Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > L’Europe, « petit cap d’Asie » entre Etats-Unis et entente (...)

L’Europe, « petit cap d’Asie » entre Etats-Unis et entente sino-russe

Leçons (parmi d’autres) de la guerre du Caucase

>>> Les nouvelles cartes géopolitiques de la Russie se trouvent à Pékin.
>>> L’Organisation de Shanghaï, sous-estimée par les Occidentaux, va prendre une importance accrue
>>> Les dangers des surenchères américaines
>>> Les illusions dangereuses des Polonais
>>> Remettre l’entente franco-allemande au coeur de la construction europénne
>>> Exiger une vraie réforme de l’OTAN

C’est maintenant entre Washington et Moscou qu’une grande partie d’échecs géopolitique s’engage. Les menaces américaines de mesures de rétorsions sur divers terrains (stratégiques, diplomatiques, commerciaux, économiques) sont prises au sérieux à Moscou. A tel point que des journaux russes s’en inquiètent : « La réaction de la communauté mondiale à la guerre en Géorgie a logiquement posé une limite à la politique étrangère de confrontation appliquée par la Russie ces dernières années », écrit le le quotidien Gazeta.ru. relayé par Ria Novosti. Mais les menaces russes faites en réponses sont-elles suffisamment prises en compte à Washington ? Le « partenariat » russo-américain qui devait se développer est plus que menacé. Or, il ne se développait pas qu’au seul bénéficie des Russes… Les Américains (et les Européens) pâtiraient sérieusement d’un retour à l’esprit de la « guerre froide » et au primat des rapports de forces…

Cette question reste sans réponse en cette fin de mandat de Bush. D’un Bush qui aura échoué sur presque tous les terrains, sans en avoir pris conscience, et qui ne se rend pas compte, visiblement, que l’échec de son « protégé » géorgien est aussi, surtout peut-être, « son » échec.

L’échange de vues qu’ont aujourd’hui dans le Var Sarkozy et la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, (attendue en fin de journée à Tbilissi) ne suffira sans doute pas à aborder les enjeux les plus lourds de ce conflit caucasien qui est un révélateur et un levier plus qu’un théâtre « local »….

Hélène Carrère d’Encausse résume bien l’une des conséquences les plus claires, dans une tribune publiée par le Figaro : « Cette guerre confirme, en définitive, le retour de la Russie sur la scène internationale, une Russie sûre d’elle-même, affichant ses intérêts nationaux sans complexe et, c’est nouveau, l’acceptation par la communauté des nations de traiter avec cette Russie-là et non avec un État diminué. Saakachvili, dans son projet fou de défier la Russie, lui aura rendu probablement le plus grand des services qu’elle ait connus au cours de ces dernières années. »

Face à cette donnée, Washington peut se lancer dans des surenchères pour « accroître l’isolement de la Russie », comme dit Condoleezza Rice. Elle oublie que c’est d’abord pour éviter son « encerclement » que les Russes ont frappé vite et fort contre les troupes géorgiennes lancées dans une aventure suicidaire par un dirigeant plein d’illusion (comme les Polonais le sont à leur manière) sur les capacités et les volontés de réagir des Américains. Elle oublie aussi (un rapport sérieux américain vient de le confirmer) que la lutte contre les hyper-terrorisme nécessite des coopérations accrues avec la Russie. Elle oublie encore et surtout quels risques la planète a couru au siècle dernier avant que la « détente » ne porte ses fruits…

La surenchère américaine, elle est d’abord verbale pour l’instant. Recours à une terminologie dépassée, mais dangereuse : les grands maux commencent toujours par de gros mots… Coups de clairons militaristes de l’OTAN : fanfare et fanfaronnades ont la même racine…

Mais elle est aussi matérielle. L’accélération des négociations avec la Pologne sur le bouclier antimissile en est le premier signe. Or les futures installations de « Patriots » et pas seulement de radars transforment aux yeux de Moscou ce « bouclier » en « lance » et conforte les stratèges russes dans leur certitude que le Pentagone, avec cet ersatz terrestre de « guerre des étoiles », vise Moscou et non Téhéran. Attention à la relance d’une course aux armements stratégiques déjà très nette en Alaska et dans le Grand Nord !

Les Russes ne vont pas restés les bras croisés, même si l’installation de missiles en Biélorussie n’est encore qu’une hypothèse... Faut-il avoir la mémoire bien courte pour oublier les risques qu’ont fait courir les Pershings et les SS-20… Des euromissiles sont des missiles installés en Europe avant d’être des missiles défendant l’Europe. Nos amis polonais rêvent d’un « parapluie » et d’un « paratonnerre ». Ils oublient que les sites sont d’abord des cibles potentielles. Et ils oublient que, structurellement, l’Union européenne est solidaire de leur sécurité… Cela devrait leur faire éviter des décisions trop solitaires.

L’espace paneuropéen risque ainsi de redevenir un champ de manœuvre très miné. Et l’Union européenne, écartelée par ses propres divisions, dépourvue de vraie stratégie, victime de ses vues basses, risque de se retrouver soit vassalisée soit neutralisée et de toute façon très… exposée. Sans les moyens de s’affirmer « Europe européenne » et de garantir la seule souveraineté qui compte : celle de l’indépendance dans la défense de ses intérêts, dans la sûreté de ses approvisionnements vitaux, dans la sauvegarde et le développement de son modèle social, de sa culture.

Ce qui est impossible au niveau national restera-t-il improbable au niveau de l’Europe ?

Ce risque plus clair que jamais est né ou été aggravé par une série d’erreurs et d’imprévoyances. Sans anticiper les analyses des historiens de demain :

>>> Un élargissement de l’OTAN sans une réforme en profondeur qui prenne vraiment en compte la dissolution du Pacte de Varsovie

>>>Une sous-évaluation des potentialités du Conseil de l’Europe après l’implosion de l’Empire soviétique, entre la fausse bonne idée de Mitterrand sur sa Confédération européenne et les mirages d’une OSCE condamnée à compter les points dans des compétitions qui lui échappent

>>>Les retards pris dans le renforcement de l’Union, notamment sur le plan politique et stratégique, par défaut d’analyses sur les mutations littéralement révolutionnaires des rapports de forces dans le monde

>>>Les tentations helvètes de trop de pays européens qui ont sabrée avec une belle inconscience dans les budgets militaires alors que ceux-ci connaissaient des bonds considérables sur toutes la planète

>>> Une inconscience porteuse d’illusions face aux « conflits gelés » nés de l’implosion de l’URSS et une approche des ponts chauds plus locale et affective que géoplitique et géostratégique (le Kosovo est constitue l’exemple le plus significatif).

>>>Une sous-estimation « occidentale » des conséquences de l’émergence chinoise et des rapprochements sino-russes

C’est sur ce dernier « front » que se situent les meilleures cartes russes. Pendant que Bush brillait par ses clowneries à Pékin, Poutine avait des entretiens longs et sérieux avec les dirigeants chinois… Quand les stratèges de la Maison Blanche menacent d’« isoler la Russie », ils oublient de regarder la carte du monde vue de Moscou et de Pékin. Et ils ne tiennent pas suffisamment compte de ce que peut devenir l’Organisation de Shanghaî, cette OCS complètement négligée par les chancelleries occidentales qui ont complètement surestimé les rivalités et les antagonismes russo-chinois.

C’est en regardant ces cartes que l’on prend la pleine mesure du constat visionnaire de Paul Valéry : « L’Europe est un petit cap d’Asie »…

C’est en suivant les activités non médiatisées ici de cette entente qui n’a pas m^me le statut d’organisation internationale mais qui cultive des synergies et scellent des ententes que les Américains et les Européens auraient prendre plus au sérieux, surtout ces dernières années au lieu de considérer l’OCS comme un « trompe l’œil » pour reprendre l’expression de chercheurs de l’IFRI.

Le pays le plus grand du monde s’alliant avec le pays le plus peuplé du monde est un trompe-l’œil pour ceux qui se mettent le doigt dans l’œil. Il est temps de voir les évolutions du monde telles qu’elles sont et non telles que l’on aimerait les voir.

Pour les Américains, le bilan de Bush peut se résumer en un constat : l’Hyperpuissance impériale qui se prenait pour le gendarme du monde et pour l’invincible n’a plus les moyens de conduire une politique impérialiste. Ni même de jouer les « parapluies » de ses alliés.

Ce qui était devenu le « Centre » à la faveur des deux guerres européennes étendues au monde, des guerres nationaliste, coloniales et idéologiques, et des totalitarismes brun et rouge se retrouve à la périphérie. Parce que l’Asie s’est réveillée. L’Amérique reste bien sûr un Géant. Mais il doit plus veiller sur le Pacifique que sur l’Atlantique, la Baltique ou la Méditerranée. Et les gratte-ciel de Shanghaï comptent plus, au sens propre et au figuré, que ceux de New-York, cette ville-monde fille d’Europe. C’est ce qu’oublient les Européens qui de Londres à Varsovie, en passant par Vilnius, Kiev et… Tbilissi considèrent leur « liens privilégiés » avec l’Amérique comme une assurance-vie.

Autant les Européens se doivent de rester de fidèles alliés des Etats-Unis, autant l’antiaméricanisme est « effectivement une maladie infantile » d’Européens plus verbeux que vertueux, autant l’Europe doit d’abord compter sur ses propres forces pour dessiner et garantir son avenir. C’est d’ailleurs le concept même d’ « Occident » qui doit être remis en cause. Il est plus mythique, chargé de symboles légendaires mais trompeurs, que fondé, légitime et réaliste. L’Europe (qui l’a forgé) doit la première en tirer les leçons.

Première leçon, évidente : l’entente franco-allemande doit recouvrer coté français l’importance qu’elle n’aurait jamais du perdre. Sarkozy et ses conseillers qui éprouvent des difficulté à comprendre nos amis allemands et à se faire comprendre d’eux doivent, d’urgence, réviser leur manuel du « savoir vivre en Européen lucide »

Deuxième leçon, tout aussi claire : la réforme de l’OTAN doit être plus réfléchie et plus profonde. La préparation du sommet prévue l’an prochain à cheval sur le Rhin, dans l’eurodistrict, à Strasbourg et à Kehl prend une importance supplémentaire. Même si les incertitudes électorales américaines sont gênantes.

Troisième leçon, impérative : avec ou sans ratification du traité de Lisbonne, il est urgent de constituer, à partir de ce qui existe (l’Eurocorps et la Brigade franco-allemande), un « Euroland » de la sécurité extérieure. Schengen n’est pas signé par tous, l’euro n’est pas adopté par tous : que ceux qui en sentent le besoin impératif se regroupent dans un noyau (forcément dur, puisqu’un noyau mou n’est plus un noyau) de coopération (ou d’intégration) renforcée. Qui voudra et pourra en prendre l’initiative, avec tact et intelligence ? Qui osera mettre à plat ce dossier de la « défense européenne » que tout le monde réclame mais dont personne ne veut ? Qui aura l’audace de mettre cette question essentielle au cœur de la prochaine campagne (déjà commencée) des « élections européennes » ?


Moyenne des avis sur cet article :  4.5/5   (143 votes)




Réagissez à l'article

98 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 16 août 2008 12:01

    Là, je ne reconnais plus l’auteur. Une fois n’est pas coutume, je plusse. M. Riot qui défend l’idée d’une Europe qui soit une association de nations (paragrahe - Troisième leçons etc) mérite un deuxième plus mais le système l’interdit.

    Je note la phrase « Le pays le plus grand du monde s’alliant avec le pays le plus peuplé du monde est un trope l’œil pour ceux qui se mettent le doigt dans l’œil. » que je ressortirai à l’occasion.


    • Daniel RIOT Daniel RIOT 17 août 2008 10:16

       Merci, mais en quoi suis-je ici non "reconnaissable" ?


    • Daniel Roux Daniel R 16 août 2008 12:48

      Je vous cite : "l’entente franco-allemande doit recouvrer coté français l’importance qu’elle n’aurait jamais du perdre."

      Les Allemands contrôlent de fait l’Union européenne. Depuis leur réunification, ils n’ont plus besoin des Français pour exister politiquement. La succession de deux présidents français particulièrement obtus en géopolitique européenne, infréquentables du fait de leur avidité personnelle et de leur façon de pratiquer une politique clientéliste, ont conduit les chanceliers successifs à renoncer à l’alliance historique.

      Je vous cite : "Les retards pris dans le renforcement de l’Union, notamment sur le plan politique et stratégique, par défaut d’analyses sur les mutations littéralement révolutionnaires des rapports de forces dans le monde."

      Les dirigeants européens font deux erreurs aux conséquences incalculables :

      - La première est qu’ils confondent la satisfaction des riches actionnaires des multinationales avec l’efficacité socio-économique. Cela conduit à un appauvrissement général de la population et au démentellement du riche tissus de solidarités qui faisait notre originalité.

      - La deuxième est qu’ils occultent le principe intangible de l’histoire que seul le niveau de puissance brute, militaire notamment, vous indique la place que vous tenez sur l’échiquier mondial. Il y a les reines - USA, RUSSIE et il y a les autres. La CHINE l’a bien compris qui renforce sa puissance d’année en année, avec l’aide irresponsable des financiers occidentaux, et attend son heure. "Ils nous vendront la corde pour les pendre" a dit Teng Hsiao Ping.


      • alberto alberto 16 août 2008 14:46

        Daniel R : Pour la vente de cette corde, si Teng Hsiao Ping a dit ça, il n’a fait que répéter ce qu’avait dit avant lui Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine qui connaissait très bien la loi de l’offre et de la demande...

        Bien à toi.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 août 2008 02:53

         @ Daniel R : La meilleure façon pour l’UE  de se doter d’une crédibilité militaire n’est-elle pas d’intégrer la Russie et de constituer un troisième bloc entre les USA et la Chine. ?

        Pierre JC Allard

        http://nouvellesociete.wordpress.com


      • Daniel Roux Daniel R 17 août 2008 13:28

        Dans un monde parfait, pourquoi pas, mais ce monde n’existe pas.

        Et puis, est-ce la Russie qui adhèrerais à l’E.U ou l’inverse ? Ce n’est pas pareil.

        Pour faire court :

        D’un côté, 500 millions de citoyens éduqués et apaisés, partageant des valeurs humanistes, malgré les efforts des ultras-libéraux et de l’autre 220 millions de nationalistes exhacerbés par les manoeuvres de Poutine cherchant à réconstituer un empire par des provocations sanglantes suivies d’agressions encore plus sanglantes.

        D’un côté, un niveau de vie correct quoiqu’en baisse constante et des infrastructures denses et entretenues, de l’autre un niveau de vie proche de notre seuil de pauvreté et un immense territoire sous-équipé.

        Dans ces conditions, rien n’est possible actuellement. Dans quelques décennies peut-être, si c’est la volonté des peuples et que de très gros progrès soient faits.



      • Tarouilan Tarouilan 17 août 2008 23:35

        C’est qui, cette façon d’exclure la Chine, le nouveau bloc, c’est le continent dans sa globalité, la Chine à l’Est, la Russie au Centre et l’Europe à l’Ouest....... de façon à contrer l’empire qui se dirige vers ses versants les plus obscurs de sa force..... et nous n’avons pas encore tout vu...


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 août 2008 01:40

        C’est évidemment la Russie qui se joint à l’Europe. je ne croyais pas que la question puisse se poser.

        PJCA


      • E-fred E-fred 16 août 2008 13:41

        Bonjour M. Riot

        Effectivement, comme vous le signalez : "Sarkozy et ses conseillers qui éprouvent des difficulté à comprendre nos amis allemands et à se faire comprendre d’eux doivent, d’urgence, réviser leur manuel du « savoir vivre en Européen lucide  »". D’autant que pour celà, M.Sarkozy pourrait demander conseil à Pascal MANGIN (Conseiller technique en charge des affaires européennes et internationales chez M. Falco à l’aménagement du territoire...)


        Vous écrivez : "La préparation du sommet prévue l’an prochain à cheval sur le Rhin, dans l’eurodistrict, à Strasbourg et à Kehl prend une importance supplémentaire. Même si les incertitudes électorales américaines sont gênantes." En quoi ? Quel serait le changement de programme en ce qui concerne l’OTAN ? Mc Cain se fait de la promo facile en la jouant façe aux Russes alors qu’Obama essaye d’être "plus prudent"...L’élection américaine commencerait-elle à pencher pour Mc Cain ici ? Si l"ancestrale peur du rouge l’emporte (et du coup, on ne parle plus de ben laden la menace...), s’en est fini d’Obama...Est ce en celà que les incertitudes éléctorales américaines sont gênantes ?


        En ce qui concerne la "Brigade Franco-Allemande" qui à mon sens sert plus au decorum et au travail de réconciliation post 1945, je pense qu’il faudrait un "noyau européen " avec l’Allemagne, la Belgique et la France. Ce serait un minimum ( et celà faciliterait les choses pour Sabiex et Nexter).


        • Daniel RIOT Daniel RIOT 17 août 2008 10:33

           Bien d’accord avec vous sur le "noyau dur". Mais avec qui ? Entre "atlantistes" et "neutralistes", l’Europe de la Défense reste un mirage. Les occasions perdues (la CED) sont ...perdues. Et nous avons collectivement tort de penser que la paix est définitivement acquise. Pour ce qui est d’un "bloc" avec la Russie, ce n’est pas imaginable. L’Europe doit faire bloc .... pour peser contre les blocs. Notre continent a trop été impérialiste pour l’être encore. Autant il importe de maintenir un niveau de défense élevé, ce que nous ne faisons pas, autant notre mission mondiale est d’empêcher une guerre des blocs.  Pas simple, entre Prométhée et  Epiméthée ....


          • aveclotanvatoutsenva 16 août 2008 14:51

            "les Européens se doivent de rester de fidèles alliés des Etats-Unis"

            Doivent … ah bon, et pourquoi ? Sinon, ils sont punis ? On sent bien dans cette phrase que le mot "alliés" est en fait le synonyme de "larbins"…



            "l’entente franco-allemande doit recouvrer coté français l’importance qu’elle n’aurait jamais dut perdre"

            C’est surtout la défense des intérêts et de l’indépendance de la France qui n’auraient jamais dut perdre leur importance…
            L’UE a été voulue par les USA pour liquider les pays d’Europe au profit d’un ventre mou assujetti aux USA : la pseudo "Union Européenne", construite selon un cahier des charges établi par le pouvoir US et ses relais financiers européens.

            Voir cet excellent dossier de l’UPR sur ce que pensait réellement De Gaulle de "L’Europe" et de "l’entente" franco-allemande :
            http://www.u-p-r.org/ab/index.php?page=page14



            "la réforme de l’OTAN doit être plus réfléchie et plus profonde"

            Quelle rigolade ! Il n’y a rien à réfléchir, à l’OTAN ce sont les USA qui réfléchissent…et qui donnent les ordres. L’OTAN a été voulue par les USA pour les USA. Les commandements nord et sud de la zone Europe sont toujours, en 2008, aux mains de 2 généraux américains. Il en va de même pour tous les postes clé. Et ça n’est pas prêt de changer. Si l’on veut réellement procéder à un rééquilibrage, on quitte l’OTAN. Tout le reste n’est que pitoyables gesticulations…


            Il serait temps de devenir grand : le Père Noël, le Prince Charmant, etc, ça n’existe pas…





            • Daniel RIOT Daniel RIOT 17 août 2008 10:44

               Désolé de vous contredire, y compris dans vos liens , intéressants mais contestables. De Gaulle n’était pas anti-américain (voir les fusées à Cuba). Et l’UE n’est pas un produit des USA. Se poser face aux Etats-Unis n’est pas s’opposer à ou se poser contre. Alliance n’est pas allégeance. Ce ne sont pas les USA qui sont trop forts, c’est l’Europe qui est trop faible. L’Europe européenne implique une réconciliation des idées de De Gaulle et de Monnet . Ce qui les opposait tenait plus au contexte qu’aux textes. Ni l’un ni l’autre, sans doute, n’aurait accepté , l’américanisation de l’ex Europe dite de l’Est Mais cela mérite de longs développements.


            • activista/// Activista 16 août 2008 16:12

              Merci pour cet article.

              A la fin de la guerre froide le "Pacte de Varsovie" -conséquence de la "libération" de l’Europe de l’Est par les Soviets- fut démantelé, pas l’OTAN qui est la conséquence de la "libération" de l’Europe de l’Ouest…
              Tandis que les bases Russes "occupant" leurs "alliés" ont (presque toutes) disparues, celles de nos "alliés" US "occupent" toujours (et toujours plus) de nombreux pays d’Europe de l’Ouest.
              (pour rappel les missiles nucléaires US sont tjrs en Belgique, par exemple. Or la belgique n’a aucun contrôle/pouvoir de décision quant à l’utilisation éventuelle de ces missiles, elle se contente de servir de cible !)

              L’OTAN, que les USA verraient bien remplacer l’ONU, à oublié les leçons du passé : napoléon ou hitler en firent les frais.
              La contre-attaque russe du 09-08-08 ressemble en bien des points à la première contre-attaque des soviets devant Moscou.
              Cette contre-attaque sous-estimée par beaucoup d’historien et qui fit dire aux généraux nazis : notre blitzkrieg n’a pas fonctionné à l’Est, nous venons de perdre cette guerre…(ce avant Stalingrad)

              Les jérémiades des USA et de ses "fidèles allés" sont pathétiques, Moscou avait pourtant clairement annoncé où se situaient les limites acceptables : le Kosovo, l’Ossétie du sud et le pseudo-bouclier les ont dépassées.

              Les Européens oublient aussi qu’ils seront les premiers à subir les conséquences de ces provocations et que leur "fidèles alliés" US ont déjà démontré combien ils apprécient ce type de conflit qui affaiblit son véritable concurrent économique : son "fidèle allié Européen".

              Bien à vous.


              • Daniel RIOT Daniel RIOT 17 août 2008 10:46

                 Tout à fait d’accord avec vous sur ces points essentiels. Cordialement


              • jeanclaude 16 août 2008 17:17

                Enfin un article intelligent, que nos politiques qui gouvernent ou qui s’opposent liront. je l’espère vivement.

                Si nous ne sortons pas de notre morosité interne, de nos petites vues à court terme, le rôle de la France va encore dégringoler.

                Quant aux opposants au traité de Lisbonne, ils feraient bien de tourner la page et de ne pas toujours revenir sur cette affaire, et contribuer à préparer l’avenir.

                Malheureusement NS n’est ni un grand stratège - concernant la teneur de cet article - , ni une personne ayant la culture, l’ouverture et l’état d’esprit qui optimisme une coopération franco-allemande.

                On ne peut que souhaiter qu’aux prochaines échéances se présentent de nouveau des candidats qui savent regarder clair et loin, au-delà de leur nombril et de leur montre-bracelet.

                Ce que vous esquissez devrait aussi être pris en compte par les doctrinaires du gaullisme résiduel et par les potentiels initiateurs d’un projet socialiste actualisé - qu’on peut espérer qu’il ait plus qu’une coloration, mais des ambitions européennes.


                • jeanclaude 16 août 2008 17:25

                  @ aveclotanvatoutsenva - votre antiaméricanisme et plus que probable antialibéralisme vous aveugle et vous interdit de prendre la mesure des choses. Heureusement que la perception myope que vous partagez avec vos concitoyens - dont beaucoup interviennent sur AV - reste le fait d’une minorité qui n’est pas en charge de gouverner.

                  Vos remarques sont comme d’habitude entièrement dans le NIET, sans l’esquisse d’une contre-proposition qui prendrait en compte la géostratégie décrite par DR.


                • Daniel RIOT Daniel RIOT 17 août 2008 10:50

                   Merci pour votre appréciation, mais face aux faiblesses de NS, quelles sont les propositions de la gauche ? C’est le grand vide stratégique... 


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 16 août 2008 18:16

                  Bonjour,

                  C’est sur ce dernier « front » que se situent les meilleures cartes russes. Pendant que Bush brillait par ses clowneries à Pékin, Poutine avait des entretiens longs et sérieux avec les dirigeants chinois… Quand les stratèges de la Maison Blanche menacent d’« isoler la Russie », ils oublient de regarder la carte du monde vue de Moscou et de Pékin. Et ils ne tiennent pas suffisamment compte de ce que peut devenir l’Organisation de Shanghaî, cette OCS complètement négligée par les chancelleries occidentales qui ont complètement surestimé les rivalités et les antagonismes russo-chinois.

                  Je m’étais fendu d’un article sur le rapprochement très net entre la Chine et la Russie il y a quelques mois. J’avais clairement établi que l’Europe n’était plus prioritaire pour ce grand pays qui renforçait ses liens avec l’Asie centrale et son voisin Chinois, d’ailleurs les deux premiers voyages diplomatiques du nouveau Président Medvedev furent le Kazakhstan et la Chine. Rien de purement fortuit dans ces choix de destinations...

                  L’Europe... Le péché originel s’est trouvé dans sa fuite en avant des années 90. L’élargissement a prévalu sur toute réforme structurelle en profondeur qui était pourtant déjà une priorité évidente. Depuis, nous ne cessons d’en payer les frais. Maintenant on est même condamné à faire du rafistolage constitutionnel imbitable même pour des juristes ! Et le tout en se passant de la voix des peuples, ce qui rajoute une couche d’incompréhension et de rejet grandissant. A titre personnel je suis dorénavant plus acquis à l’idée de Confédération que d’Union. Pour l’heure, l’Union Européenne est un géant économique mais un nain politique. D’ailleurs même le qualification de géant économique doit être relativisée puisqu’elle est dépendante des résultats de l’économie Américaine, et actuellement les indicateurs Européens toussent d’autant plus que l’Irlande et l’Espagne qui étaient les locomotives économiques de l’Union ces dernières années ont clairement marqué le pas récemment...

                  Poutine, et très certainement Medvedev, ont compris qu’il était plus intéressant pour eux de favoriser des relations bilatérales avec les pays Européens qu’en s’adressant aux institutions de l’Union Européennes dont n’est audible que cacophonie et même vociférations à son égard (l’arrivée des PECOs a énormément joué de ce point de vue). L’attitude premièrement hostile de nouveaux dirigeants comme Merkel ou Sarkozy s’est heurté à la réalité des faits : la Russie n’est plus le petit ourson que l’on gronde et sermonne et à qui on apprend des tours en échange d’une récompense (financière) : c’est désormais un ours dans la force de l’âge et qui n’entend pas que des pays en pleine neurasthénie économique comme géopolitique lui dictent ses choix.

                  Cordialement


                  • Antoine Diederick 16 août 2008 23:20

                    A Harrel, oui assez d’accord....si pas tout à fait...

                    les russes ont profité d’une "fenêtre d’ouverture" si je puis dire (écrire), pour passez à l’action : le ralentissement économique, les us en Irak qui mobilise leurs énergies, les jeux sino-olypique , et l’europe politique qui s’endort....


                  • Tarouilan Tarouilan 17 août 2008 23:45

                    Les Russes.......... mais ce n’est pas eux DU TOUT.....qui ont commencé...... ils ont simplement réagit... vivement réagît...


                  • USA@2000 18 août 2008 08:35

                     tu appeles leurs actions reagir ? qu’a meme il faut etre d’un autre monde pour pensee de la sorte.
                    et en plus la Geogia n’a jamais attaker la russie


                  • USA@2000 18 août 2008 08:45

                     I can only see one writer of this article..... KGB.... The fear mongering propaganda But believe me it is not about the USA, Europe or China, it is about it is about the freedom of the world, the human right and against the barbary of the past. the past is the past.... The world wants freedom and freedom will overcome. We should never give away our freedom for the shake of any country or anyone. The freedom is a God’s given right, and no one can fight against God. We are all human being and freedom is a human right. The world should stand united for the human right and against the barbary of the past. And this  is true for Russians, Chinese, Europeans, Africans, and of course Americans.
                    To the people of the World, If GOD is with us no one can stand against us. Proud to be an American I love my freedom May GOD bless the world.


                  • adermex adermex 22 août 2008 06:51

                    Sure, my friend, and when US Gov. will declare martial law, you will never be able to post again on this chat... would you talk to me about FEMA camp ? Surely only for dealers and Latin Gangsta... Welcome in the new free world...


                  • adermex adermex 22 août 2008 06:52

                    ... and God(e) bless ... only those who like it ! 


                  • Bois-Guisbert 16 août 2008 18:53

                    "Qui osera mettre à plat ce dossier de la « défense européenne » que tout le monde réclame mais dont personne ne veut ?"

                    Personne n’en veut, tout simplement parce que l’Europe-croupion, rongée par un pacifisme décadent, n’a pas les moyens financiers d’une défense crédible, ni le mental qui serait nécessaire pour la mettre en ligne !


                    • georges94 16 août 2008 19:01

                      ce qui me gene dans cet article, c’est qu’il me semble oublier un detai : il faut etre plutot bete pour offrir une occasion en or au President Bush de se refaire une sante dans les opinions publiques. Et oui, vous avez raison, le candidat à la présidentielle US qui réagra le plus fort en tirera bénéfice. Pour resumer Poutine et son pantin ne sont vraiment pas fute.


                      • USA@2000 16 août 2008 19:14

                         I can only see one writer of this article..... KGB.... The fear mongering propaganda 
                        But believe  me it is not about the USA, Europe or China, it is about it is about the freedom of the world, the human right and against the barbary of the past.  the past is the past.... The world wants freedom and It will overcome. We should never give away our freedom for the shake of any country or anyone. The freedom is a God’s given right, and no one  can fight against God. We are all human being and freedom is a human right.
                         The world should stand united  for the human right and against the barbary of the past. And this this is true for Russians, Chinese, Europeans, Africans, and of course Americans.
                        To the people of the World, It GOD is with us no one can stand against us.  
                        Proud to be an American
                        I love my freedom
                        May GOD bless the world.     



                        Je ne peux que voir un auteur de cet article ..... KGB .... La politique de la peur.
                        Mais croyez-moi, ce n’est pas a propos des États-Unis, de Europe, ou de la Chine, c’est a propos de la liberté du monde, le droit de l’homme et contre la barbarie du passé. le passé c’est le passé .... Le monde veut la liberté et il l’aura. Nous ne devons jamais sacrifier notre liberté pour le plaisir d’un pays ou de qui que ce soit. La liberté est un droit donné par DIEU, et nul ne peut lutter contre Dieu. Nous sommes tous les êtres humains et la liberté est un droit de l’homme. 
                        Que tu sois Russes, chinois, Européens, Africains, et bien sûr les Américains, le monde doit s’unir pour les droits de l’homme et contre la 
                        barbarie du passé. 
                        Population du monde, si Dieu est avec nous personne ne peut s’opposer. 
                        Fier d’être un Américain 
                        J’aime ma liberté 
                        Que Dieu bénisse le monde.


                        • Sylvie et Nicolas Sylvie et Nicolas 16 août 2008 19:41

                          Beau comme un camion !!!!

                          Les Dernières Nouvelles d’Alsace, rue de la Nuée Bleue, en officine du Komintern, c’est trop fort. Même en l’imaginant à l’époque où l’EM de la 1ère armée française n’était pas très loin, c’est vraiment pas gentil pour le KGB.

                          Allez ? C’est un Hoax


                        • Traroth Traroth 17 août 2008 15:32

                          Il n’y a effectivement qu’un Américain pour écrire de telles platitudes dégoulinantes de bondieuseries et de bonne conscience. Et le camp de concentration de Guantanamo, ça donne quoi ?


                        • adermex adermex 24 août 2008 05:41

                          tout a fait d’accord... pas une once de relexion. Sont-ils seulement informes ? http://www.voltairenet.org/article157855.html&nbsp ; (pour les detracteurs assidus, ce n’est pas de Thierry Meyssan) 


                        • Traroth Traroth 16 août 2008 19:22

                          Vous parlez dans l’article de "terminologie dépassée" concernant les propos dignes de la guerre froide de Rice, mais tout votre article va dans ce sens, pourtant : regroupement des pays de l’ex-bloc de l’Est (entente de Shangai), et donc, rapprochement de l’Europe et des Etats-Unis. Ca ne vous rappelle rien ?
                          Personnellement, je partage votre constat mais certainement pas les leçons à en tirer. Se rapprocher d’une puissance du passé comme les Etats-Unis, c’est prendre le risque de laisser ce pays nous entrainer dans l’abime, sans bénéfice vraiment concret (vous croyez que les Etats-Unis de 2008 seraient encore prêts à faire la guerre pour l’Europe, dont l’importance stratégique a fortement décru ?).
                          La seule vraie solution est dans l’affirmation d’une Europe forte et indépendante, mais ça, ça réclame du courage, et on en manque, par ici, semble-t-il.


                          • Daniel RIOT Daniel RIOT 17 août 2008 10:54

                             Mais votre conclusion est exactement la mienne...


                          • Traroth Traroth 17 août 2008 15:28

                            Vous plaisantez ? Quand vous dites "les Européens se doivent de rester de fidèles alliés des Etats-Unis", ça signifie quoi ?


                          • frédéric lyon 16 août 2008 19:24

                            Très bon article dans l’ensemble, dont je relève la phrase suivante :

                            "Le pays le plus grand du monde s’alliant avec le pays le plus peuplé du monde est un trompe-l’œil pour ceux qui se mettent le doigt dans l’œil."

                            ..................

                            En effet, la Russie et la Chine sont des adversaires potentiels, plus que des partenaires, même si les uns et les autres chercheront à amuser la galerie pour faire monter les enchères sur d’autres tableaux.

                            La Russie est faible STRUCTURELLEMENT, elle a perdu son glacis Est-Européen, les Etats Baltes et la Pologne, ainsi que tous les Etats Turciques de la ceinture d’Asie Centrale. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas été réduite à la seule Russie et que Moscou n’avait plus été la capitale d’un Empire.

                            Il ne faut pas en avoir peur, c’est elle qui a peur aujourd’hui, sa réaction disproportionnée en Géorgie n’est pas une preuve de puissance, bien au contraire.

                            Par conséquent il faut installer les radars antimissiles en Pologne et intégrer l’Ukriane et la Géorgie dans l’Europe.

                            Car ce n’est pas à la Russie de juger :

                            1) De ce qui est nécessaire à la sécurité Européenne.
                            2) Ni quels sont les partenaires que l’Europe est libre d’intégrer dans notre Communauté.

                            Si nous manoeuvrons comme il faut, la Russie tombera dans notre escarcelle car elle n’aura pas d’autres choix. Il au simplement l’enmailloter habilement. Et lui réserver un rôle à sa mesure dans la future Europe. C’est à dire un rôle de leader, à côté de l’Allemagne, de la France et de la Grande Bretagne.

                            A noter les déclarations récentes du Président Polonais, qui se plaint amèrement du rôle qu’a joué le tandem Franco-Allemand dans l’affaire Géorgienne et qui se plaint que ce tandem soit trop favorable aux Russes ! 

                            Celà fait suite au voyage que les dirigeants Baltes, Polonais et Ukrainiens ont fait récemment à Tbilissi pour réconforter Sakkatchvili.

                            Bon OK, mais nos amis d’Europe de l’Est ont eu une très mauvaise expérience du joug Russe au 20ème siècle et on peut comprendre qu’ils en aient gardé un très mauvais souvenir, il n’empêche que la Russie doit entrer dans le concert Européen et que ce n’est pas à la Pologne ou à l’Estonie de dicter la politique Européenne vis à vis de Moscou.

                            Même s’ils appellent aussitôt Londres et Washington à la rescousse !

                            L’Europe c’est une somme d’intérêts qui doivent être tous pris en compte en fonction de leurs poids respectifs et qui doivent être harmonisés autant que possible par des discussions internes.


                            • titi 17 août 2008 16:56

                              J’adhère totalement à votre analyse.

                              Votre remarque sur l’état d’esprit des Européens de l’Est est très pertinente.
                              On a nécessairement pas le même ressentiment quant à la nécessité ou pas d’une alliance avec les USA lorsque l’on a la Russie à ses frontières après en avoir subit le joug pendant la moitié du XX siecle (sans oublier les siècles précédents), que lorsque l’on en est à 4000 km.

                              Et celà synthétise bien la difficulté d’une position européenne "commune".


                            • Philou017 Philou017 16 août 2008 19:27

                              Il y a du bon dans votre analyse, mais certains points parraissent parfaitement discutables :

                              >>>Les tentations helvètes de trop de pays européens qui ont sabrée avec une belle inconscience dans les budgets militaires alors que ceux-ci connaissaient des bonds considérables sur toutes la planète
                              Bien sur qu’il faut sabrer dans les régimes militaires. L’armée Russe n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été, même si elle est revigorée par le redressement économique. Pourquoi maintenir des forces importantes datant de la guerre froide ? une défense Européenne coordonnée doit faire face à toutes les menace avec des budgets réduits.

                              Autant les Européens se doivent de rester de fidèles alliés des Etats-Unis, autant l’antiaméricanisme est « effectivement une maladie infantile » d’Européens plus verbeux que vertueux,
                              Rester fideles aux Etat-unis, en vertu de quoi ? Certainement pas d’un point de vue moral.
                              La fin de la guerre froide doit permettre l’émergence d’un monde multipolaire, bénéfique à tous point de vue. Notre soumission au pouvoir Américain nous en empêche, puisque suivant leur politique, on est avec eux ou contre eux. Cela nous place dans un position de vassal obligé d’avaler toutes les folies de l’expansionnisme Américain.
                              L’antiaméricanisme n’est certainement pas infantile, c’est le rejet d’une politique clairement expansionniste, guérriere, ultra-agressive, plaçant constamment le rapport de force et la propagande au centre des affaires du monde. Etre antiaméricain aujourd’hui, c’est la moindre des choses pour tout citoyen humaniste. La soumission de bien des états aujourd’hui à l’Atlantisme est le plus grand frein à notre émancipation et à l’émergence d’un nouvel équilibre mondial, que les contours que vous montrez appelent et permettent.
                              Votre "argumentation" sur ce sujet, c’est zéro.

                              la réforme de l’OTAN doit être plus réfléchie et plus profonde.
                              L’OTAN ne sert plus à rien en tant que tel. C’était un moyen d’opposition au bloc de l’est qui n’a plus lieu d’être. C’est devenu un moyen d’intervention surtout au service des intérêt Américains, comme on a pu le voir au Kosovo, en Afghanistan et maintenant dans l’armement d’ex-républiques soviétiques. L’OTAN aujourd’hui est une source de danger bien plus que de sécurité.

                              avec ou sans ratification du traité de Lisbonne, il est urgent de constituer, à partir de ce qui existe
                              (l’Eurocorps et la Brigade franco-allemande), un « Euroland » de la sécurité extérieure.
                              Le principal obstacle à la mise en place d’une force de sécurité Européenne indépendante, c’est l’OTAN. Comment faire alors que l’OTAN est en place et requiert la participation militaire de tous les pays participants. ;La force Européenne apparait comme superflue et ingérable.
                              D’autant qu’il est à remarquer que la mise en place des normes de l’Otan pour les nouveaux adherents pompe une part importante des budgets nationaux, bien au-delà que nécéssaire, comme on vient de le voir en Géorgie.
                              L’Otan est non seulement un instrument devenu dangereux et déséquilibré, mais profondemant anti-social.

                              A ce propos, je rapporte ici les propositions de mr Medvedev sur des projets d’équilibre en Europe, dont on a peu parlé :

                              La Russie de Medvedev fait des propositions en or pour un nouvel agenda de sécurité
                              By F. William Engdahl, 22 July 2008

                              Les propositions de Medvedev
                              Dans ce contexte il y a les propositions du nouveau Président de la Russie, Dmitry Medvedev, qui, bien qu’expérimentales, méritent un examen plus minutieux que l’Ouest ne l’a fait. Depuis qu’il est Président, il a commencé à parler discours après discours d’une "nouvelle approche" des relations de sécurité incorporant les Etats-Unis, la Russie et l’Union Européenne. Du moins il offre un point de départ pour entrer dans un nouveau dialogue plutôt qu’intensifier le cours de la provocation actuelle de L’OTAN que l’Administration de Bush a suivi depuis 2001 contre Moscou. Les détails valent la peine d’être notés, même si toujours préliminaires.
                              Les premiers grands traits du concept de Medvedev pour la coopération et non la confrontation entre l’Est et l’Ouest sont arrivés à Berlin en juin pendant ses pourparlers avec le Chancelier allemand Merkel. Là il a proposé un pacte de sécurité tout-européen avec la participation de la Russie, en opposition avec la stratégie de l’OTAN.

                              C’est dans cette lumière que les propositions récentes du Président russe et du Ministre des Affaires Etrangères Lavrov prennent de la signification. Avec Washington, pressantde signer un accord de protection anti-missile des EU avec le gouvernement tchèque, contre les objections de la population tchèque et un accord de défense imminent avec la Pologne , Moscou essaye de montrer une nouvelle architecture unilatérale dramatique de Washington avec une d’accumulation militaire sans précédent, la militarisation d’interventions militaires et politiques spatiales, unilatérales de l’Europe de l’Est au Soudan, en Irak, en Somalie et au-delà de. Dans un discours majeur récent à une conférence de la Deutsche Bank à Moscou, Lavrov a appelé à une pause stratégique dans le débat transatlantique avec un gel mutuel sur des actions controversées comme l’expansion de L’OTAN, les déploiements de défense anti-missile américains en Europe de l’Est, la reconnaissance américaine du Kosovo et des conflits gelés en ancienne Union soviétique comme ceux autour de la Géorgie.

                              Lavrov a proposé que la Russie, l’UE et les EU arrêtent de "discuter sur des questions superficielles" comme une Ligue de Démocraties remplaçant l’ONU, ou les sphères d’influence et se concentrer sur des défis réels immédiats où les intérêts coïncident clairement comme le contrôle des armements, la contre-prolifération, le combat contre le terrorisme. Significativement, en avertissant contre "le glissement en arrière vers le passé," Lavrov a appelé à la coopération transatlantique à traiter avec les défis globaux(mondiaux) qui ne pouvaient pas être traités pendant la Guerre froide - avec le combat contre la pauvreté mondiale, la faim et les problèmes sociaux. Medvedev a de nouveau souligné son nouveau concept pour la politique étrangère russe le 12 juillet à Moscou où il a exposé, "l’évolution des relations internationales aux prémices du 21e siècle et la consolidation de la Russie nous ont contraint de passer en revue les challenges autour de nous et à réviser les priorités de la politique étrangère russe en ce qui concerne le rôle croissant du pays dans les affaires internationales et ... l’opportunité se présentant de participer non seulement àla mise en oeuvre de l’ordre du jour du monde, mais aussi à sa formulation."
                              www.engdahl.oilgeopolitics.net/Geopolitics___Eurasia/Medvedev/medvedev .html

                              Cela me parait bien plus constructif que les magouilles guerrieres de l’administration Bush.


                              • Antoine Diederick 16 août 2008 23:34

                                A Philou017,

                                en effet cela me semble plus réaliste puisque la Russie entame une offensive nouvelle, son retour sur la scène internationale....avec le coup en Georgie, mais là elle défend son limes ou les marches qui sont les zones tampon de sa sécurité, avec il y a quelques mois le souhait des russes de participer plus pleinement à l’économie de la zone euro, en instaurant la possibilité de prendre des participations ds des entreprsies européennes (elle a déjà racheté des entreprises us active en europe , entreprise liées au secteur de l’énergie).

                                Il y a donc une volonté des russes de s’ancrer autrement...est-ce négatif, y a t il de mauvaises intentions, trop pour le dire et tôt pour crier haro sur le baudet.

                                Sur la Georgie, là c’est sûr, ce sont des questions territoriales et sécuritaires qui jouent, et bien sûr l’or noir.

                                La poltique us a été un petit peu aventureuse sur ce point , tandis que nous européens tout endormis (du moins apparemment) nous devrions être plus responsables....mais, sommes nous sûr que nos populations veuillent faire un effort pour consacrer d’efforts pour notre indépendance d’européens, cela reste à voir (avec les mots oui, mais dans les actes), enfin avons nous bien les bons hommes politiques capables de nous rassembler ? Et s’il y en avait, seraient-ils suivis ????


                              • Antoine Diederick 16 août 2008 23:36

                                "trop tôt pour le dire et trop tôt pour...." sorry.


                              • Daniel RIOT Daniel RIOT 17 août 2008 10:59

                                 Merci pour ces éléments Medvedev a fait effectivement des propositions qu’il faut considérer avec une attention plus grande que celle affichée ici et là. Pour ce qui est des "tentations helvètes", elles sont incontestables. Mais ceux qui les ont n’ont pas la force de caractère des Suisses...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès