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Ingrid Betancourt ou le combat pour la liberté

Cela fait maintenant plus de 5 ans que l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt est prisonnière des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Retour sur un enlèvement politique et médiatique.

Prélude à l’enlèvement : la détérioration des relations entre les FARC et le gouvernement colombien

Le 20 février 2002, un homme politique proche du gouvernement colombien, Jorge Getchen, sénateur et président de la commission sénatoriale pour la paix, est enlevé de manière très spectaculaire par les FARC.
Son avion reliant Bogota à la ville de Florencia est détourné par quatre membres armés de la rébellion colombienne qui obligent les pilotes à se poser sur une route départementale isolée. Cette action marque la fin des négociations entre le gouvernement et la guérilla marxiste. Le président Andres Pastrana décide de mettre fin aux pourparlers de paix. Lui qui avait cédé à la junte militaire révolutionnaire une zone démilitarisée équivalente à la superficie de la Suisse ordonne la reconquête de ce territoire. Mais les guérilleros se sont servis de cette région pour se regrouper et se réarmer.
Le 21 février, l’armée colombienne envahit la zone et doit faire face à de violents affrontements. La population civile se trouve en situation périlleuse, prise entre deux feux et otage des combats.
L’armée prend rapidement le contrôle de San Vicente Del Caguan, petite bourgade située à 700 kilomètres au sud de Bogota. Le maire de la ville est un membre "d’Oxygène", le parti vert fondé par Ingrid Betancourt en 1998.
Craignant pour la sécurité de ses concitoyens, Nestor Leon Ramirez appelle à l’aide la candidate à la présidentielle. L’élu espère qu’une fois sur place, la présidente de son parti constituera un rempart suffisant pour empêcher les exactions. Ingrid Betancourt connaît bien le village et ses habitants, et elle leur a promis d’être toujours avec eux, dans les bons comme dans les mauvais moments.

La responsabilité du gouvernement colombien dans l’enlèvement

En Colombie, Ingrid Betancourt fait des vagues dans le monde de la politique. En 2001, elle démissionne de son poste de sénateur pour s’engager dans la campagne présidentielle. Juste avant son départ de l’hémicycle, elle lance un retentissant : "Lorsque je serai présidente, je vous démissionnerai tous !"
Le message adressé à la classe politique a le mérite de la clarté. Ingrid Betancourt détone. Son combat contre la corruption des politiques ne lui attire pas que de fervents admirateurs. Bien au contraire. Elle compte même parmi ses adversaires le président Pastrana en personne. Après s’être ralliée à lui pour la présidentielle de 1998, Ingrid Betancourt entre dans l’opposition. Motif : Pastrana une fois élu n’a pas respecté ses promesses de campagne. Les anciens alliés deviennent ainsi rivaux.
Le 23 février, Ingrid Betancourt est à l’aéroport de Florencia. Sur la piste, des hélicoptères militaires attendent de décoller. Il doivent emmener le président et son équipe à San Vicente Del Caguan. La franco-colombienne demande la permission de les accompagner, et essuie un refus catégorique. Ordre présidentiel : Pastrana veut être le premier à se rendre dans la ville. Hors de question d’emmener la candidate à la présidentielle : elle risquerait de lui voler la vedette. Basse manoeuvre politique aux lourdes conséquences, car Ingrid Betancourt ne renonce pas à son projet. Si on lui interdit la voie des airs sécurisée, elle ira par la route et ce, malgré les dangers encourus. Avant de partir, elle annonce dans sa dernière interview à la presse :" Je veux qu’il soit clair pour les Colombiens que la responsabilité de ce qui pourrait nous arriver sur la route revient au gouvernement."

L’enlèvement et la mobilisation pour la libération

La suite est connue. Sur la route de San Vicente Del Caguan, Ingrid Betancourt et sa directrice de campagne Clara Rojas sont enlevées par les FARC. La dernière preuve de vie connue est une vidéo datant d’août 2003. Depuis maintenant plus de quatre ans, famille et proches sont presque sans nouvelle. Les négociations entre la guérilla marxiste et le gouvernement d’Alvaro Uribe sont au point mort. Entre les deux camps, des divergences importantes subsistent qui semblent devoir faire échouer toutes les tentatives de libération d’Ingrid Betancourt. Sa fille, Mélanie Delloye, a depuis tenté de mobiliser les différents partenaires qui pourraient intervenir dans la libération de sa mère. Elle a dénoncé publiquement le manque de détermination du gouvernement Villepin, et appelé les différents candidats à la présidentielle à signer son manifeste.
Celui-ci préconise notamment la création d’une cellule de crise, une mobilisation internationale et la création d’un Observatoire international de la prise d’otage sous l’égide de l’ONU. Nicolas Sarkozy et François Bayrou ont donné leur accord de principe et Ségolène royal a signé le document.
Les politiques ne sont pas les seuls à soutenir le manifeste. Des personnalités venant de différents horizons ont apporté leurs contributions. Parmi elles Fadela Amara la présidente de "Ni putes ni soumises", l’écrivain Bernard Henri Lévy, l’humoriste Raphaël Mezrahi, ou encore le chanteur Renaud.
Ingrid Betancourt détient aujourd’hui le triste record de la plus ancienne otage française retenue à l’étranger. Dans sa dernière vidéo, elle disait :" Je veux saluer ceux qui ont choisi de ne pas nous oublier (...) et spécialement la France et les Français dont la voix s’est élevée lors des derniers évènements, et s’est clairement fait entendre jusque dans la jungle, comme une lumière, comme dans la promesse que le monde peut être meilleur. Je voudrais saluer (...) les Français qui me soutiennent malgré la distance et le temps."


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4 réactions à cet article    


  • Hervé (---.---.67.93) 14 mars 2007 08:44

    Signez la pétition pour sa libération sur http://www.ingridbetancourt-idf.com


    • Julot (---.---.208.241) 14 mars 2007 10:05

      Je lui souhaite d’être libéré, même s’il y a peu de chances que ca arrive (personne ne la connait en colombie).

      Si elle n’était pas amie de Villepin, en parlerait-on autant ?

      Menfin, je signerai ta pétition quand même.


      • josew (---.---.25.142) 14 mars 2007 10:31

        Article pas top alors malgré un sujet très intéressant.

        J’ai signé la pétition il y a déjà quelques années, j’invite chacun à le faire (lien ci-dessus en commentaire, on aurit préféré le voir dans l’article lui-même)...

        Je trouve au contraire que l’on parle très peu d’Ingrid Bétancourt : on parlait tous le soirs au 20h des journalistes enlevés par le passé.

        Il faudrait en faire de même pour obtenir sa libération, car en plus son combat pour la liberté et l’écologie est un combat juste.


        • Julot (---.---.208.241) 14 mars 2007 11:08

          Justement non. Si je soutiens son droit à être libre, le propos politique qui était le sien était nul. J’en veux pour preuve que perosnne ne la connait en colombie et que son partit a fait - de 1% aux elections.

          S’il suffit de dire « je suis pour la paix et vive la terre et l’eau pure » pour que l’on soit considéré comme quelqu’un ayant un programme politique. Mazette...

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