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Accueil du site > Actualités > International > L’Agent Orange : un crime impuni

L’Agent Orange : un crime impuni

En Occident, les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité (avérées ou non) sont réservées à l’ennemi du moment, celui contre lequel nos gouvernements s’apprêtent à déchaîner le feu de leurs armées. Mais que penser des dirigeants des Etats-Unis ?

C’est en 1962 que John F. Kennedy déclenche l’opération Ranch Hand, une guerre chimique contre la population du Vietnam qui consiste à répandre sur les forêts et les récoltes des millions de litres de défoliant : l´agent orange. Des avions et des hélicoptères épandent ce produit, pour détruire la végétation qui gêne les bombardements américains et anéantir les récoltes pour affamer les Viêt-Congs et les populations dans les zones sous leur contrôle.

L’agent orange doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les fûts dans lesquels il était stocké. Fabriqué par Mosanto, l’agent orange – qui contient de la dioxine – est responsable du développement de maladies chez les personnes exposées, notamment de plusieurs sortes de cancers.En outre, la stabilité de la dioxine fait qu’elle continue d’agir bien après son épandage provoquant des malformations à la naissance d’enfants dont les parents ont été contaminés : cécité, diabète, troubles mentaux, déficits moteurs et intellectuels, malformations diverses.

Trente ans après la fin des hostilités, environ 60.000 adultes et plus de 200.000 enfants souffraient toujours de l’agent orange. Dans une maternité d’Ho-Chi-Minh-Ville sont conservés tous les fœtus « monstrueux » dans du formol, on peut y voir des frères siamois partageant une seule tête disproportionnée, un tronc a deux têtes, des cas d’anencéphalie (absence de cerveau), de microcéphalie (petit cerveau)…L’opération Ranch Hand a duré jusqu’en 1971. Près de 80 millions de litres de ce défoliant auraient été déversés sur le Sud du Vietnam. Un cinquième des forêts auraient été atteintes et 400.000 hectares de terrains agricoles contaminés.

On estime de 2,1 à 4,8 millions le nombre de Vietnamiens qui ont été directement exposés à l’agent orange entre 1961 et 1971. Auxquels il faut ajouter un nombre inconnu de Cambodgiens et de Laotiens, des civils et militaires américains, sud-coréens, canadiens, australiens et néo-zélandais. Les soldats américains (68.000) et coréens (20.000), qui ont été victimes de l’agent orange, ont obtenu des fabricants le versement d’une indemnité à titre de compensation (environ 250 millions de dollars). En revanche, l’association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine a vu sa plainte rejetée par la justice américaine.

Les USA n’ayant pas ratifié le traité de Rome qui institue la Cour pénale internationale, leurs ressortissants ne seront pas poursuivis et leurs dirigeants et chefs militaires ne seront jamais poursuivis pour leurs crimes

L’agression impérialiste yankee a causé la mort, des infirmités et des blessures irréversibles à toute une population, Et puisque nous évoquons fréquemment la manipulation des médias dominants, il est utile de rappeler de ce que les éditoriaux, dans les années 70 lorsque les yankees ravageaient une bonne partie du territoire vietnamien, titraient : »Il souffle un vent de liberté sur Saïgon ».

http://2ccr.unblog.fr/2012/03/23/lagent-orange-un-crime-impuni/

Publié sur Conscience Citoyenne Responsable avec l'autorisation de l'auteur


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17 réactions à cet article    


  • Romain Desbois 1er septembre 2012 09:42

    Merci de dénoncer un fois de plus un des multiples crimes impunis des USA. D’autant que nous connaissons les entreprises qui fabriquaient ce poison qui continuent dans l’agroalimentaire à vouloir nous empoisonner.

    Un autre crime impuni qui a été étouffé par le 11 septembre, l’Antrax qui se retrouvait dans les tentatives de terrorisme qui sévissaient depuis quelques temps aux USA, s’est révélé être une souche modifiée aux USA dans les labos d’Etat. Modifiée pour être plus mortel et facilement contaminant.

    Les USA ont démontré qu’ils avaient violé les traités interdisant de faire des recherches et d’utiliser toutes armes chimiques et bactériologique.

    Aucune sanction à ma connaissance n’a été portée à l’encontre des USA.


    • Dzan 1er septembre 2012 10:22

      Que dire de l’utilisation du phosphore blanc, de l’uranium appauvri ?
      Mais bon sang, mais c’est bien sûr, il s’agit de la plus grande démocratie du monde ( sic)
      Voir la convention Ripoublicaine..


      • easy easy 1er septembre 2012 10:35

        Vous dénoncez une tromperie en recourant à une image trompeuse.


        • hans 1er septembre 2012 11:33

          Bonjour Robert, mon voisin au travail est Vietnamien, il a connu cela et il a été bootpeoples, vous savez quoi ? il aime l’amérique et il n’a aucune colère pour cela, c’est hallucinant.


          • easy easy 1er septembre 2012 12:35

            C’est en effet surprenant mais seulement si nous en restons à ce que nous voulons voir.

            Car un autre fléau est considéré par bien des Viets, en particulier par ceux qui ont risqué 1000 kilomètres d’errance en mer (la plus grande des errances en mer de l’Histoire) et qui y ont laissé des proches :
            Le communisme imposé.

            Un Viet qui y vit peut voir, de temps en temps, un infirme de l’agent orange. Ça lui est pénible et ça lui fout les boules. Mais il peut tout de même considérer qu’il s’agit d’une erreur ancienne. Et pendant qu’il rumine ce fait, quelque chose lui casse les oreilles. En permanence, dès 5h du mat, des hauts-parleurs diffusent de la propagande. Ça c’est une erreur actuelle.

            D’autre part, il arrive un autre paramètre. La Chine qui autrefois ne pouvait pas croquer le Vietnam, peut désormais le faire et prend ses aises, déjà en mer, dans les 200 miles marins du Vietnam. Qui peut aider le Vietnam en cas de conflit ouvert avec elle ?


          • amiaplacidus amiaplacidus 1er septembre 2012 14:05

            Easy, autre chose de surprenant.

            De plus en plus d’enfants de boatpeoples, retournent au Vietnam pour s’y établir, estimant avoir beaucoup plus de chance d’avenir qu’en Europe, et plus spécialement en France.

            Dans mon tout petit cercle, je connais personnellement cinq cas, mais c’est un mouvement beaucoup plus large. D’anciens boatpeoples, retournent également vivre leur retraite au Vietnam, étonnant, non ?


          • easy easy 1er septembre 2012 14:50

            Le jeu des aller-retours est complexe.

            Dès 1976, il y a eu des Viets vivant à l’étranger qui se sont précipités vers Saïgon en croyant au bien du communisme. Ils en savaient pourtant tout, ils savaient Cuba, Staline, Mao...Mais ils croyaient que les communistes viets ne vireraient pas cons et sauraient mettre en place une société aussi partageuse que démocratique.
            Très vite, ces idéalistes ont réalisé que le communisme, même viet, virait en totalitarisme avec mises à mort et incarcérations à la pelle. Ils sont partis une seconde fois.

            Puis, de même que la Chine a semblé devenir de plus en plus vivable si l’on ne regarde pas certaines choses, le Vietnam a semblé vivable. Même Cuba peut être vivable, mais selon les objectifs qu’on se fixe en y allant.

            Pourvu qu’on ne se mêle pas de politique, qu’on porte des boules quiès pour ne pas entendre les hauts-parleurs qui diffusent en permanence de la propagande et qu’on se fasse à la corruption, on peut effectivement vivre au Vietnam.
            Du coup, il y a des Viets de la diaspora qui y retournent mais ils ont la détermination de porter des oeillères sur la politique à l’instar des Français ou autres étrangers qui y vivent soit pour y faire du business soit pour se la couler douce. On ne les entend donc jamais parler de politique.
             
            Astérix, Français qui vit au Laos ne nous dit pas ce qu’il faut penser de la persécution que subit un groupe de Hmongs faméliques, cachés dans la jungle, descendants de ceux qui avaient collaboré avec les Français de l’Indo puis avec les Ricains. Il a intérêt à ne rien nous en dire. 

            6 personnes que j’ai exfiltrées de HCM en 89 y sont déjà retournées en moyenne 3 fois histoire de revoir la famille et le pays. Aucune ne veut y rester.


          • asterix asterix 2 septembre 2012 00:01

            Mr Easy,

            Permettez-moi en préalable de vous dire deux choses :

            - en un, je suis citoyen belge et non Français, si ce n’est de coeur :

            - en second, je ne vois pas en quoi j’ai ou j’aurais intérêt à ne rien dire sur la problématique Hmong que vous soulevez. Je me suis d’ailleurs déjà exprimé sur le sujet en ces mêmes colonnes.

            Vous ne pouviez donc tomber plus mal.

            S’il existe, et encore ceci reste à prouver même si je ne mets aucunement votre parole en doute, une problématique Hmong au Laos, elle est d’abord le fait de revanchards pour la plupart téléguidés par des associations agissantes réfugiés aux Etats-Unis. Je n’y vois donc d’abord pour ma part que propagande.

            Ce que vous présentez comme une persécution absolue ne concerne que de petits groupuscules dans la province de Khamouane, par ailleurs sous contrôle de l’armée vietnamienne. Contrairement à ce que vous suggérez, le Laos a fait un très gros effort pour regrouper sous un même drapeau de nombreuses ethnies différentes qui s’étaient toujours fait la guerre entre elles. Sa position est donc l’inverse du bellicisme revanchard dont vous le taxez

            Je connais un certain nombre de Hmongs qui sont aujourd’hui d’abord Lao et seraient surpris, si pas franchement rigolards si on en arrivait à les traiter de persécutés. Maintenant, si certains n’ont pas voulu franchir le pas de l’unification, ce choix leur appartient mais ils ne doivent pas pleurer s’ils n’ont pas voulu de la main tendue et l’oubli du passé. Quelles que soient les circonstances de la fin d’une guerre, il ne fait jamais bon d’être du côté des perdants. De là à suggérer une forme d’épuration, il y a un pas que je ne franchirai pas.

            Vous auriez pu également relever les conditions inhumaines qui furent celles des Hmongs enfermés durant plusieurs décennies dans des camps en Thaïlande, abandonnés de tous et d’abord des Américains qui n’ont donné de visas US que de manière sélective. Ces mêmes Hmongs ont été récemment récupérés par le Laos qui leur a donné une nouvelle vie, dure mais libre et digne, en leur offrant des terres agricoles dans la province de Bolikhomsaï le long de la frontière nord-vietnamienne.

            Je ne disconviens pas qu’il y ait eu un contentieux rude à la fin de la guerre. En revanche, vous faites de quelques cas particuliers une généralité et là, les faits ne corroborent pas l’opinion qui est la vôtre.

            Vous m’avez dit que je n’avais aucun intérêt à vous répondre. Non seulement c’est fait, mais ce fut également exprimé de manière plus détaillée il y a quelques mois dans ces mêmes colonnes.

            Finalement, le reproche que je fais à Mr Gil l’auteur du présent article qui nous vaut de croiser nos opinions sur un cas particulier ( qui n’était pas l’objet de son papier ) est parfaitement valable pour vous aussi. Ne vous en déplaise, tout Hmong qui a refusé la spirale de la violence est un citoyen lao comme un autre.

             


          • easy easy 2 septembre 2012 08:53

            Le Laos refuse de garantir la sécurité des Hmongs qu’ils harcèlent s’ils se rendent

            Vous ne pouviez mieux nous servir la soupe gouvernementale laotienne 
             
            Il n’existe aucun pays communiste où l’on peut critiquer le gouvernement sans en pâtir

            Le seul fait de prétendre que vous ne risquez rien à adresser des reproches à ce gouvernement fantoche du Vietnam alors que vous y vivez suffit à démontrer votre soumission totale.





            Il y a moins d’un an se suicidait Robert Jambon qui avait laissé cette lettre

            MA DERNIERE CARTOUCHE

            ULTIME COMBAT POUR UNE CAUSE ORPHELINE

            Non ! Le LAOS n’était pas une « colonie » comme les autres. Nous ne l’avions pas pris de force : il s’était donné à nous librement à la suite d’une sorte d’attirance réciproque nouée à l’occasion d’événements dramatiques. « A la conquête des coeurs ! » écrivait Auguste PAVIE dont la personnalité attachante avait séduit le vieux Roi Oun KHAM qui avait placé son royaume sous la protection de la France pour échapper à la cruelle tutelle du voisin siamois.

            Non ! Les Laotiens ne sont pas un peuple comme les autres. Leur art de vivre, leur façon d’être heureux malgré, ou peut-être à cause, d’une extrême pauvreté ; leur aménité, leur nonchalance (parfois stigmatisée par leur laborieux voisin vietnamiens, la bouleversante douceur de leurs femmes, la gentillesse de leurs enfants en font un peuple à part dans un monde dominé par la loi du profit. A l’exception notable des H’mongs, victimes depuis 1975 d’un véritable génocide, ce ne sont pas de farouches guerriers mais ils savent, sans se plaindre, mourir au combat et ont le courage de se faire tuer en se portant au secours d’un frère d’armes. C’est ainsi que, le 17 juillet 1950 vers 14 h, près de Ban Saka, le chasseur Ba LAN, mortellement frappé à mes côtés, ne prononce qu’un mot, thièp, pour signaler qu’il est blessé ; il s’éteint, 10 heures plus tard, sans avoir une seule fois crié sa souffrance ! Et lorsque, le 7 juillet 1954, je me débats dans la Nam Hin Boun en crue sous les tirs d’une cinquantaine de Viets, le sergent LIENE qui a déjà traversé la rivière fait demi-tour et se jette è l’eau pour me secourir ; il est tué d’une balle dans la tête à quelques brasses de moi ! Et le lendemain (8 juillet), alors que, blessé, j’étais dans l’incapacité de franchir une barre calcaire de plusieurs centaines de mètres de haut pour rejoindre les miens, de braves paysans lao m’ont littéralement porté par dessus l’obstacle, et cela au péril de leur propre existence !

            Non ! Les Laotiens n’étaient pas des amis comme les autres, ceux qui vous oublient lorsque viennent les épreuves et les dangers : quand les Japonais exécutèrent leur « coup de force » du 9 mars 1945 avec une traîtrise peu en rapport avec les principes du « bushido », il y eut, en de nombreux endroits, et notamment à Thakkek, une véritable chasse à l’homme blanc. Ceux qui étaient pris étaient souvent décapités. Monsieur Henri FRAISSE, Sous-préfet à Mortagne-au-Perche en 1991, se souvient : petit garçon habitant Thakkek avec ses parents, lui et sa famille ont été sauvés par des Laotiens qui, au péril de leur vie, les ont emmenés, cachés et nourris jusqu’à ce que tout danger soit écarté. Et, dans tout le pays, les Laotiens ont agi de même, au secours des Français menacés.

            C’est dans ce contexte d’amitié partagée que la France, du temps de sa grandeur, à signé, après Dien Bien Phu dont le choix avait été dicté par le souci de protéger le Laos, trois traités garantissant la liberté et l’indépendance du royaume du Million d’Eléphants et du Parasol Blanc. D’abord le Traité de Genève de 1954 mettant fin à notre guerre d’Indochine. Ensuite, les Accords de Genève de 1962 garantissant la neutralité du Laos. Enfin, le Traité de Paris de 1973 pour le respect et la reconnaissance de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume du Laos. Or ces accords ont été violés, sans réaction notable des signataires, par la République Démocratique du Viet Nam (devenue depuis République Socialiste du Viet Nam) : dès le retrait précipité des Américains fin 1975, d’importantes forces armées nord-vietnamiennes ont envahi le Laos et permis aux maigres effectifs communistes lao de s’emparer du pouvoir par la force lors du « coup d’état » du 2 décembre 1975. Il faut savoir que les effectifs vietnamiens engagés à cette occasion ont été (officiellement) démobilisés sur place et convertis en ouvriers travaillant dans le cadre d’un projet de développement rural financé par les aide internationales. En réalité, ces aides ne font qu’entretenir une armée d’occupation vietnamienne abritée dans la Zone Spéciale Stratégique de Xay Somboun (au sud ouest de Xieng Khouang), véritable Base de regroupement de soldats et cache d’armes lourdes (artillerie et blindés). Ces importantes forces vietnamiennes sont toujours prêtes à intervenir sans délai en cas de soulèvement populaire ou de coup d’état contre le gouvernement actuel, mis en place par Hanoï. C’est d’ailleurs dans cette zone qu’ont eu lieu les répressions les plus féroces contre les résistants H’mongs désespérément accrochés au fameux massif du Phou BIA. En outre, il m’a été confirmé par différentes sources (dont certaines sont implantées au sein même du pseudo Gouvernement Laotien), que le Viet Nam avait procédé, depuis plusieurs années, à une massive colonisation de peuplement en installant au Laos, sur les meilleures terres, 3 millions de vietnamiens communistes bénéficiant d’avantages exceptionnels. De surcroît, on constate une mainmise des vietnamiens sur les différents services artisanaux (coiffeur. menuisier, épicier, boucher etc.) au détriment des Laotiens.

            Lorsque, fin 1975, les Américains se sont « désengagés » du conflit vietnamien, je n’ai pas compris que le Laos allait perdre son indépendance et qu’une inhumaine dictature communiste allait lui être imposée par la force des armes. Nos gouvernants ont feint de croire qu’il s’agissait d’une affaire intérieure laotienne, ce qui les dispensait d’agir dans le cadre de nos engagements. Et lorsque le père Jean-Marie OLLIVIER, oblat de Marie Immaculée, a voulu dénoncer, pour en avoir été témoin, cette ingérence d’une puissance étrangère dans les affaires intérieures d’un état indépendant, on lui a répondu … qu’on « ne voulait pas le savoir » ! J’ai, d’ailleurs, écrit à ce sujet un article contenant le récit détaillé du Père OLLIVIER sous le titre » Les lépreux de SOMSANOUK et le Missionnaire qui en savait trop ».

            Par suite du mutisme complice des autorités françaises, je n’ai appris l’asservissement du Laos qu’en 1999, en lisant le témoignage terrifiant du Colonel Khamphan THAMMAKHANTI, l’un des rares rescapés de ces goulags qui font partie de la « culture » communiste. Ce récit, intitulé « La vérité sur le camp-prison N°01 ou camp de la mort au point 438-745″ m’a été transmis par SAR le Général Tiao SAYAVONG, ancien commandant de la 1ère Région Militaire (Luang Prabang) et demi-frère du roi Sri Savang VATTHANA. Ce Général, que j’avais connu lieutenant à Thakkek en 1954, avait lui-même passé 16 ans en camp de « rééducation ». Quelque temps après avoir témoigné, lui et le Colonel THAMMAKHANTI sont morts des suites des mauvais traitements qu’ils avaient endurés…

            Avec une grande naïveté, j’ai pensé que nos « média » et nos gouvernants n’étaient pas « au courant ». Il m’appartenait donc de dénoncer le crime. Ce que j’ai fait en m’adressant aux grands journaux, aux mouvements de défense des peuples opprimés, aux politiciens, à Mr CHIRAC puis à son épouse, à certaine vedette de la chanson, à Mr KOUCHINER. à Mr MENARD, à Mr d’ORMESSON, à Mr DEVEDJIAN, au candidat puis au Président SARKOZY et à son épouse. Les réponses sont allées du silence méprisant aux justifications minables ou mensongères. Et j’ai fini par comprendre qu’ils étaient tous « au parfum », un parfum de cadavres, et que tous participaient à cette conspiration du silence qui protège les crimes communistes.

            Et puis, au début de l’année 2010, est arrivé l’inacceptable : 4200 H’mongs enfermés depuis des décennies dans un « camp de regroupement » thaïlandais ont été livrés à leurs bourreaux lao-viets afin d’améliorer encore les bonnes relations (commerciales) nouées depuis déjà longtemps entre la République Démocratique Populaire Lao et le Royaume Thaïlandais. Survenant au moment où l’on « commémorait » la sinistre « rafle du Vel. D’Hiv. » commise pour des raisons ethniques sur des effectifs comparables, ce crime (connu avant d’être consommé) aurait dû soulever une énorme vague d’indignation. C’était compter sans le pouvoir discrétionnaire des journalistes de tous bords qui ont littéralement escamoté l’événement. A part deux ou trois brefs communiqués, que personne n’a repris mais qui pourront, plus tard, servir d’alibi, et ce sont toutes les « belles consciences brevetées » qui sont restées muettes, enveloppant dans un linceul de silence les 4.200 H’mongs partis pour leur dermier voyage…

            Après une période de découragement, j’ai décidé de jouer ma dernière carte ou, plus exactement, de tirer ms dernière cartouche. Dans ma tête. En d’autres termes, je vais me « faire sauter le caisson » pour expier ma part de honte et protester contre la lâche indifférence de nos responsables face au terrible malheur qui frappe nos amis Lao. Ce n’est pas un suicide mais un acte de guerre visant à secourir nos frères d’armes en danger de mort. Quant à vous, les gouvernants sans honneur, vous, les grands « média » sans courage et vous, les « collabos » sans vergogne, je vous crache mon sang et mon mépris à la gueule !

            Je demande pardon à tous ceux qui m’aiment pour le chagrin que je vais leur causer.

            Le Colonel Robert JAMBON

            Retraité des Troupes de Marine









          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er septembre 2012 12:09

            Bonjour Robert,

            si les traités internationaux n’arrivent pas à bout de la volonté du plus puissant pays, n’y a t il pas moyen de se retourner contre une boite privée dans ce cas Monsanto... ? Et surtout l’empêcher de sévir à nouveau car encore aujourd’hui Monsanto est partout, dans l’agriculture, le traitement de l’eau, et derrière le gaz de schiste...nos États protègent ils ce poison planétaire par ignorance ou intérêt ?


            • Acid World Acid World 1er septembre 2012 12:50

              La culpabilisation c’est bon pour les européens.

              Les français collabos...

              Les allemands antisémites...

              En revanche il n’y a pas eu des milliers de viols de femmes allemandes en 1945 par l’armée rouge, Dresde n’a jamais été rasée à 70% par les Zalliés et les bombes au Vietnam 20 ans plus tard étaient démocratiques.

              C’est l’histoire des Vainqueurs.


              • asterix asterix 1er septembre 2012 13:04

                Bonjour Monsieur,

                 

                J’apprécie beaucoup plus le présent article qui est, hélas, une vérité à peu près ignorée que votre sempiternelle prose laudative sur Cuba et tous les autres pays se revendiquant ( ? ) d’une idéologie qui dessert la cause que vous défendez.

                Mais voilà, à vous suivre on ne peut être sainement anti-américain qu’en étant pour ses adversaires. Comme si il n’y avait qu’un monde binaire. Comme s’il n’y avait qu’un criminel, ce qui s’avère faux car des exactions, l’Histoire en fourmille, il y en eut partout. En quelque sorte, vous professez le fait qu’au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

                Ceci dit, j’habite de plein choix au Laos et ai déjà par trois fois pu me rendre compte de visu des conséquences à long terme de ce crime contre l’humanité commis par l’oncle Sam contre les populations reculées au fin fond de la jungle. Moralement, je ne peux donc que vous donner raison de souligner le caractère inommable de ce fameux agent orange. Et j’ajoute pour vos lecteurs qu’il est scandaleux que les USA ne donnent royalement qu’un million de dollars par an à l’UXO pour nettoyer des milliers de km carrés de terres qui seraient fertiles si elles n’avaient été noyées de bombes à fragmentation qui tuent et estropillent encore et toujours les populations rurales aujourd’hui même. Je trouve seulement dommage qu’il n’y ait, dans votre cas comme dans beaucoup d’autres, qu’indignation sélective et une condamnation sans ambages des crimes seulement commis par ceux dont vous ne défendez pas la position. Votre cher Fidel n’a t-il pas tout autant fait couvrir l’Angola de millions de bombes anti-personnel livrées par l’ex Union soviétique ? Blackout... Pensez-vous vraiment que l’inhumanisme n’est le fait que d’une seule position politique, fut-elle dominante ? Il devrait concerner toute position politique basée sur la violence et tous les rapports de force qu’elle engendre.

                Contre nous de la tyrannie. TOUTES les tyrannies, tous les absolutismes..

                Mes salutations.

                 


                • Romain Desbois 1er septembre 2012 16:10

                  Ainsi qu’avec son Roundup pourtant reconnu cancérigène et toujours en vente libre.


                • lemouton lemouton 1er septembre 2012 15:44

                  merci à Robert Gil

                  un bon rappel de l’histoire.

                  peut être, un titre un peu timide... smiley

                  L’Agent Orange : un crime impuni ??
                   —> L’Agent Orange : un crime contre l’humanité umpuni ?

                  • fcpgismo fcpgismo 1er septembre 2012 18:39

                    Merci, formidable rappel du monstre MONSANTO.


                    • jacques lemiere 2 septembre 2012 17:14

                      je crois que c’est la guerre le crime contre l’humanité...

                      et la guerre moderne en particulier, celle qui s’en prend aux populations plus qu’aux armées...
                       
                      bah ça permet aux gens de taper sur monsanto...mais..en ce qui me concerne je ne suis pas convaincu au sujet des ogm ou du glyphosate.. 

                      Et j’ai du mal à comprendre d’ailleurs cette fixette sur monsanto...pourquoi pas rhodiagri ou autre...
                      le paradoxe c’est que le polyphosphate fut du point de vue de la santé humaine ou de l’environnement , un progrès si on le compare à ce qu’on utilisait avant... !!!


                      Alors ou vous dénoncez TOUTES les firmes phytosanitaire ou aucune...et on relativise....svp...

                      Il faut à tout pris éviter les guerres.. !!!
                      Celle du Vvietnam et plus généralement la dévastation de pays entiers qui résultent d’affrontement sournois de puissances impérialistes fut et est toujours un crime contre l’humanité...
                      Agent orange,bombe, napalm ou machette... 
                      Pour l’agriculture...je suis navré mais je ne crois pas une seconde qu’ une agriculture sans pesticide et engrais soit apte à produire assez pour nourrir l’humanité...



                       

                      • le moine du côté obscur 2 septembre 2012 19:02

                        Le vrai problème est que nous vivons plus dans la réalité mais dans la matrice. Dans la matrice les gens ont la mémoire courte quand il s’agit de graves problèmes comme celui de l’agent orange, un vrai génocide commis par une « démocratie ». Dans la matrice les « démocrates » sont des gens bons et justes qui défendent la morale et le bien (dire qu’il y a des abrutis qui croient ces fadaises ça me dépasse). Vous avez beau essayé de réveiller les gens ils refusent de voir le monde atroce dans lequel nous vivons et ils préfèrent rester au « pays des merveilles ». Mais comme je le pense on ne peut échapper éternellement à la réalité, elle reviendra toujours vous hanter jusqu’à ce que vous posiez les pieds sur terre. Certains regardent encore les médias, bien leur en fasse ! Le réveil sera tragique mais quand on fait son lit on s’y couche. 

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Robert GIL

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