategic-road.com/pays/...

    en 2005 :
    La reponsabilité du FMI et de la Banque Mondiale dans le conflit en Côte d’Ivoire
    http://www.erudit.org/revue/ei/2005...

    Bernard Conte
    http://conte.u-bordeaux4.fr

  • Par Mathieu (---.---.---.175) 3 janvier 2011 17:31

    Merci en tous cas au 54/100 qui ne sont pas d’accord avec cet article.Personnellement, je ne suis pas quelqu’un qui vit loin des réalités de l’Afrique,assis sur son canapé à plusieurs mille de là.Mr Gbagbo est le président légitime de la Cote d’Ivoire et la Franceest partie prenante dans ce conflit depuis déja beaucoup trop longtemps !!!Rien qu’hier, le représentant des Français en Cote d’Ivoire est passé à la RTI pour dire tout son ras l’bol de l’ingérence de la France dans ce pays au mépris de la sécurité de ceux qui y vivent.Il est clair que le Français moyen ne pousse pas plus loin la jugeotte que lire la plupart des médias qui prennent le parti des grandes puissances !!Après tout, se dit il, ce n’est qu’un de ces nombreux dictateurs qu’il y a en Afrique !! éh ben non !!! Apres tout, si Mr Ouattara avait vraiment le monopole du coeur des Ivoiriens, ce ne serait pas que quelques milliers de gens qui serait sorti pour la manifestation mais plutot un ou deux millions !!! Alors, avis à ceux qui parlent de choses sans vraiment savoir : Informez vous sur le terrain comme moi ou alors...TAISEZ VOUS !!! ( dans le bon sens du terme bien sur...)Respectueusement.

  • Par Thucydide (---.---.---.12) 3 janvier 2011 17:33
    Thucydide

    Je viens de laisser ce post sur la Rue89

    De Thucydide

    Bêcheur de fond en Bourbonnais | 17H09 | 03/01/2011 | 

    Le drame, dans cette affaire Ivoirienne, c’est que l’Afrique ait à subir l’affichage d’un type comme ce Gbagbo pour manifester sa résistance au racket néo-colonial et néo-libéral qui est en train de ruiner ses options d’avenir.

    Ce qui, malheureusement, n’apporte pas la moindre valeur ajoutée au champion du FMI qui se propose de le remplacer, mais enfin...
    Celui-là au moins sera tenu, compte tenu de son parrainage politique, de mettre la pédale douce sur les velléités autocratiques, et ce sera au moins cela de gagné.

    Persiste et signe : les pires ennemis de l’Afrique sont ses hommes de pouvoir
  • Par Gerard Lucon (---.---.---.181) 3 janvier 2011 18:10
    Gérard Luçon

    Chier des mots ne rend pas forcément intelligent, merci de nous en donner la preuve

  • Par Mathieu (---.---.---.175) 3 janvier 2011 19:18

    La France pyromane ne doit pas jouer les pompiers !!! L’association survit nous démontre à tel point la France est responsable dans la crise que traverse la Cote d’Ivoire ,souhaite le retrait de la force licorne et bien sur le retrait de la France dans ce qu’elle considere etre un conflit Ivoiro Ivoirien !! Ci joint le lien :

  • Par le moine du côté obscur (---.---.---.193) 3 janvier 2011 20:52
    le moine du côté obscur

    Difficile dossier que celui de la Côte d’Ivoire, je ne cesserai de le répéter. Le cocktail est explosif et il est malheureusement prêt à exploser. Mon cousin qui marchait il y a à peine deux heures entendaient des propos tribalistes et anti-nordistes. Le problème tribal est réel en Côte d’Ivoire, le nier serait faire preuve de naïveté et d’inconscience. Entre les frustrés, les aigris, les envieux on a le choix pour le pire... Le maire d’un quartier d’Abidjan a récemment convoqué des retraités pour tenir des propos injuerieux envers les baoulés ethnie de Bédié (allié de Ouattara) car ceux-ci auraient trahi Gbagbo, à la bonne heure ! Ce que je reproche aux pro-Gbagbo c’est que c’est Gbagbo ou rien, à croire que c’est un dieu, leur dieu.
    Évidemment il est pathétique que ce soit quelqu’un comme Gbagbo qui se joue les panafricanistes (lui qui n’hésite pas à user du concept nauséabond et digne de l’extrême-droite qu’est l’ivoirité) mais certains dont moi se demande s’il y a quelqu’un de mieux finalement que ces politicards pathétiques et grotesques pour représenter l’Afrique. Malheureusement et c’est triste de le dire ils sont à l’image du pays ! Et qu’on ne vienne pas me dire que je ne sais pas de quoi je parle. J’aurais voulu me tromper mais je crois que ce pays, mon pays (et tristement je n’éprouve aucune fierté à dire cela) n’a pas d’avenir. J’ai peine à trouver des ivoiriens qui aiment ce pays vraiment, ceux que je croise souvent sont des gens qui veulent juste traire la vache surtout pour leur clan. Et Dieu que ça pense à court terme ça en est pathétique et inquiétant.
    Gbagbo est quand même gonflé de chier sur la France après avoir profité à fond de l’ingérence française en Côte d’Ivoire. Mais que voulez-vous c’est un opportuniste qui mange à tous les râteliers, du moment qu’on le laisse faire ce qu’il a en tête.
    Sur ce sujet je dois dire que la France n’est pas plus pyromane que certains ivoiriens eux-mêmes. Tant que dans ce pays on ne cessera pas de raisonner en termes de tribus, de clans et d’ethnies je crois qu’il n’y aura rien de bon à espérer. Cette crise commencée en fait depuis le début des années 90 ne fait que montrer le visage hideux de notre pays. Bien sûr certains français vivant en Côte d’Ivoire vont défendre Gbagbo mais ont-ils le choix ? Ceux qui ont eu affaire aux autoproclamés jeunes patriotes de Gbagbo savent de quoi je parle ! Défier le « dieu-président » et vous en aurez pour votre compte. Gbagbo sait manipuler ces jeunes en leur montrant des boucs émissaires pour leurs souffrances mais de la gabegie de ses proches il préfère ne pas trop en parler, il ne faudrait pas que ces jeunes se mettent à réfléchir et à penser sinon ils classeront vite Gbagbo dans la clique des profiteurs et ça pourrait être sa fête.

  • Par titi (---.---.---.4) 3 janvier 2011 22:19

    @l’auteur

    « Honnir le sarkozisme et Sarkozy lui-même n’implique pas de détester le vélo parce que Sarkozy aime enfourcher sa bicyclette de temps à autres. »

    Oulàlà !!! mais c’est que vous vous attendez à du rationnel et du réfléchi !!!
    Mais vous n’y pensez pas.
    La production musicale de Mme Sarkozy en a d’ailleurs fait les frais : de l’idole des bobos, elle est passée du jour au lendemain au néant créatif.

  • Par Lecapitaine (---.---.---.154) 3 janvier 2011 22:42
    Lecapitaine

    Merci à l’auteur.

    Très bon article, documenté, détaillé, long mais pas ennuyant du tout. En effet ce discours panafricaniste à l’envie, nationaliste et de fois antifrançais n’est que du vent. Gbagbo n’a pas des principes, il veut juste garder le pouvoir par tous les moyens (a fin justifie les moyens).

     

    Vous auriez pu ajouter que sans l’interview de la France pour interrompre la progression de la rébellion, Abidjan aurait pu tomber en 2004. 

    • Par titi (---.---.---.4) 3 janvier 2011 23:02

      Très bon rappel.

      C’est bien la France qui a évité à Gbagbo de devoir rejoindre l’antartique à la nage.
      C’est aussi la France qui s’est interposée, avec des soldats tués aussi bien par la rebellion que par les forces armées ivoiriennes (enfin c’était des pilotes ukrainiens de mémoire)

      Mais comme dans tous ces pays merdiques, l’interposition n’est tolérée par « l’un » que pour empécher « l’autre » de venir manier la machette. « L’un » voyant très vite d’un mauvais oeil cette interposition lorsqu’il constate que lui non plus ne peut plus jouer de la machette chez « l’autre ».

      Comme je l’avais souligné à l’époque, l’interposition dans ce genre de pays qui n’en est pas un, mais un agglomérat d’éthnies aux alliances fluctantes (comme le cours des monnaies avec lesquelles ces alliances s’achètent) est un guêpier sans nom.
      D’autant plus que la chasse aux blancs y a déjà eu lieu en 2004, accompagnée d’un silence quasi total dans nos médias. Même si l’exemple du Zimbabwé en a sans doute refroidi qq’uns.

  • Par Lecapitaine (---.---.---.154) 4 janvier 2011 00:18
    Lecapitaine

    La cote d’ivoire et les pays africains donc les Africains n’ont rien de merdiques. Ce sont des pays en construction qui font l’histoire tout le jour. Ils sont pas figés et ne regardent pas vers le passé. Ils ont l’avenir devant eux et font face avec optimisme.

    Ils sont pas merdiques sinon la France se donnerait pas tant de mal. 

  • Par Tiberius (---.---.---.31) 4 janvier 2011 00:35
    Tiberius

    Eh bien moi je ne suis pas de gauche et je soutiens néanmoins Laurent Gbagbo parce que j’estime que la Côte d’Ivoire est un pays souverain et qu’il n’appartient ni à la France ni à aucun autre pays de décider qui doit en être le président.

    C’est aux Ivoiriens et à eux seuls qu’appartient cette décision. S’ils ne parviennent pas à s’entendre ça ne regarde qu’eux. Au mieux pouvons-nous leur proposer notre médiation, mais ce n’est pas notre rôle de prendre parti pour un camp contre l’autre et pour les Ivoiriens qui ont voté Ouatara contre ceux qui ont voté Gbagbo.

    En prenant le parti de Ouatara, l’ONU s’est discréditée et a fait de ses soldats des adversaires déclarés de tous les Ivoiriens qui soutiennent Gbagbo. Demain, si des civils envahissent l’hôtel de Ouatara pour déloger celui-ci « à mains nues » comme ils disent, l’ONU va se retrouver dans la situation invraisemblable d’avoir à abattre des civils ivoiriens désarmés.

    Voilà où nous en sommes parce que la France a décidé de perpétré un coup d’état contre Gbagbo.

  • Par Mathieu (---.---.---.175) 4 janvier 2011 02:01

    Il est très triste de constater que des gens parlent de sujets qui leur sont totalement inconnue !!! Il s ne connaissent meme pas lhistoire du pays et pense tout maitriser !!! du vent !!La France n’est en rien une hroine dans cette crise, au contraire !!! elle ell en est l’instigatrice !!et quand je vois certaines ractions du genre:cest la France qui a empeché les rebelles d’atteindre Abidjan en 2004,je me dis que la vie est autrement plus douce à mille lieu de là !!!Comment dire à ceux là que c’est leur chere France qui est à l’origine du putsh manqué contre Gbagbo ??Comment leur dire que selon les accords qui lient la Cote d’Ivoire à la France, cette derniere est sensée défendre le gouvernement en place de toute menace et que par conséquent, la force licorne avait le devoir non pas de couper la Cote d’Ivoire en 2 mais plutot de s’attaquer à la rébéllion !!Pourquoi la France ne l’a pas fait ??éh ben, justement parceque c’est elle qui était à l’origine de cette rébellion avec l’aide du Burkina Faso de Mr Blaise Compaoré !!Heureusement, la situation en Cote d’Ivoire, certains esprits éclairés la connaisse !!!Mais n’aller pas demander au Français moyen de chercher loin, c’est beaucoup trop fatiguant pour lui et apres tout, ça n’est que la Cote d’Ivoire !!! Demandez à cette chère France qui veut soit disant jouer les démocrates en Cote d’Ivoire de le faire aussi chez Ali Bongo, Chez Mr Biya,Chez Mr Compaoré..etc...etc...

    • Par le moine du côté obscur (---.---.---.193) 4 janvier 2011 09:13
      le moine du côté obscur

      La France, la France toujours la France. La France a-t-elle aidé Bédié en 1999 lors du coup d’état ? Je ne crois pas ! La France a-t-elle aidé Gbagbo à prendre le pouvoir en 2000 oui ! Cette larve était planquée à l’ambassade de France protégé par les militaires français mais oui j’oubliais que lui et ses partisans avaient la mémoire sélective. Il était bien content le « messie de Mama » de pouvoir compter sur les français alors. Il est aussi un produit de la françafrique. On devrait faire la liste des groupes français à qui il a fait de la lèche !
      Quant à vouloir que la France le protège mais ce n’est pas lui qui criait sur tous les toits que son armée était forte et que si un pays osait l’attaquer il ferait pleuvoir du feu du ciel sur lui ? N’est-ce pas que Blaise son « ami » l’avait prévenu que de drôles de loustics s’entraînaient sur son territoire ? N’est-ce pas les amis de M. Gbagbo qui ont dit qu’ils surveillaient les faits et gestes des « nageurs en eaux troubles » avant la rébellion ? J’affirme que Gbagbo et sa clique savaient ce qui se tramait mais qu’ils ont voulu en profiter mais la situation leur a (apparemment échappé). Car croyez-le j’en connais de ses partisans de Gbagbo qui en profitent de la situation. Gbagbo vient nous dire qu’il a été naïf, sans blague ! Lui qui s’est réjoui du coup d’état contre Bédié ? Lui qui a roulé dans la farine tout le monde ?
      La France c’est la France je n’attends rien d’elle, ses dirigeants défendent leurs intérêts, c’est la loi du monde, mais vous aussi balayer devant votre porte avant d’accuser les autres. Otez la poutre ivoiriste de votre œil avant de voir la paille de l’ingérence française à tout bout de champ.

  • Par Serpico (---.---.---.238) 4 janvier 2011 10:15
    Serpico

    Tout cela est bien bon mais de quoi se mêle « la communauté internationale » ?

    Gbagbo est un imposteur, un spoliateur, un tricheur, tout ce qu’on veut mais pourquoi son cas serait-il plus urgent ou le seul qu’il faut traiter parmi des dizaines de coups d’Etat dans le monde, des élections truquées un peu partout dans la planète ?

    Hein ? je vous le demande...

    • Par le moine du côté obscur (---.---.---.193) 4 janvier 2011 10:44
      le moine du côté obscur

      Bien de ce que je sais le cas ivoirien est assez complexe non seulement par l’importance géostratégique mais aussi il y a quelque chose que vous ne comprenez sans doute pas, la communauté dite internationale (terme pompeux s’il en est) joue sa crédibilité. Il y aura beaucoup d’élections en Afrique en 2011 et si cette soi-disant communauté internationale n’arrive pas à imposer « sa démocratie » en Côte d’Ivoire, elle aura du mal à se faire respecter ailleurs. La Côte d’Ivoire est en quelque sorte un cobaye et un indicateur de l’influence réelle de la communauté internationale. Il ne faut pas aussi oublier qu’elle a injecté plus centaines de millions d’euros dans cette élection et qu’elle attend donc un « retour sur investissement ». Gbagbo veut montrer aussi qu’il est le « maître du jeu » ce qui est quelque chose d’intolérable pour nos chers « démocrates » de la « communauté internationale ». Quelque chose me dit que ce feuilleton grotesque et morbide est loin d’être achevé pour le malheur des ivoiriens....

  • Par Yannick (---.---.---.175) 4 janvier 2011 12:59

    Pour publication : Mon sentiment sur le conflit ivoirien

     

    Depuis ce matin 03/01/20111, passe en boucle dans les médias internationaux, une proposition des plus hérissantes au sujet de la sortie de crise en RCI. A la faveur de la venue de trois chefs d’Etat de la CEDEAO et du premier Ministre kenyan Raila Odinga en RCI, l’offre suivante a été faite au président Gbagbo : accepter de céder le pouvoir à Ouattara en contrepartie d’une impunité et de compensations financières dont il pourrait jouir dans un paradis américain ou autre. Mon sang n’a fait qu’un tour et je me dis que, décidément, la crise ivoirienne est un multi-révélateur.

    Elle montre que la Justice est tombée en quenouille, qu’elle s’est abâtardie, récupérée par les forts du moment qui en font une administration au gré de leurs intérêts, à la tête du client.

    A quel titre, au nom de quel Droit, de quelle Justice, peut-on octroyer l’impunité à quelqu’un qu’on estime coupable de crimes par destination imprescriptibles en raison de leur inhumanité ?  Des crimes dont on a confié la compétence à des juridictions internationales ?

    Pourtant, les USA, la France …, s’engagent (alors qu’ils reprochent à Laurent Gbagbo et à son « clan » comme ils disent, des crimes de ces catégories) à lui promettre l’impunité ! C’est à vous fracasser la tête contre un mur d’acier !

    Autre révélateur ! On savait que les colonisateurs français avaient une idée peu valorisante du Noir, quand ils disaient « Y a bon Banania », qu’ils se fendaient en certification sur sa bonté, son innocuité, ils ont  toujours pensé « Vous savez, ces gens-là, c’est le farniente ; ils n’en foutent peut-être pas une rame mais ils ne sont pas méchants pour un sou. Ils ne viendraient pas comme l’Arabe, le sourire aux lèvres et vous planter un couteau dans  le dos ! ».

    Nous sommes, pour eux, 50 ans après la Colonisation , restés de grands enfants dont on peut endormir la vigilance par de petites gâteries, les pacotilles de toujours.

    Qu’un Sarkozy ait cette opinion, rien d’étonnant au fond puisque l’homme du reste ne s’est pas gêné pour dire que les Africains n’étaient pas suffisamment rentrés dans l’Histoire mais que cela soit le sentiment d’un Barack Obama, c’est à vous mettre une balle dans la tête ! Il y a là comme la manifestation d’une erreur sur la personne. On a du mal à se convaincre que c’est cet homme en qui on avait tant de foi, pour lequel on aurait consenti bien de sacrifices parce qu’il apparaissait comme le messager de Dieu pour réhabiliter à jamais le Noir, qui ravale ses frères au niveau où l’ont toujours placé les Colons et autres esclavagistes. Quand il fait savoir, d’un air condescendant, à Laurent Gbagbo, qu’ il l’invite à Washington sous sa protection pour discuter avec lui des garanties qu’il entend lui accorder pour son départ, qu’est-ce qu’il croit ? Que parce qu’il est Barack Obama, président des USA, il peut ainsi s’asseoir sur la dignité d’un Africain ? Quand il promet avec ses autres Pairs occidentaux, que Laurent Gbagbo sera dispensé de la Cour pénale internationale et bénéficiera de compensations financières substantielles s’il accepte de quitter le pouvoir, qu’est-ce qu’il s’imagine ? Que l’Africain n’est que l’Etalon dans lequel l’esclavagiste voyait le Mal absolu contre la pureté de sa race, l’être vil qui, pour une corruption bien soutenue, trahirait Père et Mère ? C’est dingue quand on voit que cela vient de quelqu’un dans les veines duquel coule le sang noir ! J’en suis malade et je cherche en vain comment faire éclater ma rage parce que je sais qu’elle sera partagée ; partagée par les femmes et les hommes de bien   de par le monde mais aussi par les Africains qui n’ont pas renié la Mère-patrie .

    Mais heureusement que cette crise ivoirienne nous révèle aussi d’autres valeurs, celles de l’Afrique positive des êtres humains distinguant le Bien du Mal.

    Sur cette terre, continent premier, un petit pays se retrouve aujourd’hui au centre du monde, la Côte d’Ivoire. Avec à sa tête, un leader, qui depuis Samory Touré, n’a pas autant lutté pour la dignité du continent et de l’homme noir. Un homme qui, au-delà de toutes références raciale, idéologique, se trouve être celui qui défend, au prix de sa vie, la primauté du Droit pour que les sociétés humaines ne sombrent pas dans le chaos où les entraînent les mafias qui ont conquis les pouvoirs économique, médiatique et politique jusqu’au niveau mondial !

     Laurent Gbagbo, cet homme, qu’un politique au Burkina Faso, Me Hermann Yaméogo pour ne pas le citer,  a comparé à Lumumba, à Nkrumah, à Nasser et qui, pour cela, a reçu la foudre sur lui avec une déstabilisation historique de son parti au pays des hommes intègres, le Burkina Faso ; Laurent Gbagbo qu’un Me Jacques Verges aujourd’hui, situe précisément dans la grande lignée des hommes africains ! Cet homme, cerné de toutes parts par la « communauté internationale » mais qui, fort de son allégeance au Droit, demande tout simplement qu’avant de faire tomber le glaive sur lui, on vienne effectuer la plus élémentaire des vérifications : le recomptage des voix des électeurs, l’évaluation du processus électoral. Quand ont sait que depuis que l’homme s’est organisé en société sous l’empire du Droit dans un litige, la Vérification , l’Enquête, la Reconstitution des faits, ont toujours été les chemins obligés pour parvenir à la Vérité judiciaire, on se convainc que si on les refuse à Laurent Gbagbo, c’est qu’on a QUELQUE CHOSE A CACHER ! C’est qu’on a des complicités, des commanditaires, plus que des auteurs principaux à protéger. Si tel n’était pas le cas, s’il n’y avait pas ici un Crime en bande organisée, on aurait accepté ces demandes avec empressement comme hier on l’a fait dans le litige qui a opposé Al Gore à Bush, et aujourd’hui au sortir des élections en Haïti. On l’aurait accepté avant de privilégier la guerre, cette guerre dont on ne s’y résout, en temps normal, en pays civilisé et respectueux du Droit, qu’après avoir épuisé toutes les voies de règlement pacifique du litige !

    Voilà le miracle aussi de cette crise qui fait qu’on peut ne pas aimer Laurent Gbagbo, ne pas être Ivoirien ni Africain mais se sentir Ivoirien et proche de Laurent Gbagbo comme le 11 Septembre, on l’a été des Américains et de Georges Bush !

    J’en appelle à ceux qui croient en Dieu, le Dieu unique, qu’il s’origine de la Bible , du Coran ou de la Thora. J ’en appelle à tous ceux qui ont en eux, chevillés au corps, la démarcation entre la Vérité et le Mensonge ; j’en appelle aux Justes qui, au plus sombre du désespoir, de la lâcheté des hommes, ont su s’enrôler pour le Bien, pour la Justice , afin qu’ils dénoncent l’imposture historique qui veut se servir de la Côte d’Ivoire pour asservir la Vérité.

     

    • Par le moine du côté obscur (---.---.---.193) 4 janvier 2011 20:21
      le moine du côté obscur

      Je n’aime ni Gbagbo, ni Ouattara soyons clairs, ceux qui chantent les louanges de Gbagbo ne connaissent en général pas Gbagbo et son clan mais passons. L’erreur de Gbagbo est d’avoir mal utilisé la constitution car si des irrégularités avaient été constatés ils auraient du demander à reprendre les élections comme le stipule l’article 64 de la constitution. Mais il a préféré organiser une farce électorale qui laisse dubitatifs mais les gens neutres dans cette affaire.
      Perso le 11 septembre je ne suis pas senti proche de Bush, des innocents américains morts dans cette tragédie oui, mais de Bush non, pas plus que je ne me sens proche de Gbagbo mais des innocents qui sont morts depuis que cette crise qui n’est que l’aboutissement de près de 20 ans de merdes politiciennes a commencé. Si ça ne tenait qu’à moi on enverrait Ouattara et Gbagbo sur une île déserte avec leurs partisans fanatiques.

  • Par niberta (---.---.---.1) 4 janvier 2011 13:29

    J’ai trouvé beaucoup de choses intéressantes dans cet article, mais je trouve qu’il y a une grande absente : la Chine, dont je crains qu’elle regarde avec un regard envieux ce qui se passe dans nombre de pays africains, comme notemment l’Angola qui a reconnu Gbagbo.

  • Par Gerard Lucon (---.---.---.77) 7 janvier 2011 18:01
    Gérard Luçon

    soyons sérieux, comme l’a dit l’innefable petit président de la république d’opérette franchouillarde ; « nous ne faisons aucune ingérence, la preuve c’est que Ah l’infâme Ouatara est président ! »

  • Par tiendur (---.---.---.66) 11 janvier 2011 17:44

    Quelques explications sur le déroulement de ces élections présidentielles :

    1/ Deux zones en Côte d’Ivoire avec une évolution différente entre le 1er et le 2nd tour :

    Au sud, la zone gouvernementale : au 2nd tour la participation baisse de 5 à 10 % mais le nombre de suffrages de chacun des deux candidats progresse. C’est normal, 12 candidats ont disparus.

     Au nord, la zone des « forces nouvelles » qui n’ont pas désarmé malgré l’engagement signé à Ouagadougou en 2007 : là, la participation augmente de 5 à 10%, tout au profit d’Alassane tandis que les voix de Gbagbo stagnent ou même reculent. C’est plus que surprenant, mais vous pouvez vérifier les chiffres : http://www.abidjan.net/elections201...

    2/ La CEI, commission électorale « indépendante » n’est pas indépendante des partis politiques mais indépendante du pouvoir présidentiel. Dans la pratique, seul un quart des membres y était favorable à Gbagbo tandis que trois quarts étaient pro-Alassane. Si l’on accuse le Conseil Constitutionnel d’être à la solde de Gbagbo, on ne peut pas faire l’impasse sur le fait que la CEI était à la solde d’Alassane Ouattara. Pour bien le vérifier, voici quelques bonnes questions :

    * Pourquoi, et sur quels critères, la CEI a-t-elle invalidé la totalité des votes des Ivoiriens de France au 1er comme au 2nd tour, alors que le scrutin s’était déroulé normalement dans de nombreux bureaux et que les résultats étaient favorables à Gbagbo ?

    * Pourquoi la CEI annonçait-elle une participation électorale de 70 % au surlendemain du 2nd tour :

    http://www.france24.com/fr/20101129...

    Ensuite, dans les résultats annoncés par Mr Bakayoko, président de la CEI, cette participation bondit brutalement à 81 %. Ce n’est pas sérieux, et encore moins crédible !

    3/ Le 2nd tour, au Nord et au Centre tout particulièrement, a vu de nombreuses violences, dont les observateurs internationaux ont été témoins et aussi victimes ! Pourquoi les observateurs de l’UE ont-ils changé de discours au lendemain du 2nd tour des élections comme s’ils avaient été sommés de se taire par leur hiérarchie ? Les faits :

    - L’actualité récente et sulfureuse relatée par France-Soir  :

    http://www.francesoir.fr/etranger/c...

    - Christian Preda, chef des observateurs de l’UE, le 27 novembre 2010, veille du 2nd tour, à la suite de menaces de mort sur ses observateurs à Yamoussoukro, les obligeant à se sauver :

    http://www.jeuneafrique.com/Article...

    Finalement, vérifiez les résultats de Yamoussoukro : 22% pour Gbagbo. Il ne faut pas être sorcier pour découvrir à qui cela a profité et qui a bien pu menacer de mort les observateurs et les empêcher de contrôler les résultats ?

     En conclusion, il faut avoir le courage de le reconnaître, Mr CHOI s’est beaucoup trop précipité pour certifier les résultats de cette élection. L’honnêteté voudrait que l’on sépare les Procès Verbaux qui ont été signés par les deux camps de ceux qui ont été signés par un seul camp ou signés sous la contrainte, et qui ont fait l’objet d’une contestation. Cela ne prendrait que quelques jours à une commission internationale pour apporter un verdict : tel ou tel est élu de façon indiscutable, ou bien, il faut reprendre le 2nd tour...

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Philippe Cartero

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