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L’économie d’une guerre ?

Ces révoltes dans des pays arabes ne vont-elles pas permettre à l'actuelle Maison Blanche l'économie d'une guerre si ce jeu de domino, où des dictatures et des gouvernements tombent dans le Moyen Orient, n'arrive jusqu'à l'Iran ?

C'est une question que l'on peut se poser tant la diplomatie étasunienne et Obama s'impliquent, s'expriment, se déplacent vis à vis d'un certain nombre de pays arabes.

Bien sûr, il ne s'agit pas de retirer à ces populations le mérite d'avoir fait tomber des dirigeants corrompus. Mais force est de constater que la diplomatie étasunienne est bien plus présente que l'européenne sur l'échiquier arabe. Et j'utilise le terme « échiquier » à bon escient tant la situation commence à le dévoiler !

Une quarantaine d'années, le temps de 2 générations, après les révolutions et les guerres d'indépendances qui ont permis à plusieurs pays arabes de devenir indépendants et autonomes, un nouveau vent de révolution souffle sur cette région du monde. Des populations qui ne crient non seulement de besoin de moins de corruption, le départ de leur dirigeants, s'offusquent du prix des denrées alimentaires, du chômage trop important, demandant plus de liberté, mais réclament en fait une nouvelle indépendance. Après avoir été sous le joug de puissances coloniales, ces peuples se sont retrouvés sous de nouveaux maîtres, certes non plus des étrangers, mais des dirigeants issus de leur propre nation qui ont instauré un pouvoir fort, autoritaire, souvent sans partage et sans espace d'expression digne de ce nom.

Poussée par la génération Facebook, la population ose descendre dans la rue, manifester et braver les forces répressives. Antoine Sfeir, directeur des cahiers d'Orient, parle du mur de la peur qui est tombé. Oui, cela peut expliquer pourquoi, alors que tout bouillonnait, beaucoup d'éléments pour une révolte étaient en place, le volcan de la révolution n'était pas encore entré en éruption. La peur, telle une chape de plomb, figeait ces populations à accepter leur sort. Mais ce mur est tombé d'abord en Tunisie avant de se propager tout autour.

Quand on entend parler les jeunes égyptiens, ils sont fiers maintenant d'être des égyptiens dans un pays qui veulent être à leur image. La révolution ne fait que commencer.

Mais pour certains pays, l'aspect religieux n'est pas à négliger dans ces révoltes. Le cas le plus frappant est Bahreïn où une population à majorité chiite est dirigée sans presque aucun partage par la minorité sunnite depuis deux siècles (1). Parmi les revendications des manifestants, l'ont entend le besoin de plus de liberté, l'accès à des postes à responsabilité pour les chiites et une nouvelle constitution où ils seraient représentés.

Les deux pays chiites sont l'Irak et l'Iran et l'on trouve des communautés chiites dans d'autres pays de la région comme la Syrie, le Liban, le Yémen, le Koweït, l'Inde ou l’Afghanistan et même la Turquie. Le pouvoir actuel iranien pourrait être tenté, si ce n'est déjà le cas d'accentuer les différences et la rivalité existant depuis bien longtemps entre ces deux branches de l'Islam (2). A terme, il pourrait faire vaciller des bastions sunnites à l'avantage des chiites iraniens.

Face à l'Iran, le gouvernement d'Obama a toujours maintenu une ligne dure dont on doit toujours craindre que cela ne débouche sur une guerre. L'on se rappelle les câbles révélés par Wikileaks, il y a peu, des propos des dirigeants saoudiens appelant leur grand allié, les USA, à envahir l'Iran. Mais on peut ajouter d'autres manœuvres et accusations dans cette région (3) cherchant à accuser l'Iran de soutenir des groupuscules extrémistes chiites et seraient un prétexte pour une nouvelle guerre.

Pour rappel, la 5° flotte des États-Unis est basée à Bahreïn et le golfe du Yémen est crucial pour les approvisionnements pétroliers. Aux yeux de la Maison Blanche, ses deux pays doivent rester stables d'où la venue surprise d'Hilary Clinton au Yémen le mois passé (4) et ne pas sombrer soit sous le "contrôle iranien" soit subir une « somalisation » pour le Yémen.

L'on pourrait alors assister, à coups de manifestations, contre manifestations, actions à travers les réseaux sociaux, vidéos chocs, à une guerre sous une nouvelle forme, sous couvert de révolte, sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré, qu'aucun soldat ne soit envoyé, entre les USA et l'Iran. Le but du gouvernement d'Obama serait de pousser à la révolte la population iranienne pour renverser leur dirigeant actuel. Révolte qui aurait déjà commencée (5) ?

 

Liens :

(1) : http://www.leuromag.com/Bahrein-les-revoltes-font-place-a-la-pacification_a5947.html

(2) : http://http://www.turquie-fr.com/turquie-sunnite-ou-iran-chiite/22/01/2011/

(3) : http://www.brefnews.com/a-la-une/wikileaksle-roi-du-bahrein-accuse-le-hezbollah-et-la-syrie/

(4) : http://http://www.rfi.fr/moyen-orient/20110111-hillary-clinton-yemen-soutenir-le-pays-face-al-qaida

(5) : http://www.iranmanif.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1346:nous-navons-pas-donne-de-morts-dans-lespoir-dun-compromis-ou-pour-saluer-un-guide-criminel-criaient-les-manifestants-a-teheran-&catid=2:en-iran&Itemid=3




par worf mardi 22 février 2011 - 4 réactions
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