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Il y aura d’autres millions de morts au Congo

Maintenant que la mort de six millions de Congolais est reconnue par les Nations Unies (voir rapport du Projet Mapping 2010), beaucoup pensent que la tragédie du Congo tend vers l’épilogue. Une lourde erreur. Parce que les problèmes de fond ne sont pas réglés et ne le seront pas de sitôt. Les Américains et les Britanniques, à l’origine des aventures militaires qui dévastent le Congo, se sont lourdement trompés. Mais ce n’est pas ce qu’il y a de pire. Le pire, c’est que quand on les observe, on remarque qu’ils ne se rendent même pas compte de leurs erreurs. Malheureusement lorsqu’une grande puissance se trompe, comme les Américains sur l’Irak, cela se traduit par des milliers de morts sur le terrain. Au Congo, Londres, Washington et, accessoirement Bruxelles, sont dans trois erreurs fondamentales et y persistent, ce qui n’est guère rassurant.

La première erreur des Occidentaux consiste au soutien aveugle aux régimes rwandais de Paul Kagamé et ougandais de Yoweri Museveni. Dans les années 90 et 2000, ces deux régimes sont apparus comme des « bons élèves » aux yeux des institutions de Bretton Wood (FMI, Banque Mondiale) alors que le Congo, à l’époque Zaïre, pataugeait dans un tel état de désordre orchestré par le dictateur Mobutu qu’il fallait tenter quelque chose. Les Occidentaux se sont appuyés sur Kampala et Kigali pour régler le problème « Zaïre ». Depuis, ils continuent dans la même logique, plaçant le peuple congolais, de fait, dans un état de soumission aux deux dictateurs de la Région des Grands Lacs. Or, comme dans n’importe quelle région du monde, la soumission et l’occupation d’un peuple déclenche naturellement la résistance des autochtones. Le Congo est ainsi devenu ingouvernable.

Les Occidentaux s’en sont rendu compte en ordonnant le déploiement de 20 mille casques bleus et plus de deux cents ONG. Or, en renonçant tout simplement à la logique initiale d’occupation et d’agression, on n’aurait pas besoin de déployer toutes ces ONG parce que les autorités locales, légitimes, s’occuperaient de leurs populations, et les moyens ne manquent pas au Congo. Le pays est doté d’immenses réserves minières, sans doute les plus importantes d’Afrique. On n’aurait pas davantage besoin des casques bleus puisqu’un gouvernement « légitime » mettrait en place une armée nationale comme cela est le cas dans les autres pays de la région.

Pire, les appuis aveugles de Londres et Washington aux régimes rwandais et ougandais ont fini par donner des idées aux aventuriers de tous poils, comme les maquisards du M23.

On sait pourtant qu’en appliquant tout bêtement le droit international, comme dans les Balkans, on règlerait la crise de l’Est du Congo du jour au lendemain. On envoie des unités spécialisées dans la région pour capturer les criminels de guerre déjà parfaitement identifiés par la Cour Pénale Internationale et les officiers de l’armée rwandaise qui organisent le pillage des richesses du Congo et orchestrent les massacres et les viols dans le Kivu. Seulement voilà ! Malgré la gravité de la tragédie, cette éventualité n’est même pas dans l’esprit des décideurs politiques, ni à Londres, ni à Washington, encore moins à Bruxelles. On va donc continuer à compter les morts. Le Rwanda et l’Ouganda bénéficient d’un régime d’impunité comme en témoignent les agressions répétées contre le Congo et l’impossibilité de traduire en justice les criminels de guerre protégés par les deux pays.

La deuxième erreur des Occidentaux consiste à considérer que le Congo serait un pays trop grand. On se demande bien par rapport à quoi. Le Congo n’est que 11ème au classement mondial en termes de superficie. La Russie, le Canada, l’Australie, la Chine, l’Inde, le Brésil,… sont plusieurs fois plus grand que le Congo. Par ailleurs, le pays ne dispose que de 50 km de frontière maritime, ce qui condamnerait à l’enclavement une région qui se détacherait de l’ensemble.

L’idée que le Congo serait trop grand a été soufflée aux Occidentaux par les dirigeants rwandais qui militent pour s’emparer de région du Kivu et de ses gisements miniers, dont les carrières où sont exploités le coltan et la cassitérite. Sauf qu’en Occident, il manque quelqu’un pour rappeler que le Kivu est habité par des populations congolaises qui ne pourront jamais, ni abandonner leurs terres aux Rwandais ni devenir des sujets rwandais.

Entre 1996 et 2003, le monde entier a même choisi de se taire et de laisser les armées d’occupation massacrer les populations locales. Lorsqu’on s’est réveillé, le bilan était terrible. Six millions de morts. Mais ces populations étaient toujours là.

Parce que le Congo a beau être grand, les populations d’une région sont des autochtones de la région et ne peuvent aller nulle part. Par ailleurs, les Congolais ont toujours rappelé qu’ils ne se soumettront jamais à l’occupation rwandaise. La résistance qu’ils mènent contre les tentatives de balkanisation de leur pays s’inscrit dans l’enchaînement logique des choses. Et quand bien même l’annexion se produirait, que deviendraient les autres régions ? C’est toute l’Afrique centrale qui sombrerait dans un interminable cycle de violence alors que la notion de « frontières » héritée de la conférence de Berlin (1884-1885) n’aurait plus de sens.

Une perspective cauchemardesque que les soutiens de Kigali et Kampala ne donnent pas l’impression de redouter. En Occident on regarde la carte minière du Congo et on oublie qu’il s’agit, avant tout, d’un pays « habité » par un peuple. Une ignorance qui coûte des vies par milliers, et c’est loin d’être fini.

La troisième erreur des Occidentaux, c’est de refuser aux Congolais le droit à la démocratie. Ils y vont si fort qu’ils n’hésitent pas à déployer des troupes européennes, dans le silence des médias, pour soutenir un régime fantoche. En 2006, l’Union Européenne avait envoyé des troupes à Kinshasa, officiellement pour garantir la régularité du scrutin, mais, en réalité, pour assurer à Joseph Kabila une victoire électorale improbable face à son adversaire Jean-Pierre Bemba. Ce dernier est, depuis, définitivement éliminé de la scène politique et croupit dans une cellule de la Cour Pénale Internationale. Pour crimes de guerre. Une blague dans un pays où la quasi-totalité de la classe politique est issue des guerres meurtrières de 1996, 1998, et même de la guerre du Rwanda.

Ce déploiement fut une initiative difficilement excusable lorsqu’on pense au bilan des violences post-électorales entre partisans de Jean-Pierre Bemba et ceux de Joseph Kabila, soutenu par les capitales occidentales. Plus de cinq cents morts dans les rues de Kinshasa. Et surtout lorsqu’on pense à la gestion calamiteuse du pays depuis par le « chouchou des Occidentaux » qui a tout bonnement entraîné le Congo à la 187ème place du classement mondiale de la pauvreté sur 187 pays, selon l’Indicateur du développement Humain (IDH). Et même lorsque l’Occident reconnaît que le Président sortant a perdu les élections, comme en novembre 2011, il le soutient quand même, orchestrant, de ce fait, une interminable crise politique. Il suffisait pourtant de lui ordonner de quitter le pouvoir, ce qui est tout à fait à la portée de l’Occident comme en témoignent les opérations en Libye et en Côte d’Ivoire.

Ce refus systématique de reconnaître aux Congolais le droit de disposer de leur destin, qui ne date pas d’hier (voir assassinat de Patrice Lumumba) entraîne naturellement quelques désespérés à prendre les armes, ce qui n’arrange pas la situation.

Aujourd’hui encore, face au blocage politique né du hold-up électoral de novembre 2011, des incidents armés se multiplient. Dans la province stratégique du Katanga, les attaques ne se comptent plus. Dans la province du Kasaï, un haut gradé a tout bonnement déserté les rangs de l’armée et est parti dans les maquis avec hommes et armes. Même si, en apparence, ses moyens sont limités, il promet de marcher sur Kinshasa pour y faire accepter « la vérité des urnes ».

C’est une crise de légitimité qui aurait pu être réglée mais qui s’achemine vers un pourrissement, avec des violences à redouter. Et cette troisième erreurs, comme les deux premières, annonce son lot de victimes. Une quasi-certitude.

En définitive, comme on peut le remarquer en se référant aux conflits antérieurs (Première Guerre Mondiale – 9 millions de morts, et Seconde Guerre mondiale – 60 millions de morts), ce n’est pas le nombre des victimes qui arrête un conflit. On est tenté de dire qu’à un million de morts on aurait pu arrêter la Seconde Guerre mondiale. Mais on est allé jusqu’à 60 millions parce qu’il fallait régler le problème de fond : l’Allemagne nazie. Au Congo, le conflit et son lot de tragédies ne peut s’arrêter que si les problèmes de fond sont réglés, et on sait ce qu’il faut faire.

Il faut mettre fin au soutien aveugle dont bénéficient les régimes bellicistes de Kampala et de Kigali. Il faut laisser le peuple congolais diriger son pays et renoncer à cette idée meurtrière selon laquelle le pays serait trop grand. En envisageant de morceler le pays, de force, on annonce un chaos qui pourrait être de loin plus meurtrier que tout ce qu’on connaît jusqu’à présent. Il faut, par-dessus tout, reconnaître aux Congolais le droit de choisir leurs dirigeants et cesser d’imposer des individus aux commandes du pays.

Une simple question de bon sens, mais qui est loin d’être entendue. D’ici là, on continuera à égrener la liste des victimes. Le chiffre de six millions, hélas, ne tiendra pas longtemps.

Boniface MUSAVULI


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15 réactions à cet article    


  • Georges Yang 25 septembre 2012 10:24

    Le rôle du Rwanda et de l’Ouganda dans le déliquescence du Congo est réel, mais vous oubliez de dire que même en arrêtant cette emprise, il resterait des assassins purement congolais dans le pays et des opposants hutus au Rwanda tout aussi criminels

    Certains Mai Mai et les hommes de Bemba ont commis des crimes atroces et sont bien Congolais

    Et sans parler de partition, qui semble néfaste, il faut bien reconnaitre qu’il existe bien deux entités économiques l’ouest ( Kinshasa, Bas Congo, Bandundu) qui commerce avec l’Afrique de l’ouest et qui parle lingala et l’est (les 2 Kivu, Maniema Ituri entre autre) ou l’on parle swhahili et dont les activités commerciales et l’import export sont orientés vers Nairobi et Mombasa

    Sans parler du Katanga qui s’oriente de plus en plus vers l’Afrique du sud

    L’avenir passe donc par un fédéralisme avec une grande autonomie de régions


    • MUSAVULI MUSAVULI 25 septembre 2012 14:02

      « L’avenir passe donc par un fédéralisme avec une grande autonomie de régions ».
      Tout à fait. Mais le pays doit d’abord être « piloté » par les Congolais et arraché à l’emprise des puissances étrangères. Aujourd’hui, on ne sait même pas si l’organisation fédéraliste est préférable à un système unitaire. Si, sur le plan économique, je vous rejoins sur le fédéralisme, sur le plan politique la crainte d’un démembrement du pays pourrait dicter l’option unitariste. On peut construire une ligne de chemin de fer reliant Goma à Kinshasa et écouler les richesses du Kivu par l’Océan Atlantique. Les minerais du Katanga passent déjà par Matadi. Par ailleurs, en bâtissant un réseau de communication entre provinces congolaises (autoroutes, lignes de chemins de fer,...) on ouvrirait tout le marché congolais aux pays de l’Est de l’Afrique qui ne sont pas condamnés à se limiter au seul marché problématique du Kivu. L’avantage d’une telle stratégie est qu’elle enleverrait définitivement au peuple congolais l’angoisse d’un possible péril pour son territoire que représentent les pays de l’Afrique de l’Est. Mais tout ceci n’est possible qu’à condition que la RDC soit piloté par un patriote légitime.


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 25 septembre 2012 16:01

      Si si si .... et .... yaka yaka yaka !

      La réalité n’est pas comme vous le désirez !


    • Georges Yang 25 septembre 2012 19:23

      D’accord avec le désenclavement, mais ce n’est pas pour demain, malgré la richesse du pays

      Qui peut actuelement unifier le pays ?

      Mobutu y était parvenu, mais a quel prix !


    • louphi 25 septembre 2012 19:34

      Georges yang, MUSAVULI

      En prônant « le fédéralisme avec une grande autonomie des régions », Georges yang commence seulement à effleurer la bonne solution pour les pays de la région des Grands Lacs africains en proie aux guerres fratricides orchestrées par les pays-vautours du MONDE BLANC. Mais, pour être sérieux, ce fédéralisme ne saurait se limiter à la République Démocratique du Congo tout seul, comme Georges yang semble suggérer. Un tel fédéralisme étriqué, confiné dans les limites des frontières issues de la colonisation, sous la férule de la « Communauté Internationale », est un leurre. On reste toujours dans le cadre de l’impérialisme, de la domination de l’homme blanc en Afrique Noire. Exemple : le Nigéria.

      Mais, l’idée de fédéralisme, ici, n’est viable que si elle englobe l’ensemble des pays de la région des Grands Lacs. Cette idée épouse alors le cadre et la vision panafricaniste de l’Etat Fédéral Africain prôné par le grand savant africain Cheick Anta Diop. On se positionne alors dans la lutte contre l’impérialisme, contre la domination de l’homme blanc en Afrique noire. Cette perspective suppose l’existence des mouvements noirs, indépendantistes, anti-impérialistes dans les divers pays de la région des Grands Lacs et au-delà. L’activité de ces mouvements nègres doit consister à combattre les ethnies blanches prédatrices et leurs geôliers aborigènes, sous la coordination d’un commandement indépendant, panafricain voire pan-nègre.

      MUSAVULI se situe à l’opposé de cette perspective panafricaine salutaire pour l’Afrique NOIRE. MUSAVULI ne conçoit le fédéralisme en Afrique que dans le cadre des frontières issues du partage colonial. MUSAVULI, en sa qualité de patriote-gaulliste-lumumbiste-mobutiste, est enfermé dans ce patriotisme obtus, aux prémices génocidaires. Ce faux patriotisme, le patriotisme néocolonial, lui fait nier le génocide rwandais et d’autres. MUSAVULI, patriote-gaulliste-lumumbiste-mobutiste, patauge dans l’analphabétisme le plus total sur la question nègre en particulier et coloniale en général.


    • MUSAVULI MUSAVULI 25 septembre 2012 22:22

      Cher Louphi,

      Malgré le côté désagréable de votre dernier paragraphe, je me permets de vous répondre. J’ai répondu à Georges Yang que la question de l’organisation et de la forme de l’Etat congolais (fédéralisme ou système unitaire) n’était pas la priorité pour le moment. Le Congo a d’abord besoin d’être arraché des mains prédatrices des puissances étrangères. Une fois le pays rendu à son peuple, ce dernier pourra décider souverainement de quelle organisation il a vraiment besoin. Sur le plan économique et social, j’ai toujours estimé qu’un système fédéral était préférable à la concentration du pouvoir de décision à Kinshasa. Mais le peuple congolais, terrorisé par le risque de démembrement du pays dont les régions sont convoitées par les pays voisins, pourrait décider d’adopter un système unitaire et renforcer la cohésion interne. Mobutu, échaudé par les velléités indépendantistes du Katanga, avait ainsi décidé de contrôler cette région à partir de Kinshasa. Il y a créé la dépendance énergétique en tirant sur 2 mille kilomètres des lignes à haute tension entre les barrages d’Inga dans le Bas-Congo et Lubumbashi, alors qu’il pouvait bâtir des centrales électriques de taille moyenne sur place. La stratégie a fonctionné. Bref, si, sur le plan économique, le fédéralisme semble convenir à la situation, sur le plan politique et géostratégique, le pays peut bien préférer s’enfermer dans un système unitaire.

    • Bertrand Loubard 25 septembre 2012 17:42

      Pour ce qui est des exécuteurs de basses œuvres de la Communauté Internationale dans la région des Grands Lacs, Musévéni est devenu une étoile pâlissante. En effet, il soutient l’Iran dans ses revendications nucléaires, il propose d’accueillir Laurent Gbagbo, il achète des Migs, il « fonde », à l’envi, par son épouse interposée, des « églises » faisant ombrage au Pasteur Rick Warren, il affabule et se décrédibilise sur Kony et sa LRA, et en plus, il voudrait exploiter, tout « seul », tout le pétrole du Lac Albert, etc., etc. Les assassinats de Fred Rwigéma, Chris Bunyenyezi et Peter Bayingana n’ont fait que mettre en évidence en octobre 1990 les tensions entre lui et Kagamé. Les maladroites tentatives de soutien des Rudasingwa, Nyamwasa, Karegeya, Gahima et autre Rujugiro lui sont ouvertement reprochées par Kagamé. Les « incidents » qui précèdent les rencontres des deux tyrans, qui émaillent leurs « réunions » et succèdent à leurs « discussions » sont révélateurs d’une érosion du capital confiance que la Communauté Internationale avait mis en Musévéni et qu’elle préférerait investir maintenant dans un autre « pantin ». Tout cela a fait, petit à petit, de Musévéni, un « Bad Boy » dont il faut se défaire. Et donc, tout cela fait, petit à petit, de Kagamé un « Good Guy » de remplacement, bon teint, tout trouvé, prêt pour la relève et la suite des opérations dans la Région. Kagamé soutient le M23 ? Et nous, nous avons bien soutenu les Talibans. Kagamé pratique le terrorisme rampant ? Et nous, nous avons bien « provoqué » Al Qaïdat. Kagamé intervient en RDC ? Et nous, nous intervenons bien en Irak, en Afghanistan, en Libye, sans parler des autres pays d’Orient (Tibet, Birmanie, Sri Lanka) et d’Amérique du Sud (Argentine, Nicaragua, Salvador). Sa femme et lui ont « travaillé » avec Viktor Bout et reprennent aujourd’hui du service avec les succursales du trafiquant ? Et nous, n’avons pas eu besoin de Viktor Bout pour nos transports vers l’Afghanistan et l’opération Turquoise ? Kagamé trafique les minerais du sang du Kivu ? Mais ne « lui » achetons-nous pas, indirectement, « son » coltan ? Kagamé devrait être traîné devant la CPI ? Mais n’est-ce pas Desmond Tutu qui souhaitait que George Bush et Tony Blair y soient aussi traînés ?

      L’efficacité de la tactique de Kagamé (« Talk and Fight », « Shoot to Kill », "Too Big to Fail« , »Too Big to Jail") lui confère une aura qu’il devient de plus en plus difficile à remettre en cause sans paraître négationniste et complice des génocidaires

      Cela procède de la même stratégie que celle qu’il a mise en œuvre depuis le début de la Guerre d’Octobre 1990, qu’il a élaborée pour le Génocide Rwandais et exécutée dans le Génocide Congolais. En effet, la monstruosité de la planification de ses crimes est telle qu’elle provoque la cécité des témoins, tétanise la réflexion des experts et donc avalise les dires de Madeleine Allbright et Suzan Rice : "si c’est le prix à payer….nous n’avons qu’à regarder ailleurs, ils savent bien ce qu’ils doivent faire…." Cela devra donc perdurer longtemps vu qu’il n’y a pas de remplaçant crédible pour le moment. Les tyrans machiavéliques du « type Kagamé » ont l’art de se rendre, préventivement, irremplaçables en créant les conditions du chaos qu’entraînerait leur « éloignement ». On ne demandera pas à l’ONU que soit décrété un embargo sur les armes destinées au Rwanda et à l’Ouganda ; on ne demandera pas qu’un embargo soit décrété sur les minerais exportés par le Rwanda. Il faudra encore quelques millions de congolais en moins…."puisqu’ils ont l’habitudes des massacres dans ces pays-là (Mitterand ?)"….


      • epicure 25 septembre 2012 18:36

        6 millions de morts dans la quasi indifférence générale, sauf quelques événements ponctuels.
        Les guerres qui ne répondent pas certains schémas « classiques » (du point de vu occidental, ne semblent pas très médiatisées en comparaison des dommages humains qu’elles font.

        Encore un peuple dont la possession de richesses dans son sol devrait être une bénédiction, mais qui se transforme en malédiction.
        La démocratie signifierait que le peuple pourrait disposer de ces richesses pour son propre bénéfice, et pouvoir sortir de la misère , quels égoïstes, il priveraient les multinationales de gains additionnels. Mieux vaut pour ces dernières une dictature à leur botte , entre gens puissants on peut se comprendre, ils ont peu de considération pour le peuple.


        • Alex Alex 25 septembre 2012 19:53

          Pourriez-vous préciser qui sont « les Occidentaux » ?

          Vous insistez lourdement sur ce mot qui désigne tous les Occidentaux alors que, comme 99,999 % des Français, je n’ai jamais mis les pieds au Congo.

          Écrivez « les gouvernements » de tel ou tel pays, et utilisez le copier-coller pour reproduire l’expression.


          • MUSAVULI MUSAVULI 25 septembre 2012 22:31

            Les décideurs politiques en Occident. Les plus engagés dans la tragédie du Congo sont les Américains et les Anglo-saxons avec comme exécutants les dirigeants rwandais et ougandais. Les Français et les autres « Occidentaux » sont un peu en retrait depuis que Paris a, malheureusement pour le Congo, choisi de se laisser accabler sur l’affaire du génocide rwandais. Une manœuvre de Kigali cousue de fil blanc destinée à masquer le massacre des millions de Congolais.


          • Alex Alex 26 septembre 2012 00:18

            Ce n’est certainement pas « LE gouvernement » non plus : un ou deux ministres, peut-être, et surtout une poignée de hauts fonctionnaires inamovibles quelle que soit l’équipe au pouvoir.

            Je ne comprends pas bien votre point de vu : vous écrivez

            « Paris a, malheureusement pour le Congo, choisi de se laisser accabler sur l’affaire du génocide rwandais »,

            ce qui devrait être une bonne nouvelle puisque vous écriviez un peu plus tôt :

            « Une fois le pays rendu à son peuple, ce dernier pourra décider souverainement de quelle organisation il a vraiment besoin. »

            Si Paris est absent, ce devrait donc être une très bonne nouvelle !

            Il faudrait aussi étayer vos affirmations, par exemple celle-ci :

            « l’Union Européenne avait envoyé des troupes à Kinshasa en réalité, pour assurer à Joseph Kabila une victoire électorale ».

            Comment a fait l’UE : elle a bourré les urnes ? Elle a empêché les électeurs de voter ?

            Avec vous, l’explication est toujours simple : si ça va mal, c’est la faute aux Occidentaux.

            Question au connaisseur que vous êtes : est-ce que « LE Congo » existe, ou bien est-ce un assemblage un peu artificiel de différentes ethnies (ou tribus) ?
            Dès lors que l’instinct tribal est très fort (rien de péjoratif là-dedans), est-il possible de former un pays uni prêt à accepter un chef pour tous les habitants ?
            Regardez ce qui se passe en Irak.

            Je déplore tous ces massacres, et je pense qu’il vaut mieux séparer les groupes hostiles en attendant que les rivalités se calment plutôt que les forcer à coexister dans la violence.


          • MUSAVULI MUSAVULI 26 septembre 2012 01:14

            Alex,

            S’il y a bien quelques rivalités ethniques au Congo (cas de l’Ituri), elles ne sont pas d’assez grande ampleur pour expliquer l’hécatombe de six millions de morts. Ce massacre est le fait des guerre d’agression, d’occupation et de pillage des ressources du Congo par le Rwanda et l’Ouganda pour répondre aux besoin des multinationales intéressées par les métaux précieux dont le coltan (téléphones portables). Au sujet du rôle de l’Union européenne, elle a bel et bien contribué à consolider le pouvoir d’un Président pourtant incapable et honni par son peuple, en éliminant son principal adversaire, Jean-Pirre Bemba, arrêté au Portugal en 2007 et emprisonné à La Haye. Depuis, Joseph Kabila a les mains libres pour gouverner et mener le Congo dans la catastrophe économique, sociale et sécuritaire que même vous, vous pouvez constater en consultant les données du le pays sur les dix dernières années (pauvreté, corruption, violence, sécurité,...). Les Occidentaux ne sont pas responsables de tout, mais lorsqu’ils soutiennent, y compris militairement, des dirigeants aussi catastrophique que le Président congolais, il est normal qu’ils soient pointés du doigt. Quant à l’absence de Paris, ce n’est absolument pas une bonne nouvelle. Les pays qui agressent le Congo obtiennent des armes et des financements directs de Washington et de Londres. Les Congolais ne peuvent pas faire face tous seuls. La puissance de feu des agresseurs est telle que le peuple congolais doit trouver, lui aussi un allié stratégique de taille pour pouvoir résister. Historiquement, et pour des raisons diverses, la France était la seule puissance sur laquelle les Congolais pouvaient compter (voir intervention de l’armée française dans le Katanga pour repousser des rebelles soutenus par Cuba et l’Angola). Mais depuis l’affaire du génocide rwandais, Paris ne bouge plus et laisse les Congolais se faire massacrer tous les jours et leurs femmes violer par milliers. Personne n’oserait commettre de tels crimes au Rwanda parce que les Américains ont choisi de veiller sur ce pays. Personne n’oserait commettre de tels actes dans un pays « protégé » par la France comme ses anciennes colonies de l’Afrique de l’Ouest, où Paris réagit au quart de tour. Eh bien au Congo, les massacres et les viols sont rendus possibles tout simplement du fait de l’absence d’une grande puissance dans le rôle de rempart. Donc non, la France n’aurait jamais dû se désengager de la région. Mais elle reste, bien évidemment, libre de choisir ses zones d’intervention.

          • Georges Yang 25 septembre 2012 23:36

            Petit bémol

            Il y a bien eu un génocide au Rwanda et le rôle de la France n’est pas exempt de critiques, mais les Congolais n’y sont pour rien et Kagame n’est pas un saint


            • MUSAVULI MUSAVULI 26 septembre 2012 00:05

              Exact. Mais l’ampleur des massacres du Congo est telle que Paris aurait dû, depuis longtemps, sortir de sa torpeur et rendre les gémissements des Congolais audibles, autant que les Anglo-saxons nous rabâchent le martyr des victimes qu’ils ont choisies.


            • le moine du côté obscur 26 septembre 2012 02:06

              Le problème c’est que ce dossier pourtant brûlant n’intéressent pas les champions de l’ingérence humanitaire (Kouchner ? BHL ? Quelqu’un ?), ce ramassis d’hypocrites et de faux-cul qui s’acharnent sur certains pays. Les congolais ne peuvent compter que sur eux-mêmes, c’est triste à dire mais c’est la vérité. Gageons que ceux qui n’ont pas compris comment le monde fonctionne le comprendront entre autres avec cette honte pour l’humanité qu’est la crise congolaise. Et après on s’étonne que je n’ai que mépris pour ce singe parlant sans poil qu’est l’être humain...

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