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Accueil du site > Actualités > International > L’agonie tourmentée du progrès

L’agonie tourmentée du progrès

L'homme moderne est l'esclave de la modernité : il n'est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude

 Paul Valéry 

La crise à laquelle nous faisons face aujourd'hui est au-delà de sa composante économique une crise de civilisation. En effet, depuis quelques années le capitalisme semble engager un combat insensé. La crise financière de 2008 a constitué la preuve irréfutable que cette divinité factice appelée capital était dans l'incapacité de se reproduire automatiquement et de créer de la valeur par elle-même . Si la plupart des économistes s'accordent sur le fait que le système s'est totalement grippé depuis les années soixante dix, certains considèrent que la financiarisation de l'économie ne constitue qu'un combat d'arrière garde, un palliatif servant à prolonger artificiellement la vie d'un mode de production en complète décomposition. Cependant, un bon nombre de penseurs voient le phénomène sous un autre angle. Pour eux la généralisation de la spéculation financière constitue un système subtil de transfert massif du capital par le biais de la dette. Dans l'incapacité de se reproduire, le capital joue son va-tout et lance un hold-up à l'échelle mondiale pour s'accaparer de l'ensemble des biens publics et privés. C'est cette fuite en avant qui depuis deux décennies plonge l'hyperclasse dans une paraphrénie fantastique, un délire mégalomaniaque fait d'obsession accumulatrice et de tentation totalitaire.

Voila que le système s'affole de nouveau. Des relents fascistes emplissent de plus en plus l'atmosphère et nous replongent dans le cauchemar des années trente. Voila qu'encore une fois un avatar de l'utopisme totalitaire né des Lumières envahit la planète. A l'image du jacobinisme ou encore du nazisme, le néoconservatisme s'inscrit dans une pensée chiliaste. il se croit ainsi investi d'une mission universelle qui assurera à l'humanité paix et prospérité au terme d'une bataille apocalyptique contre les forces du mal. Presque tous les philosophes de l'histoire du 19ème siècle ont succombé au charme de cette marche triomphaliste de l'histoire sous la férule de l'homme blanc. Marx et Engels se sont laissé prendre eux aussi au piège de la mission civilisatrice d'un Occident impérialiste, considérant que le colonialisme permettait aux sociétés précapitalistes de sortir de leur inertie et de rejoindre l'histoire. On ne peut qu'être scandalisé par la teneur des écrits d'Engels à propos de la guerre coloniale menée contre l'Algérie de l'émir Abdelkader. Son discours n'avait rien à envier aux thèses racistes d'un Gobineau. Il faut cependant rendre justice à Marx qui à la fin de sa vie a complètement changé de point de vue et s'est élevé contre la barbarie du colonialisme. Toutefois, cette prétention à vouloir réaliser la fin de l'Histoire dans l'Histoire en en forçant le sens, a pris des formes terrifiantes et a produit les pires des totalitarismes tout au long du XXème siècle. Le rationalisme né des Lumières, en substituant la transcendance de la raison à la transcendance du divin, a fini par édifier à son tour sa propre Église. Nietzsche fustigeait déjà toutes ces « religions de substitution » que sont le culte de l’État, l'adoration de l’Histoire et la religion de la science. Délivré du joug de l'église, le sujet au lieu de se libérer tombe dans l'auto-adoration avec ses différentes manifestations : individualiste, anthropocentriste, nationaliste et ethnocentriste. C'est cet égo démesuré s'appuyant sur une avancée technique de l'Europe qui alimentera toutes les formes de spoliations, d'exactions et de mépris exercés contre le reste de l'humanité et qui atteint aujourd'hui son stade paroxystique. La pensée européenne reste dominée dans toutes ses nuances par ce rationalisme subjectif et égocentré. L'authenticité allemande si chère à Thomas Mann ou à Oswald Spengler et la modernité conquérante romane et anglo-saxonne étaient malgré leur divergences prises dans le tourbillon de cette même auto-adoration. Il est à remarquer cependant que la thématique de "l'authenticité" totalement disparue pendant la guerre froide refait aujourd'hui surface même dans des pays à tradition universaliste tels que la France. Elle ne cesse de se propager en réaction à l'agressivité du mondialisme unipolaire anglo-saxon.

Ayant conquis son statut démiurgique, l'homme blanc guidera et s'il le faut traînera les humains vers cette fin heureuse et sécularisée de l'histoire. C'est le mythe du progrès, érigé en dogme, qui va constituer le moteur de ce mouvement linéaire de l'histoire. Pierre angulaire de l'édifice de la modernité, le progrès entame une chevauchée éperdue, à la poursuite d'un futur plein de promesses mais irrémédiablement insaisissable. Or ce mirage enivrant n'est en réalité que la figure euphémique de "la croissance à l'infini" nécessaire à la survie de l'économie de marché. C'est bien cette confusion de sens qui a servi à positiver l'aspect purement cumulatif de la croissance. Plus on s'enfonce dans le mode de production capitaliste, plus progrès et croissance s'imbriquent de telle sorte qu'on a fini par confondre totalement l'aspect qualitatif de l'un et celui quantitatif de l'autre. S'inspirant de l'eschatologie religieuse, l'eschatologie séculière née des Lumières assimile sa fuite en avant sur la ligne du temps à une élévation spirituelle. Le mythe du progrès, en octroyant à l'accroissement des produits une signification quasi-spirituelle constituera la plus grande mystification de l'histoire moderne. La fétichisation de la marchandise et du capital seront la conséquence directe de cette perversion et serviront principalement à éluder les rapports de production. Être magique, médiateur entre le capital investi et le capital reproduit, la marchandise se trouve ainsi élevée au rang de divinité au pieds de laquelle se prosterne toute une société de consommateurs idolâtres en manque, hypnotisés par le roucoulement de la publicité et les leurres de la mode. Le consumérisme, une religion sans transcendance, s'empare du monde et fera les beaux jours d'un productivisme effréné, générateur de plus-value. Telle est la perversion initiée par le mythe du progrès . C'est sans doute la première fois dans l'histoire que l'obsession de croissance fait que la production crée les besoins et non l'inverse.

Le mythe de la croissance exponentielle, un non sens qui ne cesse de désorienter l'humanité depuis deux siècles est en complète contradiction avec l'ordre immuable de la nature où toute croissance est suivie de déclin. C'est ce mouvement cyclique assurant à la fois l'équilibre et la régénération du vivant qui a toujours guidé la sagesse des civilisations anciennes . Or la fureur productiviste dont le parcours endiablé s'accompagne régulièrement de crises de surproduction ne cesse de pousser les nations vers les conflits les plus meurtriers de l'histoire. La dernière crise ne semble pas déroger à la règle.

En vérité, la crise financière de 2008 a été plutôt celle de la politique néolibérale venue au secours de la crise de l'économie réelle de la fin des années soixante dix. A cette époque, pour lutter contre la dégradation des conditions de profitabilité du capital, la solution a été d'intensifier la productivité du travail, tout en freinant voire en bloquant la croissance des salaires réels. En temps de crise, c'est toujours !e recours le plus courant pour maintenir à flot le taux de la plus-value. Une stratégie de démobilisation des travailleurs a alors été mise en œuvre. La hausse du chômage , à quoi s’est ajouté le développement du travail précaire et contractuel en brisant les solidarités auront définitivement affaibli la combativité des travailleurs. Mais cette mise en concurrence des salariés atteindra son comble lorsqu'elle s’internationalise grâce à la libre circulation du capital. Ainsi, dressés les uns contre les autres, les pays du centre et ceux de la périphérie se lancent dans la course au moins disant salarial, fiscal et écologique au profit des banques et des transnationales. Les profits ainsi amassés, faute de pouvoir se transformer en capital productif s'orienteront vers la périphérie ouvrant de nouveaux marchés dans les pays dits <<émergents>>. On assiste en parallèle au développant d'une industrie de luxe destinée à satisfaire une classe privilégiée de plus en plus cossue et en mesure de dilapider une partie de la plus-value qu'elle ne peut investir. Mais l'ultime recours de cette politique néolibérale aura été le développement de la spéculation financière. La plus-value non dépensée tentera alors de se valoriser sous forme de capital fictif. Il s'agit tout simplement de parier sur les variations de la valeur de produits financiers tels que les titres de crédit ou de propriétés, les actions, la monnaie, etc. Cela aboutit à la formation d'une accumulation de capital purement fictif composé de produits dérivés de plus en plus sophistiqués et dont la valeur fictive se gonfle au gré d'anticipations souvent délirantes. Aujourd'hui ces transactions sur les marchés financiers sont colossales et leur volume est plus de vingt fois supérieur au PIB mondial. Cette expansion vertigineuse n'est pas comme on a souvent tendance à le croire seulement le fait d'organismes bancaires mais aussi des multinationales dont 40% des profits proviennent de ce type de transactions.

La dérégulation financière impulsée par les États-Unis et leurs vassaux européens à la faveur de l’OMC, mais aussi à la faveur des machiavéliques « plans d’ajustement structurels » du FMI et de la Banque Mondiale à permis en définitive de concentrer le capital entre les mains d'une ploutocratie mondiale organisée en oligopoles. Géants bancaires, géants de l'industrie et géants de la distribution travaillent souvent en bonne entente et préfèrent parier sur des produits dérivés au grand casino des places financières au lieu d' investir dans l'économie réelle. La crise actuelle montre cependant que l'enjeu politique majeur du néolibéralisme est celui de la dette ; celle-ci a envahi depuis un quart de siècle tous les recoins de la planète. Des sommes énormes sont transférées des débiteurs aux créditeurs à travers le mécanisme d’accumulation des intérêts. A titre d'exemple, la dette des pays du Sud est passé de 70 milliards de dollars en 1970 à 3545 milliards en 2009. Ces pays avaient pourtant remboursé l’équivalent de cent dix fois ce qu’ils devaient initialement. En Europe, le Traité de Maastricht, interdisant aux Banques centrales d'accorder tout type de crédit à leurs propres États, offre par la même occasion ce privilège aux banques privées. Celles-ci rétrocèdent ces mêmes crédits aux trésors publics à des taux beaucoup plus élevés. C'est à partir de ce moment là que le surendettement public entame son escalade vertigineuse partout dans les pays de l'UE. En France, la dette publique avoisine les 2000 milliards d'euros, ce qui représente plus de 90% du PIB alors qu'en 1978 elle atteignait à peine 20% de ce même PIB. L'objectif de cette financiarisation méthodique de l'économie est tout simplement le démantèlement systématique du secteur public que ce soit dans les pays du centre ou dans ceux de la périphérie. La classe politique complice, étranglée par la dette et le service de la dette s'empresse de vendre à ses créanciers les biens publics tout en appliquant une politique d'austérité jetant à la rue des millions de chômeurs. Mais ce capitalisme usuraire ne se limite pas à vampiriser les États. Assoiffé de profit mais cherchant en même temps à stimuler la consommation, il en vient à oublier toute prudence en prêtant à des salariés démunis l’argent qu’il a refusé de leur avancer sous forme de salaires. La crise des prêts hypothécaires subprimes a certes ébranlé le système mais elle est loin de l'avoir désarçonné. La marche en rangs serrés de cette armée d'usuriers dédaigne aujourd'hui de s'engraisser uniquement en exploitant le travail immédiat, elle préfère hypothéquer l'avenir en s'appropriant le futur des peuples et des hommes accablés et culpabilisés par l'accumulation des intérêts de la dette. Victime lui-même de l'illusion qu'il n'a cessé d'entretenir, le capital en position de quasi-monopole se met à croire en son autogamie. De moins en moins productif, il ne vit qu'en parasitant une économie réelle qui n'arrête pas de se désagréger. L' illusion de la profitabilité crue vient de supplanter le mythe du progrès, cette autre illusion de la croissance exponentielle propre au capitalisme productif. Toutes ces pratiques usuraires érigées en système constituent-elles simplement une fuite en avant d'un capitalisme aux abois ou alors sont-elles les prémisses d'une stratégie concertée visant l'appropriation du monde par une minorité de ploutocrates avares et avides de pouvoir absolu ?

Si on jette un regard rétrospectif sur la fin du XIXème siècle on s'étonne des similitudes que cette époque avait avec la notre. La ritournelle mondialiste qui n'arrête pas d'agresser nos sens n'est en réalité que la réplique d'une vieille chanson de ces temps révolus. Tout en fredonnant paix et prospérité universelle, elle rythmait la marche des bidasses en route vers les colonies. Seuls les carnages de la première guerre mondiale ont su la faire taire. Guerre impérialiste par excellence, celle-ci a permis d'effacer les deux vieux empires ottoman et austro-hongrois et de les offrir découpés en petits morceaux aux empires coloniaux. Pendant la deuxième guerre mondiale le rouleau compresseur mondialiste n'a pas réussi malgré l'aide précieuse apportée par l'Allemagne nazie à effacer l'Union Soviétique. Néanmoins cela a permis quand même l'implosion des empires coloniaux français et britannique. Il a fallu patienter encore quelques décennies pour qu'une fois son dernier rival éliminé apparaisse enfin dans toute sa magnificence l'empire unipolaire. Le mondialisme néolibéral n'est donc pas un incident de parcours mais l'aboutissement sinon la continuation d'une logique implacable suivie à la lettre depuis le 19ème siècle mais initiée depuis le siècle des "lumières".

Rien n'arrête le progrès qui, imperturbable, poursuit sa quête même si des prophètes de l'envergure de Francis Fukuyama nous ont annoncé depuis quelques années déjà le "happy end" de l'histoire. Une fois les empires défaits, Il s'agit maintenant de parachever la dislocation ou alors l'homogénéisation du monde en s'attaquant aux Etats-nations. A l'Union Européenne, on applique la méthode de la mort douce au moyen du surendettement public, provoquant ainsi la faillite des États et la destruction du tissu social. Si la Grèce ouvre la marche, un nombre de plus en plus grandissant de pays de la communauté européenne sont en train de lui emboîter le pas. En Europe de l'Est, la main de l'Empire a été un peu plus lourde lorsqu'il s'est agi de démanteler la Yougoslavie que les accords de Dayton de 1995 ont fini par morceler en six nouveaux Etats. La tentative de déstabilisation de la Russie par la mise en scène des révolutions colorées n'a cependant pas eu l'effet escompté.

Dans le monde arabe et islamique, on aura recours à une recette qui de tout temps a prouvé son efficacité : l'instrumentalisation systématique du religieux ou pour être plus précis du fanatisme religieux. Les britanniques bien avant leurs héritiers étasuniens sont passés maîtres dans l'art de la manipulation. C'est bien en jouant sur le fanatisme sioniste qu'ils ont réussi à implanter cette entité israélienne en plein cœur du monde arabe. Ce sont eux aussi qui de peur des velléités nationalistes arabes du Chérif de la Mecque ont choisi d'installer les Saoud et les wahhabites à la tête de l'Arabie. Depuis, voilà maintenant près d'un siècle, britanniques et étasuniens n'ont eu aucun souci à contrôler les gisements de pétrole et de gaz de la région. L'islam politique qui depuis la fin de la première guerre mondiale rêve du retour du Califat s'est toujours dressé contre tout courant politique nationaliste arabe ou de sensibilité socialiste. Une aubaine pour l'Empire qui va exploiter à fond la naïveté des wahhabites et des frères musulmans pour déstabiliser les régimes baasistes et nasséristes et stopper l'activité des mouvements de gauche au sein du monde arabe. A partir des années 70, l'enseignement puis l'instrumentalisation d'un islam radical est devenue systématique partout dans le monde arabo-islamique grâce aux deniers saoudiens et à la diabolisation de l'URSS qui n'a pas manqué de tomber dans le piège afghan finement dressé par la CIA. La figure emblématique des "moudjahidines" afghans mais surtout arabes défendant l'islam face aux mécréants communistes est glorifiée par tous les médias occidentaux et arabes. Tout un montage médiatique usant des procédés théâtraux de l'identification vont servir à galvaniser les foules enflammées de jeunes islamistes prêts à mourir pour l'Afghanistan. Après l'implosion de l'Union Soviétique l'empire allait disposer d'un corps de combattants fanatisés, une nébuleuse islamiste malléable et manipulable à souhait qu'il s'empressa d'utiliser en Bosnie et en Tchétchénie. Mais le djihad va progressivement assumer un autre rôle, celui de la mise en œuvre de la théorie du "choc des civilisations" si chère aux néoconservateurs. Par un jeu subtil d'identification/distanciation, on creuse encore plus profondément le fossé séparant Occident et monde musulman. Actions terroristes par ci, dénigrements du prophète par là, le tout surmédiatisé et le tour est joué. L'Islam diabolisé vient ainsi remplir le vide laissé par le péril rouge et redonner sa cohésion à un Occident en mal d'identité. Voila que le décor est définitivement planté. Il s'agit alors de partir en croisade contre ce mal plein de menaces. Le coup de World Trad Center tombe à point nommé pour sonner le départ d'une campagne coloniale d'envergure digne du 19ème siècle.

Dans cette mise en scène du "choc des civilisations" Al-Qaïda assure le rôle d'opposant diabolique lorsqu'il s'agit de justifier des invasions comme celle de l'Afghanistan par exemple. Avec l'avènement du "printemps arabe" les "terroristes" ont vite fait de troquer leurs habits d'antihéros contre ceux de révolutionnaires au service de la démocratie. Ils partent avec la bénédiction d'El Karadhaoui et de Bernard Henri Lévy à l'assaut des "mauvaises dictatures", n'hésitant pas à mettre à feu et à sang des pays comme la Libye et la Syrie ... le reste ne saura tarder. Ces rôles contradictoires et souvent concomitants prouvent que ces combattants ne sont que des exécutants agissant selon les besoins du moment de l'Empire unipolaire dans sa conquête précipitée du monde. Si le rôle de terroriste sert à apeurer les peuples occidentaux et légitimer de la sorte les invasions, celui de révolutionnaire de "l'hiver arabe" sert à la destruction systématique des États et du tissu social dans ces pays pris dans le tourbillon de toutes ces révoltes immédiatement récupérées. Aujourd'hui, il n'est plus besoin d'engager toute une armée de fantassins pour détruire un pays comme ce fut le cas en Irak. Il est plus subtil et plus rentable d'appliquer une stratégie d'autodestruction en montant les extrémistes sunnites contre les nationalistes arabes, la gauche, les chiites, les alaouites, les coptes et le reste des minorités religieuses. L'objectif est d'instaurer un état de guerre civile permanent s'étendant de l'Afrique du Nord au Golf. Luttes tribales mais aussi conflits religieux et ethniques finiront bien par décomposer et somaliser l'ensemble du monde arabe. Les frères musulmans, bien structurés et financés par les pays du Golf n'ont eu aucune peine à se hisser au pouvoir en Tunisie et en Égypte. Ils sont de plus en plus contestés par la rue et les syndicats mais également par une opposition majoritairement ultralibérale et toute aussi compradore, lèche-bottes d'une modernité occidentale à l'agonie. Une fois au pouvoir, les islamistes ont vite oublié leurs beaux discours rassembleurs et tentent par tous les moyens de reconstituer l'absolutisme des dictatures précédentes. Les couches pauvres de la populations de plus en plus misérables se sentant trahies se révoltent alors que les islamistes, aplatis face à l'Occident, sont sommés de poursuivre la même politique néolibérale débridée et de se soumettre aux injonctions de la Banque Mondiale. Alliés objectifs de l'Empire, ils n'hésitent pas à soutenir sa politique dévastatrice au Proche Orient et en Syrie plus particulièrement. Leur attitude sans cesse provocatrice et agressive à l'égard de tous ceux qui s'opposent à eux dans les pays où ils exercent le pouvoir n'arrête pas de faire monter dangereusement la pression et d'instaurer un climat de désordre permanent laissant planer le doute quant à leurs véritables intentions...

Cependant, cette instrumentalisation de l'extrémisme religieux lorsqu'elle embrasse une étendue géographique allant du Maroc jusqu'au Tatarstan au cœur même de la fédération de Russie, elle se transforme tout simplement en arme d'autodestruction massive. Circonscrit au Caucase du Nord, le djihadisme, commence à s'étendre à d'autres régions de la fédération. Il y a quelques jours, La police russe a arrêté à Moscou six membres du parti Hizb al-Tahrir al-Islami. Accusés de prosélytisme radical dans plusieurs mosquées de la capitale, ces derniers étaient en possession d'armes et d'une grosse somme d'argent. Fin août, au Daguestan, le cheikh Saïd Afandi Atsaev, pilier de la confrérie soufie des Naqshabandi a été tué avec six autres personnes par une femme kamikaze. Le 19 juillet dernier, à Kazan, deux leaders musulmans modérés ont été victimes d'une double attaque revendiquée sur YouTube par un certain Marat Khalimov, émir des moudjahidins du Tatarstan. Il semble que l'effet domino si cher aux néoconservateurs a commencé à porter ses fruits après tant d'années de préparation. La mèche allumée en Tunisie et en Egypte, après avoir embrasé la Libye et la Syrie fait saliver l'Empire qui rêve d'étendre l'incendie à l'Asie centrale, à l'Oural et jusqu'au Xinjiang chinois. Zbigniew Brzezinski, dans son livre « Le Grand Échiquier » n'affirme-t-il pas que celui qui tiendrait l'Eurasie serait le maître du monde...pour ajouter ensuite que les États-Unis doivent veiller au respect légitime de la primauté américaine sur cette Eurasie. Tout est dit...

Les islamistes qui en incendiant leurs propres pays contribuent sans hésiter à la réalisation de ce nouvel âge de l'après nationalisme sont-ils assez niais pour croire que cet empire unipolaire va leur permettre de restaurer le califat ? Comptent-ils sur les protestants évangéliques et sur les néoconservateurs pour les aider à réunifier le monde islamique ? Faut-il rappeler à ceux qui l'ont oublié ce qui est arrivé aux « ikhwan » wahhabites, massacrés par les britanniques et les Saoud une fois leur mission remplie ! Cependant l'instrumentalisation du religieux ne concerne pas que l'islam radical. Il semble en effet que les anciens masques idéologiques (civilisateur, humanitaire, démocratique) sont irrémédiablement tombés en désuétude. La manipulation des vieux démons des haines religieuses a beaucoup plus d'impact et forme l'écran idéal derrière lequel s'opère cette nouvelle vague colonialiste globalisante. Ce que nous vivons aujourd'hui, ce n'est nullement "un choc des civilisations" mais "un pseudo-choc des fondamentalismes" islamiste, sioniste et protestant évangélique, tous alliés objectifs de l'Empire en construction. Si les islamistes ont pour mission de détruire les résistances et d'aplanir le terrain, ouvrant ainsi toutes grandes les portes de l'Eurasie aux envahisseurs, les sionistes juifs et chrétiens contribuent quant à eux financièrement à asseoir une gouvernance globale qui si l'on se tient aux divagations d'un Jacques Attali aurait pour capitale mondiale Jérusalem. Il semble que le mythe du progrès en tant que mythe fondateur de l'économie de marché s'est totalement effiloché et qu'il n'est plus en mesure d'entretenir l'illusion de la croissance infinie. On préfère aujourd'hui se réfugier dans des mythes religieux qui privilégient l'élitisme obsessionnel propre au protestantisme et au sionisme. L'oligarchie ploutocratique consciente de l'incapacité du capitalisme productif à lui assurer une quelconque plus-value fait en sorte que les états et les salariés croulent sous le poids des dettes lui permettant ainsi de faire main basse sur l'essentiel des biens publics et privés. Depuis plusieurs décennies des groupes d'influence plus ou moins occultes pilotent discrètement l'économie mondiale(1). Le groupe Bilderberg, la commission Trilatérale, le C.F.R étasunien, la Franc-maçonnerie Internationale et les Illuminatis coopèrent en vue de parachever la formation de blocs continentaux débarrassés de leurs États, nécessaires à la constitution d'une gouvernance mondiale. Le bloc Euro-Atlantique ayant à sa tête le couple germano-étasunien tente d'intégrer Israël et les pays arabes tout en débarrassant ces derniers de toute forme de résistance nationaliste et religieuse. Il s'agit d'affaiblir et de diviser ces sociétés pour leur imposer ensuite une sorte d'islam soft compatible avec les règles du mondialisme. C'est aux frères musulmans qu'échoit cette lourde tâche qu'ils doivent impérativement mener à bien. Après le Vatican II catholique on tente d'imposer un "Vatican II" de l'Islam comme le préconise l'officier étasunien Ralph Peters. Ainsi les deux religions formeront avec le judaïsme une sorte de panthéisme inspiré des lois noachides (2). Cette uniformité spirituelle permettra aux "gentils", une fois les hordes de Gog et Magog anéanties, d'être pris sous l'aile du peuple élu dans le royaume de la fin des temps (3). C'est de cette manière que s'est tissé progressivement cette toile d'araignée idéologique que l'empire exploite machiavéliquement pour parachever ses desseins totalitaires . Le projet sioniste-protestant de conquête de l'Eurasie s'emboite si parfaitement avec le messianisme sioniste et engage les peuples dans une folle confrontation alimentée par les agissements de fanatiques de tout bord sponsorisés par les tenants du mondialisme. Actions terroristes, exacerbation du communautarisme, luttes fratricides dans les pays arabes servent à justifier des guerre prétendument défensives que mène l'empire du bien judéo-chrétien contre les forces du mal. L'offensive qui a commencé avec le déclenchement du "printemps arabe" culmine actuellement en Syrie. Mais à la différence de la Libye, ce pays constitue ce nœud gordien que l'Occident se doit de trancher pour s'emparer de l'Eurasie face à la Russie et à la Chine résolues à s'opposer aux visées unipolaires du bloc Euro-atlantique. Cette contradiction insurmontable est en train d'entrainer imperturbablement le monde vers une quatrième guerre mondiale. Ayant emporté les trois précédentes, l'Occident, sûr de sa bonne étoile, semble être tenté encore une fois par l'aventure. Les majorités silencieuses occidentales abusés par une prétendue méga-identité judéo-chrétienne, manipulées par des minorités agissantes, n'ayant plus subi les affres de la guerre depuis 1945, sommeillent paisiblement, convaincus que ça n'arrive qu'aux autres.

Il importe de rappeler que la Deuxième Guerre mondiale, partie d'Europe, a effacé d'un coup la puissante machine de guerre européenne et a amené toutes les nations dominées d'Asie et d'Afrique à se rebeller et à se libérer du joug colonial européen. Cette nouvelle crise néocoloniale prouve une fois de plus que le capitalisme occidental est incapable de se départir de sa nature prédatrice, Sa cupidité aveugle l'a poussé à se séparer de ce qui a fait sa force et consacré sa domination : le travail. Aujourd'hui, il ne lui reste que ses tonnes de fausse monnaie et une armada juste bonne à répandre la terreur et la désolation à travers la planète. Face à une économie asiatique en pleine expansion grâce à l'appropriation du travail et à la coopération qui unit de plus en plus les pays de ce continent, l'Occident, en poursuivant le projet chimérique Sioniste-Euro-Atlantique s'enfonce dans la violence, ne récoltant que de la violence. Le mal né au 18ème siècle, s'étant transformé en fléau à partir du 19ème, entre aujourd'hui en transe parano-mégalomaniaque. Nemrod, intraitable, n'en démord pas : "Nous arrivons vers l'émergence d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin, c'est de LA CRISE MAJEURE et le peuple acceptera le nouvel ordre mondial" dixit David Rockefeller.

Fethi GHARBI

 

1) http://www.conspirovniscience.com/bilder.php

2) Les 7 lois Noachides : 

d'établir des tribunaux, de l'interdiction de blasphémer, de l'interdiction de l'idolâtrie, de l'interdiction des unions illicites, de l'interdiction de l'assassinat, de l'interdiction du vol, de l'interdiction de manger la chair arrachée à un animal vivant.

Selon le judaïsme, tout non-Juif vivant en accord avec ces sept lois est considéré comme un Gentil Vertueux et a, par l'observance de ces lois, sa part au monde à venir. Les adhérents à ces lois sont souvent appelés B'nei Noah (Enfants de Noé) ou Noahides, et peuvent souvent se retrouver dans des synagogues juives.

Il est intéressant de savoir qu'en 1991, le congrès américain a voté la loi 102-14 consacrant ces lois noachides sorties tout droit du Talmud de Babylone et non de l'ancien testament . Il importe cependant de préciser que dans la religion hébraïque les croyants en Jésus sont considérés comme des idolâtres.

3) Appréciez les élucubrations messianiques sionistes qui pullulent sur la toile, ils parait que ces exégètes sont en mesure de nous fournir une carte géographique précise situant Gog et Magog, même si celle-ci sent un peu le gaz et le pétrole. Très instructif : 

http://messianique.forumpro.fr/t809-la-bataille-de-gog-et-magog-apres-le-millenium


Moyenne des avis sur cet article :  4.25/5   (16 votes)




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150 réactions à cet article    


  • filo... 21 décembre 2012 03:19

    Un visionnaire, vous êtes aussi un visionnaire !

    Un article génial, des pensées profondes. Il est claire que nous nous acheminons vers une dictature.

    Alors n’avez vous pas peur que « les biens pensants » dans leurs soif du pouvoir absolu ne décident de couper les têtes qui dépassent ?

    In fine le monde deviendra un gigantesque Temple de Dieu le fric. Et nous les citoyens lambda (ceux qui survivront) deviendront des fidèles gardiens de ce Temple.

    Quelle tristesse ...



    • marko 21 décembre 2012 10:49

      Pourquoi autant de resignation ? Il est probable que l’esprit de domination et de competition, la peur, continuent a dominer... c’est une eventualite en effet tres credible. Mais il y a toujours eu et il y aura toujours des espaces pour qui veut bien se donner la peine, de les chercher, de les trouver, ou de les inventer... La peur inhibe et est tres mauvaise conseillere... Allez, car un petit poeme vaut mieux qu’un long discours...


      Un pont de plus

      Un pont de plus par delà les mers du néant.
      Chacun, île qui s’ignore avant de vivre les courants.
      Les eaux magnétiques entraînent nos âmes
      Dans les remous volupteux de la trame.
      Un pont de plus vient briser le néant
      De sa rime légère,
      De son mime révélé :
      Le grand mime de la vie,
      Le grand flow de l’univers.
      Un pont de plus lancé à l’invitation des vents.
      Le souffle ambré de l’insouscience
      Déroute les obscures sciences.
      On recherche la vérité dans d’autres dimensions
      Que les bruyantes et fumantes spéculations
      Des docteurs et des spécialistes de l’oppression.
      Derrière les mots le sens dissimulé,
      Derrière les mots le sens oublié,
      Ou presque, il ne tient à rien que le tout change au tout.
      Tous nos rêves assemblés ne font que révéler :
      La vie est du côté de la vie
      Et ceux qui gardent espoir l’ont bien compris.
      OGM, nucléaire, la peur au quotidien
      Manipulée par les vampires du néant :
      Prenez garde à la lumière,
      L’ADN de l’univers est d’une autre force
      Que toutes vos divisions
      De missiles, de drones, et de clones tristes,
      Vouées à l’extinction.
      Nos musiques, nos chansons, et nos Golems
      Sont à vos trousses pour l’éternité.
      On ne ment pas à la vérité.
      L’univers nous aime, mais il n’a pas besoin de nous.
      L’amour résonne dans les profondeurs de la matière
      Et c’est à chacun d’embrasser les mystères.
      Un pont de plus à construire,
      Elancé entre les rives de l’instant.
      Il faut faire confiance à la vie
      Et rester en harmonie avec l’esprit :
      Nous venons certes du néant,
      Mais veillons à ne pas y retourner.

      ML(2010)

    • Fethi GHARBI 21 décembre 2012 23:03

      Merci marko pour ce beau poème


    • alinea Alinea 21 décembre 2012 11:44

      Merci pour cette merveilleuse synthèse, cette lucidité, cette clarté de l’esprit..
      Tant pis pour le pessimisme que cela entraîne ; la lucidité n’a pas de prix !


      • volt volt 21 décembre 2012 13:33

        Remarquable, vraiment. Surtout le début et la fin, et je pense que votre concept inaugural de « hold-up » est à développer à l’envi, ne pas y manquer, c’est limpide.

        Néanmoins, et quelle que soit la constance filée là de l’excellence, nous sommes là pour la critique, tout un travail, qui n’aurait pour but que d’affuter votre pointe, histoire d’atteindre à la perfection.

        Il me semble à vous lire de près que vous ne souffrez que de deux défauts, mais majeurs :

        1/ D’abord une sorte de méconnaissance ou d’évacuation rapide du 18e, du fait que vous vous contentez de vous inscrire dans des lectures un peu reacs du 19e sur cette affaire. A vous lire, on prendrait les Lumières pour la catastrophe originelle, se prolongeant en 19e fou, avant l’étonnante photocopie du 20e. Voilà qui ne tient pas. Spinoza n’est pas Hegel, Kant n’est pas Schelling, Casanova n’est pas Marx, malgré la bonne.

        Vous oubliez qu’il y a ce moment très court mais fondamental où ce qui culmine en Révolution se retourne en Terreur... Tout est bien là, à cet instant fatal qui seul permettra que le déguisement de l’Empire vienne déclencher la grosse machine - encore en cours...

        Donc pas faute aux Lumières, mais déjà à leur obscurcissement le plus immédiat, ce bon gros crépuscule bien gras, déjà maître dans l’art de se faire passer pour une aube.

        Certes vous parlez d’un « avatar de l’utopisme totalitaire né des Lumières », sauf que les Lumières n’y sont pour rien. Et il est vital de s’en souvenir... De même lorsque vous parlez de« l’eschatologie séculière née des Lumières » ; c’est le même petit saut rapide qui néglige encore de bien différencier entre les cuivres d’un Malher et la flûte ou la clarinette de Mozart - Vital je vous dis... 

        Ainsi le 19e n’a pas de « similudes avec notre époque » car nous n’en sommes jamais sortis, et sûrement pas pour cause de 18e, mais plutôt pour cause de réaction au 18e, où les femmes s’amusaient beaucoup plus tiens, on relèvera…

        Exemple de votre raccourci récurent : « Le mondialisme néolibéral n’est donc pas un incident de parcours mais l’aboutissement sinon la continuation d’une logique implacable suivie à la lettre depuis le 19ème siècle mais initiée depuis le siècle des « lumières ». »

        Malheureux guillemets !

         

        2/ Il me semble que cette première imprécision est due au fait que vous ne sortez pas de la dialectique marxiste classique ; le plus malheureux c’est que votre lecture de Marx lui-même dans cette affaire se fait un peu trop vite. 

        Ainsi, exemple de confusion : Au moment où vous virevoltez autour de la question centrale du« fétichisme de la marchandise », on ne saisit plus très bien si c’est la production qui fait le fétiche ou l’inverse, voilà qui compte, et beaucoup, question Marx.

        Ne questionnant pas Marx jusqu’au bout, vous contentant de condamner sur Abd Al-Qâder, vous entérinez presque Hegel et sa vision de l’Histoire comme un fait, sur la question de la fin de l’Histoire ; comme si l’année où Fukuyama avait commis son idiotie, Derrida n’avait pas publié ses Spectres de Marx, comme si Heidegger sur l’Histoire n’avait rien dit...

        Cette négligence heideggérienne est aussi ce qui vous permet de croire à cet « ego démesuré s’appuyant sur une avancée technique de l’Europe », or il n’y a là rien à différencier, il a été démontré dès les années trente à Fribourg ue c’est strictement le même processus, et à la limite, même l’inverse de ce que vous avancez. 

        Passons sur le fait que vous citez la thématique de « l’authencité » étrangement sans la soumettre à votre impitoyable scanner… car votre manquement le plus grand est ailleurs, et il est si étrange que la France enterre ses plus grands penseurs sous le traditionnel rouleau-compresseur bosch.

        Vous écrivez :

        « Le mythe de la croissance exponentielle, un non sens qui ne cesse de désorienter l’humanité depuis deux siècles est en complète contradiction avec l’ordre immuable de la nature où toute croissance est suivie de déclin. C’est ce mouvement cyclique assurant à la fois l’équilibre et la régénération du vivant qui a toujours guidé la sagesse des civilisations anciennes. Or la fureur productiviste dont le parcours endiablé s’accompagne régulièrement de crises de surproduction ne cesse de pousser les nations vers les conflits les plus meurtriers de l’histoire. La dernière crise ne semble pas déroger à la règle. »

        Bon, sans dénier la splendeur totale de votre texte, et même la très bonne articulation de ce paragraphe, on se dit : Seigneur... une fois mordu dans Marx, combien il faut se méfier du Géne ! Il y a pourtant eu un très sérieux antidote à tout cela qui, vous allez le voir, permet d’en sortir.

        Cet homme s’appelle Georges Bataille, et il met en place au 20e donc, une « Théorie de la Dépense »

        Résumons : Contrairement à ce que l’on raconte, dit-il en gros, le problème n’a jamais été celui de la consommation ou de la marchandise ou encore celui du manque de production, le problème, insiste-t-il, a depuis toujours été celui de la production ou même de la surproduction qu’on ne savait comment dépenser. 

        Il se base sur Mauss et la théorie du don, elle-même découlant des analyses du Potlatch des indiens d’Amérique du Nord. Bataille en conclut : 

        Un sacrifice humain sur une pyramide de Mexico c’est une dépense ; 

        la fulgurante conquête arabe, c’est une dépense ; 

        un orgasme, c’est une dépense ; 

        le Plan Marshall, c’est encore une dépense. 

        Tout le problème est de dépenser un trop plein, et même produire relève déjà de la dépense.

        Voilà qui inverse bien toutes les polarités, et la « croissance exponentielle » que vous dénoncez n’est donc plus tout a fait en contradiction avec ce que vous réifiez comme « ordre immuable de la nature », mais plutôt sa conséquence la plus fidèle et logique. 

        Quant à la « sagesse des civilisations anciennes », elle n’y change rien, elle est partie du processus… Et enfin la « fureur productiviste » n’est pas « endiablée », elle est ce qu’il y a de plus humain, religieusement parlant, en set Bataille.

        Voilà qui dépoussière un peu.

         

        3/ Remarques diverses :

        -Référence utile : La Mobilisation Totale de Jünger, qui permet une lecture autre de la première guerre mondiale ; il est intéressant de voir que vous frôlez l’affaire lorsque, parlant de« stratégie de démobilisation des travailleurs », vous enchaînez sur « la combativité des travailleurs »...

        - « le capital en position de quasi-monopole se met à croire en son autogamie  » - oui et non, le Capital est « autophagie » d’abord. 

        -sur la « naïveté des wahhabites », vous voulez rire ?

        -« d’El Karadhaoui et de Bernard Henri Lévy » - je vois la photo, mdr.

        - « Il y a quelques jours, La police russe a arrêté à Moscou six membres du parti Hizb al-Tahrir al-Islami. Accusés de prosélytisme radical dans plusieurs mosquées de la capitale, ces derniers étaient en possession d’armes et d’une grosse somme d’argent. » - euh... on a bien du mal à croire qu’avec votre Science, vous tomberiez dans le panneau.


        • alinea Alinea 21 décembre 2012 18:10

          Volt :
          L’érudition est précieuse, la vôtre ici, particulièrement ; néanmoins j’ai toujours noté que les esprits analytiques ( les érudits, entre autres) ont beaucoup de mal à comprendre les esprits synthétiques ( tel que celui de l’auteur). Ce problème me turlupine depuis un moment, d’autant plus qu’en occident, les esprits analytiques sont plus nombreux !


        • epicure 21 décembre 2012 18:29

          Oui dans le début de l’article, c’est al foirfouille européenne, tout ce qui est européen et postérieur à la révolution est amalgamé dans tout et son contraire.
          Le fait de mettre le nazisme dans la lignée des Lumières, de la révolution, de la modernité montre l’ignorance du sujet (et pourtant je n’ai pas al prétention d’être un érudit sur le sujet), alors que bien au contraire le nazisme n’est qu’un avatar du rejet des lumières. Fondamentalement la logique du nazisme s’inscrit dans la pensée que rejette le mouvement moderne (au sens large), le nazisme est basé sur le rejet de nombreuses valeurs modernes.

          De même que le néoconservatisme n’est pas l’héritier des lumières puisque c’est un enfant du conservatisme, donc l’opposé des Lumières. Pour rappel, le conservatisme, c’est la réaction ( l’antithèse de la modernité donc) qui est devenue pragmatique vis à vis de certains processus de la modernisation, mais qui ne lâche pas certains points essentiels.

          Bref l’auteur du texte semble incapable de lire les antagonismes politiques de l’occident qui sont les moteurs de l’histoire de l’occident ces 200 dernières années, en rappelant que ce ne sont pas toujours les Lumières qui ont gagné, puisque ces 30 dernières années les anglo-saxons nous ont fait une révolution conservatrice qui allait de pair avec le recul de certaines valeurs moderne, et par exemple bush s’inscrit dans ce mouvement, en plus conservateur. Et donc les néo-con, les puritains, saoud , les sionistes , ne sont pas les acteurs de la modernité, mais des actionnaires qui ont racheté le monde moderne pour le transformer dans un sens moins moderne. Ils sont en train de tuer le progrés sociétal en rendant le monde moins sûr.


        • volt volt 21 décembre 2012 18:31

          Alinea, je ne sais pas si l’auteur est un esprit synthétique, il n’est pas à nous d’en juger ; 

          mais je suis bien désolé que ça vous turlupine, c’est curable.
          Pour ma part, je ne suis pas « d’occident », je suis d’abord un arabe, 
          jeûne, mais parfois informé de choses et d’autres occidentales, 
          sur un mode donc plutôt synthétique.
          Seule la longueur du texte et la variété des idées oblige tout répondant à une dispersion d’apparence, j’ai néanmoins réussi à développer deux points qui n’en seraient qu’un. Plus synthétique, je demande à voir.

        • alinea Alinea 21 décembre 2012 21:50

          Volt : mon message était loin d’être une critique ; rencontrer un esprit synthétique n’est pas un jugement ;j’ai l’esprit synthétique et j’y vois très bien les failles, et je sais le reconnaitre aussi chez les autres.
          J’ai une soeur érudite qui m’est infiniment précieuse et vis à vis d’elle, j’ai toujours l’impression de faire des bons pour arriver à ce que retiens sans prendre la peine d’énoncer le chemin. je ne veux pas me soigner, ma question était simplement d’être sûre qu’on pouvait se comprendre mutuellement ; il y a une reconnaissance immédiate et une compréhension de « cerveau à cerveau » qui semble loin et rébérbative aux analytiques. En ce qui concerne la psychanalyse, je n’ai jamais pu rien apprendre de Freud, ni supporter Lacan alors que je bois du petit lait en lisant Jung !
          L’esprit analytique est capable de synthèse, sans aucun doute, mais seulement sur le mode intellectuel ;les « bonds » leur sont pénibles !
          mais c’était juste, l’évocation d’un sujet qui a surgi en lisant vos lignes et en ayant lu les lignes de l’auteur ! Les unes et les autres étant très complémentaires...


        • alinea Alinea 21 décembre 2012 22:49

          J’ai oublié Volt : je vis en France avec plein d’esprits analytiques partout, brrrrrrrrrrrrr


        • volt volt 21 décembre 2012 23:03

          nul doute que c’était complémentaire, puisque je mets juste le doigt sur une faille.


          mais je n’ai aucunement pris votre remarque pour une critique, seulement Alinea, je me méfie des étiquettes - érudit... occidental... analytique... attends, c’est elle qui écrit ?

          il suffit de parler théologie pour finir en bigotte, astro en madame soleil, psycha en docteur, coran en mollah, littérature en lettreux, cul en libidineux, ça n’en finit plus les étiquettes... or je ne suis rien, un touriste, un nul, un Passant, un sauvage, des sèves, des serpents, silence, souvenirs.

          jung et le petit lait je me méfie, c’est très beau mais facile les grosses soupes attention, important consistances... lacan l’humour sauve toujours, grand jongleur.

          me doutais bien que y’avait des soeurs, une plante pareille ça pousse pas seule entre des pavés étanches, mais depuis longtemps ils attendent votre texte sur la domination avec impatience, vous savez.


        • alinea Alinea 21 décembre 2012 23:24

          Volt : le petit lait c’est une image de synthèse ! Un peu comme un bon mot qui ne peut être compris que par les familiers : je vous prie donc de m’en excusez ;
          Bourdieu est illisible pour moi : cependant quand j’ai trouvé la phrase au bout de quatre pages qui est essentielle, elle, est vraiment essentielle !!
          En revanche Chomsky, éminemment synthétique est d’une clarté sans ombrages !
          or donc, pour trouver la sève de votre prose, il me faut faire un effort. Mais je ne suis point paresseuse , cependant j’ai toujours peur d’avoir compris de travers !!
          C’est cette interrogation-là que je formulais tout à l’heure. C’est pourquoi je me suis crue autorisée à affirmer que notre auteur avait l’esprit synthétique- avec les mêmes idées, ça aide- parce que je l’ai lu et compris sans ombrages !


        • volt volt 21 décembre 2012 23:33
          ça dépend sous quelle « lumière » on se situe Alinea, 
          les chinois rappellent encore que le lieu le plus sombre est sous la lampe. 
          oui c’était bien « notre auteur » il y a cinq minutes, 
          bien tôt ça ne le serait plus... 
          la verdeur a toute l’excuse de l’avenir, 
          et les fées aux cuisines. 
          bonne nuit Alinea - prenez soin de vous, 
          avant vos chevaux.

        • Hervé Hum Hervé Hum 21 décembre 2012 14:07

          Excellente synthèse.

          Cela dit, la quadrature du cercle à ce nouvel ordre mondial est qu’il porte en lui le germe de la fin du pouvoir monopolistique de la ploutocratie. C’est ce qui échappe à la plupart (sinon tous) des analystes et peut être surtout à ces mêmes ploutocrates. Bref, ils travaillent sans le savoir à leur propre fin !

          En fait, ces derniers n’ont aucunes voie de sortie. Soit ils déclenchent le chaos mais hériterons d’une Terre dévasté, si tant est qu’ils y survivent, soit ils poursuivent leur tentative désespéré de contrôler le monde et n’aboutirons qu’à mieux le perdre.

          Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la conséquence directe de la fin des Etats nations est la fin des frontières et signe de facto par la même occasion, la fin de la propriété privé et donc du capitalisme. Vous ne me croyez pas ? C’est normal, mais moi je sais qu’il en est ainsi.

          Le pouvoir de la ploutocratie n’existe pas réellement mais seulement sur une croyance savamment martelé dans l’esprit des gens, celle de la pseudo nécessité d’une élite dirigeante pour nous prémunir contre les menaces extérieures (non intérieure). Croyance qui justifie de donner procuration de sa propre responsabilité à un représentant politique sous couvert qu’il défendra vos intérêts et qu’il dépend de vous par la votation dites démocratique.

          En réalité, la ploutocratie ne peut survivre qu’en maintenant vivante les frontières des nations et donc en précipitant la crise entre elles. Bien sur, la ploutocratie perdrait 95 % de ses richesses accumulés en monnaie virtuelle, mais pourrait espérer sauver sa richesse réelle.

          Mais chut, ne le lui dites surtout pas ! Non, en fait, vous pouvez bien le lui dire, elle à déjà passé le stade de non retour... Aujourd’hui même le 21/12/2012 !!!


          • Hervé Hum Hervé Hum 21 décembre 2012 14:10

            Mais chut, ne le lui dites surtout pas ! Non, en fait, vous pouvez bien le lui dire, elle à déjà passé le stade de non retour... Aujourd’hui même le 21/12/2012 !! !

            Hum, vous aurez compris que je veux dire qu’elle en est arrivé au stade de non retour !


          • Fethi GHARBI 22 décembre 2012 09:34

            Grand Merci

            Tout ce que vous dites là est juste, très juste...

            Je crois qu’il importe de jeter un coup d’œil sur la théorie de la valeur.
            quelqu’un comme Anselm Jappe l’expose avec clarté


          • foufouille foufouille 21 décembre 2012 14:11

            la ploutocratie peut aussi faire une dictature mondiale
            il suffirait de quelque mechants ET


            • volt volt 21 décembre 2012 14:48

              filo,


              lorsque vous dites : « Alors n’avez vous pas peur que « les biens pensants » dans leurs soif du pouvoir absolu ne décident de couper les têtes qui dépassent ? »

              Voilà une crainte bien personnalisée, il ne faut craindre que justice, il suffit de ne pas chercher noise ou noisette, toute jalousie, et des plus anciennes, est surmontable ; interroger l’acharnement.
              Il faut d’abord s’assurer que ce sont des « bien pensants »... cette soif étant susceptible de fleurir en bien des déguisements. 
              Mais au fond, celui qui rampe vers le plus bas, raconte de lui-même qu’il ne méritera jamais le sommet, il suffit de taureaux plus éveillés que d’autres ; Alinea explique que ça existe ; j’ai pas très bien compris... mais ils auraient presque des scanns, ils verraient à travers ! tous les montages, toutes floraisons de voiles ne leur seraient que célophanes, ô terreur...

              • Fethi GHARBI 21 décembre 2012 23:11

                 « Vieille Europe ».


                Les continents ne vieillissent pas, la sénilité est un mal humain , la peur en est le symptome 

              • Fethi GHARBI 21 décembre 2012 23:52

                Pas si nouveau que ça le « nouveau monde » !......


              • franc 21 décembre 2012 21:16

                Pamphlet salutaire et fort de la situation mondiale aujourd’huis comportant beaucoup de vérités importantes mais aussi malheureusement quelques erreurs ou maladresses monumentales qui nuisent au fond de cet article en le plongeant dans quelques contradictions pour le réduire à un criticisme irrationnel ,criticisme tous azimuts nihiliste.

                 

                En effet le constat est fort juste dans la description de l’état actuel du monde avec la domination du capitalisme mondialiste financière en alliance avec l’obscurantisme religieux qui détruit tout , les Nations,les Etats,les Peuples ,les Cultures et la Nature . Cependant attribuer la cause de ce désatre de l’humanité aux Lumières de l’Occident du 18 èsiècle et à son esprit du Progrès est une erreur et une faute historique grave comme l’a énoncé Volt dans son brillant commentaire ,en même temps qu’une erreur ou au mieux une maladresse conceptuelle dans la forme et la terminologie

                Cette accusation erronée et injuste des Lumières , du Progrès et du rationalisme comme cause des malheurs du monde actuel conduit à des contradictions manifestes .D’abord dans le sens ou définition même du concept de progrès ;le progrès est par définition ce qui apporte un mieux ,une amélioration ,c’est à dire plus de bien à une situation postérieure par rapport à une situation antérieure .Qui peut alors être contre le progrès intrinsèquement ,contre une situation qui s’améliore ,contre un gain du bien en même temps qu’une diminution du mal ;ce serait équivalent à dire qu’on est contre le bien ou que le bien est identique au mal ,ce qui serait une forme manifeste de nihilisme

                d’autre part pour qu’un chose soit considérée comme réellement une cause d’un phénomène ,selon les principes dela méthode expérimentales (Claudes Bernard),il faut faire subir l’expérience de la contre épreuve ,c’est à dire que si on enlève cette chose il en résulte la disparition du phénomène ,enlever la cause entraine à faire disparaitre l’effet ,mais que si on enlève la chose causale et que malgré tout l’effet du phénomène reste ou subsiste alors la chose n’est pas réellement la cause d u phénomène .En application de ce principe de la méthode expérimentale ,si on enlève les Lumières du 18 è siècle occidental ,cela n’entraine nullement la disparition ou la non existence des phénomènes de violence et de domination ,puisque dans les zones où ces Lumières ne sont pas répandus il existe aussi des phénomènes de guerres tribales ,de de violences et de domination entre les tribus se sitaunt en dehors de l’espace et du temps des Lumières occidentales ,par exemple les guerres entre tribus ,evec violence ,domination et esclavages existent dans les tribus africaines et arabes bien avant le 18 è siècle des Lumières occidentales

                 

                de même accuser le rationalisme d’être la cause des violences irrationnelles et de l’obscurantisme est une contradiction flagrante et une erreur ou faute manifeste .Ce n’est pas la raison mais la déraison qui conduit à la guerre ,à la violence et à l’obscurantisme

                 

                ces quelques erreurs ou fautes manifestes et fondamentales nuit malheureusement à ce bon article dans le fond


                • Hervé Hum Hervé Hum 21 décembre 2012 23:26

                  Hum, si on s’en tient à votre exemple pour chercher l’origine de la volonté mondialiste, il faudra remonter au minimum jusqu’à l’empire romain. Mais on pourra aller plus loin si on considère que tout empire est l’expression d’une volonté mondialiste.

                  Finalement, l’auteur de l’article ne fait que confirmer le fait que le monde tient de la même cause qui a motivé les empires passés. Bref, les Lumières ne sont pas en causes. Par contre, le progrès peut être directement accusé de la volonté des humains à créer un monde où son règne est absolu. Pour la simple raison que c’est par ce dernier qu’il a acquis la capacité de domination. Bien entendu, on ne le fera pas commencer au 18ème siècle mais à la maîtrise par l’humain du feu et de l’outil. Et là, on s’aperçoit qu’effectivement sans l’outil, qui incarne la notion de progrès, la mondialisation est impossible.

                  Le progrès est donc bien la cause de la mondialisation. Certes, vous pouvez toujours dire que le progrès est un moyen comme tout outil, sauf quand l’outil se fait maître. Quand on sert l’outil au lieu de s’en servir.

                   Pour paraphraser le dicton qui dit qu’il ne faut pas vivre pour travailler mais travailler pour vivre, on dira qu’il ne faut pas vivre pour plus de progrès mas plus de progrès pour mieux vivre.

                  Enfin, on remarquera que les ressources terrestres ne sont pas immédiatement accessibles par tous de la même manière. C’est ici que le progrès décidera de celui qui aura ou non accès à ces ressources, par l’avantage que l’outil (le progrès) procure sur les autres.

                  La course au progrès n’est donc finalement que la course à l’outil qui donnera l’avantage sur les autres. L’obscurantisme religieux dans cette course n’a jamais été autre chose qu’un frein et un garde fou, que la conquête de l’Amérique à fait voler en éclat. Là aussi, les Lumières n’y sont pour rien, ils n’ont fait que profiter d’un climat favorable dû à une triple conjonction. La découverte de l’Amérique, l’arrivé puis l’essor de l’imprimerie et enfin, la découverte de l’héliocentrisme.

                  Ainsi, si on doit chercher la date de naissance de notre monde contemporain, il faudra prendre la date de la découverte pour l’occident de l’Amérique, soit l’an 1492.


                • Fethi GHARBI 22 décembre 2012 10:38

                  <<Ainsi, si on doit chercher la date de naissance de notre monde contemporain, il faudra prendre la date de la découverte pour l’occident de l’Amérique, soit l’an 1492 >>

                  Pas entièrement d’accord sur ce point précis. Notre monde actuel est né à partir du moment où l’argent a cessé d’être un intermédiaire assurant l’échange, c’est la marchandise qui a depuis assuré ce rôle et devient l’intermédiaire entre le capital investi et le capital reproduit. On ne produit plus des marchandises pour ce qu’elles servent mais pour la plus-value qu’elles peuvent garantir. C’est à partir de ce moment là que sont nés tous les instruments de stimulation de la consommation comme la publicité et la mode au service d’un productivisme insensé et destructeur. C’est la première fois dans l’histoire des hommes que les besoins ne déterminent plus la production mais l’inverse.


                • Fethi GHARBI 21 décembre 2012 22:40
                  Merci à tous. Je constate que l’élément qui a suscité le plus de réactions est ma critique des lumières. Cela se comprend après deux siècles de matraquage idéologique. 

                  J’invite tous ceux qui s’intéressent à la question de regarder cette vidéo, une conférence de l’historienne Marion Sigaut, un vigoureux coup de plumeau ! :



                  • alinea Alinea 21 décembre 2012 22:46

                    Merci Fethi ; j’avais vu cette vidéo ; très bien !


                  • volt volt 21 décembre 2012 23:11

                    désolé, mais votre coup de plus mot est un peu court.

                    nous serions tout idéologie lors même que vous cédez la Parole pour ce théâtre de marionnettes ?
                    non.
                    on n’invite pas les gens à vous lire et vous répondre, pour culminer en pareil cinéma.
                    mais libre à vous tous les bréviaires.

                  • easy easy 22 décembre 2012 23:31

                    **** on n’invite pas les gens à vous lire et vous répondre, pour culminer en pareil cinéma.

                    mais libre à vous tous les bréviaires. ****

                    Je remarque seulement maintenant ce point qui m’est capital. 

                    On papote sur un forum pour échanger des idées personnelles.
                    Ces idées persos sont évidemment fruits d’influences mais à mon sens nous avons à les digester ces influences et à dire alors le résultat de cette maturation en soi. 

                    Je ne vais pas chez des gens pour qu’ils me collent devant leur télé

                  • easy easy 21 décembre 2012 23:36

                    Je n’ai pas vu de ligne directrice dans ce papier.



                    En ce qui me concerne, je synthétiserais la situation mondiale de la manière suivante

                    Le XIXème sciècle Ouest Européen a donné le La au Monde

                    Quelle était la problématique du XIXème du secteur France Angleterre Allemagne ?
                    De façon impréparée, par inadvertance, on venait de tuer Dieu

                    Oooops !
                    Quelle responsabilité soudaine !
                    Quelle Angoisse (Car il y avait du monde qui n’était pas du tout content et qui le faisait savoir)
                    Il fallait donc Réparer, et vite. 



                    Dieu avait des particularités.
                    Il avait donné un alfa en créant, en nommant et en plaçant les choses (positionnements géographiques, spécistes, moraux...)
                    Et il offrait une garantie : préservez cet Alfa que je vous offre et tout ira bien

                    Si l’on élude l’Au-delà, Dieu ne livrait pas d’Oméga en dehors de quelque armagueddon mais seulement si nous ne conservions pas correctement ses Alfas


                    Il fallut donc aux assassins de Dieu le recréer, ou redire d’une Voix Forte, les nouveaux alfas et les universaliser. 
                    Puis, bien entendu, les fixer, les conserver, les garder ces nouveaux alfas


                    Le XIXème donne l’impression constante d’une accélération de tout, de tous les mouvements. train voiture avion... Tout le monde a vu ces accélérations jusque futuristes

                    Mais ces accélérations il faut les comprendre seulement comme une manière de bouger vite et fort pour occuper l’espace qu’on comptait prendre aux déistes classiques avant qu’ils ne se ressaisissent.

                    Il est très difficile de faire une révolution, de se faire remarquer, de fasciner, d’hypnotiser si l’on reste assis dans son bureau. Il faut bouger. Remuer les bras, les jambes, sortir plein de trucs de ses poches pour capter l’attention. C’est le seul moyen d’entraîner les gens.

                    Ces milliards d’agitations, tout en donnant une impression d’accélération, visaient inconsciemment à fixer les alfas, les nouvelles nomenclatures

                    Ainsi, à quelques débordements temporels près, voici ce qui a été pondu par le XIXème siècle Occidental (EU inclus, ça va de soi) : 


                    Fixation de l’image par la photographie (et ensuite redéfinition de l’image de l’homme par les Picasso Chagall)

                    Fixation photo compulsive de tout. Albert Kahn envoie des types photographier le monde

                    Ethnologues qui recencent le monde, qui fixent l’état des civilisations

                    Fixations anthropométriques. On a mesuré tous nos poils et trous. Même nos empreintes. Même notre souffle.

                    Archéologues qui recencent le monde mort

                    Les Darwin qui ramassent tout de qu’ils trouvent de vivant dans le monde et fixent tout ça sur des épingles

                    Tout est nommé selon un codage latin. La moindre variété de mouche a un nom spécial

                    Tout est étiquetté, bestioles, plantes, cailloux, éléments, étoiles

                    On découvre les momies (Sites de Troie, Pompéi, Pyramides, Ingénieurs de Napoléon qui dessinent tout ce qu’ils voient au Caire)
                     
                    On se met à momifier

                    On crée des musées de toutes sortes, avec toutes sortes de plâtres et de cires

                    Taxidermie

                    Les Orientalistes arpentent le monde moyen oriental et fixent tout

                    On invente les mausolées quand on découvre le Taj Mahl

                    Les tombes du Père Lachaise sont des monuments
                    fixant l’image sociale des moindre défunts

                    Rodin recontruit l’enfer

                    On gravit tous les sommets, on explore tous les pôles.

                    Partout on plante le drapeau, pas la croix, pas cette croix qu’il y avait autrefois sur tous les monticules de France et d’Italie

                    Paléontologie. On récupère les plus vieux squelettes, on les remet sur pieds

                    On développe toutes les méthodes de conservation pasteurisation

                    On conçoit de reconstruire l’homme et même une jeune fille sait en pondre un livre édifiant

                    On se saisit du temps, fini les cloches, place à l’horlogerie, sur beffroi puis sur contoise puis sur montre à gousset

                    On passe au chronomètre

                    Le temps de l’homme tel que défini par Dieu, avec une fatigue et un besoin de soleil, devient un temps machine et la nuit s’éclaire comme le jour

                    Réfrigération

                    Congélation

                    Cryogénisation

                    Formolisation

                    On invente les expositions coloniales qui fixent la situation du Monde et les danses des Zoulous

                    On invente les zoos où la faune est arche de noétisée

                    Buffalo Bill fixe la situation des Indiens dans ses shows

                    Le monde est mesuré dans tous les sens, même l’Everest, pourtant interdit d’accès est mesuré

                    Dictionnaires. Tous les mots sont sévèrement définis. Les patois sont interdits 

                    Phonogramme, on fixe la voix

                    Cinématographe, on fixe le mouvement

                    Psychanalyse, on détermine la psychologie, on la fixe dans un DMS

                    On redéfinit l’existence et l’essence de l’Homme

                    On fixe les bactéries

                    On fixe les épidémies

                    On fixe les tailles des individus

                    On crée les normes internationales. Un pas de vis c’est comme ça et pas autrement. Une vis M6 fabriquée au japon doit s’ajuster dans un écrou M6 fabriqué à Paris

                    On fixe les formes des rues (New York est tracée par Astor avant de s’étendre). Hausmann fixe les proportion hauteur largeur des boulevards

                    On fixe les frontières

                    On fixe la signalétique

                    On fixe les couleurs (toutes sont classées, nomenclaturées)

                    On fixe les conditions de travail, les horaires, les congés, les retraites

                    On fixe les conditions de guerre

                    On fixe les Lois internationales

                    On fixe les avanies en créant les assurances

                    On ne laisse aucune place aux Dés de Dieu, exit le Inch Allah.


                    .....

                    La liste ferait des kilomètres
                    Car tout ce qui a été dit en manière de « Mouvement » était en réalité une profonde fixation. Urgente cette fixation ; il fallait donc courir pour tout fixer mais pour fixer, fixer, fixer.

                    Tous les alfas de l’Occident s’imposent au monde et même aux astres.




                    A la fin du XIXème les Alfas du néo-Dieu sont posés et de manière Occidentale sur le Monde

                    Depuis, à l’instar du Dieu précédent, le jeu consiste à tout faire pour conserver ces Alfas sous peine de gros Boum.

                    Ainsi, Fethi, comme tout le monde, vous voyez de la dynamique, du toujours plus. 
                    Mais moi, je ne vois que du toujours plus Alfa, qu’une énorme volonté de conserver les alfas laborieusement construits au XIXème


                    Après, je peux bien entendu entrer dans les détails que vous exposez. J’y verrais comme vous des mouvements.
                    Mais mon fil rouge, c’est que nous conservons en ayant l’air de courir dans tous les sens, l’Oeuvre monumentale accomplie au XIXème.
                    Nous n’allons nulle part ailleurs que vers la conservation de notre Zéro du XIXème


                    Et tout cela inconsciemment, instinctivement. Sans y penser du tout en ces termes. 


                    • alinea Alinea 21 décembre 2012 23:49

                      L’homme occidental veut se rassurer en réduisant le monde à la taille de son cerveau.
                      L’homme oriental veut se rassurer en ouvrant son âme et la rendre aussi vaste et belle que le monde.
                      Entre les deux ?


                    • Shawford Shawford34 22 décembre 2012 00:02

                      WTF.. on a tué Dieu.. QU’au XIXeme siècle ? Tu charries là easy, non ?

                      A tout le moins tu ouvres là une controverse intéressante, tout comme pour tout le reste de ton post... que je pensais d’ailleurs massacrer dès la première ligne dès lors que tu prétends toi même de façon hardie tailler en pièce... la tentative très réussie de synthèse « historio-conspirationniste » de l’auteur.

                      En fait une fois de plus tu prends une hauteur, ou dit autrement un double regard « nord/sud » façon « inside job » en contre pied, qui prend de cours l’assistance mais qui mérite d’être confronté à ce tout si bien construit jusque là par l’auteur (même si déjà agrémenté des nuances de volt par exemple, somme toutes fort « orthodoxes »..)

                      Il va me falloir plus de recul ou voir maintenant les retours des autres intervenants dont l’auteur lui même pour ingurgiter et digérer plus avant, mais j’ai d’ores te déjà pris un instantané façon polaroïd clair et net de ton commentaire, et attends la suite...

                      PS : j’aimerais bien que My Guru vienne lui aussi mettre son grain de sel « tyrolien » smiley


                    • alinea Alinea 22 décembre 2012 00:10

                      Shawford : je n’ai pas vu dans le texte d’easy la « photo » du monde comme il le dit, mais celle de l’occident, que je trouve assez juste !


                    • Lord WTF ! Lord Franz of the F. in S. 22 décembre 2012 00:14

                      Hi, buddy, je vais lire l’ensemble (article+coms) : however, il me semble (à première vue) que ce soit dans la tendance de mes monomaniaques pavés...c’est pas toi qui m’a accusé d’élitosybillinisme verboïde et compulsif récemment ? smiley niakniak...big memory card : t’es fiché buddy !


                    • alinea Alinea 22 décembre 2012 00:14

                      schweizer : alors ? cela vaut-il la peine ? de tant travailler, de tant détruire ? D’autant plus que les orientaux réduisent aussi le monde.. happés par l’impérialisme ultra libéral !!!


                    • Shawford Shawford34 22 décembre 2012 00:17

                      Ma chère Alinea,
                       vous venez d’empiler de jolis concepts, de belles transitions...
                      ...
                      ... et avez de facto ouvert la porte à un suisse anti-anarchiste (que je vous échangerai contre 20 Péripates)...
                      ... je vous invite donc derechef à revenir à mon commentaire non livresque d’hier de 23:56 : c’est le seul à même d’assouvir votre idéal anarchiste marmoréen (tout du moins de son grand père) smiley


                    • easy easy 22 décembre 2012 00:18

                      Ah, te voilà, Shawford !

                      Tu sais, c’est étrange, en regardant cette liste des Alfas du XIXème, je trouve que les EU n’y sont pas pour grand chose. 
                      A moins que j’aie oublié des choses lourdes venues des EU, tout semble avoir été impulsé de notre coin d’ici.

                      Le côté recréationniste-universaliste semble avoir été incroyablement franco anglais allemand comme nucléus initial

                       


                    • Shawford Shawford34 22 décembre 2012 00:20

                      @My Guru, c’est vrai que je te contrains là à un exercice de synthèse contre nature (hu hu),

                      mais je sais que tu peux amener la lumière.. et surtout.. merde à l’autisme... aide moi à mettre un peu de panache blanc bordel smiley


                    • Shawford Shawford34 22 décembre 2012 00:23

                      franco anglais allemand

                      C’est’y pas dans les vieux pots qu’on fait les « meilleures confitures » easy. ? smiley

                      Pour le reste, je laisse m’(nous)éclairer My Guru Lord. Car sinon trop de lumière « tue » la lumière. smiley


                    • Shawford Shawford34 22 décembre 2012 00:26

                      je n’ai pas vu dans le texte d’easy la « photo » du monde comme il le dit, mais celle de l’occident

                      Tout à fait Alinea, mais l’Occident.. vu de.. c’est tout l’intérêt !


                    • Lord WTF ! Lord Franz of the F. in S. 22 décembre 2012 00:34

                       not tonight, buddy...Freitag c’est soirée « B&B » (bordel et beuh) pour Big Daddy... smiley nahh..juste over-fatigué...


                    • Shawford Shawford34 22 décembre 2012 00:38

                      No soucy, My Bad.. on a désormais tout un nouveau monde devant nous pour disserter smiley

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Auteur de l'article

Fethi GHARBI


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