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Géorgie : ma santé va mal

Dans nombre de pays pauvres, sous l’inspiration des pays riches et des institutions internationales, la tentation est grande de faire reculer le rôle de l’Etat dans le secteur de la santé, alors que tout est à construire ou reconstruire, comme en atteste l’exemple de la Géorgie.

LA CRISE des ressources humaines en santé dans les pays pauvres s’aggrave. Il manque quatre millions de professionnels de la santé dans ces pays. En Afrique subsaharienne l’espérance de vie des adultes a reculé, le nombre de décès liés au sida augmente toujours et les cas de tuberculose ont doublé depuis 1990. Mais l’Afrique n’est pas le seul continent touché par cette crise : la déliquescence des systèmes de santé est mondiale. Dans nombre de pays pauvres, la tentation est grande de faire reculer le rôle de l’Etat dans ce secteur, alors que tout est à construire ou reconstruire. Une tendance encouragée par les pays riches, qui s’avèrent incapables d’honorer leurs engagements en matière d’aide publique au développement. Les personnels de santé sont les premiers témoins de cette débâcle.

GEORGIE, UN SYSTEME A CHANGER
Nana Diasamidze est médiatrice de santé à Batumi, en Géorgie. Elle facilite l’accès aux soins médicaux des personnes les plus démunies. En septembre 2006, le gouvernement géorgien a entamé la privatisation de son système de santé. Les pouvoirs publics se sont alors engagés à fournir une aide médicale gratuite pour la population du pays vivant en dessous du seuil de pauvreté. Dans sa région, un tiers des habitants vivent sous ce seuil. Pour beaucoup, la gratuité de la prise en charge médicale n’est pas complète et ne couvre pas le coût de certains médicaments. Le nouveau système privatisé laisse beaucoup de Géorgiens sur le bord de la route. « Il faut absolument que le gouvernement étende la couverture médicale qu’il fournit afin que chacun ait accès à des soins de santé de qualité : des habitants en bonne santé, c’est un pays qui va bien  », assène Nana.

En tant que médiatrice, Nana observe l’accès aux soins des habitants de Batumi et des villages alentour. «  J’aide à protéger les patients et à faire valoir leurs droits  », précise-t-elle. « Je donne aux gens de l’information et des conseils sur leurs droits et les prestations auxquelles ils peuvent prétendre. Je leur explique les programmes de santé locaux et nationaux à leur disposition.  » Régulièrement au contact de gens qui n’ont pas accès aux soins médicaux de base, elle est persuadée que le système en cours est à changer. « Le gouvernement se doit d’améliorer et de modifier l’aide publique pour qu’elle couvre des familles qui, à l’heure actuelle, n’y ont plus droit Les critères de sélection devraient être conçus pour intégrer toutes les personnes pauvres et devraient garantir l’accès aux programmes d’assurance médicale et de soins.  »

PAS DE SUBSTITUTION
Pour que les populations des pays en développement aient accès aux services essentiels tels que la santé, leur gouvernement doit assumer la responsabilité de leur fourniture. Les organisations issues de la société civile et les entreprises privées ont un rôle à jouer, mais elles doivent être correctement régulées et intégrées dans des systèmes publics efficaces et non se substituer à ces systèmes. Seuls les gouvernements sont capables d’avoir les moyens nécessaires pour fournir un accès universel à des services gratuits et adaptés aux besoins de tous les citoyens - et notamment des femmes et des filles, des minorités et des personnes les plus défavorisées.

Les gouvernements des pays riches et les institutions internationales comme la Banque mondiale doivent soutenir ces systèmes publics. Mais bien trop souvent, les conditions qu’ils imposent en contrepartie de leurs prêts, empêchent tout investissement public massif dans le secteur de la santé. Plus encore, l’aide publique promise à ces pays n’arrive pas, ou alors tardivement. Pourtant, les initiatives mondiales de coopération internationale en matière de santé ne manquent pas. A un point tel que l’aide internationale en matière de santé souffre de son morcellement - il existe plus de 100 initiatives différentes - réduisant considérablement son efficacité.

Engagement public fort au niveau national d’un côté, soutien efficace et coordonné à ces stratégies de la communauté internationale, de l’autre : c’est à ces conditions que les gouvernements des pays pauvres pourront fournir des soins de santé de qualité, pour tous, en particulier pour les plus démunis.

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"Santé et éducation POUR TOUS", une campagne mondiale pour le renforcement des services publics dans les pays du Sud

EN SEPTEMBRE DERNIER, en Inde, les affiliés d’Oxfam International et leurs partenaires de plus de 100 pays ont lancé la campagne internationale « Santé et éducation POUR TOUS ». Déployée sur trois années, cette campagne mondiale se mobilise pour lutter contre la pénurie de personnel dans les écoles et les hôpitaux au Sud. Il manque aujourd’hui 6 millions d’enseignants, d’infirmier(e)s et de médecins dans le monde. Pour palier cette pénurie, les Etats du Nord et du Sud doivent prendre des engagements concrets. Il faut les y pousser. Dans le cadre de la campagne internationale « POUR TOUS », Oxfam France - Agir ici lance donc une première action d’interpellation : « Immigration : qui choisit ? »

Par Sébastien Fourmy, Oxfam France - Agir Ici
Article paru dans Altermondes (décembre 2007).
Diffusion sur Agoravox expressément autorisée par l’auteur.

www.oxfamfrance.org


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