Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Hollande au Congo : la France doit tenir bon

Hollande au Congo : la France doit tenir bon

Il fut un temps où la France réagissait au quart de tour chaque fois que le Congo-Kinshasa était menacé. Les Congolais, dans l’espace francophone, disposaient d’un solide rempart de dernier recours. Ce n’était pas la démocratie, bien entendu, mais un peuple vivait en sécurité, à l’intérieur de ses frontières.

En redécouvrant l’ancien Zaïre en marge du 14ème sommet de la francophonie, le locataire de l’Élysée a dû avoir un choc. C’est un pays ruiné par des années de guerres de pillage et de massacre et un peuple littéralement détruit[1]. Ici, Paris n’a strictement rien à se reprocher, bien au contraire. En 1994, l’Hexagone a dû se « retirer » des affaires de cette région sous le flot d’accusations mensongères[2] mûrement orchestrées par des propagandistes dans l’affaire du génocide rwandais. Dix-huit ans plus tard, ceux qui accusaient la France de crimes ont réussi l’effroyable exploit de liquider six millions de Congolais. A cette hécatombe s’ajoutent les viols de femmes par milliers, l’instauration du pillage comme logique d’État. Ils ont, par-dessus tout, entraîné dans l’extrême pauvreté le pays potentiellement le plus riche d’Afrique. Le Congo-Kinshasa est en effet aujourd’hui classé « pays le plus pauvre du monde » (187ème sur 187 pays[3]) selon l’indice de développement humain.

Pour revenir sur le bilan humain, personne n’est dupe. A six millions de morts, on n’est plus dans les dégâts ordinaires d’un conflit. On est dans une campagne d’extermination suivant un procédé assez facile à décrypter : les guerres à répétition préparées et déclenchées par un même groupe d’individus bénéficiant d’une totale impunité[4], sachant que tous les génocides sont l’œuvre d’individus assurés de la totale impunité. Les massacres planifiés dans le silence des médias, la dispersion des populations dans des zones inhospitalières, le blocage de l’aide humanitaire, les viols de femmes à grande échelle et la destruction des familles, l’exode des populations, la famine, l’épuisement, les épidémies,… Toutes ces tragédies mises ensemble, et orchestrées de façon répétées (depuis 1996), sont de loin un procédé d’élimination des populations plus efficace que les chambres à gaz (Allemagne nazie) et les machettes (extrémistes rwandais).

Ce type de procédé a été reconnu comme un moyen d’extermination de nature génocidaire dans le conflit du Darfour (Soudan). En mars 2009, la Cour Pénale Internationale a émis un mandat d’arrêt contre le Président soudanais Omar el-Bechir. Le Procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, parlant du « génocide » du Darfour avait indiqué que ce génocide avait été exécuté « sans chambres à gaz, sans balles, sans machettes, mais par la famine, les viols et la peur »[5]. Or, comparé à la tragédie du Congo, le Darfour fait figure de simple terrain d’expérimentation.

Devant le scandale annoncé d’un génocide étouffé que subit le peuple congolais, certaines langues, en haut lieu, commencent à se délier[6]. Mais le mal est fait. La question que se posent les Congolais, et que se posent toutes les victimes et rescapés des campagnes d’extermination, est de savoir « pourquoi a-t-on laissé faire  ».

Fallait-il sincèrement que la France se retirât et abandonnât dans ces conditions un peuple qui comptait tant sur sa protection ? Le Congo est, en effet, à l’image de ces scènes déchirantes où on voit les « Blancs » et leurs familles s’en aller laissant des autochtones qui regardent disparaître l’avion dans les nuages avant de se faire massacrer. La France n’aurait jamais dû se retirer, tellement le massacre était annoncé.

En tout cas, son départ fit céder une digue et ouvert la voie à toutes sortes d’aventures de prédation comme celles du tristement célèbre M23, groupe armé derrière lequel se dissimule une énième agression du Congo par le Rwanda et l’Ouganda, dans le but évident de mettre la main sur les gisements miniers du Congo.

Et les autorités congolaises dans tout ça ?

Aucun espoir !

Le drame du peuple congolais, comme a pu s’en rendre compte le Président Hollande, c’est que les autorités font partie du problème. Elles sont arrivées au pouvoir, à Kinshasa, dans les rangs des armées d’agression et d’occupation ougandaises et rwandaises (cas du Président Kabila), ou des mouvements armés « montés » de toutes pièces par Kampala et Kigali. Les « dirigeants congolais », de ce fait, ne pouvaient pas être les représentants légitimes d’un peuple qu’ils ont agressé et aidé à faire agresser de l’extérieur. Imposés au peuple congolais par des puissances étrangères au service desquelles, naturellement, ils pillent leur propre pays, les dirigeants de l’actuel régime de Kinshasa brillent surtout dans la répression contre leurs propres compatriotes.

En tout cas, ces dirigeants-là ne sont absolument pas au service du peuple congolais. On ne peut autrement expliquer que le pays potentiellement le plus riche du Continent africain soit devenu le « plus pauvre du monde ». C’est ainsi que des centaines d’ONG (plus de 200), les agences et les missions des Nations Unies[7] (17 mille casques bleus) doivent parcourir le pays pour s’occuper d’un « peuple » sans véritable Etat et pallier les carences des autorités çà et là.

Pire, au problème de légitimité de départ (guerres d’agression), s’ajoute le déni de la démocratie. En effet, en novembre 2011, le régime de Joseph Kabila s’illustre tristement par un gigantesque hold-up électoral et réprime les manifestants dans le sang[8] (des civils tués[9] par l’armée et la police dans les rues de Kinshasa). Depuis, le pays est plongé dans une crise politique à laquelle s’ajoute l’incapacité chronique à régler des problèmes aussi ordinaires que la sécurité nationale. L’est du Congo, avec ses immenses gisements de coltan, d’or, de pétrole, de cassitérite, de diamants,… est en train de passer sous le contrôle du Rwanda dissimulé derrière une rébellion de paille, le M23. Les autorités de Kinshasa, installées au pouvoir par le régime de Paul Kagamé, ne peuvent pas faire face militairement et battent en retraite. On ne se bat pas contre ses maîtres. Les Congolais, jetés dans la nature, sont abandonnés entre les mains des ONG et des agences des Nations-Unies.

Pendant ce temps, à Kinshasa, les députés, issus des élections contestées, s’octroient tout de même une confortable rémunération mensuelle de 13 mille dollars[10], tandis que les ministres passent à 30 mille dollars. Plus du double des revenus versés aux députés[11] et aux ministres[12] français[13]. Une confirmation de plus que ces dirigeants-là vivent vraiment dans un autre monde que celui de « leur » peuple. Au Congo-Kinshasa, pays le plus pauvre du monde, le soldat, pourtant en guerre, perçoit une solde, irrégulièrement versée, d’environ 50 dollars, tandis que l’enseignant, fonctionnaire d’État, est tout simplement laissé à la charge des parents d’élèves.

Ainsi, les Congolais se retrouvent entre les mains d’un régime sans réelle légitimité (imposé de l’extérieur), anti-démocratique (hold-up électoral), incapable de régler les problèmes économiques et sociaux (extrême pauvreté des Congolais) ni de protéger la population et le territoire national (débâcles militaires à répétition dans le Kivu), mais brutal vis-à-vis des populations civiles (massacre des populations dans le Bas-Congo[14], assassinats, dont celui du militant des droits de l’Homme Floribert Chebeya qui enquêtait sur ces yueries).

Le Président Hollande a dû se demander par où commencer. Malgré les trépignements du « régime », il a tenu à honorer la mémoire du militant des droits de l’Homme assassiné en 2010 dans les locaux de la police à Kinshasa. En inaugurant une plaque au Centre culturel français de Kinshasa et en faisant rebaptiser la médiathèque « Floribert Chebeya », le Président français a sûrement commencé là où il faut commencer. Les droits de l’Homme. Car la République Démocratique du Congo est avant tout un désastre en matière des droits de l’Homme. Le pays se trouve en effet en proie aux pires exactions qu’on puisse infliger à un peuple en même temps : massacres récurrents, viols de femmes à grande échelle (capitale mondiale du viol[15]), sanctuaire de l’impunité et gigantesque charnier (six millions de mort).

Si Paris peut, comme on a pu l’espérer, empêcher la prise de Goma par les troupes rwandaises (dissimulées, comme d’habitude, derrière le M23), ce serait le plus grand répit pour le peuple congolais depuis 18 ans. En entendant le Président français marteler son attachement à l’intangibilité des frontières du Congo-Kinshasa, les habitants de Goma ont poussé un ouf de soulagement. Depuis la débâcle militaire, les Congolais savent le sort qui les attend dès la chute de la ville : massacres (les assassinats, comme un signe annonciateur, ont commencé çà et là dans la ville, infiltrée et encerclée), viols, pillage, exode des populations. Si Paris peut traduire son engagement dans les actes (résolutions au Conseil de sécurité de l’ONU, sanctions contre le Rwanda, envoi de troupes françaises pour protéger la population), il n’y a pas de temps à perdre.

Paris l’a déjà fait, avec succès, en 2003, dans la province voisine d’Ituri, dans le cadre de l’opération Artémis. En moins d’une semaine, l’armée française avait réussi à stopper les massacres interethniques et à neutraliser les « seigneurs de guerre » locaux. Nombreux d’entre eux ont été, depuis, capturés et traduits devant la Cour Pénale Internationale (Thomas Lubanga[16], Germain Katanga, Mathieu Ngudjolo).

Le chantier qui suivra sera celui de l’instauration progressive d’une gouvernance responsable afin de tourner définitivement la page au désordre actuel qui fait du Congo, à l’Est (crise militaire) comme à l’Ouest (crise de légitimité politique) un désastre intégral.

Boniface MUSAVULI



[1] Dans l’Est du Congo, chaque famille a perdu au moins un membre du fait de la guerre qui se poursuit depuis 1996.

[2] Dans l’affaire du génocide rwandais, il n’y a que deux certitudes : sa reconnaissance (Résolution 955 du Conseil de Sécurité de l’ONU) et l’effectivité des tueries à grande échelle à travers le pays. Au-delà de ces deux certitudes, tout (y compris le « rôle de la France ») est « pollué » par un déluge de mensonges d’Etat, des postures partisanes, l’obsession de la propagande, des « recherches » et publications commanditées, l’opportunisme médiatique. Mais, pour les Congolais, tout le bruit autour du génocide rwandais fut un moyen de masquer les tueries et le pillage qui se déroulaient au Pays de Lumumba.

[4] Pas un seul dirigeant rwandais, ni civil ni militaire, n’a jamais été poursuivi pour les crimes commis au Congo, des crimes pourtant répertoriés dans d’innombrables rapports d’ONG (Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH, ONG locales,…) et même des experts mandatés par l’ONU (voir rapport du Projet Mapping – août 2010 // http://www.ohchr.org/Documents/Countries/ZR/DRC_MAPPING_REPORT_FINAL_FR.pdf).

[6] L’ambassadeur américain chargé des crimes de guerre au Département d'Etat, Stephen Rapp, a affirmé au journal britannique The Gardian, que le Président rwandais Paul Kagamé pourrait être poursuivi devant la Cour Pénale Internationale.

[7] Inefficaces pour protéger les populations, comme dans de nombreux conflits, mais ce n’est pas le sujet.

[11] Un député français perçoit une indemnité parlementaire de 5 514,68 € brut mensuel

[12] Un ministre français perçoit un traitement brut mensuel de 11 029,36 €

[13] 5ème puissance économique du monde

[15] La RD Congo est « la capitale mondiale du viol » selon Mme Margot Wallström, l'envoyée spéciale de l'ONU pour les violences faites aux femmes et aux enfants dans les conflits. (http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20100428114305/)

[16] L’ancien seigneur de guerre d’Ituri, Thomas Lubanga, a été condamné le 10 juillet 2012 par la Cour Pénale internationale pour crimes de guerre commis en Ituri (RD Congo). Il est le premier condamné de la CPI.


Moyenne des avis sur cet article :  4.69/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • maQiavel machiavel1983 25 octobre 2012 16:21

    Un bon article . Mais le Congo n’ a plus rien à attendre de la France , elle est aujourd’hui inféodé aux réseaux anglo-saxons qui ont pris la région en main .

    Le seul espoir peut venir des congolais eux mêmes , qui ne peut plus se permettre de s’ appuyer sur des forces étrangères .Comment peut il se libérer ?C’ est la question.

    • MUSAVULI MUSAVULI 25 octobre 2012 16:57

      Parler de « prise en main » est un euphémisme. L’expression appropriée pour qualifier le comportement des Anglo-saxons devrait être : « faire main basse ».


    • Mwana Mikombo 26 octobre 2012 00:17

      @l’auteur

      Votre article a retenu toute mon attention. Pour le moment, je ne saurais trop aller dans la profondeur de la situation complexe qui prévaut en République Démocratique du Congo. Bien sûr que j’ai des informations recueillies auprès des amis congolais et dans les médias, internet surtout (vidéos, articles de journaux, ...). Votre article me pousse à les réexaminer plus en profondeur. J’ai aussi consulté certains de vos articles antérieurs sur le sujet que vous avez publiés sur Agoravox ainsi que la plupart des réactions à ces articles. Je note que vous insistez sur l’ampleur des massacres et exactions commises sur les populations civiles en RDC par le régime rwandais de Paul Kagamé en particulier les viols, les pillages, les déplacements massifs de civils congolais, les trafics et brigandages en tous genres opérés par l’armée rwandaise sur le territoire congolais. Vous évaluez le bilan de la guerre en RDC depuis la fin du génocide rwandais à six millions de morts que vous qualifiez de génocide. A vos yeux, les massacres du Rwanda en 1994 ne mériteraient pas d’être qualifiés de génocide. Mais, je dois aussi vous signalez que je suis au courant de la thèse du « double-génocide » du Rwanda et j’en discute souvent avec des amis. J’ai même déjà eu l’occasion de rencontrer trois Hutus. J’ai pu discuter avec deux d’entre eux. Le troisième ne veux pas parler politique. Je vous remercie de toutes ces informations sur lesquelles je vais méditer.


      • MUSAVULI MUSAVULI 26 octobre 2012 05:07

        Cher Mwana Mikombo,
        Je suis globalement d’accord avec vous sauf avec la phrase suivante : « A vos yeux, les massacres du Rwanda en 1994 ne mériteraient pas d’être qualifiés de génocide. »

        Non, il y a eu un génocide contre les Tutsi au Rwanda, et, pour en avoir été plus ou moins témoin (je vivais dans le Kivu en 1994) je ne peux pas contester l’effectivité de ce génocide.

        Par la suite, ce génocide a été utilisé comme un argument politique pour jeter les bases de la dictature rwandaise qui sévit depuis lors.  


      • Mwana Mikombo 26 octobre 2012 17:52

        @MUSAVULI

        « Non, il y a eu un génocide contre les Tutsi au Rwanda,..., je ne peux pas contester l’effectivité de ce génocide. »

        C’est entendu. Nous sommes en phase là-dessus.


      • Mwana Mikombo 28 octobre 2012 15:01

        @MUSAVULI

        Cher Musavuli

        Votre article a permis de remettre ma base de données à jour en ce qui concerne la situation dans la région des grands lacs. Les liens attachés m’ont été très utiles, surtout le rapport « PROJECT MAPPING » de 561 pages. Ce rapport chronologique et très détaillé est consacré à la guerre en territoire congolais. Il couvre la période allant de 1993 à 2003. Pour le moment, je n’ai fait que survoler la lecture de ce document. Mais d’ores et déjà, je trouve déplorable l’hypocrisie de ce rapport qui consiste à masquer le rôle prépondérant des occidentaux, fabricants d’armes et donneurs d’ordres qui arment les africains. Il y a cependant quelques principes inflexibles qui doivent encadrer une réflexion fructueuse.

        1- Le créateur, le planificateur et l’organisateur de l’apocalypse qui plonge le continent africain, c’est l’Europe. C’est une guerre d’effacement progressif et méthodique des africains sur leur continent. La bible hébraïque, reprise par le Coran, est la déclaration initiale de cette guerre. Cette déclaration de guerre contre les africains a été plusieurs fois réitérée (1) et (2) . Cette guerre d’extermination des africains a traversé plusieurs étapes. L’étape actuelle a commencé en 1441 avec le débarquement des Portugais en Afrique. La guerre qui ravage la région des grands lacs n’est qu’un épisode de cette étape. D’autres épisodes sont en cours dans la « corne de l’Afrique » en Afrique de l’Est, en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Mali) et partout sur le continent à des rythmes différents.

        2- Il s’en suit que les indo-européens et leur détachement américain sont à jamais disqualifiés pour trouver et mettre en œuvre une quelconque solution tant soit peu durable et profitable aux africains. Il en est de même de l’ONU et autres organisations internationales sous leur contrôle. Les ONG européennes ou américaines ne sont que la reproduction des anciennes missions civilisatrices coloniales.

        3- Les guerroyeurs et tirailleurs africains qui passent leurs temps à se massacrer entre eux et à massacrer leurs populations ne sont que des porte-flingues abâtardis des indo-européens. Il est vivement souhaitable qu’ils s’unissent et retournent leurs armes contre leurs ravitailleurs européens. L’Union Africaine (UA) et ses succursales régionales (UMA, UEMOA, CDEAO, CEMAC, CEEAC, COMESA, SADC, SACU…) sont des immeubles et appartements louées dont les bailleurs sont indo-européens.

        4- La pacification du continent africain, au profit des africains, suppose l’effacement des frontières arbitraires issues du partage colonial ou néocolonial, la création de vastes fédérations régionales désenclavées sur la base des entités précoloniales, le regroupement de ces fédérations régionales en un seul Etat Fédéral Africain.

        5- Seule la restauration de la culture traditionnelle précoloniale, dont l’unité continentale n’est plus à démontrer, peut apporter l’émancipation des populations africaines. Les langues traditionnelles africaines, vecteurs de cette culture précoloniale, doivent donc prendre le devant de la scène politique, économique et culturelle, scène parasitée par les langues étrangères coloniales. Le parasitisme linguistique colonial (francophonie, lusophonie, hispanophonie, anglophonie…), qui fait la honte du continent, doit à tout jamais disparaître au profit de « l’afro phonie ».

        J’ai tenu à vous exposer ces quelques principes intransigibles qui doivent à mon sens présider à toute analyse de bonne foi sur la situation chaotique des grands lacs en particulier, du continent africain en général.

        (1) La bulle « Dum Diversas » du pape Nicolas V en 1452 et ses réitérations successives.

        (2)  Extrait du discours de Victor Hugo lors d’un grand banquet réunissant près de 120 convives. Une énième déclaration de guerre au continent africain.

        « Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra.

        Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. A qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. (_Applaudissements prolongés).

        Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez ; et que, sur cette terre, de plus en plus dégagée des prêtres et des princes, l’Esprit divin s’affirme par la paix et l’Esprit humain par la liberté ! ».


      • MUSAVULI MUSAVULI 29 octobre 2012 16:14

        Cher Mwana Mikombo,
        Je partage une grande partie de votre réflexion. Militant des droits de l’Homme depuis des années, j’ai mis du temps à me rendre compte que les Africains, les Congolais en particulier, faisaient l’objet d’une « silencieuse » campagne d’extermination, destinée, non pas à les éliminer totalement de la surface de la terre, mais bien à les « affaiblir » suffisamment pour les soumettre, contrôler leur Continent et ses ressources.
        Ça fait froid dans le dos, mais il faut faire avec.
        Je suis juste réservé sur l’idée que vous avancez consistant à faire disparaître les frontières actuelles. Tel que je connais les « dirigeants africains » d’aujourd’hui, il n’y a pas une seule frontière qui puise disparaître sans provoquer une guerre terriblement meurtrière. Puisque les Occidentaux, de part et d’autre, se mêleraient à l’affaire à la fois au nom de la souveraineté des États et de l’intégration économique nécessaire au développement du Continent Noir. Des contradictions qui seront exploitées et orchestrées sciemment pour nous pousser à nous entre-tuer jusqu’au dernier.
        Je crois que l’idée est noble mais exige que de nombreuses conditions soient réunies. Il faut déjà que les États actuels parviennent à contrôler l’ensemble de leurs territoires. Faire disparaître la frontière entre le Rwanda et le Congo revient à livrer l’Est du Congo au dictateur rwandais, dont on sait qu’il n’a aucun égard pour la vie des populations congolaises. La deuxième condition est que toute l’Afrique se démocratise profondément et s’attache au respect des droits de l’Homme. On ne fait pas disparaître une frontière entre un pays soumis à la dictature et un pays démocratisé. Pensez seulement à l’exode des réfugiés politiques.
        On en reparlera...


      • Mwana Mikombo 30 octobre 2012 15:39

        Cher Musavuli

        Il n’est jamais trop tard, même après beaucoup de temps, quand on parvient à découvrir une réalité cruciale soigneusement camouflée qui vous concerne. La découverte, c’est la condition sans laquelle aucun horizon n’est envisageable. Le manque de découverte, c’est l’inconscience. Les africains se débattent et s’étouffent les uns contre les autres comme des poissons dans un filet ou des mouches dans une toile d’araignée. Ce filet, ou cette toile d’araignée, est tissé et tendu par les occidentaux. Les africains n’en ont aucune conscience. Peut-on envisager quelque solution pour sortir de cette léthargie ?

        Vous affirmez partager une grande partie de ma réflexion. Je m’en réjouis et c’est tant mieux. Cependant, un point capital suscite vos réserves. Il s’agit de la nécessité, dès maintenant, de projeter l’effacement des frontières coloniales et néocoloniales. Votre réticence repose sur deux raisons : 1°) les dirigeants africains d’aujourd’hui sont hostiles à toute modification des frontières coloniales ; 2°) les occidentaux qui s’en mêleraient. La première raison est la pierre angulaire de la charte de l’UA, chambre d’enregistrement des états généraux coloniaux. Pourquoi donc on se torture tant si c’est pour entretenir les carcans coloniaux ?

        Vous remarquerez, malgré tout, que le Soudan a récemment été partagé en deux et qu’actuellement l’hypothèque du partage du Mali imposé par la rébellion Touareg peine à être levée. Elle le sera sans doute probablement dans les mois à venir, car le bon dieu François Hollande s’y prépare. L’argument du Soudan et du Mali n’est peut-être pas suffisant d’autant plus que ces deux exemples vont dans le sens de la logique coloniale de la balkanisation de l’Afrique contrairement à la logique du regroupement fraternel des pays africains qui nous intéresse ici. Mais, ces deux exemples suggèrent déjà que les frontières coloniales peuvent subir des modifications malgré l’hostilité de l’UA. Mais, l’hostilité de l’UA et l’intervention des occidentaux ne sont pas exemptes des risques. Elles peuvent être paralysées en fonction de l’opportunisme et de l’ampleur du mouvement indépendantiste. La vraie raison pouvant fonder une réticence n’est donc pas là. La raison profonde de votre réticence, c’est votre fascination devant le fait colonial comme la fascination d’un esclave envers son maître. Cette fascination consiste à attendre des dirigeants africains actuels la remise en cause des frontières coloniales. Sous cet angle, bien évidemment, rien n’est faisable. Nos Etats coloniaux et néocoloniaux ne le feront jamais ! Jamais ! C’est le pacte néocolonial, leur profession de foi !

        Vous pensez que la remise en cause des frontières coloniales et néocoloniales par les Etats africains actuels est possible si ces Etats parvenaient à contrôler l’ensemble de leurs territoires. C’est une grave erreur, car, sans aller très loin, ce contrôle des territoires par nos Etats néocoloniaux se fait déjà sous l’égide des occidentaux. Même les affrontements et guerres fratricides qui ravagent le continent comme actuellement en République démocratique du Congo sont leur façon de contrôler leurs territoires. Vous pensez encore que la disparition des frontières coloniales est possible si l’Afrique se démocratise profondément et respecte les droits de l’homme. C’est encore une grave erreur d’appréciation. Quand on dit « démocratie », on parle de quoi ? La démocratie est un concept européen qui, paraît-il, signifie le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Alors, y a t-il en Afrique un seul pays où un tel pouvoir existe ne serait-ce que dans les balbutiements ? Même en Europe et en Amérique, initiateurs de la démocratie, vous aurez du mal à trouver un pays où un tel pouvoir existe réellement puisque dans tous ces pays, les peuples sont pris à la gorge par une grave crise économique et sociale imposée par leurs ploutocraties, c’est-à-dire des pouvoirs au-dessus de leurs peuples et jouant contre leurs peuples. Et pour voir la démocratie en profondeur, il faudrait même s’entendre sur le concept « peuple » dans lequel chacun met ce qu’il veut. Pour ma part, la démocratie en Afrique n’est qu’un slogan creux dicté par les occidentaux. Il en est de même des « droits de l’homme » que le célèbre opposant nationaliste camerounais, Mongo Béti, qualifiait à juste titre de « droits de l’homme blanc ». Ces slogans creux importés que les africains répètent mécaniquement, comme des perroquets, sous le dictat des occidentaux, n’ont pour but que de détourner les peuples africains de leur vrai combat, le combat pour la libération du joug des occidentaux, le combat pour la liberté du continent noir. La liberté d’abord ! La souveraineté d’abord. La démocratie ensuite, et encore s’il en faut.

        Quand l’Europe était sous la botte nazie, le mot d’ordre des nations européennes n’était pas la démocratie, mais la libération du joug nazi. Les européens ne s’étaient pas offerts le luxe de jouer à la démocratie, ni aux« droits de l’homme » sous la botte des nazis. Ils ont d’abord livré la chasse aux nazis. La résistance était le seul honneur. Le mot d’ordre démocratique sans détail était : « A chacun son Bosch ! ». Les« droits de l’homme » ne rentraient pas en ligne de compte. Aujourd’hui encore, cette chasse aux nazis continue, pourtant les nazis, les hitlériens, étaient et sont eux aussi des hommes. Pourquoi veut on qu’il en soit autrement pour les africains ? Eh bien, c’est pour renvoyer la libération du continent noir par les noirs aux calendres grecs.

        Enfin, vous dites qu’ « On ne fait pas disparaître une frontière entre un pays soumis à la dictature et un pays démocratisé ». Vous avez totalement raison, sous réserve de la définition des concepts de« dictature » et de « démocratie » élaborés en d’autres lieux. Pour moi, l’effacement des frontières coloniales et néocoloniales ne peut être mené que par la coalition des forces anti coloniales autochtones combattant dans des pays limitrophes, poursuivant l’objectif de regrouper leurs pays en une fédération étendue. Je suis sûr qu’un tel mouvement fédérateur des résistants noirs africains soulèvera l’enthousiasme des masses, non seulement dans la région même, mais partout en Afrique, dans la diaspora noire ainsi que dans les colonies en Outre-mer. La représentativité transfrontalière, autrement dit la vocation à effacer les frontières et à fédérer les peuples des états transfrontaliers, est l’un des critères solides sur lesquels repose l’authenticité d’un mouvement de libération nationale en Afrique noire.


      • MUSAVULI MUSAVULI 30 octobre 2012 16:56

        Cher Mwana Mikombo,
        Je continue toujours à partager votre réflexion sur le fond. Il faut progressivement bâtir un espace de fraternité entre Africains au-delà des frontières héritées de la colonisation. Cela ne règlera pas tous les problèmes du Continent Noir mais permettra d’en régler au moins deux : le premier étant celui du regard que chaque Africain devra, dès lors, porter sur l’autre : un frère, une sœur, un ami, un compatriote du même Continent,... Ce sentiment est déjà assez répandu dans les milieux des « exilés » africains que je rencontre en Europe. Camerounais, Nigérians, Congolais, Sénégalais,... dans les universités, les entreprises, sur les marchés et dans la vie de tous les jours, se regardent, avant tout, comme frères et sœurs. Vous savez pourquoi ? Eh bien parce qu’il s’est passé ce que vous préconisez : en France, il n’y a pas de frontière entre Africains. Ils vivent tous dans un même espace : la France.

        Le deuxième problème que réglera l’effacement des frontières sur le Continent africain est la mise en commun des potentialités. Certaines régions sont propices à l’agriculture, d’autres à l’élevage. Certaines régions sont propices à une certaine agriculture (céréales), mais pas à une autre (légumes, fruits,...) Certaines régions sont riches en ressources minières Katanga (RD Congo) et d’autre propices aux constructions des grands chantiers industriels (régions côtières sur l’Océan Indien ouvertes à l’exportation vers le marché asiatique, côtes de l’Ouest ouvrant sur le marché occidental), certaines régions disposent d’un énorme potentiel en main-d’œuvre (Rwanda, Kinshasa, Nigeria, ...) d’autres sont riches en ressources, mais en carence de main-d’œuvre potentielle,... Vous pouvez multiplier les exemples et réaliser à quel point l’ouverture des frontières permettrait d’exploiter les potentialités du Continent rien que sur la base des « complémentarités ». Pensez également aux retrouvailles entre « peuples » autrefois « divisés » par les colons. Les Allemands ont accepté de payer des centaines de milliards d’Euros pour retrouver leurs frères et sœurs enfermés de l’autre côté du Mur de Berlin. Les Coréens rêvent tous les jours de pouvoir un jour se retrouver. En Afrique, un Mokongo du Congo-Kinshasa doit payer un visa pour aller parler à un autre Mukongo du Congo-Brazza ou d’Angola. Un Muyira/Nande du Congo doit payer et se faire fouiller pour aller parler à son congénère enfermé derrière la frontière ougandaise. Un Tutsi et un Hutu ne sait plus quoi faire entre le Congo et le Rwanda, deux pays en guerre qui imposent à chacun de ces « frères et sœurs » rwandophones de choisir son camp. Tout ceci est ridicule, et, je crois avec vous, que nous arriverons à dépasser ces querelles auxquelles les puissances coloniales nous ont condamnés à nous imposant des frontières artificielles.

        Je garde toutefois mes réserves. Compte tenu de la nature humaine,du niveau d’accumulation des haines, des ambitions et des appétits diverses, la marche vers cette union, que vous appelez de vos vœux, ne peut se réaliser utilement que si l’esprit de démocratie se répand dans les esprits d’un bout à l’autre du Continent. Il ne s’agit pas de la démocratie imposée comme en Libye ou en Irak. Il s’agit d’une démocratie « adoptée » par les Africains qui auront compris que cette union se réalise dans leur intérêt et pour leur avenir. Il ne faudrait pas que cette marche soit imposée aux peuples par un « homme fort » du genre Napoléon (Révolution française), Hitler (espace vital), Ché Guévara (Révolutions sud-américaines), Staline (Union soviétique),... Non, cette union doit être réalisée au fur et à mesure que le débat libre et constructif persuade des masses entières des populations d’une région à l’autre.

        La deuxième condition, qui reste rattachée à la première, c’est le respect des droits de l’Homme. Pas dans le sens que vous évoquez de l’ « Homme blanc ». Les droits de l’Homme tout court. Respecter la vie des gens, leur dignité, leurs biens ; répondre à leurs besoins vitaux (manger, boire, se loger, disposer d’un revenu). C’est comme ça que je conçois les choses.

        Une union africaine réalisée dans le respect de ces impératifs, chacun y trouvera son compte et chaque Africain veillera à en être le garant. Parce que, pour que cette union puisse avoir un sens, il faut qu’elle soit à la foi utile à chacun et durable dans sa vocation.

        A la prochaine...


      • Mwana Mikombo 30 octobre 2012 20:57

        « Je garde toutefois mes réserves. Compte tenu de la nature humaine, du niveau d’accumulation des haines, des ambitions et des appétits diverses,... »

        Quand la dynamique des retrouvailles et du brassage des peuples africains sera enclenchée et que le lien de continuité historique avec notre passé ancestral sera rétabli, les animosités entre les africains s’estomperont pour finir par disparaître. Bien sûr la vigilance doit être de rigueur à tous les instants du processus.

        « Il s’agit d’une démocratie »adoptée« par les Africains... ». Je l’appelle la « démocratie africaine ». Il faut trouver un nom africain.


      • MUSAVULI MUSAVULI 30 octobre 2012 22:59

        « Bien sûr la vigilance doit être de rigueur à tous les instants du processus. »


        On est à 100% d’accord. 

        Quant à la « démocratie africaine », tout est dans le contenu. Qu’est-ce qu’on y met ? La démocratie occidentale, au départ basée sur la légitimation des dirigeants par les élections, a été progressivement améliorée (ou corrigée, peu importe) par d’autres formes de légitimation : démocratie directe (modèle suisse), démocratie participative (associations, syndicats, engagement citoyen,...), expertise indépendante, liberté des médias,... La difficulté pour l’Afrique, même si on y fait disparaître tous les tyrans actuels, est de s’accorder sur un système de légitimation du pouvoir. Il faut, tout d’abord, des masses populaires disposées à accepter les contraintes de la démocratie, parce que c’est difficile de perdre une élection, même en Europe. Il faut ensuite des dirigeants honnêtes et compétents. Enfin, j’y pense depuis quelques semaines, il faut des pôles de stabilité, c’est à dire des structures suffisamment fortes pour que les alternances politiques s’opèrent sans que le pays sombre dans l’anarchie. Trop de pays en Afrique ne doivent leur stabilité qu’aux efforts d’un seul homme, « le dictateur ». Un modèle désuet depuis des siècles. Il y avait des dictateurs à Rome. Ça n’a pas beaucoup marché. Si les pays avancés ont tourné le dos aux dictateurs, alors qu’ils en avaient de très solides (Franco, Hitler, Mussolini, Pinochet, Staline, Mao, « De Gaulle »/ dans une certaine mesure), c’est que ça ne marche pas. Les épaules d’un seul homme sont trop fragiles pour porter le sort d’une nation dans la durée. Déjà comme père de famille, on y arrive à peine. Imaginez le poids sur le dos du « Père de la Nation ». C’est impossible. Tous les « pères de la nation » laissent leurs nations dans la ruine, parce qu’on ne peut pas, raisonnablement, être un « père d’une nation ». En tout cas, pour bâtir du durable, il faut prendre appui sur un « système », et non sur les épaules d’ « un homme ». 

      • VICTOR LAZLO VICTOR LAZLO 26 octobre 2012 08:44

        Bonjour,


        Cette région d’Afrique est aujourd’hui plongée dans la plus grande tragédie de cette décennie sans que celà ne transpire jamais dans les médias. 
        Les génocides Rwandais et Burundis, et la présentation qui en ont été faites par les médias, ont masqué la nature nazie du régime rwandais actuel. Des Tutsis ont bien été l’objet d’un génocide au Rwanda, mais ce génocide se placait dans un contexte qui a été occulté (génocide des Hutus par les Tutsis au Burundi voisin, massacres en series des populations Hutus Rwandaises par les Tutsis anglophones armés par l’Ouganda et ...les Etats Unis ; implication d’Israel dans la région pour s’assurer des voix à l’ONU, et mise en place par ce pays d’une communication autour d’un « génocide tutsie » depuis...1970 ! etc...).
        Sans parler des relais serviles que Kagame a trouvé en France (Koushner...), la campagne de culpabilisation et de diffamation autour de l’action francaise de 1994 rend la France inopérante dans toute la région.
        Il n’y a qu’à voir les tombereaux de boue qui ont été jetés sur des journalistes comme Pean ou Smith pour avoir seulement bouger le bout de l’oreille ...

        Ceci dit la France n’a même plus les moyens d’intervenir : ni troupes ni armements suffisants.
        Ne pas oublier que l’armée francaise en Afganistan est « sous perfusion » americaine, en Libye l’action de l’armée dépendait des armements americains....La France ne peut se permettre que des actions trés ciblées, peu couteuses en hommes et materiels, et « légitimées » par tous les acteurs « légaux » (ONU et gouvernements reconnus). Et on a vu en Côte d’Ivoire que même dans ce cas de figure , c’est pas gagné...
        De plus il n’y a aucune motivation à entreprendre une campagne qui nous reviendrait fatalement dans la figure (post colonisation, etc...). Tous les St Ex du Figaro et collabos de Kagame seraient au front pour casser la France, quitte à s’essuyer les pieds sur de milliers de cadavres comme ils l’ont fait au Rwanda.

        Même une intervention dans le cadre de l’ONU serait à hauts risques ...

        Alors que faire ? A mon avis les seuls acteurs légitimes pour intervenir a Congo seraient l’OUA et l’ONU qui désigneraient des forces africaines pour s’interposer ...Probléme : le Rwanda de Kagame est au conseil de sécurité, et tous les pays anglophones l’appuient...En fait on trouve en Afrique ce qu’on trouve sur tous les continents : des coalitions d’interêts locaux (en gros pays anglophones contre pays francophones, le tout mitigés par les nouveaux « colonisateurs de l’Afrique » que sont la Chine et même ce nain qui s’appelle Qatar).

        Donc à mon avis la France n’a rien à faire la-bas. Intervenir aujourd’hui au Congo, comme au Mali d’ailleurs, c’est un peu comme si la Chine était intervenue en France pour régler nos guerres de Religion.





        • Furax Furax 26 octobre 2012 12:10

          Ce qu’on peut faire, c’est HURLER, merde !
          Avec quelle rigueur portons nous des jugements sur nos ancêtres qui ont vu partir les juifs dans leurs petits trains sans broncher. Nous on aurait résisté, c’est sûr !
          Et là, se déroule sous nos yeux le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité. 6 000 00 de morts, génocide en cours, que rien ne semble pouvoir arrêter.
          Pendant ce temps, nous discourons à perte de vue de la barboteuse à Montebourg ou du mariage homo !!!


          • VICTOR LAZLO VICTOR LAZLO 26 octobre 2012 19:44

            @FURAX

            Souvenez vous du Rwanda....Nous sommes intervenus et nous avons été trainés dans la boue, diffamés....Souvenez vous de la Libye : idem....Et nous ne sommes pas intervenus pendant que les Algériens en juillet 62 massacraient 3 à 4000 Européeens et 200000 Harkis....
            En fait je crois que pour une intervention militaire il faut avoir une légitimité précise, au minimum géographique : Pour le Rwanda, c’est l’Afrique du Sud qui aurait du intervenir, Pour la Lybie c’est la Tunisie et l’Algerie qui étaients légitimes, Pour les massacres de 62 c’était le rôle du Maroc ou de la Tunisie. A noter que dans ce cas les Americains sont intervenus auprés de Ben Bella : pas de menaces militaires mais financiéres, qui ont sauvé quelques milliers de vie.

            Par contre la Yougoslavie nous y aurons du y intervenir dés 91/92 ....Quant aux Juifs de 42/44 , la France a sauvé plus de juifs qu’aucun autre pays occupé. Pas de quoi se réjouir, mais les ancêtres ne sont pas restés sur leur cul à pleurer contrairement aux légendes noirs colportées...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès