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Accueil du site > Actualités > International > Jamais la Russie n’abandonnera la Syrie

Jamais la Russie n’abandonnera la Syrie

Par Boris Rojin (Colonel Cassad) – Le 6 septembre 2015 

Source : Fort Russ

 Traduit du russe par J. Arnoldski pour Novorosinform

 Traduit en français par Ludovic et relu par jj pour le Saker francophone

 

 

On a beaucoup reparlé ces derniers jours de la participation de troupes russes aux côtés de l’armée de Assad dans la lutte de la Syrie contre le Califat. Je voudrais seulement éclaircir ici quelques points.

 

1. – Ce n’est un secret pour personne que la survie du régime Assad dépend de l’assistance que la Syrie reçoit de la Russie et de l’Iran. La Russie a bloqué la création par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une zone d’interdiction de vol, permettant ainsi la survie politique de Assad. Quant à l’assistance militaire, tant russe qu’iranienne, elle a assuré la survie militaire du gouvernement syrien légitime qui, depuis 4 ans, se bat le dos au mur malgré la perte de nombreux territoires syriens. Le régime Assad a montré ses capacités de combat et de résistance.

 

 

2. – La Russie et l’Iran ne prennent pas part directement aux combats aux côtés des Syriens, mais ils aident à maintenir l’État syrien en vie. Le fardeau de la guerre reste sur les épaules de l’armée régulière syrienne et des milices qui se battent sur les différents fronts. Il est clair que sans les approvisionnements transitant par les ports syriens sur la Méditerranée, il serait beaucoup plus difficile de maintenir les troupes prêtes au combat. Il est aussi évident que sans les conseillers russes polis et les spécialistes appartenant à la Garde révolutionnaire iranienne, les forces syriennes ne seraient pas aussi affûtées. Et donc cela fait longtemps que la Russie et l’Iran participent au conflit du côté du gouvernement syrien, ce qui irrite Washington, qui suggère, diplomatiquement bien sûr, qu’il est temps pour Moscou de laisser tomber le régime Assad. Un certain nombre de suggestions ont été lancées sur le sujet « échangeons Assad ».

 

 

3. – Néanmoins, aujourd’hui, la Russie n’a clairement pas l’intention de cesser de soutenir Assad. Et plus encore, la Russie tente aujourd’hui d’assurer sa survie à long terme, en échafaudant une alliance entre les différents belligérants qui se battent contre le Califat. Moscou espère que si le Califat, et non plus Assad, devient la principale menace, alors les États-Unis accepteront qu’un règlement politique en Syrie puisse se construire sur un compromis avec Assad, et non sur son éviction ou élimination. Mais les États-Unis ont rejeté la proposition russe et, plus encore, ont durci leur position au sujet de la Syrie, déclarant ouvertement que si Assad tente de reprendre du terrain sur les partisans soutenus par les Américains, le territoire sous contrôle de Damas sera bombardé. A cet égard, les États-Unis continuent de souligner que l’opposition pro-occidentale est la mieux structurée, même si aujourd’hui elle est loin de pouvoir inquiéter Assad.

Bachar al-Assad

 

4. – La Turquie, qui a beaucoup craché sur le régime Assad en soutenant ses adversaires sur le terrain, s’est maintenant lancée dans une autre direction, en nettoyant les régions kurdes (notamment celles, autonomes, du Nord de la Syrie et du Kurdistan irakien). Du coup, la Turquie s’est engagée dans le combat contre le Califat et a commencé à lancer des frappes aériennes contre le territoire des cinglés au drapeau noir. Les Américains ont laissé tomber les Kurdes, abandonnant du coup ce projet longtemps caressé d’un Grand Kurdistan en Syrie, Turquie et Iraq. Maintenant, la priorité pour les Américains est d’envoyer la Turquie contre le Califat (la coalition actuelle ne peut rien faire contre) et en même temps d’empêcher tout rapprochement entre Ankara et Moscou, vu la confrontation en cours entre les États-Unis et la Russie.

 

5. – Pour la Russie, il est nécessaire de tenir ses positions en Syrie au milieu d’un désordre sanglant, ce qui veut dire qu’il faut maintenir Assad au pouvoir… La Russie est intéressée au premier chef à l’élimination du Califat, dont l’influence se fait sentir jusqu’en Asie centrale, au Caucase et même sur le territoire russe. Une victoire du Califat signifierait qu’un État islamique très agressif pourrait voir le jour dans le Sud de la Russie. Et que ce Califat chercherait à s’étendre indéfiniment par la guerre et la violence, y compris vers le Nord, donc la coalition qui agit avec les États-Unis pour repousser le Califat est plutôt dans l’intérêt de la Fédération de Russie.

 

6. – Le problème principal : personne ne veut affronter le Califat directement. C’est une chose de bombarder les positions du Califat depuis une base sûre (la défense aérienne des troupes du Califat est faible et s’occupe uniquement de la courte portée, bien que l’exemple de l’avion jordanien abattu montre que le risque n’est pas nul) et là, la Russie peut se joindre aux raids aériens sur des positions du Califat en Syrie dans ces zones, qui peuvent aider l’armée syrienne. Problème : le coût financier du maintien des matériels sur le territoire syrien et le coût des missions de combat.

 

7. – C’est une autre chose, par contre, de mener une guerre au sol. En ce moment, l’armée syrienne, les milices kurdes, les groupes islamiques autonomes [le Hezbollah, notamment, NdT], les groupes pro-syriens, l’armée irakienne et les milices chiites se battent contre les troupes du Califat. L’Iran est indirectement impliqué dans certaines de ces actions, notamment par le biais des milices chiites. Les États-Unis et l’OTAN se sont surtout cantonnés à des frappes aériennes coûteuses, à l’entraînement de l’armée irakienne, et à l’équipement des milices syriennes anti-Assad. Actuellement, la Turquie et l’Iran se retiennent d’envoyer leurs forces terrestres contre le Califat, les pertes pouvant être conséquentes, et les bénéfices d’une telle intervention pouvant être recueillis par d’autres : les États-Unis, la Russie et la Syrie. La Turquie s’intéresse maintenant à une extension territoriale aux dépens des Kurdes. L’Iran, comme avant, préfère mener une guerre hybride, en aidant la Syrie de Assad, les chiites en Iraq et les Houthis au Yémen. Le problème est là : si tout le monde, officiellement, est contre le Califat, les rivalités et antagonismes empêchent la constitution d’une coalition efficace contre celui-ci. Actuellement, les États-Unis, l’OTAN, la Russie et l’Iran se contentent d’une guerre hybride. C’est pourquoi les conseillers militaires américains et européens restent derrière l’armée irakienne et les rebelles syriens, comme le font les spécialistes russes et iraniens pour l’armée syrienne. De plus, les Iraniens aident activement les Houthis à résister à l’invasion saoudite, elle-même soutenue par les États-Unis.

 

8. – On a bien compris que le plan de la Russie est la création d’une coalition contre le Califat qui inclurait Assad, et que cela serait la meilleure solution pour tout le monde (y compris pour la Syrie). Mais quand on sait que personne ne s’intéresse au bien commun, ce plan a peu de chances de se réaliser. Les buts de guerre de chaque participant sont trop divergents. Aussi, il semble bien que la Russie va poursuivre son assistance technico-militaire à la Syrie, en y ajoutant la possibilité de frappes aériennes russes contre les troupes du Califat en Syrie. La présence de troupes russes terrestres en Syrie reste peu probable, surtout pour des opérations sur le territoire syrien. Au maximum, on pourrait en voir pour protéger la région de Tartous et de Lattaquié, si ces ports qui permettent de ravitailler la Syrie étaient réellement menacés. L’Iran ferait de même. Comme avant, ce sont les armées syrienne et irakienne qui se battent contre le Califat (et ces armées sont toutes les deux équipées de matériels russes). En principe, le meilleur scénario pour la Russie serait la destruction du Califat (ou au moins, l’arrêt de son expansion) par les autres, et dans ce plan, le prêt-bail règlerait le problème des armes pour ceux qui doivent détruire l’une des principales menaces dans la région et pour la Russie. Il est sans intérêt pour la Russie d’être entraînée dans une guerre directe contre le Califat, puisqu’elle n’en retirerait pas les principaux avantages.

 

9. – La Russie devrait-elle, ou non, prendre ses distances avec la Syrie ? Nous devons nous rappeler que la Syrie est le dernier pays du Moyen-Orient où la Russie exerce encore une forte influence. Perdre la Syrie signifierait que la Russie serait absente du Moyen-Orient pour longtemps. La chute du régime Assad déferait les derniers obstacles qui gênent le Califat dans son expansion, laquelle ne s’arrêtera pas en Syrie, et notre pays [la Russie, NdT] se retrouverait en première ligne. Jusqu’à présent, la Russie peut choisir ce qu’elle va faire, où et comment elle va agir. A mon avis, une intervention limitée et un soutien massif à Assad sont la meilleure solution, alors qu’une entrée directe dans la guerre ne serait pas rationnelle, et il y a plein de gens, à part nous, qui veulent tirer sur les drapeaux noirs. Mieux vaut leur donner les armes. Aujourd’hui, le renforcement du Califat ouvre à la Russie une fenêtre d’opportunité pour être associée au maintien de la paix et à la diplomatie de la coalition, malgré l’apparente mauvaise volonté de Washington. Il est certain que lors du séjour de Poutine aux États-Unis, il sera question non seulement du Donbass, mais aussi de l’avenir de la Syrie et du Califat.

 

10. – La Russie et l’Iran, tout comme les États-Unis et l’OTAN, affirment n’être pas officiellement engagés dans la guerre. Il s’agit d’une caractéristique de la guerre hybride moderne. Mais tout le monde comprend les règles du jeu, qui sont une conséquence logique de l’évolution des conflits locaux impliquant les grandes puissances, et dans ce contexte la guerre informationnelle-psychologique et ses composants médiatiques ont un rôle important à jouer. La Russie et l’Iran ont beaucoup appris des Américains, et, alors que la guerre entre dans sa quatrième année, on voit que ces deux pays sont de bons élèves. Assad est toujours là, quant à l’offensive saoudienne, elle s’enlise dans le désert yéménite.

 

Boris Rozhin (Colonel Cassad)

 

 

Voir la dernière publication de Sayed Hasan : Les marchands de soupe de la mafia laïque française

 

Les marchands de soupe / Carpetbaggers de la Mafia laïque française

 


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21 réactions à cet article    


  • colere48 colere48 16 septembre 2015 13:40

    Les revendications occidentales envers la Syrie, la Russie et l’Iran résident dans le fait que ces pays sont en fait des États souverains.
    l’Occident étasunien n’accepte pas les alliances et la souveraineté des États.


    • V_Parlier V_Parlier 16 septembre 2015 14:48

      @colere48
      Ils acceptent une seule souveraineté : Celle des USA sur leurs territoires smiley


    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 17 septembre 2015 09:40

      @colere48

      poutine envoye ses sous-marins atomiques en russie COCORICO NOUS LA FRANCE

       ENVOYONS MENARD ET ZEYMOUR  : les fanas de DAECH VONT ETRE MORTS DE RIRE

       !!!!!!!!!


    • Une analyse de source iranienne :

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      IRIB- La présence militaire russe, en Syrie, constituerait une démarche, destinée à enrayer la propagation du chaos

      De concert avec la presse saoudienne, « Yediot Aharonot » a fait publier, ce mardi, un article, où il aborde la présence militaire russe, sur les côtes syriennes. La campagne de matraquage médiatique, déclenchée autour de ce déploiement militaire, laisse supposer plusieurs scénarii, si l’on veut trouver la raison de cette décision surprise de Moscou :

      1- La politique et la position de Moscou, en Syrie, a, depuis le début de la crise, consisté à prôner la solution politique, à favoriser le dialogue syro-syrien, et ce, sans l’ingérence d’aucune puissance étrangère. Ces quatre dernières années, la Russie n’a cessé de faire des efforts et de chercher à résoudre la crise, par des voies négociées. Moscou a tenté de convaincre les Occidentaux et les Arabes de la nécessité d’une solution politique, tout en accueillant deux conférences internationales, à laquelle ont pris part des groupes des Anti-Assad. La présence russe, à Genève 1 et 2, a été, également, très remarquée. Le véto russe, exercé à deux reprises, au sein du Conseil de sécurité, visait, également, à empêcher une reconduction de la tragédie libyenne, en Syrie. 
      2- Les relations Moscou/Damas ont été, ces 50 dernières années, de nature stratégique. Le soutien militaire et logistique de Moscou à l’armée syrienne a été définie, en fonction des liens avec l’ex-URSS. La Syrie constitue l’un des principaux marchés d’armements de fabrication russe et de la technologie militaire « made in Russia ». Une base maritime russe, à Tartous, et la nécessité de sa préservation ne fait que renforcer ces liens.
      3- Le monde entier connaît l’identité des parties qui s’opposent à une solution politique. L’axe Turquie- Arabie- Qatar a tout fait pour qu’une solution négociée à la crise n’ait aucune chance de voir le jour. Ces acteurs ont fait de la mission des envoyés de l’ONU des échecs consécutifs. La Russie pourrait avoir décidé de déployer ses forces, en Syrie, pour lancer un sévère avertissement au camp adverse et sauver de la sorte les chances d’une solution diplomatique
      4 la Russie pourrait avoir décidé de militariser sa présence, en Syrie, pour réagir aux politiques intransigeantes d’Ankara et d’Amman, qui, eux, continuent à caresser le rêve de former des zones tampons, dans le Nord et le Sud de la Syrie. Cette obstination turco-jordanienne agace et inquiète Moscou. La présence militaire de la Russie pourrait s’expliquer par la volonté de Moscou de rappeler à l’ordre et à la raison les deux voisins intransigeants de la Syrie
      5- Cette présence militaire pourrait, également, être une réponse au déploiement des troupes de l’OTAN tout autour de la Russie, qui se poursuit à un rythme effréné. Ces dernières semaines, la Bulgarie et trois pays baltes multiplient leur présence militaire et renforcent leurs capacités en armement.
      6- La Russie pourrait, aussi, avoir décidé d’un déploiement direct, pour empêcher l’érosion des forces et des capacités de combat de l’armée syrienne, en guerre permanente, depuis 2011.

      7- Si la présence militaire de la Russie est aussi importante que le prétendent les régimes arabes, Israël et les Etats-Unis, il faudrait y voir, alors, un changement de cap, dans la doctrine défensive et militaire de Moscou, après la crise, en Ukraine. Les exercices militaires russes, en Méditerranée, sont un avertissement, lancé à l’adresse de l’OTAN, comme quoi la Russie est déterminée à appliquer sa nouvelle doctrine maritime. Cette doctrine prévoit une plus large présence de la flotte navale russe, en Méditerranée et en mer Noire. Outre la base de Tartous, la Russie compte restaurer l’aéroport de Hamimim, à Jabala, à Lattaquié.
      8- La présence militaire russe, en Syrie, pourrait, aussi, être l’expression d’une nécessité sécuritaire, ressentie par la Russie, à la lumière de la nouvelle donne, au Moyen Orient. La Russie supporte très mal la contagion de l’anarchisme, du chaos et de la violence vers ses frontières, depuis le Moyen-Orient. Moscou pourrait avoir senti le danger tout proche, tellement proche qu’il faudrait y réagir, sans tarder, « arme à la main ».


      • Une excellente analyse de Michel Collon
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        L’Europe suivra-t-elle les USA jusqu’en enfer ?
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        Qu’Obama craigne un conflit avec la Chine ou la Russie, ne surprendra pas. Mais avec l’Europe aussi ? Cette amitié, « fondée sur des valeurs » nous dit-on, ne serait pas éternelle ? L’écrivain Michel Collon répond.

        Obama avertit les néocons opposés à l’accord nucléaire avec l’Iran : « Nos plus proches alliés en Europe [n’acceptent plus] les sanctions. Une guerre renforcerait l’Iran et isolerait les Etats-Unis ». Un haut diplomate à Washington confirme : « Si le Congrès US rejette l’accord, ce serait un cauchemar et une catastrophe. »

        Bien sûr ! Immédiatement après l’accord, les firmes allemandes se sont ruées à Téhéran pour signer des contrats bloqués par Washington depuis des années ! En fait, le principe « Les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts » s’applique aussi aux alliances  : une « amitié » éternelle peut vite se transformer en conflit aigu.

        Pour contrôler l’Eurasie, Brezinski proposait en 1997 de bien contrôler l’Europe : « Le problème central pour l’Amérique est de bâtir une Europe fondée sur les relations franco-allemandes, viable, liée aux Etats-Unis et qui élargisse le système international de coopération démocratique dont dépend l’exercice de l’hégémonie globale de l’Amérique. »

        « Démocratique » signifiant « soumis aux USA », Brezinski emploie l’UE pour empêcher une alliance Berlin – Moscou. La Russie étant un partenaire géographiquement « naturel » des sociétés allemandes, la politique US sèmera donc la zizanie. L’Ukraine a servi à cela. Quand l’UE obtint à Kiev un accord entre toutes les parties pour des élections anticipées, Washington organisa le lendemain un coup d’Etat en s’appuyant sur des groupes néonazis ! L’envoyée spéciale US Nuland le résumant avec classe : « Fuck the EU ! » (Baisez l’UE !)

        Nouveau ? Non, dès 1997, Brezinski annonçait : « L’Europe doit être un tremplin pour poursuivre la percée de la démocratie en Eurasie. Entre 2005 et 2010, l’Ukraine doit être prête à des discussions sérieuses avec l’OTAN. » Brezinski voulait centrer l’Europe sur un axe Paris – Berlin – Varsovie – Kiev. Contre Moscou. Il craignait que l’unification européenne échoue (on y vient ?), et que Berlin se tourne vers l’Est. « Les trois grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi : éviter les collusions entre les vassaux (sic) et les maintenir dans l’état de dépendance (…), cultiver la docilité (sic) des sujets protégés ; empêcher les barbares (sic) de former des coalitions offensives ».

        Stratégie dépassée ? Non. Récemment, l’influent analyste US Georges Friedmann, à qui on demandait « Daesh est-il une menace pour les Etats-Unis ? », a répondu de façon ahurissante : « Ce n’est pas une menace existentielle. On doit s’en occuper de manière convenable, mais nous avons d’autres intérêts en politique internationale. L’intérêt principal (…), c’est la relation entre Allemagne et la Russie, car unis, ils pourraient nous menacer. Notre but principal est de nous assurer que cela n’arrivera jamais. » Pour empêcher les multinationales européennes de se tourner vers la Nouvelle Route de la Soie proposée par Pékin, la clé est d’empêcher toute entente entre Berlin et Moscou. Et détourner l’UE de l’énergie russe. Bref, derrière les sourires officiels à la télé, les « amis » occidentaux ne s’aiment pas du tout. L’espionnage NSA l’a confirmé : il n’y a pas d’amis dans le business.

        La relation USA – UE a deux aspects : unité et rivalité. Les multinationales européennes ont besoin du gendarme US pour intimider le tiers monde et en tenir la Chine à distance. Mais les multinationales US profitent de chaque guerre pour voler des parts de marché à leurs rivales européennes. Et Washington est très forte pour faire payer par ses « amis » des guerres qui servent ses intérêts au détriment des « amis ».

        En fait, derrière l’ennemi direct et déclaré, chaque guerre possède un second niveau de conflit. En 91, Bush attaque l’Irak aussi pour saper les contrats français et russes. En Yougoslavie, Clinton veut neutraliser la France et surtout empêcher la formation d’une Euro-armée. En Libye, Obama (avec Sarkozy) sape les contrats allemands et italiens signés avec Kadhafi. En Syrie,

        Obama (avec Hollande) travaille encore contre l’Allemagne. En Ukraine, idem. Et toutes ces guerres US créent des chaos qui rejaillissent sur l’Europe « amie » (crise migratoire, attentats terroristes, perte de partenaires économiques).

        A terme, l’Otan est pour l’Europe un suicide. Suivra-t-elle les USA jusqu’en enfer ? L’avenir du monde en dépend.

        Par Michel Collon


        • soi même 16 septembre 2015 14:49

          Visiblement vos intuitions géostratégiques vous les chercher dans un paquet de lessive bonus.... !


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 16 septembre 2015 17:05

            De toues façons aux yeux des gogos téléphages « Kalachnikov, Toyota et islam » sont les trois mamelles des conflits mondiaux. C’est ainsi que les zuniens se dédouanent de toute responsabilité. En Afrique, Peugeot et catho faisaient du bien meilleur boulot !


            • Yohan Yohan 16 septembre 2015 19:31

              L’histoire nous enseigne que dans cette région du monde, mieux vaut un dictateur aimé par certains et détesté par d’autres que Daech et autres Hi Han Sardines réunis smiley


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 septembre 2015 19:36

                Le plan de coalition proposé par la Russie doit être présenté bientôt aux Nations Unies.
                On va bien voir ce qui en sortira. Le refus des pays de l’ OTAN montrera au monde entier que leurs discours anti Daesh ne sont que du vent.


                La position de la France serait comique s’il ne s’agissait d’une guerre. Vals est comme l’âne de Buridan, il est contre Daesh (soit disant) ET contre Assad. Dans ce cas, on fait quoi ? Mystère...
                Les bombardements sont repoussés, se serait-il aperçu qu’il est interdit par le Droit International d’aller attaquer un pays souverain qui ne vous a pas déclaré la guerre ? Et qu’il faut le feu vert de l’ ONU ? Le gouvernement parle de la Syrie comme si c’était leur propriété personnelle, c’est ahurissant.

                De toute façon, la diplomatie de la France ou rien, c’est la même chose, leurs discours sont à usage interne, personne dans le monde ne se soucie plus de la parole de la France. 

                • doctorix doctorix 16 septembre 2015 20:58

                  Une autre intervention du saker :

                  extrait :

                  Pour conclure, je dirais que ce que nous voyons se mettre en place est du Poutine typique  : tandis que les dirigeants occidentaux préfèrent généralement des actions très visibles [et médiatisées, NdT] qui apportent des résultats immédiats (mais à court terme), Poutine préfère laisser ses adversaires s’infliger eux-mêmes le maximum de dommages avant d’intervenir par étapes graduelles et lentes. Le déchaînement de Daesh par les anglosionistes était une sorte de choc et effroi politique qui a presque renversé le gouvernement syrien. Lorsque cette stratégie d’action rapide mais à court terme a échoué, Assad était toujours là, mais Daesh s’était transformé en un monstre, un Golem qui menaçait tout le monde et que personne ne pouvait contrôler. Quant à Assad, il a été progressivement déclassé, passant du statut de nouvel Hitler gazant son propre peuple à celui de quelqu’un qui sera de toute évidence une partie de la solution (quelle que soit lasolution qui finira pas émerger).

                  Pour tous ceux qui résistent à l’Empire, la leçon est claire : la chose la plus difficile est de rester debout après le premier choc infligé par les forces impériales. Si vous pouvez survivre (comme le Donbass et la Syrie l’ont fait), alors le temps joue en votre faveur et la position de l’Empire commencera à faiblir lentement mais sûrement à cause de ses propres contradictions internes. Lorsque ce processus est en cours, vous ne devez pas tomber dans le piège du surengagement, mais occuper graduellement chaque position (politique ou autre) abandonnée par l’Empire dans le processus de désintégration tout en assurant la vôtre à chaque étape du parcours.

                  http://lesakerfrancophone.net/que-font-reellement-les-russes-en-syrie/


                  • Aristoto Aristoto 17 septembre 2015 00:58

                    Assad a comme même tiré sur les deux pecnot qui beuglait à la démocratie européenne quoi !...après ça, le bordel.

                    Article merdeux vénérant un général à la tete d’une armée !

                    Tyu parle d’une voix du peuple


                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 17 septembre 2015 07:16

                        @Aristoto
                        Je suppose que vous illustrez Daesh ainsi que les néo nazis de Kiev ?


                      • zygzornifle zygzornifle 17 septembre 2015 08:54

                        poutine en a plus dans le slip que tout les présidents-contremaitre-chef de rayons Européens, la seule a en avoir presque autant c’est Merkel, les autres ne sont que des roquets aboyant derrière le grillage .....


                        • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 17 septembre 2015 09:48

                          LA FUHRERIN MERKEL CONTRE LE DESPOTE ASSASSIN DE SON PEUPLE ASSAD ( il en reste

                           combien de syriens : l’armée  ???? )

                          Zygzorgifle merkel ne porte pas de slip mais des strings en peau de cochon 1ère production

                           allemande ° )derrière les canons et chars !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


                          • millesime 17 septembre 2015 12:21

                            Ce sont les guerres et déstabilisations de toutes sortes menées par les Occidentaux (Les USA en tête) en Orient, en Afrique, en Europe et en Asie qui ont exacerbé la question migratoire, les chefs d’Etat et de gouvernements faisant semblant de ne pas comprendre que si l’Irak, l’Afghanistan ou la Libye, les Balkans ou l’Ukraine, et maintenant la Syrie n’étaient pas les victimes de leurs luttes politico-économiques : (maintien de l’Hégémonie du dollar US, contrôle de la production de pétrole et de gaz, agression de la Russie et de la Chine par l’OTAN et l’UE pour la domination de l’Eurasie) , rien de ce qui se passe actuellement ne se serait produit.

                            http://millesime57.canalblog.com


                            • Gandalf Gandalf 17 septembre 2015 17:25

                              Un bon missile électromagnétique là-dedans, et hop, Daesh à la dèche, et, retour à l’âge de pierre.


                              • adeline 25 septembre 2015 20:07

                                @Gandalf
                                oui mais il faut juste le créer ce missile... vous me rappelez kalki


                              • Analis 17 septembre 2015 17:41

                                L’évolution de la position russe en Syrie et les annonces d’une coopération militaire renforcée :

                                http://www.voltairenet.org/article188499.html

                                ----------------------------------------------------------------------------------------

                                L’armée russe commence à s’engager en Syrie

                                par Thierry Meyssan

                                C’est un changement profond et significatif qui vient de s’opérer au Levant  : l’armée russe commence à s’engager contre le terrorisme en Syrie. Alors qu’elle est absente de la scène internationale depuis la dissolution de l’Union soviétique et bien qu’elle avance avec prudence, elle vient de constituer une Commission russo-syrienne, de livrer des armes et du renseignement, et d’envoyer des conseillers. Tout ceci plus ou moins coordonné avec la Maison-Blanche.

                                Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 24 août 2015

                                Originaire du Tatarstan, le général Valéri Guérassimov, chef d’état-major des forces armées de la Fédération de Russie et vice-ministre de la Défense, connait bien l’islam. En outre, il a réprimé des crimes commis par d’autres militaires russes en Tchétchénie et combattu victorieusement les jihadistes de l’Émirat islamique d’Itchkérie.

                                La Russie qui avait négocié une alliance régionale contre l’Émirat islamique impliquant l’Arabie saoudite, la Syrie et la Turquie a dû changer de stratégie après le revirement turc. Ankara a en effet décidé de rompre avec Moscou, annulant sans motif réel le contrat du gazoduc Turkish Stream, créant avec l’Ukraine une Brigade islamique internationale pour déstabiliser la Crimée [1], et venant en renfort de l’Émirat islamique contre les Kurdes du PKK et de l’YPG.

                                Identiquement, la Maison-Blanche a dû changer de stratégie après les manœuvres du général John Allen qui s’était engagé auprès du président Recep Tayyip Erdoğan a créer une « zone de sécurité » pour l’Émirat islamique au Nord de la Syrie [2].

                                En définitive, Moscou et Washington ont coordonné

                                - le retrait des missiles Patriot stationnés en Turquie ;

                                - la création d’une Commission militaire russo-syrienne.

                                La fin de la zone d’exclusion aérienne

                                Les missiles Patriot avaient été installés à partir de janvier 2013 par l’Otan en Turquie afin d’empêcher l’armée de l’air syrienne de se déployer à la frontière. De la sorte, les jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda) avaient pu s’emparer du Nord du pays. À partir de l’été 2014, cette zone impossible à survoler avait été occupée par l’Émirat islamique.

                                Ainsi, lors de la bataille de Kobané, l’armée de l’air syrienne n’avait pu bombarder l’Émirat islamique et avait été contrainte de tenter une percée terrestre pour sauver la ville. Comme elle ne parvenait pas à franchir les 30 derniers kilomètres, la presse atlantiste présenta les forces kurdes du YPG comme indépendantes de Damas, alors que la République arabe syrienne lui avait fourni ses armes et payait ses soldats.

                                Les missiles Patriot, initialement déployés par l’Allemagne et les Pays-Bas, sont aujourd’hui allemands et espagnols. Ils seront d’abord révisés et modernisés, puis redéployés en Lithuanie, à la frontière russe.

                                L’entrée de l’armée russe dans la guerre contre la Syrie

                                Alors que depuis le début du conflit, la Russie s’est abstenue de participer aux opérations militaires, elle vient de créer une Commission militaire russo-syrienne. Pourtant, l’Otan a organisé l’ensemble des événements dit du « Printemps arabe », dont la guerre contre la Syrie, et a coordonné les groupes jihadistes étrangers et leurs collaborateurs libyens et syriens, dits « rebelles », depuis la base turque d’Izmir [3], devenue depuis le siège du LancCom (commandement des forces terrestres des 28 États membres de l’Alliance atlantique).

                                En quelques semaines, de nombreux conseillers militaires sont arrivés à Damas. On évoque la possibilité d’ouvrir un second port militaire russe.

                                Six Mikoyan-Gourevitch MiG-31 ont été livrés. Ces avions sont les meilleurs intercepteurs au monde. Ils avaient été achetés en 2007, mais ce contrat avait été bloqué. Leur livraison ne tombe pas sous le coup de l’embargo sur les armes car ils ne peuvent pas être utilisés à des opérations de maintien de l’ordre, mais uniquement à la Défense nationale, en l’occurrence face aux incursions d’Israël ou de la Turquie. Sous des prétextes divers, ces deux États sont intervenus de multiples fois au cours de la guerre pour soutenir les jihadistes lorsqu’ils étaient en difficulté.

                                Ainsi, le 30 janvier 2013, Tsahal bombardait le Centre de recherches militaires de Jemraya, sous prétexte de détruire des armes destinées au Hezbollah. Il s’agissait en réalité de détruire une mallette de communication des données satellitaires de l’Otan, saisie par l’Armée arabe syrienne, avant que celle-ci n’en perce le système de cryptage [4]. L’opération avait été conduite par l’armée de l’Air israélienne en coordination avec l’Armée syrienne libre, elle même encadrée par des officiers de la Légion étrangère française sous la supervision du LandCom de l’Otan. Depuis, les opérations communes se sont succédé. Le 21 août, alors qu’al-Qaïda attaquait au sol et Israël depuis les airs la base militaire syrienne de Quneitra (limite du Golan), la Défense syrienne a été en mesure d’abattre un des avions de la Coalition jihadistes/Israël.

                                Simultanément, l’armée russe vient de fournir, pour la première fois, des images satellitaires à la Syrie. Cette décision, attendue depuis cinq ans, renverse la situation militaire. En effet, jusqu’ici les jihadistes échappaient souvent à l’armée arabe syrienne grâce aux images satellitaires que l’Otan leur fournissait en temps réel. Même si, depuis un semestre, il semble que l’Otan ne partage plus ses renseignements avec l’Émirat islamique, mais uniquement avec le Front al-Nosra (al-Qaïda).

                                Enfin, les conseillers militaires russes rassemblent de nombreuses informations de manière à étudier la possibilité d’un déploiement international sous l’égide des Nations unies. Ils devraient présenter un rapport au Kremlin qui étudiera aussi bien la possibilité d’une opération russe que celle d’une opération conjointe de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Celle-ci se réunira au Tadjikistan, à Douchanbé, le 15 septembre. Un déploiement de l’OTSC avait déjà été envisagé, en juin 2012 lors de la préparation de la « Conférence de Genève 1 » [5]. En effet, cette alliance militaire comprend trois États à population musulmane, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan, plus aptes que la Russie à lutter contre des terroristes se réclamant de l’islam. Cependant à l’époque, l’OTSC n’avait pas d’accord avec l’Onu pour effectuer des opérations de paix. Ceci a été réglé le 28 septembre 2012 et pourrait être appliqué aussi bien en Afghanistan qu’en Syrie [6].

                                Les limites de la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche

                                Quoi qu’il en soit, la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche a ses limites : la Russie souhaite éradiquer les jihadistes avant qu’ils ne se retournent contre elle, tandis que les États-Unis espèrent bien que certains d’entre eux pourront être activés dans d’autres conflits, comme ce fut le cas précédemment en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, en Tchétchénie et au Kosovo.

                                D’ores et déjà, quelques éléments de Daesh sont arrivés à Kherson (Ukraine), où se trouve déjà un prétendu « gouvernement de Crimée en exil ».

                                Il est évident que, du côté états-unien, le retrait des Patriot est un piège. Washington serait enchanté que la Russie réduise le nombre de jihadistes, mais ne serait pas mécontent non plus si elle s’enlisait en Syrie. C’est pourquoi l’ours russe avance avec prudence.

                                Thierry Meyssan

                                [1] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 août 2015.

                                [2] « Clinton, Juppé, Erdoğan, Daesh et le PKK », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 août 2015.

                                [3] “Izmir base likely to become NATO’s Land Component Command”, Today’s Zaman, 6 juin 2011.

                                [4] « L’ASL et Israël attaquent un Centre de recherche syrien », Réseau Voltaire, 31 janvier 2013.

                                [5] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

                                [6] « L’OTSC pourra déployer des « chapkas bleues » sur mandat de l’ONU », Réseau Voltaire, 29 septembre 2012.


                                • Analis 17 septembre 2015 17:48

                                  Le déploiement de forces russes apparaît maintenant confirmée par diverses sources, ce n’est plus seulement Le Figaro ou Le Monde (et la France continue de se discréditer...) :

                                  http://www.voltairenet.org/article188616.html

                                  -------------------------------------------------------------------------

                                  La France tente d’entraver le déploiement militaire russe en Syrie

                                  Réseau Voltaire | 6 septembre 2015

                                  La Russie poursuit la préparation de son déploiement militaire en Syrie [1]. Des équipes syriennes s’activent jour et nuit pour agrandir l’aéroport de Lattaquié et y construire une nouvelle piste et des hangars pour les avions russes. Répondant à des journalistes en marge du Forum de Vladivostok, le président Poutine a confirmé ses intentions tout en précisant qu’il était encore trop tôt pour évoquer ce déploiement [2].

                                  Selon toute vraisemblance, la Russie devrait annoncer son entrée en guerre contre Daesh à la demande de la Syrie, avant la fin septembre. Il est peu probable que les forces aériennes russes puissent être coordonnées avec celles de la Coalition conduite par les États-Unis. On assistera alors à une répartition des rôles, Moscou bombardant l’ensemble des jihadistes en Syrie, sans intervenir dans le conflit entre le gouvernement et son opposition autochtone, tandis que Washington et ses alliés se concentreraient sur le seul Émirat islamique (« Daesh ») en Irak.

                                  Depuis un an, la Coalition anti-Daesh s’est contentée d’empêcher les jihadistes de gagner du terrain, mais n’a pas cherché à les détruire. Bien au contraire, de très nombreux témoignages attestent du largage répété d’armes aux jihadistes. Toutefois, la Coalition semble avoir changé de stratégie en juillet. Elle a ainsi bombardé Daesh et a aidé l’Armée arabe syrienne à défendre Hassaké, tuant environ 3 000 jihadistes.

                                  Le déploiement russe contre Daesh en Syrie mettrait fin aux ambitions de la France de renverser la République.

                                  Le président François Hollande, qui déclarait le 25 août son intention de «  neutraliser » son homologue syrien [3] cherche donc à s’y opposer. Il faut comprendre « neutraliser » au sens militaire du terme, c’est-à-dire éliminer du jeu au besoin en tuant.

                                  C’est pourquoi la France devrait annoncer le 7 septembre son intention de bombarder Daesh en Syrie, sans l’accord de la République arabe syrienne. Les avions français voleraient ainsi au secours du Front al-Nosra (al-Qaïda) et entraveraient le déploiement militaire de la Russie.

                                  Cependant, au sein des armées françaises, on relève que la France a déjà brièvement participé aux actions de la Coalition en Syrie, même si cette participation est restée secrète [4]. Lorsque le président Hollande ordonna de se retirer, Washington réagit en cessant tout partage de renseignement. Par conséquent, la France, qui a fermé l’ensemble de ses installations en Syrie depuis le début du «  Printemps arabe », ne dispose aujourd’hui d’aucune information sur ce qui s’y passe et parle d’un sujet dont elle ignore tout. L’état-major français fait remarquer qu’il lui faudra des semaines d’observation avant de comprendre la situation au sol et de pouvoir débuter des bombardements efficaces ; un délai qui pourrait réduire à néant les ambitions de François Hollande.

                                  [1] « L’armée russe commence à s’engager en Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 août 2015.

                                  [2] “Vladimir Putin answered Russian journalists’ questions”, by Vladimir Putin, Voltaire Network, 4 September 2015.

                                  [3] « Discours de François Hollande à l’ouverture de la semaine des ambassadeurs », Réseau Voltaire, 25 août 2015.

                                  [4] « Le Royaume-Uni et la France bombardent Daesh en Syrie », Réseau Voltaire, 21 juillet 2015.


                                • Analis 17 septembre 2015 17:56

                                  http://www.voltairenet.org/article188668.html

                                  La préparation du déploiement militaire russe se poursuit en Syrie

                                  par Thierry Meyssan

                                  Une campagne a été lancée par les opposants à l’accord entre les États-Unis et l’Iran pour accuser la Russie de vouloir annexer militairement la Syrie comme la Crimée. En réalité, Moscou prépare une opération contre les jihadistes, en application des résolutions de l’Onu, et la mènera avec ou sans Washington. D’ores et déjà la Maison-Blanche a organisé une opération conjointe de la Coalition internationale et de la Syrie. La France tente de prendre le train en marche tout en espérant encore saboter la réconciliation États-Unis/Iran.

                                  Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 14 septembre 2015

                                  En marge du Forum économique de Vladivostok, le 4 septembre 2015, le président Vladimir Poutine a confirmé son intention d’intervenir en Syrie contre les jihadistes.

                                  La préparation du déploiement militaire russe se poursuit en Syrie provoquant la colère des Occidentaux. L’annonce que j’avais faite, dans ma chronique hebdomadaire d’Al-Watan [1], de la création d’une Commission militaire conjointe syro-russe, de la transmission d’informations satellitaires russes, de l’arrivée de nombreux experts russes et de la livraisons d’armes plus sophistiquées que précédemment a soulevé une tempête lorsqu’elle s’est trouvée confirmée par les sites israéliens Ynet [2] et DebkaFile [3]. Par la suite, j’ajoutais à ces éléments la modernisation et l’agrandissement de l’aéroport de Lattaquié [4].

                                  Pourtant, une fois encore, les journalistes israéliens tordaient la réalité. Ils laissaient entendre que la Russie allait déployer son aviation et son infanterie pour défendre un Gouvernement syrien proche de la défaite. Certains commentateurs, notant un possible transfert depuis Sébastopol de la 810ème Brigade de la Marine russe, évoquaient l’exemple de la Crimée et parlaient d’une possible annexion militaire russe de la Syrie [5].

                                  Il n’en est évidemment rien. La Fédération de Russie continue à rechercher une solution politique au conflit inter-Syriens, en organisant un dialogue entre le gouvernement et son opposition, en application du Communiqué de Genève du 31 juin 2012 [7].

                                  Simultanément, répondant à l’appel de la République arabe syrienne dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, la Fédération de Russie envisage de suivre l’exemple de la Coalition conduite par les États-Unis contre Daesh, et de lancer sa propre opération contre les jihadistes.

                                  La Russie en a informé l’émissaire états-unien, Michael Ratney, lors de son voyage, le 28 août, à Moscou [8]. En outre, Sergey Lavrov a publiquement appelé à une coordination avec l’armée états-unienne face aux jihadistes [9].

                                  Et c’est bien ce qui fait peur au clan Petraeus/Allen/Clinton/Feltman/Juppé/Fabius. En Syrie, un gouffre sépare la réalité de la fiction médiatique. Et comme toujours dans ce type de situation, avec le temps, ce sont les producteurs de propagande qui sont emprisonnés dans leur rhétorique et, en définitive, qui sont intoxiqués par leurs propres mensonges.

                                  La Fédération de Russie envisage non pas de « réduire » Daesh, mais de vaincre tous les jihadistes, qu’ils se réclament de l’Émirat islamique, d’al-Qaïda, du Front islamique ou de toute autre organisation. Du coup, chacun réalise qu’il n’y a actuellement plus aucun groupe armé anti-gouvernemental qui ne soit pas lié aux jihadistes. C’est tellement vrai que le Pentagone reconnaît ne plus avoir de nouvelles des « rebelles modérés » qu’il avait formés pour lutter contre Daesh, car tous, sans exception, ont déjà rejoint al-Qaïda. Les Syriens qui s’étaient joints aux combattants étrangers au début de la guerre ont réintégré la République, à travers les nombreux accords de réconciliation mis en œuvre depuis trois ans par le gouvernement, ou ont adopté les objectifs des jihadistes.

                                  Par conséquent, s’ils décident de passer à l’acte, les Russes vont attaquer la totalité des groupes armés qui sèment la terreur en Syrie. Les Occidentaux ne pourront plus cacher que la « Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution », qu’ils ont reconnue comme la représentante du peuple syrien, soutient les jihadistes. Ils devront donc prendre en considération les partis politiques de Syrie, y compris ceux qui se sont alliés au Baas pour faire face aux jihadistes.

                                  Une erreur complète de diagnostic

                                  Les Occidentaux, qui ont fermé leurs ambassades et se sont privés de tout moyen d’analyser ce qui se passait dans le pays, ont commis plusieurs erreurs de jugement. Ils ignorent la transformation de la société syrienne par quatre années de guerre.

                                  D’abord, il y a certes des conflits politiques en Syrie, mais pas de guerre civile. La presque totalité des citoyens s’est rassemblée derrière le président el-Assad contre l’agression étrangère qui menace la survie de la civilisation du Levant.

                                  La presse atlantiste estime que le régime ne contrôle plus que 20 % du territoire et qu’il va donc bientôt tomber. C’est qu’en effet le territoire syrien habitable est restreint, tandis que le désert est vaste. La République a choisi de défendre les populations plutôt que le territoire avec ses champs de gaz et de pétrole tant convoités. Du point de vue gouvernemental, 20 % de la population a été contrainte par les combats de se réfugier à l’étranger, 75 % se trouve sous la protection de la République, et au maximum 5% dans les vastes territoires dans lesquels les jihadistes évoluent.

                                  Ensuite, si en 2011 beaucoup croyaient au mythe du « Printemps arabe », il n’en est plus de même aujourd’hui. Le projet du département d’État de placer les Frères musulmans au pouvoir dans tout le monde arabe a fait long feu. L’expérience égyptienne est devenue un repoussoir. Depuis l’opération « Volcan de Damas » de juillet 2012, le conflit est une guerre de jihadistes. Le choix n’est plus d’être pour ou contre le parti nationaliste Baas, mais d’être pour ou contre la modernité. Les jihadistes défendent un modèle de société gouverné par des hommes polygames, où les femmes ne peuvent sortir de chez elles que voilées et escortées par un homme de la famille, où les homosexuels sont mis à mort, où seul l’islam est autorisé et où la pratique wahhabite est obligatoire. Il est déjà surprenant que 5 % de la population accepte de vivre dans les zones où évoluent les jihadistes. Et il est absurde d’espérer qu’ils puissent devenir plus nombreux [10].

                                  En s’accrochant au mythe du « Printemps arabe », qu’ils ont eux-mêmes créé et eux-même détruit, les Occidentaux ont perdu contact avec la réalité. Ils prétendent soutenir un mouvement démocratique hostile au président el-Assad. Mais, outre qu’en temps de guerre la démocratie paraît être un luxe, non seulement les démocrates soutiennent le président el-Assad contre les jihadistes, mais il apparaît comme leur meilleur champion.

                                  En prenant ses informations exclusivement auprès de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, la presse atlantiste a choisi de s’intoxiquer et d’intoxiquer l’opinion publique. L’OSDH n’est pas une association neutre, mais un organe de propagande des Frères musulmans. Et la confrérie est la matrice de tous les groupes jihadistes. Tous leurs leaders sont des membres ou d’anciens membres des Frères musulmans, d’Ayman al-Zaouahiri à Zahran Allouche. Les Occidentaux payent aujourd’hui les conséquences de quatre années de propagande.

                                  Le cas de la France

                                  Le président Hollande a annoncé qu’il autorisait ses armées à survoler le territoire syrien pour accumuler des informations sur Daesh et qu’il pourrait ultérieurement les autoriser à bombarder l’organisation jihadiste.

                                  Il y a une part de gesticulation désespérée dans cette annonce. En effet, François Hollande la justifie par l’impossibilité de lutter efficacement contre Daesh en ne le bombardant qu’en Irak ; mais c’est précisément l’argument que le président Obama avait employé pour le convaincre en 2014 et qu’il avait alors rejeté. De même, il y a une forme de fanfaronnade à clamer que les opérations aériennes ont débuté le 8 septembre alors qu’une tempête de sable d’une intensité historique s’abattait sur le Proche-Orient, brouillait les systèmes de navigation électronique et rendait impossible le décollage des avions. Surtout, il y a une rare mauvaise foi à déclarer que l’Armée arabe syrienne ne détruira pas les aéronefs français parce qu’elle ne contrôle plus le Nord du pays, alors qu’il a secrètement envoyé une ambassade militaire à Damas pour obtenir l’autorisation de survol nécessaire.

                                  Obama poursuit l’application de l’accord de Lausanne

                                  Il semble cependant que la France a tiré les conséquences de l’accord signé par Washington et Téhéran, le 14 juillet à Lausanne, et qu’elle ne souhaite pas se trouver isolée dans un Proche-Orient en pleine réorganisation.

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