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Accueil du site > Actualités > International > Giap le transcendant

Giap le transcendant

Vo Nguyen Giap est né dans l’Indochine française en Août 1911. Il vit encore, à cent et un an.

Il est le seul au monde, en l’espace de moins de 20 ans, à avoir défait deux très-puissantes armées, l’armée française, puis l’armée américaine. L’histoire retiendra son génie militaire et d’aucuns n’hésitent pas à le comparer à Napoléon.. Mais au-delà du prodigieux soldat autodidacte – Giap n’a suivi l’enseignement d’aucune académie militaire, sa seule école a été celle de la guérilla dans les denses espaces urbains de Hanoï, de Saigon ou de Haiphong, dans les rizières, la jungle et les montagnes – véritable tigre à l’aise dans les rochers au milieu des siens, Giap est sans conteste un intellectuel brillant, un politique avisé, un stupéfiant visionnaire, un philosophe.. Philosophie de la vie comme déploiement de la totalité de l’énergie de l’individu, puisée entre autre dans le Hagakuré, et communiqué à tous ses soldats si l’on en juge par l’extraordinaire vitalité, la farouche volonté opposées à l’appareil de destruction des U.S. Philosophie de la mort aussi, voie du Samouraï, de la mort comme sacrifice nécessaire, prix à payer jamais trop élevé quand il s’agit de liberté. Il continue d’étonner par son intelligence du monde.

Son père était un Mandarin.

Un « personnage choisi pour diriger parmi les meilleurs hommes d’esprit ». Par ses origines, il est ainsi l’héritier des privilèges d’une caste dirigeante imprégnée à la fois de la connaissance de la civilisation chinoise et de la culture de l’Occident. Tout enfant, il n’a pas manqué d’avoir la révélation des exactions des Occidentaux en Chine et en Asie du sud-est, son esprit a du enregistrer très-tôt les images du sac de la Cité impériale par les Français et les Anglais, les souvenirs terribles de l’invasion étrangère, les souvenir des trahisons des engagements politiques, comme celles ayant conduit à la violation des traités de Nankin et de Tianjin..

L’Université de Hanoï, envers bénéfique de la colonisation pour le Vietnam, en a fait un historien. Il a ensuite enseigné l’Histoire.

Les évènements internationaux entourant son enfance, puis sa jeunesse, la guerre russo-japonaise, le déferlement des troupes japonaises – ou des « coiffeurs » - dans tout le sud-est asiatique, la Grande Guerre en Europe, la Révolution russe, le renforcement de l’emprise coloniale.. ont très-tôt nourri quelques idées directrices qui le guideront tout au long de sa vie :

- L’engagement absolu et la volonté farouche de libérer son pays de toute occupation

- La méfiance vis-à-vis de la civilisation occidentale, américaine surtout.

A ce propos, Giap n’a pas pu ignorer les différences fondamentales entre les méthodes respectives des Français, des Anglais ou des Américains en matière de colonisation. Ces différences plongent leurs racines au fond des siècles, au cœur des différentes visions du monde qui caractérisent les uns et les autres. Giap a reçu une éducation française. Les Français, fidèles aux ambitions civilisatrices et aux idéaux socialistes d’un Ferry, installaient écoles et universités dans leurs possessions, jouaient le jeu de l’intégration..Le Vietnam n’a pas fait exception à cet égard. Les Américains, autres temps autres mœurs, l’ont couvert de ferrailles, d’explosifs, de feu et de Napalm, de défoliants et de phosphore..

Il ne s’agit cependant pas de faire de l’angélisme dans l’analyse de ces choses. Le Viet Minh a infligé des souffrances terribles aux Français, des soldats et des civils furent sauvagement torturés, assassinés.. Le mouvement d’Emulation Patriotique créé par Ho-Chi-Minh dés 1946 n’avait-il pas lancé le mot d’ordre : « tuer le plus grand nombre de Français ». Les « Soldats de la boue » et les séides de Salan n’ont pas été en reste.. Il se peut même que, s’ils en avaient eu les moyens, les Français aient eu recours aux mêmes méthodes que les Américains : le général Navarre, instigateur de la mauvaise stratégie ayant abouti à Dien-Bien-Phu, se voyant perdu, n’a-t-il pas fait demander aux Américains l’emploi d’armes nucléaires tactiques pour écraser les troupes de Giap ? Mais on en était réduits aux dernières extrémités..

Il n’empêche, l’invasion du Vietnam par les troupes japonaises en 41 et la présence de ces troupes pendant près de cinq ans ont laissé dans les populations de terribles souvenirs, très-certainement plus terribles que ceux laissé dans leur ensemble par les Français. Les Japonais ne faisait guère de différences lorsqu’il s’agissait de casser du Viet ou du Français.. Curieusement, l’histoire n’a gardé qu’une faible mémoire de ces exactions, des temps maudits où Les troupes de Giap et de Bak Ho se trouvaient objectivement alliés aux Français pour résister aux Japonais.

Sa mère était une « Niakwé »

Par sa mère, Giap est fils de l’éternelle paysannerie du Vietnam. Toute sa vie durant, il restera fidèle à ses origines, il aimera se replonger dans l’environnement des campagnes et des rizières de son enfance, dans la jungle et les montagnes, là sont les espaces connus, familiers, domptés, refuges envers et contre tout, absolues protections. Giap a pu paraphraser Lamartine : « Oui je reviens à toi berceau de mon enfance, embrasser à jamais tes foyers protecteurs, loin de moi les cités et les vaines opulences.. ».

L’aptitude à vivre au contact de la nature, aussi rude et inhospitalière puisse-elle-être a été un facteur déterminant dans sa stratégie militaire. D’autant plus que ces troupes partageaient avec lui ces aptitudes.. Giap, éduqué par les Français et les Chinois, érudit de civilisation française et chinoise, a une moitié de son être façonnée par l’antique monde paysan, dont les qualités, vu de notre côté, expliquent aussi bien la fortune de Rome que les victoires des Français jusqu’à une époque récente..

Les ancêtres de Giap ont été des chasseurs de tigres et d’éléphants, des éleveurs de buffles, des agriculteurs pauvres. Il n’a jamais oublié les immenses seigneurs gris déboulant en hordes sauvages à travers les hautes herbes, il n’a jamais oublié le tigre Cop, celui qui sait un peu, la rivière Ya-Rhu qui doit se douter de quelque chose, le petit prince Bong, celui né avec un seul œil, qui ne voit que la moitié de la lune, que la moitié de la terre.. mais qui a néanmoins su ramener à son clan le feu salvateur.. Giap a lu les contes de Pluie et de Lune..

Parvenu aux sommets de la puissance et de la gloire, des possibilités qu’offre l’argent sans compter, Giap est resté attaché au mode de vie simple et frugale qui caractérise sa vie d’enfant, de soldat, de général en chef, qui caractérise aussi celle de la plus grande partie de son peuple.

Il a toujours méprisé les modes de la société dite moderne, du système de consommation de l’Ouest, l’American way of life tout particulièrement, irrémédiablement abîmée dans l’industrie du divertissement, si proche de la plus lamentable des fins..

Il se pourrait que Giap, expert en matière de résistance à l’envahisseur, puisse même nous aider à résister à notre époque. A cet égard, l’OWS pourrait en faire un Maître à penser. Cette symbolique invasion de la puissante Amérique ne serait qu’un juste retour des choses.

Sources 

Ho Chi Minh, Vo Nguyen Giap and their people’s army defeated the United States in the Vietnam War because they were smart and they had the political and military weaponry to outfox a superpower. Business World Manille


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44 réactions à cet article    


  • soimême 19 juin 2012 11:07

    @ Montagnais, article intéresant sur un homme intéresant qui la mis à la croisé de l’histoire.

    Il y a un livre de Walterg. Langlois sur André Malraux qui décrit bien ce qu’est était l’Indochine des années 30 et la lamentable administration colonialisme Français qui ce comportaient comme des escrocs sans scrupule.

    C’est a milles lieux du symbole qui a été affiché à l’exposition coloniale de Paris qui présentait la France fait œuvre de civilisation.

     <

    La création de l’Indochine française, plus précisément Union indochinoise, résulte du décret du 17 octobre 1887, créant le « gouverneur général civil de l’Indo-Chine » et confiant à celui-ci « l’administration supérieure de la colonie de la Cochinchine et des protectorats du Tonkin, de l’Annam et du Cambodge ».

    À l’intérieur de cette entité, le Laos (régime mixte) et le Cambodge (protectorat, monarchie sous tutelle française) gardent leur nom, mais le Viêt Nam n’existait pas en tant que tel. Trois États occupaient son territoire :

    • le Tonkin (du vietnamien Đông Kinh, « capitale de l’Est »), régime mixte ;
    • l’Annam (« Sud tranquille », l’un des noms du Viêt Nam sous occupation chinoise), protectorat (monarchie sous tutelle française) ;
    • la Cochinchine (contrée nommée ainsi parce que située sur la route maritime entre Cochin sur la côte orientale de l’Inde, et la Chine), colonie.

    L’Indochine était une colonie d’exploitation. Le général Pasquier a affirmé ainsi : « Il faut que les profits de l’Indochine reviennent aux Français ». On y prélève des impôts (impôt foncier, capitation, taxes locales), mais surtout, l’administration française a le monopole des commerces de l’opium, du sel et de l’alcool de riz. Ce monopole compte pour 44 % dans les rentrées du budget en 1920, et 20 % en 1930. Du côté financier, la banque de l’Indochine, fondée en 1875, banque privée française, domine l’ensemble de l’économie vietnamienne. Elle dispose du monopole de la frappe de la piastre indochinoise. L’Indochine est, après l’Algérie, la colonie qui reçoit le plus d’investissements français (6,7 milliards de francs-or en 1940). Au cours des années 1930, les Français exploitaient différentes ressources naturelles dans les pays formant l’Indochine française.

    Les premières interventions militaires françaises remontent à 1858, à l’époque du Second Empire (1852-1871) avec comme prétexte la protection des missionnaires (des communautés chrétiennes y avaient été fondées dès le XVIIe siècle), mais dans la troupe d’invasion se trouvait un très grand nombre de soldats espagnols. La première intervention fut la prise de Tourane (Danang) et celle de Saigon. Toutefois, les intérêts économiques français (thé, café, charbon, caoutchouc) se trouvaient au centre de la conquête de l’Indochine, car les membres de la Chambre de commerce de Marseille avaient affirmé leur intention de « faire de Saïgon un Singapour », qui était une colonie britannique à cette époque. Dans les milieux d’affaires liés aux républicains opportunistes, de Léon Gambetta à Jules Ferry, pour qui la colonisation devait permettre de résoudre la crise des débouchés industriels, le Tonkin semblait être un tremplin vers l’immense marché chinois. En effet, des négociants comme le trafiquant d’armes Jean Dupuis, les soyeux de Lyon dont le marchand de soie Ulysse Pila (1843-1909) fut l’une des principales figures de l’Annam-Tonkin entre 1884 et 1906, de grands groupes industriels et financiers (Fives-Lille, Société de Construction des Batignolles, Comptoir national d’escompte, Société générale, Crédit lyonnais, Paribas) souhaitaient se tailler une sphère d’influence en Chine. L’armée française prit progressivement possession des pays de la péninsule indochinoise qu’ils baptisèrent en 1887 « Union indochinoise ». Cette union comprenait cinq pays, en partie des créations coloniales : le Cambodge, le Laos (à partir de 1893), la Cochinchine, l’Annam et le Tonkin. Alors qu’elle était une colonie de peuplement dès le début, la colonisation de l’Indochine par la France devint très rapidement une colonie d’exploitation de nature économique.

    L’Indochine était une colonie d’exploitation et non de peuplement : la mise en valeur des ressources du pays débuta dès la fin de la conquête. Des négociants comme Jean Dupuis, de grands groupes industriels et financiers (Fives-Lille, société des Batignolles, Comptoir national d’escompte, Société générale, Crédit lyonnais) s’implantèrent en Indochine pour avoir un accès au marché interne de la Chine et l’achèvement du chemin de fer du Yunnan reliant Haiphong à Yunnanfou concrétisa leur stratégie. Albert Sarraut, gouverneur général de 1911 à 1914, puis de 1916 à 1919, ministre des Colonies à partir de 1919, s’en fit le héraut. Il créa l’Agence économique de l’Indochine pour la propagande en direction des milieux d’affaires. Il élabora le plan d’équipement de la péninsule, dit plan Sarraut, en 1921. La Première Guerre mondiale, par l’importance de la contribution de l’Empire colonial à l’effort de guerre de la métropole française, confirma son intérêt économique.>

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Indochine_fran%C3%A7aise

    Et contrairement de ce que vous affirmez < Les Français, fidèles aux ambitions civilisatrices et aux idéaux socialistes d’un Ferry, installaient écoles et universités dans leurs possessions, jouaient le jeu de l’intégration. >

    C’est faux, c’est plutôt un esprit mercantiliste qui à pousser les Français dans un projet éducatif en Indochine, et non pas la légende doré du mythe Jules Ferry.

    C’est sans doute les vapeurs de l’Orient qui nous présente, l’histoire de l’Indochine comme un mirage pour les Français, alors que sa conquête est son Administration à été entacher des pires méfaits en un mot nous sonnes comportés là bas comme des salauds !


    • Montagnais Montagnais 19 juin 2012 15:49

       Merci pour l’intérêt porté, pour votre contribution.

      « Légende dorée » certes, mais nos compatriotes, à l’époque, y croyaient à ces principes.


    • al.terre.natif 19 juin 2012 11:20

      instructif ! Merci :)


      • Montagnais Montagnais 19 juin 2012 15:51

        Merci, la suite vous plaira..


      • LE CHAT LE CHAT 19 juin 2012 11:53

        un grand stratège !


        • soimême 19 juin 2012 12:06

           Un grand stratège, en comparaison de l’arrogance Française sans srupule en Indochine !


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 19 juin 2012 12:27

          Il ne faut pas non plus exagérer : il a bien évidemment battu notre armée à Dien Ben Phu mais pour le reste, il n’ a pas obtenu de victoires militaires à part l’invasion du Sud Viet Nam APRES le départ des Américains.

          En fait, ce sont les opinions politiques des populations tant Française qu’Américaines qui ont EXIGE la fin des combats.

          A peu près n’importe quel militaire placé das les mêmes conditions aurait obtenu le même résultat.








          • Montagnais Montagnais 19 juin 2012 15:56

            Je peux bien vous dire que lors des minutes de silence radio qui ont suivi l’annonce de la chute de Dien-Bien-Phu, un matin de mai, l’ambiance dans le bistrot du Grand-père était à la consternation. Deux types du village, la vingtaine, ont été tués en Indochine.. A l’époque, le village les a pleuré, mais n’a jamais contesté le bien fondé de leur sacrifice.. C’était une autre époque.. On doit retenir surtout que les Américains, qui disaient « l’Indochine est une colonie trop riche pour qu’on la laisse à la France » n’ont eu de cesse de nous virer. Avec du recule, peut-être le fallait-il.


          • himmelgien 22 juin 2012 03:54

            Rien n’est plus faux : le seul qui peut se vanter d’avoir battu Giap est le général Raoul Salan , son ami , qui brise l’offensive Viêt-Minh à la bataille « oubliée »  de NaSan, en 1952 !...( En 1946, aux pourparlers franco-Viêtnamiens, les 2 hommes avaient sympathisé au point que Giap avait proposé à Salan le commandement en chef de l’Armée Démocratique !... 

             En 1972, Giap marque un point décisif de la seconde guerre d’indochine : en sortant toutes ses réserves, il défait de façon indiscutable l’armée de terre US en rase campagne, dans la plaine de Kontum !... Le général Westmoreland, qui croyait surprendre l’armée communiste par un mouvement tournant, à travers Camboldge et Laos, se prend le choc frontal des Viêt !... Les invincibles GI’s se font tailler en pièces et ne doivent d’échapper à la reddition que par une retraite précipitée , qui se prolongera en déroute !... La fuite de 50.000 « GI Joë » sera le tournant définitif de la guerre !... Peu après, les troupes US commencent à évacuer la péninsule et même Saïgon tandis que Richard Nixon devait faire face à une procédure « d’empeachment » qui se terminera par sa démission !... 


          • lerenard lerenard 19 juin 2012 12:48

            j’admire cet homme c’est un grand parmi les grands
            je suis bien français mais je fustige l’esprit colonisateur que nos ancien et même dirigeant actuel était et sont défendre son sol et les siens c’est bien envahir un pays pour lui prendre ses richesses c’est condamnable n’est ce pas ms Bernard Henri Lévy


            • Montagnais Montagnais 19 juin 2012 16:02

              Je prépare un ouvrage au titre qui rejoint ce que vous pensez : Giap, une philosophie supérieure de l’existence.. La dimension militaire ne m’intéresse que très peu, bien que, mais elle a été largement couverte, par les Américaine surtout.. Giap est un initiateur, une source d’inspiration pour une pensée nouvelle, un exemple pour la résistance - nécessaire - à notre époque.

              Au contraire de BHV, il avait fait l’économie de quelques dentelles en matière vestimentaire.. Sur le fond, les différences sont abyssales.


            • Patrick Samba Patrick Samba 19 juin 2012 19:16

              Bonsoir,

              Ah ouais, Montagnais, vous aussi vous participez à la curée textile ? J’aurais pas penser.

              Non pas que je veuille le défendre myopement, le personnage ayant bien des aspects agaçants et même plus (mais qu’il s’habille avec soie ou sans soie, avec col ou sans col, ou qu’il se promènerait à poil, de tout ça je m’en fous). Et puis quand on s’avise de vouloir même modérément le défendre on se fait aussitôt flinguer, et je suis pas maso. Et quant à sa position sur la Syrie, comme à l’égard de toute autre position sur le sujet, bien malin celui qui peut tranquillement affirmer détenir la bonne interprétation. Mais sur bien d’autres sujets il me parait tout à fait scandaleux de vouloir le lyncher sans autre forme de procès.
              ( de toute façon face au lynchage j’ai toujours ressenti une rapide et intense nausée).

              En tout cas notre dandy est bien loin de s’être souvent trompé, et ses analyses sont souvent loin d’être sans intérêt (sauf pour les ayatollahs de la pensée).

              Reste que l’opinion bien-pensante et « lyncheuse » communément admise en France n’est pas forcément partagée par tout le monde. Parmi ces renégats et vérolés du cerveau des personnes estimables au nombre desquelles un autre général pour le moins courageux :
              BHL comme Bosnie-Herzégovine Libre | Bosnie-Herzégovine sur Internet - BH Info

              Sinon comme bien souvent, bien intéressant article.


            • soimême 19 juin 2012 13:12

              Que beaucoup de Français ignore la guerre d’Indochine de à 53 à été faite avec l’aide américaine.
               

              L’alliance franco-américaine et la guerre d’Indochine, laboratoire d’une rupturehttp://rha.revues.org/index2243.html

              • nilasse nilasse 19 juin 2012 13:38

                un très grand stratège ce giap. n’oublions pas non plus la déculotté que les chinois et khmers rouges ont pris par les viet avec ce même giap a la tête de l’armée(on ne dit pas vietnamien en asie). les chinois avaient cru bon,(après que leurs alliés khmers rouges aient attaqué a plus de 3000 reprises,des villages viet, derrière la frontière,et que pour faire cesser ça, l’armée viet écrabouillait les khmers rouge et envahissaient le kampuchéa (cambodge) ),de rentrer en guerre contre le vietnam,grave erreur. il ne leur a pas fallu 2 semaines pour comprendre qu’ils allaient perdre la guerre,car l’armée viet était entrée sur plus de 40 kilomètres en territoire chinois,avec une armée chinoise en pleine débandade. les chinois ont préféré abandonner leurs alliés khmers rouges, plutôt que de voir le vietnam a pekin quelque semaine plus tard et ont demandé un cessez le feu et ont plié a toutes les exigences du gouvernement vietnamien. dont d’ailleurs la victoire au cambodge,les a même poussé a rentrer en thailande,ou la aussi,l’armée thai était complètement larguée et il a fallu que les usa menace d’un bombardement atomique pour que leur avancée soit stoppée. voila pourquoi les thai,amis des usa,ont très largement subventionné les poches de résistances khmers rouges,pourtant ennemi des usa,pour tenter de contenir et d’affaiblir l’armée viet. je vais très souvent en asie et en particulier dans ces pays,laos,vietnam et cambodge. je sais pas ce qu’ils bouffent le matin,mais pour un petit pays comme le vietnam,les gars sont de veritable warrior.


                • Montagnais Montagnais 19 juin 2012 16:07

                  Tout bon.. Je vais approfondir et suivre vos pistes. Vous connaissez des gens capable de parler de Giap au Vietnam ? Je rappelle, on prépare un essai sur le sujet.. Merci.


                • nilasse nilasse 19 juin 2012 16:49

                  quant on voyage et qu’on rencontre des gens du cru ou des gens qui connaissent bien l’histoire du coin,on en parle. je ne peux donc pas dire que je connais des gens au vietnam qui pourraient en parler et malheureusement,je ne pourrais vous mettre en contact avec personne.


                • Pi@h 19 juin 2012 14:51

                  Giap était un stratège instruit, courageux et fier. Il a vu la bande de fiottes de collabos du régime Vichy se coucher devant les Japs quand ils sont entrés sur le territoire. Il n’a jamais compris pourquoi ils n’ont pas résisté à l’enemi. Les Français ont fait preuve d’énormes complaisances pendant cette période en fermant les yeux sur les pillages, viols et meurtres des troupes Japs sur la population Vietnamienne. Le ressentiment « anti-Français » a pris ses racines dans la lâcheté Française.

                  Dien Bien Phu reste une victoire tactique mémorable. Les Français ont sous estimé leur adversaire comme jamais, pensant qu’ils n’arriverait jamais à hisser ses pièces d’artilleries en haut des collines, résister aux bombardements ou encore fixer un siège faute d’approvisionnement...Il a fait monter les pièces d’artilleries en pièces détachées en un temps record, construit des galeries pour les frappes aériennes et approvisionner ses troupes via la piste Ho Chi Minh.

                  Avec plus de mecs comme lui, on aurait peut etre évité une bonne branlée contre les Allemands.


                  • Montagnais Montagnais 19 juin 2012 16:11

                    Evidemment oui sur vos conclusions..
                    Sur Dien-Bien-Phu, l’excellent livre de Jules Roy.


                  • titi 24 juin 2012 23:22

                    « Il a vu la bande de fiottes de collabos du régime Vichy se coucher devant les Japs quand ils sont entrés sur le territoire. Il n’a jamais compris pourquoi ils n’ont pas résisté à l’enemi. »

                    Et avec quoi l’auraient ils fait ? Vous devriez relire les conditions d’armistice imposées par l’Allemagne ?


                  • alain_àààé 19 juin 2012 15:57

                    Mr PI@F vous exagéré quand vous dites que la france s est mis a genou elle a suivi le marechal PETAIN et permis que DEGAULLE existe alors par pitié arrété d écrire des anneries sur le peuple francais méme s il y a eu des drames comme dans tout pays occupé par des troupes étrangéres.vous devez étre « JUIF » pour écrire comme ca.je ne vais pas encore parlé de ma famille qui ont été dans les premiers résitants pros gauliste et communiste t déportés.mais ignoré par tous les présidents de la république et gouvernement pour les derniers résistants on l as vu avec le dernier commissaire de l aprés guerre j oublie son nom


                    • Montagnais Montagnais 19 juin 2012 16:17

                      Vaste sujet.. Autre sujet. Le Blanc est la marque du deuil ici, pas là. Rien n’est simple, truisme.

                      Fin de mes possibilités Internet pour aujourd’hui.

                      Dans les jours qui viennent, il me faudra identifier quelques dizaines de personnes capable de parler de Giap, d’amener un témoignage de première main, d’accepter de témoigner..

                      Pas facile non-plus.

                      Merci à tous.


                    • Pi@h 19 juin 2012 16:41

                      Je ne suis pas Juif (!) et puis toute façon je ne vois pas le rapport...Bref relisez bien mon commentaire, je ne parle pas du Général de Gaulle mais des collabos du régime de Vichy qui se sont rendus aux Japs quasiment sans résistance et laisser massacrer les Vietnamiens.

                      Mon grand père a fui le STO et pris le maquis, puis s’est battu en Indochine et Algérie. Encore heureux qu’il y avait de vrais patriotes comme vos grands parents, et bien d’autres encore...

                      Celà n’enlève rien à la grandeur de Giap, qui ne s’est couché devant aucun occupant.


                    • easy easy 19 juin 2012 18:58

                      «  »«  »mais des collabos du régime de Vichy qui se sont rendus aux Japs quasiment sans résistance et laisser massacrer les Vietnamiens«  »« 

                      Les Français qui s’étaient retrouvés coupés de la France en 39 (peut-être 40 000 personnes militaires et civils confondus) n’étaient pas, à ce moment là, des Vichystes.

                      Il faut se mettre à la place de ces quelques bougres qui ont vu déferler des centaines de milliers de Japs. Quoi faire ?
                      Peu leur importait alors de se réclamer de Pétain ou un peu plus tard de De Gaulle. Certes, il y avait quelques instructions de Vichy les plaçant sous l’autorité de Pétain. Mais peu leur importaient les nuances de Chefferie métropolitaine. Que faire face à ce déferlement de Japs ?
                      Il y a eu des résistances anti Jap, ici et là, toutes ayant forcément mal fini pour les Français. En finale, il fallu se résigner à composer avec le vrai chef de la situation qui n’était autre que le Jap (et le Jap local qui oubliait d’en référer à Tokyo).

                      Comme il s’était produit en 40 la bataille de Dakar (perdue par les Anglais et Gaullistes) les Français survivants d’Indochine ont commencé à craindre des représailles de la part des gaullistes quand ils ont appris que les Alliés avaient gagné. Mais déjà le 9 Mars 45, avant Hiroshima, voilà que les Japs jusque là conciliants, se mettent à les attaquer.
                       »Au secours, la France« 
                      Mais personne ne répond.

                      Alors Tonton Ho en profite pour déclarer l’indépendance du Vietnam depuis Hanoï.

                      Puis les Japs capitulent sous Hiroshima.
                      Mais comme ça cafouille encore en Indochine, une bande d’indépendantistes Viets excités par des Japs n’ayant plus rien à perdre se mettent à pourchasser les Français et Eurasiens dans quelques quartiers de Saigon (Massacre de la cité Heraut : 100 à 300 morts)

                      Ce n’est qu’en Octobre 45 que Leclerc arrive à Saïgon face à ce qui reste de Français qui ne savent pas si c’est du lard ou du cochon.
                       »Après tout ce qu’on a subi ici pour défendre notre pré carré, est-ce que les gaullistes vont nous fusiller ?"
                      Heureusement Leclerc les comprend et ne les stigmatise pas. Contrairement à Dakar 1940, la réconciliation entre Français soi-disant vichystes et Français gaulistes a lieu.
                      Il était grand temps car là-dessus, Ho a bougé ses pièces et a mené la vie dure à tout ce qui est français.
                      Leclerc parviendra à négocier l’apaisement avec Ho et à reprendre pied à Hanoï en prononçant le mot d’indépendance.
                      Mais plus tard, parce que De Gaulle n’a pas la mentalité de Leclerc, c’est D’Argenlieu qui mèenra la danse et il ne voudra pas entendre prononcer ce mot.
                      Alors ça va chier jusqu’en 54.


                      En dehors de l’épisode du coulage de la marine Thaïlandaise par nos navires saigonnais (opération menée sous accord Jap) et que des gaullistes n’auraient peut-être pas fait (je ne vois pas pourquoi) tout ce qu’auront fait les Français d’Indochine soi-disant vichystes, ils l’auraient fait pareil s’ils avaient été gaullistes. Les circonstances étaient telles que c’était le Jap local qui commandait non Vichy, Londres, Moscou ou Washington.

                      Un débat vichyste / gaulliste quand on est une poignée de Français complètement dominés par des Japs et alors que personne au Monde n’est en mesure d’intervenir, c’est absurde ou procédurier.


                      Oui ils ont laissé les envahisseurs Jap faire des Viets ce qu’ils voulaient. Mais comment s’y opposer quand on est peu nombreux et qu’on est soi-même un envahisseur ?

                      D’autant que les Japs, autant ils avaient une vieille dent contre les Chinois, ce qui a fait le massacre de Nankin, autant ils ne connaissaient pas les Viets et avaient pour la zone sud de cet extrême Orient un projet consistant seulement à rendre les pays indépendants des Blancs.

                      Les Viets en ont bavé pendant l’épisode Jap + France surtout sur le point de la bouffe. Il y a eu peut-être 2 millions de morts en raison d’une famine causée par le prélèvement de deux envahisseurs mal organisés et considérant leurs priorités bien avant celles des Viets.


                    • easy easy 19 juin 2012 16:21

                      Merci pour ce sujet (dans tous les sens du terme)

                      Giap est d’une intelligence hors du commun.
                      Mais le pays entier possède une étonnante intelligence. 
                       
                      Dans ce pays qui fait quoi, les deux tiers de la France (qui comportait moins d’habitants qu’elle en 1900 mais plus qu’elle maintenant) il y a 53 groupes ethniques (53 langues différentes)

                      (En Chine c’est 56 leur chiffre)

                      Or, sur les 54 ethnies, il y en a une majoritaire à 98% (ce sont les Viets tels qu’on les rencontre à Paris), et les 53 autres totalisent une poignée de millions de membres.
                      Ces proportions remontant à la nuit des temps, c’est donc depuis des lustres qu’existe un pays où domine (dans les plaines) une population à culture très civilisée, bourrée d’administratisme, et où vivent des dizaines d’ethnies (en montagne) toutes anti civilisation, anti administration et vivant nus.
                      Partout ailleurs, la masse des civilisés aurait écrasé ces sauvages. Pas au Vietnam.

                      On s’y retrouvait donc avec des incroyables paradoxes.
                      Il était par exemple possible, encore en 1956, de voir passer sur une route, une charrette tirée par une vache, chargée de légumes et conduite par deux femmes entièrement nues.

                      Alors que les Papous ne côtoient pas du tout la civilisation.


                      C’est comme si de nos jours, on voyait passer sur la N3 des gens archi gaulois ne parlant pas notre langue et n’ayant évidemment aucune pièce d’identité. Lesquels gens vivraient tranquillement sur quelque hauteur sans être le moins du monde harcelés par nous.

                      Comment ou pourquoi cette cohabitation tranquille (avec des échanges par troc) entre sauvages et civilisés a été possible pendant des millénaires au Vietnam et pas ailleurs, je ne me l’explique pas. Mais je constate qu’il en résulte une intelligence d’ensemble.


                      Toujours est-il que si le Viet des villes a une tendance à utiliser le terme de « montagnard » pour indiquer une attitude rustique, non civilisée, non éduquée, non savante, chaque habitant sait au fond de lui qu’il vit dans un pays posé sur l’Administré et le Sauvage, sur la Machine et sur le Manuel.

                      Il apparaît à chaque habitant de ce pays qu’il est possible de vivre avec de l’administration et qu’il est possible de s’en passer.
                      Ca fait qu’il ne ressort pas de principe régulateur ou civilisationnel premier.

                      [Accessoirement. En France, il y a eu la loi salique alors il a fallue le féminisme. Au Vietnam il y a eu plusieurs Jeanne d’Arc (laïques, pas de mysticisme) et même des armées composées essentiellement de femmes. La femme qu’on voit sur les champs de bataille du Vietnam, depuis ses luttes contre les Chinois ou Gengis Khan, n’y est pas entrée par le biais de l’infirmerie à la manière de Dunant. Elle n’y est pas l’infirmière qui éponge le front du guerrier. En aucun endroit de la société Vietnamienne la femme ressent le besoin de se libérer de quelque joug sexiste. Le féminisme n’y a donc aucun sens]

                      Alors qu’en France, le concept de Progrès est placé au-dessus de tout et qu’il serait très téméraire d’en dire du mal. En France, les gens croient au progrès sinon c’est la mort par la maladie et la famine. Au Vietnam, il n’y a pas ce dogme et on n’y a connu la famine que pendant la colonisation.

                      Or un tel dogme de progrès romain ne peut qu’aveugler des stratèges militaires qui y croiraient.
                      (Je crois que la scholastique, qui avaient pourtant semblé, aux yeux de ses détracteurs vouloir nous refonder sur des vieilleries athéniennes et romaines, trop païennes alors, nous a au contraire ancrés plus que jamais dans le dogme du progrès. Ce serait la récupération des pensées d’Aristote qui nous aurait persuadés qu’il faut un sens à la marche de la civilisation et que ce sens ne peut être que le Progrès)

                      Libre de tout dogmatisme romain, Giap a donc bénéficié, comme tous les Vietnamiens, d’une totale liberté de mouvement ou de stratégie. Alors qu’en face, il n’y avait que des généraux jurant coûte que coûte par le progrès « Nous avons des armes plus évoluées, nous ne pouvons que vaincre » 

                      Avant la bataille de Dien Bien Phu, les combats se situaient en plaine, dans le delta du Fleuve Rouge, disons autour de Hanoï. Terrain plat pour les Français, terrain aussi plat pour le Vietminh. 
                      Et voilà que les Chefs Français se mettent en tête de placer leurs troupes dans un plat entouré de montagnes (petites et très boisées) « Nous serons sur le plat, ravitaillés par nos avions et les Viets seront impuissants car en terrain pentu. Il leur sera impossible de trimballer leur mortiers et canons sur ces pentes sans routes » 

                      Mais le Viet sait grâce à sa part sourde de sauvagisme Moï, qu’il peut s’accommoder de la montagne basse. Il comprend alors qu’il peut surprendre le Français qui ne croit qu’aux routes, aux camions et à l’aviation. Et le Vietminh a donc trimballé ses pièces d’artillerie depuis la plaine jusque sur les pentes entourant Dien Bien Phu.


                      Les Moïs (terme générique vietnamien pour désigner les ethnies sauvages, apolitiques, dont les célèbres Hmongs) avaient été utilisés par les Français de manière directe, par exemple pour cultiver cet opium et le leur livrer de manière monopolistique.
                      Les Français savaient très bien que les Moïs avaient des aptitudes spéciales à la montagne (corps trapu, jambes fortes, 40 km de marche par jour comme un rien et sans vivres emportés). Mais ils étaient persuadés que les Viets des plaines n’avaient ni ces qualités, ni la moindre envie d’imiter les Moïs.

                      Les Français se sont trompés.

                      Les Viets méprisaient certes les Moïs depuis la nuit des temps tout en leur foutant la paix, mais dès que le besoin impérieux de parcourir la montagne (ne serait-ce que pour s’y cacher) s’en est fait sentir, les Viets du Vietminh se sont convertis au Moïsme. Ces gens des plaines se sont mis à grimper les pentes en s’appuyant sur le constat que les Moïs y parviennent. « Puisque nos Moïs y parviennent, nous y parviendrons aussi » . La plus grande difficulté des pentes de cette région réside dans le glissant du sol humide, pas dans la pierre coupante. A quelques blessures sur les végétaux près, il est plus intéressant d’y grimper pieds nus car on peut planter les orteils dans cette savonnette et on peut aussi saisir une branchette, une touffe d’herbe entre les deux premiers orteils. Ca aide considérablement l’accroche au terrain.


                      Ce problème de pente glissante, impraticable aux yeux d’un Français, a été si déterminante qu’une anecdote en avait été rapportée par le Vietminh et avait formé légende (Giap étant très bien parti pour entrer dans le chiffre des légendes de ce pays de légendes)
                      C’est une histoire où des Viets en bavent de hisser un canon (ils n’ont pas utilisé d’animaux en renfort de portage) et où un soldat glisse, la pièce repart en arrière avec un double risque : celui d’être détruite et celui d’alerter, en raison du bruit, quelque éventuelle patrouille française. Un es porteur se jette alors sous la roue et son corps écrasé parvient à stopper la chute.

                      Cette histoire date de 1954 et jusqu’en 1975, les Vietminh-Vietcong la citaient encore pour se donner du courage.


                      [Concernant le sort très difficile des soldats français et de leurs supplétifs Viets à la suite de la défaite de DBP, il faut comprendre que Giap n’avait pas pas envisagé de se retrouver avec des dizaines de milliers de prisonniers alors que ses troupes, vivant tels des Moïs, ne disposaient d’aucune strucure en dur. Des milliers de prisonniers à gérer et à dissimuler dans de telles conditions où tout manquait y compris la bouffe et l’hygiène, devait forcément aboutir à un très mauvais sort de prisonnier]





                      Je voudrais en profiter pour parler d’un tout autre aspect de la colonisation.

                      Je vais partir du cas d’Eugène Hugo, le frère de Victor (qui s’était montré très taiseux sur le colonialisme).
                      Eugène est réputé être devenu fou depuis qu’il a appris que celle qu’il aimait, Adèle Foucher, allait se marier avec Victor.
                      C’est Victor qui a fait croire à cette version car elle lui semblait plus romantique 

                      A mon sens, Eugène aurait fait partie de ceux qui ont du mal à quitter le nid originel. « Quitter le nid » ne se réduit pas au seul départ physique. Le problème du nid quitté est plus intellectuel que physique et il tourne, à mon sens, autour de l’angoisse d’abandon. Peu nous importe la distance physique que nous mettons avec les nôtres, ce qui compte c’est qu’en dépit de la distance l’attachement soit maintenu et prouvé. Il est même souhaitable qu’il y ait une mise à distance afin de vérifier si les nôtres tiennent vraiment à nous. (Il me semble que les enfants fuguent pour vérifier si leurs parents sont vraiment attachés à eux)
                      Eugène a souffert chaque fois qu’un des siens semblait s’intéresser à un autre pôle ou centre de gravité affectif.
                      Que ce soit son père quand il a épousé une seconde femme, que ce soit son frère Victor quand il s’est marié avec Adèle, que ce soit son cousin quand il est parti en Angleterre, chaque fois qu’un des siens lui semblait focaliser sur un tiers, Eugène sentait qu’il ne comptait plus et il se trouvait en situation d’impossibilité d’en protester.

                      Eugène était un cas particulièrement fragile sur ce chapitre mais j’estime que nous souffrons tous -dans une moindre mesure heureusement- de ce dont il avait souffert.

                      Or la colonisation (avant elle l’Orientalisme) les guerres lointaines mais aussi les nouvelles vies au loin, tout cela, par les départs que ça provoquait, avait hystérisé les Français qui étaient restés en France et les lettres ou télégrammes servaient alors comme unique moyen pour les expatriés de dire et redire aux leurs restés en France « Je n’aime toujours que vous. Je n’aime que notre patrie, je n’aime que notre drapeau, je n’aime que notre langue...Je n’ai rien à foutre des Autres, ils ne m’attirent pas. Je vous suis fidèle. »

                      Les Croisades avaient envoyé des fils au lointain. Mais il était notoire que sur place, il n’y avait que désert et cailloux et que chaque Croisé ne pouvait avoir envie que de rentrer. Les ceintures de chasteté étant alors à porter par ceux-celles qui restaient en Europe.

                      Or, avec les expositions coloniales et les zoos humains, le Blanc se mettait enfin à regarder de très près ce nègre qui jusque là était oublié en cale ou dans quelque fond de mine. Et regardant le nègre en scène, il s’est mis à lui trouver du charme mais sans oser avouer cette déviance car ça aurait été assimilé à de la zoophilie.
                      Je crois que les dizaines de millions de gens qui ont vu danser des Indonésiennes ou des Congolaises dans les foires d’Europe, se sont mis à avoir des vapeurs secrètes et ont donné du boulot aux psychiatres.

                      Vers 1900, il y avait un énorme tabou qui était sur le point d’être levé mais nul ne pouvait se permettre d’être le premier à avouer son désir du corps d’un nègre ou d’une tonkinoise.

                      On peut expliquer aux siens qu’on part délivrer le tombeau du Christ, qu’on part en Crimée pour faire la guerre par obligation, qu’on part à Madagascar pour la grandeur de la France, mais comment avouer, quand on est sur place, qu’on est tombé sous le charme des esclaves qu’on est censé animaliser ?

                      Il s’est donc passé des années pendant lesquelles des millions de lettres ont été envoyées vers la métropole avec un contenu visant à jurer aux siens restés sur place qu’on ne les avait quittés que de manière géographique mais qu’on leur restait sentimentalement attaché. 

                      Mais comme en dépit de ces promesses, il passait tout de même des images de paysages yidillyques et qu’on entendait parler de coucheries impossibles, les expatriés ont dû livrer des gages de plus en plus probants de leur fidélisme au nid originel. 

                      Ces gages, c’est là que l’horreur commence, consistaient, on ne pourrait mieux faire, à prouver qu’on méprisait le nègre, qu’on le massacrait, qu’on le brûlait au napalm (spécialité Française dès 1951 en Indochine) en somme qu’on le traitait bien comme la pire des bêtes.

                      Je crois que c’est parce qu’il y a eu une intense demande de preuves de fidélité à fournir aux métropolitains que les exilés se sont montrés aussi cruels et inhumains envers les colonisés et pendant des générations. 

                      Je crois que l’étape de napalmisation était indispensable aux Français, hélas, pour passer de l’époque où le Nègre n’était même pas mentionné, puis à l’époque où il attirait les foules dans les expositions, puis à l’époque actuelle où un Jean-Marc peut Tweeter « Whahhhiiii j’ai une nouvelle qui va vous réjouir : je vais épouser une Cambodgienne »

                      Pendant cette période où le colon s’affichait napalmant des congaïs tout en en violant d’autres pour faire croire, à lui-même comme aux siens, qu’il était resté fidèle à ses valeurs originelles, il a existé des exceptions presque inverses. 

                      Alexandre Yersin, dernier des trois fils de veuve Yersin, enfant chéri de sa mère, finit par partir en Indochine. C’est un homme foncièrement bon. Mais il ne peut pas dire directement à sa mère qu’il aime de plus en plus l’Indochine. Il lui envoie alors mille lettres où il lui répète qu’il ne fait que soigner chrétiennement les Viets et qu’au centre de son coeur « il n’y a toujours que toi maman » (il restera célibataire) 

                      Il y a donc eu des Gladys Aylward, des Norman Bethune, des Alexandre Yersin qui sont allés là-bas en s’interdisant de tuer ou de violer. Ils devaient alors démontrer qu’ils le faisaient par fidélité au valeurs chrétiennes (pas de conversion à quelque autre religion que chrétienne)

                      (Giap a su exploiter cette problématique en publiant que les armes livrées à nos troupes encerclées avaient été sabotées par les ouvriers de l’Internationale Communiste de nos usines d’armements)


                      Soit on démontrait qu’on était un Christ soignant thaumaturge chrétien, soit on démontrait qu’on était napalmiseur et violeur, soit on démontrait qu’on se faisait du fric. Mais se montrer amoureux, ça jamais. (Marguerite Duras aura attendu 1991 pour avouer qu’elle était bien « la fille » amoureuse de son livre l’Amant et quelques années après son aventure avec le Chinois, elle participait à un livre du Ministère des Colonies où il était écrit que le Blanc ne doit pas se mélanger au Jaune).



                      Pour les Américains de la guerre du Vietnam, l’aveu d’amour avec le pays, les moeurs, les habitants, était un peu plus facile car l’Amérique ne considérait pas les Viets comme des esclaves et considérait que ceux du Sud étaient leurs alliés anti communistes (forte politisation affichée alors)
                      Ainsi des GI’s ont pu, sans trop choquer-trahir les leurs, rentrer au pays en 1975 avec une Viet à leur bras (pourvu qu’elle se déclare anti communiste).

                      C’est que dans l’intervalle, il y a eu la beat génération qui tendait à poser le droit d’aimer n’importe quel être humain sur Terre (avec éventuelle conversion au bouddhisme) y compris communiste (Jane Fonda était à un cheveu de rouler une pelle à un artilleur Vietcong devant les photographes)
                       


                      • Emile Mourey Emile Mourey 19 juin 2012 16:41

                        @ Montagnais


                        Excellent article. Quelque fois, on peut se demander si nous ne sommes pas, nous-mêmes, les victimes de nos contradictions. Comme vous le soulignez, Giap a été instruit à l’université française, catholique, d’Hanoï et l’oncle Hô est venu en France pour s’instruire et commencer sa carrière politique. Autrement dit, tous deux se sont nourris à notre enseignement issu de la Révolution et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

                        Certes, le pillage puis l’incendie du merveilleux palais d’été de Pékin par les troupes franco-anglaises est une bavure ou un acte délibéré (?) incompréhensible et évidemment condamnable, mais cela se passait en 1860. En 1945, la situation était toute autre. Il y avait un choix à faire : soit la négociation qui aurait probablement débouché sur une formule de quasi indépendance, mais qui nous aurait permis de conserver l’amitié des peuples indochinois (Leclerc) soit le rétablissement de la situation d’avant (Thierry d’Argenlieu). Il est étonnant que de Gaulle ait suivi le choix du second.

                        @Soi-même

                        Comme toujours, un jugement très excessif. Contrairement à ce que vous dites, les Français qui ont connu l’Indochine ont aimé ce pays et ses habitants.

                        Extrait des directives données aux troupes françaises par Leclerc lors de sa prise de commandement en Indochine : N’oubliez pas que tout pillage est interdit et passible des sanctions les plus graves. Pas de destructions inutiles, pas de brutalités vis-à-vis des non combattants, des femmes et des enfants. Tout Annamite qui serait injustement maltraité risquerait d’être perdu pour la cause française.

                        • easy easy 19 juin 2012 18:04

                          Moi, c’est plus Leclerc qui m’étonne que De Gaulle (sur le sujet des choix de 45 pour l’Indo)

                          Je ne suis jamais surpris par les faucons. Ce sont les colombes, surtout militaires, qui m’étonnent.

                          Les gens ayant protesté contre le comportement des Français dans les colonies, avant et après 45, se comptent sur les doigts d’une main et Victor Hugo n’en fait pas partie. Ce sont ces cas rarissimes qui m’épatent. Comment ont-ils pu, ces Justes, d’une part voir ce qu’il y avait de méchant dans l’attitude des colonisateurs (en dépit de tous les beaux prétextes énoncés en paravent) et d’autre part oser dire leur répulsion, leur désaccord ?

                          Enorme mystère.

                          Car je ne perds jamais de vue qu’il est très facile, depuis 1968, de jouer les humanistes. Chacun connaît désormais tous les bons airs à entonner pour le paraître. Mais avant, personne ne savait penser autrement que selon le dogme du progrès, lequel progrès était évidemment porté par l’homme Blanc.

                          C’est-à-dire que Victor Hugo était si convaincu du dieu progrès qu’il trouvait logique de faire en sorte, peu importe les moyens, que les sauvages puissent également en profiter.
                          (Le concernant, il faudrait ajouter un autre point qu’il partageait avec quelques autres : Il considérait que les richesses de la Terre revenaient en toute logique à celui qui en faisait un intrument de progrès)


                          «  »«  » Autrement dit, tous deux se sont nourris à notre enseignement issu de la Révolution et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes «  »«  »

                          Je comprends votre recours au verbe « nourrir »
                          Toutefois, en ce sujet que nous discutons, il est à mes yeux maladroit.
                          Il tend à faire croire que Ho et Giap se sont nourris de notre culture et que sans cette nourriture, ils auraient crevé de faim intellectuelle. 

                          Ils avaient des nourritures viets (enfin des miettes car les Français avaient fait disparaître la langue ancienne inspirée du chinois dans laquelle était écrite toute l’Histoire du Vietnam. On ne pouvait donc plus connaître de son Histoire que ce qui en restait sous la forme Viet-latinisé).
                          Et ils s’étaient inspirés tant de Tseu Hi que de Marx, que de Trotsky, que de Mao, que d’Omar Al-Mokhtar, que de Tolstoï et Camus
                          Giap et Ho se nourrissaient donc d’autres cultures que celle de Ferry-Lavisse-Fouillée.
                          Il aurait été plus juste d’écrire qu’ils s’étaient servis, pour nous déstabiliser, des propres arguments que nous avions développés et dont nous avions gavé le monde pour ressortir Lumineux.


                          En grande majorité oui, les Français ont aimé l’Indochine et ses habitants. Mais ainsi que je l’ai dit plus haut, cet amour leur était interdit et il leur a fallu dénier cet amour. Les seuls Français à avoir osé épouser leur congaï ou au moins reconnaître leur enfant étaient des Français de condition modeste. Tous les gradés, les médecins, les notables Français ont abandonné leurs Eurasiens. Pour cette catégorie de Français, il était hors de question d’apparaître comme ayant aimé le Viet.

                          Chacun sait que ceux qui dénient ou refoulent désespérément leurs tendances interdites se montrent alors de féroces pourfendeurs et tortionnaires.

                          Autant rappeler qu’en 45, on ne savait plus quoi faire des prisonniers Nazis. On leur a proposé la Légion. Ils composèrent donc la majorité de nos légionnaires d’Indo quand nous avons essayé de la reprendre. 

                           
                          Le 6 décembre 1950, au lendemain d’un premier désastre, dit de la RC4 (route Cao Bang-Lang Son), au Nord TonkinDe Lattre est nommé commandant en chef du corps expéditionnaire français en Indochine. Ses premières instructions, début janvier 1951, rapportées avec ferveur par Lucien Bodard, sont les suivantes : « Que toute la chasse y soit, que cela mitraille, que cela bombarde. Du napalm, du napalm en masse ; je veux que, tout autour, ça grille les Viets »


                        • soimême 19 juin 2012 20:47

                          En vous êtes si sur de cela, dans les colonies, Il y a toujours eu deux comportements, les nouveaux arrivants étaient se qui avait le moins appréhension vis à vis des populations autochtones, ils avaient même une sympathie bien vaillance vis à vis eux, qui oublie le fait que les colons installer depuis plusieurs décennies n’ont pas hésité à utiliser d’autres méthodes coercitives et c’est surtout le fait de la scandaleuse Administration Coloniale que le doit en autre le trafic des terres arases qui à amener à des répressions sanglantes surtout pas les Légionnaires et les troupes de Marine.

                          Il ne faut pas oublié avant l’interlude de la seconde guerre mondiale en Indochine, il y a pas de comparaison entre avant l’occupation Japonaise et après dans la gestion du pays.

                          Et il ne faut pas comparé car cela est peut comparable de ceux qui ont le souvenir de cette Indochine qui est sortie de l’occupation Japonaise qui en dehors de cette guerre d’indépendance à été une véritable osmose franco Indochinois et ce qui c’est véritablement passé avant guerre où le peuple indochinois était asservies à un égoïsme colonialiste féroces.

                          Cela vous le retrouvé à peut de chose prés la même férocité en Nouvelle Calédonie qui elle était un pays destiné à la relégation pénitentiaire, et à une terre de peuplement au détriment du peuple autochtone.

                          Il ne faut pas confondre le souvenir des troufions de passages dans les colonies qui gardent une nostalgies d’un pays enchanteur, et la dure réalité du fait coloniale qui n’a pas été une partie de bon sentiment.

                          Dans le roman de Marguerite Duras Barrage dans le Pacifique, donne un bon aperçus de cette réalité des années 30.


                        • Emile Mourey Emile Mourey 19 juin 2012 21:00

                          @ easy

                          Vous dites : Ils avaient des nourritures viets (enfin des miettes car les Français avaient fait disparaître la langue ancienne inspirée du chinois dans laquelle était écrite toute l’Histoire du Vietnam. On ne pouvait donc plus connaître de son Histoire que ce qui en restait sous la forme Viet-latinisé).
                          Et ils s’étaient inspirés tant de Tseu Hi que de Marx, que de Trotsky, que de Mao, que d’Omar Al-Mokhtar, que de Tolstoï et Camus
                          Giap et Ho se nourrissaient donc d’autres cultures que celle de Ferry-Lavisse-Fouillée.
                          Il aurait été plus juste d’écrire qu’ils s’étaient servis, pour nous déstabiliser, des propres arguments que nous avions développés et dont nous avions gavé le monde pour ressortir Lumineux.

                          Bien d’accord, mais comme vous le dites explicitement, c’est dans le milieu intellectuel français qu’ils ont retrouvé ou choisi leurs penseurs et leur philosophie. Vous abondez dans mon sens quand vous ajoutez qu’ils se sont servis de nos propres arguments pour nous déstabiliser.

                          En revanche, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’il y avait une volonté délibérée d’effacer l’histoire de ces peuples, tout au moins à mon époque. La preuve en est dans les cours que j’ai reçus concernant les diversités culturelles de ces populations lors de ma préparation à Saint-Cyr, avec le souci de les préserver.

                          De là vient une partie du grand malentendu, car beaucoup de mes camarades, comme moi-même, étions bien d’accord pour donner la liberté à ces populations mais sans les livrer à la dictature soviétique ou chinoise qui les auraient laminées (sans oublier la dictature Vietnam communiste + Khmers rouges).

                        • easy easy 19 juin 2012 21:52

                          Quand des parents initient leur enfant à la langue du coin, s’ils en précisent tous les sens et expressions, il lui enseignent finalement tout ce qu’il y a à savoir sur la gent qui les entourent.

                          La langue est le premier véhicule culturel d’un peuple. Et c’est par la langue, parfois écrite mais pas toujours (Cf les Moïs qui n’ont pas d’écriture) que les gens peuvent accéder à leur Histoire.

                          Laissons de côté les 53 sortes de Moîs qui pratiquent chacun leur langue sans écriture et qui sont alors très doués pour transmettre oralement leur Histoire. Laissons également de côté le fait que l’ethnie Viet parle plutôt 3 langues un peu différentes qu’une seule et on peut alors dire que les Viets parlent la même langue depuis la nuit des temps. 

                          C’est pour l’écriture, seul véhicule du fonds historique des Viets, qu’il y a problème.

                          Il y avait eu pendant deux millénaires deux versions écrites du viet dont l’écriture empruntait aux caractères chinois Han, dans ces deux versions, on écrivait chinois mais on prononçait viet et le sens des mots passait viet. Han et Viets lisaient les mêmes écritures, les prononçaient différemment et ne se comprenaient pas.

                          L’histoire du Vietnam a donc été écrite dans ce syncrétisme sino vietnamien (le Vietnam pourrait bien avoir été la source de la civilisation chinoise et non l’inverse).
                          Puis en 1910, l’administration coloniale a imposé l’écriture latine fignolée vers 1650 par Alexandre de Rhodes, le quốc ngữ
                          A partir de cette date, les personnes capables de lire les documents historiques rédigés avec des caractères chinois sont devenues de moins en moins nombreuses et de nos jours il ne reste peut-être que 5 personnes capables de les lire.

                          Et cela alors qu’aucun travail de retranscription n’avait été entrepris.

                          L’administration coloniale a donc bel et bien privé les Viet de l’accès à leur histoire.

                          Pour autant, est-ce que cette même administration coloniale a forcé les Viets à étudier le français et rien que le français ?
                          Non.
                          Les Viets avaient le choix entre placer leurs enfants dans ces écoles tout en quốc ngữ ou les placer dans des écoles tout en français. Ce n’est qu’un soixantième de la population qui a choisi l’enseignement tout français qui proposait pourtant l’organisation primaire, secondaire supérieur comme en métropole.

                          Les Viets n’ont pas été francisés de force mais ils ont été quoc nguisés de force et ainsi coupés de leurs fonds historiques.



                        • appoline appoline 19 juin 2012 19:26

                          Sans parler la réunion qu’il y avait eu en pleine nuit entre le Général Leclerc, Ho, Giap, qui avait une certaine odeur d’accord. Comment je le sais ? Simplement, mon père était présent.


                          • ung do 19 juin 2012 21:39

                            @ emile mourey . Vous êtes toujours dans l’autointoxication sémantique .« Les Français qui ont connu l’Indochine ont aimé ce pays » !!! Traduisons : c’est le souvenir d’eux -mêmes en tant que colonisateurs conquérants et dominateurs qu’ils regrettent .Essayez de vous rééduquer : mettez allemands à la place de Français et français à la place de vietnamiens ; pensez vous que les Prussiens ont aimé l’Alsace lorraine ? j’ajoute que le Pen a dit : l’occupation allemande de la France a été moins rude qu’envers les Slaves 


                            • easy easy 19 juin 2012 22:24

                              «  »« @ emile mourey . Vous êtes toujours dans l’autointoxication sémantique . » Les Français qui ont connu l’Indochine ont aimé ce pays «  !!! Traduisons : c’est le souvenir d’eux -mêmes en tant que colonisateurs conquérants et dominateurs qu’ils regrettent »«  »

                              Il y a de ça, en effet !
                               
                              Neanmoins Emile n’a pas tort de dire que les Français appréciaient les Viets. Mais, et c’est là tout le problème dont j’ai parlé, il ne s’en sentaient pas le droit. Disons qu’ils ne se sentaient le droit (par rapport aux leurs restés en métropole) de les aimer seulement comme gentil animal domestique. Essentiellement, ils ne se sentaient pas le droit de se marier avec les Viets.

                              Quand on ressent du désir pour une Viet mais qu’on ne se voit pas le droit de se marier avec elle, on la baise en cachette, on la traite de concubine de chantier, de congaï et dès qu’elle est enceinte, on la jette au plus loin possible (sans dire que parfois on la fait carrément effacer)

                              Il découle de cette véritable attirance sexuelle interdite des attitudes des plus terribles et cruelles telle celle du Saint Cyrien Delatre de Tassigny qui donnait à voir sa jubilation devant le spectacle des Viets grillant sous son napalm.
                              Il ne s’agit pas de la haine de l’autre mais de la haine ou de la honte de ce soi qui désire l’inommable et qui est alors infidèle à la ligne originelle. Et pour tuer ce soi qui désire le corps interdit, le mieux c’est quand même de brûler ce corps.
                              (Ce qui rejoint complètement ce que Victor Hugo a fait ressortir dans Notre Dame de Paris)


                              En 1849, un de nos présidents, Adolphe Thiers, disait « Je veux rendre toute puissante l’influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l’homme : Jouis. »

                              Or, pour un Abrahamiste, souffrir est quelque chose de très subtil que lui seul peut comprendre. C’est par exemple consentir à sacrifier son fils et plus ordinairement, c’est consentir à envoyer au bûcher celle qu’il aime. Voilà comment l’Abrahamiste a perverti le sens de la souffrance constamment sollicitée par sa religion.

                              « Je ne suis bon que si je souffre. Et pour me voir souffrir, pour profiter de me voir bon, le mieux c’est que je vive. Il me faut donc tuer ce que j’aime en disant que je le déteste. Je souffrirai de son absence et ce sera déjà grande chose »


                              • Emile Mourey Emile Mourey 19 juin 2012 23:57

                                @ easy


                                J’ai évoqué Leclerc, pas de Lattre. Comme vous l’avez probablement compris, je ne suis pas un adepte de la repentance et du dénigrement systématique de notre Histoire. Vous faites le procès de la nature humaine, c’est un autre problème mais vous ne pouvez pas dire que la politique de la France, souvent maladroite certes, ait été systématiquement orientée au cours de son Histoire par des motivations honteuses.

                                Quant au reproche que vous me faites, à savoir que les Français qui ont connu les habitants d’Indochine, missionnaires ou officiers des troupes coloniales, ne les auraient considérés que comme des animaux domestiques, c’est votre point de vue. Je crois plutôt que c’est la barrière de la religion qui a fait que dans la culture française d’alors, on ne se mariait pas avec une personne d’une autre croyance. 

                                Donc, pas de repentance, mais évolution des idées. D’où mes articles sur le judaïsme, le christianisme et l’islam dans lesquels je démontre que les textes fondateurs s’expliquent historiquement dans un contexte historique qui n’a rien de mystérieux, d’où l’urgence d’un débat pour faire enfin éclater au grand jour l’absurdité de la survivance des anciennes croyances, abrahamiques et autres. Le problème, c’est que notre société « éternellement repentante » ne veut pas de ce débat sous prétexte de tolérance religieuse.





                              • easy easy 20 juin 2012 08:34

                                @ Emile

                                «  »« J’ai évoqué Leclerc, pas de Lattre. »«  »« 

                                Je l’ai déjà dit, Leclerc m’étonne. Parce que les rarissimes Français qui osaient dire »fraternisons vraiment« ne peuvent que m’épater

                                Hélas, l’influence de Leclerc aura duré une semaine.

                                De 1858 à 1954, ce qui s’est passeé en Indochine l’aura été sous l’influence de gens comme de Lattre
                                Et les gens comme Thiers, de Lattre, d’Argenlieu, de Gaulle, sont des Abrahamistes qui croient qu’on est mauvais quand on jouit, bon quand on souffre et qui ont perverti le sens de cette souffrance personnelle pour la rendre seulement affective et secrète. Ce qui permet de belles acrobaties intellectuelles. 
                                 »Je vais souffrir de l’absence de celle que je désire en la napalmisant. Mais je vais en laisser quelques unes que je désirerai et que je napalmiserai aussi pour souffrir encore de leur disparition. Surtout ne jamais napalmiser tout le monde, ce serait ne plus pouvoir perpétuer cette entreprise, ce serait surtout se retrouver seul et souffrir alors vraiment de l’enfer de la solitude absolue« 


                                Victor Hugo, monument d’humanisme, capable d’empathie (comme tout le monde. Le seul problème étant ce qu’on en fait), avait fait tirer sur les ouvriers en 1848 et il souffrait de tuer (comme tout le monde. Reste à savoir ce qu’on en fait de cette souffrance purement intellectuelle) . Il s’était consolé de sa souffrance en disant qu’il était nécessaire d’éduquer cette piétaille qui faisait n’importe quoi par ignorance.

                                Voici son alambic intellectuel :
                                 »Je tue, c’est a priori mal. Je souffre de devoir faire ça ; ce qui me rend bon et méritant de Dieu. Je souffre mais je supporte cette épreuve dans l’intérêt supérieur de ceux que je tue, de leur catégorie, de ce qui en restera après mon sacrifice. C’est aussi par intérêt de ma propre classe, mais il s’agit alors d’une pure coïncidence et Dieu sait qu’il n’y a pas lieu de considérer ce point« 

                                Si même Victor Hugo est capable d’une telle perversion de la pensée alors tous les Abrahamistes en sont capables.



                                 


                                 »«  »«  » Vous faites le procès de la nature humaine, c’est un autre problème«  »«  »«  

                                Oui, et c’est mon originalité.

                                 »«  »«  »mais vous ne pouvez pas dire que la politique de la France, souvent maladroite certes, ait été systématiquement orientée au cours de son Histoire par des motivations honteuses.«  »«  »« 

                                Je ne l’ai pas dit. Et ça fait encore partie de mon originalité. Je ne considère pas la Personne France derrière laquelle chacun se cache. Je n’évoque même pas la »politique de la France" alors qu’elle a pourtant existé et produit des effets. Je ne regarde pas les lunes ou drapeaux que les doigts désignent, je ne regarde que les doigts. Je ne m’intéresse qu’à ce qui trotte dans la tête de chaque individu qui tue.

                                Et les tueurs la planquent leur pensée. Ils en agitent des lunes et drapeaux à regarder. Je dois donc trouver depuis l’extérieur de leur boîte cranienne par quel acrobatie intellectuelle ils parviennent à tuer à répétition sans jamais avoir honte.

                                Je dois trouver l’artifice qui a permis à Victor Hugo de tuer des ouvriers sans jamais s’en repentir.
                                Je dois trouver l’artifice qui a permis à de Lattre de napalmiser des gens sans jamais s’en repentir.
                                Je dois trouver l’artifice qui a permis à tous les colonisateurs de martyriser des étrangers puis de prétendre qu’ils les aimaient.

                                Et cette chose que je cherche ne se trouve que dans la tête des Abrahamistes.



                              • nilasse nilasse 20 juin 2012 00:35

                                @ emile,juste sur deux choses,car vous dites beaucoup de conneries :


                                1. je vous cite : De là vient une partie du grand malentendu, car beaucoup de mes camarades, comme moi-même, étions bien d’accord pour donner la liberté à ces populations mais sans les livrer à la dictature soviétique ou chinoise qui les auraient laminées (sans oublier la dictature Vietnam communiste + Khmers rouges)

                                vous vouliez,en tant que colonisateur et dictateur,car les colonisés n’ont jamais eu le droit de vote,rendre LEUR LIBERTÉ (ce sont vos mots) sans les livrer a une dictature,vous ne trouvez pas cela paradoxal ?

                                2. je vous cite de nouveau : « Quant au reproche que vous me faites, à savoir que les Français qui ont connu les habitants d’Indochine, missionnaires ou officiers des troupes coloniales, ne les auraient considérés que comme des animaux domestiques, c’est votre point de vue. Je crois plutôt que c’est la barrière de la religion qui a fait que dans la culture française d’alors, on ne se mariait pas avec une personne d’une autre croyance. » 

                                voila un joli discours de colonisateurs cherchant a se donner bonne conscience. alors vous pourrez nous expliquer pourquoi,dans cette region du monde,ou il y a des hindouistes, chrétiens,musulmans,bouddhistes,animistes,la religion aurait été un probleme ? si les colonisés,d’indochine jusqu’en algerie,n’étaient pas considérés comme des animaux (alors que les faits montrent l’inverse),pourquoi ils ont du botter le cul de la france pour qu’elle se barre de chez eux ? on ne quitte pas le paradis pour aller en enfer en general,meme si il est possible de passer d’un enfer a un autre,mais au moins c’est eux qui le decident.

                                • eric 20 juin 2012 06:06

                                  Amusante caricature....mais qui passe a cote de l’essentiel.
                                  Caricature avec les anachronismes ( sac du palais, guerre russo japonaise etc...). La meconnaissance de la realite militaire.
                                  Role des conseillers militaires chinois et russes remplissant leur devoir internationaliste en indochine ( mes voisins de datcha quand ils etaient encore en vie). Ce ne sont pas les historiens de l’universite catholique qui ont regle les canons a Dien bien phu, mais les artilleurs sovietiques.
                                  Le principal enseignement de cet episode, ce n’est pas le genie militaire de Giap mais bien l’efficacite politique du communisme. Au moment de l’independance, les communistes vietnamiens sont a peu pret aussi nombreux queles bolcheviques en 17. Une grosse dizaine de milliers. Les memes methodes ont donne les memes resultats. On tue les mous, on tue les adversaires, les neutres, les indifferents, on assassine au besoin les amis pour entretenir la terreur, et pour faire bon compte, les proches les parents voir pas mal de gens qui n’ont rien a voir. Pour le principe. L’indifference parfaite a l’humain est la grande force du communisme. Le cout de dien bien phu peut peut etre etre justifie par le resultat, mais de toute facon, Mendes etait decide a partir a tous prix. Celui de Khe san remet un peu en cause les talents militaires de Giap sans parler du Tet, dont le seul resultat militaire de court terme est d’avoir permis les massacres systematiques vu ci dessus dans les zones provisoirement liberees.
                                  Il y a un autre enseignement plus contemporain a tirer de tous cela. Je ne sais pas pour Giap, mais Ho chi Min, lui aussi etait un fils de mandarin. Un lettre caracterise par un souverain mepris pour le peuple. Etudiant en france, il fut traite comme si il etait un etre humain. Le crane bien bourre par ses camarades enseignants marxistes et fontionnaires, il rentre au pays comme un exemple de l’integration et des bienfait du colonialisme. La, immediatement, il est confronte a ses nouveaux collegues fonctionnaires coloniaux, qui ne sauraient accepter qu’a diplome egal ou superieur, les locaux aient autant de responsabilite et des salaires egaux a ceux des statutaires metropolitains expatries. J’imagine que comme aujourd’hui, ceux ci etaient majoritairement a gauche. C’est le double bind. Le message contradictoire qui rend fou. Les memes qui lui avaient explique qu’on est tous egaux, lui applique la pratique du certains sont plus egaux que d’autres. C’est un peu comme aujourd’hui nos syndicats qui exigent des quota de migrants dans le prive, mais preservent la preference nationale dans l’emploi public.

                                  En resume, quand on est pret a sacrifier 18 vietnamiens pour tuer un americain, afin d’echapper au sort desastreux de la Coree du Sud par aspiration au destin delicieux des nords Coreen, on est a peu pret certain de convaincre les ricains que ce n’est pas la peine de se fatiguer pour des enjeux aussi minimes que la liberte du peule vietnamien. Parce qu’il faut bien voir que pour une amerique qui devait produire a l’epoque encore pas loin de 50% du PIB mondial, la richesse qu’on pouvait tirer du Viet Nam...C’etait bien une entreprise desinteressee au nom de la liberte...
                                  Et comme il faut regarder les choses sur le long terme, le principal resultat des exploits militaires de Giap est bien d’avoir retarde de 50 ans l’acces des vietnamiens a un mode de vie economique acceptable du genre coree du sud ou thailande mais en beaucoup moins bien, avec tous les inconvenients du capitalisme, mais a peu pret aucun des avantages du liberalisme. Le viet nam restant comme tous les pays communiste, un pays bureaucratique a capitalisme sauvage mis en coupe reglee par des apparashiks nominalement communistes et factuellement corrompus.
                                  Quand on pense qu’ils auraient pu etre un nouveau Taiiwan democratique... que de temps perdu.
                                  Bon, au moins, la population n’essaye plus de s’enfuir a la nage. Il y a du progres....
                                  En revanche en france, il y a visiblement des gens qui considerent encore ce genre de trajectoire comme exemplaire. Conclusion ? Certains francais evoleuent moins vite encore que les dictatures communistes. La France est decidement un pays conservateur....


                                  • easy easy 20 juin 2012 10:19

                                    «  »« Ce ne sont pas les historiens de l’universite catholique qui ont regle les canons a Dien bien phu, mais les artilleurs sovietiques. »«  »

                                    Tu parles ! Comme s’il avait fallu des pointures du calage de bulle pour rendre les tirs d’en haut infernaux pour les Français d’en bas.

                                    Le génie n’est en rien dans le réglage des canons Vietminh mais dans le seul fait de les avoir amenés là. Et ce n’est pas le communisme, ni en sa doctrine, ni en ses forces vives et industrielles qui a monté ces canons en cet endroit improbable. (C’est certainement la dernière fois de l’histoire qu’un tel exploit est accompli puisque désormais il n’y a plus à trimballer autant de ferraille)

                                    La seule chose qui a pu amener ces canons en cet endroit où ils pouvaient renverser l’Histoire du Blanc, c’était le moïsme, la conversion des Viets à mentalité et habitudes de plaine en Moïs à mentalité et habitudes de montagne. Et cette conversion de gens des plaines en gens des jungles, c’est Giap qui en a eu l’idée et qui a réussi à en convaincre les masses.

                                    D’ici on ne réalise pas qu’un paysan Viet, des plaines et deltas donc, peut passer toute son existence, par temps de paix, sans jamais mettre les pieds dans la jungle (qui n’existe plus qu’en zone pentue, les plats ayant été cultivés). Et que seuls les 53 sortes de Moïs aiment vivre dans ce contexte pentu.
                                    Ce n’était pas une chose facile que de convaincre des Viets de se convertir à la vie de Moïs.

                                    Le Vietnam a une longue tradition de résistance contre les Mongols et les Chinois mais les batailles se menaient alors sur terrain plat (avec des éléphants parfois). 
                                    Giap a donc pour la première fois de l’histoire du Vietnam, et sur invitation des Français de DBP, délocalisé les batailles pour ne plus les placer qu’en jungle. 

                                    La conversion de millions de Viets à l’ultra Moïsme de guerre (allant jusqu’au fourmillisme tout à fait inédit, même dans le monde) a été d’abord une surprise puis une savonnette pour tous ceux qui ne jurent que par les routes, les camions, le train, les avions.




                                    Par ailleurs, vous confondez l’objectif du militaire qu’est Giap (sujet de l’article) et qui consistait à ruiner les armées étrangères, avec l’objectif de Ho qui était politique et appliqué à un contexte colonial, et encore avec l’objectif du gouvernement actuel qui ne se trouve plus en contexte colonial (mais qui a à tenir compte des prétentions permanentes de la Chine sur son secteur situé pourtant nettement plus au sud) 

                                    En tant que stratège militaire, Giap est celui qui a accompli les plus incroyables et surprenants exploits.





                                    «  »«  »C’est le double bind. Le message contradictoire qui rend fou. Les memes qui lui avaient explique qu’on est tous egaux, lui applique la pratique du certains sont plus egaux que d’autres «  »«  »
                                    Exact sur le fond.
                                    Dans le détail, Ho n’avait vécu ce message contradictoire qui rend fou que sur le plan politique. (Les quidams Parisiens le considéraient bien mais les politiques l’ignoraient). Et il a très vite constaté que les autres étudiants Viets subissaient ce doublle bind pour accéder aux emplois.
                                    Ce sont les dépités de l’emploi qui ont été très nombreux et qui sont alors passés en politique pour le rejoindre.

                                    Autant préciser que ces rares Viets (1/60) qui avaient suivi le cursus scolaire français, s’étaient sentis les chevilles enflées. Pendant leurs études, ils s’étaient sentis propulsés vers les plus grandes hauteurs sociales Ils ne pouvaient plus envisager de se retrouver coolie ou besogneux et ont été extrêmement vexés quand ils ont découvert qu’ils n’avaient pas le droit de commander un Français inculte. 

                                    Si cette classe avait eu accès aux emplois à juste hauteur de leurs diplômes, si elle avait pu commander des Français incultes, j’estime qu’elle aurait été très prétentieuse, très aristocratique et très dure envers la gueusaille viet (Cf la famille de Diem).
                                    Dans les ex colonies africaines, tous ceux qui ont suivi des études occidentales et qui accèdent réellement à des fonctions importantes finissent par devenir hautains et arrogants envers les leurs, n’acceptant plus de parler qu’à des interlocuteurs occidentaux prestigieux..

                                    Je ne vois aucun endroit au monde où des gens seraient sortis diplômés des cursus occidentaux et où ils ne seraient pas devenus méprisants envers la piétaille (les exceptions du genre Césaire, Senghor, Gandhi se comptent sur les doigts d’une main alors qu’ils ont été des milliers à avoir étudié à Harvard, Louis le Grand ou Cambridge) 

                                    L’enseignement occidental, surtout dans ses filières humanitaires, contient non l’humanitaire mais les fondamentaux de l’arrogance.


                                    Il n’est donc pas forcément dommage que le régime vietnamien actuel soit ce qu’il est.


                                  • eric 24 juin 2012 11:31

                                    Rien de nouveau dans tous cela. Le grand genie, c’est gattling, rebaptise maxim en russie sous licence. Giap n’a rien invente. Faire faire n’importe quoi a des soldats est assez simple, il faut et il suffit d’avoir derriere eux quelques hommes decides avec des mitrailleuses et la volonte de s’en servir. On l’a bien vu en 14. Arme d’un seul revolver, les officiers ont eu bien du mal a convaincre les troufions d’attaquer par vagues humaines. Par la suite, ils ont toujours hesiter a tirer dans le dos de leurs soldats en masse. Tous le monde s’est enterre. A stalingrad, avec un fusil pour 10 hommes mais le NKVD derriere, Staline est le vrai precuseur de Giap. Encore faut il avoir des mitrailleuses.
                                    Jene vois pas en quoi il serait plus remarquable d’envoyer un vietnamien des plaines en montagne qu’un provencal au vietnam. Mais la aussi, Giap n’innove guere. Staline aussi a su convaincre les masses d’aller mettre en valeur le grand nord siberien et Hiter, des allemands « temperes » de se battre par grand froids.

                                    Quand a ce qui est de savoir si les gens qui sont « en haut » ont tendance a se pencher pour regarder ceux qui sont « en bas », je ne pense pas que ce soit une sequelle du colonialisme ou meme du modele educatif republicain laique socialisant, parce que c’est un travers assez largement repandu. C’est sans interet. La bonne question est comment vivent ceux du bas. Les elites sud coreennes ont ete massivement formees aux etats unis. je ne doute pas qu’elles soient a peine moins meprisantes pourles petits que les elites vietnamiennes. Moins quand meme parce que le liberalisme lui, sait que les gens bossent mieux quand ils se sentent moins meprises, alors que les communsites croient encore qu’il suffit qu’on leur dise que c’est en fait dans leur interet qu’ils sont exploites.

                                    La vraie question est de savoir si un pauvre vit mieux,mieux soigne et plus libre en coree ou au vietnam. Y pas photo. On pourrait aussi comparer avec la Coree du Nord.


                                  • himmelgien 22 juin 2012 04:46

                                     Magnifique démonstration : « ...Il n’est donc pas forcément dommage que le régime vietnamien actuel soit ce qu’il est. ... » «  Il n’est pas dommage du tout !!!... Tout au long de ce forum, ont ressurgi tous nos fantasmes de L’ Homme Blanc forcément supérieur !... La hâte où on s’est évertué à éluder toutes les petitesses rencontrées, le discours »enflammé« de De Lattre, la philosophie rubiconde et de »bateau ivre" de Thiers !...
                                     Une seule chose est à retenir : ce n’est pas le colonisateur qui formate la liberté du colonisé !... C’est celui-ci qui le construit et effectivement, la plupart du temps, dans la douleur !... Leclerc fut une exception : il lui aurait fallu prendre la dictature pour imposer ses propres idéaux ... tout en les ruinant dans la foulée !... De Gaulle avait été déçu par ses partisans , il était déçu par l’empire , il ne pouvait croire au rêve de Leclerc !...


                                    • himmelgien 22 juin 2012 04:52

                                       « ... Il se pourrait que Giap, expert en matière de résistance à l’envahisseur, puisse même nous aider à résister à notre époque. A cet égard, l’OWS pourrait en faire un Maître à penser. Cette symbolique invasion de la puissante Amérique ne serait qu’un juste retour des choses. ... » 

                                       En lisant ces lignes, je me demande ce qui résulterait de la visite improbable d’un Chuck Norris !?.... Je soupçonne que ce serait jubilatoire !...


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