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L’Espagne, exemple démocratique

Dimanche, les Espagnols votaient pour élire leur nouveau parlement. Si le Parti Populaire est arrivé en tête, il a perdu beaucoup de sièges, ainsi que la majorité absolue. Mais surtout, plus d’un tiers des suffrages sont revenus à deux nouvelles formations, Podemos et Ciudadanos.

 
Vitalité démocratique ibérique
 
Encore une fois, avec ces élections législatives, l’Espagne démontre la vitalité de son débat démocratique depuis la très violente crise qu’elle a traversée à partir de 2008. Avant, le pays était souvent présenté en exemple, avec sa croissance supérieure à 3%, son budget en excédent, sa dette publique retombée autour de 40% du PIB. Mais cela était le fruit d’une énorme bulle immobilière financée au crédit trop bon marché, imposé par des marchés inconscients et une unification monétaire qui ne permettait pas à Madrid de monter les taux pour casser la spéculation. Le krach provoqué par la crise des subprimes a été particulièrement violent outre-Pyrénées, avec un triplement du niveau de chômage, au-delà du quart de la population et des conséquences sociales extrêmement violentes.
 
 
Les dirigeants du pays ont réagi avec la potion amère eurolibérale classique à base de coupes budgétaires afin d’équilibrer le budget et de baisse du salaire minimum pour gagner en compétitivité. Après des années de vaches maigres, le pays va très légèrement mieux, mais surtout, il a démontré une superbe capacité à débattre de manière posée mais ferme, avec, dans un premier temps, le mouvement des Indignados, qui a manifesté pour dire son horreur de la déchéance sociale qu’a provoqué l’application de ces potions amères. L’énergie des Indignés espagnols a débouché sur le profond renouvellement de la classe politique du pays : lors des récentes élections municipales, la vraie gauche de Podemos a conquis Madrid et Barcelone et aujourd’hui, c’est le parlement qui prend de nouvelles couleurs.
 
Que penser de ces alternatives ?
 
On ne peut que se réjouir de ce profond renouvellement, alors que la France est dominée par les 3 mêmes forces politiques depuis trois longues décennies. Signe de la vitalité espagnole, deux partis ont émergés, à gauche Podemos, au centre-droit Ciudadanos. On peut se demander ce que fera ce dernier : va-t-il devenir l’allié et la caution moderne du Parti Populaire ou sera-t-il le vecteur d’un renouvellement de la vie politique espagnole ? On peut également se poser des questions à l’égard de Podemos, qui s’est affiché avec Syriza. En effet, s’agit-il d’un simple mouvement captant la révolte du peuple, pour finir par mener des politiques à peine différentes de celles menées par la droite, comme son confrère Grec, ou d’un mouvement capable de remettre en question les préjugés trop courants à gauche  ?
 
Mais même si ces partis en venaient à adopter le comportement extrêmement décevant de Syriza, malgré tout, leur émergence a des aspects très positifs. En effet, elle créé un précédent où les partis traditionnels peuvent être bousculés, au point de prendre le risque d’être remplacés par de nouvelles forces, ce qui peut pousser les partis à davantage se préoccuper du bien des citoyens, davantage se remettre en question et adopter une attitude plus ouverte dans le débat public. En ce sens, il faut remercier les espagnols d’avoir voté de la sorte. Ils envoient un superbe message de renouvellement à toute l’Europe, en nous disant que nous pouvons nous aussi remettre en question les partis qui dominent notre vie politique depuis tellement de temps et apporter nos voix à de nouveaux mouvements.
 
 
Bien sûr, le chemin du renouveau n’en est qu’à ses débuts. Le pouvoir devrait rester dans les mains du PP et on peut encore se poser des questions sur Podemos, comme le souligne l’Arène Nue. Mais au moins, les Espagnols ont envoyé un profond message de renouvellement

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10 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 décembre 2015 11:23

    Tout ce chamboulement pour combien d’idées réellement novatrices ?
    Démagogie...


    • jaja jaja 22 décembre 2015 11:55

      Ce que les élections espagnoles montrent c’est tout d’abord l’ouverture d’une période de grande instabilité politique avec sans doute, d’ici quelques mois de nouvelles élections. Pour le moment je ne vois pas comment peut se former un gouvernement si le PSOE (parti socialiste) refuse de s’allier (toute honte bue) avec les débris de la droite franquiste de Mariano Rajoy...

      On voit que les électeurs Espagnols cherchent une nouvelle voie, les grands partis étant tous discrédités... Bon cette fois ce n’est pas à l’extrême droite à laquelle ils ont largement goûté avec Franco... C’est un point positif...

      En négatif le fait que les Primaires de Podemos se sont à nouveau déroulées de façon antidémocratiques de façon à éliminer toute représentation de la minorité anticapitaliste du parti...

      Il est certain que la direction réformiste de Podemos autour de son leader charismatique, Pablo Iglésias, souhaite s’intégrer au système et ne cherchera pas à lui mettre des bâtons dans les roues. Son abandon de la création d’une Assemblée constituante fait qu’il n’y a plus aujourd’hui de proposition de rupture avec le système... Ce qui risque de se passer, c’est ce qui s’est fait en Grèce avec l’éclatement de Syriza lors de la trahison de Tsipras et de la majorité de son parti.......

      Bref, pas de quoi être optimiste... A moins que les travailleurs ne fassent eux-même irruption en masse sur le devant de la scène politique...


      • asterix asterix 22 décembre 2015 14:03

        @jaja

        Faut pas te leurrer, mon pote. Avec le système électoral si juste et démocratique de la France, Podemos n’aurait obtenu qu’un maximum de 5 sièges et Cuidadinos aucun.
        Ceci dit, j’applaudis à deux mains cette victoire éclatante.
        Elle est impossible en France, c’est tout.


      • MAIBORODA MAIBORODA 23 décembre 2015 08:16

        @asterix


        Il est vrai que le système électoral français traduit fort mal en termes de sièges les pourcentages respectifs des partis.
        Perso, bien qu’étant fort éloigné de l’idéologie majeure ou centrale qui caractérise le FN , celle de la stigmatisation des étrangers et de l’islamophobie, idéologie qui lui vaut essentiellement le succès que l’on connaît, je serais partisan d’une proportionnelle intégrale lui permettant d’être représenté à la mesure de ses scores électoraux. Ce ne serait que justice.



      • César Castique César Castique 22 décembre 2015 13:06

        « On ne peut que se réjouir de ce profond renouvellement... »


        Avant de me réjouir de quelque chose, moi, j’attends quelques mois pour en connaître, au moins, quelques-unes des conséquences.

        Je me demande si la fixation sur l’événement - qui, en lui-même, appartient déjà à l’histoire - n’est pas une des causes du mal-être de notre temps.

        • tf1Groupie 22 décembre 2015 13:14

          Ben voilà on va célébrer le miracle espagnol, comme on l’a fait pour le mouvement 5 étoiles en Italie, pour Syriza en Grèce.
          Et éventuellement on va attendre de voir ce qu’il en sort réellement.

          Là où l’auteur manque de courage, ou d’honneteté, c’est quand il oublie de célébrer le sursaut démocratique Français, via le FN.
          Même, il essaie de nous faire gober que la France est au tripartisme de puis 20 ans ! smiley

          Ce que cela révèle des analyses de Herblay ...


          • Allexandre 23 décembre 2015 10:29

            @tf1Groupie
            Le jour où nous pourrons lire autre choses que vos critiques à 2 balles, vous nous ferez signe. A quand un article analytique ? Vous connaissez le proverbe "la critique est aisée....


          • fred.foyn Le p’tit Charles 23 décembre 2015 08:46
            L’Espagne, exemple démocratique.. ? avec plus de 20% de chômage...faut le faire... !

            • Allexandre 23 décembre 2015 10:27

              Les Espagnols ont connu la dictature fasciste EUX !!! Les Français sont fatigués de la démocratie (enfin très relative) et sont désireux de connaître la matraque. Des enfants gâtés et blasés. Et incapables de se retourner sur leur passé. Je leur souhaite une bonne dictature qu’ils regrettent amèrement l’avant, même très imparfait.


              • Enabomber Enabomber 23 décembre 2015 10:37

                @Allexandre
                C’est que les Espagnols ont transmis à leurs enfants le souvenir de "la garde civile qui passe 4 par 4, armée jusqu’aux dents, prête à bondir" comme disait Coluche.

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