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Accueil du site > Actualités > International > L’entité libanaise est en grand danger !

L’entité libanaise est en grand danger !

Des évènements dramatiques se succèdent au Liban avec une forte impression de déjà vu, sans qu’une procédure d’anticipation n’ait été mise en place par les responsables politiques. Est-ce par manque d’acuité dans l’analyse des évènements de la part des ministres des différents niveaux de responsabilité ou par indifférence aux évènements qui se succèdent ne trouvant le fil conducteur qui pourrait les relier ou alors par incompétence. Tout celà mérite que l’on s’y attarde.

- Nahr el bared, près de Tripoli au nord Liban en 2007, a été le lieu d’affrontements très meurtriers entre l’armée libanaise (plus de 150 morts) et Fath el islam, organisation de takfiristes faisant parti de cette mouvance islamique salafiste d’obédience wahhabite.

- Il y a deux ans, à la même époque estivale, à Aabra à côté de Saïda au sud Liban, de graves accrochages aux armes automatiques ont eu lieu entre l’armée d’un côté et les hommes d’Ahmad el Assir, salafiste libanais, de l’autre, avec son lot de morts (17 parmi les soldats de l’armée) sans que ce dernier n’ait été arrêté pour être jugé. Il fait parler de lui puisqu’il se permet aujourd’hui de soutenir les extrémistes par réseaux sociaux interposés. Nous savions que le problème des extrémistes fondamentalistes au Liban n’avait pas été résolu.

- L’an dernier à Tripoli, scènes de guerre de plus en plus meurtrières entre pro et anti-Assad dégénérant en scènes de guerre civile suite à l’arrestation d’un chef extrémiste salafiste accusé de fomenter la violence. L’armée a été attaquée . Par la suite, attentats à la voiture piégée dans la banlieue sud de Beyrouth à majorité chiite et à Tripoli à majorité sunnite. Ces scènes de guerre ont fait décider les autorités libanaises de renforcer la présence militaire et instaurer, le temps qu’il faudra, la sécurisation renforcée de Tripoli.

- Aout 2014, les combattants de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL ou Daech en arabe), présents à Ersal à l’est du Liban, affrontent l’armée régulière libanaise avec, sur le compte de cette dernière, une vingtaine de morts, plus encore de disparus dans ses rangs et ceux de la sécurité intérieure. Ils ont été repoussés vers le Jurd libanais à la frontière avec la Syrie avec 28 otages des forces armées libanaises comme moyen d’échange contre éventuellement des détenus terroristes de leur mouvance dans les prisons du Liban.

Est-ce pour autant que l’armée sort victorieuse de ce combat ? La réponse est assurément oui, mais c’est mauvais signe quant à la suite des évènements. Il s’agit seulement d’une bataille de plus qui a été gagnée.

En effet, certains politiciens libanais, hauts placés (députés et ministres), arrivent même à justifier ces accrochages démontrant par là, à leur insu, je l’espère pour eux, un manque de patriotisme flagrant. Ils avaient déjà justifié dans le passé les exactions commises contre l’armée. Non, en effet, ce n’est pas bon signe du tout.

Les évènements de la Syrie débordent sur le Liban. Depuis deux ans à la suite les évènements dramatiques que vit la Syrie et le peuple syrien, entre 1,5M et 2M de déplacés syriens sont entrés au Liban, sous la bannière humanitaire, bien que notre pays n’ait pas la capacité de les absorber. Mais quel pays, dans le monde, aurait pu prendre en chrage une telle proportion de refugiés, entre 30 et 50% de la population du pays d’accueil ? Le flot des déplacés dans une telle proportion représente, à n’en point douter, un danger social, humanitaire, économique et sécuritaire, dans la mesure où la promiscuité et la misère en sont les principales causes. En plus parmi les déplacés, nous pouvons estimer à bien moins de 1% les pseudo réfugiés, mal intentionnés, qui se sont infiltrés parmi les vrais déplacés pour commettre des attentats au Liban et peuvent donc, à ce titre, être assimilés à l’EIIL. Ceci représente le plus grand danger pour le Liban parce que ce moins de 1% (au moins 10 000 personnes) est présent, en étant éparpillé, à travers tout le Liban et représente des cellules dormantes qui n’attendent que le signal pour … agir.

Notre noble armée libanaise est volontaire et doit prendre position, non seulement à Ersal et à Tripoli mais aussi partout au Liban. Elle doit être armée à la hauteur, voir au dessus, des missions qui lui sont confiées. Notre armée n’a pas les moyens matériels suffisants pour maintenir l’ordre partout au Liban. L’Arabie Saoudite, d’idéologie wahhabite, celle de l’EIIL, promet une aide de 3 Milliards de $ au Liban, au travers de l’armement français, une sorte d’ OPA entre l’Arabie Saoudite et la France sur le dos des libanais. Pour le moment cette transaction est bloquée. Nous avons certes besoin d’argent pour équiper correctement l’armée, avons-nous besoin de cet argent saoudien ou de ce matériel d’armement français sous conditions .

L’Arabie Saoudite confie à Saad Hariri, l’ancien et le futur Premier ministre du Liban, la mission d’attribuer 1 Milliard de $ à l’armée. Monsieur Hariri est donc rentré, par surprise, au Liban pour s’y établir et ce, semble-t-il, pour un bon moment. Personnellement et comme citoyen libanais, ce Milliard supplémentaire m’inquiète autant que les trois précédents parce qu’à l’évidence l’on va demander une contre partie dans cette transaction qui, mon petit doigt me le dit, ne sera pas vraiment en faveur de l’armée.

Assurément non, nous n’avons pas besoin de cet argent là non plus qui, rappelons-le, sera aussi sous condition.

Notre armée pour s’équiper, a besoin de materiel logistique non léthal et d’armement. Mais aujourd’hui a-t-elle besoin plutôt d’une puissance de feu suffisante pour combattre ou dissuader l’ennemi qui est représenté classiquement par Israël et en plus l’est, en ce moment, par Daech et toutes ses émanations, ou alors a-t-elle besoin de longues vues pour observer, de radios pour transmettre oralement des informations et de vehicules pour transporter les troupes ? Et l’argent promis, à laquelle catégorie servirait-il vraiment ?

La situation de l’armée confrontée au terrorisme ou plus précisément aux terroristes, à l’intérieur même du Liban depuis quelques années déjà, sans que ce problème n’ait été envisagé très sérieusement en vue d’une solution, prouve, s’il en était besoin, le manquement global dans sa couverture politique, le manque flagrant d’équipement en armement moderne et adapté dont lui seul pourrait en exprimer le besoin et serait seule le décideur des achats nécessaires. Ceci pour ne pas obeir à une certaine volonté de dislocation de cette entité dont tout le monde s’accorde à dire que si elle devait imploser, c’est le Liban tout entier véhiculant les valeurs qu’il a toujours véhiculées qui exploserait alors immédiatement. Il s’agit donc de notre seule garantie pour nos valeurs du vivre ensemble contre tous ceux qui veulent faire sauter cette formule politique, certes compliquée mais vitale et pour eux désuette, mais respectueuse de toutes les minorités.

Nous voyons l’irresponsabilité de nos politiciens décideurs, indignes de continuer de se charger de notre avenir qui mérite mieux que ces semblants de responsables dangereux.

Je conseille donc à l’armée de ne plus répondre, en pratique, aux politiques quels qu’ils soient, parce que les ordres qu’ils recevraient ne seraient pas adaptés aux situations rencontrées, ce qui retarderait d’autant la solution définitive au terrorisme salafiste qui sévit au Liban, couvert financièrement, politiquement et diplomatiquement de l’intérieur comme de l’extérieur du pays.

Je confie, les yeux fermés, à mon armée mon avenir. Et certainement pas à la classe politique décadente et corrompue jusqu’à la moelle, qu’il convient de remplacer sans plus tarder.

Très peu d’hommes politiques au Liban ont ma confiance dont le Général Michel Aoun, ancien commandant en chef de l’armée, ancien Premier ministre par intérim. Je lui fais confiance aussi parce qu’il est issu de cette noble institution qu’est l’armée qui forme le soldat citoyen au sentiment d’appartenance nationale. Quant à l’appartenance communautaire c’est à la maison, en famille, dans les lieux de culte, dans le cercle privé que cela s’entretient et s’exprime

Alors, s’attaquer à l’armée sous le prétexte falacieux de sa connivence avec le Hezbollah est une manière d’alimenter la « Fetné » (conflit confessionnel) et au final de diviser l’armée. Faire croire que sans l’intervention du Hezbollah en Syrie auprès d’Assad depuis mai 2013, le Liban aurait été épargné par cette violence qu’il vit aujourd’hui de la part de Daech présent au Liban, est de la pure démagogie assassine. Mettre au même niveau Hezbollah et Daech, EIIL ou n’importe quel autre groupuscule salafiste, démontre le manque de discernement flagrant de ceux qui tiennent un tel langage ainsi que la dangerosité à véhiculer de telles idées et de tels propos. Il y a déjà eu un précédent durant la guerre civile du Liban (1975- 1990), période durant laquelle l’armée avait été disloquée entre chrétiens d’un côté et musulmans de l’autre. Rien n’empêche qu’à l’avenir cela se reproduise, cette fois-ci entre sunnites et chiites, ceci par le rôle de certains politiciens véreux, malheureusement le Liban en est truffé, qui vont appliquer au Liban ce qui est appliqué en Irak et en Syrie, ceci pour un enrichissement perspnnel. Il faut en être conscient pour éviter de faire le jeu de ceux qui, en arrière plan, ont mis à feu et à sang l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie pour les mêmes prétextes non dits, sous couvert de lutte contre les dictatures et les despotes en place. Ne perdons pas de vue, non plus, l’intérêt d’Israël de voir exploser toute forme d’entente entre différentes confessions, véritable contre exemple de sa propre formule politique qu’il s’attelle à lui rendre la vie impossible partout où elle existe. Les intérêts d’Israël et de Daech se rejoignent à bien des égards.

Nous ne voulons pas de ces calculs politiciens bon marché, risibles si nos propres vies n’étaient concernées au premier plan, dans ces calculs mesquins pour des intérêts personnels et pour le compte d’intérêts qui dépassent les intérêts privés, visant à disloquer complètement l’armée régulière libanaise, une logique qui a prévalu jusqu’à maintenant. iI s’agit pour ces intérêts supranationaux de démembrer toute armée visée par un tel plan, faisant le plus de dégâts possibles au sein des pays qui en sont victimes, en appauvrissant leurs peuples encore davantage ceci pour en disposer et surtout pour disposer de l’énergie sous leurs territoires. Peu importe qui seront au final leurs interlocuteurs privilègiés sur le terrain.


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6 réactions à cet article    


  • caillou40 caillou40 19 août 2014 17:30

    Le Liban fut créé pour y implanter des banques pour laver l’argent sale... !
    Pays de toutes les magouilles...


    • caillou40 caillou40 20 août 2014 07:53

      Je tiens cet aveu d’un ami banquier Libanais.. !


    • Alex Alex 19 août 2014 19:41

      « Quant à l’appartenance communautaire c’est à la maison, en famille, dans les lieux de culte, dans le cercle privé que cela s’entretient et s’exprime »

      Vous avez un merveilleux exemple sous les yeux, mais vous persistez à l’ignorer.
      Un pays où les « communautés » – quelles qu’elles soient – atteignent un pourcentage élevé de la population, ne peut vivre en paix que dans 2 cas :

      1. il est gouverné par un dictateur, comme Tito en Yougoslavie ou Saddam Hussein en Irak, qui maintient un couvercle d’acier sur la marmite en ébullition ;

      2. les membres des communautés ont atteint un degré d’évolution tel qu’ils n’ont plus aucune raison de penser appartenir à une communauté autre que la communauté humaine.

      En l’absence d’une de ces conditions, chaque groupe tente d’imposer sa volonté aux deux autres, ce qui entraîne des conflits.

      En attendant que la 2e condition idyllique soit atteinte, la seule conduite pour éviter les conflits est de séparer ces communautés, et de limiter – voire d’éradiquer – ce qui en fait leur particularité (la religion actuellement).


      • zygzornifle zygzornifle 20 août 2014 10:16

        Le Liban est rongé de l’intérieur par les musulmans .....


        • ecolittoral ecolittoral 23 août 2014 13:40

          « Nous ne voulons pas de ces calculs politiciens bon marché, risibles si nos propres vies n’étaient concernées au premier plan, dans ces calculs mesquins pour des intérêts personnels et pour le compte d’intérêts qui dépassent les intérêts privés, ... une logique qui a prévalu jusqu’à maintenant. iI s’agit pour ces intérêts supranationaux de démembrer ..., faisant le plus de dégâts possibles au sein des pays qui en sont victimes, en appauvrissant leurs peuples encore davantage... ».

          Ici, on appelle ça l’UE.

          Pour vous, on appellera ça UMO. Union du Moyen Orient.


          • Le Kergoat [Frédéric MALMARTEL] Le Kergoat 27 août 2014 14:11

            Pourquoi « Entité libanaise » et pas « Etat Libanais » ?

            Que je sache, personne ne conteste l’existence du Liban !

            C’est bizarre comme expression... ça fait penser à « Entité Sioniste » !

            Règlement de compte sournois ?

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