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L’empreinte carbone de l’enfant unique

L’empreinte carbone de l’enfant unique

Existe-t-il, à l’image d’Airparif, un AirBeijing-if ?

Le long de quels rings sont installées les sondes et testeurs qui permettent de suivre la pollution et les microscopique particules qui viennent s’insinuer subrepticement dans les sinus, bronches et bronchioles des Pékinois ?

Il ne suffit pas, comme il fut édicté au moment des Jeux Olympiques, de casser le thermomètre, c’est-à-dire de fermer les unités polluantes situées à la périphérie de Beijing ni de réguler la circulation en fonction des numéros des plaques minéralogiques, pairs les jours pairs et impairs les autres.

Un souvenir personnel : celui de toux sèches, nocturnes, récurrentes et tenaces lorsque j’avais longtemps roulé en vélo dans les rues de Suzhou, au cours d’une séjour prolongé, il y a quelques années, sans nul doute imputables à la basse qualité de l’air que j’inhalais.

Depuis, la situation a empiré, liée à l’explosion industrielle et au développement de la circulation automobile ( à Beijing, 2000 véhicules supplémentaires par jour).

Le droit à polluer, tel que revendiqué par l’Empire, est la réponse du berger asiatique aux bergères européenne et américaine, qui ne s’en sont pas privées lors de leurs révolutions industrielles puis, pour nous, des Trente Glorieuses.

« Comment voulez-vous que nous émergions et que nous vous approvisionnions en produits de tous ordres si vous nous mettez des bâtons dans les roues et, tel un pur-sang trop doué, nous infligez un handicap insurmontable ? » Tel est , à peu près, le langage tenu par le Gouvernement chinois.

Je m’étonne que d’autres arguments n’aient pas été avancé par Pékin pour contrecarrer les critiques : celui de l’enfant unique et des bénéfices environnementaux que cette politique a générés pour la planète.

A ma connaissance, un seul gouvernement a su imposer et faire respecter ces dispositions natalistes d’un type particulier, que Malthus n’aurait pas désavouées.

La mesure date de 1970 et des Quatre Modernisations. Assortie de pénalités pour les couples qui l’enfreignaient, avec des exceptions prévues pour les minorités, puis quelques assouplissements, elle est toujours en vigueur et a joué un rôle décisif dans l’inflexion de la démographie chinoise.

Quel serait l’état de la planète si Deng Xiao Ping n’avait pas édicté une telle mesure ?

Combien serions- nous à piétiner le globe ? Aux démographes de calculer, ex post, le nombre de bipèdes supplémentaires et aux économistes de simuler leurs besoins alimentaires, les pressions exercées sur l’environnement et les pollutions subséquentes.

Si la natalité a été gérée comme un facteur de développement et si sa maîtrise a contribué à l’enrichissement de la Chine, que dire néanmoins de la face sombre de cette politique ?

Dans un milieu pétri de traditions confucéennes, quelle n’a pas été la souffrance psychologique de parents soumis à un tel diktat qui rompait en visière avec des siècles de familles nombreuses et de descendants mâles chargés de rendre hommages aux esprits des ancêtres !

A ce jour, combien de couples m’ont dit leur tristesse de se limiter à un enfant, alors qu’ils désirent en avoir deux ou trois.

Aux bénéfices environnementaux , il importerait donc d’ajouter ce pretium doloris, à valoriser par des actuaires.

La somme de ces ceux éléments serait alors à porter au crédit du compte « environnement » de la Chine afin de prendre en compte la globalité du problème et ses exactes dimensions, au-delà d’une aune eurocentrée et d’un vert trop vif. 

Malthus et l’Empire du Milieu, où les sommes à porter au crédit environnemental de la Chine


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4 réactions à cet article    


  • François Blocquaux François Blocquaux 10 février 2010 14:58

    1ère observation : Certes. L’objectif était de subvenir aux besoins alimentaires de base. Mais, les avantages « collatéraux » de cette décision ont des aspects écologiques évidents.
    Ce n’est pas si souvent qu’une option majeure a, sur deux niveaux, des aspects positifs.

    2nde observation : Pas d’accord ! les politiques natalistes - à ne pas confondre avec les « laisser naître désordonné », sans mesures sanitaires, éducatives,...- ont de multiples conséquences bénéfiques.


    • andqui 10 février 2010 16:31

      Les chinois qui vous lisent, et j’inclue les commentaires (il ont du temps à perdre comme moi) doivent bien rigoler. Ensuite, il vaquent à leur occupations sans se soucier du « qu’en dira-t-on » occidental et ils ont bien raison.
      Quant à mon empreinte carbonne, je vous laisse imaginer où je me la mets !


      • François Blocquaux François Blocquaux 10 février 2010 16:53

        La pertinence de votre argumentation est à la hauteur de la qualité de votre orthographe !
        J’entends, d’ici, les Chinois rire.


        • tylhdar tylhdar 10 février 2010 19:01

          Article qui pue le malthusianisme -> je moinsse.

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