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Accueil du site > Actualités > International > Iran : Bush sonne la fin de la partie

Iran : Bush sonne la fin de la partie

La proposition faite à la France, par le directeur adjoint de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, de créer un consortium avec Eurodif et Areva pour enrichir l’uranium en Iran, déjà formulée il y a plus d’un an, bénéficie d’un accueil plus attentif de la part de la diplomatie française. L’annonce de l’envoi du porte-avion Eisenhower avec deux mouilleurs de mines dans le Golfe persique n’y est peut-être pas étrangère.

Pour la deuxième fois en moins de deux ans, l’Iran exprime le souhait qu’un consortium international s’implique dans l’enrichissement l’uranium à des fins civiles. Considérée comme irrecevable en 2005, la proposition d’Ahmadinejad, reformulée le 3 octobre par le directeur adjoint de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, pourrait revenir sur la table des négociations. Selon une dépêche de l’AFP(1) datée de Téhéran le 3 octobre, le ministère français des Affaires étrangères a réagi cette fois en soulignant qu’"il faut que les Iraniens suspendent leurs activités d’enrichissement, c’est sur ce point que nous attendons une réponse iranienne". Il n’a pas complètement rejeté l’offre iranienne, son porte-parole disant que "s’il y a une réponse positive des Iraniens sur ce point-là [...] il pourra y avoir des négociations où chacun sera libre d’amener les propositions qu’il souhaite". Il a rappelé l’existence d’un "canal de dialogue avec les Iraniens, qui est M. Solana".

Comme je l’avais déjà formulé(2), la création d’un consortium autour de l’enrichissement de l’uranium iranien offrirait de sérieuses garanties de contrôle. En l’absence de tout autre contentieux, elle semblerait s’inscrire dans un projet industriel satisfaisant pour tous ses partenaires. L’Iran bénéficierait de l’expertise technologique française et apporterait au consortium le marché des pays non-alignés déjà acquis à l’uranium civil iranien. La France ne pourrait espérer une telle offre d’un autre pays enrichissant l’uranium.

Mais voilà. L’enjeu géostratégique majeur que représente l’Iran crée de telles tensions qu’un accord industriel ne semble pas envisageable dans un proche avenir. Lorsque les gouvernants de ce monde en viennent à s’accuser mutuellement d’être le diable, seul un démon peut espérer en tirer profit. Armageddon, quand tu nous tiens !

Dernière tentative de division

Le dialogue avec le représentant de la diplomatie européenne s’est encore prolongé lundi au téléphone pendant une heure, sans qu’il soit possible encore d’en connaître les effets. La pierre d’achoppement consiste dans le refus des Iraniens de toute suspension de l’enrichissement avant le démarrage des négociations. Cette obstination des mollahs à ne rien suspendre pourrait avoir pour cause l’image d’intransigeance qu’ils entretiennent vis-à-vis de l’Occident. Précieuse pour leur influence dans le monde musulman, cette image leur semble également indispensable pour maintenir leur crédibilité face à une population qui commence à relever la tête(3). Téhéran aurait pourtant suggéré dès la fin août un arrêt de ses activités d’enrichissement pendant 90 jours dans l’espoir de reporter les négociations à l’issue des élections du 7 novembre(4) qui pourraient aboutir à un Congrès américain moins belliciste. Privant les mollahs de l’effet d’annonce, une fuite aurait fait capoter l’affaire. Toujours le diable, assurément !

L’attitude de la diplomatie iranienne consistant à opposer entre eux Américains, Européens et Russes perdure dans cette proposition faite à la France. La proposition faite explicitement à Areva et Eurodif est d’abord destiné à sanctionner les Russes, principaux partenaires de l’industrie nucléaire civile irannienne. Téhéran n’a pas apprécié le coup de semonce de Poutine menaçant de ne pas achever la centrale de Busher et tient à le faire savoir. S’il existait un consensus sur ce sujet entre Paris et Moscou, les Iraniens ont avancé un pion qui pourrait affaiblir la défense unie qui se présentait à eux.

Il se pourrait bien que, pour une fois, ils aient joué un coup trop tard, et que le temps tourne dorénavant contre eux.

Bruits d’hélices

Les bruits d’hélice de l’escadre du porte-avion Eisenhower qui approche du Golfe persique pourraient annoncer la destruction de l’échiquier. Et cela personne ne le souhaite, sauf le régime Bush.

Selon Time magazine(5) , l’escadre de l’Eisenhower comporte deux mouilleurs de mines. En bloquant les ports, l’administration Bush pourrait se prévaloir d’une " action décisive dans sa lutte contre le terrorisme et pour la paix au Moyen-Orient" sans devoir s’engager dans un combat frontal avec l’Iran. Un engagement militaire direct semble trop risqué avant une échéance électorale capitale pour l’administration américaine. Avec quatre ou cinq porte-avions dans le Golfe, une domination américaine ne fait aucun doute. Le problème serait de tous les ramener en bon état à la maison. Dans ce domaine, aucune certitude. Les missiles iraniens ont atteint un niveau technique qu’il convient de prendre en considération. Suivant l’endroit où il frappe, l’impact d’un seul d’entre eux pourrait provoquer le naufrage par incendie d’un symbole de la puissance navale US et le refroidissement immédiat des ardeurs des électeurs de Bush, touchés directement dans leur amour-propre.

Placé dans la situation de l’assiégé, l’Iran ne pourra s’opposer à cet acte de guerre que par une offensive dont l’issue est d’ores et déjà connue : un suicide.

Le blocage des côtes aurait - aura, parce que l’on ne voit pas pourquoi Bush se gênerait - des conséquences graves sur le soutien apporté à l’Iran par l’Europe, la Russie et la Chine. Il introduira une nouvelle donne des enjeux en cours dont il est difficile aujourd’hui de mesurer toutes les conséquences. Les Etats-Unis disposeront du pouvoir de lever leur blocus lorsque toutes leurs exigences seront satisfaites. Sauf à l’un de ces pays de prendre le risque de déminer sous le nez de l’US Navy et de s’engager dans un affrontement direct, on imagine sans peine que les ports iraniens seront pour longtemps inaccessibles, et, avec eux, leur pétrole.

Il suffira alors au gouvernement américain d’attendre que le régime iranien se retrouve en panne de dollars et d’essence - la moitié de la consommation est importée - pour qu’il tombe comme un fruit mûr.

L’escadre de l’Eisenhower est attendue pour le 21 octobre dans le Golfe. Avec l’aide des diplomates français, russes et chinois, il reste quinze jours à l’Iran pour ôter aux Américains toute raison de miner ses ports. Faute de quoi, c’est seulement après être passée sous commandement américain que sa marine pourra s’atteler au déminage.

L’acceptation par la France des propositions iraniennes pourrait devenir urgente.

Renaud Delaporte

1 http://www.afp.com/francais/news/stories/061003124316.lhi0dghm.html
2 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13361
3 http://www.ncr-iran.org/fr/content/view/2142/1/
4 http://www.iran-resist.org/article2622
5 http://time-proxy.yaga.com/time/magazine/article/0,9171,1535817,00%20.html


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247 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 octobre 2006 10:40

    article intéressant dévoilant les manoeuvres qui se trament au niveau géopolitique.


    • faxtronic (---.---.127.45) 4 octobre 2006 10:59

      Les US ne vont pas etre suffisamment inconsequent pour attaquer l’IRAN non ?

      Quqnd au ports iranniens, il y a en nord, aussi, en direct connection avec la Russie, qui elle fournit a l’Europe et a la Chine.

      Mais franchement la j’irais pas contrarier les US. Si ils veulent se jeter dans le piege, c’est leur probleme. Cela permettra peut etre a l’Europe d’exister par elle meme.


      • minijack minijack 5 octobre 2006 11:56

        Que croyez-vous donc ? Le peuple américain ne s’en rend pas compte mais le gouvt Bush est parfaitement cohérent avec lui-même ! La Word War III est en préparation depuis longtemps.

        Regardez l’implantation des bases US autour du Golfe. Ca ne s’est pas fait en deux ou trois ans. C’est depuis quinze ans que ça se prépare.

        Commencé avec le père, la domination se poursuit avec le fils (et accessoirement avec les frères pour aider à une éleection incertaine) Il ne manque que le Saint-Esprit, dontje doute qu’ils soient investis malgré leurs fréquentes références à la religion.

        Bien sûr que si on les laisse faire, ils iront jusqu’au bout !

        .


      • DUGENOU (---.---.4.88) 4 octobre 2006 11:03

        Bush est bien bon de nous refiler la patate chaude.Qu’en pense le petit Nicolas ?


        • (---.---.21.153) 6 octobre 2006 16:36

          Tout à fait. Entre l’Iran et les USA, la position ne sera pas facile. Espérons que la diplomatie française saura passer le mistigri à d’autres.


        • José w (---.---.25.142) 4 octobre 2006 11:10

          Article intéressant.

          Mais l’auteur de l’article me semble un peu trop persuadé de la puisance étasunienne... il parle comme si tout était joué d’avance, ce qui ne l’est évidemment pas.

          Il oublie que les Etats-Unis sont affaiblis et ont déjà dépêché des centaines de milliers d’hommes en Irak et en Afghanistan, et que la situation est loin d’être verrouillée dans ces 2 pays. Ces guerres leur coûtent très cher sur le plan intérieur (récession en vue ?).

          Bref, je doute que Bush joue aussi facilement avec l’Iran, la Syrie et le Liban (environ 100 millions d’habitants), la même carte belliciste que celle contre l’Irak et l’Afghanistan (50 millions au total).

          De plus, Blair est marginalisé dans son porpre parti, et il sera difficile de compter sur son soutien aveugle.


          • Christophe (---.---.123.26) 4 octobre 2006 14:45

            @ José W,

            contrairement à l’Irak et l’Afganistan, Bush n’a dans ce cas aucune intention d’envahir l’Iran, un simple blocus qui étranglerait très rapidement l’économie iranienne et tout au plus la destruction de leurs infrastuctures par l’aviation et la marine, suffira à réduire au silence l’Iran (les populations et les étudiants, brimés et réduits au silence depuis des années, feront le reste). Les réformateurs le savent et s’y prépare (je ne crois pas que le voyage de kathami aux USA y soit étrangé).

            Idem pour la Syrie qui avec son armement désué ne présente absolument aucun risque, et puis il faudra déjà qu’il passe l’aviation et la marine israëlienne pour en arriver là, et là ça va être une autre histoire. Non la Syrie ne bougera pas le petit doigt, pas plus que le hezbollah très affaibli, dans un pays au bord de la guerre civil qui n’y resisterait pas.

            Les américains au contraire jouent la partie très fine. Après avoir laissé les européens aller jusqu’au bout pour pouvoir dire : « vous voyez bien on aura exploré toutes les pistes diplomatiques ». Avec ce blocus et en étranglant l’Iran ils les poussent à l’agression, ce qui serait comme le dit l’auteur un véritable suicide.

            J’ai bien peur que l’auteur n’ait effectivement raison, Bush sonne bien la fin de la partie ... smiley


          • JiPi (---.---.155.16) 4 octobre 2006 18:40

            Là maintenant, je me marre à fond.

            JiPi


          • (---.---.135.212) 6 octobre 2006 19:02

            « Bush sonne bien la fin de la partie ... smiley »

            On voit les accros du flipper. smiley


          • minerve (---.---.121.173) 1er novembre 2006 17:34

            Je ne pense pas que le sens civique de nos jours soit si civilisé.Tout le monde n’eet pas européens


          • Internaute (---.---.129.220) 4 octobre 2006 11:12

            La diplomatie iranienne m’étonne. La proposition faite à la France suit une déclaration faite il y a quelque temps aux russes leur enjoignant de terminer dans les temps la centrale de Busher et de livrer son combustible. Les russes se font tirer l’oreille mais d’un autre côté c’est le seul allié solide de l’Iran. Il y a un marché de quatre autres centrales à construire pour lequel Areva est invité à proposer une offre en compétition avec les russes.

            A trop jouer les uns contre les autres ils risquent de se retrouver tout seul.


            • Dazibao (---.---.249.4) 4 octobre 2006 11:14

              Sans compter les 140.000 soldats étasuniens stationnés en Irak. 140.000 otages potentiels...


              • Fred (---.---.155.75) 4 octobre 2006 11:39

                Tout le monde dans cette situation essaie de tirer son epingle du jeu. Les puissances de l’Ouest essaient de controler le petrole Iranien soit en soudoyant l’Iran en etant pret a developper des centrales nucleaires et par la-meme a prendre le risque que l’Iran developpe l’arme nucleaire et la donne a des groupes terroristes (Russie, France, Chine) soit en voulant changer le regime voir a partir en guerre mettant la vie de milliers de soldats et de civils a risque (US).

                De la, les bons pensants de chaque cote se mettent a critiquer les autres : « comment les Europeens peuvent laisser l’Iran developper l’arme nucleaire et ainsi prendre le risque d’une attaque nucleaire » ou « comment les Americains peuvent-ils encore partir en guerre »...


                • (---.---.108.93) 4 octobre 2006 13:43

                  Les bons pensants ne sont pas le problème, qui se situe plutôt au niveau des mal pensants...


                • (---.---.135.212) 6 octobre 2006 19:10

                  Il y a deux probablement deux visions différentes :

                  - les européens, les Russes et les Chinois font trainer le dossier en espérant avec le temps que l’Iran devienne un pays fréquentable, comme le Pakstan ou l’Inde, ...De plus ils espèrent des contrats commerciaux avec ce pays.
                  - Les USA, en revanche, ne veulent absolument pas d’un Iran avec la bombe atomique car c’est la fin de leur pouvoir au Moyen Orient, donc sur le contrôle du pétrole.

                  Actuellement, effectivement on assiste à une espèce de course de lenteur qui probablement n’est pas du goût des USA.


                • lss (---.---.220.103) 4 octobre 2006 12:06

                  Je me permet de douter plus que fortement de la puissance US.

                  D’une l’Iran contrôle le détroit d’Ormuz, un pétrolier coulé à son entrée et c’est le baril à 200$, les USA sont prises à leur propre piège (1/3 de pétrole en moins sur le marché et les pays du Golf sont les seuls a pouvoir augmenter la production).

                  De deux, les USA sont déjà empetrée dans un chaos plus que flagrant en Afghanistan et en Irak ; il leur serait donc très risqué d’engager sur un troisième front ; d’autant que l’Iran, tant politiquement que géographiquement, est un terrain nettement plus risqué et piegeur que ne l’était l’Irak.

                  Troisièmement, pour les USA, compte tenu des faiblesses du dollar, c’est un suicide. La Chine verrait probablement une attaque US d’un très mauvais oeil et risque de renvoyer les USA au moyen age économique avec un dollar dont la valleur chuterait de 50% (avec un baril à 200$, faites le calcul, leur facture énergetique serait multipliée d’un facteur deux à cinq, la Chine, elle pourrait décider de cesser d’indexer le Yuan sur le dollar et comme elle n’a pas de dettes, la perte - partielle- de ses provisions en dollar ne l’affecterait que peu en réalité, de plus elle dispose du levier du marché interieur, sans compter que ses fournisseurs n’auraient aucun mal à continuer à l’approvisionner, elle n’a pas de passif diplomatique équivalent aux USA, sauf auprès, potentiellement, des occidentaux).

                  Quatrièmement, le coup de grace viendrait d’un choix, probable, d’un marché du pétrole libellé, après coup, en euros.

                  Les USA sans le savoir sont prises à la gorge. Je ne crois pas qu’un conflit les aiderai, bien au contraire ça en accelererait la chute...


                  • quiensoy (---.---.108.93) 4 octobre 2006 13:54

                    Tout à fait d’accord sauf sur la fin :

                    « Les USA sans le savoir sont prises à la gorge. Je ne crois pas qu’un conflit les aiderai, bien au contraire ça en accelererait la chute.. »

                    Les USA sont certes pris à la gorge, mais ils le savent depuis longtemps. La stratégie de la guerre des civilisations est plus qu’improbable, mais c’est la dernière option qu’ils leur reste pour conserver la suprématie du dollar (qui est historiquement vouée au déclin). Je pense que leur objectif est la création d’une sorte de « loi martiale internationale » permanente (la guerre contre le « terrorisme ») qui leur permettrait de prolonger l’influence de leur empire.

                    Quant au fait qu’ils risquent de courrir à la catastrophe, je suis d’accord avec vous. Le problème c’est que nous serons tous entrainés dans leur folle chute...


                  • lss (---.---.220.103) 4 octobre 2006 14:44

                    Ce n’est plus un risque, ils vont droit vers une catastrophe, et contrairement à ce que vous pensez, quoiqu’ils fassent, ils vont se planter.

                    Soit ils font la guerre à l’Iran et accelèrent leur chute. Soit ils essayent d’instaurer une sorte de loi martiale mais, cela laisse le champ libre, à la Chine. Dans ce cas, la pression sur le coût des matières premières sera tel que les USA ne pourront plus suivre.

                    La marge de manoeuvre pour les USA est extrèmement ténue. L’europe, elle, a plus de chance, en raison de la structure des dettes des différents pays membres, sans compter l’euro qui finalement serait notre meilleur allié (grâce notamment aux pays européens qui n’ont pas de dette - c’est pour cela qu’il ne faut pas se retirer de l’euroland, à moins de vouloir immiter l’Argentine par un mecanisme inverse mais aux mêmes conséquences).


                  • Stravos (---.---.132.162) 4 octobre 2006 17:09

                    Vous donnez en effet beaucoup de bonnes raisons, Mr Iss, pour que les USA n’interviennent pas militairement ; mais il manque une donnée capitale à votre raisonnement : le cerveau de G.Bush, lequel reste un des plus grand mystères de la nature...


                  • lss (---.---.220.103) 4 octobre 2006 17:27

                    @L’auteur

                    J’ai une petite question : la pose des mines devant les ports, vous l’envisagez comment ? Dans les eaux territoriales Iraniennes ? Dans ce cas, les Etats-Unis font une déclaration de guerre et légitiment un attaque de la part de l’Iran avec des missiles anti-navires (dont ils disposent), de plus cela ne serait appliquable qu’à l’est de l’Iran.

                    A l’ouest, vous avez le détroit d’Ormuz, les Etats Unis en poseraient dans ce Detroit ? D’une ils generaient la circulation avec leurs navires, de plus ils prendraient le risque que des pétroliers heurtent les mines (sans compter les represaillents Iraniennes contre les pétroliers).

                    Je doute donc fort que ce soit un moyen de pression sur l’Iran.

                    Trois possibilités : Soit les Iranniens prennent cela comme un moyen de pression, ils sont naifs et c’est tant mieux pour tout le monde, soit Bush et ses sbires sont vraiment stupides, soit il s’agit d’un provocation caractérisée qui se prépare, auquel cas les pays occidentaux seraient bien inspirés de ne pas s’y associer...

                    PS : A propos d’une révolte populaire, je ne suis pas sur qu’elle ait lieu ; il suffit que le gouvernement soit plus conciliant avec la population pour que les Iraniens décident de temporiser... Le gouvernement a là un levier possible s’il sait l’utiliser. Cela n’engage bien entendu que moi.


                  • Fred (---.---.49.198) 4 octobre 2006 18:41

                    "Ce n’est plus un risque, ils vont droit vers une catastrophe, et contrairement à ce que vous pensez, quoiqu’ils fassent, ils vont se planter.

                    Soit ils font la guerre à l’Iran et accelèrent leur chute. Soit ils essayent d’instaurer une sorte de loi martiale mais, cela laisse le champ libre, à la Chine. Dans ce cas, la pression sur le coût des matières premières sera tel que les USA ne pourront plus suivre.

                    La marge de manoeuvre pour les USA est extrèmement ténue. L’europe, elle, a plus de chance, en raison de la structure des dettes des différents pays membres, sans compter l’euro qui finalement serait notre meilleur allié (grâce notamment aux pays européens qui n’ont pas de dette - c’est pour cela qu’il ne faut pas se retirer de l’euroland, à moins de vouloir immiter l’Argentine par un mecanisme inverse mais aux mêmes conséquences)."

                    La France (67% du PNB) a une dette comparable en terme de pourcentage du PNB aux US (72% du PNB)avec moins de marge manoeuvre dans le sens ou les US peuvent partir d’Iraq et du jour au lendemain diminuer leur budget militaire et ainsi reduire leurs depenses de plusieurs centaines de milliards par an. Les impots sont aussi relativement bas par rapport aux salaires et peuvent etre rehausses au niveau de ceux sous Clinton permettant des gains proches de 100 milliards. La France a des impots plus eleves et peu de secteurs ou elle peut baisser les depenses sans avoir une horde de gens dans la rue.


                  • lss (---.---.220.103) 4 octobre 2006 21:05

                    La différence c’est que l’euroland ce n’est pas la France seule, de plus la dette US est essentiellement entre les mains de la Chine, du Japon et du Royaume Uni, la France, c’est mieux,sauf si les émirats veulent nous le faire payer (allez voir, sur le site du ministère des finances, qui possède notre dette exterieure -sic-)...


                  • (---.---.135.212) 6 octobre 2006 19:00

                    « le cerveau de G.Bush, lequel reste un des plus grand mystères de la nature... »

                    Effectivement, une donnée à prendre en compte si effectivement la politique américaine était conduite par Bush. Mais l’est-elle ?


                  • (---.---.142.236) 4 octobre 2006 12:09

                    1) sachez, que l’économie mondiale est imbriquée, d’une telle façon, qu’il faut s’attendre au plus beau feu d’artifice que l’humain n’a jamais connu !

                    2) nous ne pouvons plus continuer d’espérer nous entendre simplement avec des dessous de table aussi gigantesques qu’ils soient.

                    3) chacun est si sûr de ses positions et pense que le moment est venu de tirer son épingle du jeu.

                    4) nous avons autant à craindre ce conflit, que la reconstruction qui en découlera, si notre petite planète en surmonte le choc.

                    5) Arrêtez de focaliser sur l’Iran, et déduisez les alliés des trois logiques majeurs de ce conflit.

                    6) si vous ne savez pas compter jusqu’à trois, ce n’est pas trop grave, d’autres le fond pour vous.

                    7) Les Pyramides ont fait leurs temps, il faudra bien en construire de nouvelles !

                    8) éviter les manifestations, elles seront aussi inutiles que désastreuses.

                    9) respirer l’air pur, chaque instant, en vous disant je suis bien encore là, même si ce petit jeu dure encore six mois ou un an.

                    10) restez uniquement avec ceux que vous aimez, inutile d’être mal accompagné.

                    11) ne chercher pas d’autres refuges que votre domicile, sauf si vous possédez un abri antiatomique.

                    12) ne vous en faites pas trop, la Nature reprendra ses droits quoiqu’il advienne.

                    Philgri


                    • pace (---.---.252.190) 4 octobre 2006 12:42

                      à l’auteur,

                      est ce que l’iran a les moyens de bloquer le détroit de hormouz et de toucher avec ses missiles les ports Saoudiens, des Emirats et Koweitiens ?


                      • (---.---.139.63) 4 octobre 2006 13:31

                        Bien que cette question soit posée à l’auteur, je me permets d’y répondre.

                        L’Iran a effectivement les moyens non seulement de nuire gravement avec ses missiles les ports Saoudiens, des Émirats et Koweïtiens, mais elle peut éventuellement essayer de toucher des capitales comme TEL-AVIV, Londres ou Paris.

                        Mais, le point le plus crucial, c’est bien l’économie mondiale qui en est l’enjeu avant les missiles bien que la Corée du Nord nous fait comprendre le contraire.

                        Le blocage du Golfe Persique, plus la réaction en chaîne Russie, Chine, Venezuela..., amènerait inévitablement le baril à plus de cent dollars, entraînant une chute des cours et mettant les pays pauvres dans une situation tellement catastrophique, que nous en serions touchés par la même occasion.

                        Ce conflit est bien mondial, même si ce sont les petits (fusibles) qui donnent l’alerte (Liban, Géorgie, Coré du nord,...). Ce qui est logique puisque les plus grands ne se mouillent qu’en dernier ressort.

                        Philgri


                      • DUGENOU (---.---.4.88) 4 octobre 2006 13:50

                        Et pour cause,avec leurs moyens satellitaires et nucléaires,ils peuvent aplatir n’importe quelques pays en quelques secondes,aprés avoir fait un max d’affaires auparavant.Par contre je constate que tout est fait pour entretenir un sentiment d’insécurité intérieur comme extérieur,au niveau de la population. Curieux,non ?


                      • faxtronic (---.---.127.45) 4 octobre 2006 14:06

                        J’imagine que tu parles des US.

                        Non ils ne sont plus tout puissent. techniquement il pourrait aplatir l’Iran. Apres ils serait morts. La Chine n’accepetrais pas de voir l’Iran se faire ecraser, et les US sont la propriete virtuelle de la Chine. L’Opep ferait le gros dos, et ruinerait les US et l’Europe. La Russie ferait le gros dos. Donc en fait les US ne peuvent pas aplatir lÍran. Deja qu’ils ont pas reussi leur pari en Iraq, qui etait un petit pays ruiné depuis 10 ans, alors l’Iran en plus, ce serait la guerre de trop.


                      • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 4 octobre 2006 14:08

                        Le détroit d’Ormuz, à son plus étroit, fait environ 60 Km, soit le double du Pas-de-Calais. Comme lui, il est encombré de bancs de sables. Il faudrait néanmoins de nombreuses épaves pour empêcher la navigation.

                        L’effet psychologique d’une attaque de missile sur un pétrolier suffirait à dissuader tout trafic.

                        À ma connaissance, le missile le plus puissant dont dispose l’Iran actuellement est le Shahab III. Sa charge militaire est d’environ 1000 Kg. Sa portée aurait été augmentée récemment à 2000 kilomètres. C’est suffisant pour atteindre les rives occidentales de la mer Noire, le sud de la Russie, n’importe quel point du Moyen-Orient et le nord-ouest de l’Inde, mais par l’Europe occidentale.


                      • faxtronic (---.---.127.45) 4 octobre 2006 14:09

                        A moins que Bush soit encore plus fou que je pense, ce qui m’etonnerait tout de meme, et qui veut l’apocalypse en Perse (Gog et Magog) pour l’avenement du Christ. Je ne rigole pas, c’est un argument chez les extremistes chretiens. Et l’avenement du messie chez les ultra juifs doit aussi se faire en ces termes. Mais Bush n’est pas aussi fou.


                      • (---.---.139.169) 4 octobre 2006 14:33

                        Que sous-entendez-vous ? Les faits parlent d’eux-mêmes, non ? Sont-ils faussés à ce point ?

                        Le conflit au Proche Orient n’a-t-il pas déjà commencé ?

                        Ou faites-vous déjà du révisionnisme, avant même que ce conflit prenne toute son ampleur ?

                        Vous préférerez que la presse officielle vous le confirme aux vingt heures ? comme le 11/09 en direct si possible, avec pleins d’images, à défaut d’être sur place ?

                        Que l’on vous dise ce n’est rien, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

                        Il est vrai que cela ne changera pas grandes choses d’en être informé. Se faire du mouron pour rien !

                        D’ailleurs les Russes sont nos copains et les Ricains nos potes ! alors, pour quoi s’en faire ! L’Europe est tellement unie et nombreuse que nous ne risquons rien du tout !

                        Nos centrales sont sous bonne protection, et notre armée et très bien équipé. Depuis que nos chars sont au Liban, la guerre s’est arrêtée tout de suite, non ? Je rêve !

                        Philgri


                      • Stravos (---.---.132.162) 4 octobre 2006 17:16

                        A propos des missiles Iraniens, j’ai lu quelque part que les derniers modèles pouvaient atteindre Israèl... D’où le grand intéret de l’état hébreux pour tout ce qui touche à l’Iran et sa trés possible participation à une action militaire.


                      • Oudeis (---.---.154.73) 5 octobre 2006 02:00

                        @goc

                        « des capitales comme TEL-AVIV, Londres ou Paris »

                        Revoyez votre géographie.

                        Tel-Aviv n’est pas plus la capitale d’Israël que New-York celle des USA.

                        La capitale d’un pays est la ville dans laquelle se trouvent son gouvernement et son parlement. C’est Washington pour les USA. Et je vous laisse chercher de quelle ville il s’agit pour Israël ...


                      • Oudeis (---.---.154.73) 5 octobre 2006 02:07

                        Question :

                        En cas de coupure des échanges pétroliers avec l’Iran, qui aurait le plus à perdre ? Les USA ? L’UE ? La Chine ? Ou l’Iran ?


                      • Oudeis (---.---.154.73) 5 octobre 2006 02:08

                        Question :

                        En cas de coupure des échanges pétroliers avec l’Iran, qui aurait le plus à perdre ? Les USA ? L’UE ? La Chine ? Ou l’Iran ?


                      • lss (---.---.213.226) 5 octobre 2006 10:10

                        Je dirais, dans l’ordre du plus vers le moins touché : les USA, l’UE, l’Iran, la Chine. Sauf que ça finirait par être les USA, l’UE, seuls ; en effet il y a fort à parier que la Chine aiderait de son mieux l’Iran pour être approvisionnée en quasi exclusivité...


                      • Oudeis (---.---.154.73) 5 octobre 2006 22:15

                        « Je dirais, dans l’ordre du plus vers le moins touché : les USA, l’UE, l’Iran, la Chine. »

                        Je ne suis pas si sûr de cet ordre.

                        En effet les USA disposent d’importantes réserves de pétrole sur leur propre territoire. L’UE serait peut être plus touchée. Mais la Chine dont le développement repose pour beaucoup de l’approvisionnement en matière première subirait une telle crise de plein fouet. Et l’éconoime de l’Iran dépend essentiellement de la vente de son pétrole.


                      • lss (---.---.26.197) 6 octobre 2006 15:06

                        J’ai choisi cet ordre pour deux raisons :

                        Les USA sont les premiers importateurs de pétrole au monde, la Chine les suit, c’est vrai.

                        C’est là qu’une deuxième facteur rentre en jeu, le dollar. S’il y a crise pétrolière, le baril passe à 200 dollar mais avec leur dette les USA sont fragilisée, le risque que le dollar dévisse est très elevé ; Au contraire, la Chine elle dispose du levier que constitue le Yuan, elle peut décider de ne plus lier le yuan au dollar. Le dollar vaut 8 yuan, il suffit que vous ayez un dollar pour deux yuan et la facture energetique de la chine reste la même (un pour un si le dollar devisse réellement).

                        Regardez les alliances stratégiques (economiques) de la Chine et le rang des différents producteurs de pétrole, les USA ne sont pas à l’abri, loin s’en faut.

                        Cela donne un argument supplémentaire à ce que la Chine soit le probable allié de l’Iran en cas de conflit.


                      • (---.---.135.212) 6 octobre 2006 19:17

                        Il y a quelque chose de changé.

                        Avant les acheteurs du petrole étaient les occidentaux, pilotés par les USA, même si la France voulait parfois défendre ses intérêts. Depuis il y a la Chine, l’Inde. Un embargo dans ces conditions, est impossible.


                      • Oudeis (---.---.154.73) 7 octobre 2006 01:16

                        Les USA importe beaucoup de pétrole pour préserver leurs propres réserves.

                        Par ailleurs, le USA pourraient éponger leur dette en faisant tourner la planche à billets. Cela dévaluerait le dollar (et faciliterait leurs exportations - écoutez les lamentations des exportateurs européens lorsque l’euro est très fort par rapport au dollar !). Ca ne serait pas pour autant bénéfique pour les Chinois. Et le yuan n’en deviendrait pas (encore ?) la devise de référence pour acheter le pétrole. Cf. par exemple la résolution de la crise de la fin de la convertibilité du dollar en or .

                        Les Chinois ont d’énormes besoins pour assurer leur développement qui battrait de l’aile en cas de crise énergétique.

                        Et l’Iran sans la manne pétrolière s’enfoncerait dans une crise économique bien pire encore.

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Renaud Delaporte

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