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Halte à la dynastie démocratique au Gabon

Le 30 août 2009 le peuple gabonais est appelé à élire son président.

Après le décès de Mr Omar Bongo Ondimba le 08 juin dernier, à l’issue de 41 ans de règne, le Gabon a l’opportunité de tourner la page de cette longue période de non-démocratie, pénible à tous égards, faite d’enrichissement personnel et familial, au détriment de la construction d’infrastructures nationales ou de l’amélioration significative des conditions de vie des gabonais.

Si l’engagement de ce pays dans la voie de la démocratie doit être soutenu et encouragé, si le processus électoral se déroule dans la transparence (ce que nous souhaitons et observerons avec la plus grande vigilance), il est un fait qui peut heurter la sensibilité : la candidature de Mr Ali Ben Bongo Ondimba.

En effet, le Parti Démocratique Gabonais vient de désigner le fils du défunt président pour être son porte étendard à cette élection. Mr Ali Bongo, actuellement Ministre de la défense de son pays, est donc candidat à la succession de son père. Rien de choquant dans une démocratie, me dira-t-on.

Effectivement, d’un point de vue démocratique cela est tout à fait admissible. Mr Ali Bongo a le droit de solliciter le suffrage du peuple gabonais pour devenir président du Gabon.

Seulement, après 41 ans d’exercice sans partage du pouvoir par son défunt père, je me demande s’il est opportun pour le Gabon, mais aussi pour l’Afrique qui change, de voir un Bongo fils succéder à un Bongo père.

Ne serait-ce qu’en se fondant sur ce critère d’opportunité, il est important que le peuple gabonais refuse par la voie du vote ces successions dynastiques qui risquent de se généraliser en Afrique. L’Afrique n’a que trop souffert de son histoire, il est temps qu’elle montre un nouveau visage au monde.

Nonobstant les qualités personnelles de Mr Ali Bongo, il est temps de faire une pause, et de permettre à l’Afrique de faire de nouvelles expériences de gouvernement.

 

Realchange

P.S. Cette élection pourrait aussi être le premier signe de non-ingérence (et non pas absence d’implication positive) de la France dans les processus électoraux en Afrique et un pas important pour amorcer ce changement véritable prôné dans les discours officiels.

 

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8 réactions à cet article    


  • Nho 22 juillet 2009 14:54

    "Si l’engagement de ce pays dans la voie de la démocratie doit être soutenu et encouragé, si le processus électoral se déroule dans la transparence (ce que nous souhaitons et observerons avec la plus grande vigilance), il est un fait qui peut heurter la sensibilité : la candidature de Mr Ali Ben Bongo Ondimba.

    ...

    Effectivement, d’un point de vue démocratique cela est tout à fait admissible. Mr Ali Bongo a le droit de solliciter le suffrage du peuple gabonais pour devenir président du Gabon.

    Seulement, après 41 ans d’exercice sans partage du pouvoir par son défunt père, je me demande s’il est opportun pour le Gabon, mais aussi pour l’Afrique qui change, de voir un Bongo fils succéder à un Bongo père."

    Encourageons les Gabonais dans leur effort diplomatique, mais pas trop quand même !

    Cette contradiction dans vos propos ne sert pas la Démocratie. Ce genre de contradiction est bien trop fréquent dans nos discours quand nous parlons d’exporter notre magnifique démocratie. Aidons ces pauvres bougres à sortir de leurs mécanismes dictatoriaux, mais attention à ce qu’ils le fassent de manière à nous satisfaire.

    En fervent défenseur de la démocratie, je respecterais le choix des Gabonais si ils en venaient à élire le fils pour succéder au père.

    Malheureusement, et particulièrement en Afrique, une élection se passe souvent hors des urnes, et souvent aussi hors du pays.


    • realchange 23 juillet 2009 02:36

      Pourquoi pas. Si effectivement les gabonais venaient à élire le fils pour succéder au père, ce choix sera respecté. Comme le veut d’ailleurs la démocratie. Nous disons simplement, et c’est notre droit, que la candidature de Mr Ali Bongo est indécente et inopportune, après les 41 ans de pouvoir de son père, dans les conditions que les gabonais et les africains connaissent. Et Mr Ali Bongo a été très proche de son défunt père dans l’exercice du pouvoir. Avec les résultats qui vous enchantent sûrement. L’Afrique doit tourner cette page d’exercice du pouvoir et relever la face. Des choix alternatifs sont possibles, nous pouvons les privilégier, nous devons les privilégier. Ali est le symbole de son père. Souhaiter sa réélection, c’est comme demander à un autre Bush de succeder démocratiquement à Georges Bush Junior. Dynastie, monarchie ou république, il y a des situations que l’opportunité récuse.

      Bien à vous

      Realchange 


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 22 juillet 2009 15:15

      Si vous voulez, on peut vous prêter M. Sarkozy junior, qui rêve de pouvoir, et qui finalement, n’est peut-être pas plus mauvais qu’un autre...


      • realchange 23 juillet 2009 02:26

        Avant de prêter Sarkozy junior au Gabon, peut-être vaudrait-il mieux l’essayer avant en France. Les prêts se font souvent avec intérêt et cela a beaucoup ruiné l’Afrique. Nous ne manquons pas d’individus pour relever nos défis. Nous avons fait les mêmes écoles que vous et avons autant de capacités. Laissez-nous donc l’opportunité de la liberté... Quant au fils Bongo, il peut se reconvertir dans les affaires avec ses relations, ses amis et ses soutiens. Il est candidat à l’élection présidentiel, le Gabon l’a admis. Je dis simplement qu’il est nécessaire pour le Gabon et pour l’Afrique de changer de registre. Je ne vois pas ce que Mr Ali Bongo pourrait apporter au Gabon qu’il n’ait pas eu le temps ou l’occasion de conseiller à son défunt père. Arrêtons de prendre les africains pour des enfants qu’on peut berner avec des balivernes.

        Realchange


      • Vilain petit canard Vilain petit canard 23 juillet 2009 09:38

        Oui, enfin, je faisais un peu d’humour smiley ! A titre personnel, je trouve aussi ridicule l’enthousiasme de commande autour de M. Sarkozy Jr que l’empresement de M. Bongo Jr à se jeter sur le palais présidentiel. Il se trouve que je connais un peu la situation, ma belle-soeur est gabonaise.


      • realchange 23 juillet 2009 16:50

        Eh bien , dites à votre belle-soeur d’agir pour le changement. Le Gabon en a tellement besoin. Et puissiez-vous aider ceux qui vous entourent à prendre conscience des problèmes qui se posent en Afrique. C’est votre façon d’aider cette Afrique à sortir de ses misères, ses pauvretés, ses guerres, ses dictatures etc.

        bien à vous

        Realchange


      • Gabriel Gabriel 23 juillet 2009 10:17

        Et dire qu’ils osent appeler cela une démocratie !


        • realchange 23 juillet 2009 16:57

          Il faut sûrement inventer un nouveau dictionnaire politique pour les dirigeants africains. Il faut leur demander de nous définir des notions de base comme la démocratie, la liberté, l’élection, le vote etc Je suis sûr qu’ils nous en révèlerons, des choses.

          Sur ce, bonne lecture !

          Realchange

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