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Kadhafi et la carte tchadienne

Le colonel aurait-il une stratégie sudiste

La question taraude les chancelleries. Kadhafi envisage-t-il une reconquête de la Libye à partir du Tchad ? Ce n’est pas totalement inenvisageable au regard du passé tumultueux de ces deux pays et du fait que l’ancienne colonie française a été, à plusieurs reprises depuis son indépendance, un protectorat libyen, sinon plus. On tente donc, très vite, d’en finir avec les poches de résistance tribale de Kadhafi et, surtout, de mettre la main sur lui avant une possible fuite vers le sud.

Car le cap au sud des kadafistes peut, bien sûr, être une simple fuite nigérienne, une demande d’asile au Burkina ou un repli stratégiste tchadien. Le silence de N’djamena trouble Paris. Il convient donc de faire un rappel historique.

Le Tchad, dans ses frontières actuelles, est une création de la colonisation européenne. Ses frontières résultent de négociations entre Français, Anglais et Allemands dans les années 1880. Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920, dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur, Félix Éboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre, en 1940.

Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960, sous la présidence de François Tombalbaye. Celui-ci dut, bientôt ,faire face à la révolte des populations du Nord, en majorité musulmanes. Ce qui l'amena à solliciter l'aide des troupes françaises, en 1968. Après l'assassinat de Tombalbaye en 1975, le pouvoir échut au général Félix Malloum, qui dut céder la place au nordiste Goukouni Oueddei, à la suite de la première bataille de Ndjamena, en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes libyennes.

Après l'échec d'un projet de fusion entre le Tchad et la Libye en 1981, les troupes libyennes se retirèrent dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement français. Accord de dupe. En 1982, Goukouni Oueddei est renversé, à son tour, par Hissène Habré et doit faire appel, l'année suivante, au support des forces françaises pour l'aider a contenir une nouvelle invasion libyenne (Opération Manta). 

En 1987, une contre-offensive des forces franco-tchadiennes contraignit finalement les troupes libyennes à évacuer le pays, à l'exception de la bande d'Aozou, qui ne fut restituée officiellement au Tchad qu'en 1994. En 1990, Hissène Habré fut renversé du pouvoir par Idriss Déby Itno, qui est en place depuis lors, non sans difficultés.

Paradoxalement, ce dernier semble bénéficier, aujourd'hui, du soutien de la France et de la Libye, face aux divers mouvements de rébellion qui seraient plus ou moins encouragés par le Soudan voisin, en liaison avec le conflit du Darfour. Mais cette impression peut être trompeuse et le colonel a peut être encore des alliés et des infiltrés tchadiens. L’option tchadienne, Kadhafi doit certainement y penser. Mais cela peut être, pour le colonel et après tant d’autres, un mirage sahélien de plus.

http://metamag.fr/metamag-380-Kadhafi-et-la-carte-tchadienne-Le-colonel-aurait-il-une-strategie-sudiste—.html


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5 réactions à cet article    


  • gaulois42 gaulois42 9 septembre 2011 10:35

    C’était à prévoir ! Le president du Tchad va se faire un plaisir d’aider son « grand Ami, son Frère » Muhamad.....juste pour faire un petit dans le dos aux Français colonialistes (sic).
    Nous avons connu dans le passé, les groupes terroristes tels que ; Septembre noir, Al Qaida, Aqmi et maintenant nous allons devoir nous défendre contre les commandos terroristes de Kadafi qui pour remercier Sarkozy de son intervention en Lybie, va tenter de mettre à feu et à sang le peuple français sur le territoire français.


    • Furax Furax 9 septembre 2011 12:01

      Ce serait un curieux pied-de-nez, mais au Tchad rien n’est impossible.
      Pourtant...
      Lorsque vous dites :
      « En 1987, une contre-offensive des forces franco-tchadiennes contraignit finalement les troupes libyennes à évacuer le pays »
      on peut préciser que l’armée libyenne fur totalement mise en déroute par l’armée tchadienne d’ Hissène Habré (ce dernier méprisait puissamment Kadhafi qu’il surnommait l’« efféminé de Syrte »).
      La politique française fut habile, pour une fois, ne s’impliquant pas dans les combats et se « contentant » de fournir les renseignements satellite et les appros carburants et munitions. Plus le bombardement de la piste de la principale base libyenne à Ouaddi-Doum.
      Le bénéfice de la victoire sur le terrain fut totalement laissée aux tchadiens, il fallut même que « Tonton » intervienne pour faire stopper une attaque des goranes d’ Hissène Habré qui étaient en route vers Tripoli et avaient pénétré de 300 km en territoire libyen !
      Hissène Habré qui était, entre Mitterrand et Chirac, le seul chef d’état étranger invité au défilé du 14 juillet 1987
      Les choses ont bien changé.
      Et si Idriss Deby parle de son ami le « frère Muhamad », n’oubliez pas comment ce même « frère Muhamad » fut reçu en France il y a peu de temps !!!
      Je suis étonné que les troupes de Kadhafi aient été défaites si rapidement si elles avaient le soutien des Toubous tchadiens qui sont des guerriers hors du commun. Ils ne devaient pas être si nombreux.
      Maintenant ?
      Allez savoir.
      Idriss Deby est, quoi qu’on en dise, très proche de la France. Ce qui ne l’empêchera peut-être pas de recevoir le « Guide ». N’est-il pas dans l’intérêt du Nouvel Ordre Mondial d’entretenir des guérillas permanentes pour justifier la présence militaire sur les champs pétrolifères ?


      • paul 9 septembre 2011 14:26

        Le soutien d’Idriss Déby par la France n’a rien de paradoxal : il date de 1990 et a permis l’établissement d’une force militaire ( Eufor dont plus de 1000 soldats français) .

        Voisin du Soudan, le Tchad est une zone géostratégique importante pour l’Occident .
        - une réserve estimée à 1 milliard de barils de pétrole ( exploitée par Exxon-Mobil ) .
         -une zone de contrôle ,avec l’appui américain, à la charnière des mondes arabe et noir , et de la sphère d’ influence anglophone / francophone : la partition du Sud Soudan n’y est pas étrangère .

        Le discours de Sarko ( enfin Guaino ) à Dakar n’était pas faux dans le fond : les africains n’ont pas pris leur destin totalement en main : tant qu’ils n’auront pas viré les étrangers installés dans leur pays et récupéré le bénéfice de l’exploitation de leurs immenses ressources , ils ne seront pas réellement indépendants .


        • paul 9 septembre 2011 14:40

          J’ai laissé de coté le sujet Kadhafi de l’article, mais toute les hypothèses sur le lieu de sa fuite sont possibles, ce qui va alimenter un feuilleton du type Ben Laden , au grand bénéfice des médias . Sera t-il flingué dans un coin du désert ou emprisonné par le CPI, passionnant la suite,
          mais pas la gestion du chaos en Libye, pas plus que celui en Irak .


          • Arnaud Burnais Jean Tourre-Louppe 9 septembre 2011 15:37

            Opération Manta - Tchad 1983-1984 - Les documents secrets - Colonel Spartan_117 (pseudo)

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Opération_Manta

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