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Accueil du site > Actualités > International > Guerre du Congo : quelqu’un peut-il parler aux Rwandais (...)

Guerre du Congo : quelqu’un peut-il parler aux Rwandais ?

C’est une énième guerre infligée au peuple congolais par les dirigeants rwandais, et il est peut-être temps de parler à un acteur silencieux mais dont l’importance du rôle dans l’histoire coule de l’évidence : le peuple rwandais.

Avec cette affaire du M23, la communauté internationale considère que le Rwanda mène là une guerre de trop. Tout le monde sait ce que veulent vos dirigeants : ils veulent s’emparer des zones minières de l’Est du Congo et se foutent pas mal des millions des vies humaines, congolaises, qu’ils piétinent au passage. C’est un comportement qui, à lui seul, mine la crédibilité des dirigeants qui revendiquent d’avoir mis fin au plus grand carnage de la région, le génocide rwandais (800.000 morts). Les chiffres des massacres du Congo (six millions de morts) ont largement dépassé ceux du génocide rwandais et la balance commence à pencher dangereusement contre vos martyrs. D’autant plus que dans leurs aventures militaires au Congo, vos dirigeants utilisent des individus peu recommandables, parmi les pires criminels au monde[1] et recherchés par la justice internationale (Bosco Ntaganda, Laurent Nkunda, Jules Mutebutsi, Innocent Zimurinda,…). Tous figurent sur la liste des criminels[2] recherchés par la Cour Pénale Internationale. Vous ne pouvez pas aller plaider votre cause au Tribunal Pénal d’Arusha en entretenant des individus qui commettent des massacres et des viols de femmes dans un pays voisin. Personne ne vous prend au sérieux, et vous devriez commencer à vous inquiéter. Car l’avenir d’une nation repose sur la crédibilité de ses dirigeants. Les mensonges dont les dirigeants rwandais ont inondé les médias durant les guerres du Congo (il n’y a pas un seul soldat rwandais au Congo) ont été tels qu’on vous écoute désormais avec un peu de recul. Et le déroulement de certaines opérations ne plaide pas en votre faveur.

A Bunagana, le M23 avait négocié une trêve sous les auspices des casques bleus, officiellement pour permettre aux élèves congolais de passer les examens d’Etat (Bac). Il a profité de la trêve pour s’équiper en armes et infiltrer des villes en fondant des combattants au milieu des déplacés de guerre. Ce qui s’est passé par la suite rappelle le tristement célèbre procédé du « talk and fight ». Un Casque bleu indien et de nombreux soldats congolais ont été tués. C’est un procédé de ruse qu’on vous attribue et qui a tellement fait souffrir les Congolais de bonne foi qui vous tendaient le bras. Ne vous étonnez pas que dans l’avenir plus personne ne veuille discuter avec vous. Mais peu importe.

Votre pays, après le génocide, continue de bénéficier d’un régime d’impunité sur la scène internationale, quel que soit le niveau de cruauté avec lequel vos dirigeants traitent et maltraitent le peuple congolais. Vous devriez pourtant vous inquiéter puisque ce régime d’impunité ne peut pas durer éternellement. Jour après jour, le Peuple de Lumumba, avec de maigres moyens, continue de lutter larmes aux yeux pour être un jour écouté. Un jour sa voix sera entendue quelque part, comme la vôtre l’a été en 1994. Je ne sais pas ce qui se passera, mais ce ne sera sûrement pas bon pour vous.

Il faut préciser tout de suite que vous, en tant que peuple, vous n’êtes pas responsable du comportement de vos dirigeants. Et il est même certain que, dans vos ménages respectifs, vous ne profitez ni du massacre des Congolais ni du pillage du Congo. Mais vous êtes dépositaire du devenir du Rwanda et vous devriez regarder ce qui s’est passé avec les peuples dont les ancêtres se sont rendus coupables d’actes de cruauté. Un jeune allemand d’aujourd’hui baisse systématiquement les yeux lorsqu’on lui parle de la Deuxième Guerre Mondiale et du génocide des Juifs. Les Américains portent comme une croix le massacre des Indiens d’Amérique et les Australiens vivent comme une honte éternelle l’extermination des Aborigènes. Pensez-vous sincèrement au sort qui attend vos enfants et vos petits-enfants lorsqu’ils croiseront les enfants et les petits enfants des Congolais que vos dirigeants martyrisent aujourd’hui ? Vous êtes pourtant conscients que quelle que soit la puissance et la longévité d’un régime, il finit un jour par tomber. Les peuples, quant à eux, restent et continuent de vivre les uns à côté des autres. Le peuple congolais ne vous fait aucun mal et vous devriez d’ailleurs le remercier pour sa générosité.

En effet, lorsqu’un certain 06 avril 1994, vous abattez l’avion de votre Président Habyarimana (vous ou quelqu’un d’autre, peu importe), les Congolais ont leurs problèmes. Ils doivent se sortir de la galère dans laquelle le régime de Mobutu les avait plongés. Un premier groupe des Rwandais, les Tutsis, frappe à la porte du Congo. Ils sont accueillis avec générosité. Le Congolais ne roule pas sur l’or, mais il partage le peu de repas qu’il a avec le Tutsi qui fui le génocide. En juillet 1994, un deuxième groupe des Rwandais vient frapper à la porte du Congo. Les Tutsis ont pris le pouvoir à Kigali et les Hutus doivent fuir. Aucun peuple sur la planète ne veut de vous après l’horreur que vous veniez d’étaler sur la face du monde par ces massacres à la machette. Les Congolais acceptent de vous accueillir et se retrouvent tous seuls avec une terrible charge, la communauté internationale vous ayant abandonnés dans les bras d’un peuple pauvre, mais qui essayait seulement de vous aider avec des moyens précaires. Les Congolais avaient leurs problèmes. Vous n’auriez jamais dû être une charge aussi lourde et un problème aussi compliqué pour un peuple qui vous accueille avec générosité.

L’histoire retiendra que vous avez remercié le peuple congolais en transformant le Pays de Lumumba en champ de bataille pour poursuivre dans la violence les antagonismes interethniques qui vous minent depuis la nuit des temps. Vos dirigeants prétendent que le Rwanda est un pays en paix, mais ils savent qu’en réalité, ils ont juste déplacé le champ de bataille et imposé au peuple congolais un conflit qui ne concerne que vous. Les Congolais ont longtemps prié pour que vous puissiez vous entendre, vous réconcilier chez vous et les laisser tranquilles. C’est déjà très difficile de subir trente-deux ans de dictature. C’est encore difficile de subir sur son territoire deux guerres d’un peuple étranger. Et lorsque les Congolais croient que c’est fini, ça recommence. Pire, en découvrant le coltan dans le sous-sol congolais, vos dirigeants pensent maintenant à s’emparer des régions de l’Est du Congo. Comment pouvez-vous imposer de telles souffrances à un peuple qui ne vous a fait aucun mal et vous a juste accueilli alors que plus personne ne voulait de vous ? Ne voyez-vous pas que les autres peuples du monde vous observent et retiennent de vous, injustement, ce qu’il y a de pire ? L’excuse de la lutte contre les FDLR, vous savez bien qu’elle ne marche plus.

La ville de Goma peut tomber entre les mains des dirigeants rwandais, ça n’a pas d’importance. La ville de Bukavu peut également être prise militairement. Des centaines des civils congolais vont être massacrés, c’est évident. Mais la suite de l’histoire est connue d’avance. Le M23 n’ira pas jusqu’à Kinshasa et le peuple congolais utilisera le reste de son territoire pour se battre contre l’occupation. Comprenez que les Congolais n’ont pas le choix. Aucun peuple au monde n’accepte l’occupation et la soumission à une puissance étrangère. D’autant moins que cette puissance étrangère utilise des méthodes aussi barbares que les massacres, les viols de femmes et les pillages. Tôt ou tard, la cause du peuple congolais finira par être entendue.

L’impunité dont bénéficient les dirigeants de votre pays n’est pas destinée à durer. De plus en plus de voix dans le monde se demandent comment il peut y avoir un tribunal pénal international pour juger les auteurs du massacre de 800.000 personnes (Rwanda), 300.000 personnes (Ex-Yougoslavie) et rien pour les six millions de Congolais. Comment les Occidentaux peuvent-ils créer un tribunal spécial pour rendre justice à la famille d’un seul homme, Rafiq Hariri[3] (ancien Premier Ministre libanais) et continuer à ignorer les six millions des familles congolaises qui errent en exil de porte à porte à la recherche d’une oreille attentive ? Cette cause-là, chers voisins rwandais, est destinée à être entendue un jour.

L’idée que les Rwandais bénéficieront d’une totale impunité jusqu’à la fin des temps est une illusion dont vous devriez commencer à vous débarrasser. C’est encore pire à cette époque des nouvelles technologies où au moindre coup de feu les ONG et des milliers d’anonymes recherchent les victimes, identifient les criminels, rédigent des rapports et les transmettent aux quatre coins de la planète. Ces rapports, même s’ils ne sont pas immédiatement suivis d’effet, restent soigneusement conservés quelque part. L’impunité dans un monde comme celui-là est une totale illusion.

En définitive, si vous n’êtes pas responsables des actes de vos dirigeants, le peuple congolais, avec qui vous allez vivre pendant des siècles encore, attend de vous, en revanche, quelques signaux. Tout d’abord, il ne vous demande pas de l’aider, parce que vous n’avez pas les moyens d’aider le Congo. Le Congo peut s’en sortir tout seul. D’ailleurs, chaque fois que vos dirigeants prétendent aider le Congo (les deux Guerres du Congo, opérations conjointes FARDC-RDF,…) les Congolais se retrouvent confrontés à davantage de difficultés que par le passé. Ainsi, la meilleure aide que vous pouvez apporter au peuple congolais, c’est de ne pas essayer de l’aider et de laisser le Congo tranquille. Ce sera déjà beaucoup.

Vous pouvez ensuite manifester quelques gestes, comme dire publiquement et de façon répétée que vous désapprouvez le comportement de vos dirigeants et que vous êtes solidaires avec les victimes du Congo. Si vous pouvez faire davantage, c’est vous qui voyez, mais au Congo, on connait le régime politique que vous subissez. Il ne vous permet même pas d’éternuer, pour ainsi dire.

Boniface MUSAVULI



[3] L’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri, dans l’attentat du 14 février 2005, a donné lieu à la création du Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban, actif depuis mars 2009.


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13 réactions à cet article    


  • Furax Furax 8 octobre 2012 12:48

    Vous avez entièrement raison ;
    Le silence sur ce massacre épouvantable est une honte absolue, tout d’abord pour nos « journalistes » et ceux qui font l’opinion. Où sont-ils les Kouchner, les BHL ? Les amis du N.O.M.sont là où leurs intérêts les guident


    • kemilein 9 octobre 2012 02:27

      bah... c’est bien parce qu’on y est qu’on en parle pas.
      a quoi bon faire la guerre humanitaire pour apporter la démocratie quand on on controle déjà le pays ?

      jvois pas bien l’intérêt.


    • Jacques Raffin Jacques Raffin 8 octobre 2012 17:45

      Comment peut-on oser se plaindre du Rwanda, ce beau pays ami de la France, avec lequel nous avons tissé des liens d’amitié dans les meilleurs moments de son histoire ?

      http://www.genocidemadeinfrance.com/


      • MUSAVULI MUSAVULI 8 octobre 2012 20:49

        Je préfère éviter l’affaire du génocide rwandais dans laquelle on apprend tout et son contraire. Je parle de la tragédie du peuple congolais et de la prise de conscience nécessaire du peuple voisin rwandais.


      • MUSAVULI MUSAVULI 8 octobre 2012 21:09

        Lorsqu’on compare la taille de l’Allemagne (357.026 km²) avec celle des puissances alliées durant la seconde guerre mondiale, il y a une dimension du conflit qui échappe complètement à l’entendement. Rien que la Russie (17.098.242 km²), qui a perdu plus de 20 millions de ses habitants durant le conflit avec l’Allemagne, fait quarante huit fois la taille de l’Allemagne. Ajoutez-y les États-Unis, le Canada, l’Australie, la France, le Royaume-Uni, l’Afrique (les colonies),... Vous comprenez aisément qu’il n’y a aucun rapport entre la taille d’un pays et sa capacité de nuisance.


      • MUSAVULI MUSAVULI 8 octobre 2012 23:31

        « ... l’Allemagne a fini complètement écrabouillée. »
        Je ne suis pas partisan de la violence, mais je sais ce qui se passe dans la tête des Congolais, massacrés et humiliés depuis maintenant 16 ans. S’ils parviennent à se débarrasser du régime fantoche de Joseph Kabila que les Occidentaux imposent au peuple congolais, les Rwandais devraient commencer à trembler. C’est le régime de Joseph Kabila, l’obligé de Paul Kagamé, qui affaiblit la capacité du Congo à se défendre. Mais tout est une question de temps. On n’est pas encore à la fin de l’histoire. Le régime de Kinshasa s’affaiblit et va tomber. Alors les 74 millions de congolais se retrouveront face aux 12 millions de Rwandais. Personnellement, comme vous avez pu le remarquer, c’est un scenario qui me déplait. Mais si les dirigeants rwandais continuent de se comporter comme ils le font, des modérés comme moi vont s’effacer. L’affrontement sera brutal et il y en a un qui va effectivement finir « écrabouillé » pour reprendre votre expression. Hélas. 


      • Annie 8 octobre 2012 23:49

        Vous ne voulez pas parler du génocide rwandais, mais vous ne faites qu’en parler, en creux. Ayez le courage de vos opinions, même si vous vous trompez. Le sort du peuple congolais est intrinsèquement lié à celui du peuple rwandais et paye depuis des années le prix fort pour avoir des ressources naturelles, dont il ne profite pas, mais pour lesquels se battent toutes les armées des pays africains, qu’il s’agisse de l’Angola, de l’Ouganda, etc. Il est plus facile de parler de la colonisation, mais les pays africains ont montré que question exploitation, ils n’étaient pas en reste. Et pour les dernières nouvelles à propos du Rwanda et du régime de Kagame : 


        • Annie 8 octobre 2012 23:49

          Mon lien n’a pas marché alors je le remets http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-19868558  


        • MUSAVULI MUSAVULI 9 octobre 2012 00:03

          Annie,
          Je dois avouer que je ne comprends pas le sens de cet article sur la torture au Rwanda. On a torturé des gens dans une dictature. Ah bon ! ce n’est pas un scoop. C’est plutôt le contraire qui étonnerait. La pratique de la torture dans une dictature est aussi banale que la distribution des allocations familiales dans une démocratie sociale. C’est donc un non-évènement.


        • Annie 9 octobre 2012 00:46

          Non cela n’est pas un scoop, mais vous n’avez peut-être pas suivi. Parce que l’embargo sur l’aide au développement au Rwanda a été levé il n’y a pas si longtemps par l’ancien ministre britannique pour le développement international, contre les recommandations de tout son département. Parler des tortures et des d’assassinats au Royaume-Uni qui sont documentées mais passées sous silence, ne constituent pas un scoop. Sauf si l’on considère que de les évoquer aujourd’hui constitue un progrès par rapport à l’endossement inconditionnel des gouvernements ( pas de la France, bien sûr) et des ONG qui n’ont cessé de brosser un tableau flatteur de Kagame. 


        • VICTOR LAZLO VICTOR LAZLO 9 octobre 2012 00:29

          Bonjour Musavuli,


          L’histoire du Congo/ Zaire est une tragedie depuis son indépendance ;
          Aujourd’hui son histoire est intimement lié au Rwanda, ou plus exactement aux Tutsis qui peuplent non seulement le Rwanda mais aussi, entre autres, le Congo/Kivu et le Burundi. 
          La dictature de Kagame, née des Génocides rwandais, est l« élément moteur du désastre actuel. 
          Ce régime prédateur , remarquablement organisé et extrémement doué » pour la communication agit depuis des années en toute impunité , semant massacres et génocides dans toute la région.
          Faire appel au Rwanda ou aux Rwandais n’a donc pas de sens. 
          La seule solution au probléme se trouve au Congo, dans le patriotisme Congolais s’il en demeure quelque chose.
          Compter sur la Communauté Internationale est un non-sens. Cette Communauté est incapable au sens propre du terme. Le mieux qu’elle arrive à faire , c’est valider, enteriner, la loi du plus fort du moment :. Elle a enteriné la création de l’état fantoche du Kosovo au détriment de la paix en Yougoslavie, elle ferme les yeux sur les massacres et exactions anti-chretiennes en Egypte, en Irak, elle a contribué à envenimer la situation palestino-israelienne, etc...
          Si la Communauté intervient un jour au Congo, ce sera pour enteriner le rattachement du Kivu (entre autres...) au Rwanda.

          • MUSAVULI MUSAVULI 9 octobre 2012 16:36

            « La seule solution au problème se trouve au Congo, dans le patriotisme Congolais... »

            « Si la Communauté intervient un jour au Congo, ce sera pour enteriner le rattachement du Kivu (entre autres...) au Rwanda. »

            D’accord avec vous. Les casques bleus assistent quasiment les bras croisés aux viols, aux massacres et au pillage. La mains mise du Rwanda sur le Kivu est un fait.
            En revanche, si ça continue de guerroyer, c’est qu’il reste encore un peut de patriotisme dans les villages et les maquis du Congo.

            C’est un mince espoir, mais l’avenir de nombreuses nations repose sur la bravoure un jour d’un petit groupe de patriotes. Dans le monde, on ne connait de la France que quelques noms : Napoléon, Charles de Gaulle. A son époque, Lumumba n’était pas seul. Mais il est devenu l’incarnation de toute une nation.

            Je n’ai pas le moindre doute que le peuple congolais triomphera du régime de Kagamé, mais ce qui me fais de la peine, c’est le lourd sacrifice humain auquel il faudra consentir alors que le monde a suffisamment de moyens pour dire à ce tyran « stop ».


          • Bertrand Loubard 9 octobre 2012 16:12

             »L’idée que les Rwandais bénéficieront d’une totale impunité jusqu’à la fin des temps est une illusion……"

            Jusqu’à la fin des temps…. ? Et pourquoi pas ?…On sait quant a commencé l’ère post-coloniale, on ne sait pas quant elle finira…..

            Le premier juillet 2012, la petite ville côtière de Nieuport, en Belgique, a réhabilité 17 sorcières et sorciers qui avaient été, entre 1602 et 1652, condamnés à périr sur le bûcher sur la Place de l’Hôtel de Ville. Une plaque commémorative a été apposée, reprenant les noms de ces victimes, mais pas le nom de leurs bourreaux.

            A Katyn, un monument a été inauguré, en 2010 en l’honneur des prisonniers polonais que les soviétiques avaient exécutés non seulement en 1940 mais aussi par après. Et cependant on oublie que les coupables n’ont même pas été cités au procès de Nuremberg.

            L’anniversaire des 10 ans de la CPI aurait presque été passé sous silence, si Desmond Tutu n’avait déclaré que Bush et Blair devraient être traînés devant la plus haute juridiction internationale. Il aurait pu y ajouter Clinton et Kagamé.

            Dénoncer un acte condamnable semble tellement évident. Il n’est pas besoin que l’acte ait été posé pour qu’il soit condamnable. Mais il est impossible de reconnaître un acte condamnable, une fois commis, sans nommer ceux qui en sont coupables. Le silence assourdissant des média sur les poly-génocides en cours depuis 1990 dans la région des Grands Lacs Africains, s’explique par la volonté de ne pas désigner les coupables. Ces coupables sont, in fine, les « sponsors » mêmes du système auquel participent ces médias. Les observateurs qui pourraient reconnaître leurs erreurs de jugement sont rendus muets, tétanisés, paralysés par l’incommensurable dimension de la falsification massive de ces 22 dernières années.

            A l’ONU, il faut se taire en chœur car les tyrans qui devraient être condamnés ne le seront que quand leurs substituts ou leur avatars seront prêts à être mis en place par la Communauté Internationale, amie des peuples congolais et rwandais. Jusqu’à présent il faut continuer à toujours faire plus de la même chose, avec ce qu’on a. La Communauté Internationale ne peut pas encore invoquer la légitime défense préventive pour éliminer ceux qui sont, de fait ses alliés objectifs. Car ces dictateurs, produits du colonialisme par procuration, sont encore débiteurs des aides, civiles et militaires, dont ils ont profités pour perpétrer depuis le début, les carnages qu’ils peuvent perpétuer en toute impunité.

            Parler aux Rwandais ?

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