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Accueil du site > Actualités > International > Il y a 40 ans, Salvador Allende et l’Unité Populaire

Il y a 40 ans, Salvador Allende et l’Unité Populaire

Très loin d’un projet « progressiste » mais modéré et utilisant la voie démocratique, le programme politique de l’Unité Populaire mené par Allende relevait de la classique ligne bolchévique.

Cette semaine, cela fera maintenant 40 ans qu’à travers le monde la gauche célèbre le régime de Salvador Allende et sa fameuse « révolution avec empanadas [1] et vin rouge ». Depuis la chute du Mur de Berlin, on a certes fait le constat définitif de l’échec du socialisme et de son incapacité à tenir ses promesses théoriques. Mais cette défaite idéologique a créé chez certains un attachement à un passé idéalisé et vénéré d’un Lénine, d’un Mao, d’un Che Guevara ou d’un Salvador Allende. S’accrochant à ces icônes, ceux-ci abusent de la mauvaise foi, déforment les événements, tentant de réécrire l’Histoire afin de s’accommoder d’un passé illusoire au lieu de prendre connaissance des faits et d’essayer de comprendre la réalité. Parce que, dans les faits, la réalité Allende a été beaucoup plus sinistre que le laisse supposer l’hagiographie entretenue depuis les années ’70.
 
La « voie chilienne vers le socialisme » débuta le 4 septembre 1970, lorsque, après une campagne électorale où les partis politiques s’opposèrent avec véhémence, Salvador Allende, candidat de l’Unité Populaire (une coalition de six partis de gauche), obtint 36,6% des voix aux élections présidentielles chiliennes, devançant de moins de 40.000 votes Jorge Alessandri, du Parti National (35,3%) et Radomiro Tomic, de la Démocratie Chrétienne (28,1%). Le candidat de la gauche chilienne ne recueillait donc qu’un peu plus du tiers des suffrages de la population, obtenant même moins de voix que lors des précédentes présidentielles de 1964 (38,9%). Dans le cas où aucun candidat n’obtenait la majorité absolue, la règle constitutionnelle ne prévoyait pas de second tour et, comme le stipulaient les articles 64 et 65 de la constitution, Allende fut choisi par le congrès entre les deux premiers candidats ayant obtenus le plus de voix et proclamé à la présidence le 24 octobre 1970 – malgré diverses manœuvres des éléments les plus radicaux de la droite et une tentative rapidement avortée des services secrets américains de fomenter un coup d’État. Cette désignation put se faire grâce à l’appui de Tomic qui aspirait à une poursuite de la politique d’État providence initiée par le précédent président démocrate-chrétien Eduardo Frei. En échange de cet appui, Allende devait signer un Statut de garanties constitutionnelles et s’engager à n’entreprendre des réformes structurelles que par la voie législative. Le patron de l’Unité Populaire signera bien ce document mais ne l’honorera jamais. Il se vantera d’ailleurs six mois plus tard de sa duplicité dans une entretien avec Régis Debray, expliquant que la signature de ce pacte de respect de la constitution n’avait été qu’une simple concession tactique afin d’accéder au pouvoir, sans conséquence aucune sur le développement de sa politique révolutionnaire et sa volonté de rupture de l’ordre constitutionnel.
 
Car, très loin d’un soi-disant projet « progressiste » mais modéré et utilisant la voie démocratique, le programme politique de l’Unité Populaire mené par Allende relevait bien de la classique ligne bolchévique. Ainsi, pour les dirigeants du Parti radical, le moins gauchiste de la coalition : « [...] seulement en dehors du système capitaliste se trouve la solution pour la classe travailleuse » ; « Le processus révolutionnaire chilien est irréversible [...] transformant ceux qui résistent en contre-révolutionnaires » ; « Le Parti radical est socialiste et sa lutte est dirigée en vue de la construction d’une société socialiste [...] » ; « [...] nous acceptons entre autres le matérialisme historique et la lutte des classes comme interprétation de la réalité ». (Déclaration politico-idéologique approuvée lors de la 25e Convention nationale du Parti radical en 1971) Tandis que pour le Parti socialiste fondé par Allende : « Le Parti socialiste, comme organisation marxiste-léniniste, pose la prise du pouvoir comme objectif stratégique à atteindre [...] » ; « La violence révolutionnaire est inévitable et légitime. [...] Elle constitue l’unique chemin qui mène à la prise du pouvoir politique et économique et à sa défense » ; « Les formes pacifiques ou légales de lutte ne conduisent pas en elles-mêmes au pouvoir. Le Parti socialiste les considère comme des instruments limités d’action, intégrés au processus politique qui nous emmène à la lutte armée » ; « Il est possible pour le gouvernement de détruire les bases du système capitaliste de production. En créant et en élargissant l’aire de "propriété sociale" aux dépens des entreprises capitalistes et de la bourgeoisie monopolistique, nous pourrons leur quitter le pouvoir économique » ; « L’État bourgeois au Chili ne peut servir de base au socialisme, il est nécessaire de le détruire. Pour construire le socialisme, les travailleurs chiliens doivent dominer la classe moyenne pour s’emparer du pouvoir total et exproprier graduellement tout le capital privé. C’est ce qui s’appelle la dictature du prolétariat. » (22e congrès général du Parti socialiste, Chillán, 1967)
 
Pour réaliser, contre la volonté de la grande majorité des Chiliens, ce programme révolutionnaire, trompeusement appelé de « transition démocratique vers le socialisme » et dans le cadre du planisme et de la centralisation économique définis par la convention de Chillán, le gouvernement Allende employa plusieurs méthodes : intervention directe dans les entreprises, acquisition d’actions par l’État grâce aux réserves budgétaires, à un déficit public massif et à la planche à billets, expropriations (régulièrement condamnées par les tribunaux pour leur caractère illégal) ou mises sous tutelle après réquisitions d’entreprises privées grâce à l’opération connue sous le nom d’« Opération Asphyxie ». Pour ce genre d’opération, la tactique consistait à provoquer, grâce aux cellules de l’Unité Populaire et du Front des Travailleurs Révolutionnaires (syndicat lié au groupe terroriste MIR, Mouvement de la Gauche Révolutionnaire), des conflits sociaux et des grèves dans les entreprises privées pour ensuite les accuser de ne pouvoir maintenir la production et appliquer ainsi le décret-loi 520 hérité de la République socialiste de 1932 – tombé en désuétude depuis des décennies, mais jamais abrogé – qui autorisait l’intervention du pouvoir central dans toutes les industries productrices d’articles de première nécessité. Dans le même temps, le gouvernement d’Allende s’empara du système bancaire chilien. Cette prise de contrôle s’effectua par l’achat massif d’actions des banques privées grâce aux fonds publics. Souvent, la simple menace suffisait pour semer la panique chez les actionnaires et faire chuter les actions pour les acquérir à vil prix.
 
Les conséquences de cette politique ne furent pas longues à se manifester. Tout d’abord, l’augmentation des dépenses publiques et des salaires par décret permit à l’économie chilienne d’enregistrer, durant la première année du gouvernement Allende (sarcastiquement appelée « l’année des cadeaux » par les Chiliens), une croissance économique en trompe-l’œil d’un peu plus de 8% et une baisse du taux de chômage (en grande partie grâce au doublement du nombre de fonctionnaires). Mais, inévitablement, le planisme économique (qui ira jusqu’à un délirant essai de contrôle par ordinateur et en temps réel de l’économie, le projet Cybersyn), la politique monétaire laxiste, la reforme agraire menée en dépit du bon sens et souvent avec une violence anarchique, conjugués à la nationalisation d’un grand nombre d’industries (dont la production chutera de 10% chaque année suite à la gestion calamiteuse de commissaires politiques incapables, en remplacement des anciens propriétaires ou administrateurs), de 80% des établissements financiers et de 30% des terres agricoles finirent par déstabiliser complètement l’économie chilienne : baisse du PIB qui se retrouve en 1973 au même niveau que 1970, pouvoir d’achat chutant de 10% d’octobre 1970 à avril 1973 sur base des prix alimentaires, dépenses publiques passant de 13% du PIB en 1970 à 53% en 1973 avec un déficit budgétaire sautant de 39% des recettes de l’État en 1970 à 115% en 1973, production agricole en chute libre retombant au niveau de 1936 suite au triplement des grèves des ouvriers agricoles dès 1970 et aux affrontements consécutifs à l’usurpation violente de centaines de propriétés par les partisans les plus radicaux de l’Unité populaire, explosion des importations de 916 millions de dollars en 1970 à 1,5 milliard en 1973, exportations stagnantes, balance commerciale excédentaire de 156 millions de dollars en 1970 devenant déficitaire de millions en 1971, 253 millions en 1972 et 249 millions en 1973, augmentation de la dette extérieure de 500 millions de dollars entre 1970 et 1973, etc. Et, finalement, le déchaînement de l’inflation et l’établissement d’un plafonnement des prix, qui au lieu de juguler l’augmentation des prix créera des ruptures dans l’approvisionnement et conduira à l’hyper-inflation (de 27% en 1970 à officiellement 323% en septembre 1973, mais réellement de 500 à 600% et avec une monnaie chilienne dévaluée de plus de 12.000% face au dollar), laissant les commerces désapprovisionnés, donnant naissance aux typiques queues devant les magasins des pays soviétiques et la majorité des biens de première nécessité ne se trouvant plus qu’au marché noir. Le pays restera finalement sans réserves, ne serait-ce que pour importer les denrées les plus élémentaires (le 7 septembre 1973, le gouvernement Allende annonçait que les réserves de farine ne pouvaient couvrir que quelques jours).
 
Après deux ans de cette gestion socialiste, le Ministre de l’Économie Carlos Matus reconnaissait dans une interview reprise par Der Spiegel en octobre 1972 : « Selon les critères économiques conventionnels, nous sommes réellement en crise. Par exemple, si le précédent gouvernement avait été dans notre situation économique, il aurait été liquidé depuis longtemps. » Mais, après avoir expliqué comment cette situation permettait au gouvernement d’imposer sa politique, il concluait : « Ce qui pour vous est une crise, est pour nous la solution. » En effet, tel était le projet marxiste : détruire de fond en comble la structure socioéconomique chilienne afin de pouvoir imposer la dictature du prolétariat revendiquée par le parti d’Allende. C’est ainsi que l’inflation galopante et les « mesures destinées à la combattre » permirent d’établir un contrôle policier sur la population, qui aurait été autrement inacceptable. Le gouvernement se servit de ce prétexte pour imposer un système de rationnement (chose jamais vue dans toute l’histoire du Chili depuis la conquête espagnole) qui octroyait aux Juntes d’approvisionnement et de prix (JAP) – naturellement aux mains des partisans de l’Unité Populaire – des pouvoirs considérables pour contrôler la vie quotidienne des citoyens. Par ailleurs, en maintenant artificiellement bas par décret les salaires des travailleurs qualifiés et des professions libérales, le gouvernement, toujours dans la ligne de son programme politique, ruinait une classe moyenne victime de l’inflation galopante. En établissant des quotas de production, en contrôlant le commerce avec l’étranger ainsi que les licences d’importation, en manipulant arbitrairement les taux de change et en fixant les prix de fabrication, l’objectif de l’Unité Populaire visait la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains. L’expérience chilienne mettait ainsi en évidence une vérité prédite des décennies auparavant par les économistes autrichiens Mises et Hayek : le contrôle par l’État de l’économie est le « chemin de la servitude » qui finit par étrangler les libertés individuelles, la vie privée et le pluralisme idéologique.
 
Car une des autres cibles du gouvernement Allende fut la presse et la liberté d’expression : attaques contre les journaux El Mercurio, La Segunda, Tribuna, Mañana, etc. ; nationalisation de la maison d’édition Zig-Zag ; tentative de prise de contrôle de la Compagnie Manufacturière de Papiers et de Cartons afin de s’assurer du monopole de la production de papier pour censurer la presse d’opposition ; tracasseries multiples contre la chaîne de télévision Canal 13 ; harcèlements et agressions sans fin à l’encontre de journalistes d’opposition jusqu’à des cas de tortures ou d’enlèvements. Les derniers mois du régime marxiste virent s’installer une répression généralisée et des assassinats fréquents d’opposants, mais aussi de travailleurs et de défavorisés (comme le dénoncera d’ailleurs l’extrême-gauche chilienne). En novembre 1972, se trouvant dans l’incapacité de mater des soulèvements d’ouvriers et de mineurs dans différentes provinces du pays, Allende appela l’armée à participer à son gouvernement et intégra trois militaires de haut rang à son cabinet pour donner l’illusion à la population de la recherche d’un apaisement social.
 
Moins de trois années d’expérimentations socialistes suffirent pour que la crispation politique et sociale s’exacerbât de manière paroxystique à travers toute la société chilienne jusqu’au sommet de l’État (on verra ainsi Allende s’entourer d’une garde prétorienne armée composée de membres du MIR et des Jeunesses socialistes, connu sous le nom, grossièrement teinté d’euphémisme, de « Groupe d’amis personnels », GAP). Avec la connivence du gouvernement, de grands stocks d’armes étaient introduits dans le pays et accumulés par les marxistes dans leurs fiefs (« cordons industriels » composés d’industries nationalisées et autres). Comme ce fut le cas avec l’envoi, en mars 1972, de treize caisses de « cadeaux personnels » de Fidel Castro à Allende qui furent interceptées à la douane chilienne : une tonne d’armes et de munitions que le Ministre de l’Intérieur, rameuté dare-dare à l’aéroport pour rabrouer les fonctionnaires trop zélés, emporta vers la maison de Allende de la rue Tomás Moro. Un épisode rocambolesque qui ne représentait que la partie visible de l’iceberg. Avec ces armes, le MIR – dirigé par un neveu d’Allende et responsable de dizaines d’assassinats complaisamment couverts – et d’autres groupes révolutionnaires tolérés développaient une stratégie de « pouvoir dual » parallèle au gouvernement, avec des milices entraînées par des centaines d’assesseurs issus des pays communistes, essentiellement castristes (dont le responsable des services secrets cubains, Manuel « Barbe rouge » Piñeiro). L’objectif était de faciliter la « transition vers le socialisme » par le biais d’occupations illégales de terres et d’entreprises, ainsi que le meurtre d’opposants – le plus marquant étant celui de Pérez Zujovic, démocrate-chrétien, ancien vice-président et ministre dans le précédent gouvernement Frei, assassiné en juin 1971 par un commando du groupe extrémiste Avant-garde Organisée du Peuple (VOP), composé en partie d’anciens membres des Jeunesses communistes. Les marxistes se préparaient également à une guerre civile contre les forces armées tout en tentant de les infiltrer – et ce alors que l’armée chilienne n’était plus intervenue politiquement depuis plus d’un demi-siècle. Ces manœuvres d’infiltration seront d’ailleurs un des éléments qui décideront les militaires à renverser Allende. Par ailleurs, des milliers de révolutionnaires professionnels entraient dans le pays en provenance du Brésil, de l’Uruguay, de l’Argentine, du Pérou, du Nicaragua, du Honduras, etc. Alors qu’en novembre 1971 Castro s’installait au Chili comme à demeure durant près d’un mois et qu’était multiplié le personnel de l’ambassade cubaine, dépassant finalement celui de tout autre représentation diplomatique.
 
Pendant ce temps, le pouvoir législatif, majoritairement hostile au gouvernement dès 1972 (les démocrates chrétiens floués par Allende lui ayant retiré leur appui), était systématiquement bafoué par l’exécutif. Ainsi, chaque fois qu’un de ses ministres était renversé par une motion de censure, Allende le gardait dans son cabinet en lui attribuant un autre portefeuille. Pire, son gouvernement attaquait de front l’indépendance de la justice chilienne, soit en violant de manière répétée les jugements des tribunaux, soit en n’y donnant pas suite. De 1972 à 1973, la Cour Suprême du Chili et le Contrôleur Général de la République (la plus haute juridiction administrative) ne cesseront de protester et de dénoncer en pure perte le non respect des décisions judiciaires ainsi que les abus administratifs. Allende – montrant son parfait rejet du cadre constitutionnel – répondra en déclarant qu’en période de révolution, c’était au pouvoir politique de décider de l’opportunité de l’application des arrêts de justice. Le conflit institutionnel ne put malheureusement être résolu lors des élections parlementaires du 11 mars 1973. Car même si l’opposition à l’Unité Populaire remporta une large victoire sous la bannière unitaire de la Confédération de la Démocratie en enlevant 86 sièges sur 150 à la Chambre, elle rata de peu les 90 députés qui auraient permis une mise en accusation formelle d’Allende pour violation répétée de la constitution et des lois chiliennes.
 
Néanmoins, le 23 août 1973, les parlementaires chiliens, dans une résolution approuvée à 81 voix contre 47 – après le rappel des innombrables violations constitutionnelles et légales du gouvernement d’Allende –, demanderont officiellement aux autorités, mais surtout aux forces armées et de police de mettre fin immédiatement aux situations de fait mentionnées. À savoir que le gouvernement de l’Unité Populaire décrétait dans des domaines qui relevaient de la compétence exclusive du parlement ; qu’il bafouait les prérogatives de ce dernier en refusant de se soumettre à son contrôle et en ignorant les motions de censure contre plusieurs de ses ministres ; qu’il empêchait la promulgation de lois votées par les chambres ; qu’il harcelait la magistrature pour qu’elle se plie à sa politique, en violation de la séparation des pouvoirs et couvrait des attaques perpétrées contre ses membres ; qu’il paralysait l’action du Ministère public contre des criminels activistes proches du gouvernement ; qu’il infraignait les lois consacrant le principe de séparation des pouvoirs en empêchant l’application des condamnations prononcées par la justice contre ces criminels ; qu’il bloquait systématiquement les décisions du Contrôleur général de la République ; qu’il violait le principe d’égalité devant la loi en refusant la protection de la loi aux personnes qui n’étaient pas de son camp ; qu’il portait atteinte à la liberté d’expression (pressions économiques, fermetures illégales, emprisonnements de journalistes, appropriation partisane et violation de la prérogative du Sénat dans la nomination de la direction de la télévision publique, etc.) ; qu’il ne respectait pas l’autonomie des universités ni leur droit à disposer de canal de télévision, notamment en couvrant la prise de possession illégale et violente de ces chaînes par ses partisans ; qu’il portait atteinte, par la violence, au droit de réunion pacifique d’opposants à son régime alors même qu’il tolérait les réunions en armes de ses partisans et les attaques de ces derniers contre l’opposition ; qu’il attaquait la liberté d’enseignement en voulant, illégalement, par décret, imposer un plan éducatif marxiste ; qu’il violait le droit constitutionnel de propriété en couvrant plus de 1.500 occupations illégales de propriétés et en défendant la prise de possession illégale de centaines d’entreprises et de commerces, spoliant ainsi les propriétaires légitimes ; qu’il avait régulièrement recours aux arrestations illégales et autorisait que des personnes soient soumises à la torture ; qu’il ne respectait pas les droits de nombreux syndicats et faisait usage de violence contre eux ; qu’il violait la constitution en exigeant des Chiliens des conditions non requises par la loi pour sortir du pays et en créant ou en autorisant nombre d’organismes séditieux (Commandos communaux, Comités de surveillance, etc.) et en leur reconnaissant une autorité illégale en contradiction avec les autorités et les organismes constitutionnels ; qu’il brisait le cadre de l’État de droit en formant et en permettant le développement de groupes paramilitaires et en tentant d’utiliser les forces armées et de police à des fins partisanes ; etc.
 
Finalement, deux semaines plus tard, le 11 septembre 1973, l’armée chilienne assiégeait le Palais de la Moneda où s’était réfugié Allende, qui plutôt que de se rendre et partir en exil, préféra se donner la mort. Le rôle exact des États-Unis lors de ces événements aura longtemps fait l’objet de controverses. Toutefois, même s’il est probable que les services secrets américains aient eu connaissance du coup d’État en préparation, ni le rapport Hinchey ni la commission sénatoriale Church n’ont trouvé aucune preuve de l’implication des États-Unis dans le renversement d’Allende par les militaires. Cinq jours après le coup d’État, Patricio Aylwin – patron de la Démocratie Chrétienne et premier président élu du Chili après la dictature militaire – expliquait, dans une entrevue à la télévision espagnole, comment l’Unité Populaire tentait d’installer une dictature socialiste et que l’action préventive de l’armée fut salvatrice. Et le mois suivant, le prédécesseur d’Allende à la présidence, le chrétien-démocrate Eduardo Frei, rappelait également au journal espagnol ABC comment les militaires avaient été appelés par les parlementaires chiliens afin qu’ils remplissent leur obligation légale de sauvegarde du cadre constitutionnel du pays.
 
Jamais une révolte contre un gouvernement liberticide prêt à imposer la dictature d’une minorité sur la majorité ne fut aussi nécessaire au 20e siècle. Et l’intervention de l’armée – à la demande du parlement – ne fut donc pas une surprise pour les Chiliens qui l’attendaient, avec crainte ou espoir, depuis des mois. Mais celle-ci surprit par sa violence brutale teintée de revanchisme idéologique. Les militaires appliquèrent, en effet, une stratégie visant à couper toutes les têtes des mouvements révolutionnaires et utilisèrent sciemment la terreur, dont les dimensions ne furent pas dissimulées afin de provoquer une réaction de panique auprès de la gauche chilienne : arrestations extra-judiciaires, tortures et exécutions sommaires. Les rapports Rettig de 1991 (Commission Nationale de Vérité et Réconciliation) et Valech de 2004 (Commission Nationale sur la Prison Politique et la Torture) ont ainsi recensé 33.221 arrestations, 2.008 personnes tuées et 1.183 autres disparues. Essentiellement, la répression militaire connut une phase aiguë durant les premiers mois (y compris des affrontements armés avec des membres de l’Unité populaire), dont la virulence diminua dès lors que le contrôle sur le pays fut bien établi par la junte au pouvoir, notamment grâce à l’exil offert à beaucoup (entre 20.000 et 30.000 Chiliens abandonnèrent le pays les deux premières années de la dictature) et parce que la répression découragea les anciens partisans d’Allende.
 
Ainsi s’achevèrent lamentablement et tragiquement ces trois années de socialisme à la chilienne, cette route de la servitude tracée par Allende, pavée de planisme, d’inflation, de rationnement, d’appauvrissement, d’étouffement de la liberté, de violations des droits qui mèneront à la dictature militaire, désolante prolongation d’une violence politique initiée par l’Unité populaire. Comme le concluait The Economist dans son éditorial du 15 septembre 1973 : « Le gouvernement militaro-technocratique qui est apparemment en train de prendre forme tentera de reconstruire le tissu social que le gouvernement Allende a détruit. Cela signifiera la mort provisoire de la démocratie au Chili, ce qui sera déplorable, mais il ne faut pas oublier qui a rendu cela inévitable. »
 
[1] typiques chaussons à la viande chiliens
 
Bibliographie :
  • Alejandro Concha & Julio Maltés, Historia de Chile, Bibliográfica internacional, 2003 
  • Sofía Correa, Consuelo Figueroa, Alfredo Jocelyn-Holt, Claudio Rolle & Manuel Vicuña, Documentos del siglo XX chileno, Editorial Sudamericana, 2001. 
  • Sofía Correa, Consuelo Figueroa, Alfredo Jocelyn-Holt, Claudio Rolle & Manuel Vicuña, Historia del siglo XX chileno, Editorial Sudamericana, 2001. 
  • Regis Debray, Entretiens avec Allende sur la situation au Chili, Maspero, 1971. 
  • Suzanne Labin, Chile, the Crime of Resistance, Foreign Affairs Pub. Co, 1982. 
  • Robert Moss, Chile’s Marxist Experiment, David & Charles, 1975. 
  • Robert Moss, The Collapse of Democracy, Sphere, 1977. 
  • Marie-Noëlle Sarget, Histoire du Chili, L’Harmattan, 1996. 
  • José Toribio Merino, Bitácora de un almirante. Memorias, Editorial Andrés Bello, 1988. 
  • James Whelan, Out of the Ashes : Life, Death and Transfiguration of Democracy in Chile, 1833-1988, Regnery Pub, 1989
     

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95 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 31 août 2010 10:16

    au lieu de la dictature du prolétariat , les chiliens ont eu celle des militaires...

    Heureusement la page est tournée et le que le Chili est redevenu une démocratie exemplaire ....


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 31 août 2010 10:34

      À l’auteur
      « Avec ces armes, le MIR – dirigé par un neveu d’Allende et responsable de dizaines d’assassinats complaisamment couverts »
      [...]
      "Les rapports Rettig de 1991 [...] et Valech de 2004 [...] ont ainsi recensé 33.221 arrestations, 2.008 personnes tuées et 1.183 autres disparues.

      Score final : pro-Allende  ? ? ? morts ; anti-Allende 3.191 morts & disparus.


      • Lucilio Lucilio 31 août 2010 10:45

        « Score final : pro-Allende  ? ? ? morts ; anti-Allende 3.191 morts & disparus. »

        Vu les scores habituels des dictatures socialistes à travers le monde et l’Histoire...

        Sinon, les crimes de la dictature militaire excuseraient-ils ceux couverts par le gouvernement de l’Unité Populaire ?


      • Yvance77 31 août 2010 10:54

        De l’auteur je cite :

        « Vu les scores habituels des dictatures socialistes à travers le monde et l’Histoire.. »

        A tous les adorateurs de néo-libéraisme ne vous voilez pas la face. Les crimes se font par la privatisation des ressources, de toutes les ressources.

        Ensuite on envoit le FMI, les banquiers et autre financiers pour reconstruire comme ils disent, mais aux profits des firmes libérales qui mettent exangue les peuples.

        Allende assasiné par les suppots US et sa CIA ... aurait pu être un grand président comme Chavez qui sait ... s’il avait eu le temps de le prouver.

        Alors l’auteur cessez de regarder les maux causés (qui sont réels) par le communisme totalitaire. car de nos jours, les crimes contre l’humanité sont du côté de ceux que vous adorez.

        Vous pouvez replier mon commentaire maintenant, faite vous plaisir


      • Lucilio Lucilio 31 août 2010 11:03

        « Les crimes se font par la privatisation des ressources, de toutes les ressources. »

        C’est bien gentil ce blabla creux et ce bottage en touche plutôt ridicule, mais les faits sont têtus : le gouvernement de l’Unité Populaire était anti-démocratique et violait systématiquement les lois et la constitution, en plus de couvrir et protéger des criminels.

        « Allende assasiné par les suppots US et sa CIA ... »

        N’importe quoi. Allende s’est suicidé, le médecin personnel d’Allende en a toujours témoigné ainsi que d’autres personnes de sont entourage qui étaient avec lui le 11 septembre 1973 à La Moneda et sa famille n’a jamais discuté ce fait.


        « ...aurait pu être un grand président comme Chavez qui sait ... »
         
        Comme Castro, le mec qui a ruiné son pays ?


      • Yvance77 31 août 2010 11:33

        Que vous êtes touchant en supportrice des néo-cons !

        Allende s’est juste suicidé par la grâce d’un coup d’état made in McDonald ! Feignez-vous de l’ignorez. Avait il une autre alternative.

        Au mieux il aurait été exécuté sommairement au pire torturé puis passé par les armes et enterré je ne sais ou, comme le CHE.

        Et tout cela pourquoi ... allez du courage admettez le même si cela doit vous faire mal. Car il voulait re-nationamiser, pour les intérêts du peuple ,des pans entiers de l’économie aux mains de capitaux étrangers et bien sur US. En cela sa campagne était proche de celle d’un Chavez d’aujourd’hui.

        Mais on ne saura pas ce qu’il en adviendra.

        C’est sans doute du blabla, mais à trop voir flotter au soleil la bannière étoilée, on finit par devenir aveugle.

        Et à ce jour une des états le plus criminel est le pays des hamburgers que vous le vouliez ou non. Ils sont responsables de millions de morts et créateur d’insécurité comme ce n’est pas autorisé.

        Pour ce qu’il s’agit de Castro il est clair que je ne supporte pas cet homme dans son statu de leader. Mais j’aurai voulu voir ce qu’il aurait été sans l’embargo crée par encore cet état de fous que sont les States.


      • Lucilio Lucilio 31 août 2010 12:20

        « Allende s’est juste suicidé par la grâce d’un coup d’état made in McDonald ! Feignez-vous de l’ignorez. Avait il une autre alternative. »

        Il s’est suicidé, c’est un fait. Sinon, oui, il avait une alternative, l’exil proposé, comme pour les autres membres de sa famille.

        « ...il voulait re-nationamiser, pour les intérêts du peuple... »

        C’est con, mais la majorité du peuple chilien ne l’a jamais suivi. Mieux, la majorité des représentants du peuple chilien firent appel en 1973 à l’armée pour empêcher Allende d’installer la dictature socialiste promise dans le programme politique de son parti. Mais il faut supposer qu’Allende voulait faire le bonheur des Chiliens malgré eux, comme tous les dirigeants des dictatures socialistes qui ont ruiné la vie de tant de centaines de millions de gens à travers le monde.


      • Yaka Yaka 31 août 2010 15:08

        Il s’est suicidé, c’est un fait. Sinon, oui, il avait une alternative, l’exil proposé, comme pour les autres membres de sa famille.

        Est-ce normal d’être obligé à l’exil d’un pays qu’on voulait servir et par lequel on a été élu démocratiquement ?

        C’est con, mais la majorité du peuple chilien ne l’a jamais suivi. Mieux, la majorité des représentants du peuple chilien firent appel en 1973 à l’armée pour empêcher Allende d’installer la dictature socialiste promise dans le programme politique de son parti.
         

        Il me semble que la majorité l’a élu.
        Quels sont les « représentants du peuples » dont vous parlez ? n’auraient-ils pas un rapport avec les 10 millions de la CIA pour contrer l’ascension d’Allende ?
         

        Mais il faut supposer qu’Allende voulait faire le bonheur des Chiliens malgré eux, comme tous les dirigeants des dictatures socialistes qui ont ruiné la vie de tant de centaines de millions de gens à travers le monde.
         

        C’est quand même pas mal d’entendre cela alors que Pinochet a suivi, bizarrement la CIA n’a pas débloqué de fonds pour le faire sauter celui-là.


      • Lucilio Lucilio 31 août 2010 15:22

        « Est-ce normal d’être obligé à l’exil d’un pays qu’on voulait servir et par lequel on a été élu démocratiquement ? »

        Il est vrai qu’Allende aurait plutôt dû être jugé et condamné pour sa responsabilité dans les activités illégales et anticonstitutionnelles de son gouvernement.



        « Il me semble que la majorité l’a élu. »

        Allende n’a jamais recueilli la majorité des voix des Chiliens, ni les députés de l’Unité Populaire non plus ; aux élections présidentielles de 1970, il a obtenu seulement 36,6% des votes et n’a accédé à la présidence qu’au terme d’une triangulaire, grâce à une disposition spéciale de la constitution chilienne et en escroquant les parlementaires démocrates-chrétiens. Si l’élection présidentielle chilienne s’était joué sur deux tours, comme en France, il est certain qu’Allende ne serait jamais parvenu à la présidence.



        « Quels sont les « représentants du peuples » dont vous parlez ? »
         
        Ceux qui furent élu par les Chiliens en mars 1973 et qui donnèrent la majorité aux partis réunis en opposition au gouvernement d’Allende.



        « ...bizarrement la CIA n’a pas débloqué de fonds pour le faire sauter celui-là. »

        So what ?


      • wperrad 4 mars 2013 00:41

        « Sinon, les crimes de la dictature militaire excuseraient-ils ceux couverts par le gouvernement de l’Unité Populaire ? »


        Bah, simple logique socialiste : Si tu critiques Allende ça veut dire que tu soutiens Pinochet. C’est un peu surprenant au début mais on s’y fait à la longue.

      • Cogno2 31 août 2010 10:38

        En résumé, viva Pinochet !


        • Lucilio Lucilio 31 août 2010 10:48

          C’est gentil comme strawman, mais rappeler que le gouvernement d’Unité Populaire a systématiquement violé la constitution et les lois du Chili ne signifie nullement louer la dictature militaire et encore moins justifier les crimes commis par elle.


        • Cogno2 31 août 2010 15:11

          Je connais tes articles, je sais ce que tu penses, alors pas de ça avec moi.
          Ton article est juste une charge maladroite et grossière de plus contre la « gauche », avec au passage une petite vénération de la « droite ».
          C’est tout simplement nul !


        • Lucilio Lucilio 31 août 2010 15:25

          « Ton article est juste une charge maladroite et grossière de plus contre la »gauche« ... »

          Contre la gauche qui tente d’imposer sa dictature sur la majorité de la population. Effectivement. C’est une exercice de salubrité publique.



          « ...avec au passage une petite vénération de la »droite« . »

          Tiens ? Et où cela donc ?


        • Le chien qui danse 31 août 2010 11:16

          Halala, Lucilio.....heureusement qu’on en meure pas !


          • Redj Redj 31 août 2010 11:37

            L’auteur présente l’histoire du chili d’une manière trompeuse. En effet, il efface d’un coup de baguette magique l’influence jouée par les US et la CIA, rendant le Chili et Allende responsable à 100% de la dictature qui s’en suivit...

            Article révisionniste.


            • Lucilio Lucilio 31 août 2010 12:12

              « L’auteur présente l’histoire du chili d’une manière trompeuse. En effet, il efface d’un coup de baguette magique l’influence jouée par les US et la CIA, »

              Le rôle des États-Unis a été marginal.

              Certes, les services secrets ont bien tenté en 1970 d’empêcher Allende d’être désigné à la présidence, mais l’opération a été rapidement abandonnée. Par ailleurs, les services américains n’ont clairement pas participé au coup d’État militaire de 1973.

              Sinon, il est vrai que l’administration américaine a subsidié à hauteur de quelques millions de dollars les partis et la presse d’opposition chiliens, ainsi que certains syndicats opposé au gouvernement d’Unité Populaire. De la même manière que les pays soviétiques ont subventionné Allende. Mais ce n’est pas cela qui est fondamentalement à l’origine du renversement d’Allende.

              Allende a été renversé parce que le parlement chilien a fait appel aux militaires pour empêcher le gouvernement de l’Unité Populaire de détruire encore plus les institutions chiliennes et de tenter d’imposer une dictature socialiste.


            • sonearlia sonearlia 31 août 2010 11:41

              Les libéraux osent tout, c’est a ça qu’ont les reconnais.


              • foufouille foufouille 31 août 2010 11:48

                alors lucilio, tu as fini ta crise de boulimie ?
                 :->
                 


                • foufouille foufouille 31 août 2010 12:21

                  pourquoi tu met une photo d’un black ?
                  il est d’accord au moins ?


                  • Jean-paul 31 août 2010 18:43

                    Foufouille
                    C’est la photo de l’acteur Isaac Washington .


                  • morice morice 31 août 2010 12:28

                    «  relevait de la classique ligne bolchévique ».


                    INCROYABLE DE LIRE ÇA EN 2010, ICROYABLE INEPTIE !

                    Allende a été assassiné par la CIA : vous le savez au moins ?

                    jamais vu pareille vision de l’histoire ! même l’extrême droite n’ose plus le faire !
                    vous OSEZ REPONDRE

                    Le rôle des États-Unis a été marginal.
                    et ça ???
                    c’est la CIA elle même qui le dit, MENTEUR !


                    nier cela est du NEGATIONNISME HISTORIQUE !

                    VOUS NIEZ LES AVEUX DE CONTRERAS !

                    « It was the CIA that gave the order to kill General (Carlos) Prats, » Manuel Contreras, who headed the police during the regime of dictator Augusto Pinochet, told Chilevision television station.

                    Contreras, who was sentenced to 17 years in prison in early July in connection with the death of Prats and his wife in Buenos Aires, said he « very much regretted » the murder of the ex-commander, who taught him at the country’s military academy.

                    « We didn’t kill anyone who wasn’t a terrorist... I didn’t order the killing of anyone. If you have a terrorist who is fighting against you... it’s kill or be killed, » he said.

                    « I don’t have any blood on my hands, » added Contreras, saying he was « proud » of having « eliminated terrorism in Chile. »


                    http://www.rrojasdatabank.info/murder10.htm


                    VOUS ETES UN NEGATIONNISTE !


                    • Lucilio Lucilio 31 août 2010 12:44

                      « Allende a été assassiné par la CIA... »
                       
                      Non. Le médecin personnel d’Allende, José Quiroga, présent à ses côtés le 11 septembre 1973, a témoigné qu’Allende s’était bien suicidé. De même que les autres personnes qui étaient présentes à La Moneda, comme, par exemple, Pablo Manuel Zepeda Camillieri : http://www.derechos.org/nizkor/chile/doc/gap/zepeda.html

                      Par ailleurs, la famile même d’Allende ne remet pas en cause le suicide d’Allende, établi par un rapport d’autopsie jamais réfuté.



                      « ...c’est la CIA elle même qui le dit... »

                      C’est bien gentil de balancer des liens, mais il faut aussi lire les documents, hein... Et qu’est-ce qu’on y lit ? Primo, que les services secrets américains ont bien tenté en 1970 d’empêcher Allende d’être désigné à la présidence via des pressions sur les parlementaires chiliens et en tentant de fomenter un coup d’État, mais que ces projets furent rapidement abandonnés - et aLlende fut bien désigné à la présidence par le parlement chilien. Secundo, que si ces services secrets se doutaient qu’un coup d’État se préparait en 1973, ils n’y ont pas participé.


                    • Lucilio Lucilio 31 août 2010 13:28

                      « Et l’implication de la CIA dans l’opération Condor, Lucilio, vous en faites quoi ? »

                      Rien, cela ne concerne pas la période du gouvernement d’Allende.
                      L’Opération Condor commence après l’installation de la dictature militaire au Chili.


                    • anty 31 août 2010 14:27

                      Il faut savoir E-U ou Pinochet

                      si votre version est vrai Pinochet est innocent


                    • Lucilio Lucilio 31 août 2010 14:34

                      « ...si votre version est vrai Pinochet est innocent... »

                      Innocent de quoi ? Des crimes commis durant la dictature militaire sous sa responsabilité ? Non.


                    • morice morice 31 août 2010 15:39

                      encore un MENSONGE : Condor est la suite et non un commencement, négationniste !


                      Quelques années avant la mise en place de l’opération Condor, la répression organisée avait déjà permis à la junte brésilienne, alors dirigée par le général Médici, de démanteler en 1972 une organisation révolutionnaire : leMR-8 (Mouvement révolutionnaire du 8 octobre) dont la plupart des membres ont disparu. Trois ans plus tard, laguérilla de l’Araguaia était aussi anéantie, dans le plus grand silence. Ceux ayant pu s’enfuir ont ensuite été traqués dans toute l’Amérique latine. Contrairement à une idée reçue, le coup d’État de 1964 au Brésil n’a pas été une réponse à des mouvements de guérilla : comme le note la journaliste Marie-Monique Robin, à la création duCentre d’instruction de la guerre dans la jungle de Manaus, en 1964, destiné à enseigner les méthodes de contre-insurrection, « il n’y a au Brésil ni guérilla ni mouvement armé de gauche, ceux-ci naissant bien après le coup d’État de 1964, en réaction précisément à la dictature militaire » 1.

                      Dès le coup d’État du 11 septembre 1973, la DINA commença à collaborer avec des services étrangers, notamment argentins et paraguayens. Elle bénéficia ainsi de complicités au sein des forces de sécurité argentines lors de l’assassinat, en septembre 1974, du général Carlos Prats à Buenos Aires. En mai 1975, Jorge Fuentes, membre du MIR arrêté avec Amilcar Santucho alors qu’il tentait de passer d’Argentine au Paraguay, afin de contacter des militants locaux au nom de la Junte de coordination révolutionnaire (JCR, une ébauche de coordination entre différentes guérillas), fut arrêté par les services paraguayens. Selon le journaliste John Dinges,

                      « La gestion du cas Santucho-Fuentes créa le moule dans lequel, six mois plus tard, serait coulée l’opération Condor

                    • Lucilio Lucilio 31 août 2010 15:46

                      « encore un MENSONGE : Condor est la suite et non un commencement... »

                      C’est bien gentil de parler de la DINA et du Plan Condor, mais la DINA n’a été créée par le général Manuel Contreras qu’en novembre 1973.
                      Donc, non, l’Opération Condor ne concerne en rien les événements qui se sont déroulés durant la période du gouvernement Allende (novembre 1970, septembre 1973).


                    • morice morice 31 août 2010 23:52

                      l’histoire ne se fait pas avec des étiquettes....


                    • marcel et yvette marcel et yvette 31 août 2010 12:32

                      on était encore en pleine guerre froide et l’Urss posait ses pions en Amérique Latine ...

                      les Soviets avaient beau jeu en jouant sur l’hypersensibilité des Latinos et la facilité avec laquelle on peu y manipuler les esprits....faible taux d’alphabétisation des couches populaires,faible taux de croissance de ces pays d’Amérique Latine,haine atavique des peuple occidentaux et des Usa en particulier ...

                      formation politique des futurs cadres de la révolution par Moscou,et soutient idéologique des pays Européens encore bien infiltrés par les idées Marxistes et par les mouvements d’extrême Gauche financés par Moscou et soutenus dans toute l’Europe par les taupes du KGB introduites dans les médias,la presse,le spectacle,la chanson,le cinéma etc.....le tout chapeauté chez nous par le PCF qui ne souhaitait qu’une chose à l’époque,livrer la France aux Soviets ,ou au moins y installer un régime révolutionnaire tendance dure !

                      et bien oui,la révolution du camarade Allende a capoté,les Chiliens après s’être fait botter la cul par les sbires rouges,se sont refait botter le cul par Pinochet .....

                      bon,ben l’histoire des peuples est ainsi faite,et c’est toujours le peigne cul de base qui n’a rien demandé à personne qui se fait toujours baiser en fin de compte !

                      pas la peine d’aller au Chili pour ça ....c’est partout pareil....

                      on te promet monts et merveilles,un monde meilleur,le bonheur pour mille ans,l’aisance et la tranquillité....et puis le réveil est brutal,tu payes pour bouffer,pour rouler,pour te chauffer,pour te loger,pour baiser,pour aller aux chiottes,pour te soigner,pour envoyer tes mouflets à l’école,pour tremper ton cul dans l’eau de mer,pour tout ! que ce soit la gauche ou la droite au pouvoir,t’es le cocu de toute manière !


                      • ELCHETORIX 31 août 2010 13:09

                        si il faut tu n’étais pas nés lors de ces évènements au CHILI de l’époque , alors ton article ne tient pas la route !
                        Ensuite , plus tu poses d’articles de propagande du système impérialiste , plus nous résistons à ce système , donc écris , écris , et encore écris .. , moi , personnellement tu me confortes dans mes convictions .
                        Hasta la victoria , siempre !
                        RA .


                        • Lucilio Lucilio 31 août 2010 13:19

                          « ...si il faut tu n’étais pas nés lors de ces évènements au CHILI de l’époque , alors ton article ne tient pas la route ! »

                          Rarement on aura lu une réfutation aussi ridicule.

                          Non, je n’étais pas né. Mais les documents et les témoignages existent. Et que racontent-ils ? Par exemple, le toujours vivant Patricio Aylwin, premier président chilien élu après la dictature, qui déclarait que le gouvernement d’Unité Populaire tentait d’imposer une dictature socialiste et que l’armée sauva le pays d’un désastre semblable à celui que connurent les autres dictatures socialistes dans le monde. Ou alors, cette résolution du parlement chilien d’août 1973 qui demande aux militaires et aux forces de police de mettre fin aux agissements illégaux et anticontitutionnels du gouvernement Allende. Etc.


                        • morice morice 31 août 2010 15:40

                          e gouvernement d’Unité Populaire tentait d’imposer une dictature socialiste et que l’armée sauva le pays d’un désastre semblable à celui que connurent les autres dictatures socialistes dans le monde.


                          vous habitez et vivez en 1948 là....

                        • Lucilio Lucilio 31 août 2010 15:50

                          « ...vous habitez et vivez en 1948 là.... »

                          Il est certains que l’Unité Populaire tentait de rejouer le coup de la Tchécoslovaquie 1948.
                          Mais Patricio Aylwyn - qui n’était seulement que le patron du deuxième plus grand parti politique chilien et qui deviendra le premier président élu après la dictature militaire - a lui même clairement expliqué à la télévision espagnole en 1973 que l’Unité Populaire tentait d’instaurer une dictature socialiste et que l’intervention de l’armée sauva le pays.


                        • spartacus1 spartacus1 31 août 2010 18:04

                          Tu n’étais pas né durant le putsch de Pinochet, moi oui, en plus j’ai accueilli chez moi, durant plusieurs mois, des réfugiés cubains, certains socialistes, certains pratiquement pas politisés, mais tous fuyaient une répression sanglante. Un seul exemple de cette répression (mais je n’oublie pas les dizaines de miliers d’autres), Victor Jara, guitariste de renom, arrêté (son tort était de chanter pour le peuple chilien), torturé, on commence par lui couper à la hache les doigts d’une main puis de l’autre, avant qu’il ne meurt sous la torture.

                          Alors, ton article de merde, qui insulte les victimes d’un coupe d’état fomenté par des officiers chiliens formés aux USA et soutenu en grande partie par le criminel de guerre H. Kissinger (crimes commis entre autres au Vietnam) ; ton article disais-je, tu peux te le foutre où je pense et bien profond.

                          Je suis navré d’être, contrairement à mon habitude, vulgaire, mais lorsque je vois une telle désinformation, je monte facilement les tours.


                        • ELCHETORIX 31 août 2010 18:15

                          A RIDICULE ridicule et demie lucillo , tes articles ne sont que de la propagande des contras , inféodée au régime impérialiste US , ce sont donc tous tes articles qui frisent l’imbécilité pour ne pas dire l’indescence !
                          C’est ainsi que j’ai préféré te causer sans devoir argumenter ou te rappeler l’historique des situations géo-politiques des pays de l’ AMERIQUE LATINE et CENTRALE .
                          RA .


                        • Lucilio Lucilio 31 août 2010 18:22

                          « Tu n’étais pas né durant le putsch de Pinochet, moi oui... »

                          Rarement vu un argument d’autorité aussi débile. Parce que tu serais né avant 1973, tu en saurais d’avantage sur la situation du Chili entre 1970 et 1973 que les propres acteurs, à savoir les magistrats, les juges, les parlementaires, les hommes politiques et les électeurs chiliens.


                          « ... ton article de merde, qui insulte les victimes d’un coupe d’état... »

                          Rappeler que le gouvernement de l’Unité Populaire était anti-démocratique, violait les lois et la constitution du Chili, couvrait et protégeait des criminels n’insulte en rien la mémoire des victimes de la répression de la dictature militaire.


                          « Je suis navré d’être, contrairement à mon habitude, vulgaire, mais lorsque je vois une telle désinformation, je monte facilement les tours. »

                          En fait, on s’en fout un peu beaucoup, tu sais, de tes états d’âme. T’as un problème avec le principe de réalité, consulte un spécialiste.


                        • Lucilio Lucilio 31 août 2010 18:27
                          « ...propagande des contras , inféodée au régime impérialiste US... »

                          Parce que c’étaient des « contras », la Cour Suprême du Chili et le Contrôleur Général de la République qui protestaient contre les illégalités du régime Allende ainsi que les parlementaires chiliens qui, dans une résolution approuvée à 81 voix contre 47 – après le rappel des innombrables violations constitutionnelles et légales du gouvernement d’Allende –, demanderont officiellement aux forces armées et de police d’intervenir, de même que le premier président élu par les Chiliens après la dictature ou le prédécesseur d’Allende. Tous inféodés aux impérialistes US tant qu’ils sont.

                          Pathétique...

                        • sisyphe sisyphe 31 août 2010 13:12

                          Malgré les nombreuses protestations de nombreux participants, AgoraVox continue de se discréditer en laissant à cet « auteur » le droit de repliage des commentaires qui ne lui conviennent pas (sans aucun motif objectif), sous ses torchons de propagande, tout à fait en contradiction avec « la charte » édictée par AVox même. 


                          Cet auteur, outre son aspect propagandiste et désinformateur, est, surtout, un censeur qui a un recours massif, prouvé, avéré, à l’abus et à l’arbitraire, et la direction d’AgoraVox s’en fait le complice. 

                          Une honte. 

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