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Kafiristan

Les Talibans sont la création des États-Unis et le Pakistan est celle des anglais.

C’est curieux de voir des hommes issus pour leur majorité de familles très aisées, ayant fait leurs études en GB et parfois aux EUA ; ayant servis loyalement les colonisateurs se transformer en adversaires de ces derniers pour finalement « défendre » la cause de leurs coreligionnaires et les indigènes.

Le Pakistan est l’œuvre d’un homme qui n’a jamais montré de par son comportement le moindre attachement au respect strict des normes religieuses. Il est curieux de le voir réclamer un État où les musulmans ne soient pas minoritaires. Est-ce par peur de la domination des hindous ou parce que finalement un État laïc qui protège les droits de chacun quelle que soit sa croyance n’est pas le but et l’objectif à atteindre mais bel et bien de mettre des normes religieuses au dessus de tout consensus démocratique ? L’islam dit une chose et il ne faut pas la discuter et pas question que la loi de la majorité l’emporte. C’est le clan, le groupe social, le réseau, des liens et des affinités d’argent et de pouvoir qui ont animé beaucoup de leaders de Tiers-monde lors des indépendances.

La question nationale ne fut qu’un alibi. Certains furent naïfs et ils ont donné leur vie et leur énergie pour un combat dont le résultat fut confisqué par une minorité. Celle-ci n’a rien à envier aux anciennes puissances coloniales et elle les dépasse largement en cruauté et rapacité. Les gens ont réagit stupidement en pensant que la politique donne quelque chose aux pauvres et aux faibles. Ils ont substitué des exploiteurs par d’autres plus cruels et plus cyniques. Avant les indépendances, l’ennemi et l’adversaire était facilement identifiable, il venait d’ailleurs. Maintenant et plus de cinquante ans après les joies de l’indépendance, l’ennemi parle la même langue, pratique la même religion.

Pour revenir au Pakistan, ses premiers leaders l’ont conduit vers l’indépendance. Mais de quelle indépendance ? Il s’est affranchi de quoi et de qui ?

Le partage s’est fait parce que les Britanniques l’on voulu. Pour eux, et depuis la révolte des Cipayes, il ne faut plus laisser aux opprimés la possibilité de s’allier contre eux. Il y a eu bien là une question de graisse animale dans les cartouches. Mais, au-delà de l’interdit alimentaire, c’est surtout une conscience de pouvoir lutter contre l’injustice, le mensonge et le mépris. Il est cependant indéniable que les motifs liés à la religion et aux traditions sont déterminants dans le soulèvement. Cela peut être contourné. Les Britanniques tirent la leçon de cette révolte et leur perspicacité psychologique les met sur la voie déjà étudiée dans un petit livre intitulé le Prince, écrit par Machiavel. De jouer des traditions et des religions à des fins purement stratégiques et politiques, et notamment la pratique de la politique « diviser pour mieux régner ». Il existe et il existera toujours des excités de tous genres qui sont prêts à en découdre pour se sentir valorisés et assouvir des penchants belliqueux. C’est l’occasion de les encourager et de les entretenir, créant un problème insoluble à plusieurs inconnues. Lesquelles sont mises en avant chaque fois que ce sera utile.

Sir Muhammad Iqbal poète de son état fut l’un des premiers a émettre l’idée d’un foyer national pour les musulmans du sous-continent indien. En clair, un territoire, un espace séparé de l’Inde britannique.

Muhammad Ali Jinnah à mis en pratique cette idée lumineuse sortie tout droit de la tête d’un poète illuminé. Au lieu d’assister à une coopération des Indiens pour construire une nation laïque et démocratique, la ligue musulmane œuvre pour le partage des Indes, sous prétexte d’une prétendue crainte de l’hégémonie hindoue.

Les États princiers devaient choisir leur appartenance tout simplement par le fait du prince. Mais quand le Prince souhaite tirer son épingle du jeu, parce qu’il cherche l’autonomie de son territoire, un prince hindou avec une population musulmane, cela donne la partition du Cachemire. On joue une partition dans la partition. Et la symphonie sanglante continue.

Pour réaliser le rêve, d’un pays des purs, il aurait fallut que 15 millions de personnes soient déplacées des deux sens de la frontière nouvellement créée. Sans oublier les atrocités et les massacres des populations. Selon certaines estimations, bien qu’excessives, le nombre d’un million de morts (en quelque mois) n’est pas à exclure.

Ce n’est pas une nation historique, ce n’est pas la lutte d’un peuple, c’est le souhait d’individus nourris et soutenus par les Britanniques. D’autres peuples, même s’ils ont des leaders n’arrivent pas à trouver de visibilité. Les Kurdes et les Tamouls de Sri Lanka n’ont pas eu cette « chance » de se voir attribués un territoire.

Tout est bon pour, même après coup, enflammer la fibre nationaliste. Le Penjab, l’Afghania, l’Indus-Sind et le Baloutchistan et le Kashmir donnent l’acronyme (PAK) des territoires revendiqués par les musulmans. La religion est ainsi un élément fondateur de la « nation » des Purs. L’explication de texte quant à l’étymologie du mot « Pâk » est pour le moins douteuse quand on tente de lui donner une origine ourdoue. Rien n’est plus facile que de trouver une signification élogieuse à n’importe quel mot. Les publicitaires y sont forts.

Cette nation vit trois guerres avec l’Inde. Une partie de son territoire a été amputée pour donner le Bangladesh. Un conflit armé dans le territoire du Cachemire est en attente de solution. Une forte implication dans la création des Talibans, leur armement et leur soutien, et une frontière avec l’Afghanistan lui donne un droit de regard sur les enjeux internationaux de la région. La Chine a soutenu le Pakistan contre l’Inde et l’a probablement aidé dans son programme nucléaire.

Les jeux de stratégie font toujours des perdants, certains peuples qui ne sont au courant que de ce qui est autorisé de l’être et qui soutiennent aveuglement des luttes qui les dépassent.


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12 réactions à cet article    


  • Ali 4 septembre 2010 12:45

    votre article a le mérite de nous éclairer sur les talibans émanation yankee

    aujourd’hui, ce sont des méchants qui « emburqinent » leurs femmes et les déscolarisent

    et nous retrouvons le colonisateur européen qui trace les frontières comme deux voisins délimitent leurs propriétés


    • fonzibrain fonzibrain 4 septembre 2010 13:02

      donc en gros, même si tu pointe l’influence des occidentaux, tu nous dis que c’est faute des pakistanais, elle est bonne celle la.


      quand on est menacé de se faire atomiser, on a plus trop le choix

       Les révélations faites auparavant par Musharraf - dans son autobiographie qui vient d’être publiée - que l’adjoint au secrétaire d’Etat américain Richard Armitage avait averti le directeur du service du renseignement pakistanais que le Pakistan devait « être prêt à être bombardé, [être] prêt à retourner à l’âge de pierre », si ses dirigeants n’adoptaient pas la ligne américaine de la « guerre au terrorisme » ont teinté les pourparlers.


      • FRIDA FRIDA 4 septembre 2010 13:48

        @Fronzibrain
        Je n’ai pas parlé des « Pakistanais », j’ai parlé d’hommes « leaders » qui ont travaillé pour sortir du néant un Etat qui n’existait pas.
        Il ne faut pas réagir au quart de tour quand on aborde des sujets concernant l’islam ou des Etats musulmans. Pourquoi y voir systématiquement une agression ou une menace ?

        Mon article soulève l’incroyable mépris de certains leaders devant les drames que peuvent vivre les population de moment que leurs desseins sont concrétisés. Un Etat est là pour protéger ses citoyens et non l’inverse. Quand on défend l’Etat, c’est qu’on le fait indirectement pour la population. Le Pakistan, est à mon sens le cas typique où l’Etat n’est qu’un organe au service d’une minorité. La population n’a tiré de l’indépendance et la sépartion avec l’Inde aucun bénéfice.


      • anty 4 septembre 2010 18:48

        Le Pakistan, est à mon sens le cas typique où l’Etat n’est qu’un organe au service d’une minorité. La population n’a tiré de l’indépendance et la sépartion avec l’Inde aucun bénéfice.

        L’Inde a gagné en échange

        Elle est moins emmerdé par tous ces cons

        Un article surréaliste où visiblement l’auteur ne comprend pas les réalités du terrain et prend
        ses suppositions ,ses désirs pour des réalités

        Après tout ce qu’on sait sur la cohabitation de l’islam avec d’autres religions comment l’auteur a-t-il pu pondre de pareilles inepties ????


      • fonzibrain fonzibrain 4 septembre 2010 14:08

        ce que tu ne comprends pas, c’est que ces leaders voudraient vivre en paix


        mais depuis 50 ans on les emmerde comme jamais,

        c’est nous qui sommes responsables de tousleurs malheurs

        sans guerre soviétique, pas d’isi sur puissant ni de taliban

        sans les usa, pas de guerre en afghanistan, ni de drone au palkistan.

        et puis, les dirigeants pakistanais n’ont pas le chix, musharaf l’a très bien expliqué.


        ce que tu ne comprends pas c’est que ce pays est en guerre, du coup les standart occidentaux de droit de l’homme ne s’applique pas, pourquoi tu ne comprends pas ça.

        pendant la seconde guerre mondiale, les usa ont interné des milliers de japonais, mais c’était la guerre, c’est presque normal

        c’est la même chose au pakistan.

        bien sur que les dirigeants pakistanais gèrent mal, mais dans la situation ou ils sont pourraient ils faire autrement, sincèrement je ne pense pas


        • fonzibrain fonzibrain 4 septembre 2010 14:34

          jacob


          sois serieux

          si on était pas la bas à leur en foutre pleinla gueule, tu crois qu’ils auraient la haine de l’occident.


          tu dirais quoi si ton pays était le théatre d’attaque incessante de puissance étrangère
          tu dirais quoi si on menacait de renvoyer ton pays à l’age de pierre, alors que vous n’avez rien fait.


          c’est nous qui avons fait les frontières la bas, ces chiens d’anglais savait que la ligne durant foutrait a merde pour des décenies.

          • fonzibrain fonzibrain 4 septembre 2010 14:36

            en plus, franchement le titre est une insulte au pakistanais,


            partons de la bas, ne bombardons plus personne, laissons les vivre comme ils veulent

            • OMAR 4 septembre 2010 16:24

              Omar T.

              Frida : « Au lieu d’assister à une coopération des Indiens pour construire une nation laïque et démocratique, la ligue musulmane œuvre pour le partage des Indes, sous prétexte d’une prétendue crainte de l’hégémonie hindoue. »

              Frida, l’Inde est l’état le plus raciste, le plus segregationniste sur terre, voyez comment son peuple est cloisonné.

              Les musulmans ont échappéà ce hideux système de castes, mais pas les Intouchables , malheureusement....


              • Hesprides Hesprides 4 septembre 2010 17:09

                le pakistan est gouverné par des indiens ou peut être, il est la dernière émanation du sultanat de delhi !!

                Tout est artificiel dans le pakistan !

                1- ce sont les elites indiennes et leurs descendances qui y gouvernent

                2- on y parle une langue, l’urdu, qui n’est pas autochtone mais importé de Delhi et qui était la langue de la cour moghole

                3-On essaie d’y gouverner la montagne depuis la vallée de l’indus alors qu’historiquement ce sont des peuples issus du plateau iranien (perse et afghanistan) qui deferlaient episodiquement sur les plaines (indus et gange) pour y asseoir de nouvelles dynasties......

                4- Les pakistanais essaient de pernniser une alliance chinoise contre nature, en créant la route du karakurom alors qu’elle n’a jamais existé......les routes chinoises n’ont jamais percées à travers, le pamir ou l’hidu kuch mais les contournaient par l’asie centrale puis le plateau iranien et rejoignaient enfin la plaine de l’indus en passant par kabul et le khyber pass !

                Le pakistan est voué à une disparition tragique qui consacrera sa partition geographique entre un ouest qui retrouveras on caractère iranien (baloutche et pachtounes) et un est qui est résolument indien

                en comparaison le bangladesh est plus viable meme si sa dependance envers le reste du sous continent indien promet elle aussi de nombreuses tensions.


                  • FRIDA FRIDA 4 septembre 2010 20:51

                    @Webrunner

                    Merci pour le lien, très intéressant.


                  • Olivier Perriet Olivier Perriet 8 novembre 2010 22:28

                    à l’auteur
                    Un commentaire tardif dû à votre lien sur l’article plus récent de Hiéronimus sur les chrétiens d’Orient.

                    Dans « à l’ouest d’Allah », livre qui retrace l’implantation de l’Islam aux USA, au Royaume-Uni et en France, Gilles Kepel revient longuement sur l’implantation britannique dans l’Empire des Indes, qui est selon lui déterminante pour comprendre la structuration communautaire des pakistanais en Grande Bretagne.

                    en gros pour ce que j’ai retenu, à l’arrivée des Anglais en Inde, la région est dominée politiquement par l’Islam, même si concrètement la masse de la population est hindouiste.
                    Avec la domination anglaise, les musulmans perdent leur suprématie politique, la décolonisation et la démocratie ne renversent pas la tendance puisqu’ils sont minoritaires.

                    D’après Kepel, le communautarisme a été pensé par les élites musulmanes pour se préserver de la domination des « infidèles » anglais et hindouistes. Ce communautarisme a été politique (collège électoraux séparés par ex.) mais aussi social (émergence de courants piétistes qui attachent une grande importance aux rituels, aux interdits alimentaires, etc... : mouvement tabligh...). Ces logiques communautaires se retrouvent actuellement en Angleterre et ont été encouragées lors de l’implantation des immigrés dans les années 50.
                    La sécession entre musulmans et autres était dans la logique de cette organisation « communautaire », et ne peut pas être réduite à une simple manoeuvre anglaise.
                    De même il me semble abusif de réduire ce processus à une instrumentalisation de la religion par des élites non pratiquantes : on peut ne pas être croyant au sens strict mais se reconnaître culturellement dans des pratiques religieuses ou d’inspiration religieuses ; les créateurs du FLN algérien buvaient-ils de l’alcool ? Les pirates du 11 septembre étaient-ils adeptes des boîtes de strip-tease ?
                    Ces questions me semblent un peu oiseuses

                    La création du Pakistan rappelle celle d’Israël.
                    Il n’en reste pas moins que les modèles indiens et pakistanais sont des antithèses, et que
                     l’existence de l’un nie l’existence de l’autre (il y a d’ailleurs plus de musulmans en Inde qu’au Pakistan). D’où le conflit fondamental entre ces deux pays. 

                    Voir aussi le ou les bouquins de Christophe Jaffrelot sur le Pakistan chez Fayard (si vous avez le temps).
                    Cordialement

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