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L’accroissement de l’aide apportée par la CNUCED doit entraîner une meilleure gestion

La CNUCED est l’organisme coordonnateur des questions de coopération internationale visant à accélérer un développement durable dans les pays en développement et politiques nationales connexes. Le sigle CNUCED signifie Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. La CNUCED a été créée en 1964 en tant que mécanisme intergouvernemental permanent, la conférence est le principal organe de l’Assemblée générale des Nations unies dans le domaine du commerce et du développement. C’est l’élément moteur du système des Nations unies pour le traitement intégré des problèmes de développement et des questions étroitement liées qui concernent le commerce, le financement, la technologie, l’investissement et le développement durable. Ses principaux objectifs sont d’aider les pays du tiers monde à tirer le meilleur parti des possibilités de commerce, d’investissement et de développement qui s’offrent à eux, à faire face aux problèmes découlant de la mondialisation et à s’intégrer de façon équitable dans l’économie mondiale. Le secrétariat de la CNUCED est établi à Genève ; ses 394 fonctionnaires font partie du secrétariat de l’ONU. Le secrétaire général de la CNUCED est M. Panitchpakdi depuis le 1er septembre 2005. Le budget annuel de fonctionnement avoisine 50 millions de dollars E­U, imputés sur le budget ordinaire de l’ONU. Les activités de coopération technique se chiffrent à environ 24 millions de dollars E­U par an. Elles sont financées par des ressources extrabudgétaires fournies par des pays donateurs, des pays bénéficiaires et diverses organisations.

La CNUCED et un soupçon de chaos

La Tanzanie, en Afrique de l’Est, un des pays favorisés par la coopération, est devenue une zone de compétition, voire d’affrontements pour les donateurs occidentaux. Le coordonnateur, M. Kousari, spécialiste du développement africain, souligne qu’une telle organisation chaotique ne peut que rendre négative l’aide apportée à ces pays. Il réclame néanmoins une hausse de l’aide à l’Afrique en prenant exemple sur un plan Marshall coordonné par l’Onu. Il ajoute que si l’aide publique au développement (APD) de l’Afrique était doublée (elle est actuellement d’une dizaine de milliards d’euros par an), l’épargne, les investissements et les flux privés nationaux suffiraient à remplacer l’aide. Il prend pour exemple la fin de la guerre dans les pays occidentaux : une grande quantité de capitaux a été injectée dans les économies européennes de l’Ouest, le Plan Marshall a contribué à relancer ces économies après les destructions causées par la Seconde Guerre mondiale. Les derniers versements du plan n’ont jamais eu lieu : ce n’était pas nécessaire, puisque les économies européennes avaient commencé à prendre leur essor.

Près de 300 missions d’aide au développement interviennent en Tanzanie, elles orientent leurs objectifs et leurs conditions sans cohérence ni analyse des besoins globaux du pays. Chacune a son propre système de comptabilité et de versement, cette situation occasionne un chantier pour le gouvernement qui remplit des formulaires tous différents. Il est donc nécessaire d’appréhender la nouvelle situation dans l’optique où l’accroissement annoncé de l’aide au développement passerait à une vingtaine ou trentaine de milliards de dollars par an d’ici 2010 ou 2015. Il est prévu que cette aide au développement soit dépensée autrement, afin de permettre à l’Afrique de sortir de la pauvreté. La CNUCED espère que les ONG et autres associations feront le nécessaire en se concertant pour ne pas se concurrencer dans les aides apportées aux gens.

Apport d’un financement plus généreux et coordonné

Les objectifs de la CNUCED se répartissent en diverses activités : travaux de recherche et d’analyse, délibérations intergouvernementales, coopération technique, interaction avec la société civile et les entreprises. La CNUCED compte actuellement 190 Etats membres. Beaucoup d’organismes inter-gouvernementaux et d’organisations non gouvernementales participent à ces travaux en qualité d’observateurs.

Le projet de la CNUCED, qui s’inspire du Plan Marshall, a revitalisé l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Plutôt que des traitements de choc, ce plan financé par les Etats-Unis proposait un financement généreux, pluriannuel et coordonné. « Chaque Etat européen établissait lui-même ses plans à long terme sans interférence extérieure », indique l’organisation. Une aide versée par tranches prévisibles, principalement en dons, des objectifs intermédiaires fixés pour mesurer les progrès, des conditions flexibles... Rien à voir avec les ajustements structurels imposés aux pays du Sud dans les années 1980.

Le rapport de la CNUCED va aussi à contre-courant des tendances à libéraliser et privatiser à-tout-va. Il veut renforcer le secteur public et les capacités étatiques, comme le préconisait le secrétaire d’État américain George Marshall en 1947. L’aide gérée par l’Onu développerait les infrastructures, la diversification et l’industrialisation de l’Afrique. Elle serait versée au budget général de chaque pays.

Monsieur Kousari se veut rassurant, en soulignant que l’utilisation de cette aide financière serait supervisée par les bureaux locaux de l’Onu, et les donateurs auraient leur mot à dire, ainsi que les bénéficiaires. Le coordonnateur de la CNUCED estime que les aides actuelles sont politisées et soumises aux priorités des pays riches. Les USA ont doublé leur aide en Asie, elle est attribuée surtout à l’Afghanistan, l’Irak, la Turquie et le Pakistan. Les pays nordiques insistent sur la bonne gouvernance, d’autres sur la pauvreté, sur le sida, sur le terrorisme. Les pays africains se retrouvent dans une situation où ils n’ont pas suffisamment de latitude pour décider de leur sort.

Le rêve va-t-il se réaliser ?

Est-ce une utopie de croire que les dirigeants africains dépenseront à bon escient cette aide financière ? Monsieur Kousari n’ignore pas la corruption en Afrique, encore moins ses dangers. Monsieur Kamran Kousari pense qu’un tel Plan Marshal permettrait de construire des institutions publiques solides, à même de contrôler l’usage des fonds. Pourtant, dans les pays sortis de la guerre, le défi semble osé et peut réussir.

Selon les fonds internationaux déjà existants ? La CNUCED pense que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement n’ont pas répondu aux attentes et ne se sont pas adaptés à cette situation. La CNUCED pense à juste titre que les choix de pays africains sont influencés par les gros actionnaires (comme les États-Unis). En doublant l’aide, la CNUCED espère jouer un rôle de pionnier à l’Onu.


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6 réactions à cet article    


  • Nadiège (---.---.24.89) 10 octobre 2006 11:23

    Qu’en est-il des pays du mahgreb


    • (---.---.24.89) 10 octobre 2006 11:26

      Je pense que l’ONU a une autre politique avec les pays de langue arabe de l’Afrique. Ils n’ont pas les mêmes problèmes que les pays d’Afrique subsaharienne. Il faudrait creuser. smiley


      • Antoine Christian LABEL NGONGO Christian LABEL NGONGO 11 octobre 2006 17:08

        Que fait l’ONU pour les pays comme la Palestine qu’il y a des embargos qui se font suite à des idées et pensées humaines qui génèrent tant de violence.

        ONG, Organisation politique, religion, société civile : tout cela ne recouvre qu’une seule réalité, les règles qui nous gouvernent dans notre vie au quotidien, nous, animaux pensant. Les actions sont celles qui feront qu’on n’oublie pas une institution.


        • Antoine Christian LABEL NGONGO LABEL NGONGO 12 octobre 2006 17:28

          Le nobel d’économie a t-il des solutions pour aider les pays mal gérés de l’Afrique ? Ou les pays occidentaux déficitaires ? Est-ce un titre onorifique qu’on lui attribue par rapport à ses travaux ? smiley


          • arsene (---.---.130.37) 13 novembre 2006 18:49

            slt je voudrais des informations sur les apports du plan marshall


            • Robert Z. (---.---.149.89) 15 décembre 2006 10:11

              Ayant travaillé à plusieurs reprises en Afrique, j’ai lu avec intérêt votre article.

              J’observe que vous mentionnez notamment l’idée d’un Plan Marshall, souvent suggérée comme solution aux grands problèmes qui se posent en Afrique.

              On peut cependant craindre, une fois de plus, que la problématique du développement, surtout dans ce malheureux continent, ne soient vue que sous l’angle des finances et des transferts de fonds. Or les apports financiers ne peuvent être que des compléments à d’autres facteurs qui, s’ils sont inexistants, ruineront le projet. On assiste à cela depuis plusieurs décades, sans apparemment trop s’en soucier, l’accent étant systématiquement mis sur le renforcement de l’aide en termes de finances.

              Je me permets de mentionner à ce sujet un article qui précisément fait état de l’éventualité d’un tel plan, en prenant en compte d’autres élément qui les seules aides financières. Voir sous http://politic.blog4ever.com/blog/lirarticle-73993-197582.html

              Je tiens par ailleurs à vous remercier pour votre intéressant site.

              Robert Z.

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