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Inquiétude en République centrafricaine

L’histoire est bizarre et semble se répéter. Le président actuel de la République centrafricaine est inquiet car les rebelles de l’UFDR avancent vers la capitale Bangui. Il y a de quoi s’inquiéter, avec la situation actuelle qui n’a pas beaucoup évolué depuis le précédent coup d’Etat. La misère est toujours là et les gens vivent en grande partie dans la précarité. Qui peut bien stopper ces nouveaux rebelles ?

Qui vient troubler la quiétude de François Bozizé ?

En mars 2003, la République centrafricaine a connu un coup d’Etat fulgurant par sa rapidité. Le dirigeant rebelle François Bozizé s’est emparé du pouvoir à Bangui, alors que le chef de l’Etat, Ange-Félix Patassé, assistait au sommet des chefs d’Etat sahélo-sahéliens à Niamey au Niger. Le Général, ancien chef d’état-major s’est autoproclamé président de la République et a instauré un couvre-feu dans le pays.

Les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement avancent dans le pays, ils ont décidé d’en découdre avec le chef de l’Etat centrafricain François Bozizé. Leur offensive qui fait trembler le tombeur d’Ange-Félix Patassé, a débuté le 30 octobre 2006, dans l’extrême Nord-Est de la République centrafricaine. Ils sont partis non loin du Sud-Ouest du Soudan et du Sud-Est du Tchad. La région où ils ont entamé leur marche vers Bangui la capitale centrafricaine est une zone instable, non loin du Darfour. Cette zone semble devenir une zone regroupant des radicaux de tous bords, qui sont aussi bien des rébellions tchadienne que soudanaise. La région de Birao est la première à tomber sous le contrôle des rebelles, elle est située à près de 800 km de Bangui. De violents combats ont eu lieu et entraîné la mort d’une dizaine de personnes. L’armée centrafricaine en place a été mise en déroute. Les rebelles, se sentant en veine, ont continué leur avancée et pris le contrôle de la ville de Ouadda Djallé, située à quelque 670 km, il n’y a pas eu d’oppositions.


Les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement ont envahi la ville minière de Bria. Afin de protéger des bandits, l’extraction du diamant dans la localité de Bria, la force multinationale de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) a déployé depuis près d’un an un contingent d’une centaine de soldats gabonais, tchadiens et congolais. La présence des soldats de la Fomuc ne semble pas avoir effrayé la rébellion qui continue sa progression vers Bangui. L’objectif des rebelles est de faire chuter le président François Bozizé. Ils souhaitent que monsieur Bozizé démissionne. Or ce dernier refuse de se démettre.

Résistance du chef centrafricain


Le président François Bozizé ne souhaite pas abandonner sans combattre et laisse entendre qu’il combattra. Il veut défendre son pouvoir conquis par les armes. Il promet de résister et accuse le Soudan d’être l’instigateur et le soutien de la rébellion de l’UFDR. “ Nous ne voulons pas la guerre. Et s’il y a la guerre dans ce pays (le Soudan), que cette guerre ne soit pas exportée chez nous. Qu’on nous laisse tranquilles ! ”, tonne le président centrafricain lors d’un meeting organisé à Bangui. Les dénégations de Khartoum (capitale du Soudan) énervent un peu plus le chef de l’Etat, elles ont aussi pour but de mobiliser les Centrafricains contre un ennemi venu de l’extérieur, et de placer l’armée centrafricaine devant ses responsabilités. Les militaires doivent défendre la patrie, mourir pour la patrie s’il le faut. Ils ne doivent pas avoir peur. "Parce que quand ils fuient devant l’ennemi sans combattre, l’ennemi se moque d’eux et crie victoire ", explique le président Bozizé.

Le président Bozizé incite même le peuple à pousser l’armée au combat : “ L’armée fera son travail. Elle ne doit pas se cantonner à Bangui pour déambuler dans les rues. Si vous voyez les militaires dans les quartiers, dites-leur d’aller à Birao ! (...) Birao, il faut la reprendre ! ” . Autre recours pour le président centrafricain, la France, avec laquelle la République centrafricaine a des accords de défense dont François Bozizé demande avec insistance l’activation. Il souligne que si la RCA est agressée, comme c’est le cas actuellement, la France doit réagir. Il ajoute : « Nous avons saisi les autorités françaises, nous attendons leur réponse. » La France qui a un contingent d’environ deux cents soldats est basée à Bangui, dans le cadre de l’opération Boali. Elle se garde bien d’intervenir dans ce bourbier. Cette réaction de la France est choquante. Combien de temps le tombeur d’Ange Patassé pourra-t-il tenir sans le secours de la France ?


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4 réactions à cet article    


  • gem gem 17 novembre 2006 15:26

    bon article.

    à la fin, on ne sait toujours pas de quel coté vous êtes (et c’est une qualité !).


    • Laurent M (---.---.24.89) 17 novembre 2006 16:45

      Bien, vous ne prenez partie pour aucun camp, ceci pour reprendre les propos du précédent commentaire. smiley


      • tal (---.---.94.20) 18 novembre 2006 11:16

        @ L’auteur

        A votre question :" Qui peut bien stopper ces nouveaux rebelles ? :

        3 POSSIBILITES

        1°) Dans le contexte actuel:LES CHINOIS* !!!

        *(grace aux promesses de développement) smiley smiley smiley

        2°)Les occidentaux*(françafrique/britishafrica/angolafrica/belgeafrik)

        * Ils les stopperaient, le temps de revoir leurs intérêts et, trouver de nouveaux « rebelles » smiley smiley smiley

        3°)Les Africains* eux-même qui auraient là une occasion de faire preuve de maturité

        * l’espoir fait vivre !... smiley smiley smiley

        tal

        ps) merci pour vos articles toujours très documentés et enrichissants smiley


        • CAMBRONNE (---.---.13.208) 25 novembre 2006 17:16

          A L’AUTEUR

          Article interessant et grace à vous AGORAVOX est le seul média qui ait parlé de ce conflit . J’ai des contacts à Bangui qui n’ont pas l’air plus inquiets que ça .

          Pour info la France a pour habitude de ne pas s’impliquer dans un conflit interne ou du moins de ne pas prendre partie . il faut qu’une agression soit externe pour que les accords d’assistance fonctionnent . C’est la politique officiellle .

          Cordialement .

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