Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Irina Bokova voudra-t-elle pacifier les religions ?

Irina Bokova voudra-t-elle pacifier les religions ?

La nouvelle Directrice Générale de l’UNESCO prend ses fonctions. Sous la Direction de son prédécesseur fut confiée à cette institution la gestion de la "Décennie 2001-2010 pour la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde". Cette initiative avait été lancée par l’ONU suite à un appel des prix Nobel en 1997. À l’aube de sa dernière année on n’y a toujours pas recherché le moyen de faire rejeter, par les croyants des religions monothéistes, leur conception violente de Dieu.

 Dans son numéro 99 (31 août 2009) la revue en ligne Riposte Laïque publie un article du saoudien Hishâm Mohammad intitulé "C’est le ramadan, je vide mon sac". On peut y lire ceci : "Je pense que l’Allah arabe de nos régions ne diffère que par le nom du Yahvé de l’Ancien Testament, fanatique, jaloux, passionné de meurtre et de destruction." (1)

 J’ouvre ma bible et je vais y relire le Livre de Josué dans l’Ancien Testament. L’introduction me rappelle que "L’ensemble du livre est une figure de la vie et de l’œuvre qui seront celles de Jésus-Christ. Le Dieu Sauveur fait entrer son peuple, l’humanité, dans la Terre promise, figure du royaume à venir, le Royaume des Cieux." Les chapitres 3, 4, 7 et 8 décrivent avec de nombreux détails la conquête du nord et du sud de Canaan. Chaque fois que le "Dieu Sauveur" livre une cité à son peuple en lui assurant la victoire il insiste pour que tous les ennemis soient "passés au fil de l’épée" afin que ne reste absolument aucun survivant. La consigne est respectée, jour après jour, jusqu’à la fin du massacre.

 C’est donc par ce massacre - que, je crois, on nommerait aujourd’hui un génocide - que Dieu réalise le beau "don" de la terre qu’il avait promise à son peuple. Ce don, ce respect par Dieu de sa promesse, c’est ce qui m’avait enchanté quand on me l’avait enseigné dans le catéchisme de mon enfance (en omettant, certes, le "détail" sur le peuple cananéen passé dans sa totalité "au fil de l’épée"). 

 Dans ma bible, face à la description détaillée du massacre, une note me dit la leçon que je dois en tirer : "La puissance de Josué réside dans son total abandon à la volonté de Dieu. Il fait comme Yahvé lui avait dit. Il préfigure ainsi le Christ Jésus dont la toute puissance sera l’obéissance jusqu’à la mort : "non comme je veux, mais comme tu veux".

 C’est l’obéissance qui compte, et c’est donc encore un autre "détail" sans importance, cette petite différence : Jésus donne sa vie dans l’obéissance à Dieu et il la donne pour essayer de faire comprendre aux humains qu’ils doivent "s’aimer les uns les autres" (ce que j’admirais dans le catéchisme incomplet de mon enfance) tandis que Josué massacre tout un peuple pour occuper sa terre. Les auteurs des notes n’hésitent pourtant pas, dans ma bible, à créer un personnage unique à deux têtes, deux âmes, deux conceptions humaines complémentaires, pour eux très cohérent, qu’ils nomment "Josué-Jésus". Comme on dit dans le langage populaire : faut l’faire !

 Suis-je en train de lire une très vieille bible poussiéreuse ? Non, c’est une belle bible de notre troisième millénaire, la bible annotée de Jérusalem, qui fut lancée avec beaucoup d’enthousiasme par l’église et par la presse catholique en 2001 (2). Et les notes en marge n’y ont pas été rédigées par des théologiens marginaux. Le nouveau catéchisme (3), de quelques années antérieur, a été rédigé sous la direction du cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI. Celui-ci ne croit pas que les livres sacrés sont simplement l’œuvre de "chercheurs de Dieu" comme ceux dont il a parlé au collège des Bernardins devant des intellectuels admiratifs. Son catéchisme précise que "tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties" "ont Dieu pour auteur" et qu’ils contiennent "tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement" (article 3, passages 105 et 106, et suivants pour l’interprétation).

 La fameuse "interprétation" est depuis toujours, dans toutes les religions monothéistes, la manière de dire que c’est le lecteur qui ne sait pas lire lorsqu’il tire des conséquences désastreuses, mais parfaitement logiques, de sa lecture. C’est aussi la manière de lui faire porter seul la responsabilité de ses actes, et d’innocenter l’institution qui lui a donné ses mauvaises lectures. Je crois qu’il serait plus honnête, plus courageux, et même plus bénéfique pour ces religions, qu’elles reconnaissent enfin que leur erreur - gravissime - fut dans la divinisation / sacralisation / dogmatisation de simples créations littéraires humaines, celles de chercheurs de Dieu, le plus souvent très bien intentionnés parce que soucieux de trouver, pour soi et dans son rapport avec les autres, la plus noble, la plus juste manière de vivre la vie sur terre.

 Il faut cependant insister sur ce qu’est devenue, dans les faits, la conception violente de Dieu cultivée par les religions monothéistes. Aujourd’hui les juifs et les chrétiens, même s’il faut regretter leur persistante tricherie théologique, ne demandent plus jamais, dans aucune de leurs composantes, que la prétendue violence de Dieu soit mise en application (4). On peut même soutenir que c’est en trahissant le Jésus dont elle se réclame que l’église catholique tient à la considérer comme toujours vraie pour l’humanité contemporaine de l’Ancien Testament. Le judéo-christianisme continue de former des croyants schizophrènes, mais il n’est plus qu’indirectement responsable de la violence religieuse effective du monde actuel.

 Il n’en est pas de même de l’islam, dont le prophète a affirmé la prétendue criminalité divine "pour la bonne cause", valable sinon éternellement, du moins jusqu’à ce que le Dieu coranique domine le monde dans sa totalité. Et c’est en se référant très explicitement au prophète Mohamed et à son Coran que des musulmans méprisent aujourd’hui très ouvertement, très publiquement, tout ce qui ne vient pas de cette loi religieuse, qu’ils empêchent les femmes de vivre une vie réellement humaine, qu’ils maltraitent et qu’ils tuent.

 Si Monsieur Koïchiro Matsuura, le prédécesseur de Madame Irina Bokova à la direction de l’UNESCO et les coordinateurs de la Décennie n’ont pas cru devoir, pour les enfants du monde, engager la lutte contre la théologie criminogène c’est sans doute parce qu’ils étaient conscients que, pour le faire, il leur aurait fallu afficher très publiquement une volonté d’aller à l’encontre d’un autre organisme de l’ONU engagé dans une démarche très exactement opposée. La Commission de l’ONU dite "des Droits de l’homme" persiste en effet, depuis des années, à vouloir criminaliser la critique des religions en la transformant en "diffamation des religions" – ce qui est d’ailleurs stupide dans les termes, on ne peut diffamer qu’une personne – comme d’autres voudraient, en France notamment, créer un "délit de blasphème" dans le même but.

 C’est la très puissante OCI (Organisation de la Conférence Islamique), regroupant 57 pays sous domination politico-religieuse musulmane, qui a réussi à faire inverser ainsi, dans une institution officielle de l’ONU, la définition des Droits humains, lesquels comprenaient jusque-là la liberté d’expression.

 Il ne faut pas faire dépendre la lutte, de loin la plus nécessaire aujourd’hui, contre la violence islamique, de la lutte plus générale contre la théologie criminogène dans toutes les religions. Mais celle-ci pourrait être une aide très utile à celle-là.

 Il faudrait peut-être que, dans les pays démocratiques au moins, les défenseurs des Droits humains aident un peu Madame Bokova et la Coordination de la "Décennie" à réorienter un peu plus positivement leur action. Le moins qu’on puisse dire est que, jusqu’à ce jour, c’est-à-dire durant les neuf premières années de cette belle Décennie voulue par les prix Nobel et l’ONU pour éduquer à la paix, la mobilisation extérieure ne fut guère visible.

 Neuf années sur dix d’aboulie générale sur un objectif qui se voulait essentiel ! On comprendra peut-être qu’il y a urgence à intervenir enfin, pour changer radicalement la situation.

Au profit, cette fois vraiment, des enfants du monde d’aujourd’hui et de demain.

(1) http://www.ripostelaique.com/C-est-le-ramadan-je-vide-mon-sac.html

 (2) Bible de Jérusalem, éditions du Cerf / Groupe Fleurus-Mame, 2001

( 3) Catéchisme de l’église catholique, éditions Centurion / Cerf / Fleurus-Mame, 1998 (la couverture précise, comme pour désespérer les enfants du monde : "Édition définitive" !)

(4) Si l’on va lire le texte dans lequel, il y a deux ans, j’alertais sur le risque de faire de la "Décennie UNESCO" un beau gâchis, qu’on lise aussi ma réponse au premier commentaire. J’y rapporte un exemple particulièrement terrible de la croyance juive en la "bonne" criminalité de Dieu. Mais c’était au 12ème siècle :

http://www.centpapiers.com/la-decennie-au-profit-des-enfants-du-monde-va-finir-en-catastrophe/1633/


Moyenne des avis sur cet article :  4.27/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

13 réactions à cet article    


  • beuhrète 2 13 novembre 2009 15:15

    .. Un iman qui ment dans ce lieu. Le rabbin, lui, ment dans une synagogue. Comprenez , chers frères et chères soeurs, qu’il soit possible de se fourvoyer dans le vocabulaire, un tant soit peu ésotérique des différentes demeures…

    http://life-in-the-dead.over-blog.com/article-27019410.html


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 13 novembre 2009 15:35

      heu... juste un détail : publier un article un vendredi 13 rajeunit l’auteur de deux années. Ce serait agréable à croire mais « les artères » de l’auteur lui rappellent avec insistance qu’il a maintenant 71 ans et non plus l’âge de sa première publication sur AgoraVox. 


      P.R.

      • xray 13 novembre 2009 15:40


        UNESCO, fiche nous la Paix ! 

        UNESCO, Le tissage des mots pour la confection du prêt-à-croire. 
        http://echofrance36.wordpress.com/2008/10/29/unesco/ 



        • Markoff 13 novembre 2009 20:19

          Salut à toi Pierre,

          Si je me permets de te tutoyer, c’est que j’ai quelques années de plus que toi et que je suis un ancien du PSU ( années 60 ), le seul parti auquel j’ai jamais adhéré. Depuis, trop jaloux de mon indépendance d’esprit pour m’embriguader ailleurs...

          Le thème que tu traites dans cet article me touche beaucoup, mais je ne comprends pas bien où tu espères arriver. Les religions sont obligées de garder l’intégralité du contenu de leurs livres « sacrés », car si elles admettent qu’une partie est fausse, c’est l’ensemble de l’édifice qui s’écroule... C’est vrai que dans l’Ancien Testament, les cités « dévouées par interdit » sur ordre du grand manitou, c’est l’horreur absolue, ce qui n’empêche pas les bigots de clamer à tous vents que « Dieu est bon » ! et je crois que le Nouveau Testament a été fait pour faire un peu oublier l’ancien... Mais les croyants sont piégés par la filiation.

          Bref, on pourrait en faire un long débat... Ce qu’il faut rejeter, à mon avis, ce n’est pas la violence omniprésente dans l’ A.T., ce qui est impossible, mais bien les religions elles-mêmes et l’imposture qu’elles représentent.
          La violence présente dans la Bible, c’est la preuve que c’est bien l’homme qui a créé Dieu, et non l’inverse.

          Cordialement




          • Pierre Régnier Pierre Régnier 13 novembre 2009 23:36

            Bonjour Markoff

            Ça ne me dérange pas d’être tutoyé, mais ça me gêne un peu de ne pas deviner par qui. Parce que, si nous nous sommes rencontrés, je ne m’en souviens pas. Il ne faut pas trop compter sur ma mémoire et puis, il y en eut tant, des rencontres, à cette époque ! Nous avons pour point commun que le PSU fut le seul parti où nous avons adhéré l’un et l’autre, mais je suppose que nous ne sommes pas les seuls à avoir cette particularité. Et puis aussi : nous étions deux homonymes au PSU. L’autre Pierre Régnier, « Pierrot » pour ses camarades, qui fut je crois membre de la direction nationale est, je crois, décédé depuis longtemps.

            Sur le fond :

            C’est très important pour moi. Depuis que je milite (16 ans tout de même ouvertement, publiquement) contre les bases de la violence religieuse je me retrouve toujours enfermé (par les autres) entre ces deux positions que je refuse (voir ci-dessous le point 7 des 9 propositions que je diffuse depuis 3 ans) : tout rejeter de la religion, ou tout garder en faisant les acrobaties mentales les plus stupéfiantes pour croire conciliable la pire criminalité « de Dieu » et sa plus merveilleuse bonté.

            Bien sûr, dans ce second cas le résultat est forcément une forme de schizophrénie. Fort heureusement celle-ci n’entraîne pas toujours la violence effective mais, lorsqu’il y a violence effective, ELLE VIENT MANIFESTEMENT DE LÀ.

            Bien sûr, si je tenais à choisir je me retrouverais sur la première position puisque je ne suis plus croyant (et je suis d’accord avec ta dernière phrase : « La violence - je préciserais »de Dieu« - dans la Bible c’est la preuve que c’est bien l’homme qui a créé Dieu, et non l’inverse ») mais je ne veux pas choisir (plus précisément je ne veux pas choisir DANS LA VIE DE LA CITÉ parce que ça n’a aucune importance, la posture publique des uns et des autres, par rapport à l’enjeu : faire disparaître, le plus tôt possible, la violence religieuse effective).

            Beaucoup de croyants s’interrogeront toute leur vie sur leurs croyances intimes multiformes alors que, c’est ce que je prétends, que j’affirme contre vents et marées, il faudrait peu de temps pour amener la plupart des croyants à abandonner les seules bases de la violence sans forcément abandonner le reste… pourvu qu’on le leur demande.

            Et cela même si, j’en conviens, ça les ferait rentrer dans une autre forme de contradiction, puisqu’ils devraient au moins abandonner la tricherie dogmatique sacralisée. Mais cette contradiction-là ne serait plus dangereuse du tout, et je suis convaincu que la grande majorité des croyants accepteraient de considérer que cette contradiction devrait devenir leur seule affaire personnelle. Il suffirait, pour obtenir ce résultat, qu’il soit demandé, exigé par les laïcs, les agnostiques et les croyants pacifiques par tempérament, DONT C’EST LE DEVOIR DE L’EXIGER quand ils ont une responsabilité dans la vie de la cité.

            Une preuve, pour moi, qu’on fait fausse route en s’enfermant dans l’opposition binaire énoncée plus haut c’est que, alors qu’on voit des livres entiers, et des pages entières sur Internet traitant de la validité des croyances dans l’abstrait on constate qu’une institution provisoire comme la Coordination de la « Décennie UNESCO pour la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde », une organisation, donc, dont ce devrait être LA PREMIÈRE, LA PLUS IMPORTANTE préoccupation que de détruire la théologie criminogène, compte tenu de ses effets catastrophiques très concrets ici et maintenant… N’A MÊME PAS SONGÉ À L’INSCRIRE À SON PROGRAMME !

            Il y a de nombreux croyants qui sont des gens formidables même s’ils sont enfermés dans des contradictions philosophiques manifestes. Ils sont disponibles, de par leur bonté, leur sincérité, leur générosité pour effectuer cette destruction de la théologie criminogène… et on ne leur demande même pas de le faire ! Et cela parce que ceux qui veulent éliminer la violence effective veulent d’abord résoudre les contradictions philosophiques.

            Ça fait 3000 ans que ça dure. Ça aussi c’est pour moi une preuve qu’on ne pose pas le problème de la violence religieuse de la bonne manière.

            NEUF PROPOSITIONS POUR SORTIR DE LA VIOLENCE RELIGIEUSE

            1/ La violence religieuse effective est toujours à la fois épouvantable ET BANALE puisque les religions continuent d’enseigner que Dieu la commande ou l’a commandée

            2/ Ce sont les institutions religieuses qui continuent de croire FONDAMENTAL de maintenir INTÉGRALEMENT sacrés leurs textes contenant les bases de la violence religieuse

            3/ La nécessaire désacralisation de la violence religieuse suppose une radicale révision, PAR LES INSTITUTIONS RELIGIEUSES, de leur propre interprétation de leurs propres textes sacrés

            4/ Le maintien de la conception criminogène de Dieu, jadis sacralisée, et celui de la théologie criminogène qui la dogmatise ne sont nullement fatals

            5/ La paix et la protection des Droits de la personne humaine sont impossibles sans le rejet de la théologie criminogène

            6/ Les sociétés défendant les Droits humains doivent exiger des institutions religieuses qu’elles rejettent officiellement et sans ambiguïté la théologie criminogène

            7/ Le combat pour la désacralisation de la conception criminogène de Dieu N’EST PAS UN COMBAT CONTRE LE TOUT des religions

            8/ Le CHOC DES CONCEPTIONS (pacifiste et criminogène) AU SEIN DES RELIGIONS est le plus sûr moyen d’éviter le choc des civilisations

            9/ C’est en exigeant d’abord la désacralisation de la violence dans leur propre religion que les croyants pourront entraîner les pacifistes des autres religions dans la même exigence.

            Pierre Régnier, décembre 2006


            • Markoff 14 novembre 2009 12:19

              Salut Pierre,
               
               En préambule, je suis sûr qu’on ne s’est jamais rencontrés dans la famille politique qui nous a inspirés il y a fort longtemps, mais j’ai trouvé amusant et sympathique de signaler ce point commun qui, malgré tout, nous rapproche un peu.

              Sur le fond,
               Merci d’avoir bien développé les termes de ton combat pacifique. Je le comprends et je l’approuve, mais je le crois sans issue. Pourquoi ?

              Comme je l’ai déjà dit, les religieux ne peuvent pas renier une partie de leurs textes sacrés, pour n’en garder qu’une autre, plus « clean ». Ce serait déjuger leur Dieu .
              Mais c’est vrai que c’est un vrai problème pour eux. D’ailleurs quand on les interroge sur le problème de la violence, et plus généralement du mal, ils sont trés gênés et s’en tirent par des pirouettes ( Dieu nous a laissé « libres », avec notre libre-arbitre...il nous met à l’épreuve...etc.) ( et je rajoute, alors à quoi sert-il ? ).
              Les religieux s’en tirent toujours par de la logomachie.

              Mais pour moi, le problème est ailleurs. Je ne pense pas que la violence vienne de la croyance en des textes vieux de 5 ou 6000 ans, même de 700 ans pour les musulmans, je pense que la violence est en l’homme et que les religions ont toujours été utilisées comme catalyseur au profit d’ambitieux ivres de pouvoir, et que c’est toujours le cas aujourd’hui. Je ne crois pas que dans les religions pacifiées ( juives et chrétiennes ), beaucoup oseraient justifier la guerre et la violence en référence à l’attitide de Dieu dans la Bible. ( c’est sans doute encore vrai pour certains extrémistes musulmans, hélàs ).
              Mais la religion est une arme au profit d’ambitions diverses.

              Pour ce qui est de la source de la violence humaine ( beaucoup, heureusement, la domine et la refuse grace à une élévation de leur conscience ) je te renvoie au travail que j’ai publié il y a quelques jours sur A.V. ( Neuroscience : les trois cerveaux ) Tribune Libre.

              Au plaisir.


            • Axel de Saint Mauxe Nico 14 novembre 2009 11:06

              « 9/ C’est en exigeant d’abord la désacralisation de la violence dans leur propre religion que les croyants pourront entraîner les pacifistes des autres religions dans la même exigence. »

              Qui doit exiger de qui ?


              • Pierre Régnier Pierre Régnier 14 novembre 2009 11:46

                @ Nico

                Il me semble que c’est clairement sous-entendu dans la phrase du point 9, surtout à la suite des 8 points qui précèdent : CEUX DES CROYANTS qui sont contre la violence religieuse doivent exiger DES INSTITUTIONS de leur religion qu’elles se débarrassent de la violence théologique sacralisée, et encore plus de la culture, de l’enseignement, de la transmission aux générations suivantes... de cette violence.

                Mais ça passe évidemment par une première étape consistant à grossir le groupe des croyants non-violents pour peser sur le comportement des RESPONSABLES. C’est toujours comme ça qu’ont été acquis les progrès les plus importants de l’humanité. Surtout ceux qui ont été acquis PACIFIQUEMENT, par la pratique de la démocratie.


                • Axel de Saint Mauxe Nico 14 novembre 2009 17:33

                  Bonjour,

                  Ce qui me gêne dans votre raisonnement c’est :

                  1) l’Eglise catholique n’est pas une institution démocratique comme pourrait l’être un syndicat ou une association. Tant que l’Eglise ne renonce pas à son dogme, je n’ai rien de particulier à « exiger »

                  2) Les textes sacrés ne s’amendent pas comme une loi ou un règlement.

                  Par ailleurs cette notion de croyants non-violents me surprend un peu et je ne la comprend pas... on est croyant point ou non croyant point barre.


                • dom y loulou dom 15 novembre 2009 02:34

                  Je vous remercie pierre, c’est un bel effort que cet article.


                  voici qu’il a engendré chez moi un texte que je pense important

                  croyance et ça voir

                  je ne veux pas encombrer votre page ici donc je vous invite à le lire à cette adresse


                  http://bubbledom.wordpress.com/2009/11/15/croyance-et-ca-voir/

                  j’en serais honoré


                  • dom y loulou dom 15 novembre 2009 13:06



                    finalement je pense que le danger est toujours le même aujourd’hui

                    nos aboutissons à des compréhensions multiples sur les enseignements valabes qui en plus se lient quand on aime les sagesses on ne met pas de barrières entre elles et ce sont elles qui intéressent le gens spirituels... les dogmes s’opposant on les met de côté parce qu’ls apparaissent comme des rajouts venant souvent contredire les finesses de l’esprit.

                    maisla tentation du système qui gouverne l’occident et qui essaie d’englober tout le monde sous un même gouvernement planétaire, une même monnaie numérisée ... voudra sans doute imposer un messie planétaire... CNN monre déjà le bout de son nez de ce Maitreya, de bahaï’s dont la philosophie corrêspond en tous points au NWO... toutes les religions sont unes et serésorbent en LUI ... ben voyons... etc...

                    Il est amené traquillement dans les médias tandis que nous ne devrons pas oublier à quel point les médias sont sélectifs pour les agendas mentaux qu’ils veulent nous imposer. ils sont les maîtres et nous les chiens, ils ne perdent jaais un jour pour nous e rappeler.

                    On reconnaitra assez acilement pourtant le bonhomme... il fera sans doute plein de miracles qui subjugueront les foules... complètement inutiles,mais qui raviront les accros aux performances individuelles... voler dans les airs ce genre de trucs... mais il sera présenté come le Christ en personne ... et ravira tousceux qui ont docilemnt appris à idolâtrer, domestiqués depuis longtemps à ce jeu dans le star-system.

                    On vous enjoint de bien retenir ce que ce terme de cristos grec veut dire et qui permettait à Isu de dire qu’il reviendrait dans les nuées...

                    le logos solaire n’est pas lié à un corps ni une personne, en fait il est accessible à tous dès ... toujours !! « je suis la voie, la lumière, nul ne va au père que par moi » ... ô amour qui ouvre les portes de la perception et qui amène les esprits au coeur de l’univers, en eux-mêmes ou la divinité s’exprime dans la grâce et la bonté.

                    Précisément celle que le NWO attaque par tous les moyens pour tenir l’humanité sous son joug féroce. Que ceux qui croient toujours encore qu’Obama est un enfant de choeur plein de bonne volonté, simplement parce que c’est ce qu’ils projettent sur lui, qu’ils regardent un peu mieux ce que FAIT son gouvernement d’eugénistes dans les faits

                    Chacune de ses promesses a déjà été piétinée par lui-même. On a donné le nobel de la paix à un homme dont le gouvrnement a agrandi les forces militaires en aghanistan tout en transvasant les forces qui étaient en Irak vers l’afghanistan et il fait même ce qu’aucun gouvernement n’aura fait avant lui... ne pas respecter les frontières du pakistan... laissant entrevoir que pour l’administration Obama comme pour Israel tous les pays du moyen-orient sont tous du karatchaktaland, bons à être terrorisés et massacrés.

                    Nous avons là le prototype-même de c fn les croyans avec notre psyché... elles nous font voir des miroirs aux alouettes !!

                    Cette infâmie n’a pas fini de nous coûter notre société s’il n’y pas un sobresaut salutaire en europe pour se dégager de cette politique internationale infâmante qu’impose le leadership wall-streetien.

                    Pas grand-chose à voir avec les religions ? Au contraire quand les médias enfoncent les citoyens dans des croyances diverses, toutes terrorisantes forcément et engendrant donc un grand besoin de sécurité organisée que proposent évidemment les très gentils messieurs-dames du groupe Blderberg, les mêmes qui avaient déjà financé Hitler et les nazis imposent le règne de la religion scientiste dont on ne finira pas d’avertir de lire ECOSCIENCE de John Holdren, nommé à sciences et technologies par sieur Oblabla,

                    Tant de perversité nous amène à devoir considérer de très près nos ressources spirituelles pour tenir le coup et ne pas sombrer dans l’abdication complète devant ce trip totalitaire que les hypnotisés du cirque Obama affichent, mais le contrecarrer tandis qu’il en est encore temps.

                    Mais les occidentaux en sont-ils capables ? Voilà la question, nous sommes tellement habitués à être bercés par les millions de radio qui murmurent leurs chansons hypnotiques qui nous ramènent à cette si douce « normalité » qui coûte tous les jours des vies d’enfants massacrés pour assurer la consommation et surtout... la non-remise en cause du groupe qui ne veut pas lâcher leur soif de contrôle absolu sur les aom.

                    On n’apprendra jamais suffisamment leur histoire, pour bien comprendre à quoi nous avons à faire.

                    voici un excellent documentaire qu’on n’a pas fini d’analyser et qui vous intéressera beaucoup je penses pierre.

                    http://www.youtube.com/watch?v=SeMABRCjrNk



                    et bien vous aurez quand même eu droit à un pavé dans la mare... excuses... on n’ose presque plus s’exprimer je dois dire. Nous ne devons pas accepter de nous laisser étouffer.

                    Et si d’autres pêtent les plombs parce que nous explorons certaines vérités et qu’ils en viennent à commettre des crimes en réaction... qu’ils le fassent, mais qu’ils ne croient pas ni dans l’impunité ni dans le fait de ne pas être responsbles des choix qu’ils opèrent.


                    • Pierre Régnier Pierre Régnier 15 novembre 2009 23:04

                      Bonjour dom

                      La première fois que j’ai été confronté, sur papier ou sur écran, à un texte tapé en blanc sur noir j’ai su tout de suite que j’en lirais peu par la suite car ça m’a épuisé très vite. Simple problème physique.

                      Je ne comprends pas tout ce que vous écrivez mais je crois deviner une grosse erreur. Si NWO signifie bien dans votre texte New World Order, soit Nouvel Ordre Mondial au sens où on l’entend couramment aujourd’hui, c’est-à-dire supposant une volonté de domination du monde, avec ou sans l’idée de complot, il n’y a aucune raison de faire un rapprochement avec le Nouvel Ordre Mondial des bahaïs, lesquels employaient cette expression plus d’un siècle auparavant. Certes ils pensaient alors déjà qu’il fallait aller vers l’établissement d’un « gouvernement mondial » mais certainement pas mis en place par la guerre ou par les vainqueurs de la compétition économique. Les bahaïs le conçoivent depuis toujours comme le résultat de la sagesse et d’un processus pacifique incluant une plus juste répartition des richesses naturelles et des produits du travail.

                      J’ai étudié la « Foi bahaïe » et rencontré de nombreux bahaïs durant des années. Beaucoup sont devenus et restés parmi mes meilleurs amis. Je ne connais pas de croyants qui aient des principes de base et un comportement plus pacifiques et pacifiants. Ceci les conduit d’ailleurs à subir une terrible persécution dans les pays à domination islamique. Je considère le « bahaïsme » comme la quatrième grande religion monothéiste et je trouve très superficielle la réaction de nombreux athées du genre « Ah non, pas ça ! C’est déjà assez compliqué avec trois ! » Ce genre de réaction fait partie, selon moi, des refus multiformes de voir la réalité religieuse de notre époque. L’ostracisme dont ils sont victimes ne dérange d’ailleurs pas les bahaïs outre mesure. Ils vont leur petit bonhomme de chemin avec la volonté de construire « à côté », en essayant de n’être jamais « contre ».

                      J’ai néanmoins avec mes amis bahaïs à peu près le même désaccord qu’avec mes amis chrétiens. Leur prophète leur a annoncé que « la guerre sainte est effacée du Livre ». C’était courageux dans le contexte de violence islamique où l’annonce était faite mais il y avait là la même insuffisance que chez les compagnons de Jésus 18 siècles plus tôt : les uns et les autres n’allaient pas jusqu’à comprendre, dire, affirmer haut et fort que, de toutes façons, la guerre « sainte » ce n’était pas Dieu qui l’avait mise dans le Livre, comme on l’avait enseigné jusque là. La Foi bahaïe, exactement comme le judaïsme et le christianisme dans toute ses composantes, n’a donc toujours pas vraiment, selon moi, rejeté la conception violente de Dieu : comme les autres les bahaïs pensent seulement qu’il ne faut plus l’appliquer. Le fait que leur religion existe seulement depuis un siècle et demi n’est pas pour moi une explication rassurante. Face à la théologie criminogène sacralisée ils sont, eux aussi, « mal partis ».

                      Ça nous ramène au problème général de la relation religion/violence. On me répète inlassablement que les deux sont indissociables, que mon « entêtement » à ne pas le voir est incompréhensible, voire grotesque. On m’affirme que l’idée de vouloir retirer des croyances religieuses une partie dogmatisée, fut-elle celle qui génère la violence n’a pas de sens, qu’il n’y a pas « des » croyances mais seulement « la » croyance, qu’une religion n’est même pas un ensemble de dogmes mais que c’est le dogmatisme qui est la religion. C’est tout ou rien. C’est franchement risible que de ne pas le voir, etc…

                      Je ne vois toujours pas en quoi croire en Dieu oblige à croire à la prétendue volonté de violence de Dieu. Parce que le rejet de cette seconde croyance obligerait les religions à changer radicalement le mental de leurs théologiens, de leurs dirigeants (leurs « pasteurs ») et de leurs adeptes ? Oui et alors ? Des prêtres de plus en plus nombreux affirment aujourd’hui que leur désir ou/et leur choix de vivre en couple un amour humain ne change rien à la qualité de leur foi, à leur engagement au service du Dieu auquel ils croient. Ils affirment que la prétendue exigence divine de leur célibat n’est qu’une invention de l’église (l’humaine, donc faillible, institution) mal inspirée. Pourquoi les croyants ne pourraient-ils pas penser la même chose de la prétendue volonté de violence de Dieu ?

                      Ce qui est certain c’est que ne pas tenter le changement, si l’on est dans les religions, ou ne pas le demander si l’on est à l’extérieur (ne pas l’exiger si l’on a des responsabilités dans la cité) c’est accepter que la violence religieuse continue d’être pratiquée aujourd’hui et demain comme elle a déjà été pratiquée durant 3000 ans.

                      Moi, ça ne me fait pas rire. Et c’est cet entêtement irrationnel qui me sidère quand il vient de « rationalistes ».


                      • Pierre Régnier Pierre Régnier 18 juillet 2011 10:01

                        18 JUILLET 2011 

                        INFORMATION DE L’AUTEUR DE L’ARTICLE 

                        Depuis quelque temps, cliquer sur le lien donné à la fin du présent article conduisait à la formule "Not Found". Ce lien renvoyait en effet à une publication par le site Centpapiers dans sa première version et, dans la nouvelle version, le texte indiqué n’existait plus dans les archives.

                        Mais, à ma demande, Centpapiers vient de republier ce texte « La Décennie »au profit des enfants du monde« va finir en catastrophe ». C’est ici :

                        http://www.centpapiers.com/la-decennie-au-profit-des-enfants-du-monde-va-finir-en-catastrophe/76309

                        C’est une sorte de premier volet à celui qui, ici sur Agoravox, rappelle le « gâchis Décennie » au moment où Madame Bokova prend la suite de Monsieur Matsuura à la direction de l’UNESCO. 

                        Dans les deux « volets », l’objectif est toujours d’obtenir que la précieuse organisation internationale se penche sérieusement sur le VRAI problème de la théologie criminogène, laquelle est MAINTENUE INTACTE par toutes les religions monothéistes.

                        Le plus grand scandale est, selon moi, dans l’obstination de l’Eglise catholique à maintenir sa justification de cette horreur théologique et sa transmission aux générations futures de croyants « chrétiens ».

                        Car si elle est, hélas, logique dans la conception criminogène islamique (avec les effets directement désastreux constatés dans le monde contemporain) elle constitue, dans le monde chrétien, une TRAHISON FLAGRANTE du message pacifiant du prophète juif Jésus, le message évangélique.

                        J’ai, à la suite des deux volets concernant la Décennie UNESCO « au profit des enfants du monde » poursuivi ma réflexion sur - et mon combat contre - la théologie criminogène notamment ici :

                        http://www.centpapiers.com/contre-la-violence-religieuse-pourquoi-si-peu-dexigence/18143

                        et ici :

                        http://www.centpapiers.com/benoit-xvi-premier-responsable-de-la-violence-religieuse-1/38279

                        Début 2011 j’ai vu une avancée considérable contre l’obstination du magistère de l’Eglise catholique dans le fait que le site chrétien Culture et Foi a décidé de reproduire, dans sa chronique « textes critiques », la première de ces deux plus récentes réflexions.

                        Pierre Régnier

                        18 juillet 2011

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès