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Géopolitique du gaz

Quelques mouvements chez les intervenants majeurs dans le marché mondial du gaz où chacun se positionne pour assurer au mieux de ses intérêts l’accroissement de sa production propre et la logistique de ce gaz, essentielle dans ce métier.

Gaz de France qui, après des années de demi-sommeil, se réveille sous la direction de M. Cirelli et/ou sous l’influence de sa prochaine fusion avec Suez. Canalblog056Il vient d’annoncer la signature d’un accord pour construire un terminal gazier... au Canada. Une opération un peu curieuse pour une société d’Etat (pour l’instant) dont on pourrait penser que son but est d’abord d’approvisionner le marché français. Peut-être une anticipation sur son statut futur, donc...

A moins que ce ne soit la recherche des bonnes grâces... du Russe Gazprom qui sera le fournisseur exclusif de ce terminal d’importation à partir du champ gazier géant de Chtokman, en mer de Barents dont les travaux d’étude et ingénierie sont sous-traités au Français Total.

Ledit terminal dans lequel deux partenaires canadiens, Enbridge et Gaz Metro sont présents est implanté à l’entrée du Saint-Laurent et comportera des installations de regazéification pour recevoir le gaz liquéfié en provenance de Chtokman. Il en coûtera quelque 550 millions d’euros au consortium.

Grand gagnant de l’opération, Gazprom qui s’ouvre ainsi le marché nord-américain et trouve un énorme débouché potentiel au gaz de son nouveau megagisement. Petit gagnant GDF déjà présent au Canada par l’intermédiaire d’Intragaz une société de stockage et de distribution du Quebec dans lequel il possède 57 % et actionnaire de référence de Gaz Metro. Le projet de gazoduc russo-italien qui porte les ambitions de Gazprom en Europe, South Stream, va bien. Le dernier actionnaire potentiel pour se joindre au projet, la Grèce, vient de signer avec la Russie pour y rentrer. C’est Gazprom qui pilote le projet qui doit passer sous la mer Noire pour approvisionner Bulgarie, Italie, Serbie, Grèce et pas sa branche Nord l’Autriche et l’Europe du Nord et de l’Est. Le tout à partir de gaz russe, mais aussi de gaz en provenance du Turkménistan, du Khirgizstan, de l’Ouzbekistan voire d’Iran pour une capacité annuelle de transfert de 30 milliards de M3 à partir de 2013. Un gaz que Vladimir Poutine a su nous confisquer avec une grande habileté Grand concurrent du gazoduc South Stream, celui baptisé Nabucco qui, lui, visait à contourner le territoire russe pour acheminer le gaz des mêmes pays de l’Asie centrale, a de la peine à progresser. A juste titre car comment le rentabiliser si la Russie confisque le gaz de ces régions pour l’injecter dans son propre gazoduc ? Le pari est qu’il y aura suffisamment de gaz disponible chez les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbecks, voire Iraniens, pour remplir les deux tuyaux. Une bonne nouvelle pour Nabucco, l’entrée dans le projet de l’électricien allemand RWE. Quant au Francais GDF, il attend toujours à la porte où il a été rejeté par... la Turquie, mécontente de l’attitude politique de la France à son égard (reconnaissance du génocide arménien et frein à l’entrée en Union européenne).

Nabucco contourne donc la mer Noire et la Russie en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie vers l’Autriche et l’Europe centrale. Il est prévu coûter 5 à 6 milliards d’euros et démarrer en 2012. Pour l’instant GDF active ses réseaux d’amis pour contourner la barrage de la Turquie. Nul doute que la privatisation sous la coupe de Suez devrait aider. Dernier point intéressant, en Iran cette fois, le retrait annoncé par Shell et son partenaire, l’Espagnol Repsol, du megaprojet gazier de mise en valeur du gisement de South Pars, un projet à 6,4 milliards d’euros. Officieusement, ce serait à la suite des pressions politiques américaines pour forcer les Iraniens à abandonner leur programme de mise au point de l’arme nucléaire, mais d’autres considérations sont également présentes (coût, exigences iraniennes, voire possibilité de "pomper" le champ gazier à partir de sa partie en territoire qatari ?).

Inconvénient majeur néanmoins, le recul de Shell et Repsol, pourrait ouvrir la porte à un invité de dernière minute non désiré, le Russe Gazprom bien sûr...

A suivre


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1 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 29 mai 2008 13:27

    Comme l’auteur n’intervient jamais dans les commentaires qu’il suscite , je ne m’y manifesterai plus, sauf pour dire : ça me dérange...

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