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Accueil du site > Actualités > International > L’avenir appartient aux jeunes ; à tous les jeunes ?

L’avenir appartient aux jeunes ; à tous les jeunes ?

Des centaines de millions de jeunes sont démunis face à l’avenir. Ils sont peu ou pas scolarisés, ils vivent sous la menace constante de maladies graves, ils sont pour la plupart mal nourris, mal vêtus, mal logés. Peut-on, malgré ce sombre tableau, leur donner espoir ?

Yemisi Ilesanmi du Nigeria est venu dire au congrès de fondation de la Confédération syndicale internationale (CSI) que les jeunes doivent « être pris en compte et faire partie intégrante des solutions ».

Ilesanmi a suivi un parcours de militante. Elle fut leader de la National Association of Nigerian Students (NANS), membre d’organisations de défense des droits humains sous le régime militaire, arrêtée plus d’une fois, plus récemment syndicaliste engagée dans le Nigeria Labour Congress (NLC) où elle défend la cause des femmes et des jeunes.

Elle fait partie de cette génération montante qui milite pour de meilleures perspectives (Voir We are at the forefront of the fight for democracy, une entrevue qu’elle accordait au Trade Union World Briefing - mai 2005, page 8).

Leur slogan : Mondialisons la solidarité !

Les statuts de la toute nouvelle, mais non moins puissante CSI (306 syndicats dans 154 pays) sont à l’image de cette ambition, en ne proposant rien de moins que de « changer le cours de la mondialisation ».

Justement, que propose-t-elle aux jeunes, cette fameuse mondialisation des échanges économiques ?

D’abord un constat : la vaste majorité vit en situation de pauvreté, avec peu de chances de s’en sortir. Si la pauvreté est vaincue un jour, ce ne sera certes pas à temps pour que la génération montante en profite.

Car les jeunes sont appelés à vivre de plus en plus à l’extérieur des frontières des pays riches, où il leur est, parodoxalement, de plus en plus difficile d’immigrer.

Le nombre de jeunes dans les régions dites « développées » va diminuer dans un avenir prévisible, tandis que celui des régions dites « en développement » va augmenter (Les jeunes et la mondialisation. Population Reference Bureau, août 2006).

La région où se produira la plus forte augmentation du nombre de jeunes est l’Afrique. La pire des situations est celle de l’Europe, où il y aura 39 millions de jeunes de moins en 2025 ! L’Amérique du Nord maintiendra à peu près le nombre actuel de jeunes.

Or, lorsqu’ils ont la chance de trouver un emploi, les jeunes sont le segment le plus vulnérable du marché du travail. Ils sont sous-payés, occupent des emplois précaires, voire dangereux, vivent un taux de chômage élevé.

Il y aurait plus de 88 millions de jeunes adultes sans emploi dans le monde, un taux de chômage de 14,4 % alors qu’il était de 11,7 % il y a vingt ans, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Les jeunes femmes sont touchées beaucoup plus durement que les hommes.

Certaines régions de l’Afrique, là où le nombre de jeunes est en augmentation rapide, ont des taux de chômage encore plus élevés (jusqu’à 21 % dans la région subsaharienne, 25 % en Afrique du Nord).

La vaste majorité des emplois occupés par des jeunes le sont dans le secteur de l’économie informelle (neuf emplois sur dix en Afrique, cinq emplois sur dix en Amérique latine).

Ajoutons à cela qu’il y a au moins 246 millions d’enfants travailleurs, occupant des emplois dangereux dans plus de 70 % des cas !

Yemisi Ilesanmi et les jeunes leaders du mouvement syndical, dans les pays où vont vivre majoritairement les jeunes de demain, ont tout notre respect pour le courage magnifique dont ils font preuve.

Car la mondialisation fait de l’embonpoint, à force de se nourrir de l’exploitation des jeunes.


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9 réactions à cet article    


  • ousi takfa (---.---.205.98) 7 novembre 2006 19:25

    quel espoire peut on attendre de nos gouvernnements ? Peut etre que les jeunes en europe et de certains pays emergents dans le tiers monde peuvent ils vraiment attendre cette espoir.Mais en tout cas pas les jeunes du monde arabe.A moins qu’il se passe quelque chose inhabituelle.Car les dictateurs de ces pays survivent avec le chomage et la puvreté d une majorité écrasante de leurs populations ! personnellement j ai une Doctorat en droit public depuis 5 ans. et je suis toujours en chomage. je vis avec de petit boulots de merde et j arrive a peine de survivre.


    • roumi (---.---.74.206) 7 novembre 2006 22:05

      ne baisse pas ton pantalon tu es sur un forum de vieux ; des que ca imagine il n’y as plus de reponse .

      roumi


    • Michel Monette 8 novembre 2006 00:13

      Ce que vous vivez correspond à ce que dénonce Shirin Ebadi. Elle est venue le dire à l’Université de Montréal le 24 octobre dernier (Franchir les frontières : l’Islam, les droits de la personne et l’Occident). Il n’est pas étonnant que certains, parmi les jeunes à qui on refuse l’avenir, choisisse de détruire le présent.


    • seb59 (---.---.180.194) 8 novembre 2006 09:45

      A chaque pays de se developper par lui meme.

      A chaque population de prendre son destin en main.

      C’est ca la liberté , non ?


      • ffi (---.---.2.226) 8 novembre 2006 11:10

        ah bon les D’jeuns ou d’jins veulent s’habiller en costard ??????

        veulent manger autre chose que des mac dos (dorcel) ????

        ecouter autre chose que de la musique qui pronne la mode singe tolard ?????

        C’est vrai ????!!!!!

        Mais alors l’avenir est prometteur même pour les vieux !!!!!

        HOURRA !!!

         smiley smiley smiley


        • seb59 (---.---.180.194) 9 novembre 2006 14:15

          Ah ... les pauvres jeunes !

          ils n’ont vraiment pas de chance ! Le smic est trop bas pour s’acheter une voiture de sport. Les patrons ne veulent pas les prendre sans diplome, et en plus il faut travailler.

          C’est comme l’ecole, il parait qu’on veut les forcer à respecter les profs ! Meme la police s’y met maintenant !

          Les vilains capitalistes les exploitent et les empechent de devenir celebres en jouant au foot ou en allant a la star ac ! Meme les cités ne sont plus assez belles. Ok le loyer est super bas, mais on devrait faire des murs en marbre, de jolis parcs, et des equipements de loisirs.

          Trop dur la vie....

          Et si on arretait de se plaindre 2 minutes ?


          • Michel Monette 9 novembre 2006 22:04

            Je ne connais pas la situation des jeunes en France, étant moi-même Québécois. Ailleurs dans le monde, l’avenir est malheureusement plutôt sombre pour plusieurs centaines de millions de jeunes. Les jeunes vivant dans des pays riches vont diminuer en nombre tandis que ceux vivant dans les autres pays vont augmenter. C’est une réalité à laquelle il faut trouver une solution avant qu’elle n’explose. Les émeutes qui se sont produites l’an passé France ne sont rien à côté de ce qui risque de se produire. Se préoccuper de l’avenir de la jeunesse du monde, c’est faire preuve d’un très grand réalisme.


          • seb59 (---.---.180.194) 10 novembre 2006 09:48

            @ Michel Monette

            Ok , michel, desolé, je n’avais pas vu que tu etais quebecois.

            Bien sur, il est du devoir de chaque pays de s’occuper des besoins et du devenir de ses enfants.

            Mais j’ai du mal à voir en quoi les besoins de jeunes d’aujourdhui sont radicalement differents de ceux de leurs ainés.

            Peux tu nous donner des exemples ?


          • Michel Monette 10 novembre 2006 13:56

            En fait, je ne soutiens pas non plus que les besoins des jeunes sont différents. Dans trop de pays, les besoins de base ne sont mêmes pas comblés : les enfants sont mal nourris, mal logés, très peu scolarisés, très à risque de contracter des maladies infectieuses pour lesquelles il n’y a pas de médicaments efficaces. Bref même ceux qui vont être les jeunes adultes de demain font face à un avenir guère meilleur que celui des jeunes d’aujourd’hui.

            Comment changer cela ? Cela fait deux ans que je m’interroge sur mon blogue et j’avoue que je n’ai pas trouvé de recettes toutes simples, mais à tout le moins il faut reconnaître que la façon dont on s’y est pris jusqu’ici est à revoir. Pour ma part, je crois que le renforcement des capacités des États de mettre en place les conditions d’un enrichissement collectif est la première des étapes à franchir. Dans beaucoup de pays, on a tenté la voie contraire et cela s’avère une erreur. On demande au secteur privé de créer de la richesse, mais les entreprises ne peuvent pas réussir si l’environnement d’affaires n’est pas sain. On a cru pouvoir passer par la fameuse « société civile » locale et internationale, mais j’ai de sérieux doutes sur l’efficacité des ONG, sur l’action desquelles on fonde beaucoup trop d’espoirs (quoique certaines, par exemple Médecins sans frontières, jouent un rôle essentiel dans les conditions présentes).

            Yemisi Ilesanmi se bat pour faire reconnaître les droits les plus fondamentaux des femmes et des jeunes dans son pays. Elle le fait avec un formidable courage. Les syndicats ont été des armes drôlement efficaces pour améliorer le sort des ouvriers dans les pays riches. Elle voudrait qu’ils aient cette même efficacité dans son pays, mais pour cela elle voit une première condition essentielle : s’engager dans un dialogue avec les jeunes qui subissent les contrecoups d’une mondialisation de l’exploitation. Une autre étape vers des changements dans la bonne direction est justement le respect du droit de se syndiquer et de revendiquer de meilleures conditions de travail.

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