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Accueil du site > Actualités > International > Hugo Chavez, cauchemar de la Maison blanche

Hugo Chavez, cauchemar de la Maison blanche

Si les Etats-Unis ont aujourd’hui un regret, c’est bien d’avoir laissé Hugo Chavez accéder à la magistrature suprême du Venezuela, en 1998. Huit longues années déjà, pour une administration américaine désormais prête à tout pour se débarrasser de cet encombrant président.

Surfant sur l’image de Simon Bolivar, héros de l’indépendance sud-américaine et chantre de la justice sociale, H. Chavez a su conquérir un pays dont les richesses étaient jusqu’alors captées par une poignée de familles privilégiées.

"Je veux être le président des pauvres", déclarait Chavez. Une ambition en grande partie atteinte grâce à l’extraordinaire manne financière dégagée par les abondantes ressources en pétrole du pays. Des pétro-dollars affectés en priorité au secteur social.

Sous sa houlette, les salaires des fonctionnaires ont bondi de 47 % en moyenne. Une couverture médicale universelle et de très nombreux centres de soins ont été créés. L’alphabétisation est également devenue une priorité.

Autant d’actions permises par une coopération très poussée avec La Havane, trop heureuse de trouver un remplaçant à l’ex-URSS en terme de soutien financier. En échange de fourniture de pétrole bon marché, 15 000 médecins cubains dispensent gratuitement des soins dans l’ensemble du pays. Autres exemples des liens très étroits tissés avec Castro, la mise en place d’un système de défense, à la cubaine, reposant sur une armée de volontaires dans la crainte d’une potentielle intervention extérieure, ainsi que la présence de nombreux conseillers dans les ministères.

Cependant le plus grave, pour les USA, ce n’est pas la réussite nationale économique et sociale de Chavez, mais, la crainte que son modèle ne s’exporte et qu’un axe anti-américain ne se développe sur un continent autrefois pré carré des Etats-Unis.

Une thèse confirmée par l’élection d’Evo Moralès en Bolivie.

Face à cette situation, le ton monte. Par les voix de Donald Rumsfeld et de Condoleezza Rice, les Etats-Unis multiplient les attaques verbales, n’hésitant pas à comparer le président vénézuélien à Hitler. Pas de quoi troubler Chavez, qui proférait dernièrement, lors de son show tv, un "ne m’énerve pas nénette" à l’attention de la secrétaire d’Etat américaine.

Des propos qui laissent comprendre que, pour les USA, faire tomber Chavez est devenu une priorité nationale, d’autant que le pétrole vénézuélien représente 15% des importations américaines. Pourtant, le premier des dangers, pour Chavez, c’est lui-même, ses excès, son autoritarisme et son exercice solitaire du pouvoir. Officiellement, son avenir politique sera fixé par les Vénézuéliens lors de l’élection présidentielle du 3 décembre 2006. D’ ici là, tous les coups sont permis.


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5 réactions à cet article    


  • Scipion (---.---.36.208) 13 mars 2006 12:38

    Ces sacrés Américains n’ont pas remarqué que le monde a profondément changé. A l’époque d’Allende, il y avait encore les Bolchos au pouvoir à Moscou, il fallait donc éliminer leurs créatures, partout où c’était possible, dans les plus brefs délais.

    Mais maintenant, un Chavez, soutenu seulement par Castro, Kim Chong-il, Mugabe et Ahmadinejad, ils ont tout le temps de les laisser, lui et son pays, s’enfoncer dans la retentissante faillite annoncée...


    • Txakal (---.---.102.41) 13 mars 2006 14:27

      Mais oui, l’ami... le monde a changé, y compris depuis la chute du mur de Berlin. Il n’y a que les « démocrates libéraux » de droite et d’extrême-droite ou sociaux-démocrates pour ne pas s’en rendre compte. L’Amérique latine, accablée par le FMI, l’OMC, la politque génocide des USA (et de ses alliés) et le pillage de ses ressources naturelles, bascule à gauche... Les USA n’ont qu’à attendre que ça s’effondre ? Ouais...Ils en sont tellement convaincus qu’ils planifient directement ou indirectement des liquidations programmées des gens élues par la population, Evo Morales, Chavez... et ne reconnaissent pas les résultats des élections qu’ils demandent à cor et à cris si le résultat ne leur convient pas...ils s’auto-proclament démocrates et veulent nous enfoncer la démocratie dans le crâne à coups de matraques, d’invasions, de mensonges... on a le droit d’y croire, à leur démocratie... on a aussi le droit de ne pas y croire, heureusement !

      Le monde a évolué, c’est évident ; il continue à évoluer mais certains dinosaures, partisans de l’esclavagisme plus ou moins aboli officiellement mais maintenu sous d’autres formes, essaient de survivre par le fer et par le feu.

      Les « Bolchos », comme tu dis, sont morts, victimes de leurs propres dérives et Wall Street prend le même chemin... heureusement, il n’y a pas que Wall Street (ou le CAC 40) ou les « Bolchos » comme alternatives...

      Vive l’Amérique latine en marche !


    • (---.---.54.137) 13 mars 2006 22:43

      « Surfant sur l’image de Simon Bolivar... » vous y allez avec légèreté. Il ne s’agit pas d’un « surf », ce qui sous-entend du marketing, mais d’une véritable filiation avec un mouvement historique.

      > Une chronologie du vénézuéla contemporain dans le monde diplo : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/06/A/12519?var_recherche=vénézuela et d’autres articles notamment de Maurice Lemoine


      • Scipion (---.---.15.167) 14 mars 2006 08:43

        « ...une véritable filiation avec un mouvement historique. »

        Tout ça ? smiley) Il y en a qui ne se refuse rien...


        • Max (---.---.61.142) 18 mars 2006 22:41

          Le monde est à l’envers et la gauche s’est laissée acheter avec un peu d’eau de feu par les yankees.

          C’est triste : il suffit qu’un pro-américain quelconque dise : « Chavez populiste » pour que le choeur des « bons élèves » reprenne l’expression et tombe à bras raccourcis sur tout ce qui gène les USA.

          N’importe quel bistrot « sait » que Chavez est un dictateur. C’est un savoir qui lui est passé directement du monde médiatique au cerveau.

          Miracle de la communication de masse.

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