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L’armée ukrainienne s’acharne contre la maison de la petite Rita - « Ce n’est pas Disneyland, c’est Zaïtsevo. Bienvenue en Enfer ! »

Moins d'une semaine après la douzaine de tirs qui avaient touché la maison de la famille de la petite Rita à Zaïtsevo, endommageant les murs et le toit, l'armée ukrainienne s'acharne de nouveau sur cette maison habitée exclusivement par des civils.

Ce matin, les soldats ukrainiens ont décidé de terminer le travail de destruction de la maison en tirant avec un BMP-2 (au canon de 30 mm) sur la maison, endommageant de nouveau les murs, et détruisant les fenêtres qui restaient.

L'un des projectiles a touché la chambre où la mère de la petite Rita dort habituellement. Heureusement en entendant les premiers tirs, elle s'était réfugié avec sa fille dans une pièce moins exposée de la maison. Sans cela, ces tirs auraient fait une victime.

La petite Rita

Dès que Tatiana nous a prévenus nous sommes allés sur place constater les dégâts. Tatiana et sa mère sont en larmes devant le carnage. La maison est inhabitable désormais. Rita, quant à elle, si elle sourit à notre vue, est plus calme et taciturne qu'à son habitude, marquée par les tirs du matin.

La responsable de l'administration locale arrive peu après nous constater les dégâts, faire des photos et trouver une solution de relogement pour Rita et sa mère. Cette fois il n'y a pas d'autre solution, la maison est trouée de partout, murs, toits, fenêtres. Un vrai gruyère.

Tatiana et Rita ne peuvent plus vivre là pour le moment. Irina, la responsable leur obtient en urgence un appartement à Gorlovka. Même si elles seront plus en sécurité, ce déménagement temporaire est dur à encaisser pour Tatiana. Elle doit quitter sa maison, sa seule propriété, son chez elle.

C'est la colère qui domine aussi bien chez la grand-mère de Rita, que chez nous lorsque nous constatons le carnage. L'armée ukrainienne sait parfaitement que ce sont des civils, dont une petite fille innocente, qui vivent ici. Et par deux fois en moins d'une semaine, ils se sont acharnés avec sadisme sur cette maison. Dans une rue adjacente, un chien est mort, tué par les shrapnels d'un des obus tombé dans la cour de la maison qu'il gardait.

Une fois sûrs que Tatiana et Rita vont bien et sont prises en charge par les autorités, nous allons sur les positions de l'armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) qui sont plus loin dans le village, discuter avec les soldats. Nous pouvons voir clairement les drapeaux des forces aéroportées et des Tatares de Crimée flotter sur les positions ukrainiennes qui ont tiré ce matin sur la maison de la petite Rita.

Alors que nous discutons de manière informelle avec les soldats à l'abri d'un bâtiment, des tirs d'abord ponctuels puis plusieurs salves se font entendre. Et plusieurs balles, passant à travers les trous et fenêtres du bâtiment déjà sérieusement endommagé par plus de deux ans de guerre, passeront en sifflant à moins de deux mètres de nous.

Comme mon collègue Vittorio avait pu le constater sur ces mêmes positions le 22 janvier, le cessez-le-feu ici est inexistant, même en plein jour. Ce qui a inspiré aux soldats une inscription terrible et lourde de sens qu'ils ont tracée à la craie sur le tableau de la salle où ils mangent et se reposent : « Ce n'est pas Disneyland, mon fils, c’est Zaïtsevo ! Bienvenue en ENFER ». D'ailleurs, comme pour confirmer ces dires, sur les dernières 24 heures, l'armée ukrainienne a tiré à 1 278 reprises sur le territoire de la RPD.

Et ce sont les civils qui en font les frais. Comme cet homme, un mineur de 48 ans, qui a été tué alors qu'il se rendait à son travail à Kirovsk, en République Populaire de Lougansk. L'hôpital de la ville a lui aussi été sérieusement endommagé par les bombardements de l'armée ukrainienne.

Pendant ce temps là l'Allemagne et la France se font remarquer par leur silence coupable, alors qu'ils sont censés être les garants des accords de Minsk qui ont instauré ce cessez-le-feu qui ne fut jamais respecté par l'armée ukrainienne.

Christelle Néant

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3 réactions à cet article    


  • Hecetuye howahkan howahkan 25 janvier 10:59

    Salut...les civils en font les frais..oui hélas et bien sur...la terreur ainsi créée a l’objectif de faire plier les populations...ce qui n’est pas une découverte ..

    que croyons nous que firent les « alliés » américains et anglais en bombardant et détruisant parfois à 95% nombre de villes en france pour nous libérer..ce qui fit dire à mes parents pris sous les bombes incendiaires à Lorient : avec de tels amis pas besoin d’ennemis..

    nous avons bien affaire à des truands....


    • JC_Lavau JC_Lavau 25 janvier 14:37

      Revoir le débile Hollande qui refusait que V. V. Poutine prenne le risque d’être assassiné le 19 octobre à Paris, réécouter ses « raisons »...



      • Monika Karbowska 25 janvier 23:03

        Merci pour ces informations. on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas ! C’est à désespérer des Français, en France presque personne ne se préoccupe des civils dans le Donbass ! C’est à croire que la russophobie est vraiment une forme de racisme. Avec les « russkofs » on peut tout se permettre, après tout, c’est de leur faute s’ils ne veulent pas se soumettre !

        J’attends que nos chers candidats à la présidentielle nous disent comment ils comptent forcer Kiev à appliquer les accords de Minsk !
        Alors qu’’elle se dit soit disant « admiratrice de Poutine », Marine Le Pen observe un silence total sur le Donbass, idem Fillon qui à part des généralités s’est distingué surtout par son indifférence. Valls, Hamon, Macron, on s’attend à bis répetitia Hollande, la suite de la catastrophe.
        Même Mélenchon, qui pourtant a fini par comprendre qu’on l’enfumait sur la Russie n’a toujours pas pipé un mot sur la guerre en Europe, sur le sort horrible du Donbass ! Et pis, dans le dernier « Marianne » il parle d’ un prétendu « chef du Front de gauche en Russie qui est en prison ». Mensonge, la première opposition en Russie, c’est le Parti Communiste Russe ! Je ne sais pas qui conseille Mélenchon sur l’Europe de l’Est, mais il faudrait qu’il se méfie un peu se ceux qui répandent des sornettes sur le « Maidan de gauche »’ en Ukraine !

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