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L’efficacité du système d’éducation canadien

Résumé Dans cet article, nous examinons l’efficacité du système d’éducation canadien à partir de données statistiques récentes. Ces statistiques révèlent un manque relatif d’efficacité du système.

Introduction

La transformation profonde de la production du savoir qui marque notre XX1e siècle annonce des bouleversements dans toutes les sphères d’activités du Canada et des sociétés à l’échelle planétaire. Cette transformation, qui ne fait que s’amplifier depuis l’avènement de l’économie du savoir, laisse entrevoir des changements sur les compétences requises à l’emploi. On prévoit que 59.2% des nouveaux emplois de la main-d’œuvre non étudiante créés au Canada en 2013 se retrouveront dans des professions requérant généralement des compétences de niveau post-secondaires ou faisant partie du groupe de la gestion. (Bergeron et al., 2004, p.57). Ce pronostic incite à examiner attentivement la façon dont l’école remplit son rôle et donc de s’interroger sur son efficacité pour s’ajuster s’il y a lieu.

Efficacité du système d’éducation

Deux conceptions de l’efficacité sont élaborées : l’efficacité externe et l’efficacité interne. L’efficacité externe d’un système d’éducation est définie comme la capacité à préparer les élèves et les étudiants à leur rôle futur dans la société. L’efficacité interne quant à elle se rapporte aux relations entre les inputs éducatifs et les objectifs poursuivis par l’école en termes de résultats scolaires (Psacharopoulos et Woodhall, 1988 : 218). Les inputs éducatifs font références aux ressources engagées dans le système éducatif (nombre d’élèves inscrits, niveau initial des élèves, etc.).

Efficacité externe

Plusieurs dimensions existent pour analyser l’efficacité externe d’un système d’éducation. Le taux de chômage constitue une des mesures très utiles et fréquemment utilisées pour évaluer l’efficacité externe, à la fois sur le plan collectif et économique. Il désigne le nombre de chômeurs par rapport au nombre de personnes dans la population active, exprimé en pourcentage de chômeurs dans cette population. Pour un groupe d’âge particulier, le taux de chômage est le pourcentage de la population active dans le groupe.

L’efficacité externe des systèmes de formation du Canada est relativement faible et ne favorise pas l’insertion sur le marché du travail. L’enquête sur la population active menée en 2006 par Statistique Canada révèle que le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans, tous niveaux de scolarité confondus, atteint pour l’ensemble du Canada 12.4%, et que toutes les provinces maritimes, l’Ontario et le Québec se situent au-delà de la moyenne canadienne (Terre-Neuve-et-Labrador : 21.4% ; Îles-du-Prince-Édouard : 16.3% ; Nouvelle-Écosse : 15.0% ; Nouveau-Brunswick : 14.9% ; Ontario : 13.9% ; Québec : 13.5%). Ce sont les provinces de l’ouest canadien qui affichent les taux de chômage les plus bas avec des pourcentages de 10.1% pour la Saskatchewan et la Colombie-Britannique, 9.7% pour le Manitoba et 7.3% pour l’Alberta.

Si l’on prend les jeunes de 15 à 24 ans n’ayant pas terminé leurs études secondaires (études secondaires partielles), la proportion de chômeurs se hisse à 18.7% pour l’ensemble du Canada. Les taux de chômage des provinces maritimes, de l’Ontario et du Québec dépassent largement la moyenne canadienne (18.7%) dans ce groupe d’âge (Terre-Neuve-et-Labrador : 29.5% ; Nouvelle-Écosse : 23.1% ; Nouveau-Brunswick : 21.3% ; Îles-du-Prince-Édouard : 20.9% ; Ontario : 21.1% ; Québec : 20.3%). Ce sont toujours les provinces de l’ouest qui enregistrent les taux de chômage les plus faibles chez les jeunes de 15 à 24 ans avec des proportions de 16 % et moins en Colombie-Britannique (16.0%), au Manitoba (15.5%), en Saskatchewan (15.4%) et en Alberta (11.4%). Soulignons que le fait d’avoir fait des études secondaires sans avoir terminé le programme conduisant au diplôme procure peu de bénéfices sur le marché du travail parce que les employeurs privilégient habituellement les diplômés.

Efficacité interne

L’efficacité interne est mesurée à partir d’indicateurs reliés au rendement scolaire. Une des mesures les plus accessibles et les plus largement utilisées est le taux de diplomation. Ce dernier désigne le pourcentage d’élèves qui ont obtenu un diplôme à l’âge usuel ou avant. Selon Statistiques Canada (2003, p.55), l’obtention d’un diplôme à l’âge usuel ou avant veut dire qu’un élève a débuté l’école au moment prescrit et qu’il a achevé ses études et obtenu son diplômé sans interruption d’une année ou d’un nombre appréciable de cours.

Au Canada, le rapport du programme d’indicateurs pancanadiens de l’éducation (PIPCE), préparé conjointement par Statistique Canada et le Conseil des ministres de l’Education du Canada (2003), nous révèle que le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires à l’âge usuel est passé de 62% en 1997-1998 à 67% en 2002-2003, signe que la situation demeure alarmante, même si on constate un léger redressement. Parmi toutes les provinces et territoires du Canada pour lesquelles les données sont disponibles, les taux d’obtention du diplôme d’études secondaires des provinces maritimes (Terre-Neuve-et-Labrador : 71% ; Nouveau-Brunswick : 71% ; Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard : 76%), de la Saskatchewan (70%) et de la Colombie-Britannique (71%), surpassent la moyenne canadienne. Ce sont les deux autres provinces de l’ouest canadien, l’Alberta (60%) et le Manitoba (63%), de même que le Nord du Canada (Yukon : 24% ; Territoire du Nord-Ouest : 30% ; Nunavut :13%) et le Québec (54%) qui enregistrent les taux les plus faibles.

Les données que nous avons présentées montrent bien l’étendue du problème de la réussite au secondaire et traduit un manque relatif d’efficacité des systèmes de formation au Canada et dans plusieurs provinces.

Auteure : Diane Lafond, Longueuil, QC.

Références

Bergeron L. P., Dunn K., Lapointe M., Roth W., & Tremblay-Côté N. (2004). Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie, 2004-2013, Ottawa : Ressources humaines et développement social Canada. Direction de la recherche en politiques et coordination. Politique stratégique et planification.

Psacharopoulos, G. et Woodwall, M.(1998). L’éducation pour le développement, une analyse des choix d’investissement, Paris : Économica.

Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 283-0004

Statistique Canada. (2003). Indicateurs de l’éducation au Canada : rapport du programme d’indicateurs pancanadiens, Ottawa : Statistique Canada.


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