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Accueil du site > Actualités > International > L’Egypte un peuple en colère : 2ème Partie

L’Egypte un peuple en colère : 2ème Partie

Seconde partie aujourd'hui de l'analyse du mouvement en Egypte : l'aspect économique.


UNE ECONOMIE AGRAIRE INSUFFISANTE


Faisant partie des pays très endetté (31 milliards de dollars) , l'économie égyptienne est tributaire de l'aide internationale et surtout américaine. On comprend mieux pourquoi est ce que ce pays revêts ainsi une si grande importance aux yeux de l'administration Obama.

Il est bien connu , comme par l'Antiquité , que toute son activité économique se déroule dans la vallée du Nil , joyaux historique et source de revenus essentiels . L'agriculture revêt 36% de ces échanges et la réforme agraire , dont l'état a tenté de mettre en application les principes entre 1952 et 1961 , fut un échec. Héritée de la tradition dynastique la nouvelle répartition des terres ne donna aucun succès , enclavée dans les circonvolutions des petits propriétaires terriens , mal à même d'exploiter les nouvelles technologies productivistes , faute de moyens.

L'atout majeur du commerce de l'agriculture Egyptienne reste le coton , dont elle est le 8 ème exportateur mondiale. Mais face aux autres denrées , il commence à décliner lui aussi . Autre produit de grande consommation : la canne à sucre , qui fournit la région en sucre raffiné et est aussi destiné à l'export (12 millions de tonnes).
Le blé et le mais sont quand à eux cultivés dans la vallée du Nil pour un tonnage d'environ 4,5 millions chacun.

Malgré cela l'Egypte ne peut subvenir qu'à la moitié de ses besoins alimentaires.


DES INFRASTRUCTURES EN DEVELOPPEMENT



Pendant ces vingt dernières années , l'Etat a entreprit de vigoureux efforts pour accroitre les surfaces irriguées et permettre ainsi une plus grande autonomie.
Les barrages de Souan et Sadd el-Ali en sont le parfait exemple , mais reste en deça des résultats escomptés.

Le pétrole , principale ressource minière du pays (estimé à 4,6 milliards de barils) est situé au mont Sinai et dans le golfe de Suez.

Grâce à la construction du barrage d'Assouan , le pays a tout de même connu une forte indépendance énergétique , essentiel à une bonne gestion des affaires internes et externes. Concentré dans les villes du Caire et d'Alexandrie , les activités liées à l'énergie hydraulique représentent 13% des emplois dans la population active et 12 % du PNB.

Même si le gouvernement encourage une volonté de privatisation de certains secteurs de l'économie , il reste majoritaire dans la plupart de ceux ci , et reste investi pour moitié dans la totalité du PNB. Les industries chimiques (savons , phosphates )et les ciments sont quand à elles en plein essors .

Les transferts des revenus des travailleurs Egyptien à l'étranger , le tourisme et les droits de passage dans le canal de Suez constituent avec les exportations pétrolières les principales ressources du pays.


CONCLUSION

Comment est ce que cette contestation virulente à pu voir le jour , on ne saurait que trop le deviner à l'aune de cette description économique du pays.
Tournée vers une économie agraire et minière et encore trop peu vers l’innovation technologique et le développement de ses infrastructures industrielles , le pays souffre ainsi d'un manque flagrant d'autonomie vitale (les céréales) et ne peut donc pas se projeter vers l'avenir technologique. Ces deux facteurs combinés , reste aux dirigeants à trouver un équilibre faute de solution . Mais comme on l'a vus dans le précédent article , au pouvoir depuis 20 ans , Hosni Mubarak a certainement perdu les sens de ces réalités , trop soucieux de préserver la "Pax Americana" instauré par ses prédécesseurs afin de garantir la stabilité politique dans la région , notamment vis à vis d’Israël.

Comment dès lors le pays peut il exister autrement , s'émanciper de ce cercle vicieux , c'est ce que nous analyserons dans le prochain article : la situation actuelle après le départ de Mubarak.

Bonne semaine et portez vous bien !

Boris Rannou.

http://eveilpolitique.blogspot.com/


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1 réactions à cet article    


  • Roosevelt_vs_Keynes 30 avril 2011 14:40

    Ne nous trompons pas d’ennemi : Wall Street n’est pas l’Amérique, c’est le virus inoculé par les intérêts impérialistes de La City de Londres à leur ennemi : la première République à être née de son combat contre l’oligarchie internationale.

    Il faut en premier lieu fermer Wall Street/La City . C’est vital pour redonner son indépendance à l’Afrique.

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Boris Rannou

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