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Accueil du site > Actualités > International > Kyoto et les accords Asie-Pacifique : Et si les Américains avaient raison (...)

Kyoto et les accords Asie-Pacifique : Et si les Américains avaient raison ?

Vous savez que les Etats-Unis n’ont pas signé le protocole de Kyoto et que la Chine et l’Inde en sont exemptées du fait de leur niveau de développement économique actuel.

La raison donnée par les Etats-Unis pour expliquer leur refus de signer ce protocole est que l’application de ce protocole, d’ordre purement réglementaire, est dangereuse pour l’économie des Etats-Unis, mais aussi pour celle des pays en voie de développement. D’après eux, on ne peut pas mettre en oeuvre les contraintes de Kyoto tout en maintenant le développement économique dont nous avons besoin.

L’absence de signature des Etats-Unis et l’exemption de la Chine et de l’Inde réduisent considérablement la portée du protocole de Kyoto, ce qui a valu aux Etats-Unis et à Georges W. Bush d’être mis au pilori sur la place publique.

Pourtant, les Etats-Unis ne sont pas insensibles au problème, ils ont mis en place au niveau fédéral et dans certains Etats des programmes de recherche et de financement pour trouver des solutions au problème du réchauffement climatique. Tout en étant en retard sur les engagements réglementaires, ils pourraient bien être en avance sur la définition de modèles pratiques et industriels pour atténuer les rejets !

Le fleuron le plus récent de l’action des Etats-Unis est la signature d’un accord entre les grands pays de la zone géographique Asie-Pacifique, à savoir les Etats-Unis, l’Australie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon et l’Inde, pour développer les techniques pratiques et industrielles qui permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en soutenant le développement économique.

Parmi ces techniques, vous noterez à titre d’exemple, la production d’électricité à partir de charbon en capturant le CO2 produit par la combustion de ce charbon par réinjections dans le sol. C’est la technologie dite du "Charbon propre". Une première centrale "zéro émission" est en cours de construction pour un coût de 1 milliard de Dollars.

Mon but n’est pas de faire la description des techniques que les Etats-Unis et leurs partenaires envisagent de développer mais plutôt de montrer la différence des approches qui sous-tendent le protocole de Kyoto et la démarche américano- asiatique. On constate également la même différence d’approche entre la récente loi française d’orientation sur les énergies, essentiellement d’ordre réglementaire - et déjà dépassée par rapport aux enjeux du Peak Oil - et le rapport Hirsch qui vise à définir les impacts économiques du phénomène, les solutions palliatives existantes et le timing des actions à prendre.

Dans les deux cas une opposition existe entre réglementation et recherche de solutions pratiques et industrielles.

La question finale que nous devrions peut-être nous poser en conclusion, plutôt que de poursuivre dans l’accablement médiatique des Etats-Unis, ne devrait-elle pas être : et si les Américains avaient raison ?


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7 réactions à cet article    


  • (---.---.155.248) 30 août 2005 11:49

    Pour être précis, Bill Clinton a signé Kyoto puis Bush a décidé de ne pas le ratifier sous l’impulsion de personnes comme le gouverneur du Mississippi Haley Barbour qui y voyait une contrainte trop forte pour les pétroliers qui avait financé la campagne de Bush.

    La Chine et l’Inde ont signé et ratifié Kyoto mais n’ont pas d’objectifs contraignants car leurs émissions par habitant sont en dessous de la moyenne mondiale (Inde : 1.06 t CO2/habitant, Chine : 2.20, Moyenne mondiale = 4, France : 6.16 Japon : 9.35, USA : 19.80). Cependant ces pays s’engagent à aider les acteurs soumis à contrainte à se procurer des crédits de CO2 à travers les projets du Mécanisme de Développement Propre (MDP).

    Rappelons que le protocole de Kyoto est une construction américaine à 90%. Ce sont les négociateurs américains qui ont convaincu les autres de mettre en place ce système de cap & trade inspiré du marché du SO2 aux USA. A l’issue du refus de Bush, les européens en ont finalisé les détails (accords de Marrakech etc.).

    N’oublions pas non plus que la contrainte sera soit réglementaire soit naturelle (désordres climatiques, acidification des océans...). Peut maintenir le développement économique sans une limite drastique des émissions ?

    J’attends les détails de l’accord Asie-Pacifique mais pour l’instant il ne s’agit que d’un accord commercial pour vendre des technologies aux pays émergents. C’est le principe du MDP de Kyoto sauf que dans le MDP le transfert de technologie s’accompagne d’achat de crédits de CO2 par des acteurs soumis à contrainte soit une incitation économique. La seule « vertu » de cet accord pour Bush est de gagner du temps...

    En ce qui concerne la centrale « zéro-émission » j’aimerais évoquer le cas des centrales au charbon IGCC (Integrated Gasification Combined Cycle). Cette technologie existe depuis les années 90 et des prototypes ont été construits. Elle permet d’émettre 20 % de CO2 de moins qu’une centrale au charbon pulvérisé, les autres émissions dans l’air et dans l’eau sont aussi nettement diminuées. Elle permet de réduire les coûts opératoires mais elle est 20% plus chère à l’achat. Et bien cette technologie ne s’est toujours pas déployée dans les pays riches et on construit encore des centrales au charbon pulvérisé 25 ans après.

    Alors penser que la centrale zéro-émission qui sera beaucoup plus chère que l’IGCC va se généraliser dans les pays riches et en développement sans contrainte réglementaire est d’un optimisme forcené.

    Le but des approches Kyoto est de donner un prix à la pollution pour pénaliser les pollueurs et favoriser les technologies propres.

    L’actualité récente (procès contre OPIC et EXIM pour changement climatique, initiative d’états de l’est et de l’ouest pour mettre en place des systèmes de cap & trade de CO2, réglementation californienne sur les émissions automobiles) montrent que les américains commencent à se saisir du problème. Ne les confondons pas avec Bush...


    • (---.---.71.72) 30 août 2005 13:34

      Seuls les résultats comptent. Aujourd’hui les Etats-Unis sont -et de très loin- les plus grands pollueurs de la planète. Il est difficile de leur tresser des couronnes de lauriers....


      • (---.---.137.49) 1er septembre 2005 15:36

        « D’après eux, on ne peut pas mettre en oeuvre les contraintes de Kyoto tout en maintenant le développement économique dont nous avons besoin. »

        Parce que les américains (enfin on dira l’administration Bush), savent de quel développement nous avons besoin ?

        Ils savent de quoi moi, j’ai besoin ? Ils savent de quoi, un indien à besoin ?

        Ils ne savent rien du tout !!!


        • (---.---.70.128) 4 septembre 2005 16:59

          Réponse de CaDerange:Merci de vos commentaires. A mon tour quelques commentaires de commentaires.

          Tout d’abord la Centrale au Charbon « Zero émission » dont je parlais est sans doute une variante de la Centrale IGCC que vous mentionnez à ceçi pret qu’elle intégre la séquestration du CO2 par réinjection dans la terre. D’où son appellation « Zero émission ». Il reste , bien entendu à faire marcher le concept de cette usine à Gaz(C’est le cas de le dire)mais si ça marchait ce serait quand même une alternative au Nucléaire qui est pour l’instant la seule source d’électricité de masse sans émission de CO2.

          C’est en ce sens que l’approche américano-asiatique pour trouver des solutions techniques au problème me paraissait intéréssante, en tous cas plus intéréssante que de se borner à établir des réglements, des limites et des amendes, ce qui est le cas de Kyoto.

          D’accord avec vous pour dire que la limitation, si elle n’est pas réglementaire, deviendra physique et financière.

          Par contre vous semblez penser que l’on peut prendre des mesures règlementaires drastiques qui affecteront le développement économique. J’ai de grands doutes personnellement sur le fait que l’on puisse mettre en oeuvre des mesures protectrices du climat et de la planéte qui affectent gravement l’économique pour plusieurs raisons :

          D’abord, l’homme aime bien les efforts à conditions qu’il n’aillent pas trop loin et qu’il ne perturbe pas trop leur petit confort.Un exemple récent, la limitation à 115km.h sur autoroute... Ensuite, nous sommes dans un monde ou il y a des « riches » qui peuvent accepter une petite régréssion et une majorité de « pauvres » qui ne le peuvent d’abord et ne voient pas pourquoi ils le feraient alors que la raison du problème est que les autres se sont servis avant eux ! Dans un système mondial, ce sera très difficile de faire faire des efforts équilibrés à tous ces peuples à des niveaux tellement différents de compréhension et d’intéret pour ces phénomènes. Il n’est que d’aller dans les pays du tiers monde pour voir le désintérêt pour les notions de proprété, salubrité, pollution de l’air et de l’eau.

          Quand une grande partie de votre journée se passe à chercher un moyen de subsistance, vous ètes eventuellement intéréssés et pret a faire des efforts par et pour le développement économique et les avantages qu’ils vous apportent, mais ,je doute que vous vous sentiez motivés par la lutte à votre détriment économique contre le réchauffement climatique.

          C’est pourquoi je pense qu’il faudra que nous trouvions une solution technique qui permette de maintenir au moins un statu quo économique tout en combattant les émissions de CO2. Les voitures hybrides en sont une pour l’automobile,le nucléaire en est une autre pour la production d’électricité de masse, les centrales au charbon Zero Emission peuvent en devenir une autre, l’éolien, l’hydraulique et le solaire en sont d’autres mais avec moins de potentiel en volume, la domestication de la fusion nucléaire en est encore une mais à très long terme. Pour les carburants liquides, les biocarburants, les carburants synthétiques à partir du charbon ou du Gaz naturel en sont d’autres a court terme et l’hydrogène à long terme.

          Cela fait quand même pas mal de solutions potentielles. Seul le timing est diabolique en fonction de la date du Peak Oil et de l’apprehension minimaliste de nos politiques de la taille du problème. Et c’est la que réside ma vrai inquiétude.


          • (---.---.70.128) 4 septembre 2005 17:12

            Reponse de Caderange : Mon article n’avait pas pour but de tresser des couronnes de lauriers aux Américains mais de constater que l’approche américano-asiatique pour trouver une solution au problème -qui est d’en chercher une solution technique viable-était peut être plus réaliste que l’approche règlementaire de Kyoto qui fixe des limites et des amendes sans chercher à résoudre le problème technique.

            Quant au fait qu’ils sont les plus grands pollueurs du monde,ce n’est pas un défaut en soi quand on est la première économie mondiale car toute économie fonctionne en émettant du CO2. En quelque sorte les émissions de CO2 sont un signe de bonne santé économique ! Ce qui est par contre beaucoup plus scandaleux, c’était , jusqu’à present tout au moins, leur désintérêt pour la question. Heureusement ca semble changer...


            • (---.---.197.51) 19 septembre 2005 00:45

              A quoi sert de développer un pilote de centrale zéro-émission ?

              La centrale zéro-émission sera presque 2 fois plus chère qu’une centrale au charbon pulvérisé. Quelles entreprises, quels investisseurs vont construire des centrales zéro-émission volontairement ?

              Polluer sera toujours moins cher !!!

              Les approches du genre Kyoto visent à donner un coût à la pollution pour inciter justement au développement de technologies moins polluantes. Je rappelle que Kyoto est 90 % américain et n’est pas anti-technologie.

              Votre foi en la technologie vous fait sous-estimer l’ampleur du problème. Sokolow a fait un très bon article sur le sujet.

              Préserver le climat en maintenant le mode de vie occidental et en permettant l’essor des pays en développement nécessiterait des percées technologiques gigantesques et simultanées dans 7 domaines différents (hydrogène, centrales zéro-émission etc. ).

              Comment réaliser un tel effort sans réglementation ? Sans coopération multilatérale ? Sans volonté politique ?


              • (---.---.197.51) 19 septembre 2005 01:48

                >l’approche américano-asiatique pour trouver une solution au problème -qui est d’en chercher une solution technique viable-était peut être plus réaliste que l’approche règlementaire de Kyoto qui fixe des limites et des amendes sans chercher à résoudre le problème technique.

                Les contraintes Kyoto servent à inciter économiquement le développement des programmes de R&D. L’action du Carbon Trust en est un bon exemple.

                >Quant au fait qu’ils sont les plus grands pollueurs du monde,ce n’est pas un défaut en soi quand on est la première économie mondiale car toute économie fonctionne en émettant du CO2.

                C’est vrai mais l’économie américaine a une très mauvaise efficacité carbone.

                Si on divise le CO2 émis par le PIB, les USA sont largement au dessus des autres pays développés. Les USA ont un système économique qui gaspille l’énergie fossile...

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