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Accueil du site > Actualités > International > Haïti : une faillite collective ?

Haïti : une faillite collective ?

Près de deux ans après le départ houleux de Jean-Bernard Aristide, contraint de s’exiler sous la pression de la communauté internationale, la doyenne des Républiques des Caraïbes vient d’élire René Préval à la Maison Blanche de Port-au-Prince. Un homme étrangement proche des bandes armées, qui l’ont soutenu et qui continuent de semer le désordre dans Cité Soleil et Bel-Air. Paradoxe de la chose, désarmer ces milices sera l’un des enjeux des premiers mois de sa présidence, quand bien même Préval ne se démarquerait pas par sa volonté d’encourager une action plus musclée des casques bleus, dans un pays en décrépitude institutionnelle, dont la corruption administrative, l’échec scolaire et judiciaire ne sont que quelques symboles. Les faits parlent d’eux-mêmes : Haïti se meurt sous nos yeux... sans que la communauté internationale ne réagisse outre mesure. Un comble, quand on sait que l’échec du processus de reconstruction signerait un nouvel échec de taille - si celui de l’Afghanistan se confirme - à même de décrédibiliser un peu plus encore l’Onu dans ses missions de rétablissement de l’Etat de Droit... et d’encourager la radicalisation des comportements de sociétés exaspérées par l’absence de perspectives économiques et sociales décentes. La question posée est simple et réelle : à force de considérer des régions de plus en plus vastes et géopolitiquement vitales comme des « zones grises », où tout espoir de sortie par le haut est illusoire, va-t-on immanquablement légitimer qu’à défaut de puissance publique, la loi du plus fort, apanage en Haïti comme ailleurs d’une criminalité de mieux en mieux organisée, s’impose ?

L’échec de l’accès à la démocratie en Haïti, au-delà de la tenue du scrutin, qui s’est tenu plus ou moins correctement, ce qui est une première en soi à souligner, nous oblige à redoubler d’efforts pour ne pas placer la démocratie en tenaille entre populisme et nationalisme ici, entre népotisme et islamisme ailleurs, comme les derniers scrutins au Proche-Orient nous l’ont montré... La principale mission de l’Onu consiste à consolider et à professionnaliser une force de police autonome qui, à défaut d’armée nationale dissoute par crainte de coups d’Etats à répétition, est le seul élément tangible de l’autorité de l’Etat contre les intérêts mafieux. Des aides plus conséquentes de la part de la communauté internationale y contribueraient, ne serait-ce que pour crédibiliser le système multilatéral d’assistance à « pays en danger ». Mais là encore, tout est question de volonté politique. A défaut, il risque d’y avoir moins d’Haïti et plus de Somalie à travers la planète...


Emmanuel Dupuy est secrétaire général de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE)


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1 réactions à cet article    


  • andre (---.---.182.210) 3 mars 2006 12:17

    quand un peuple meurt de faim,il ne peut y avoir de la democratie dans ce pays.Ce qui veut dire la democratie ne fonctionne pas avec la misère et la faim.

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