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« Il est urgent de sortir de l’OTAN » : Communiqué de presse du comité « No Guerra No Nato »

 Le 20 février s’est tenue l’assemblée nationale du Comité No Guerra No Nato (Non à la Guerre, Non à l’OTAN), qui a validé le document que nous soumettons à votre attention ici. Ce texte synthétise un jugement extrêmement critique de la situation dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui, avec un risque de guerre toujours plus fort chaque jour. […]

 

* * *

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ "NON À LA GUERRE, NON À L’OTAN"

Nous sommes en état de guerre sur deux fronts qui deviennent de jour en jour plus incandescents et périlleux.

Tout en accusant la Russie de "déstabiliser l’ordre de la sécurité européenne", l’OTAN sous commandement US a rouvert le front oriental, nous entrainant dans une nouvelle Guerre froide qui par certains côtés est plus dangereuse que la précédente. Cette guerre, voulue par Washington, a pour but de briser les rapports Russie-Union européenne nuisibles aux intérêts des États-Unis.

Alors que les USA quadruplent les financements destinés aux forces militaires en Europe, décision a été prise de renforcer la présence militaire "avancée" de l’OTAN en Europe de l’Est. Après avoir englobé tous les pays de l’ex-Pacte de Varsovie, trois de l’ex-Yougoslavie et trois de l’ex-URSS, l’OTAN continue son expansion vers l’Est et prépare l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine (déjà, de fait, dans l’OTAN), en déplaçant ses bases et ses forces armées, y compris nucléaires, toujours plus près de la Russie.

Une telle stratégie représente une menace croissante également pour l’Europe. L’Ukraine, où les formations néonazies ont été utilisées par l’OTAN lors du putsch de l’Euromaidan, est devenue le centre de recrutement des néonazis pour toute l’Europe. Ces éléments une fois formés par les instructeurs de la 173e division aéroportée en provenance de Vicenza sont renvoyés dans leur pays munis du "laissez-passer" de leur passeport ukrainien. Il se crée ainsi les bases d’une nouvelle organisation paramilitaire secrète de type "Gladio".

Les USA et l’OTAN préparent d’autres opérations sur le front méridional, en lien étroit avec celui oriental. Après avoir fait semblant pendant des années de combattre l’EIIL et d’autres groupes, en leur fournissant secrètement des armes via la Turquie, les USA et leurs alliés demandent aujourd’hui un cesser-le-feu pour "raisons humanitaires". La raison en est simple : les forces gouvernementales syriennes appuyées par la Russie sont en train de libérer toujours plus de portions du territoire syrien jusqu’ici occupées par l’EIIL et d’autres formations, qui reculent également en Irak.

Dans le même temps, l’OTAN renforce son soutien militaire à la Turquie, qui avec l’Arabie saoudite, vise à occuper une partie du territoire syrien proche de la frontière. C’est dans ce but que l’OTAN, sous le couvert officiel de contrôler le flux de réfugiés (résultat de la guerre USA/OTAN) déploie en Mer Égée ses navires de guerre du 2e groupe naval permanent, qui vient tout juste de terminer une série d’opérations d’entrainement avec la marine turque.

C’est aussi la raison du déploiement des avions-radars AWACS, véritables centres de commandement volants pour la gestion des zones de guerre.

C’est dans ce même contexte stratégique que s’inscrit l’opération, emmenée en théorie par l’Italie, mais pilotée en réalité par les USA à la tête de la "coalition", qui s’apprête à envahir la Libye pour occuper les zones côtières, les plus importantes stratégiquement et économiquement, sous le prétexte officiel de les libérer des terroristes de l’État islamique (EIIL). Une nouvelle guerre USA/OTAN se prépare, après celles de l’Irak en 1991, la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001, l’Irak en 2003, la Libye en 2011, la Syrie en 2013, toutes accompagnées de formations terroristes comme l’EIIL, pièces essentielles dans cette stratégie.

Cette opération a été mise en point par les Etats-Unis, en concertation non pas avec l’Union européenne (UE), parfaitement inexistante comme entité unitaire, mais avec les grandes puissances européennes que sont la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Des puissances qui, souvent concurrentes entre elles ou avec les USA, se rejoignent et unissent leurs efforts lorsqu’il s’agit de leurs intérêts fondamentaux.

Aujourd’hui, 22 des 28 pays de l’UE, soit plus de 90% de la population de l’Union, font partie de l’OTAN, qui est reconnue par l’UE comme "fondamentale pour la défense collective". Le commandement est toujours US : le commandant suprême allié en Europe est nommé par le président des États-Unis, et tous les hauts postes de commandement-clefs de l’OTAN sont aux mains des USA.

Rappelons à ce propos l’orientation stratégique énoncée par Washington au moment de la dissolution du Pacte de Varsovie et du démantèlement de l’URSS : "Les États-Unis restent le seul État avec une force, une portée et une influence en toutes dimensions – politique, économique et militaire- réellement mondiale. Il n’existe aucun substitut au leadership américain. Il est fondamental de conserver l’OTAN comme canal d’influence et de participation étasunienne aux affaires européennes, en interdisant la création de dispositifs purement européens qui nuiraient à la structure de commandement de l’Alliance."

On ne peut pas imaginer construire une Europe différente sans se libérer de la domination et de l’influence que les USA exercent sur l’Europe, directement ou par l’intermédiaire de l’OTAN.

Aussi parce que l’avancée USA/OTAN vers l’Est et le Sud concerne déjà la région Asie-Pacifique, avec pour objectif final la Chine, qui est en train de se rapprocher de la Russie. C’est l’ultime tentative des États-Unis et des autres puissances occidentales pour maintenir leur suprématie économique, politique et militaire, dans un monde où les 1% plus riches possèdent plus de la moitié de la richesse globale, et dans lequel apparaissent de nouveaux acteurs sociaux et étatiques qui pressent pour l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial.

Cette stratégie agressive a provoqué une hausse considérable des dépenses militaires mondiales, entrainées par celles des USA, qui sont remontées en valeur réelle, au niveau de ceux de la Guerre froide : presque 5 milliards de dollars par jour. La dépense militaire italienne se situe en 12e position, avec pratiquement 85 millions par jour. Un gigantesque gâchis de ressources, soustraites aux besoins vitaux des populations.

Dans ce contexte, la position de l’Italie est particulièrement grave : déjà emprisonnée dans la nasse des bases de l’OTAN sous commandement US, elle se voit transformée en plateforme de lancement pour toutes les guerres USA/OTAN sur les fronts orientaux et méridionaux. De plus, violant le Traité de non-prolifération, l’Italie est utilisée comme base avancée des forces nucléaires étasuniennes en Europe, qui sont d’ailleurs sur le point d’être renforcées par l’arrivée des bombes B61-12 destinées à la "première frappe nucléaire."

Pour sortir de cette spirale guerrière à l’issue catastrophique, il est vital de construire un puissant et vaste mouvement pour sortir l’Italie de l’OTAN, pour une Italie libérée de la présence des bases militaires étasuniennes, pour une Italie souveraine et neutre, pour une politique étrangère basée sur l’article 11 de la Constitution, pour une nouvelle Europe indépendante qui contribue à des relations internationales basées sur la Paix et le respect réciproque, et à la justice économique et sociale.

Rome, le 20 février 2016

Source : Megachip, traduction Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr


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15 réactions à cet article    


  • doctorix doctorix 23 février 16:22

    Les pays qui, comme l’Italie, accueillent des bases US seront les premiers à en prendre plein la tronche en cas de conflit.

    Drôle de choix...
    J’ai les chiffres d’il y a 3 ans, pour l’Europe :
     760 bombes nucléaires tactiques dont près de 200 réparties sur six bases de l’OTAN en Europe : Büchel en Allemagne, Kleine Brogel en Belgique, Volkel aux Pays-Bas, Aviano et GhediTorre en Italie et Incirlik en Turquie.
    C’est mieux qu’en 1969 où il y en avait plus de 7.000, encore que dix fois moins c’est encore mille fois trop.
    Plus que jamais : « US go home ! », avec tous leurs petits pétards.

    • lejules lejules 23 février 19:23

      non ! non ! et non il faut plus d’Europe, il faut que l’Europe se fédère aux USA et devienne la 1ere puissance fasciste du monde.vive le 4eme Reich.vive le patriot acte ! vive l’état d’urgence ! mettons l’armée française au service des mafias en Afghanistan, il est indispensable que les dealers New-yorkais vendent leur came au bon prix pour que wall steet continue de vivre......

      .

      • antyreac 23 février 20:47

        L’OTAN c’est 71 ans de paix pour l’Europe Occidental.

        Qui dit mieux !

        • Abou Antoun Abou Antoun 24 février 00:01

          @antyreac
          Va raconter ça aux yougoslaves !


        • antyreac 24 février 11:16

          @Abou Antoun
          Europe Occidental j’ai dit....


        • Abou Antoun Abou Antoun 24 février 12:20

          @antyreac
          Europe Occidental(e) j’ai dit....
          Donc c’est bien ça, on peut foutre le bordel chez nos voisins de l’Est, ça ne compte pas. C’est vrai que c’est là que commence le territoire des Untermenschen ...
          Lamentable !


        • antyreac 24 février 14:19

          @Abou Antoun
          Je ne peux rien si le communisme est agressif et morbide comme c’était le cas en Yougoslavie...


        • eric 23 février 21:53

          Il fait reagir ! Benkacem n’est pas depuis assez longtemps a l’education nationale pour etre jugee responsable, mais force est de constater qu’elle ne fait rien pour combattre l’effrayant niveau de sous culture que produit notre systeme educatif, et dont on a ici un exemple presque chimiquement pur. Le collectif a,l’air de tout ignorer des relations russos chinoises, des realites ukrainiennes etc... Les signataires ne sont pas responsables. Ils sont les victimes de cette ecole ideologisee qui lave les cerveaux avec ces vulgates illogiques. Ceux d’ici sont sans doute perdu pour la raison raisonnante et malheureusement, le pouvoir socialiste n’est pas assez eloigne de ces absurdites pour envisager la solution qui s’impose. Des cellules de deradicalisation et de reeducation par le travail (trudotherapy au pays du socialisme,reel et du Poutinisme reunit). Mais il faut penser a l’avenir. Vu le niveau, il est a peut pret sur qu’il doit y avoir dans ce collectif pas mal,de profs et d’instits. Avons nous le droit de laisser nos enfants entre leur main ?

          La lecture de ce machin doit plus que jamais inciter notre peuple a revendiquer un nouveau droit democratique, celui de choisir les profs de ses enfants. Ceux qui ne seront pas choisit ? Ben on les payera a ne rien faire, ce sera moins desastreux que de les laisser repandre en ce salmigondi paradoxal de stupidites societales made in usa, et d’arrieration democratique comme en Russie. Ce qui est fortement comique, c’est que leurs concurrents d’extreme droite, sont semblables et differents. Ils sont pour le societalisme russe, et pour la democratie a l’americaine.... On peut supposer que les causes sont semblables, les uns et les autres ne sont pas assez cultives pour se suffire de la culture francaise. Et on en revient au probleme du niveau a l’ecole.....


            • volpa volpa 24 février 08:53

              Personne d’influent pour organiser des manifestations ??


              • volpa volpa 24 février 08:54

                Pour sortir de cette nasse !
                De Gaulle est bien mort.


                • Parrhesia Parrhesia 25 février 17:42

                  @volpa

                  Et certains ne sont toujours pas en mesure de réaliser quelle perte ce fut pour ce pays et pour beaucoup d’autres !!!

                  Bonne soirée à vous, volpa.


                • agent ananas agent ananas 24 février 12:30

                  Molto grazie per la stampa italiana GV..

                  NATO per uccidere ... smiley


                  • zygzornifle zygzornifle 24 février 12:52

                    de l’OTAN et de l’Europe .....


                    • Parrhesia Parrhesia 25 février 17:33

                      Une sortie brutale de l’OTAN serait une manifestions de retour à l’indépendance suffisamment forte et claire pour être entendue de qui de droit !

                      Elle ne présenterait aucun des dangers immédiats inhérents à une sortie de actuelle contre-Europe et permettrait en outre de conserver cet ultime argument en réserve au cas où le pouvoir mondialiste se ferait tirer l’oreille. 

                      Alors ?

                       Alors, il ne nous manque que les hommes pour le faire !!!

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