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J.M. Barroso réélu Président de la Commission annonce une « économie sociale de marché »...

Dans les « orientations politiques pour la prochaine Commission » développées devant les différents groupes du Parlement Européen, J.M. BARROSO a évoqué le développement d’une « économie sociale de marché ».

On pourrait rapprocher cette formule de celle employée de Deng XIAOPING en 1992, dirigeant de la R.P. de Chine qui parlait lui "d’économie socialiste de marché". Le lecteur attentif (et pertinent) aura compris que le plus important c’est bien "le marché".

Or "l’économie sociale de marché" selon J.M.BARROSO, s’inscrit dans une stratégie qui "doit reposer sur notre attachement à des marchés ouverts et sains." Sur "l’ouverture", tout va bien puisque les citoyens-consommateurs européens ont compris toutes les vertus de l’opération pour en finir avec les principes de péréquation tarifaires (par exemple) en constatant (souvent) une hausse des prix et une détérioration de certains services essentiels (électricité, gaz, poste, etc...). Le dogme de la "concurrence libre et non faussée" ne sera donc pas discuté ni remis en cause.

Il faudra chausser de bonnes lunettes pour découvrir le côté "social" (droits des salariés, droit du travail, protection sociale, un emploi vrai et durable) dans le long texte du Président de la Commission Européenne (49 pages). Avec un peu de patience, le "progrès social" apparait à une seule reprise (page 14), l’emploi est un peu mieux traité et la fameuse "économie sociale de marché" est bien répétée pour que chacun soit persuadé du côté social.

L’affirmation de la croyance de J.M.BARROSO dans l’Europe actuelle est sincère. Et les objectifs qu’il assigne pour son avenir sont relativement peu novateurs.

La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi (seconde version) est toujours très défendue par le Président. Il faut toujours lutter contre "les obstacles structurels durables à l’emploi", peu importe la qualité de l’emploi (précaire et/ou flexible), en conservant un état d’esprit un peu paternaliste.

Sur la crise financière actuelle et l’économie de casino, J.M.BARROSO se justifie en précisant que "ces plans n’ont pas été conçus pour renflouer les banques, mais bien pour empêcher un effondrement de l’économie, protéger l’épargne et prévenir les pertes d’emplois". Or, l’une des questions essentielles est d’engager la séparation structurelle et juridique des banques d’investissement et les banques de dépôt (nécessaires aux particuliers) pour éviter à l’avenir le choc actuel. Ce qui aurait pu être une forte proposition européenne. Rappelons que c’est Bill CLINTON (Président des Etats-Unis) qui avait décidé l’autorisation de lier ces deux activités bancaires très différentes. Ainsi, a été aggravée la crise actuelle. Le lecteur sera en attente des mesures envisagées pour la "régulation des marchés".

Au niveau du marché du travail, la flexicurité est à la mode, même si J.M.BARROSO utilise ce terme sans réellement mettre une définition concrétisant sa proposition qui fait largement débat dans tous les pays de l’U.E. .

Le Président BARROSO est aussi moderne par la "lutte contre le changement climatique". La promesse d’engagements est intéressante mais le citoyen restera en attente devant le "juste équilibre entre règlementation, développement technologique et financement". Il y a ici une formule oratoire très politique qui ne conviendra pas à celles et ceux qui attendent de la fermeté sur ce sujet très actuel.

Le principe du "pollueur-payeur" aurait dû être clairement affirmé (c’est bien le moins !) et s’il s’agit d’une priorité, il faudra légiférer et réglementer quitte à mettre à mal la sainte "concurrence libre et non-faussée" comme la "libre circulation des personnes et des biens", formules qui servent trop souvent à engager le démantèlement des services publics nationaux et de proximité qui s’exercent différemment selon les pays de l’Union.

On attendra de connaitre la définition des "nouvelles sources de croissance et de cohésion sociale" et de comprendre la signification réelle de "nous moderniser pour pouvoir nous adapter au changement social...". Quant au "secteur des service moderne...", le lecteur aura compris qu’il s’agit pour l’essentiel de secteurs marchands et livrés à la concurrence, modéré modestement par la création "d’un cadre de qualité pour les services publics et sociaux". "Services publics" sera utilisé une seule fois dans le texte.

Plus positif est le paragraphe sur la recherche mais dynamisée par le secteur marchand et privé, il va de soi.

Sur le monde du travail, J.M.BARROSO en appelle à un "programme pour l’emploi, appelé à compléter les droits des travailleurs". La flexicurité est encore évoquée comme une des solutions, et les "droits sociaux fondamentaux, tels le droit d’association ou le droit de grève". Il souhaite aussi une collaboration étroite entre partenaires sociaux et le devoir de "renoncer au modèle fondé sur des relations industrielles conflictuelles qui est dépassé". En oubliant pas de défendre la "promotion des droits fondamentaux et des droits de l’homme".

Côté investissements, la "Commission proposera aussi un nouveau cadre pour les partenariats publics privé". Au vue de la crise et des demandes des investisseurs privés, nous avons plus à craindre qu’à gagner qu’un texte favorisant ce genre de montage, notamment pour des infrastructures lourdes et onéreuses à construire et entretenir telles que les voies ferrées.

Enfin, le Président BARROSO entend bien maintenir un rôle primordial pour sa Commission en proclamant que "l’activité règlementaire et législative restera une mission fondamentale...". Souhaitons que le Parlement puisse aussi débattre de certaines propositions règlementaires plus en amont.

En conclusion, ce texte est l’expression d’un Président sortant toujours engagé, souvent fier du chemin passé et jamais douteux de la voie qu’il s’est tracé avec le soutien de la grande majorité des gouvernements européens.

Côté "monde du travail", c’est bien une version "light" qu’il dessine au milieu d’une expression très politique et donc très convenue.

J.M.BARROSO a été confirmé comme Président de la Commission Européenne par 382 voix pour (groupes PPE, conservateurs et réformistes, trois quart des libéraux, une trentaine de socialistes notamment espagnols et portugais) contre 217 (socialistes, verts, gauche unitaire, "euroseptiques") sur 718 votants ce qui lui fait obtenir une majorité absolue, score qu’il ne semblait pas espérer lui-même.

Rémi AUFRERE
 

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4 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 18 septembre 2009 10:56

    Bla-bla-bla-bla-bla-bla ....

    Barroso a promis tout et le contraire. Je suggère maintenant de cesser d’être naïf et de penser que les hommes politiques ont le souci de tenir leurs promesses. L’expérience nous prouve le contraire.
    Ne dit on pas : « les promesses des politiques n’engagent que ceux qui y croient » ? C’est très approprié.

    Barroso a d’abord été réélu parce que c’est un personnage falot que Français et Allemands utilisent et manipulent à leur guise. Les autres ont suivi.

    Pour le reste, on continue à briser les acquis sociaux pour aller vers le moins disant social, à privatiser les biens publics, à déréglementer, délocaliser.
    L’ultra libéralisme dans toute sa bêtise , avec pour résultat, lhorreur sociale.

    Barroso et l’europe sont d’abord une étape vers la mondialisation, c’est à dire un gouvernement, une monnaie, armée, législation ... universelle. Avec pour résultat la paupérisation de la très grande majorité pour le profit d’une toute petite minorité.

    Comme le disait G.Soros : « il y a actuellement une guerre, c’est entre les pauvres et les riches, et ma classe, les riches, est en train de la gagner... ».


    • marie 18 septembre 2009 11:21

      et les OGM AGROALIMENTAIRES ? barroso est fan comment vas-t-on stopper cette infamie ?


      • lord_volde lord_volde 18 septembre 2009 13:56

        Ce sale type de Barroso qui avait été recruté au début de son parcours politique (chef de file des étudiants maoïstes) par le sulfureux Frank Carlucci (actuel Président de Carlyle group, ex n° 2 de la CIA et ex ambassadeur US du portugal) va diriger la Commission Européenne dans le cadre d’un second mandat sans avoir préalablement obtenu le consentement de la majorité des peuples composant les Etats membres de l’UE. Voilà le genre de démocratie qu’on nous propose via les institutions de l’UE qui seront renforcées grâce au traité constitutionnel qui a été adopté contre l’hostilité citoyenne européenne.
        L’UE est une pure escroquerie au service des élites oligarchiques et de la puissance financière internationale et ses pères fondateurs ont été des agents de la CIA (Jean Monnet abhorré par De Gaulle qui le considérait comme un voyou infiltré et Robert Shumann le vil traître qui a menti au peuple Français en présentant son projet d’Union des peuples d’europe en vue favoriser la paix alors qu’en réalité ce projet s’inscrivait dans la continuité du grand complot US pour faire mainmise sur sa politique globale tournée vers un nouvel ordre mondial (deal des traîtres).
        Il faut maintenant déconstruire l’europe telle qu’elle se présente, virer à coups de bottes tous les cochons qui, grassement payés, font le jeu du cartel mafieux regroupant l’élites US et Européennes, et remettre en place la démocratie réelle, parlementaire et référendaire.
        Je honni toute celle clique néfaste qui complote depuis toujours dans les seuls objectifs de contrôler les ressources mondiales par le contrôle des institutions créées à cet effet, et de se repaître de leurs instincts les plus réptiliens sans jamais avoir à répondre devant quiconque de leurs actes. 


        • Freebird 18 septembre 2009 15:52

          Dommage qu’il se soit senti obligé de glisser le terme « sociale » au milieu ; s’il se contentait de chercher à doter l’Europe d’une véritable économie de marché, ce serait déjà pas mal...

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