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Accueil du site > Actualités > International > Guerre civile au Yémen : récit d’un énième conflit oublié

Guerre civile au Yémen : récit d’un énième conflit oublié

Alors que les médias dominants s’efforcent de maintenir fixées les mirettes des citoyens occidentaux exclusivement sur le conflit syrien, la situation déplorable d’autres pays est largement balayée sous le tapis médiatique. Le Yémen est l’un de ces odieux théâtres de violence animant le Globe qui se voit touché par ce mutisme délibéré. Amnesty internationale en déplore pourtant le bilan macabre et incrimine largement la coalition militaire menée par les saoudiens et soutenue par l’Occident[1]. Cette bataille est, au mieux, grossièrement présentée au public comme un énième conflit entre chiites et sunnites, ou, dans les médias plus partisans, comme une atteinte iranienne à la souveraineté yéménite ? Nous tenterons ici de mette en lumière les subtilités de ce nouveau chapitre morbide d’un « Orient compliqué », qui ne saurait se satisfaire des « idées simples » que dissémine la presse occidentale.

A titre liminaire, gardons à l’esprit le passé tumultueux du Yémen, dont l’Etat central a toujours été faible dans un pays où le tribalisme règne[2]. Rappelons brièvement que l’Etat du Yémen a connu deux épisodes de guerres civiles majeures dans les années 60, puis dans les années 90[3]. Le troisième volet de cette néfaste trilogie oppose, depuis 2014, les rebelles chiites houthis et les forces fidèles à l’ex-président déchu Ali Abdallah Saleh (resté au pouvoir plus de 21 ans) au gouvernement d’Abd Rabbo Mansour Hadi, élu en 2012 à la suite de la révolution yéménite et reconnu « légitime » par la « communauté internationale ». Dès mars 2015, face à la prise de la capitale Sanaa par les forces houthies (supposément soutenues par l’Iran) et leur avancée soudaine vers le sud du Pays, une coalition « sunnite » a été formée sous l’impulsion des saoudiens et le soutien occidental, afin d’endiguer cette percée contestataire mettant à mal le gouvernement.

 

Le paradigme d’un conflit entre chiites et sunnites est-il pertinent ?

L’actuel président Hadi déclarait en mars 2015 que « l’école du [chiisme] duodécimain suivie en Iran ne sera pas acceptée par les Yéménites, qu’ils soient Zaïdites ou Chafiites »[4] ; cette citation pétrie de contradictions en dit long sur la complexité de la situation du Pays et mérite méditation :

La confessionnalisation du conflit a été largement mise en avant dans le discours médiatique en grande partie inspiré par celui tenu par la coalition saoudienne : l’Iran, grande nation chiite depuis le début du XVIe siècle, viserait à déstabiliser les états et monarchies majoritairement sunnites, notamment en diffusant le chiisme duodécimain (reconnaissant la légitimité des douze imams), ou en soutenant des groupes armés appartenant à ce dogme (Hezbollah, milices irakiennes et afghanes).

Le Yémen composé d’environ 55-60 % de sunnites (appartenant au Fiqh chafiite) installés plutôt au sud côtier du pays et de 40-45 % de chiites dits « zaydites » (reconnaissant pour leur part cinq imams), majoritaires dans le Nord montagneux et limitrophe de l’Arabie saoudite, serait donc a priori un terrain fertile pour les intérêts iraniens dans la zone arabique[5].

Pourtant, au niveau dogmatique ce courant zaydite minoritaire[6] n’est pas réductible au chiisme duodécimain que pratiquent iraniens et irakiens. Bien que ces deux courants reconnaissent tout deux la légitimité toute particulière d’Ali et de ses descendants comme successeurs légitimes du Prophète de l’Islam, leurs fondements textuels, leurs traditions cultuelles, ainsi que leur conception de l’imamat restent très différents[7].

Certains qualifient même le zaydisme comme une sorte d’intermédiaire dogmatique entre sunnisme et chiisme[8] : d’une part, celui-ci ne dénigre pas les trois premiers califes de l’Islam, aimés des sunnites, critiqués voir hais des chiites, qui les considèrent comme des usurpateurs impies à la gouvernance de la communauté islamique ; d’autre part, sur certains traits théologiques ou cultuels, il adopte des positions sunnites (conceptions mutazilites du libre arbitre, etc.). Une étude approfondie de toutes ces subtilités ne peut bien évidemment pas être menée ici[9].

La position hybride du zaydisme apparaît également dans la perception identitaire confuse qu’ont les zaydites d’eux-mêmes ! Une étude de Laurent Bonnefoy évoque une anecdote édifiante : « Interrogé sur les rapports entre le zaydisme et le sunnisme, un jeune militant d’origine zaydite se revendiquant des Frères musulmans répondait, oubliant opportunément l’école malékite et intégrant de fait sa secte d’origine dans le sunnisme majoritaire : ‘Le sunnisme est composée de quatre madhhab (écoles de jurisprudence) : le chaféisme, le zaydisme, le hanafisme et le hanbalisme’  »[10]. L’auteur note un phénomène de convergence identitaire et cultuelle entre chafiites et zaydites au Yémen (sans pour autant parler d’une « sunnisation » de ces derniers). Il retient notamment pour expliquer cette évolution des raisons sociodémographiques : migrations, urbanisation ; mais également politiques : « depuis la fin des années 1960, le pouvoir, pour des raisons d’unité nationale appuie, voire instrumentalise, le processus de nivellement des identités. Les manuels scolaires d’enseignement islamique publiés par le ministère de l’Éducation ignorent largement les différences qui peuvent exister sur le plan théologique entre chaféisme et zaydisme  ».

Depuis la chute de l’imamat en 1962, différents courants zaydites minoritaires s’opposent à ce phénomène d’acculturation organisé. La faiblesse de l’Etat Yéménite et l’absence de service publique durable, en particulier dans les zones rurales, ont assuré la persistance de bastions se revendiquant du zaydisme. L’émergence du mouvement houthi dans les années 2000 en est sûrement l’une des conséquences. Se considérant marginalisés sur les plans religieux, politique, économiques et social, ceux-ci aspireraient à se voir reconnaitre ces droits fondamentaux, pourquoi pas par un retour à l’imamat chiite en lieu et place d’une république corrompue et accusée d’être à la solde des saoudiens et des américains[11].

 

Quels sont les enjeux plus officieux d’un tel conflit ?

Officiellement, la coalition militaire à laquelle le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis fournissent des armes et apportent une aide en matière de renseignement militaire[12], avait pour but de défendre le gouvernement Hadi reconnu légitime par la « communauté internationale » contre les rebelles houthis. Il n’échappera à personne que le Golfe d’Aden qui borde le Yémen est, avec le détroit d’Ormuz et le canal de Suez, l’un des trois goulots d’étranglement de la route maritime d’acheminement du pétrole depuis le Golfe persique jusqu’en Europe. Il s’agit donc en premier lieu pour les monarchies pétrolières et les Etats occidentaux de sécuriser leur canal d’acheminement en hydrocarbures[13].

Afin de compliquer l’analyse, ajoutons quelques éléments locaux et régionaux :

L’ancien président déchu Saleh a choisi de s’allier avec les houthis qu’il avait longtemps combattus pour combattre l’influence des islamistes d’Al-Islah (affiliés aux frères musulmans). « Se souvenant qu’il est lui-même issu d’une tribu zaydite, il [Saleh] a mobilisé, pour se venger, l’arme de la division sectaire« , rappelle le politologue François Burgat[14]. En opposition, Al-Islah a formé le « Bloc de salut national » avec le parti nassérien, le groupe Al-Rashad (groupe salafiste) et les indépendantistes sudistes.

Sur le plan médiatique, les adversaires arabes des Houthis s’acharnent à les discréditer en les assimilant à des partisans d’un chiisme révolutionnaire et violent affiliés à l’Iran[15]. En réalité, le soutien iranien à ces derniers est discuté par les analystes : tout au plus il se résumerait à un soutien militaire modéré, incomparable avec le feu déclenché par Riyad[16]. Les acteurs de ce plan de communication sont en premier lieu les États-Unis et l’Arabie Saoudite.

Le chaos ambiant a par ailleurs favorisé l’emprise de groupes djihadistes au sud du pays et même l’implantation de cellules de DAESH. Dans cette lutte paranoïaque et déraisonnable que livrent les saoudiens wahhabites contre les « hérétiques » chiites (qui les encerclent depuis l’Irak, la Syrie et la Yémen), Riyad joue comme toujours un jeu trouble avec les groupes radicalisés du sud, plus ou moins proches d’AQPA[17]. Cela dénote par ailleurs encore une fois la stratégie absurde des américains : « la principale figure tuée dans le raid américain de janvier, Abdelraouf Al-Dhahab, présentée par Washington comme un haut dirigeant opérationnel d’Al-Qaida, était un chef tribal allié aux forces du président Hadi, soutenu par l’Arabie saoudite. Mais une partie de la famille d’Abdelraouf Al-Dhahab est apparentée au prédicateur américano-yéménite d’AQPA, Anouar Al-Aoulaki, tué dans une frappe de drone américaine en 2011  » note Louis Imbert du Monde[18].

C’est l’enlisement militaire dans les rudes contrées yéménites qui se profile pour les saoudiens (comme pour les ottomans autrefois[19]), alors même que le royaume est déjà largement engagé financièrement dans le conflit syrien et confronté à la chute des prix du pétrole[20].

La coalition formée par les saoudiens et abusivement qualifiée de « front sunnite » a été une tentative de prouver une fois de plus leur leadership sur les pays islamiques. Elle était en réalité composée pour l’essentiel des monarchies arabes toujours angoissées par tout mouvement contestataire remettant en cause leur fragile légitimité, qui plus est si celui-ci se trouverait être « chiite » et prétendument soutenu par l’Iran (nous nous rappellerons la révolte de Bahreïn là aussi écrasée par les saoudiens mais passée sous silence …). Pourtant, même là, les Saoudiens voient leur suprématie politique mise à mal. Le Pakistan, lui-même miné par ses propres conflits sectaires, avait dès le début refusé de participé à ces bombardements fratricides. Entre les deux piliers saoudiens et émiratis de la coalition, il existait déjà une divergence d’objectif dès le début : là où les saoudiens soutenaient plutôt les militants d’Al-islah (affilié aux frères musulmans), les émiratis avaient pris parti pour les séparatistes du sud yéménite[21]. Les Émirats Arabes Unis se sont eux-mêmes retirés de la coalition dès juin 2016[22].

En Arabie saoudite, ces nombreux déboires attisent d’autant plus les rivalités qui opposent les factions royales de cette monarchie basée sur un mode de succession adelphique[23]. En effet, le conflit yéménite n’est en rien hermétique aux enjeux internes à l’Arabie saoudite : l’émergence du jeune Mohamed Ben Salmane, ministre de la Défense et vice-prince héritier, a vu dans cette campagne yéménite un moyen d’assurer sa légitimité et son leadership au sein du régime, face notamment à son opposant principal Mohamed Ben Nayef, l’actuel ministre de l’intérieur[24].

Voyant l’enlisement progressif des Saoudiens dans le bourbier yéménite, les États-Unis se désolidarisent peu à peu et ont décidé de rappeler l’essentiel de son personnel encore basé en Arabie saoudite afin de coordonner le soutien américain[25]. Pour autant, ceux-ci poursuivent, même sous la présidence Trump, leurs attaques ciblées contre les leaders de l’AQPA[26]

 

A l’instar de la Syrie, il s’agit bien là d’une guerre interminable sous-traitée par des vassaux du maître d’œuvre occidental. Le décompte est affreux pour ce Yémen aux 26 millions d’âmes : environ dix-mille morts dont une large partie de civils, trois millions de déplacés et 200 000 exilés, 14 millions nécessitant une aide alimentaire[27]. Si le délire schizophrénique et belliciste du Royaume saoudien et de ses alliés est hautement critiquable, c’est surtout l’insupportable laissez-faire de la « communauté internationale » qui révolte ! Celui de la France en particulier, qui ménage honteusement une bienveillance à l’égard de son partenaire commercial saoudien ! Eh bien si, dans le tiers monde, le ridicule tue bel et bien, n’en déplaise à l’adage …

 

 

[1] https://www.amnesty.fr/conflits-armes-et-populations/actualites/arabie-saoudite–5-faits-a-savoir-sur-le-conflit-au

[2] Pour un aperçu de l’histoire du Yémen : http://www.harmattantv.com/_uploads/complements/histoire_du_yemen.pdf

[3]http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/04/17/comprendre-les-origines-de-la-guerre-au-yemen_4617215_4355770.html

[4]https://www.lorientlejour.com/article/916906/le-president-hadi-promet-de-combattre-linfluence-de-liran-au-yemen.html

[5] Ce glossaire pourra éventuellement éclairé le lecteur sur les grandes notions islamiques : http://mb-soft.com/believe/tfwm/zaydi.htm

[6] Il ne se retrouve aujourd’hui plus qu’au sud de l’Arabie saoudite et au Nord du Yémen. Sur le développement de ce courant : http://books.openedition.org/iremam/2336?lang=fr

[7] http://shiacity.fr/religion/chiisme/differences-entre-zaydites-duodecimains/

[8]http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1381963-yemen-la-guerre-actuelle-n-est-pas-un-conflit-chiites-sunnites-c-est-plus-complexe.html

[9] Il ne convient pas dans le présent article de s’attarder sur les subtilités théologiques entre ces dogmes islamiques, ce qui nécessiterait des dizaines d’ouvrages.

De manière générale, le dogme zaydite a été très peu étudié, ces quelques liens peuvent donner une idée un peu plus précise de sa particularité : http://library.islamweb.net/frh/index.php?page=articles&id=183133 https://www.ias.edu/idea/2017/schmidtke-zaydi-manuscript-tradition

[10] Laurent Bonnefoy, Les identités religieuses contemporaines au Yémen : convergence, résistances et instrumentalisations, avril 2008 ; consultable ici : https://remmm.revues.org/4963

[11]http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/20/01003-20150120ARTFIG00515-qui-sont-les-houthistes-nouveaux-maitres-du-yemen.php

[12] https://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/BONNEFOY/54923

[13] https://www.annabac.com/annales-bac/le-petrole-enjeu-geostrategique-au-moyen-orient

[14] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/houthis-saleh-freres-musulmans-leur-role-dans-la-crise-au-yemen_1666499.html

[15]Voir notamment http://english.alarabiya.net/en/News/gulf/2017/01/15/Houthi-confessions-Iran-trains-our-militias.html même si d’autres sont plus mesurés : http://america.aljazeera.com/articles/2015/4/10/kerry-accuses-iran-of-yemen-meddling-but-level-of-its-support-unclear.html

[16]http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/10/11/pourquoi-la-guerre-au-yemen-dure-t-elle-encore_5011952_3218.html#rusimDqQ6J0TUAM1.99

[17]http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1381963-yemen-la-guerre-actuelle-n-est-pas-un-conflit-chiites-sunnites-c-est-plus-complexe.html

[18]http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/03/07/au-yemen-les-etats-unis-intensifient-leur-campagne-contre-al-qaida_5090475_3218.html#xWAb1ZrQbVZWxfmP.99

[19] https://ovipot.hypotheses.org/11049

[20]https://www.lesechos.fr/28/12/2015/lesechos.fr/021583839153_l-arabie-saoudite-s-enfonce-dans-le-deficit-budgetaire.htm

[21] https://ledesk.ma/enoff/dissension-au-sein-du-clan-saoudien-ben-salmane-fragilise/

[22] https://www.contrepoints.org/2016/10/10/265713-guerre-yemen-lechec-de-strategie-americaine

[23] http://www.jeuneafrique.com/mag/296271/politique/arabie-saoudite-monarchie-tricephale/

[24] https://ledesk.ma/enoff/dissension-au-sein-du-clan-saoudien-ben-salmane-fragilise/

[25] https://www.contrepoints.org/2016/10/10/265713-guerre-yemen-lechec-de-strategie-americaine

[26]http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/01/31/les-etats-unis-menent-un-raid-au-sol-contre-al-qaida-au-yemen_5072170_3218.html

[27]http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/08/30/le-conflit-au-yemen-a-fait-au-moins-10-000-morts-selon-un-bilan-de-l-onu_4989995_3218.html


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10 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 20 mars 09:55

    comme c’est jamais de leur faute, ce sont des enfants ?
    c’était mieux la dictature depuis vingt et un an.
    c’est certainement le seul gouvernement qui peut fonctionner avec des tribus armées.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 mars 11:01

      en lisant ma revue de presse quotidienne sur AV, je vous contredis :

      ce ne sont pas les dirigeants Occidentaux seuls qui focalisent sur la Syrie, mais les dirigeants Occidentaux, les dirigeants Russes, et les occidentaux pro-russe qui focalisent sur la Syrie.


      • sirocco sirocco 20 mars 14:42

        Il n’ont vraiment pas de chance, ces pauvres civils yéménites. Non seulement ils se font bombarder quasi quotidiennement par ces grands humanistes que sont les Saouds mais ils endurent aussi actuellement une famine très sévère due à ces bombardements (consulter les sites d’information non-occidentaux pour obtenir des nouvelles).

         
        La famine touche surtout la Somalie, le Sud-Soudan, le Yémen, le nord du Nigeria et sans doute ici ou là quelques zones en Erythrée, au Niger, au Tchad... En Afrique, elle est due essentiellement à la sécheresse. Il arrive que nos journaux télévisés l’évoquent et récitent les noms des pays touchés, mais leur intérêt (et les images qu’ils ont parfois à nous montrer) semble se limiter à la Somalie dont le gouvernement est pro-américain. Ce pays va d’ailleurs bénéficier d’une levée de fonds organisée sur les réseaux sociaux et on peut penser qu’il recevra l’essentiel de l’aide alimentaire.

         
        Les autres pays frappés par la famine n’intéressent pas nos merdias qui se contentent de citer leur nom sans s’appesantir. Le Sud-Soudan a un gouvernement qui n’a pas l’heur de plaire aux USA : ses habitants n’ont qu’à crever de faim. Quant au Yémen, il voit ses écoles, ses hôpitaux, ses quartiers d’habitation détruits systématiquement par les avions de chasse saoudiens pilotés par des Israéliens, des Américains, des Jordaniens. Les Rafale offerts par Normal 1er au dictateur égyptien Al Sissi doivent aussi probablement participer de temps à autre à ces bombardements. On comprend alors pourquoi nos merdias sionistes ne veulent pas dire un mot de cette sale guerre et de la situation épouvantable qu’elle induit au Yémen. Malgré leur immense courage, les civils yéménites meurent donc à petit feu dans le silence complice de l’Occident et l’indifférence générale.

         
        Il serait opportun de demander à tous les candidats à l’élection présidentielle de se positionner personnellement sur cette question précise.

         


        • docdory docdory 20 mars 15:55

          Une chose ne fait guère de doute, c’est que le moteur de ce conflit yéménite résulte de l’exposition des habitants de ce pays pendant environ 14 siècles à l’obscurantisme mahométan de diverses obédiences.


          Le jour ou l’ensemble des habitants du Yemen cesseront de croire aux sornettes, billevesées et autres élucubrations issues du cerveau dérangé d’un dangereux hurluberlu fanatique du VIIème siècle, chamelier atteint de schizophrénie paranoïde, eh bien ce jour-là, les Yéménites cesseront de se préoccuper de savoir qui sont les bons ou les mauvais héritiers de ce « prophète » et donc cesseront de s’entretuer stupidement à ce sujet !

          Puisse ce jour survenir rapidement ...

          • LE CHAT LE CHAT 21 mars 11:34

            @docdory
            les gardiens du cube noir maléfique répandant dans le monde son aura funeste ne supportent pas que des chiites prennent le pouvoir à leurs frontières .

            Après avoir maté les chiites du Bahrein , ils s’en prennent aux yéménites....


          • Alex Alex 21 mars 12:24

            Si les médias occidentaux se sont focalisés sur les atrocités commises à Alep par les Syriens et Russes, ils ne nous parlent que très peu des combats de Mossoul, preuve qu’il n’y a aucune victime civile.

            Le conflit au Yemen est bien dû à 2 raisons, mais – malgré votre insistance pour la minimiser –, l’opposition Chiites-Sunnites est bien réelle, par crainte de l’Iran
            Notez que le pétrole provient essentiellement de la côte Est de l’Arabie (voir cartes dans cet article).

            • JC_Lavau JC_Lavau 26 mars 23:49

              Ça ne se vend pas, le Yémen...


              • JC_Lavau JC_Lavau 28 mars 10:32

                http://lesakerfrancophone.fr/la-responsabilite-des-etats-unis-dans-la-famine-au-yemen

                La responsabilité des États -Unis dans la famine au Yémen

                Par Catherine Kelly – Le 22 mars 2017 – Source CounterPunch

                 

                Cette semaine, au bureau de Voices for Creative Nonviolence de Chicago, ma collègue Sabia Rigby doit préparer son intervention dans un lycée local. Elle doit aller, avec un jeune ami réfugié d’Irak, y parler de la crise des réfugiés provoquée par la guerre. Sabia revient de Kaboul, où elle a participé à la collecte d’informations sur les efforts desJeunes volontaires de la paix afghans pour apporter de la chaleur, de la nourriture et de l’éducation aux familles qui ont fui la guerre afghane et vivent maintenant dans des camps de fortune.

                L’année dernière, Sabia avait rendu visite aux réfugiés de la « jungle de Calais », qui avaient fui le Moyen-Orient et plusieurs pays africains pour aller en Grande-Bretagne. Empêchés de traverser la Manche, une foule de gens ont été contraints de se regrouper dans ce camp de Calais, en France, d’où les autorités françaises ont fini par les évacuer, malgré la solidarité qui régnait entre eux, avant de brûler complètement leur campement.

                Pour sa conférence au lycée, Sabia a préparé un document qui montre où les réfugiés sont les mieux accueillis dans le monde. Un détail l’a étonnée.

                En 2016, les Américains ont accueilli 84 995 réfugiés, mais, la même année, le Yémen, le pays le plus pauvre du monde arabe, a accueilli 117 000 nouveaux réfugiés et migrants et il abrite couramment plus de 255 000 réfugiés de Somalie. Le Yémen commence à souffrir de la pire crise humanitaire au monde. Qui plus est, le pays est régulièrement ciblé par des attaques aériennes saoudiennes et américaines.

                En organisant, au même moment, une semaine de jeûne et d’action en relation avec la tragédie qui frappe le Yémen, nous avons été stupéfaits de découvrir que le Yémen était aussi une voie d’évasion pour les Somaliens qui fuyaient la Corne de l’Afrique pour échapper à la guerre et qui se retrouvaient piégés dans un pays où un autre conflit meurtrier provoquait une famine épouvantable.

                Après des années de soutien américain au dictateur Ali Adullah Saleh, la guerre civile dévaste le Yémen depuis 2014. Son voisin, l’Arabie saoudite, lui-même une des plus cruelles dictatures de la région et un solide allié américain, est devenu nerveux en 2015. Avec le soutien de neuf pays alliés, les Saoudiens se sont mis à opérer d’incessantes frappes aériennes punitives au Yémen, et ils lui ont également imposé un blocage qui a mis fin à l’approvisionnement en nourriture et en fournitures via un port important. Tout cela a été rendu possible par l’arrivée massive d’armements en provenance des États-Unis, pays qui a également mené des frappes aériennes indépendantes, en tuant des dizaines de civils, y compris des femmes et des enfants.

                Comment ce petit pays appauvri, harcelé par des attaques aériennes et terrestres incessantes, proche de l’effondrement économique et au bord de la famine, pourrait-il absorber des milliers et des milliers de migrants désespérés ?

                Le Yémen importe 90% de sa nourriture. En raison du blocus, les prix des denrées alimentaires et des carburants augmentent et la pénurie atteint un niveau de crise.


                • JC_Lavau JC_Lavau 28 mars 10:33

                  Suite :

                  L’UNICEF estime que plus de 460 000 enfants au Yémen souffrent de malnutrition sévère et que 3,3 millions d’enfants et de femmes qui attendent un bébé ou qui allaitent souffrent de malnutrition aiguë. Plus de 10 000 personnes ont été tuées, dont 1 564 enfants, et des millions de personnes ont été déplacées, mais pire encore, on voit se profiler une famine qui emportera tout sur son passage. Iona Craig, dans un article publié par IRIN, a récemment écrit :

                  Un groupe de plus de 120 familles dont le nombre augmente rapidement avec les nouvelles arrivées, se blottit sous les arbres secs de cette vaste zone de broussailles grises. Ils ont marché deux jours pour arriver dans ce camp, au sud-ouest de la ville de Taiz, pour échapper à la dernière vague de conflit sur la côte de la mer Rouge du Yémen.

                  Mais à l’arrivée, les dizaines de femmes et d’enfants n’ont rien trouvé. Aucun soutien des organismes d’aide humanitaire. Pas de nourriture. Pas d’eau. Pas d’abri. Les personnes âgées parlent de manger les arbres pour survivre, tandis que les enfants demandent de l’eau aux agriculteurs locaux. Une mère berce dans ses bras un bébé souffrant clairement de malnutrition.

                  Maintenant, on entend dire que le 16 mars, quarante-deux Somaliens ont été tués par des frappes aériennes soutenues, alors qu’ils montaient dans un bateau pour essayer de fuir le Yémen.

                  « Je me suis couché au fond du bateau, a déclaré Ibrahim Ali Zeyad, un Somalien qui a survécu à l’attaque. Les gens tombaient à ma gauche et à ma droite. Tout le monde hurlait :‘Nous sommes somaliens ! Nous sommes somaliens !’.  »

                  Mais la fusillade a continué pendant au moins une demi-heure, à mon avis.

                  L’attaque contre le Yémen empêche à la fois les Yéménites et les Somaliens en fuite d’échapper à la pire des quatre crises qui se développent actuellement et qui, toutes ensembles, aboutiront à la pire crise humanitaire de l’histoire des Nations Unies selon l’ONU. Depuis la publication de cet article, personne n’a revendiqué cette frappe, mais les survivants disent qu’ils ont été attaqués par un hélicoptère de combat. Le bateau transportait 140 personnes et il se dirigeait vers le nord, au large des côtes du Yémen.

                  Pendant ce temps, les fabricants d’armes américains, dont General Dynamics, Raytheon et Lockheed Martin, profitent massivement des ventes d’armes à l’Arabie saoudite. En décembre 2017, Medea Benjamin a écrit : « Malgré la nature répressive du régime saoudien, les gouvernements américains ont non seulement soutenu les Saoudiens sur le plan diplomatique, mais aussi au plan militaire. Sous l’administration Obama, cela s’est traduit par des ventes massives d’armes, à hauteur de 115 milliards de dollars. »

                  La situation est critique et tous les États membres de l’ONU doivent exiger la fin du blocus et des attaques aériennes, le silence des armes et le règlement négocié de la guerre au Yémen. Les deux pays les plus nuisibles, les États-Unis et l’Arabie saoudite, doivent abandonner leurs manœuvres cyniques contre des rivaux comme l’Iran, devant l’énorme, l’indicible, coût en vie humaines que cela signifie pour le Yémen.

                  Les citoyens américains doivent exiger un changement de la politique américaine, responsable de la tragédie mortelle que vivent les peuples qui se trouvent au Yémen.

                  Choisissant résolument la voie de l’opposition aux politiques américaines sur le Yémen, les citoyens américains doivent exiger des élus qu’ils stoppent toutes les attaques de drones et toutes les « opérations spéciales » de l’armée au Yémen, qu’ils mettent fin à toutes les ventes d’armes américaines et à l’aide militaire à l’Arabie saoudite, et qu’ils indemnisent ceux qui ont subi des pertes causées par les attaques américaines.

                  Notre groupe de militants a longtemps fonctionné sous le nom de « Voix dans le désert »,menant campagne contre la guerre économique contre l’Irak, une guerre via l’imposition de sanctions économiques qui ont directement contribué à la mort de plus de 500 000 enfants. Perdus dans une culture d’irréalité hostile et de silence insupportable concernant la guerre économique, nous avons ingénument essayé d’éveiller les consciences au sort des réfugiés qui tentaient de survivre. Nous n’avons pas réussi à faire lever les brutales sanctions économiques contre l’Irak et avons dû affronter la dure réalité de l’insensibilité et de l’inconséquence des décideurs américains.


                • JC_Lavau JC_Lavau 28 mars 10:33

                  Suite et fin :

                  Nous devons regarder la réalité en face et affirmer notre solidarité avec la plus grande partie des peuples de ce monde. A une époque où nos frères humains fuient désespérément partout dans le monde, à l’intérieur de leur propre pays, ou au-delà de leurs frontières, nous devons avoir à cœur de nous informer continuellement sur les conséquences que les actions de notre nation américaine ont sur les pauvres du monde. Nous devons faire en sorte d’être assez nombreux pour que nos voix soient entendues lorsqu’elles s’élèvent en faveur des habitants du Yémen.

                  Kathy Kelly

                  Kathy Kelly co-coordonne Voices for Creative Nonviolence et a travaillé en étroite collaboration avec les Jeunes volontaires de la paix afghans. Elle est l’auteur de Other Lands Have Dreamspublié par CounterPunch / AK Press. On peut la joindre à : Kathy@vcnv.org

                  Traduction : Aliocha Kazoff

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