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Accueil du site > Actualités > International > L’Afrique, de la dépendance à l’indépendance

L’Afrique, de la dépendance à l’indépendance

Après un vote favorable[1], le Parlement français a autorisé le lundi 22 avril 2013 la prolongation de l’opération Serval que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a qualifiée de « réussite » sur les plans politique et militaire. De plus, selon le chef du gouvernement, la décision de François Hollande d’engager la France a « profondément changé la donne du combat contre les groupes terroristes ». Quant au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le courage et le professionnalisme des soldats français ont permis de libérer l’ensemble du territoire malien et de réduire la menace djihadiste. D’aucuns se rappellent, dans la même optique, l’adoption à l’unanimité le 28 mars 2013 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, sous la présidence russe, de la résolution 2098 requalifiant de facto le mandat des forces onusiennes et autorisant le déploiement de la brigade d’intervention dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Pourquoi, plus de cinquante ans après les indépendances, l’Afrique reste toujours un champs d’entraînement, grande nature, pour les forces armées extracontinentales ? Les réponses à ces questions sont sans conteste d’ordre à la fois local, régional et continental.

Des armées défaillantes

Pour se maintenir le plus possible au pouvoir, tous les dictateurs africains ont surarmé leurs gardes prétoriennes au détriment des armées nationales. Ainsi les membres à majorité Ngbandi[2] qui composaient la Division spéciale présidentielle (DSP)[3], force d’élite de l’armée zaïroise, disposaient d’un salaire plus important que celui des autres agents de sécurité[4]. Ils veillaient à la protection du président Mobutu Sese Seko, et non à la stabilisation du territoire dont la protection dépendait d’une armée inefficace. Cet exemple a également fonctionné au Togo, où le président Gnassingbé Eyadéma fut un imitateur du maréchal zaïrois. D’autres pays africains dirigés par des potentats n’ont pas échappé à ce schéma, qu’ils continuent à appliquer, consistant à sacrifier la défense nationale au profit d’une nomenklatura.

Une transition démocratique et identitaire

Le défaut de transition démocratique dont souffre un grand nombre de pays africains est dû aux difficultés qu’éprouvent les différents acteurs politiques à s’entendre sur les conditions et les modalités d’accession au pouvoir, ainsi que sur la conception de l’État de droit. C’est le cas de l’Algérie, la République Démocratique du Congo, du Congo-Brazzaville, la République Centrafricaine, de la Guinée, du Togo et du Tchad. Par contre, dans d’autres pays, les pesanteurs ethniques constituent le fondement de la démocratie. C’est ainsi que les problèmes identitaires ont abouti au génocide rwandais en 1994 et hypothéqué l’avenir des pays comme le Rwanda, le Burundi, la Somalie et le Soudan.

Le déficit des accords régionaux de non-agression

Les différentes actions armées, très souvent diligentées par des forces extracontinentales mais exécutées par des autochtones, ont fini soit par partitionner un pays[5], soit par déstabiliser tout un ensemble des pays comme c’est le cas dans la région des Grands lacs où la stabilité du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda est menacée par l’instabilité de la partie orientale de la République Démocratique du Congo. Cela avait été longtemps le cas en Afrique australe, où l’Angola avait constamment servi de champ de bataille entre les Occidentaux et les Soviétiques – le Zaïre de Mobutu et l’Afrique du Sud ayant servi de bases arrière aux rebelles de Jonas Savimbi[6]. Les conflits régionaux n’ont pas épargné non plus la Corne de l’Afrique, où l’échec de l’Onusom[7] (1992-93) et le retrait des États-Unis ont fini par générer la guerre civile en Somalie.

Le défaut d’une vision continentale

Les tergiversations de l’Union africaine dans la crise ayant frappé la Côte d’Ivoire, l’inertie de cette institution pendant que la Libye du colonel Kadhafi était pilonnée par des forces extracontinentales et son incapacité à se doter d’une force interafricaine en mesure d’intervenir militairement dans les pays en proie à des conflits armés laissent la porte ouverte à toutes sortes d’ingérences dans les affaires continentales. Enfin, l’incapacité des pays africains à adopter une position commune dans les institutions internationales rend davantage moribonde la diplomatie africaine. Tous les éléments évoqués supra rendent impossible la vision panafricaine.

Rompre avec la dépendance

Certes, les pays africains jouissent d’une reconnaissance internationale. Mais ils risquent de dépendre sans cesse des autres puissances planétaires s’ils ne prennent pas courageusement le taureau par les cornes. L’indépendance du continent africain est fonction de la matérialisation des unions douanières sur les plans régionaux et de la signature des accords régionaux de non-agression pouvant permettre des dispositifs tel que le dispositif Recamp[8] qu’avait initié la France. C’est la condition sine qua non pour que l’Union africaine puisse défendre d’une seule voix, au sein des institutions internationales, les intérêts continentaux. De plus, la nouvelle géopolitique en pleine gestation est très favorable l’Afrique. Qu’attendent donc les acteurs politiques africains pour façonner l’argile, qui plus est humide ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

 

Documentation

- Zaïre : Information sur la Division Spéciale Présidentielle, Information sur le Bureau 079 ;

- Espoir et inquiétude dans la Corne de l’Afrique ;

- Les conflits armés en Afrique : quelles solutions ?.



[1] 326 voix pour et zéro contre pour les sénateurs, 342 voix pour et zéro contre pour les députés.

[2] Groupe ethnique auquel appartenait le maréchal Mobutu.

[3] Autrefois Brigade Spéciale Présidentielle (BSP).

[4] Comme ceux de l’Agence nationale de documentation (AND), du Service d’action et de renseignement militaire (SARM), de la Garde civile et même de Forces armées zaïroises (FAZ).

[5] C’est notamment le cas du Soudan.

[6] Jonas Savimbi était soutenu par le maréchal Mobutu et les dirigeants racistes d’Afrique du Sud.

[7] Opération des Nations Unies en Somalie.

[8] Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix.

 


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23 réactions à cet article    


  • Ruut Ruut 24 avril 2013 10:10

    Aux Africains de tracer leur chemin.

    De plus L’Europe n’est plus un modèle pour perssonne.


    • devphil30 devphil30 24 avril 2013 10:21

      Les chinois arrivent en Afrique avec beaucoup d’argent mais surtout pour se servir en matières premières 


      Philippe 

    • OMAR 24 avril 2013 18:44

      Omar 33

      @Phillippe :« Les chinois arrivent en Afrique avec beaucoup d’argent mais surtout pour se servir en matières premières »

      C’est vrai, mais depuis quand les chinois sont en Afrique ?
      10 ans ? 20 ans...

      Comparez-les donc aux occidentaux.
      Ces derniers ont fait pire que les chinois : ils ont colonisé l’Afrique, affamé sa population, pillé ses richesses et massacré ses peuples.... 
      Et- je ne parle pas de l’esclavage et des déportations....



    • COVADONGA722 COVADONGA722 24 avril 2013 18:59

      @Omar certes certes ceci dit intéressez vous à l’histoire des pays voisins de la chine ils en ont une sainte trouille je me demande d’ou cela peut leur venir.


      Asinus : ne varietur 

    • OMAR 24 avril 2013 20:14

      Omar 33

      Salut Cova.

      Je ne me fais aucune illusion sur l’apport « bénéfique » que pourrait ramener la Chine à l’Afrique.

      De même, j’ai constaté avec quels produits ce pays inonde les marchés africains : de la camelote, mais surtout des articles dangereux, inflammables, et de médiocre qualité...

      Et n’essayez surtout pas de tisser un quelconque lien d’amitié avec les travailleurs chinois : à la limite un sourire, sinon nada...

      Par contre, ils sont réellement travailleurs, discrets et totalement inoffensifs, sauf pour les.......... chats, chiens et ânes...


    • ecolittoral ecolittoral 24 avril 2013 10:40

      Vous partez du principe que les Africains ont construit des identités nationales. Aboutissement d’un long processus...qui n’a pas eut lieu. Les colonisations puis indépendances se sont faites sur des frontières qui ne correspondent pas du tout aux histoires de ces populations. Ce qu’on observe aussi au moyen orient et ailleurs.

      Comment peut on leur demander d’accepter ces contraintes ?
      Comment les « pousser » à faire comme nous ? Et pourquoi ?
      On ne peut pas effacer des milliers d’années d’histoires et les remplacer par trois cents ans « d’évolution ».

      « Certes, les pays... jouissent d’une reconnaissance internationale. Mais ils risquent de dépendre sans cesse des autres puissances... »
      Dans cette phrase, je reconnais le sort des nations. Tout pays naturel ou contraint subit ce fardeau. Pas uniquement sur le continent africain. Il suffit d’observer les nations européennes !
      Les moyens de pression financiers, économiques, guerriers sont coordonnés et je ne suis pas certain que les peuples africains, européens, asiatiques américains soient responsables directement de cette calamité.
      Il faut chercher plus haut. Au niveau des instances supra nationales.
      L’ex Yougoslavie en est un exemple. Partout, les casques bleus ont beaucoup « observé » !!!

      Votre article est très instructif et très détaillé. Il aurait pu être écrit pour les européens.
      Seule différence, les armes ne sont utilisées que dans des régions « périphériques ».
      Périphériques hier, OTAN/URSS, aujourd’hui approvisionnement et sécurisation des ressources en utilisant les bons intermédiaires sur le terrain.
      Ce qui explique le sur armement des forces de protection des « élites rentables » au détriment des populations.

      • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 24 avril 2013 19:04

        Il serait très difficile, de nos jours, de revoir les frontières issues de la colonisation. Si l’on agit de la sorte, on balkanisera tous les pays africains. En revanche, le fait d’avoir des groupes ethniques transfrontaliers doit en principe faciliter la bonne entente et encourager des politiques régionales en matière d’immigration et de commerce.


      • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 24 avril 2013 19:20

        Cher Loupi, je suis d’accord avec vous lorsque vous qualifiez ma conclusion de téméraire. En effet, au regard des arguments avancés par les uns et les autres et au vu de l’impasse dans lequel se trouve l’Afrique, il faut de la témérité de la part des populations africaines pour impulser d’autres rapports entre leurs pays et dans leurs relations avec le monde. Par ailleurs, ne pas s’appuyer sur des régimes étatiques, dans un continent où les Etats sont presque inexistants, aboutira aux démembrements d’un bon nombre de pays. Ayons surtout à l’esprit le fait que les peuples n’ont que les chefs qu’ils méritent. Ainsi revient-il aux populations africaines d’obliger, par des voies démocratiques (du moins considérées comme telles), à tendre davantage vers l’excellence et à privilégier l’intérêt public.

        (NB : il me semble que son message n’est plus visible).


        • louphi 24 avril 2013 22:51

          Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko

          (Note : mon message qui a disparu et auquel vous avez déjà répondu)

          Bonjour. Je remets

          Plus de 50 ans après les accessions en cascade des pays africains à l’indépendance des années 60 du siècle dernier, les africains en sont toujours à disserter sur les conditions d’accession à l’indépendance. C’est dire que ces cinquante ans passés n’ont servi qu’à aliéner encore plus les pays africains vis-à-vis des pays colonisateurs européens et arabes auxquels se sont ajoutés de nouveaux pays colonisateurs d’Amérique et d’Asie.

          Dans ces conditions, votre conclusions de dire que « la nouvelle géopolitique en pleine gestation est très favorable à l’Afrique » parait bien téméraire d’autant plus que vos espoirs reposent entièrement sur l’action des régimes étatiques et des institutions supra-étatiques néocoloniaux installées et portées à bout de bras par les puissances coloniales. C’est le moins que l’on puisse dire devant l’impasse dans laquelle se trouve le Continent Noir occupé et encerclé qui semble n’avoir aucune chance un jour d’échapper aux griffes de ses geôliers pour évoluer vers son indépendance à moins d’événements extraordinaires toujours possibles dans le cours du temps.



        • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 25 avril 2013 08:32

          Merci ! Cela permettra de comprendre le sens du message ci-dessus.


        • Franckledrapeaurouge Franckledrapeaurouge 24 avril 2013 21:37

          Bonjour Mr Lonsi koko,


          Je ne suis pas un expert de l’Afrique, mais ce continent ma toujours attiré.

          A mon avis son principal problème et l’Occident, qui depuis des décennie 

          le déstabilise, et met à la tête de nombreux États des dictateurs, donc le seul

          Rôle et de permettre aux entreprises occidentale de piller les ressources, 

          tout en détruisant les populations et la biodiversité

          En échange de cela, les dictateurs reçoivent quelques miettes financière, et la 

          Possibilité d’exercer le pouvoir comme bon lui semble, tout en sachant

          que si il n’est pas gentil, et ne fait pas ce qu’ont lui dit, il serrât renverser.

          Malheureusement aujourd’hui encore, les nouveaux pays venant investir

          en Afrique, on les mêmes objectifs que ce qui étaient là avant, s’accaparer 

          Les ressources naturelles de l’Afrique.

          Pouvons nous reprocher aux africains cela, pour les classe dominantes peut être,

          Mais les population elle, que voulez vous qu’elles fassent, elles ont 

          Devant eux des gens armé qui n’hésiterons pas à leur tirer dessus.

          Les africains instruits, faisant partie des classes sociale dominante ont la clef,

          Voudrons t’ils faire comme les barbares occidentaux, asiatique.... ou auront-il

          La sagesse de préserver leur continent, et de le sortir de ce modèle qui le même 

          A la ruine et la destruction, l’avenir nous le dira...... 

          Je suis abonné à toutes les newsletter d’ecofiin, 

          et je craint malheureusement que le calvaire de très nombreux Africain,

           ne soit pas prêt de se terminer, 


          je vais me permettre de donner à nos amis africain un conseil, 

          inspiré vous des pays d’Amérique du sud, soyez solidaire et croyez en vous,

          Votre continent et magnifique, et il vous appartient.

          Cordialement

          Franck

          • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 24 avril 2013 22:10

            Rien à redire à votre constat, Franck. C’est malheureusement vrai. L’avenir de l’Afrique dépend de ce que les Africains eux-mêmes veulent réellement pour leur continent. Il est évident que s’ils agissent de commun accord, ils pourront infléchir, d’une manière ou d’une autre, le cours de l’Histoire. Mais encore faut-il qu’ils comprennent qu’ils sont les premiers gardiens de leurs intérêts.


          • Franckledrapeaurouge Franckledrapeaurouge 24 avril 2013 22:21

            Maintenant, comme vous pouvez le constater, nous somme nous aussi ici 

            à un tournant de notre histoire, quel chemin allons nous prendre ?

            Celui de la raison et d’un avenir prospère, respectueux et humain pour nos enfants,

            Ou allons nous continué à subir ce modèle barbare, qui pollue, 
            détruit et déshumanise, l’avenir là aussi nous le dira......

            Bien cordialement

            Franck

          • Mwana Mikombo 25 avril 2013 02:32

            Monsieur Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko.— Vous écrivez qu’ « Il serait très difficile, de nos jours, de revoir les frontières issues de la colonisation ». Au jour d’aujourd’hui certes, quoique ces frontières ont été remaniées au Soudan à l’initiative des européens, des arabes et des asiatiques. On vient aussi d’avoir sous les yeux une tentative de redécoupage du Mali par les conquérants mahométans arabo-touaregs. Rien ne dit que les anciennes frontières coloniales des pays africains vont toujours demeurer en l’état. Les guerres toujours possibles et les disputes entre les pays colonisateurs sont de grandes occasions de redécoupages territoriaux.

            Les jeunes générations des africains ont grand intérêt à s’organiser et à lutter pour refaire les frontières par eux-mêmes de manière à regrouper leurs peuples dans de vastes fédérations d’Etats respectant les identités nationales pré-coloniales dans une perspective pan-africaniste. En dehors de cette ambition, l’Afrique Noire n’a pas un avenir sur cette terre autre que de se faire définitivement déposséder par les vagues migratoires coloniales européennes, arabes et asiatiques dont les implantations locales constituent la classe dominante dans chaque pays africain depuis les conquêtes coloniales. Se contenter de gérer l’héritage colonial avec les anciens et les nouveaux colonisateurs signifie l’acceptation de l’esclavage à perpétuité c’est-à_dire jusqu’à l’effacement total des noirs sur le Continent, comme au Moyen-Orient et en Asie.



            • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 25 avril 2013 08:29

              Monsieur Mikombo,

              J’ai écrit ceci, dans le corps de l’article : « Les différentes actions armées, très souvent diligentées par des forces extracontinentales mais exécutées par des autochtones, ont fini soit par partitionner un pays... », en faisant allusion à la scission du Soudan (cf. note n° 5). Par ailleurs, j’ai constamment évoqué le risque de démembrement d’un bon nombre de pays.
              Plus explicitement, les pays africains ne sont pas à l’abri de la balkanisation. Après le Soudan, la RD Congo, l’Angola, le Nigeria, le Cameroun risquent de subir le même sort. Tel est le souhait de quelques puissances extracontinentales. Voilà pourquoi j’insiste sur les accords régionaux de non-agression, donc d’assistance mutuelle en cas de tentative de déstabilisation d’un pays.
              Je suis favorable, s’agissant des accords régionaux de défense, à l’indépendance dans l’interdépendance. Le jour où on prendra conscience que la sécurité du Rwanda dépend de la stabilité de la RD Congo et vice-versa, ces deux pays agiront de commun accord, sans arrières-pensées, pour neutraliser définitivement les forces négatives.

            • Mwana Mikombo 25 avril 2013 14:53

              Bonjour Monsieur Lonsi Koko

              La balkanisation en Afrique est un processus de découpage, de partage des territoires par et pour les puissances coloniales extérieures au Continent, notamment les puissances européennes. C’est le sujet central du problème du Continent Africain. Vous écrivez que « les pays africains ne sont pas à l’abri de la balkanisation ». C’est le moins que l’on puisse dire. Mais, il ne faut pas oublier que les « pays africains » dont on parle et dont on craint aujourd’hui la balkanisation sont déjà eux-mêmes le produit et la réalité vivante des balkanisations successives de l’Afrique depuis les traites négrières et les conquêtes coloniales européennes et arabes. Chercher à « mettre les pays africains à l’abri de la balkanisation », par « des accords de non agression, donc d’assistance mutuelle, des accords régionaux de défense », dans ce contexte d’une Afrique balkanisée, re-balkanisée, assiégée et placée sous gérance néocoloniale, cette préoccupation très louable reste un veux pieux, et en tout cas signifie qu’on accepte de se conformer à la balkanisation existante. Les jeunes générations d’africains, passionnées par l’indépendance et la liberté de leur continent, doivent rejeter la voie collaborationniste du respect des frontières coloniales, la voie du nationalisme néocolonial, pour trouver la voie de la lutte pour la dé-balkanisation de l’Afrique, c’est-à-dire la voie de la fédération des peuples africains sur la base de leur identité panafricaine précoloniale commune. Les africains des jeunes générations doivent retrouver la voie du nationalisme révolutionnaire panafricain de Patrice Lumumba, Cheick Anta Diop, Théophile Obenga et bien d’autres valeureux ainés africains. En dehors de cette voie, point de salut pour les peuples noirs du continent. Leur disparition à terme est assurée, comme en Asie, au Moyen-Orient et au Maghreb mahométan.



              • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 25 avril 2013 15:24

                Monsieur Mikombo,

                Je suis d’accord avec vous sur le fait que les puissances coloniales n’ont pas tenu compte des réalités locales lors du découpage des pays africains. Certes, cela a beaucoup fragilisé le continent africain. Mais, les frontières héritées de la colonisation étant devenues une réalité, la seule façon de revivre en harmonie dans les espaces d’avant la colonisation réside dans les accords régionaux en matière d’immigration, de commerce, d’emploi...

                Vouloir redéfinir les frontières d’aujourd’hui reviendrait à susciter des guerres, comme à l’Est de la RD Congo, pour satisfaire des petits pays en quête d’expansion. Je me méfie beaucoup des partisans de cette vision. Au moment où les espaces nationaux s’ouvrent davantage - c’est le cas notamment en Europe et en Amérique latine avec le mercosur - seules les politiques régionales pourront mieux asseoir le panafricanisme.

                L’avenir des peuples africains ne résident pas dans les massacres, les guerres pour s’approprier une portion du territoire. il dépend plutôt de la capacité des Africains à travailler ensemble, à savoir gérer de commun accord les richesses transfrontalières, à bâtir des stratégies régionales et continentales...


              • Mwana Mikombo 25 avril 2013 20:25

                Monsieur Lonsi

                Votre philosophie est très détestable. Voici comment elle se présente.

                Les frontières héritées de la colonisation sont une réalité : préservons cette réalité. Le pillage des ressources en Afrique est une réalité : sauvegardons cette réalité. La pauvreté en Afrique est une réalité : maintenons cette réalité. L’exode des forces vives africaines en occident est une réalité : accompagnons cette réalité héritée de la colonisation. La disparition des traditions africaines en commençant par les langues est une réalité : gardons cette réalité héritée de la colonisation. L’assistanat et la corruption généralisée héritage de la colonisation : entretenons à cette réalité.

                C’est la philosophie du laisser faire, la démission devant l’effort, l’accompagnement de la fatalité, le renoncement à soi, le refus de la liberté, le vautrement dans la servitude. C’est le syndrome de l’esclave qui ne peut pas vivre sans son maître dont parle Cheick Anta Diop.  

                Vous brandissez l’épouvantail des guerres dans l’Est du Congo. Mais, de telles guerres comme celle du Congo suite du génocide rwandais commandité par la France, pilotées par les colonisateurs, sont justement le moyen par lequel les colonisateurs procèdent au repartage des territoires coloniaux entre eux, en temps de paix entre eux. C’est une caricature malfaisante d’assimiler les guerres de libération anticoloniales des peuples à ce genre de guerres des élites locales corrompues par les colonisateurs qu’ils servent. En fait, vous reprochez aux indépendantistes panafricains d’avoir osé engager la voie des luttes pour l’indépendance à tel point qu’aujourd’hui, vous remerciez les colonisateurs de leur avoir fait échec et de vous avoir aménagé des enclos, des « espaces nationaux » dites-vous, où vous êtes heureux de les servir. A ce que l’on sache, les massacres et les guerres derrière lesquels vous vous abritez pour accepter la collaboration avec votre ennemi, l’ennemi de toujours du Continent Noir, ne sont pas des guerres anticoloniales pour l’indépendance, la liberté, l’entente et la fraternité entre les peuples africains. Ce sont précisément des guerres planifiées et organisées par les colonisateurs auprès de qui vous faites offre de service en tant que soldat et domestique en montrant votre zèle et votre génie à embrouiller la question de la nécessité des guerres anticoloniales libératrices des peuples africains du joug occidental. Votre philosophie et votre attitude sont très détestables. 


              • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 25 avril 2013 20:51

                @Mikombo,

                Ne brouillons pas les pistes en essayant d’évoquer des problèmes ne concernant guère directement les velléités expansionnistes de quelques pays africains, notamment dans la région des grands lacs, pour faire main basse sur le Kivu. Ces pays qui, d’ailleurs, sont soutenus par des puissances anglo-saxonnes pour déstabiliser davantage la RD Congo après avoir scindé le Soudan en deux. D’aucuns n’ignorent les efforts et l’argent dépensé pour essayer de convaincre les gens d’œuvrer en faveur de la redéfinition des frontières des pays africains. Le Kivu restera congolais.

                Par ailleurs, je ne cautionnerai jamais les opérations qui risqueront de mettre le continent africain à feu et à sang puisque que certains pays veulent s’agrandir au détriment d’autres. Utilisez tous les arguments que vous voulez, vous ne convaincrez pas les Congolais à céder un centimètre de leur territoire national. A moins de les exterminez tous. Les Nkrumah, Lumumba et autres panafricanistes n’ont jamais préconisé les luttes armées pour redéfinir les frontières actuelles mais plutôt un combat idéologique pour réunifier l’Afrique. Et la réunification du continent africain ne passera que par des accords régionaux de paix et une diplomatie commune au regard de l’extérieur. Le reste n’est que discours des personnes qui veulent s’approprier les terres qu’elles convoitent tant. En attendant d’atteindre leur macabre objectif, elles pillent, violent les femmes et les enfants, massacrent... Les lecteurs comprendront bien laquelle de nos deux positions est la plus dangereuse, voire la plus criminelle.


              • Mwana Mikombo 25 avril 2013 23:52

                Cher Lonsi Koko

                Les pistes, c’est vous qui les embrouillez et les brouillez ! Vous embrouillez volontairement la notion de guerre pour camoufler votre allégeance aux colonisateurs, aux dépeceurs de l’Afrique. Vous confondez en effet toutes les guerres. Cette confusion est volontaire car vous êtes un politicien de très haut niveau. En tant qu’ « Analyste politique, auteur de nombreux ouvrages sur le socialisme et les relations Nord-Sud  », vous n’êtes pas sensé ignorer que toutes les guerres ne sont pas à confondre. Il y a essentiellement deux sortes de guerres : les guerres de conquête, de pillage, de brigandage, d’occupation d’une part, et les guerres d’indépendance, de libération et d’émancipation des peuples contre l’oppression coloniale, contre la prédation. Vous n’êtes pas digne de confondre ces deux types de guerres radicalement opposées en écrivant : « Les Nkrumah, Lumumba et autres panafricanistes n’ont jamais préconisé les luttes armées pour redéfinir les frontières actuelles mais plutôt un combat idéologique pour réunifier l’Afrique. »,  

                C’est bien Patrice Lumumba qui déclarait : « Notre mouvement a pour but fondamental la libération du peuple congolais du régime colonialiste et son accession à l’indépendance. » (1). Cette libération du peuple congolais du régime colonialiste et son accession à l’indépendance n’a jamais eu lieu, étouffée dans l’œuf. Et vous venez aujourd’hui bomber votre torse sur les cendres de Lumumba que recouvre l’enclos colonial appelé RDC que vous louangez.

                C’est bien Kwamé Nkrumah qui déclarait : « Seule une Afrique unie, dotée d’une direction politique centrale pourra donner avec succès un appui matériel et moral effectif à nos combattants de la libération qui luttent dans la Rhodésie du Sud, et l’Angola, le Mozambique, l’Afrique du Sud-ouest, le Betchouanaland, le Swaziland, le Bassoutoland, la Guinée portugaise, etc., etc. et naturellement l’Afrique du Sud. L’Afrique tout entière doit être libérée maintenant. Il est donc impérieux pour nous de créer ici même et dès maintenant un Bureau de libération au service des combattants africains. » (2)

                C’est bien Kwamé Nkruhmah qui déclarait : « Les peuples des colonies doivent avoir le droit d’élire leurs propres gouvernements sans restrictions venant des puissances étrangères. Nous disons aux peuples des colonies qu’ils doivent lutter pour atteindre ces buts par tous les moyens dont ils disposent. […] Peuples coloniaux et assujettis du monde, unissez-vous ! ». (3)

                La vision des héros du panafricanisme ne se limite donc pas simplement à un point de vue idéologique. Cette vision porte aussi et surtout sur le plan organisationnel, matériel et militaire. Et surtout, cette vision recommande au mouvement panafricain de se définir et d’agir en toute autonomie et indépendance, « sans restriction venant des puissances étrangères ». Voilà que Lonsi, lui, sacralise les frontières héritées de la colonisation, une « restriction imposée par les puissances étrangères ». Au panafricanisme autonome libérateur des peuples africains, Lonsi Koko oppose le faux nationalisme, le nationalisme néocolonial, support local du colonialisme.

                Monsieur Lonsi Koko, vous pouvez choisir d’être un aide-marmiton des prédateurs du Congo et de l’Afrique. Vous êtes libre sur ce sujet. Mais vous n’avez pas le droit de caricaturer l’œuvre des fils valeureux de l’Afrique. Je suis bien d’accord avec vous : les colonisateurs, les dépeceurs de l’Afrique et leurs suppôts comprendront que vous êtes pour eux un redoutable cheval de Troie en service commandité au Congo.

                …………………

                 

                1) Patrice Lumumba -Discours prononcé à la conférence panafricaniste d’Accra le 11 décembre 1958

                2) Kwamé Nkrumah : Discours au sommet de l’OUA, 24 mai 1963

                3) Kwame Nkrumah, « Déclaration aux peuples coloniaux », Vème congrès panafricain, Manchester, 1945



                • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 26 avril 2013 00:41
                  @ Mikombe,

                  Notre divergence réside dans la redéfinition des frontières héritées de la colonisation. Vous avez écrit ceci : « Chercher à « mettre les pays africains à l’abri de la balkanisation », par « des accords de non agression, donc d’assistance mutuelle, des accords régionaux de défense », dans ce contexte d’une Afrique balkanisée, re-balkanisée, assiégée et placée sous gérance néocoloniale, cette préoccupation très louable reste un veux pieux, et en tout cas signifie qu’on accepte de se conformer à la balkanisation existante. Les jeunes générations d’africains, passionnées par l’indépendance et la liberté de leur continent, doivent rejeter la voie collaborationniste du respect des frontières coloniales, la voie du nationalisme néocolonial, pour trouver la voie de la lutte pour la dé-balkanisation de l’Afrique, c’est-à-dire la voie de la fédération des peuples africains sur la base de leur identité panafricaine précoloniale commune. »

                  Vous êtes partisan de la révision des frontières actuelles pour permettre, par exemple, à un pays comme le Rwanda de s’approprier le Kivu au détriment de la RD Congo. Je défends le maintien des frontières actuelles tout en préconisant des coopérations régionales et l’implication de l’Union africaine dans les résolutions des conflits. 

                  Pourquoi un tel courroux à mon encontre ? Est-ce parce que je défends l’intégrité du territoire congolais ? Est-ce parce que je préconise des unions douanières en vue du vivre-ensemble ? Est-ce parce que je veux éviter que l’Afrique soit mise à feu et à sang, soit transformée en une jungle où régnera la loi du plus fort ? Est-ce parce que je suggère que l’Afrique parle d’une seule voix dans les institutions internationales ?

                  Toutes les attaques relatives à une soi-disant inféodation aux anciens colons ne sont-elles que, en réalité, un leurre pour éviter que l’attention se focalise sur le machiavélique projet qui consiste à démembrer la République Démocratique du Congo au profit du Rwanda ?

                • Mwana Mikombo 26 avril 2013 09:39

                  Cher Lonsi Koko

                  La divergence que vous relevez est effectivement l’abime qui nous sépare. Je prendrai un exemple assez significatif pour illustrer mon propos. Prenons l’Europe, sous l’occupation Nazie (1939-1945). Encore que le nazisme était un produit de l’esprit de prédation européen né sur le sol européen et visant en premier lieu les européens. Ce qui n’est pas le cas des traites négrières européennes et arabes en Afrique, ni du colonialisme, ni du néo-colonialisme, phénomènes venant d’Occident.

                  Donc, pendant que les nazis occupaient l’Europe, supposons que les pays occupés, la Pologne, la Norvège, l’Autriche, la France pour ne citer que ceux-là, se soient dits :

                  - l’occupation allemande est devenue une réalité ;

                  - la seule façon de revivre en harmonie dans les espaces avant l’occupation réside dans les accords bilatéraux en matière d’immigration, d’emploi et de commerce…

                  - vouloir redéfinir les frontières tracées par l’Allemagne nazie reviendrait à susciter des guerres comme dans les Balkans ; Il faut éviter que l’Europe soit mise à feu et à sang ;

                  - l’avenir des peuples de l’Europe ne réside pas dans les massacres, les guerres, pour s’approprier une portion du territoire ; il dépend plutôt de la capacité des européens à travailler ensemble à savoir gérer de commun accord les espaces transfrontaliers, à bâtir des stratégies régionales et continentales…

                  - l’Europe doit parler d’une seule voie dans le monde.

                  C’est ainsi que raisonne Lonsi Koko concernant l’Afrique. Et c’est bien ainsi que raisonnaient les partisans du régime nazi dans les pays européens occupés. En France en particulier, ce raisonnement était le fondement de la propagande et de la politique du régime pro-nazi de Vichy. La suite, vous devez certainement très bien la connaître. Le régime nazi et ses supporters ont été balayés et bannis dans toute l’Europe et dans le monde entier par les peuples européens coalisés dans un profond et vaste mouvement de libération impliquant la Russie soviétique et appuyé par les Etats-Unis d’Amérique sans oublier les troupes africaines mobilisées par les colonisateurs et désignées méprisamment par l’expression « tirailleurs sénégalais ». En France, le terme  collaboration désigne précisément le régime de Vichy, partisan et support local de l’occupation nazie. Ce terme de collaboration s’applique parfaitement à Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko au regard de la situation du Congo et de l’Afrique. Et l’Afrique, voici tout un continent qui est envahi, massacré, occupé, dévalisé, dépeuplé, pillé, brigandé, dans tous les sens et tous les coins, depuis des siècles et des siècles voire des millénaires, par l’Occident ! Et sur ce continent, aujourd’hui, l’idée même de collaboration n’effleure presque personne chez les autochtones, surtout même parmi les plus cultivés ! Pourtant la colonisation y est même encore fumante et continue de battre son plein ! C’est un grand miracle réalisé par l’Occident, d’avoir déshumanisé à ce point l’être humain, le nègre, au point de lui faire adorer son bourreau ! L’Europe serait dans cette situation si le nazisme s’y était éternisé. Voilà le nœud de la divergence : l’esprit et la culture de la collaboration qui vous imprègnent !

                  Vous dites que je serais « partisans de la révision des frontières actuelles pour permettre, par exemple, à un pays comme le Rwanda de s’approprier le Kivu au détriment de la RD Congo ». Je dois dire que vous êtes complètement à côté de la plaque. Je ne suis partisan de la « révision » d’aucune frontière actuelle. « Révision », cela veut dire enlever la barrière ici pour la remettre là. Non ! Je suis plutôt partisan de l’abolition totale et définitive de toutes les frontières héritées de la colonisation, du rétablissement, autant que faire se peut, des Etats nationaux précoloniaux, avant les traites européennes et arabes, avec l’intégralité de leurs cultures. Vous comprendrez que cela n’aménage pas la voie au Rwanda de s’approprier le Kivu au détriment du Congo, ni au Congo RDC ex-Congo belge de s’approprier le Kivu au détriment du Rwanda. Au contraire, cela permettra à toute la région des Grands Lacs en particulier et à toute l’Afrique Noire en général de se réconcilier avec elle-même, de reprendre le fil perdu de son Histoire. Cela permettra encore aux peuples africains de revivre dans la prospérité et l’harmonie dans un espace continental commun, comme autre fois avant le débarquement des européens, comme l’avait constaté de ses propres yeux l’explorateur allemand Léo Frobénius (1873-1938) en sillonnant l’Afrique d’Ouest en Est, de la côte atlantique jusqu’à la côte de l’océan indien. Léo Frobénius décrit ainsi la vie des populations qu’il avait rencontrées :

                  « Lorsqu’ils arrivèrent dans la Baie de Guinée et aboutirent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées, bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres. Ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habitée par des hommes vêtus de costumes attachants dont ils avaient tissé l’étoffe eux mêmes ! Plus au Sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés, et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique par exemple. Les révélations des navigateurs du XVe au XVIe siècle fournissent la preuve certaine que l’Afrique Nègre qui s’étendait au Sud de la zone désertique du Sahara était encore en plein épanouissement, dans tout leur éclat de civilisations harmonieuses et bien formées. » (Leo Frobenius, Histoire de la civilisation africaine, Paris, Gallimard, 1936, pp. 14 et 15.)

                  Enfin, cela permettra aux peuples d’Afrique Noire de pouvoir asseoir l’Etat Fédéral panafricain ancré dans sa culture historique comme l’ont prophétisé le grand savant multidisciplinaire panafricain Cheick Anta Diop et son bras droit le professeur Théophile Obenga. Un Etat Fédéral Panafricain « doté d’une direction politique centrale gouvernant sans restriction venant d’une puissance étrangère quelconque » selon la recommandation de Kwamé Nkrumah, l’un des pères fondateurs du panafricanisme révolutionnaire africain.

                  Tel est l’énorme fossé sans fond qui sépare, d’un côté le nationalisme africain véritable, le panafricanisme, de l’autre côté le faux nationalisme, le nationalisme borné, enfermé dans le cadre étriqué des frontières issues de la balkanisation coloniale de l’Afrique, le nationalisme néocolonial, support local du colonialisme, semeur de haine entre les populations africaines, gardien de l’ordre colonial.



                  • Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko 26 avril 2013 10:03

                    @ Mikombo,


                    Balivernes ! Votre raisonnement semble être tiré par les cheveux.

                    Comment peut-on asseoir, par contre, « l’Etat Fédéral panafricain » quand on rejette d’emblée le régionalisme ? L’Etat Fédéral panafricain ne naîtra-t-il pas de la somme d’entités régionales ? En tout cas, ce n’est pas en mettant la charrue avant les boeufs et en voulant imposer sa volonté aux autres, comme vous le faites avec une violence verbale inadmissible, que vous réussirez à convaincre les gens (violence dont on voit les résultats dans la région du Kivu). Il n’est pas évident d’attraper les mouches avec du vinaigre.

                    D’aucuns pensent que les frontières physiques ne seront supplantées que progressivement, avec le temps, grâce à des coopérations régionales - celles-ci conduisant naturellement vers le panafricanisme tant souhaité par un bon nombre d’Africains. Ce n’est pas en démembrant la RD Congo, ou le Mali, que l’on réalisera le Panafricanisme. La redéfinition des frontières se fait soit au profit d’un nouveau pays (cas du Sud-Soudan, et c’est ce que l’on veut faire au Mali), soit au profit d’un pays existant - comme ce qu’on projette dans la région des Grands lacs au profit du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda, donc au détriment de la RD Congo.

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