Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Irak : la stratégie du « lead from behind », une opportunité pour la paix (...)

Irak : la stratégie du « lead from behind », une opportunité pour la paix ?

Dans cet article de fond, je reviens sur le contexte de la percée de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), sur des propos bellicistes (mais pas que) habituels relevés en Occident, sur le degré d’implication des Etats-Unis dans cette nouvelle crise et surtout, sur les intérêts probables en arrière-plan.

© U.S. Navy – Porte-avion Harry S. Truman en 2005 dans le golfe Persique

La conquête et la résistance surprises

L’annonce de la prise de Mossoul la semaine dernière m’a grandement surpris. Et je ne pense pas avoir été le seul. Bien que la menace potentielle de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ait été relayée par les médias, elle ne paraissait pas imminente, encore moins être un danger pour l’Etat irakien. Or, en l’espace de trois jours, les terroristes ont pris Mossoul et progressé suffisamment vite pour faire craindre la chute de Bagdad, cela alors que l’EIIL compterait 5 000 à 10 000 combattants en Irak, soit cent fois moins que l’armée irakienne !

Une telle déroute ne peut se comprendre qu’à la lumière du soutien de la population sunnite envers les djihadistes qui ont été accueillis en véritables libérateurs. Le gouvernement irakien chiite de Nouri al-Maliki a phagocyté le pouvoir au détriment des sunnites. « L’armée irakienne opprimait les gens, elle leur volait leur argent » a même déclaré un chauffeur fuyant Mossoul.

Un autre élément, tout aussi surprenant à première vue, fut celui de la résistance kurde à l’EIIL tandis que l’armée régulière irakienne fuyait les combats. Cela illustre deux choses : une avancée supplémentaire du Kurdistan vers son indépendance, le fait que face à une population unie et une armée entraînée, l’EIIL n’a pas pu franchir les barrages.

L’EIIL a bénéficié des tensions internes entre chiites et sunnites, une opposition déjà en grande partie responsable de la longueur du conflit en Syrie et qui a été attisée en Irak par le gouvernement. C’est ce qu’a affirmé Barack Obama dans une tentative pour se dédouaner alors que nombre de républicains et d’européens ont souligné la responsabilité des Etats-Unis dans la situation, non pour être intervenus en Irak, mais n’y être pas restés.

Vaincre le mal par le mal, comme d’habitude

Ainsi, Dominique Moïsi prône une « Sainte-Alliance » dans le quotidien les Echos. M. Moïsi refait la guerre en Irak en pointant les errements des étasuniens, leur ambition démesurée suivie d’un retrait précipité. La conclusion d’une telle analyse est que « le déchaînement des idéologies d’inspirations religieuses ou nationales et le retour des politiques de puissance » doivent être combattues par de nouvelles frappes américaines.

Autre journal, constat différent, conclusion similaire : l’universitaire Jean-Pierre Filiu s’exprime dans rue89 pour souligner que c’est l’absence d’intervention en Syrie la grande responsable de la percée de l’EIIL. Parce qu’il avait prévu la montée en puissance du groupe terroriste, il estime que la solution qu’il préconise depuis de longs mois, intervenir en Syrie, demeure une nécessité.

Traversons la manche pour examiner rapidement l’argumentaire de Tony Blair. Ce dernier défend bien évidemment la guerre de 2003 puisqu’il en va de son héritage politique. Il estime que l’intervention américaine n’est pas responsable des troubles actuels en Irak et qu’il faut à nouveau s’immiscer dans les combats pour rétablir l’ordre. Mais Tony Blair a été fortement critiqué en Grande-Bretagne, en particulier par Nigel Farage, le leader de l’UKIP : « la leçon n’est pas, comme M. Blair l’entend, que l’Ouest devrait intervenir en Syrie, encore moins en Irak une fois de plus. La leçon est que l’Ouest devrait déclarer la fin de l’ère des interventions militaires à l’étranger ».

N’est-il pas navrant de devoir aller chercher des paroles teintées de bon sens dans la bouche d’un homme politique nationaliste ? Heureusement, il existe en France des intellectuels plus neutres et fournissant des analyses très éclairantes (cf. émission « l’invité des matins » en fin d’article). Malgré les encouragements de certains penseurs à aller mener une guerre qui n’est pas la nôtre, en-dehors éventuellement des intérêts pétroliers, il se pourrait bien qu’un tournant soit en train de se profiler.

Les Etats-Unis ont-ils intérêt à intervenir ?

Barack Obama a envoyé le porte-avion George H.W. Bush (un nom tout désigné) dans le golfe Persique. Mais il a aussi et surtout ouvert la porte à une coopération avec l’Iran pour le règlement de cette extension du conflit syrien. C’est une information importante, elle va bien au-delà des incitations médiatiques à l’intervention militaire directe. Elle révèle la volonté de l’administration américaine d’employer une stratégie de type « lead from behind » au Moyen Orient en s’appuyant sur un allié pour le moins surprenant. Faut-il rappeler que les négociations sur le nucléaire iranien sont toujours en cours ?

En fait, les Etats-Unis ont-ils intérêt à intervenir ? La réponse paraît évidemment oui si l’on estime qu’il est nécessaire de défendre l’accès aux ressources pétrolières afin de ne pas enflammer le prix du baril. Cependant, et de même que pour la crise en Ukraine, il n’est pas du tout évident que les Etats-Unis soient motivés par un prix du pétrole abordable, ceci dans une perspective long-terme.

Une augmentation du prix du pétrole impacte le monde entier. Or, dans une économie globalisée, celui qui tirerait le mieux son épingle du jeu en cas de pétrole cher serait le pays fournissant le plus de services et le plus de biens à forte valeur ajoutée, c’est-à-dire dont le prix dépend le moins du pétrole. J’ai expliqué ceci de manière plus détaillée dans un article où j’argumentais en première partie sur une autre particularité de l’évolution des relations internationales : la translation progressive des conflits sur le terrain législatif.

Puissants ou impuissants ? Là est la question

La percée de l’EIIL peut sembler signifier comme l’écrit Dominique Moïsi « le retour des politiques de puissance ». Elle pourrait au contraire illustrer la décadence d’une politique de puissance s’exprimant par les armes. Ce terrorisme a pu monter en puissance grâce à la fourniture massive d’armes aux rebelles syriens par l’Arabie Saoudite, le Qatar et même par les Etats-Unis, ces derniers l’ayant admis récemment. Si les armes n’ont pas été fournies directement, elles ont contribué à l’affaiblissement de l’Etat syrien, et donc au développement de l’EIIL.

J’ai entendu à de multiples reprises dans les médias mainstream que Bachar Al-Assad favorisait l’EIIL. Quel en serait son intérêt ? Celui de voir tomber le gouvernement irakien chiite ? Cela me semble incohérent, car les alaouites syriens sont affiliés au chiisme et non au sunnisme. De plus, l’Iran est prêt à défendre l’Irak. En fait, il se pourrait bien que les Etats-Unis aient modifié leur stratégie en cours de route. Ils ont d’abord soutenu vivement les rebelles syriens par solidarité avec l’Arabie Saoudite, puis la situation a évolué très rapidement.

Sur le plan économique, la dette étasunienne continuant son inexorable ascension et la reprise économique faiblarde se situant loin des espérances n’arrangent pas les éventuelles velléités guerrières. Globalement, les Etats-Unis n’ont plus les moyens d’être le gendarme du monde et ils l’ont affirmé à de multiples reprises en implorant leurs partenaires de l’OTAN de respecter un budget de la Défense supérieur ou égal à 2% du PIB.

Ajoutons à cela le changement d’attitude de l’Iran sur le plan politique ainsi que le pivot vers l’Asie. Ce dernier complète une stratégie de repli sur le territoire étasunien et de sauvetage de l’économie nationale en cohérence avec les tensions en Ukraine. Dans cette optique, la prise de distance avec l’Arabie Saoudite et le rapprochement avec l’Iran, virement de bord à 180°, permet de se désengager du Moyen-Orient tout en maintenant une situation suffisamment conflictuelle afin de faire grimper les prix du pétrole.

Le lead from behind : faire du neuf avec du vieux

La percée de l’EIIL, encore relative, révèle une baisse de puissance des Etats-Unis qui poursuivent leur stratégie de lead from behind. Cette dernière ne date pas d’hier, elle a été employée en priorité par les américains depuis 1914. Grâce à elle, ils ont accumulé leurs réserves d’or jusqu’en 1945. Dans un monde dominé par l’économie, afin d’accéder au pouvoir, mieux vaut pourvoir à la guerre que la mener.

Le déclin étasunien fait peur à certains analystes géopolitiques occidentaux croyant que le monde n’est sûr que grâce aux flingues de l’Oncle Sam. Je pense plutôt qu’il est l’occasion pour les peuples dominés de gagner en autonomie comme peuvent le faire les kurdes (majoritairement sunnites il faut le rappeler), et plus généralement les populations du Moyen-Orient. Le sursaut chiite en Irak, voyant le ralliement de nombreux jeunes à l’armée, manifeste une volonté d’indépendance.

C’est parce que les peuples gagneraient en autonomie, parce qu’ils se développeraient suivant leur propre modèle et non suivant une démocratie imposée, que les armes pourraient éventuellement se taire, du moins baisser d’un ton, de même que les extrémismes. Encore faut-il pour cela que des personnes malintentionnées ne jettent pas d’huile sur le feu…

Joaquim Defghi

Blog : actudupouvoir.fr

Twitter : @JDefghi

 

En complément, l’interview très instructive – en deux parties – de Myriam Benraad et Bertand Badie :

A lire aussi dans Courrier international, la très bonne synthèse issue du Washington Post sur le Kurdistan.

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.61/5   (23 votes)




Réagissez à l'article

44 réactions à cet article    


  • Massada Massada 18 juin 2014 09:09
    C’est parce que les peuples gagneraient en autonomie, parce qu’ils se développeraient suivant leur propre modèle et non suivant une démocratie imposée

    http://www.anony.ws/image/D2Qk

    Tuer et rire c’est une sunna de mahomet qui s’est qualifié du « tueur rieur » et du prophète du carnage ! qu’il soit maudit par l’humanité
    Une religion qui ôte le sentiment humain devant la mort qui implique une retenue une frayeur devant des vies qui partent n’est pas une religion mais une idéologie dont la criminalisation devient une urgence mondiale ! 


    • Gabriel Gabriel 18 juin 2014 10:28

      Là Massada, vous vous emballez. Citez moi une seule des grandes religions reconnues qui n’est pas ces centaines de milliers de victimes au travers de l’histoire. Même à l’heure actuelle, cela continue. Cependant il faut admettre que les méthodes ont changé et ils nous font cela de façon beaucoup plus hypocrite et beaucoup plus soft. Exemple : Le nœud nœud Bush qui à envahit l’Irak parce qu’il entendait la voix du Christ, les enturbannés qui au nom d’Allah font sauter des bombes dans la population civile en tuant femmes et enfants mais, mon préféré reste le judaïsme qui fait crever par l’intermédiaire de la finance ou des colonies des milliers de personnes dans le monde en s’abritant derrière la Shoah comme argument aux critiques à leurs inqualifiables conduites. Alors, voyez vous, j’ai pas l’impression que tous ces gens qui se réclament de Dieu, aient le moindre échantillon de bonté sur eux par contre, la connerie, ils en usent et en abusent, je dirais même plus que c’est leur moteur, leur seule raison de vivre.


    • Massada Massada 18 juin 2014 10:52

      Le nœud nœud Bush qui à envahit l’Irak parce qu’il entendait la voix du Christ,


      Non, George W. Bush avait surtout un gros problème avec son père qui le considérait comme un fêtard et un incapable.
      Il a toujours recherché l’estime de son père mais ce dernier l’a toujours dénigré. En envahissant et en faisant tomber Saddam il voulait surtout montrer à son père qu’il avait réussi là où son père avait échoué.
      Voilà ou peuvent mener les histoires de famille.

    • Gabriel Gabriel 18 juin 2014 11:45

      Massada, il est bien évident que le nœud nœud Bush c’est retranché derrière sa pseudo conversion d’ancien analphabète alcoolique à l’église du Christ pour envahir l’Irak. Le prétexte de la religion, par les dirigeants, est utilisé uniquement pour faire du business et asseoir leur pouvoir. Quant à sa relation œdipienne avec papa qui, entre parenthèses est un salaud notoire, c’est une autre histoire. Je pense qu’il faudrait absolument faire passer un bilan psychiatrique à tous les prétendants au pouvoir, cela nous éviterait sans doute bien des déboires.


    • soi même 18 juin 2014 13:11

      @ Massada, moi aussi je suis tué de rire ; votre chimère politique ne dura pas plus la vie qu’un homme 1948 + 77 = 2025 .
      Vous avez encore 9 ans d’insouciance avant votre grande dissolution !


    • Pyrathome Pyrathome 18 juin 2014 14:30

      @ soi-même

      Peux-tu développer 1948 + 77 = 2025 . ????
      C’est une boule de cristal ?


    • soi même 18 juin 2014 16:05

      Ne dura pas plus la vie qu’un homme , au delà de cela, les générations suivantes ne portent plus le projet !


    • Hermes Hermes 19 juin 2014 14:56

      @Gabriel,

      La psychopathologie est une science au service de l’ordre social en place.

      Ils ont dû le sentir venir une menace, les prétendants au pouvoir, car ils ont déjà fait disparaitre le profil psychopathe social qui leur va pourtant si bien et qui est très proche du pervers narcissique, de la classification DSM IV, pour ne garder que le psychopathe antisocial, borderline, violent ou meurtrier.

      Si l’ordre social en place est pathologique, il est nécessaire que le psychopathe social ne soit plus une pathologie, CQFD.

      PS : et si l’argent était aussi une maladie de l’esprit ? smiley

      Bonne soirée.


    • Jacques_M 18 juin 2014 10:12

      Avec tous les moyens d’observation et de renseignement dont disposent les USA et leurs alliés (l’Arabie Saoudite a acquis un satellite d’observation, il y a peu), les camps d’entraînement de l’EIIL(et autres mercenaires) auraient pu être détruits depuis longtemps (par drones ou frappes aériennes ou missiles de croisière).

      S’ils ne l’ont pas fait, c’est qu’ils ont d’autres projets ...


      • Bergegoviers Bergegoviers 19 juin 2014 07:42

        Le projet est pourtant visible à tous depuis longtemps : utiliser l’islam pour hypnotiser des abrutis afin de les pousser à créer le chaos partout, comme savent si bien le faire les illuminés monothéistes, afin que la minorité de marionnettistes en tire le plus grand bénéfice.


      • Singe conscient Singe conscient 18 juin 2014 12:52

        Une question à l’auteur de la part de l’ignorant que je suis :

        Quel est l’intérêt pour l’Iran de se constituer en pivot géopolitique pour les USA ? Je veux dire, justement il négocie pour le nucléaire, mais ne pourrait-il pas jouer la carte de « je me tourne vers la Russie si vous me faites chier » ? Là en acceptant la domination étasunienne c’est clair qu’il ne pourra rien faire de son nucléaire.

        Bref tout ça m’échappe.


        • soi même 18 juin 2014 13:23

          L’Iranien nationaliste se considéré comme les premiers impériaux du proche Orient et l’origine des civilisations, il doit se sentir flatté que les Américains leurs fonds depuis peut les yeux doux depuis le fiasco en Irak !


        • Joaquim Defghi 18 juin 2014 14:13

          Si l’Iran s’allie ponctuellement aux Etats-Unis, cela ne signifie pas nécessairement qu’il se met en froid avec la Russie, qu’il devient un pivot géopolitique des USA ou dominé par ces derniers. Les alliances peuvent se modifier rapidement dans le temps, à l’image d’un monde qui change vite. 

          L’intérêt immédiat de l’Iran, c’est surtout de conserver l’axe chiite intact (Syrie-Irak-Iran) pour qu’il ait suffisamment de poids face à l’Arabie Saoudite, à l’Egypte, à la Turquie ou au Pakistan. Les intérêts étant variés, cela engendre une grande complexité, il est certain que de nombreuses choses m’échappent également...


        • Singe conscient Singe conscient 18 juin 2014 15:28

          Merci pour vos réponses. Je comprends en effet que personne ne possède une boule de crystal pour tout deviner. En tous cas, ça m’a surpris.


        • Montdragon Montdragon 18 juin 2014 13:14

          je ne suis pas surpris par la contre-attaque lourde des kurdes irakiens, les ricains les ont équipé, leurs infrastructures redeviennent ce qu’elles étaient il y a 25 ans.
          Coincés entre les turcs, arabes et perses, priez pour eux.


          • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 18 juin 2014 13:23

            Perte de puissance des USA ? Ou désir de renégocier les contrats de pétrole (et de s’en emparer au détriment de leurs concurrents dans un contexte de diminution des réserves ? )

            Voire ici, par exemple :

            Le nœud du problème : des contrats fédéraux défavorables aux investisseurs

            Desservie par une politique peu propice aux investissements, Bagdad voit les compagnies étrangères se détourner progressivement de ses contrats de service à risques : seulement 4 signatures pour une douzaine de blocs proposés lors du dernier appel d’offres fédéral en mai 2012. Basés sur des contrats jugés très contraignants9, les projets dans le sud du pays voient même leur valeur s’effondrer en raison d’un manque d’investissement dans les infrastructures aval qui déterminent les capacités d’exportation du brut. En effet, lors des quatre précédents appels d’offres, l’Etat irakien a été trop ambitieux. Les contrats établis exigent des opérateurs qu’ils élèvent leur niveau de production à 11,5 Mbbls/j d’ici 2017. D’ailleurs, la rémunération des consortiums est conditionnée par l’atteinte de ces objectifs et les opérateurs peuvent même être sujets à des pénalités financières. Or, les capacités actuelles ne permettent pas de transporter beaucoup plus que 3 Mbbls/j. Aussi Bagdad a-t-elle récemment annoncé que ses objectifs étaient revus à la baisse : 9 Mbbls/j d’ici 202010. L’IEA, quant à elle, estime que la production ne pourra dépasser 6,1 Mbbls/j d’ici 2020 (dont environ 4 Mbbls à l’export) et 8,3 Mbbls/j en 2035.

            Les contrats de partage de production kurdes ne sont pas une provocation mais une réponse économique soutenable pour le pays

            L’Irak vit aujourd’hui une période charnière pour son avenir. Du 18 au 20 juin 2013 s’est tenu le forum Iraq Petroleum 2013, moment unique pour débattre ouvertement du 5e appel d’offres qui sera lancé avant la fin de l’année. Une chose est sûre : le succès des contrats pétroliers kurdes combiné à l’impuissance de Bagdad à appliquer de réelles sanctions valide la crédibilité économique des contrats de partage de production d’Erbil. Dans un tel climat d’opposition entre Kurdes, Sunnites et Chiites, toutes les tensions se cristallisent autour des ressources pétrolières et gazières de l’Irak. Sans une révision des contrats fédéraux et un rééquilibrage des investissements en faveur de Bagdad, une dislocation du pays est à craindre. Avec ses contrats de partage de production, le Kurdistan irakien semble avoir montré la voie d’un développement économique durable basé sur la coopération et l’intérêt mutuel. Bagdad dispose là d’un bel exemple à suivre pour valoriser ses immenses réserves de pétrole.

            http://energie.sia-partners.com/20130628/irak-federal-vs-kurdistan-irakien-ces-contrats-petroliers-qui-menacent-le-pays-dexplosion/

            J’ai tendance à croire un site spécialité dans l’énergie lorsqu’il vous explique, un an à l’avance, que faute de revoir ses contrats pétroliers, l’Irak est voué à une dislocation. Le reste est un écran de fumée.


            • lsga lsga 18 juin 2014 13:31

              La nation US est morte, plus encore que la France, grâce aux réformes libérales des années 70.

               
              Vous vous acharnez sur une charogne. 

            • soi même 18 juin 2014 13:34

              Isga bof, as tu à dire de si important ?


            • lsga lsga 18 juin 2014 13:36

              vous vous trompez d’ennemi, et ce faisant, vous serrez terrasser par votre véritable ennemi.

               
              L’ennemi, ce n’est pas les USA, c’est le Capitalisme. 

            • Pyrathome Pyrathome 18 juin 2014 14:27

              L’ennemi, ce n’est pas les USA, c’est le Capitalisme.
              .
              Ah parce que USA veut dire Union Socialiste Américain ?


            • lsga lsga 18 juin 2014 15:00

              le Capitalisme n’a pas de Nation, tout comme les prolétaires d’ailleurs. 

               
              La probabilité que les USA soient les premiers à passer au socialisme (cad : abolition de l’État) est très élevé. Le prolétariat américain est progressiste. Même leur extrême droite est anti-fasciste.
               
              Bref : pour renverser le Capitalisme, il faut unir le prolétariat américain et européen, pas les opposer avec des arguments nationalistes qui frisent l’anti-sémitisme. 
               
              Prolétaires de tous les pays, unissez vous !
               
              ça sonne mieux que « non à l’Europe juive »...

            • foufouille foufouille 18 juin 2014 15:53

              Ah parce que USA veut dire Union Socialiste Américain ?

              oui, pour lsgaga
               smiley


            • lsga lsga 18 juin 2014 16:01

              parce que les USA sont le pays le plus avancé dans le Capitalisme, ils seront donc logiquement les premiers à faire le shift vers le Communisme.

               
              Leur prolétariat ne se perd plus dans des revendications sociales consistant à réclamer plus de paternalisme de la part de leur bourgeoisie nationale, ils réclament le renversement mondial de la bourgeoisie :
               
              ça change des prolétaires français nationalistes et racistes.

            • foufouille foufouille 18 juin 2014 18:15

              tu as raison, lsgaga
               smiley
               


            • colere48 colere48 22 juin 2014 11:41

              @ Is gaga

              Faut arrêter la fumette...  smiley parce que là vous exprimez l’insignifiance la plus crasse qu’il m’ait été donné de lire depuis de nombreuses années !
              En même temps votre coté dinosaurien me plait... ça me rajeuni smiley 


            • John Eastwood 2 John Eastwood 2 18 juin 2014 14:55

              Excellent article !



              • Joaquim Defghi 18 juin 2014 15:39

                Merci pour le compliment !


              • TARTOQUETSCHES TARTOQUETSCHES 18 juin 2014 16:55

                je ne crois pas que les usa soient si surpris de la percée de l’EIIL...au contraire ils en sont probablement l’un des instigateurs 

                l’EIIL est une créature de l’arabie saoudite et de la cia (financement, recrutement...)
                l’effondrement de l’armée irakienne rappelle aussi la Libye et la Syrie ou certain généraux ont fait défection au bon moment pour ouvrir les portes de Tripoli ou Homs...ça ressemble bien aux méthodes de corruption des Saouds.

                L’affaire syrienne étant au point mort pour l’instant, l’EIIL est réorienté vers l’Irak pour faire tomber Maliki qui déplait aux us et surtout aux saoud (trop proche de l’Iran).
                maliki hs, l’ Irak pourra être divisés en plusieurs états faibles :
                -kurdistan aqcuis dors et déjà aux usa
                -un « sunnistan » : piloté par l’arabie saoudite, donc pro-us (contrôle ressources pétrole).
                -un « chiistan » faible et instable tiraillé entre l’iran, et ses voisins sunnites hostiles.

                autres avantages :
                La Syrie perdrait l’allié Irakien,voit se créer un nouvel état hostile à sa frontière, l’Iran sera empêtré en Irak, et sujet au chantage (« lâche bachar ou on détruit l’irak »...)

                voir les cartes made in us de remodelage du MO qui circulent (les 3 états y sont indiqués très clairement)

                A défaut de contrôle direct la vieille stratégie du chaos :diviser pour mieux régner.
                Les USA sont donc bien derrière cette « étonnante » percée de l’EIIL, même s’ils ne s’attendaient peut être pas à une avance aussi rapide. 
                Le fait de s’allier avec l’iran pour freiner l’eiil (verbalement pour l’instant)leur permet de montrer leur fausse inquiétude (ils sont sensés combattre le terrorisme alors qu’ils s’en servent comme levier) et de valider de fait la nature confessionnelle du conflit (choc des civilisations), donc la future partition à leur profit.
                C’est bien la stratégie du Stay Behind, mais pas avec l’Iran comme allié vu que c’est la prochaine cible, mais toujours avec le levier islamiste qui ne s’use jamais après l’Afghanistan, le kosovo, la tchétchénie, la Libye, la Syrie...



                • Jacques_M 18 juin 2014 18:54

                  100% d’accord.



                • stetienne stetienne 18 juin 2014 20:29

                  moi aussi
                  et pis les americains ont toujours besoin d’ennemis pour leur puissant lobby militaro industrielle
                  les etats unis ont creé l allemagne nazi et l ont combattu
                  les etats unis ont cree la chine puissance economique pour affaiblir le japon
                  les etats unis ont crée la russie post communiste et la combatte

                  bref c est toujours les usa qui tire les ficelles a son seul et unique profil


                • colere48 colere48 22 juin 2014 11:33

                  Pas mieux, 100% d’accord !
                  Ce qui est effrayant c’est que les étasuniens sont de diaboliques monteurs de plans millefeuilles, mais, presque 100% du temps cela ce termine en chaos !
                  Voir la longue liste de leurs actions depuis 50 ans smiley fiasco sur fiasco


                • 1984 18 juin 2014 20:20

                  Les analyses de Meyssan valent généralement de l’or.
                  http://www.voltairenet.org/article184270.html


                  • coinfinger 18 juin 2014 20:39

                    Bien sur que les US ont changé de tactique , c’est clair maintenant que Bachar ne tombera pas . Khadafi , Moubarak , etc sont tombés parce que isolés . Les US se surestimant , ont abusés de leurs succés . Du coup , Russes , Iraniens , Chinois rappelent quel est le véritable rapport de forces . Ils soutiennent Bachar à fond , combien méme ferait il disparaitre son ’peuple’ . Et là on voit bien que les US ont une limite . Z’ont finit par s’en rendre compte , changent de tactique , parce que rien n’est pire pour le commanditaire que des armées de mercenaires en échec . çà vient se servir chez le commanditaire , là où il y le pognion , faute de se servir sur la béte . D’où un Djihadistland ! Pb , çà suffira peut étre pas . C’est béte hein !
                    Faut pas s’éxagérer la puissance des portes -avions , y en a que 7 . Qui ne peuvent méme pas fonctionner tout le temps en méme temps . Et Mer de Chine , Mer Noire , Golfe d’Oman çà fait beaucoup en méme temps .


                    • maQiavel machiavel1983 18 juin 2014 20:54

                      -J’ai entendu à de multiples reprises dans les médias mainstream que Bachar Al-Assad favorisait l’EIIL. Quel en serait son intérêt ? Celui de voir tomber le gouvernement irakien chiite ? Cela me semble incohérent, car les alaouites syriens sont affiliés au chiisme et non au sunnisme. De plus, l’Iran est prêt à défendre l’Irak.

                       

                      Non il ‘y a un intérêt plus immédiat : ce serait très intelligent d’un point de vue tactique, c’est une façon, premièrement de récolter des renseignements dans la rébellion, deuxièmement de désorganiser l’adversaire et troisièmement de les discréditer politiquement !

                      D’une pierre, trois coups !

                       

                      Des stratagèmes Chinois parlent de  « Troubler l’eau pour prendre le poisson », c’est une ruse très ancienne.

                       

                      Il faut se rappeler que l’EIIL affrontait militairement le front islamique et le front al nostra au début de l’année ce qui a donné une bouffée d’air à l’armée arabe Syrienne à un moment tactique très important et qui lui ont permis de verrouiller la frontière Libanaise !

                      Il y’ a bien une alliance objective entre l’EIIL et l’AAS, reste à savoir comment l’interpréter, dans tous les cas, l’hypothèse d’une entente tacite entre les deux n’est pas absurde …


                      • Joaquim Defghi 18 juin 2014 21:49

                        Qu’il y ait eu une non agression des forces syriennes, une entente tacite de circonstance aussi vu que l’EIIL a affronté un ennemi du régime de Bachar Al-Assad, je veux bien le croire. Mais une alliance qui perdurerait, cela me semble improbable. L’info publiée cet après-midicomme quoi les combattants chiites irakiens sur le sol syrien se replient vers leur pays d’origine pour affronter l’EIIL, ne corrobore pas une telle hypothèse.


                      • citadelle 18 juin 2014 22:08

                        Je remet ici un lien de l’interview de l’ex vice président syrien au moment des élections. Il prétend que l’EIIS est entré en Syrie avec la complicité de l’Iran. On sait que le régime syrien ne bombarde jamais les combattant de l’EIIS. http://www.aawsat.net/2014/06/article55332879


                      • maQiavel machiavel1983 19 juin 2014 10:30

                        -Mais une alliance qui perdurerait, cela me semble improbable.


                        Non , je pense à une alliance , de circonstance à un moment tactique important de la guerre ,je ne crois pas non plus à une alliance qui perdurerait , je ne pense pas que l’ EIIL puisse s’ associer durablement à qui que ce soit , c’ est à mon avis un groupe autonome qui a son propre agenda ...

                      • maQiavel machiavel1983 18 juin 2014 21:24

                        J’émets l’hypothèse pour ma part que l’EIIL est une entité autonome, du moins politiquement !

                        Elle est le résultat d’une infrastructure crisique, càd que la crise devient le composant permanent de la géopolitique mondiale lié à l’effondrement du Système mondialiste capitaliste !

                        L’avènement de la post-mondialisation capitaliste s’accompagnera de l’érosion des Etats et de la dislocation latente de l’ordre international contemporain, nous entrons dans deux décennies très dangereuses, qui verront les signes avant-coureurs d’une catastrophe globale latente, signes avant-coureurs qui, en eux-mêmes, seront souvent, déjà, des catastrophes locales comme c’est le cas de l’Irak ou de la Syrie.

                        L’implosion de l’empire américain qui se produira dans une succe émergera le pouvoir local de « pirates » de toutes sortes, souvent autonome et avec leur propre agenda !

                        Le cas des Kurdes est très intéressant, ils sont aujourd’hui la principale force en Irak et ils montrent une chose : il est plus important à présent de savoir organiser un territoire restreint que de régner sur un territoire immense, mais désorganisé et/ou mal utilisé. L’autre clef du succès sera l’aptitude à projeter, à partir d’un territoire restreint mais très bien organisé, des réseaux permettant de contrôler des territoires à grande échelle, sans pour autant s’encombrer du coût de gestion du territoire.


                        • COVADONGA722 COVADONGA722 18 juin 2014 22:09

                          bonsoir machiavel 

                          pour l’irak , controler le pétrole et ou l’eau et un partenaire fiable pour exfiltrer 
                          le butin

                          5 contre1 qu’avant fin juillet les kurdes auront deux de ces cartes 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès